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  • il y a 19 heures
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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00:02BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:08R&Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:13Bienvenue dans R&Défense. La souveraineté se joue aussi dans le capital.
00:19A l'heure du réarmement, l'argent public ne suffit pas, il faudra compléter par des capitaux privés.
00:24Comment orienter les flux financiers vers les entreprises stratégiques de défense ?
00:28Sommes-nous vraiment en économie de guerre ? On va en parler avec notre invité Serge Wimbert, le président de
00:33Wimbert Capital Partner.
00:35Sa cause en coulisses à Bruxelles, dans les couloirs feutris de Bruxelles, le lobbying de l'aérien pousse pour assouplir
00:43les mesures environnementales.
00:44On va en parler avec Léo Barnier dans le décryptage.
00:47Enfin, Zoom cette semaine avec Antoine Larigauderie sur le B-21 Raider, le bombardier furtif américain nouvelle génération,
00:54une pièce maîtresse du futur arsenal de guerre américain.
00:59R&Défense, l'interview.
01:04Serge Wimbert, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation dans R&Défense.
01:09Vous êtes le président de Wimbert Capital Partner.
01:12On va parler longuement avec vous de financement de la défense notamment.
01:15Avec nous, comme chaque semaine, Michel Cabirol, rédacteur en chef du polo aérospatial défense et transport à la tribune.
01:20Bonjour Michel.
01:21Bonjour Jean-Baptiste.
01:22Serge Wimbert, je voulais juste commencer peut-être un petit peu large.
01:26Depuis maintenant plusieurs années, il n'y a pas une journée où on n'en parle pas de souveraineté.
01:31Souveraineté dans l'intelligence artificielle, dans le numérique, dans les matières premières, dans la défense évidemment.
01:37Est-ce que selon vous, certains ont peut-être oublié qu'il y avait une souveraineté dans le capital privé
01:42et qu'il était plus nécessaire que jamais pour financer spécifiquement la défense ?
01:47Oui, alors pendant très longtemps, le cadre dans lequel les investisseurs se sont situés
01:53et même les banques, les financeurs par le crédit, étaient assez contraints par une définition assez distante de l'ESG.
02:04Et en fait, à partir de 1922, l'investissement de l'Ukraine, la guerre contre l'Ukraine, il y a
02:13une prise de conscience.
02:14L'ESG qui avait repoussé vraiment toute intervention du crédit privé ou de l'investissement privé dans la défense
02:23a progressivement évolué et en début 2025, mars 2025 très exactement, à l'occasion d'une réunion qui s'est
02:33tenue à Bercy
02:34avec le ministre des Armées et le ministre de l'Économie, là il y a eu vraiment une affirmation extrêmement
02:43forte.
02:44Non, la défense est essentielle.
02:47L'ESG et la défense ne sont pas incompatibles et à certains égards,
02:51et c'était notre thèse, puisque nous avons commencé à travailler sur ce sujet en 2020,
02:56donc bien avant la guerre d'Ukraine.
02:58Ce qui est important, c'est que la défense est d'une certaine façon la condition de l'ESG.
03:03L'application très restrictive de l'ESG, on peut dire que c'est du passé ou il y a encore
03:09aujourd'hui quelques velléités ?
03:11Non, c'est largement du passé.
03:13Il y a encore quelques traces, disons, dans certains organismes,
03:17mais globalement c'est du passé, et donc tant du point de vue du financement crédit de la défense que
03:23du capital,
03:25il y a eu un basculement très net avec l'apparition d'un nombre d'acteurs nouveaux importants,
03:31que ce soit par exemple des fonds spécialisés ou des fonds généralistes
03:36qui ponctuellement interviennent dans le secteur de la défense.
03:40En ce qui concerne le financement par la dette, globalement aujourd'hui,
03:44et nous le voyons bien dans les opérations que nous faisons,
03:46nous n'avons pas de difficulté aujourd'hui à financer des acquisitions ou des capacités dans ce domaine.
03:54Et puis par ailleurs, sur les marchés cotés, vous avez vu les valorisations des entreprises de la défense
04:01ont augmenté de manière extrêmement importante.
04:03Justement, on va parler tout à l'heure un peu de la bourse,
04:06mais aujourd'hui, Capitaine Weinberg a été un des premiers fonds à investir,
04:10à revenir dans la défense, en tout cas à investir dans la défense.
04:13Vous avez évoqué ce fameux sommet organisé par l'ancien ministre de l'économie, M. Lombard.
04:20Vous, est-ce que vous pensez vraiment que les mentalités ont changé dans le monde de la finance
04:26par rapport à ce secteur qui était un peu décrié auparavant que la défense ?
04:32Est-ce que vous voyez beaucoup plus facilement des investissements ou alors ce ne sont que des paroles ?
04:38Non, non, ça ne sont pas que des paroles.
04:40Il y a de l'argent qui a été élevé, il y a des compétiteurs.
04:45Les valorisations, d'ailleurs, peuvent monter peut-être un peu au-delà de ce qui serait souhaitable,
04:50dans certains cas, par le seul fait de la compétition.
04:54Mais globalement, non, c'est une réalité.
04:56Ce ne sont pas simplement les paroles.
04:58D'accord. Et quel est votre regard sur la base industrielle et technologique de défense,
05:03la fameuse BITD, à travers les dossiers que vous regardez ?
05:07Évidemment, vous regardez beaucoup de dossiers.
05:10Est-ce que vous pensez que cette BITD est aujourd'hui en France, est en forme ?
05:14Est-ce qu'elle est aujourd'hui apte à monter, en tout cas à relever le défi de l'économie
05:22de guerre ?
05:23Alors, il y a plusieurs questions dans votre question, en réalité.
05:27La BITD, c'est un nombre assez important de sociétés.
05:29On considère qu'environ il y a 4000 sociétés.
05:33Il y en a qui sont très connues, celles que vous suivez, notamment sur le plan boursier.
05:38Mais il y a énormément d'entreprises petites, très petites et moyennes.
05:43Et nous, ce qui nous intéresse, ce sont ces petites sociétés, ces moyennes sociétés.
05:47Pourquoi ? Parce qu'il y a des phénomènes divers, successions, capacités financières pour développer les capacités de fabrication, stocks.
06:02Bref, il y a des entreprises qui ont besoin d'accompagnement financier, soit majoritaire, soit minoritaire, pour pouvoir continuer à
06:10se développer.
06:11Et puis, c'est une situation de grande fragmentation.
06:15Donc, ce sont des sociétés qui peuvent être assez vulnérables si elles restent trop petites.
06:19Donc, nous, notre thèse, et ce que nous essayons de faire, c'est, étant rentrés au capital, nous sommes en
06:25général majoritaires,
06:26étant rentrés au capital, de permettre à ces entreprises de croître, à la fois de manière organique, en augmentant leurs
06:32capacités,
06:33et également de faire de la consolidation en rachetant leurs concurrents pour avoir des entreprises qui soient plus solides,
06:42plus capables d'ailleurs de résister à la cyclicité qui peut exister dans cet univers de la défense.
06:49Justement, vous parlez de fragmentation, de consolidation.
06:51Comment vous observez ces dernières années ce mouvement de consolidation en France et en Europe ?
06:56Est-ce qu'il va assez loin ?
06:57Alors, certes, c'est un vrai beau sujet.
07:01Je crois qu'il faut différencier les grands acteurs nationaux qui répondent à la volonté de souveraineté nationale.
07:14On parle beaucoup de défense européenne ou d'approche européenne de défense,
07:18mais la réalité du moment, c'est qu'il y a très peu de groupes européens.
07:24Bon, évidemment, il y a Airbus, bien sûr, mais la coopération européenne est difficile.
07:29Il y a un autre exemple, mais qui est très particulier, qui est MBDA, qui est originaire de trois pays.
07:36Et on voit bien les difficultés qui existent aujourd'hui sur le SCAF.
07:41Et puis, on a un phénomène sans doute paradoxal, c'est que la montée des budgets, finalement, dans chacun des
07:47pays,
07:48puisqu'il y a une montée très significative des budgets, notamment en Allemagne,
07:52fait que la tentation devant ces budgets qui montent, c'est de se dire,
07:55nous, on va se développer à l'abri de nos structures nationales,
08:01parce qu'on n'a pas vraiment besoin de ce...
08:04On a suffisamment de quoi faire dans le champ national.
08:06On n'a pas nécessairement besoin de se rassembler.
08:10Et je pense que l'élément qui va rassembler, ce sera éventuellement des passages de commandes,
08:17des appels d'offres européens sur des objets précis sur lesquels un certain nombre de pays peuvent se retrouver.
08:24Ça, ça forcera, évidemment, à créer des rapprochements.
08:27En dessous, c'est moins sensible.
08:30Je pense que les fournisseurs peuvent trouver des possibilités de rapprochement,
08:35parce qu'il y a un intérêt de la chaîne à ce qu'il y ait des fournisseurs solides.
08:41Grosso modo, si je ne me trompe pas, vous avez investi dans quatre sociétés, dans quatre PME, en trois ans.
08:47Je crois que le premier investissement était en 2023, dans une petite société familiale.
08:53Aujourd'hui, vous n'avez pas franchi le pas vers un droniste.
08:58C'est parce que vous ne croyez pas à ce marché ?
09:00Et pour quelle raison vous n'êtes pas allé sur les dronistes ?
09:03En fait, on y croit beaucoup.
09:05Beaucoup.
09:06Et peut-être beaucoup plus que d'autres, d'ailleurs.
09:08Parce que l'observation simple de ce qui s'est passé, de ce qui se passe en Ukraine,
09:12ou même actuellement dans le Golfe, nous montre vraiment de manière très évidente
09:20que le drone, dans toutes ses composantes, puisque quand on parle de drone,
09:24ça va de drone de 50 cm à des drones de 20 mètres, avec des usages multiples.
09:31On pense vraiment que le drone a sa place, a toute sa place,
09:35et ce sera même un élément très important du combat dans toutes les configurations.
09:44Simplement, en France, aujourd'hui, nous n'avons pas encore une politique très affirmée en matière de drone.
09:53Il existe quelques petites entreprises, mais qui sont plutôt à des stades de développement early.
10:00Et donc, nous avons une thèse d'investissement dans des sociétés plutôt ayant démontré leur profitabilité et leur modèle.
10:09Donc, nous regardons avec beaucoup d'attention, on a beaucoup d'échanges avec les dronistes,
10:14et nous attendons le bon moment pour investir dans ce secteur,
10:18dont nous sommes convaincus qu'il sera un secteur important.
10:21Mais vous regardez des acteurs français ou des acteurs ?
10:23Nous regardons des acteurs français, oui.
10:26Notre philosophie, notre thème d'investissement, c'est soutenir les entreprises françaises.
10:33Serge Limbert, justement, puisqu'on parle de drones,
10:35je voulais juste avoir votre regard sur ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient,
10:38plus spécifiquement en Iran, où nous avons des drones à quelques dizaines de milliers de dollars,
10:43qui sont abattus par des missiles à plusieurs millions de dollars.
10:46Dans la tête des investisseurs, qu'est-ce qu'ils se disent ?
10:50Il y a une asymétrie de coûts quand même qui est assez forte, c'est moins qu'on puisse dire,
10:53est-ce que ça peut les inciter à l'avenir, à vouloir repositionner leurs fonds vers quelque chose de plus
10:59low cost ?
11:01Je crois que c'est une vraie question qui est posée non seulement aux investisseurs,
11:04mais en amont même aux décideurs politiques.
11:09Quel doit être, en fonction de ce que nous voyons aujourd'hui, le format, ou les formats, que nous devons
11:16adopter ?
11:17Il est certain que, d'une certaine façon, le drone recrée dans l'univers conventionnel une forme de dissuasion du
11:27faible au fort,
11:28puisque, évidemment, avec des moyens relativement limités,
11:31on le voit bien dans les cas que nous regardons aujourd'hui, que tout le monde regarde,
11:36que des pays qui sont moins dotés d'armes lourdes traditionnelles,
11:43qui ont moins de flottes, moins d'avions, ont par contre une capacité de résilience très importante,
11:50grâce à ces équipements, et que la dissymétrie fondamentale entre ces équipements à bas coût,
11:57et les mesures, soit les mesures anti-drone, qui sont elles beaucoup plus coûteuses aujourd'hui,
12:03ou les cibles qu'elles peuvent atteindre, posent un sérieux problème.
12:08Et donc, la question qui peut se poser, je pense, alors là, j'excède un peu le champ de ma
12:14responsabilité,
12:15puisque moi je ne suis qu'un investisseur, mais qui devrait se poser, à mon avis à tous,
12:19c'est de savoir quel est le bon équilibre.
12:21Je pense qu'on ne peut pas ignorer, et ce serait absurde, l'intérêt des drones,
12:27quelles conséquences on en tire sur le format, sur les formats de nos différentes armées.
12:33Il y a un point qui est important, justement, dans le financement de l'industrie de défense,
12:39c'est la sortie d'un actif, d'un fonds, d'ailleurs qui peut être un frein,
12:44d'ailleurs à l'investissement dans le domaine de la défense.
12:48C'est quoi votre modus operandi, même si vous n'êtes pas encore sorti avec le fonds que vous avez
12:53créé,
12:53c'est quoi votre modus operandi pour justement sortir la tête haute d'un actif que vous avez repris, développé,
13:03voire consolidé ?
13:04C'est quoi ? Et juste une question derrière, la bourse, c'est une solution ou pas ?
13:10Alors, d'abord, nous, quand nous avons créé ce fonds RNN, nous avons pris une position extrêmement claire,
13:17consistant à dire, on travaille dans le cadre de la souveraineté française et européenne,
13:23ce qui nous donne tout de suite un certain nombre de contraintes à la sortie.
13:27Nous les avons acceptées, ce n'est pas subi, ça fait partie de notre modèle.
13:32Ça veut dire aussi que quand nous investissons dans une entreprise, nous regardons quelles sont les possibilités de sortie futures.
13:38Et donc, si nous avons le sentiment que ces possibilités de sortie sont trop contraintes, nous n'investissons pas.
13:45Donc, nous avons un travail à faire qui consiste à développer les entreprises, à les faire grandir,
13:50et à trouver ensuite un repreneur acceptable du point de vue de l'indépendance et de la souveraineté nationale ou
13:58européenne,
13:59qui peut être soit un autre fonds, soit un industriel.
14:03Donc, ce sont là les hypothèses de sortie.
14:06On a eu dans le passé un actif dans un autre fonds qui avait cette même sensibilité,
14:12qui était l'addite, dans lequel nous sommes revenus d'ailleurs à l'occasion de son récent changement de capital,
14:18qui avait les mêmes contraintes.
14:20Nous avons géré, il y avait cette entreprise bénéficiait d'une golden share de l'État.
14:27Nous avons géré en amont, très en amont, les conditions de la sortie,
14:32de façon à ce que celle-ci puisse se faire dans les meilleurs intérêts de nos actionnaires,
14:37mais également le respect des intérêts souverains.
14:40Et la bourse, c'est une solution ou pas ?
14:42Elle pourrait être une solution, mais vous le savez bien,
14:46ce qui permet la valorisation en bourse, c'est quand même la taille.
14:50Il ne faut pas que ce soit petit flottant.
14:53On ne peut introduire utilement en bourse que des entreprises qui ont une certaine taille.
15:01Le risque du manque de liquidité est très important.
15:05Est-ce que vous jugez, Serge Wimbert, aujourd'hui, qu'on est en économie de guerre ?
15:09Je me réfère à ce que disait le président de la République à l'occasion de CVO aux armées.
15:13Je n'ose imaginer que nous produirions ainsi si nous étions en guerre.
15:18C'était très violent pour les industriels.
15:20Est-ce que vous louez quand même les efforts qui ont été faits ces dernières années en termes de montée
15:23en cadence ?
15:24Alors, la montée en cadence, elle est là.
15:28Simplement, on est dans l'univers industriel.
15:30C'est-à-dire des chaînes d'approvisionnement qui sont longues encore
15:35et qui sont, comme toute chaîne d'approvisionnement, dépendantes du maillon le plus faible.
15:39Donc, la montée en puissance de ces fabrications est forcément assez lente.
15:45Je pense que progressivement, on arrive à un étiage qui est plus satisfaisant.
15:49Mais il est certain aussi, on le voit bien avec l'Ukraine,
15:51que la contrainte dans laquelle se tituent un certain nombre de pays,
15:55évidemment, sous laquelle ils sont, fait qu'on se débrouille.
16:00Et ce n'est pas la même chose d'être effectivement contraint parce qu'on est en conflit,
16:07où là, on trouve des solutions d'une manière ou d'une autre,
16:10ou d'être dans un univers qui est encore un univers de paix,
16:13même si, effectivement, tout le monde est conscient qu'il faut augmenter les stocks,
16:17augmenter les capacités, qu'il faut avoir d'autres rides,
16:21peut-être d'autres méthodes industrielles.
16:23On l'a vu, par exemple, dans la fabrication du canon César,
16:27où on a augmenté fortement parce qu'on a importé des méthodes industrielles plus adaptées.
16:34Il y a peut-être plus de métissage à opérer entre l'industrie classique, si je puis dire,
16:39et l'industrie de défense, qui vit de manière peut-être un peu spécifique.
16:47– On a eu cette année, cette semaine, pardon, une annonce de Sébastien Lecornu sur les munitions,
16:52avec 8 milliards et demi d'euros de plus dans la LPM d'ici 2030 pour constituer des stocks de
16:58munitions.
16:59Ça va, selon vous, dans le bon sens ?
17:01– Ah oui, on voit bien que la consommation des munitions,
17:04et ça rejoint un tout petit peu d'ailleurs la question sur les drones,
17:08la consommation de munitions est extrêmement élevée.
17:11Et d'ailleurs, quand vous interrogez les militaires,
17:14vous leur demandez quel est votre principal problème aujourd'hui,
17:16ils vous disent tout de suite les munitions.
17:18Donc on est arrivé assez dégarnis,
17:21vous vous souvenez du problème des opus 155,
17:26nous avons globalement un problème qui est clair.
17:30Déjà, la LPM prévoyait une augmentation de ressources,
17:34je pense que cette accélération est évidemment bienvenue.
17:37– Serge Wimbert, un grand merci à vous d'avoir été avec nous dans Air et Défense cette semaine.
17:43Vous êtes le président de Wimbert Capital Partner, merci beaucoup.
17:47– Merci.
17:47– Michel, merci, on se retrouve la semaine prochaine,
17:49et tout de suite, c'est l'heure du décryptage.
17:51A tout de suite.
17:53Air et Défense, le décryptage.
17:58Le décryptage dans Air et Défense avec Léo Barnier.
18:01Bonjour Léo.
18:01– Bonjour Jean-Baptiste.
18:02– Rédacteur en chef d'Air et Cosmos, merci beaucoup d'être avec nous.
18:06Alors cette semaine, ça cause en coulisses,
18:09on va dire ça comme ça, dans les couloirs de Bruxelles.
18:13Beaucoup de discussions, beaucoup de lobbyistes de l'aérien
18:16qui essayent d'assouplir les mesures de décarbonation dans l'aérien.
18:22On nous parle de décarbonation dans l'aérien depuis maintenant,
18:25j'allais dire des décennies, pas tout à fait, mais presque.
18:29On a un front qui, semble-t-il, se fissure.
18:32– Effectivement.
18:33Alors c'est peut-être même plus qu'en coulisses aujourd'hui,
18:35on le sentait déjà un peu depuis quelques mois,
18:37mais là, clairement, les grandes compagnies européennes,
18:40donc Air France-KLM, Lufthansa, IAG, EasyJet et Ryanair
18:44ont vraiment mis le sujet sur la table la semaine dernière.
18:46Donc ils ont pris la parole pour mettre la pression sur la Commission européenne.
18:49Et ils demandent des ajustements sur certaines mesures de décarbonation,
18:53et notamment l'une d'entre elles.
18:55Donc elles demandent notamment la remise en cause,
18:58enfin l'ajustement du règlement Refuel EU.
19:01Donc c'est ce règlement qui oblige les compagnies aériennes
19:04à incorporer une certaine quantité de SAF,
19:07donc les carburants d'aviation durable, dans leurs réservoirs.
19:09– Les Sustainable Aviation Fuel, comme disent les spécialistes de l'aéronautique,
19:14toutes ces compagnies, Air France, Lufthansa,
19:17elles intègrent aujourd'hui déjà des SAF dans leurs ailes,
19:21pour le coup, à certains pourcentages.
19:24– Alors effectivement, elles en intègrent déjà,
19:27il y a même des bons élèves comme Air France,
19:28qui est même un peu au-delà de ce que demande l'Europe,
19:32mais pour l'instant, les demandes européennes sont plutôt limitées.
19:35Mais dans les prochaines années, on a des paliers tous les 5 ans à peu près,
19:40et notamment en 2035, il y aura un palier,
19:42on va passer de 6% d'incorporation en 2030,
19:45à 2035, ça va être faire 20%, donc il y a un gros gap.
19:48Et ça fait plusieurs années déjà que les compagnies aériennes
19:50disent qu'on manque de SAF, et que les SAF coûtent trop cher.
19:55Surtout, elles insistent sur un point précis,
19:58c'est l'obligation d'intégrer des carburants synthétiques.
20:02Ces carburants synthétiques, ils ne dépendent pas de la biomasse,
20:06donc pourraient être produits en grande quantité,
20:08ce qui est plutôt positif, mais aujourd'hui,
20:09les technologies sont peu matures,
20:11et surtout, les capacités de production sont quasiment inexistantes.
20:14Et là, elles pointent ce point-là en particulier.
20:18Et on voit en plus que la période est plutôt favorable,
20:20quand on voit ce qu'a fait l'automobile il y a très peu de temps,
20:24où ils ont réussi à mettre la pression, notamment côté allemand,
20:26pour remettre en cause l'objectif d'une interdiction des moteurs thermiques.
20:30En 2035, il y a un petit côté où on essaye de saisir le momentum.
20:34La commission dit pour l'instant non, mais elle le disait aussi pour l'automobile.
20:39Exactement, on se demande parfois si, alors c'est un commentaire,
20:42si les industriels ne vont pas trop vite, effectivement.
20:44Ils se sont jetés dans l'automobile vers l'électrique,
20:46à corps perdu, en délaissant la fabrication de pièces de fonte, de quartier, etc.
20:50Dans l'aérien, on a eu un mouvement très très fort, effectivement,
20:53pour faire arriver les SAF,
20:54et puis on se rend compte que finalement on est peut-être allé un peu vite, ou pas.
20:58Quelles conséquences ça pourrait avoir ?
21:00Effectivement, alors on est allé un peu vite,
21:01les compagnies aériennes ont poussé ça parce qu'elles sentent que c'est nécessaire pour elles.
21:05Elles se sont fixé un objectif de zéro émission nette en 2050,
21:08et pour ça elles ont absolument besoin des SAF, c'est le principal levier.
21:11Et donc effectivement, si on remet un peu en cause des étapes intermédiaires,
21:14peut-être qu'on remet en cause l'objectif final.
21:17Après, il faut aussi que tout l'écosystème suive,
21:19et notamment les producteurs de carburant,
21:21et aujourd'hui c'est moins le cas.
21:23Et pourtant on voit qu'il y a, au-delà de l'objectif de décarbonation,
21:26qui est primordial,
21:28qui est la survie du transport aérien en dépend,
21:30il y a aussi peut-être un outil de souveraineté.
21:32Aujourd'hui on importe la totalité du kéosène,
21:34de produire des carburants durables en Europe,
21:37ça pourrait être un outil de souveraineté,
21:38et on voit à quel point c'est important aujourd'hui,
21:40avec notamment la crise au Moyen-Orient.
21:42Un grand merci Léo, merci beaucoup pour ce décryptage.
21:45J'en profite pour vous montrer la couverture d'Air et Cosmos cette semaine.
21:49Satellite, Géo, l'Europe joue son avenir.
21:52Dossier complet, notamment à l'occasion du Satcho 2026,
21:55qui avait lieu, si je ne dis pas de bêtises, à Washington, je crois, cette semaine.
21:59Un grand merci Léo,
22:01rédacteur en chef d'Air et Cosmos,
22:02et à la semaine prochaine.
22:03À la semaine prochaine.
22:04Tout de suite, c'est l'heure de Signe aux faibles.
22:07Air et Défense, les signaux faibles.
22:12Et avec nous pour Air et Défense dans Signe aux faibles,
22:14Antoine Larigauderie.
22:15Bonjour Antoine.
22:16Bonjour Jean-Baptiste.
22:17Chef d'orchestre, comme j'aime bien le dire,
22:18de tout pour investir sur BFM Business.
22:20On vous retrouve tous les jours sur BFM Business.
22:23Vous êtes un observateur attentif et régulier
22:25de tout ce qui se passe dans l'aéronautique,
22:26dans l'aérien, et notamment aux Etats-Unis.
22:28Et alors là, ces derniers jours,
22:30on a vu quelque chose d'assez spectaculaire quand même,
22:33le ravitaillement en vol du B-21 Raider,
22:38le nouveau monstre volant des Etats-Unis
22:41qui doit entrer en service, si je ne dis pas de bêtises,
22:42en 2027.
22:43Donc très très prochainement.
22:44Après-demain, c'est ce qu'on peut dire.
22:46Et effectivement, pourquoi c'est important ?
22:48Déjà parce que pas mal d'observateurs
22:51qui aiment bien les petites bizarreries aériennes
22:55en ont fait mention sur les réseaux sociaux
22:57et que ça a été plus ou moins regardé
22:59avec beaucoup de bienveillance par les militaires américains.
23:03qui voient une manière de faire un peu de pub
23:05pour un truc qui va être stratégique pour eux.
23:07Pourquoi ?
23:08Le B-21 Raider, ça nous ramène à nos fameux
23:11flying Doritos, à nos triangles volants.
23:14Vous savez que c'est une architecture de vol
23:15qui garantit une certaine furtivité,
23:19la capacité à échapper au radar.
23:22Et le B-21 Raider, qui est en cours de développement,
23:25va prendre le relais de deux types
23:27de bombardiers stratégiques américains.
23:28Le B-2, qui lui ressemble beaucoup
23:31et qui a été engagé sur plusieurs théâtres d'opérations,
23:33dont l'Iran, pendant la guerre des 12 jours.
23:35Mais bien avant, il est en service
23:37depuis les années 90, à peu près.
23:40Ainsi que le B-1 Lancer,
23:42qui est alors là un autre genre d'engin,
23:44qui est un bombardier Mach 2,
23:47très rapide,
23:48mais qui est en service depuis les années 70.
23:51Donc du coup, il y avait deux types
23:54de bombardiers stratégiques à remplacer
23:56et l'Amérique a choisi donc le B-21 Raider.
23:59Pourquoi cette image est intéressante ?
24:00C'est parce que ce matériel,
24:02qu'on croyait encore en essais très expérimentaux,
24:05alors du côté de l'area 51,
24:08de Dry Groom Lake,
24:10cette fameuse base fantôme américaine,
24:12mais qui est tout à fait officielle
24:13et qui teste les matériels top niveau
24:15destinés à rentrer dans les unités opérationnelles,
24:19on le retrouve dans le ciel
24:21à pratiquer un ravitaillement en vol
24:23qui est véritablement un plus
24:26en matière de mise en service opérationnel.
24:29Là, on peut dire qu'il est à demi opérationnel,
24:31si vous voulez.
24:32Donc on assiste vraiment
24:35aux dernières touches de ce programme
24:37avant qu'il entre dans les unités
24:39du stratégique Air Command.
24:42Et parallèlement,
24:43ce qui est intéressant aussi
24:44sur le B-20 Raider,
24:45c'est son rôle.
24:46C'est-à-dire que ça va être à la fois
24:47un bombardier de haute capacité stratégique,
24:51c'est-à-dire qu'il est vecteur
24:52de l'arme nucléaire,
24:53de missiles de croisière,
24:54de bombes de très gros calibre,
24:56mais il va pouvoir aussi effectuer
24:57certaines autres tâches
24:58qui intéressent l'armée de l'air américaine.
25:00En particulier,
25:01il a certaines fonctions d'autonomie.
25:03Il peut effectuer certaines tâches
25:05pour un monstre de cette taille.
25:07Sans équipage.
25:08Alors ça, c'est intéressant.
25:10Et au-delà de ça,
25:11il peut effectuer d'autres tâches.
25:13Et en ça,
25:14la furtivité lui est très utile.
25:15Comme ça,
25:16il est à l'abri des zones de combat.
25:18D'observation et de coordination
25:20des opérations de combat aérien.
25:23Envoyer des chasseurs-bombardiés
25:25sur telle zone.
25:25Envoyer un avion de reconnaissance
25:26sur telle zone.
25:27Coordonner l'action de drones,
25:28etc.
25:29Il va pouvoir faire tout ça.
25:30C'est une sorte de centre névralgique
25:33petit format et furtif,
25:36doublé d'un bombardier nucléaire
25:37qui sera totalement indétectable
25:39par qui que ce soit.
25:40Et voilà,
25:41on le voit dans ces dernières évolutions
25:44avant sans doute une entrée
25:45en service opérationnel.
25:482027,
25:48peut-être même un chouïa avant.
25:50Juste un mot pour finir,
25:51Antoine.
25:52Les Américains sont décidément fans
25:54de tout ce qui ressemble
25:55à des ailes volantes.
25:56Ce qu'on a aperçu,
25:58alors cette fois en Grèce,
25:58il y a quelques jours,
26:00un drone furtif américain,
26:02RQ-180.
26:03Qu'est-ce qui s'est passé ?
26:04Du même fabricant.
26:05Du même fabricant,
26:06Nostrogram.
26:07Ce qui s'est passé,
26:08c'est que cet appareil,
26:09si vous regardez la fiche Wikipédia,
26:10c'est assez drôle,
26:11on vous dit,
26:11il n'y a aucune photo existante.
26:13On connaît juste son nom,
26:14le nom du programme.
26:15A priori,
26:16là aussi, c'est ARIA 51
26:18et c'est expérimentation pure.
26:19Ben non.
26:20On l'a vu en Grèce.
26:22On l'a vu en Grèce
26:23autour d'un aéroport militaire
26:24qui appartient aux forces aériennes grecques,
26:27membres de l'OTAN,
26:27à l'ARISA.
26:29Et de l'avis des spécialistes
26:31qui ont assisté à la scène,
26:33non seulement ils étaient sidérés
26:34de le voir,
26:35et puis en plus,
26:36très très proche
26:36des zones d'opérations chaudes
26:38du moment,
26:39ils l'ont vu.
26:40Et puis surtout,
26:41il avait l'air d'avoir des problèmes.
26:42En fait,
26:42c'est un atterrissage d'urgence.
26:44Donc un truc, visiblement,
26:45qui n'était absolument pas prévu.
26:47Donc voilà,
26:47on voit pour la première fois
26:48cet appareil ultra secret
26:50qui, là aussi,
26:51a différents rôles
26:51en matière de frappe,
26:53mais aussi en matière
26:54d'observation,
26:55de reconnaissance,
26:56de coordination
26:56des opérations aériennes.
26:58Et savoir qu'il est en service actif
27:00et en plus sur des zones de combat,
27:02c'est un élément important,
27:03effectivement.
27:04Antoine, un grand merci.
27:05Avec plaisir.
27:06Merci Antoine.
27:07C'est la fin de cette émission
27:08d'Air et Défense
27:08pour cette semaine.
27:09On se retrouve,
27:10et bien la semaine prochaine,
27:10même lieu, même heure.
27:14Air et Défense
27:15sur BFM Business
27:17Sous-titrage Société Radio-Canada
27:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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