- il y a 19 minutes
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?
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00:01BFM Business avec la Tribune et R&Cosmos présente
00:07R&D Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:12Bienvenue dans R&D Défense.
00:14Cette semaine, on reçoit le patron d'un groupe industriel qui vient ou qui a frappé ces derniers mois un
00:18grand coup dans la défense française.
00:20C'est le groupe belge John Cochril, un car emporté avec Daimler Truck un contrat à plus de 2 milliards
00:25d'euros
00:26pour fournir à l'armée française 7000 camions.
00:30Son directeur général, Jean-Luc Morange, sera avec nous dans un instant.
00:34Les plus anciens se souviennent peut-être de la compagnie Air Inter qui a disparu au milieu des années 90.
00:40La compagnie pourrait faire son grand retour, mais cette fois-ci en version régionale.
00:44Ce sera l'objet du décryptage.
00:46Enfin, dans le conflit au Moyen-Orient, l'Iran, on le voit, a l'habitude de faire du neuf avec
00:51du vieux
00:52et a remis en service, utilise encore des chasseurs américains des années 70, les F5 Freedom Fighters.
00:59Ce sera l'objet des signaux faibles avec Antoine Larigauderie.
01:08Bonjour Jean-Luc Morange.
01:10Bonjour.
01:10Vous êtes le directeur général du groupe belge industriel John Coquerell.
01:14Vous êtes à la fois dans l'industrie lourde, dans l'énergie, dans la maintenance, dans le nucléaire.
01:18Et vous êtes évidemment dans la défense.
01:21On va très largement en parler avec vous dans quelques instants.
01:23À mes côtés, pour vous interroger, Hélène Chachati.
01:25Bonjour Hélène.
01:26Bonjour.
01:26Vous êtes journaliste à la rédaction d'Air et Cosmos et vous nous accompagnez cette semaine.
01:31Jean-Luc Morange, vous avez frappé un grand coup ces derniers mois en remportant ce que d'aucuns qualifient le
01:39contrat du siècle,
01:40en tout cas pour l'armée de terre, puisque vous avez remporté avec votre partenaire d'Emler,
01:44un contrat pour fournir jusqu'à 7000 camions porteurs.
01:48Alors les camions porteurs, c'est des camions fondamentales,
01:50puisque c'est de la logistique, ça transporte le carburant, les armes, etc.
01:547000 camions que vous allez fournir à l'armée française.
01:56Vous avez dû faire face à des concurrents particulièrement redoutables.
02:01Rennes Métal, Iveco, pour ne citer qu'eux.
02:04Je précise, et on en reparlera tout à l'heure, que vous avez acquis il y a deux ans le
02:08français Arcus,
02:09qui est spécialiste dans la fabrication de blindés.
02:12Vous avez reporté ce contrat, qu'est-ce qui a fait la différence par rapport à vos concurrents ?
02:16Alors plusieurs choses, comme vous l'avez dit, c'était un appel d'offres ouverts.
02:21Vous avez cité des concurrents, il y a eu aussi Scania, il y a eu aussi Iveco.
02:25Ce qui a fait la différence, je crois que c'est d'abord une offre technique, technologique,
02:32entre la combinaison des expertises d'Arcus et celle d'Emler,
02:37qui répondait parfaitement au cahier des charges.
02:39Et puis je dirais un élément économique qui fait aussi qu'on était bien placé, assez bien placé.
02:45Je pense que là aussi, la dimension du partenaire, le véhicule de base est déjà produit,
02:52était déjà produit à 15 000 exemplaires et tout.
02:54Donc vous savez, dans cette industrie, le volume pèse à un moment donné,
02:59et notamment l'amortissement des frais de développement sur des volumes.
03:01Et donc je pense que c'est la combinaison des deux qui ont fait qu'on est sorti vainqueur de
03:07cet appel d'offres.
03:08Un élément économique, évidemment. Est-ce qu'il y a eu aussi des contraintes temporelles ?
03:13Est-ce qu'on vous a dit très clairement, ces camions, il nous les faut vite, en tout cas le
03:17plus rapidement possible ?
03:18On sait que le délai d'exécution aujourd'hui dans l'industrie de défense est devenu quelque chose de très
03:23important.
03:23Oui, alors les délais, effectivement c'est majeur, mais moi je voudrais préciser que, en tout cas dans notre industrie
03:30terrestre,
03:30et en tout cas pour ceux qui nous concernent, on n'a pas aujourd'hui de contraintes de production et
03:36de montée en gamme.
03:37Ce que je veux dire par là, c'est que nos sites ne sont pas saturés, on a de la
03:42capacité industrielle,
03:43on est en capacité de monter des équipes supplémentaires, on est sur une ou deux équipes sur nos sites,
03:50donc on n'a pas ce souci-là. On doit être vigilant néanmoins, parce que ça c'est ce qui
03:56nous est propre,
03:58monter des équipes supplémentaires, il y a certaines compétences sur lesquelles il faut faire attention,
04:02des usineurs, des soudeurs, là vous pouvez avoir, mais bon, ça on le gère.
04:08Après il y a la supply chain, puisqu'on ne fait pas tout, on achète un certain nombre d'éléments,
04:13et effectivement remettre sous tension une supply chain qui a été un peu, je dirais, malmenée.
04:20Malmenée, qui n'avaient pas de volume, qui se sont orientées vers d'autres secteurs,
04:23et ça, ça peut se comprendre. Là, refocaliser sur le secteur défense,
04:27leur remettre des volumes assez importants à délai court, là il peut y avoir dans la chaîne
04:32quelques points de faiblesse, et effectivement, il suffit d'un ou deux points de faiblesse,
04:37et l'ensemble du système est mis en danger.
04:41Mais bon, aujourd'hui, on fait de l'analyse de risque, dans ce domaine-là,
04:45on regarde, on sécurise, on regarde d'être plutôt multisources que monosources,
04:50donc tout ce travail est en train de se faire,
04:52et est en train aussi de se faire à l'analyse de ce qui est en train de se passer
04:58sur ce conflit au Moyen-Orient, parce que ce conflit au Moyen-Orient
05:01peut révéler, je dirais, d'autres sources de pénuries
05:07que l'on n'avait pas anticipé.
05:08Des sous-composants de composants, par exemple, je veux dire,
05:12on a aujourd'hui, en général, bien sécurisé tout ce qui est carte électronique,
05:18tout ce qui est puce, ça, ça s'est fait, et ça, je dirais,
05:21c'est plus le Covid, plus Uclaine qui nous a amenés,
05:24mais certains composants qui peuvent entrer dans des câbles,
05:27des câbles électroniques et tout ça, pourraient être amenés à manquer,
05:30parce qu'il manque tel gaz, tel truc qui est bloqué par la situation
05:34dans le détroit d'Armousse. Donc, il faut aller un peu plus profondément.
05:37Mais aujourd'hui, notre industrie terrestre, je crois qu'on peut parler en général,
05:41n'est pas malmenée et n'est pas à risque.
05:44Sur ce contrat, justement, quelle est la part d'Arcus par rapport à Daimler
05:47et quels vont être les sites concernés ?
05:49Alors, la part d'Arcus par rapport à Daimler, elle est à peu près équilibrée,
05:52on est un peu plus de 50%, et les sites concernés sont essentiellement
05:56le site de Limoges et le site de Garchizy qui est près de Nevers.
06:01Donc, ce sont ces deux sites qui sont concernés, pour notre part.
06:05Je rebondis sur ce que vous disiez à un instant.
06:08Est-ce qu'il y a un risque aujourd'hui, pour une entreprise, notamment dans la Défense,
06:12d'avoir des carnets de commandes beaucoup trop importants ou importants ?
06:17Je vous donne, pour exemple, dans d'autres secteurs,
06:19l'exemple Alstom qui a un carnet de commandes exceptionnel,
06:22mais qui a une exécution qui est un petit peu compliquée.
06:24On voit ce qui se passe chez Airbus, qui reçoit ses moteurs Pratt & Whitney
06:28avec beaucoup, beaucoup de retard, mais qui a des carnets de commandes exceptionnels.
06:32Comment vous...
06:32Non, ce n'est pas notre cas.
06:34Je dirais, ce n'est pas notre cas sur la partie véhicule.
06:36Il n'y a pas...
06:37On trouve des moteurs de camions plus facilement que des réacteurs d'avions.
06:42Et surtout que...
06:44Bon, une partie de ces technos, elles viennent du civil.
06:48Et au même moment où la Défense pousse fort,
06:51on ne peut pas dire que le marché des poids lourds landa,
06:54surtout en Europe, soit sur une pente croissante.
06:58On ne peut pas dire non plus que le marché automobile soit aussi très fort.
07:01Donc, on n'a pas cette problématique-là.
07:04Sur la partie tourelle, puisqu'on fait aussi les tourelles...
07:06C'est l'heure de votre activité primaire, même.
07:08Donc, c'est celle qui a le plus de digital,
07:11qui a le plus de...
07:12Sur la partie canon, il n'y a pas de problème,
07:15aujourd'hui, d'usinage.
07:17On n'est pas dans les munitions, nous-mêmes.
07:18Donc, on fait les équipements par les munitions.
07:20Les munitions, là, vous pouvez...
07:22Si vous êtes dans la munition et les missiles,
07:23là, ça commence à être un peu plus complexe et compliqué.
07:27Mais nous, sur nos équipements, encore une fois,
07:30à la mesure près d'aller bien détailler dans la supply chain
07:33ce qui doit être fourni,
07:34on est pour l'instant, entre guillemets, assez sereins.
07:38– Alors, quelle est la place, un petit peu plus générale,
07:41la place d'Arcus sur le marché des blindés,
07:44notamment face aux nouveaux entrants et aux pays émergents ?
07:47On a déjà cité les grands.
07:48Est-ce qu'on peut revenir un petit peu sur le reste du marché ?
07:50– Le reste du marché, c'est clair.
07:53Nous avons un marché français, nous avons un marché européen.
07:56Je dirais qu'il est, entre guillemets, assez protégé.
07:59Même si, vous l'avez mentionné, sur le marché des camions,
08:03c'était en concurrence ouverte,
08:04mais les acteurs étaient essentiellement européens.
08:06quand on sort un peu à l'export,
08:09on enlève, bien entendu, la partie chinoise
08:12qui peut être impliquée sur certains marchés,
08:16mais je dirais que c'est assez délimité.
08:19La Turquie a quand même des capacités assez impressionnantes,
08:26qui sert déjà son armée de base.
08:31Je pense qu'il faut être vigilant, le Maroc est en train de construire des capacités,
08:34mais elles se feront, je dirais, de la même façon qu'elle s'est faite
08:36pour l'automobile ou l'aéronautique,
08:38elles se feront de façon, je dirais, coordonnée.
08:41Nous, par exemple, Arcus et John Coquille,
08:44nous commençons à avoir des collaborations avec le Maroc
08:47sur le transfert de technologie.
08:49les Émirats Arabes Unis, très clairement,
08:52Edge, Tawazoun, tous ces acteurs-là,
08:56qui se sont créés à la base de gros contrats
08:59et avec des retombées dans le pays,
09:02on a créé certaines capacités.
09:04Donc, tous ces acteurs-là...
09:06Pour Arcus, c'est peut-être un peu nouveau,
09:09mais pour nous, John Coquille, ça ne l'est pas du tout.
09:13On a toujours eu, nous, boîte belge de la défense,
09:17la taille du pays, les sommes consacrées à la défense dans le passé
09:21faisaient que si vous vouliez grandir dans cette activité,
09:24vous deviez être sur des marchés, à l'export.
09:27Et ça veut dire quoi ?
09:28Ça veut dire qu'il faut être compétitif,
09:29il faut être rapide, il faut être agile.
09:30Et ça, on a ça dans notre ADN.
09:32Et je pense que la combinaison des deux,
09:34cet ADN que nous avons chez nous,
09:37avec, je dirais, la capacité industrielle
09:40et le professionnalisme des équipes d'Arcus,
09:42c'est d'ailleurs un des rationnels de cette acquisition,
09:47c'est pouvoir, grâce à la partie John Coquille,
09:51amener plus facilement Arcus sur des marchés à l'export,
09:55où très honnêtement, lorsqu'il était dans le groupe Volvo,
09:57il était un peu contraint, parce que ce groupe
10:01n'avait pas vraiment vocation à être à l'export
10:03et n'avait pas cette dynamique-là.
10:07Justement, pour rester sur cette nouvelle dynamique export,
10:12est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus ?
10:13Notamment, est-ce que vous avez vocation à reprendre pied
10:15sur le marché, par exemple, sur l'Afrique ?
10:18Alors, l'Afrique, oui.
10:20C'est plutôt le Maghreb, où il y a quand même des programmes importants.
10:24Le gros marché, c'est le Moyen-Orient, très clairement.
10:27C'est là où nous, nous avons bâti une grande partie
10:29de nos succès commerciaux,
10:31et c'est là où probablement, nous pourrons,
10:34je l'espère, dans les prochains mois,
10:36concrétiser des marchés d'importance.
10:39Donc, il y a deux marchés, aujourd'hui, qui sont très porteurs.
10:42Il y a le Moyen-Orient, mais déjà avant la crise qui était via l'Ukraine.
10:46N'oublions pas que nous avons un certain nombre de solutions
10:49que nous pouvons apporter à l'Ukraine.
10:52Alors, là aussi, il faut être vite, il faut être rapide.
10:54C'est plutôt des solutions assez rapidement disponibles.
10:58Et par exemple, la partie belge est en train de fournir
11:02des tourelles de 105, donc de calibre 105,
11:05qu'on met sur des léopards existants,
11:09léopards version 1.
11:11Et donc, avec ça, on est capable,
11:13à l'intérieur des programmes belges,
11:15des programmes allemands aussi,
11:17de sécuriser des approvisionnements.
11:20Et pour nous, l'accord qui est intervenu
11:22il y a un peu plus d'une semaine,
11:24au niveau de l'Europe,
11:26pour débloquer les 80-90 milliards d'aides,
11:29c'est quelque chose qui va nous permettre
11:31de matérialiser très rapidement
11:33des volumes importants dans ce sens.
11:35Vous avez prononcé des mots-clés.
11:38Deux fois automobile,
11:39et une fois Ukraine,
11:40ce qui m'a fait penser spontanément aux drones.
11:43On a bientôt le salon Eurosatory
11:45qui va ouvrir ses portes.
11:47Il se murmure, comme dirait l'autre,
11:48que vous préparez, avec Renault,
11:51un projet de drone.
11:54Peut-être que ça se murmure,
11:55mais je ne sais pas.
11:57Peut-être qu'à Eurosatory,
11:58on sera capable de vous en dire plus.
11:59Pour l'instant, je ne peux pas vous en dire plus.
12:02Non, ce qui est certain,
12:03c'est que le conflit en Ukraine,
12:06le conflit au Moyen-Orient,
12:07a amené les industriels que nous sommes
12:09à travailler sur deux sujets.
12:11Le premier sujet, c'est comment détruire ces drones
12:15qui ont fait quand même des dégâts assez énormes
12:18et sur lesquels, je dirais,
12:20quand on regarde la logique économique des drones,
12:25qui neutralisent des équipements.
12:27Donc, ça, on sait le faire.
12:30Dans notre activité défense,
12:31notre activité tourelle,
12:33on a des capacités,
12:35avec des tourelles,
12:37ou des tourelleaux d'ailleurs,
12:38en calibre 12,5 ou calibre 30,
12:41de tirer, de détecter,
12:42de détruire les drones.
12:43Ça, c'est la première phase.
12:44Comment détruire ?
12:45La deuxième phase,
12:46c'est comment faire une offre de produits.
12:48Alors, nous, c'est le terrestre,
12:49on n'est pas dans l'aérien,
12:50on n'est pas dans le naval,
12:51de faire une proposition de drones
12:54avec trois critères,
12:56pas chers, robustes,
12:58capables de les produire en grande quantité.
13:00Effectivement, quand vous mettez ces trois éléments,
13:03vous devez vous appuyer sur des industries
13:05qui sont déjà dans ce secteur,
13:07qui font déjà du pas cher.
13:08Bon, effectivement,
13:10ça peut conduire à dire
13:12que ça peut être un constructeur automobile,
13:14mais ça, je ne vous en dirai pas plus sur le sujet.
13:17Soyez patient.
13:17D'une manière générale,
13:18il n'y a que l'industrie automobile aujourd'hui
13:20qui est capable de produire
13:21avec tel volume, avec telle masse.
13:23On a ce mouvement en Allemagne.
13:24Sur des drones terrestres, oui.
13:27Après, il ne faut pas sous-estimer.
13:30Drones terrestres, drones navals, drones aériens,
13:32c'est probablement le terrestre le plus difficile.
13:34Parce que vous évoluez dans un environnement,
13:36ce n'est pas le ciel, ce n'est pas la mer.
13:38Les aléas que vous avez en termes géographiques
13:40sont sensiblement plus importants
13:43que ceux que vous pouvez avoir.
13:45Je ne dis pas que c'est simple,
13:46mais en tout cas,
13:48c'est moins embouteillé dans l'air
13:50et c'est moins embouteillé dans la mer.
13:52Et donc là, tous ces aléas,
13:53ça veut dire que l'intelligence d'un drone terrestre
13:55est quand même assez pointue.
13:58Pour revenir un petit peu sur le partenariat franco-belge,
14:02sur la tranche 2 du contrat CAMO,
14:06est-ce que les industriels belges ont eu
14:08tout le retour industriel qu'ils avaient souhaité ?
14:11Est-ce que ça fait partie des gros sujets ?
14:13Pas tout à fait.
14:15Ni sur CAMO 2, ni sur CAMO 3.
14:17Après, il faut être réaliste.
14:19Changer les attributions en cours de projet,
14:23c'est compliqué.
14:24Ces choses-là, elles sont faisables
14:25si elles s'est négociées au début.
14:28Rééquilibrer une fois que le programme est lancé,
14:30c'est beaucoup plus compliqué.
14:32Et donc, je crois que les industriels belges
14:36attendent plutôt le projet VBAE
14:38pour retrouver un équilibrage
14:39un peu plus correct
14:42entre les retombées économiques dans le pays,
14:45entre la Belgique et la France.
14:48Il y a un souhait politique fort, ça c'est clair.
14:51Mais après, il faut être un peu réaliste
14:54et dire que derrière...
14:57Alors, nous, personnellement, comme entreprise,
14:59comme nous avons un pied
15:00avec le rachat d'Arcus dans les deux pays,
15:04de fait, Arcus est un fournisseur important.
15:07Et donc, nous nous y retrouvons,
15:09nous en tant qu'entreprise.
15:10Mais je comprends tout à fait la demande de la Belgique
15:12de dire, je veux, je consacre des sommes assez importantes,
15:15je veux des retombées.
15:16Mais changer les choses en cours de programme,
15:18c'est compliqué.
15:19Est-ce que vous avez un horizon pour CAMO3 ?
15:23Notamment, et revenir un peu sur ces questions de négociation,
15:26est-ce que ça fait partie, justement, des négociations ?
15:27CAMO3, oui, il y a des choses qui se discutent,
15:29mais bon, je vous le disais, c'est plutôt le VBAE.
15:34Et bon, on va regarder comment le programme se développe.
15:37Il semblerait qu'un autre pays européen
15:38puisse être intéressé par le programme Scorpion.
15:40Si c'est le cas, ça fera encore de très belles retombées
15:42pour notre entreprise, et notamment la partie véhicule.
15:46On arrive presque au bout.
15:47Je dis presque, parce qu'il y a une question
15:49que je voulais absolument vous poser.
15:50Vous avez des activités très importantes dans l'énergie,
15:53on ne va pas les détailler, mais spécifiquement dans l'hydrogène.
15:56Vous fabriquez notamment des électrolyseurs,
15:58vous connaissez ça très bien.
15:59Je voulais savoir, est-ce qu'il y a une place
16:02pour l'hydrogène sur le champ de bataille
16:04dans les années qui viennent ?
16:06Est-ce qu'on peut imaginer des blindés légers
16:08qui n'émettent pas de chaleur,
16:10qui ne fassent pas de bruit ?
16:11Est-ce que c'est quelque chose d'envisageable, selon vous ?
16:13Oui, oui, c'est tout à fait envisageable.
16:15Je dirais, un blindé qui fonctionne à l'hydrogène,
16:19en termes de furtivité, ça apporte beaucoup plus.
16:22Vous l'avez dit, la chaleur.
16:23Après, là aussi, il faut organiser l'approvisionnement.
16:27Ce n'est pas aussi compliqué qu'on le pense.
16:31L'hydrogène, il peut se transporter
16:33sous des grosses bonbonnes,
16:36sous des camions,
16:37et d'ailleurs, le remplissage des stations d'hydrogène,
16:40il se fait comme ça.
16:40Donc ça, c'est faisable.
16:43Si on compare, par exemple, à un moment,
16:45les gens disaient, tiens, le canon du futur,
16:47c'est le canon laser électrique.
16:50Oui, mais pour un canon laser électrique,
16:51il faut un semi-remorque avec des batteries
16:54pour avoir la bonne puissance.
16:55L'hydrogène, c'est beaucoup plus facile.
16:58Donc c'est un sujet sur lequel on travaille,
16:59puisqu'on a les deux technos.
17:01Je vous avoue qu'aujourd'hui,
17:02on est sur d'autres priorités,
17:04puisque la priorité, c'est celle qu'on vient d'évoquer ensemble.
17:08Montée en puissance, anti-drones, offre drone.
17:12Mais ce n'est pas un sujet qu'on a abandonné.
17:14Et on est probablement, étant dans les deux secteurs,
17:17un des acteurs qui est le mieux à même
17:18d'apporter une solution et une offre concrète sur le sujet.
17:23Merci beaucoup, Jean-Luc Morange.
17:24Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
17:26Vous êtes le directeur général du groupe John Cochrane.
17:28On en reparlera sûrement de vous
17:30à l'occasion du salon Eurosatory.
17:32Bien volontiers.
17:33Merci d'avoir été avec nous.
17:34Avec nous également cette semaine,
17:35Hélène Chachati, journaliste chez Récosmos.
17:37Merci Hélène d'avoir été avec nous.
17:39J'en profite d'ailleurs, puisqu'on parle d'Récosmos,
17:41pour vous remontrer, parce qu'on l'a montré la semaine dernière,
17:44mais la une d'Récosmos qui est désormais bimestrielle.
17:46Et on a un dossier assez intéressant,
17:49même passionnant cette semaine,
17:50dans ce numéro-là, sur l'industrie de défense
17:53entre la France et entre la Suède,
17:55à lire dans Récosmos.
17:57Tout de suite, c'est l'heure du décryptage.
18:04Je vous parle d'un temps
18:06que les moins de 40 ans ne connaissent peut-être pas,
18:10la compagnie Réinter.
18:12Certains peut-être ont voyagé dessus.
18:14Bonjour Olivier Jamme.
18:15Bonjour.
18:16Vous êtes grand reporter à la rédaction de la Tribune,
18:18vous êtes en charge de l'aéronautique.
18:19Je parle d'Air Inter, compagnie qui a disparu au milieu des années 90,
18:23parce que, vous nous apportez cette information cette semaine,
18:27on a une nouvelle compagnie, Air Inter Région,
18:31qui pourrait faire son apparition dans les mois,
18:34dans les années qui viennent plutôt.
18:36Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu ?
18:37Exactement.
18:38Alors, c'est un petit peu fou vu l'environnement du moment dans le transport aérien,
18:42où on parle d'annulation de vol, de manque de kérosène.
18:45Et là, on apprend le lancement d'une nouvelle compagnie aérienne
18:48qui reprend un nom bien connu, vous l'avez dit Jean-Baptiste,
18:52Air Inter, mais cette fois-ci, Région.
18:54Alors, ça reprend le nom d'une ancienne compagnie aérienne,
18:57mais ça se veut un petit peu plus moderne.
19:00Alors, qu'est-ce que c'est que cette compagnie qui arrive ?
19:02C'est une compagnie qui se lance, et c'est pour ça qu'elle en a repris le nom,
19:05dans le transport régional, même le très court courrier.
19:08L'idée, ce serait de relier une vingtaine d'aéroports secondaires
19:11sur le littoral atlantique.
19:13On parle d'à peu près une dizaine de millions d'habitants,
19:1620% du PIB français, des aéroports comme Calais, Lille, Caen, Lorient, Biarritz.
19:24En proposant des vols d'à peu près moins de deux heures,
19:28des billets entre 100, 200, 300, 350 euros, grand maximum,
19:33et à terme avec des appareils hybrides, des appareils, on va dire, bas carbone.
19:39Donc, ça prend un vieux nom, mais l'idée est bien de moderniser le transport aérien
19:43avec une stratégie que la compagnie annonce comme frugale, agile
19:47et correspondant au mieux aux besoins des futurs voyageurs.
19:51Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
19:53Alors, pour l'instant, c'est un projet, c'est un concept, c'est du papier.
19:58Là où on a envie quand même d'y croire, c'est que c'est porté par un entrepreneur
20:02qui n'est pas un total inconnu dans l'aéronautique, c'est Franck Trépin.
20:07Alors, ce nom vous dit peut-être pas grand-chose, pas non plus auprès du grand public.
20:10Alors, moi, je le connaissais déjà d'avant, depuis un certain nombre d'années.
20:14Il est passé par la case Airbus, Bombardier, ça donne un peu de crédibilité.
20:19Alstom également.
20:20Et puis, plus dernièrement, l'acteur financier Ticéo Capital, très connu aussi,
20:24qui a notamment porté des fonds de soutien pour l'aéronautique.
20:28Et puis, cet entrepreneur est par ailleurs pilote.
20:30Sa manière de faire, c'est de dire, je ne vais pas m'endetter et acheter des avions.
20:35Je vais d'abord sonder, s'il y a un marché, je vais d'abord sonder la demande.
20:41Il est en train de lancer une levée de fonds, 10 millions d'euros, pour structurer cette demande.
20:46L'argent rentrant, là, il pourra commencer à recruter, parce qu'évidemment, pour faire tourner une compagnie aérienne,
20:52il faut des équipes, et puis commencer à acheter des avions.
20:55D'abord, des appareils thermiques, type Cessna Grand Caravane,
21:00puis les avions hybrides électriques, des avions bas carbone,
21:04tels que ceux qui pourraient être proposés par le français Aura Aero ou l'américain Electra,
21:10mais toujours, toujours, toujours, avec des avions de 10, 15, 20 places, grand maximum.
21:15Voilà sa méthode.
21:16Juste un mot, Olivier, est-ce que ça vous paraît ?
21:18Alors, on voit que, de toute façon, le transport régional a l'air de reprendre un petit peu d'essor
21:22depuis quelques années.
21:23Néanmoins, créer une compagnie aérienne, en ce moment, vous l'avez dit, c'est quand même...
21:27Il faut y aller, quand même.
21:30Il y a des barrières à l'entrée pour créer une compagnie qui sont quand même absolument considérables.
21:33Est-ce qu'on est dans un projet qui est crédible, où il y a quand même une sacrée part
21:37de risque là-dedans ?
21:38Les deux.
21:39À mon sens, c'est crédible, mais il y a une part de risque, évidemment.
21:42On ne peut pas dire aujourd'hui que ça va parfaitement fonctionner.
21:46En gros, l'idée, c'est de s'immiscer entre l'aviation commerciale, transport de masse,
21:51et l'aviation d'affaires, mais avec des billets beaucoup plus chers.
21:54C'est de desservir des villes qui ne sont pas desservies par le train.
21:57Donc, il y a quand même sans doute un coup à jouer.
22:00Par ailleurs, là, la compagnie est lancée, mais sur le papier, en tout cas en théorie,
22:06l'exploitation commerciale commence l'année prochaine.
22:09On peut espérer que la crise sera passée.
22:11Et puis, là où quand même l'initiative mérite d'être saluée,
22:14c'est que depuis 10-15 ans, qu'est-ce qu'on a vu en France pour renouveler un peu
22:18le transport aérien ?
22:19C'est l'apparition de constructeurs, des constructeurs Aura Aero, Volta Aero, Beyond Aero, Ascendance Flight Technology,
22:25qui ont proposé de nouveaux appareils, et qui sont pour beaucoup en cours de certification.
22:31Mais qui s'est soucié de créer le marché pour pouvoir faire fonctionner ces appareils ?
22:37C'est ce que propose Interregion, c'est-à-dire de créer un marché, de susciter l'envie,
22:43pour qu'ensuite, ces appareils de nouvelle génération puissent enfin voir le jour.
22:47Après, est-ce que ça va marcher ou pas ?
22:50Ça, c'est l'avenir qui nous le dira.
22:51Rendez-vous en 2027.
22:52Au minimum, on verra.
22:54Au minimum.
22:54Merci beaucoup Olivier, Olivier Jamme, vous êtes grand reporter à la rédaction de la Tribune,
22:57en charge de l'aéronautique.
22:59Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
23:00C'est l'heure des signaux faibles pour terminer.
23:08Antoine Larigauderie, bonjour.
23:09Bonjour Jean-Baptiste.
23:10Notre chef d'orchestre de Tout Père Investir sur BFM Business.
23:13Vous êtes aussi un amoureux et un passionné, et en même temps notre historien,
23:19de l'aviation, et notamment de l'aviation de chasse.
23:21Vous ne manquez pas de repérer tous ces signaux faibles,
23:24et qu'on voit en ce moment beaucoup autour du conflit,
23:26notamment qui se déroule au Moyen-Orient et en Iran.
23:29Et on voit réapparaître, enfin vous avez vu réapparaître,
23:32le F5, le chasseur F5 Freedom Fighter.
23:35Un appareil qui a été intégré à l'armée américaine,
23:38si je ne dis pas de bêtises, avant la révolution des années 79,
23:41bien avant, dans les années 70 pour le coup,
23:44et qui est toujours en service aujourd'hui.
23:46Oui, mais en Iran.
23:48Aussi étonnant que ça puisse paraître.
23:49Ça s'est passé le 25 avril dernier.
23:53Effectivement, il y a eu une grosse sortie de l'armée de l'air iranienne
23:57pour frapper des objectifs dans la zone des Émirats,
23:59des objectifs militaires américains.
24:01Avec un avion qui a plus de 60 ans.
24:02Avec un avion qui a plus de 60 ans.
24:05Alors, au total, sensibles ont été touchés,
24:06mais par différentes sortes d'appareils et de missiles.
24:09Et il y a eu une opération qui a été menée au Koweït
24:12par un F5 Freedom Fighter iranien, tout seul,
24:16qui a déjoué plusieurs couches de la défense antiaérienne koweïtienne
24:19et américaine pour aller frapper certains objectifs.
24:23Alors, on parle de certains avions qui ont été touchés.
24:25Ce n'est pas des dégâts colossaux, on va dire,
24:28mais symboliquement, ça a quelque chose de tout à fait étonnant
24:32parce que cet avion est de conception américaine,
24:36a été fabriqué aux États-Unis.
24:37En fait, ça s'est passé dans les années 60.
24:39À l'époque, Kennedy voulait faire équiper
24:42toutes les forces aériennes à travers le monde
24:47et spécifiquement celles qui n'avaient pas trop les moyens
24:49d'avoir une grosse aviation de chasse,
24:51d'un appareil petit, léger, facile à maintenir,
24:55facile à remettre à niveau.
24:58Et il a demandé ça, évidemment, à Jack Northrop,
25:00qui est un des génies de l'aviation américain.
25:04Donc, le cahier des charges était quand même difficile.
25:07Mais au final, on a un appareil qui est effectivement très petit,
25:10très léger, très maniable.
25:11Au départ, il n'était pas appelé à servir
25:15dans l'armée de l'air américaine.
25:16Et puis finalement, ça a été le cas.
25:18Pourquoi ? Parce que l'armée de l'air américaine s'est dit
25:20« C'est incroyable, cet avion, son domaine de vol
25:22et ses spécificités techniques ressemblent comme deux gouttes d'eau
25:26à celle du MiG-21 soviétique,
25:28qui équipait tout le bloc de l'Est
25:30et beaucoup de pays en Afrique, en Amérique du Sud,
25:33avec lesquels les rapports avec les États-Unis étaient tendus. »
25:37Donc, du coup, ils les ont pris en compte.
25:38Pour quoi faire ?
25:39Pour les faire piloter par des pilotes américains
25:42rompus aux méthodes de chasse soviétiques,
25:45ce qui fait qu'ils jouaient le rôle des bandits.
25:47On les appelait les agresseurs.
25:49On les voit dans Top Gun.
25:50On les voit dans Top Gun.
25:51Et c'est des avions qui ont entraîné pendant des années et des années
25:55la chasse américaine d'actifs
25:57contre les méthodes de chasse soviétiques.
25:59Mais la volonté de Kennedy d'exporter en masse cet avion
26:02a été un véritable succès.
26:05L'avion a été produit à 2700 exemplaires.
26:08Il a équipé 30 armées de l'air à travers le monde.
26:11Rien que ça.
26:12Et à chaque fois sur des points chauds géopolitiques.
26:15République de Corée du Sud, Taïwan, la Suisse.
26:19Ça a été l'ancien avion de voltige de la patrouille aérienne suisse, le F-5.
26:23Le Brésil.
26:25De mémoire, également, le Mexique.
26:28Enfin, partout où on avait besoin d'équiper une armée de l'air amie
26:32à côté d'un point chaud stratégique.
26:35Évidemment, Iran du char.
26:37Comme le F-14.
26:39L'armée de l'air iranienne s'est retrouvée équipée de F-5.
26:43Évidemment tombée aux mains de l'ayatollah Khomeini
26:46après la révolution islamique.
26:48Cela dit, l'avion étant très facile à maintenir et à remettre à niveau.
26:54Ils ne se sont pas privés de le faire.
26:55Ils ont même fait des petites variantes
26:57avec des nouveaux ailerons, des nouveaux systèmes électroniques,
27:00des nouveaux systèmes de missiles
27:01pour le rendre toujours plus efficace et au niveau, au goût du jour.
27:06Ce qui fait que les Américains,
27:09par le biais de cette acrobatie géopolitique,
27:11se retrouvent frappés par un avion
27:13dont ils avaient pourtant garanti le succès au pays ami.
27:16L'art de faire du neuf avec du vieux.
27:19Ils sont très bons les Iraniens pour ça.
27:20On le voit, on a des éamples récents assez assistissants.
27:23Antoine, un grand merci.
27:25Avec plaisir.
27:25Merci, c'est la fin de ce Air et Défense pour cette semaine.
27:29On ira faire un tour dans l'espace la semaine prochaine
27:31puisqu'on recevra Gérardine Najat
27:32qui est la nouvelle patronne du transport spatial
27:35à l'Agence Spatiale Européenne.
27:37En attendant, bonne semaine et à la semaine prochaine.
27:39Même lieu, même heure.
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