- il y a 8 minutes
Ce jeudi 11 juin, Antoine Larigaudrie a reçu Laurent Grassin, directeur des médias chez Boursorama, et Marc Tempelman, fondateur de Cashbee, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:04Et nos déchiffreurs avec Marc Templeman de Cashbi. Bonjour Marc. Bonjour Antoine.
00:09Et Laurent Grassin, Boursorama. Bonjour Antoine.
00:11Bonjour. Alors, on en parlait avec Aude Kersulek qui est en direct de Francfort toute la journée pour commenter cette
00:17décision de l'ABCE.
00:20C'est vrai qu'on l'a dit toute la semaine, mais il y a trois semaines on disait erreur
00:23de politique monétaire.
00:24Certains continuent à parler de ça ce matin en disant qu'on ne peut pas relever les taux dans ces
00:30conditions, etc.
00:31Puis de plus en plus un discours qui s'est pondéré ces derniers jours avec, oui, globalement tout est intégré
00:36maintenant.
00:36Et puis voilà, les dynamiques d'inflation elles sont là, donc on ne peut pas faire autrement.
00:41On a l'impression qu'il y a de tout, de rien, de tout.
00:44Ça part dans tous les sens. C'est un peu comme l'introduction de SpaceX, on entend de tout.
00:48J'ai vu passer une stat qui disait qu'il y avait plus de probabilités pour que Jésus revienne sur
00:52Terre avant 2027
00:53que l'ABCE ne remonte pas ses taux aujourd'hui.
00:56Arrêtez de regarder Polymarket, ça suffit.
00:59On en reparlera parce que là il y a vraiment des questions à se poser.
01:02Mais bon, oui, oui, voilà, c'est fait, c'est intégré au cours.
01:07Now what ? Qu'est-ce que Christine Lagarde peut bien nous dire ?
01:10Est-ce qu'on va enclencher une mécanique ?
01:12Ce qui peut être intéressant c'est de comparer, on en parlait avec Marc avant de rentrer sur le plateau,
01:16la lecture qu'on a de l'inflation de part et d'autre de l'Atlantique, si on veut prendre
01:19un petit peu de recul.
01:20C'est-à-dire qu'on avait Isabelle Schnabel qui a parlé, c'est la semaine dernière,
01:24alors elle prépare sa candidature puisque le poste est bientôt ouvert,
01:28et elle expliquait quand même qu'on rentrait durablement dans une ère marquée par le retour de l'inflation
01:34et qu'il fallait se préparer effectivement à une politique plus restrictive
01:38qui serait actée finalement par ce premier relèvement.
01:41On attend sans doute un autre en septembre.
01:43Bon, 25 points de base, ce n'est pas non plus la mer à boire, à priori on s'oriente
01:46là-dessus.
01:47Est-ce que c'est une erreur de politique monétaire ?
01:49On peut se dire qu'on avait peut-être encore un petit peu de temps, on pouvait patienter.
01:52Mais ce qui est intéressant, c'est que si on reprend les chiffres de l'inflation en Europe,
01:56on était à 3,2% après 3%, donc oui, c'est pas...
02:00Aux US, on a eu le CPI hier, donc on est à 4,2%, on est à 2,9%
02:04en sous-jacent.
02:05Mais la lecture est assez différente.
02:07C'est-à-dire qu'on dit que finalement, on ramène cette expression magnifique d'inflation transitoire,
02:13qu'on est déjà plutôt au pic et la majeure partie des économistes,
02:17je crois que c'est 72 sur 102 sur le dernier baromètre que j'ai regardé,
02:20ils sont plutôt pour dire que ça va poser sur la fourchette actuelle des taux de la fête jusqu'à
02:25la fin de l'année.
02:25Donc un même phénomène, le retour de l'inflation,
02:30une croissance qui n'est pas tout à fait similaire entre l'Europe et les États-Unis,
02:32mais on agit déjà en Europe alors que les Américains,
02:34qui sont certes à un niveau plus haut, vont plutôt à priori tenir la pause.
02:38Bon, à voir effectivement.
02:40Mark Templeman, vous êtes sur le même constat.
02:44Il n'y avait que ça à faire.
02:45Et puis de toute manière, on s'inscrit dans les mécaniques du moment.
02:47Il y a peut-être deux éléments à rajouter,
02:49si je souscris à tout ce qui a été dit à date.
02:52C'est que la BCE avait du retard lorsque l'inflation a décollé après le Covid.
03:00Et je pense qu'elle a peur de faire la même erreur.
03:03Et donc peut-être aujourd'hui, elle anticipe,
03:05et elle va peut-être un peu trop vite parce que, comme il a été évoqué,
03:09l'inflation aujourd'hui n'est que de 3,2-3,3%.
03:13Et surtout, l'inflation sous-jacente,
03:15donc quand on exclut l'inflation sur les aliments et sur les coûts de l'énergie,
03:20n'a pas encore dépassé la barre des trois.
03:23A l'inverse, aux US, bizarrement, la Fed semble le plus attentiste,
03:27alors que là, l'inflation sous-jacente commence à monter,
03:31même si là aussi, elle est largement en dessous de l'inflation,
03:34le grand chiffre,
03:36mais où ça fait suite aussi à un rapport sur l'emploi,
03:39où on voit que les emplois se créent à une vitesse grand V,
03:42bien au-delà des attentes,
03:43et que donc on peut s'attendre à une pression sur les prix
03:45qui existe déjà sur l'énergie.
03:47Ça, c'est fait.
03:47On sait tous que l'énergie impacte indirectement pas mal d'autres secteurs
03:51de l'économie si les prix ne rebaissent pas vite.
03:54Or, ils ne rebaissent pas très vite.
03:56Et troisième point,
03:57s'il commence à y avoir une inflation sur les salaires,
03:58on peut pour le coup se dire qu'on n'est plus dans une inflation transitoire,
04:02aux US, je parle,
04:03mais dans une vraie inflation qui risque d'être durable.
04:06Et on peut donc s'attendre à une réaction de la Fed
04:08à un moment donné, dans le courant de l'année 2026.
04:10C'est une raison pour laquelle, je crois aussi,
04:12ce n'est pas la seule,
04:14qu'un certain nombre de valeurs ont commencé à chuter en bourse,
04:17parce que toutes les sociétés dites à hypercroissance
04:21dépendent aussi, leur modèle dépend aussi de taux bas.
04:23Et si on peut commencer à craindre des taux plus élevés
04:26dans un futur relativement proche,
04:28évidemment, les valorisations en pâtissent.
04:30On n'est pas dans le même paradigme,
04:31mais effectivement, disruptons les disruptés.
04:35Là, on pourrait être disrupté par un univers de taux
04:37qui ne serait plus très favorable à une augmentation des CAPEX,
04:41comme on peut le voir en ce moment.
04:43Tiens, d'ailleurs, tout le monde a un avis sur la BCE.
04:47Bon, tout le monde a un avis sur l'intro de SpaceX.
04:50Enfin, on parle.
04:50Alors, je vous sens énerver, Antoine.
04:52Ce n'est pas que ça m'énerve,
04:54c'est que, et on en parlait en préparant le...
04:56On devrait faire un bifort.
04:59On devrait faire 5 minutes d'émission en direct du couloir, là,
05:01où il se dit des trucs absolument...
05:03Enfin, on les redit là, mais...
05:05Globalement, j'ai un petit peu de mal
05:07avec tous les événements qui se déroulent
05:09sur lesquels on nous contraint à avoir une opinion.
05:12Moi, alors de manière très humble,
05:15SpaceX, je n'ai aucune opinion là-dessus.
05:17Je veux voir ce qui va se passer.
05:19J'entends tellement de tout
05:20que des opinions, j'en ai pu.
05:22Est-ce qu'on ne pourrait pas, justement,
05:24poser quelques faits et les rappeler ?
05:25Oui.
05:26On va rappeler, la boîte,
05:28elle s'introduisait pour lever 75 milliards de dollars.
05:32A priori, on serait sur une sursouscription,
05:35ce n'est pas facile à dire.
05:36Plus de 4 fois.
05:37Voilà, 250-300 milliards de dollars
05:39de levés a priori.
05:41On serait sur une société
05:43qui vise un marché total adressable
05:45de 28 500 milliards de dollars,
05:47dont la plus grosse partie, 26 500,
05:49et dans l'IA, sur lequel elle fait aujourd'hui
05:51moins d'un milliard de chiffre d'affaires.
05:55Vous avez un engouement,
05:57une part qui était réservée au public de 30 %,
05:59ce qui est exceptionnel par rapport
06:01à la plupart de ces opérations
06:03sur lesquelles on est entre 5 et 10.
06:05Et chose quand même assez nouvelle,
06:07c'était même ouvert aux investisseurs européens.
06:10Donc, voilà,
06:11les faits, quand vous les additionnez,
06:13en fait, chacun peut se faire
06:17son petit, comment dire,
06:19sa petite morale
06:20sur ce que représente cette opération.
06:21Chacun peut en tirer les conclusions.
06:23Vous êtes sur une opération
06:25qui est hors normes
06:25à tous les niveaux,
06:27à tous les niveaux,
06:28donc vous allez avoir sans doute,
06:30sans doute, c'est assez probable
06:31que dans les premières séances,
06:32ça devrait être porté
06:33par aussi un engouement incroyable.
06:35Après, attention,
06:37notamment sur les gens
06:38qui vont peut-être rentrer en bourse
06:41à l'occasion de cette introduction,
06:43il va falloir qu'ils se mettent
06:44assez vite à jour
06:45de bien investir en bourse,
06:47diversifier,
06:48ne pas porter le risque
06:48sur une seule société.
06:50Attention aux promesses de croissance
06:51qui ne se réalisent pas,
06:52etc., etc.
06:53On ne va pas liquider
06:53son assurance vie
06:54pour tout mettre sur SpaceX,
06:56pour faire 4-4 en une journée.
06:58Oui, parce que ça...
06:59Enfin, vu la taille du...
07:01C'est peut-être ça
07:02le plus important,
07:03c'est qu'on va balancer
07:04un 4-4 dans une piscine
07:06pour gamin.
07:07Qu'est-ce qui va nous péter
07:09la figure ?
07:10En gros, c'est ça.
07:11Alors, le premier point,
07:12et j'aime bien votre introduction,
07:14c'est franchement,
07:15je n'ai pas d'opinion.
07:16Malheureusement,
07:17en n'y allant pas,
07:18si vous êtes gestionnaire
07:19de fonds institutionnels
07:20et que vous gérez
07:21un fonds actif Action US,
07:23en n'y allant pas,
07:24vous venez de prendre
07:25une décision.
07:25Voilà.
07:26Par des fois,
07:27parce que cette société,
07:28déjà, Nasdaq et d'autres,
07:30ont amendé leurs règles
07:32pour faire rentrer
07:33cette société au plus vite
07:33dans les indices.
07:34C'est vrai.
07:35On peut avoir un débat
07:35sur la moralité et l'équipe.
07:36Oui, c'est super compliqué,
07:38ça aussi.
07:38Et les ODD,
07:39comme disent les Américains,
07:39ce ne sera pas aussi rapide
07:40que le S&P 500.
07:41Le S&P 500 a bloqué.
07:45L'autre élément à garder en tête,
07:46c'est qu'en y allant,
07:49on investit presque par définition
07:51dans un stock
07:51qui sera sans doute très volatile.
07:53Je n'ai aucune opinion
07:54sur si ça va partir à la hausse
07:55parce qu'il y a une sursouscription
07:56ou si ça risque de partir à la baisse
07:58parce que l'émission déçoit.
08:00Je dis ça surtout
08:00parce que je sais
08:01que les institutionnels,
08:02ayant fait pas mal d'opérations
08:03de ce type quand j'étais banquier,
08:05ont tendance à donner des ordres
08:08multipliés par rapport
08:09à leurs demandes réelles
08:10pour être sûrs d'obtenir une allocation.
08:12Donc, nous n'en tirerons pas
08:13trop de conclusions non plus
08:14de ce niveau de sursouscription.
08:16Mais tout ça pour dire
08:17qu'il y a un dernier élément
08:18qui est un élément technique
08:19mais dans le sens inverse
08:20de ce qui pourrait mener
08:21à une hausse du cours
08:23qui est qu'il y a une période
08:24de lock-up
08:25sur pas mal de grands investisseurs
08:27qui détiennent aujourd'hui
08:28des grosses parts dans SpaceX.
08:30Et ces lock-up vont se libérer
08:32au fur et à mesure.
08:33Dans les six mois
08:34et puis dans un an.
08:35Et donc, on risque d'avoir
08:36des prises de bénéfices
08:37potentiellement importantes
08:39dans le cours de 2027.
08:41Exactement un an
08:41après la mise en bourse
08:42de cette société
08:43qui pourrait, pour le coup,
08:44peser sur le cours.
08:46Ça, c'est un premier point.
08:47Le deuxième point que je ferai,
08:48c'est qu'en préparation
08:49pour faire de la place
08:51pour l'IPO de SpaceX,
08:53l'IPO d'Entropic dont on parle,
08:54l'IPO d'OpenAI dont on parle
08:56et franchement,
08:57pour les levées de capitaux
08:58qu'ont déjà fait Google
09:00et dont on parle pour Meta,
09:01ça fait beaucoup de papiers
09:02qui arrivent sur le marché.
09:03On voit aussi
09:04que des institutionnels,
09:05l'argent ne pousse pas aux arbres,
09:07ont fait de la place.
09:08Et donc, on commençait
09:09à vendre et liquider des positions
09:11pour pouvoir acheter
09:12des nouveaux titres à venir.
09:14Et donc, on voit aussi
09:14un phénomène qui,
09:16quand une transaction
09:17de la taille d'un SpaceX
09:18se présente,
09:20ça a aussi un effet secondaire
09:21sur les cours de bourse
09:22d'actions du même type,
09:23du même secteur,
09:24parce qu'il y a des institutionnels
09:25qui font de la place.
09:26Et pour enchaîner
09:27sur ce que dit Marc,
09:28d'ailleurs,
09:28c'est pour ça que
09:29OpenAI et Anthropik
09:30se tirent la bourre,
09:30pardon de l'expression,
09:31parce que,
09:32est-ce que l'un
09:33ne va pas fermer la porte à l'autre ?
09:34Quand on sait en plus,
09:35vous connaissez mon tropisme coréen,
09:36que SKINX nous a annoncé
09:38qu'eux aussi,
09:39ça y est,
09:39il voulait s'introduire
09:40sur le marché américain.
09:41Ça, après plusieurs séances
09:43vraiment graves
09:44du côté de la bourse de Séoul.
09:46Du côté du Cospi,
09:46voilà.
09:47On se dit,
09:47tiens,
09:48on va aller sur le marché américain.
09:49Donc,
09:50vu que toutes les valeurs IA
09:51sont en train de monter
09:52de façon assez unidirectionnelle
09:53en même temps,
09:54donc oui,
09:54à un moment,
09:54comme le dit Marc très justement,
09:56waouh,
09:56il va falloir absorber
09:58toutes ces levées de fonds gigantesques.
10:00Il y a ça,
10:01et puis,
10:01on commence à se réveiller.
10:02Enfin,
10:02moi,
10:03je note que du côté d'OpenAI,
10:04on est en train de dire,
10:06oui,
10:06alors le prix des tokens,
10:08on va être obligé un peu
10:10de le baisser.
10:11C'est l'instant,
10:12Xavier Niel.
10:13C'est l'instant où,
10:14effectivement,
10:14les business models
10:15vont devoir se confronter
10:17un minimum.
10:17Ça va être la guerre des prix.
10:19Et ça,
10:19ça risque de faire baisser
10:20la rentabilité des investissements.
10:22Surtout qu'en face,
10:23les investissements,
10:24ils sont toujours
10:25en centaines de milliards de dollars.
10:26On l'a vu avec Oracle hier.
10:28C'est mal passé d'ailleurs,
10:29on a pré-bourse avec Oracle,
10:30parce que certes,
10:32les CAPEX n'arrêtent pas de flamber.
10:34Mais voilà,
10:36de toute manière,
10:36les marchés sont archi exigeants.
10:38Et c'est normal,
10:38vu les niveaux de valorisation.
10:40Mais dans le même temps,
10:41on voit qu'ils loupent le coche
10:43sur certains paramètres comptables,
10:45notamment l'activité cloud, etc.
10:47Donc,
10:48les questions ne sont pas toutes éclaircies.
10:50avec peut-être une remarque macro
10:53qui porte sur la taille totale
10:54du marché des sociétés cotées aux US.
10:57Pendant 20 ans,
10:58en net,
11:00il y a eu pendant 20 ans
11:01du retrait de papier.
11:02Donc,
11:02quand vous rajoutez
11:03et que vous cumulez
11:04les rachats d'actions
11:05annoncés par les uns et les autres,
11:06que vous le comparez
11:07à la taille des introductions en bourse
11:09et les levez,
11:10en net,
11:11il y avait du retrait de papier.
11:12Oui, c'est ça.
11:13La coche US rapetit,
11:14c'est effectivement.
11:14Exactement.
11:15En 2026,
11:17les économistes,
11:18notamment ceux de Goldman Sachs,
11:19estiment qu'on aura une année flat
11:20parce qu'il y a toujours
11:21des rachats d'actions
11:22de certaines grandes entreprises.
11:24Mais face à ça,
11:24il y a des introductions en bourse
11:25de taille
11:26et des émissions d'actions
11:27par des acteurs
11:28qui avaient l'habitude
11:29de faire des rachats d'actions.
11:30Google a toujours racheté
11:32ces actions depuis,
11:32je ne sais pas,
11:333, 4, 5, 6
11:34et peut-être même plus d'années.
11:35Pour la première année,
11:36ils ont arrêté les rachats d'actions
11:37pour en émettre
11:3886 milliards de nouvelles.
11:40Et en 2027,
11:41on anticipe
11:42qu'avec tous les investissements
11:43qui sont nécessaires
11:43pour continuer à financer
11:45la machine AI,
11:47le montant en volume
11:49d'actions émis sur le marché
11:51sera plus grand
11:51que les rachats.
11:52Et ça, c'est un phénomène
11:53qui est juste une histoire
11:54d'offre et de la demande.
11:55L'offre augmente.
11:56Si la demande reste flat,
11:58il va y avoir un effet
11:59sur les prix.
12:00Si on regarde les cycles,
12:01c'est presque de la démographie
12:02d'entreprise.
12:03Exactement.
12:03C'est un truc de fou.
12:05Il nous reste une minute,
12:07Laurent,
12:07mais il faudrait qu'on en parle
12:08quand même.
12:09Est-ce que le secteur
12:10du luxe en France
12:11est cassé ?
12:13Oui, mais vous allez
12:14être bons là-dessus.
12:15Est-ce que le secteur
12:15du luxe est cassé en France ?
12:17Si je regarde
12:18les plus fortes baisses
12:19sur le CAC 40
12:20depuis le début de l'année,
12:22parmi les 10 plus fortes baisses,
12:24j'ai LVMH,
12:25j'ai Hermès
12:25et j'ai Kering.
12:27Donc la réponse
12:27sur des baisses
12:28qui sont sur une année
12:292025 déjà compliquées,
12:31moins 25% pour LVMH,
12:34moins 23% pour Hermès,
12:35moins 17% pour Kering.
12:37Donc clairement,
12:39le scénario,
12:39alors je vais le faire
12:40en très condensé,
12:41le scénario qu'on achetait
12:42encore il y a deux ans
12:43sur le luxe
12:45peut passer des hausses
12:47de prix à gogo,
12:48la demande sera toujours là,
12:49portée par l'élargissement
12:50de la classe moyenne,
12:51notamment en Chine,
12:52et le désir de luxe.
12:54Ce scénario-là,
12:55aujourd'hui,
12:55il ne fonctionne plus,
12:56effectivement.
12:58Il y a toujours,
12:59il y a le,
13:00vraiment,
13:00on a tiré trop sur les prix,
13:02ça c'est un premier phénomène.
13:03Il y a le marché chinois
13:04qui est durablement en berne,
13:05il y a aussi une substitution.
13:07Aujourd'hui,
13:07il faut faire attention,
13:08les Chinois commencent
13:10à aimer leurs propres marques.
13:12Ça,
13:12on l'a vu,
13:12c'est un phénomène intéressant.
13:13Les groupes français
13:14sont en train d'acquérir
13:15des marques chinoises
13:16parce qu'ils sont en train
13:16de se rendre compte
13:17que ça change.
13:17Et puis,
13:18il y a peut-être
13:18un déplacement de l'intérêt
13:20vers un luxe plus,
13:21ce qu'on dit,
13:22expérientiel,
13:22c'est-à-dire
13:22un voyage magnifique,
13:25un événement,
13:26une expérience
13:26vraiment incroyable.
13:27Le sac Kelly,
13:27tout le monde peut l'avoir,
13:28même avec six mois d'attente.
13:30Ok, d'accord.
13:30Mais on cherche le moment,
13:32on cherche l'instant.
13:33Exactement.
13:33Et donc,
13:34on voit bien aussi
13:35par le fait
13:35qu'on a quand même
13:36un marché
13:37qui est très porté
13:38par les investisseurs individuels,
13:39par le retail
13:40et qu'aujourd'hui,
13:41l'IA ne laisse de place
13:42à personne,
13:43qu'y compris le luxe souffre.
13:45Moi,
13:45je pense quand même
13:46qu'on va arriver
13:48s'ils sont continués
13:49à des niveaux
13:49de valorisation intéressants.
13:50C'est vraiment
13:51des valeurs à surveiller
13:51en ce moment.
13:52Des valeurs value.
13:53Oui,
13:54mais je pense qu'il y a
13:56Hermès
13:56et reste une très belle société.
13:59LVMH reste une très belle société.
14:00Donc,
14:01voilà,
14:02vraiment,
14:02c'est des choses
14:03qu'on peut commencer
14:04à regarder,
14:04peut-être pas pour rentrer
14:05tout de suite,
14:06mais quand on investit
14:06sur particulier.
14:07Et en plus...
14:08Touché,
14:09mais pas coulé,
14:09moi je dirais.
14:10Oui,
14:10voilà.
14:10Et puis,
14:11en plus,
14:11il y a quelque chose
14:12d'intéressant
14:13sur ce phénomène du luxe,
14:14c'est qu'on le voit
14:16au fur et à mesure
14:17de la volatilité
14:18des décisions,
14:19des annonces
14:19autour du détroit d'Hormouz.
14:20On voit que
14:21à chaque fois,
14:22sur certains autres secteurs,
14:24ça marche très bien.
14:26qui arrivent à bien
14:26se refaire la santé
14:27et le luxe...
14:28Maintenant,
14:29on est encore vraiment
14:29sur un désamour.
14:32Ouais,
14:32étonnant.
14:33Mark Templeman,
14:34un petit avis,
14:34c'est ce qui peut faire
14:35la force du CAC 40
14:36dans les mois à venir,
14:37mais ça va prendre du temps.
14:38Le luxe est en train
14:39de se transformer lui-même
14:40en fournisseur d'expérience,
14:42donc LVMH
14:42est propriétaire
14:43de l'Orient Express,
14:44je le rappelle,
14:45et propriétaire
14:45de pas mal de chaînes d'hôtels.
14:47Et il y a peut-être aussi
14:48une société
14:49que j'ai trouvée remarquable
14:50dans sa performance
14:51et sa consistance
14:51par rapport à ses concurrentes,
14:52c'est le groupe Richemont.
14:54Ah oui,
14:55Richemont,
14:55vous êtes...
14:56Ils ont publié
14:57des chiffres extraordinaires,
14:58notamment...
14:59C'est vrai que c'est vraiment
15:00de la qualité-là.
15:02C'est un peu le retour
15:02du hard luxury
15:03versus le soft luxury,
15:04donc on rappelle
15:04hard luxury,
15:05la joaillerie,
15:06les montres,
15:06qui étaient un peu difficultés,
15:07et là,
15:08c'est un peu en train de changer.
15:10Bon,
15:10on en revient à la granularité,
15:13c'est le mot-clé de cette année,
15:14ça,
15:15on n'y échappera pas.
15:16Mark Templeman,
15:16Cashbi,
15:17merci infiniment
15:17d'avoir été avec nous,
15:19Laurent Grassin
15:19de Boursorama.
15:20Bye.
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