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  • il y a 8 heures
Ce mercredi 18 mars, Antoine Larigaudrie a reçu Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, et Omar Dibo, cofondateur de Finneko, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le déchiffrage.
00:06Omar Dibault, Fineco, bonjour.
00:08Et bonjour.
00:09Et Alexandre Baradès-Digé, merci d'être là en direct ce matin et en plateau avec nous.
00:14C'est vrai qu'on note ça depuis la fin de la semaine dernière,
00:18c'était très amusant quand on regardait ça avec Guillaume Sommerer dans BFM Bourse l'après-midi,
00:23on voyait des pointes du pétrole au-delà des 100 dollars,
00:26d'un coup le marché décale à la baisse, normal.
00:29Et puis, au fur et à mesure, le pétrole reste ferme et le marché remonte.
00:33On avait vraiment l'impression qu'on était avec des marchés
00:36qui étaient en train de s'injecter du pétrole à 100 dollars pour s'immuniser.
00:41Et puis là, on est à 103 dollars et le CAC 40 décolle d'un pour cent.
00:44Est-ce qu'on n'assiste pas à un phénomène de vaccins contre le pétrole cher,
00:50à court terme bien sûr, sur les marchés ?
00:52J'ai moins ce sentiment.
00:54Effectivement, on note que le marché est un peu plus résilient à des prix plus élevés du pétrole,
00:58mais quand on regarde toute la séquence début des événements en Iran,
01:02c'est que le driver, c'est le pétrole, qui a influencé toutes les classes d'actifs.
01:06Les taux, quand le pétrole monte, les taux se redressent.
01:08Du coup, les valeurs orientées économie, macroéconomie se tassent.
01:12On a la tech un peu plus résiliente, du coup, un peu moins sensible à ces questions géopolitiques.
01:17On a le dollar qui s'était renforcé.
01:19Donc, tout est très, très lié.
01:20Et quand le pétrole rebaissait, le risque revenait un petit peu pendant quelques temps sur les indices,
01:25et les taux se détendaient.
01:27Moi, quand je regarde sur le terrain, tout part du terrain.
01:29Est-ce que sur le terrain, on a le sentiment que les choses sont en train de changer drastiquement,
01:34au point qu'on se dise, bon, ça y est, cette phase-là est déjà en train d'être digérée
01:38par le marché ?
01:38Moi, je n'ai encore rien vu pour l'instant.
01:40Peut-être qu'on aura aujourd'hui ou demain des éléments peut-être plus concrets.
01:43Mais quand vous voyez qu'il y a toujours des projectiles de différentes natures
01:46qui partent de l'Iran sur les pays voisins,
01:48qui ciblent très clairement les infrastructures, pétrole, des terminaux, des ports, ce genre de choses,
01:53que le trafic aérien est encore parfois interrompu, puis reprend.
01:57Et puis, ce qu'il faut dire, le revers américain par rapport à l'aide demandée aux autres pays,
02:04ça donne l'illustration de la situation qui est extrêmement mouvante.
02:07Et on voit que les déclarations de l'Iran encore ce matin
02:11ne vont pas dans le sens, pour l'instant, d'un apaisement ou d'une ouverture à la discussion.
02:14Alors, peut-être qu'effectivement, il y a des cas de discussion qui sont ouverts en off,
02:17peut-être que ça discute déjà un petit peu, mais publiquement, en tout cas,
02:20on ne voit aucun signe à la fois en termes d'action sur le terrain
02:22et à la fois en termes d'éléments de langage, de déclaration.
02:25Donc, c'est pour ça que moi, je trouve que la volatilité qui se détend un peu,
02:27le pétrole qui se détend, à ce stade, je vois plutôt ça comme des phénomènes un peu court terme.
02:31Mais je n'ai pas la conviction qu'on soit déjà en train de basculer
02:33sur un marché qui aurait fait son bottom et qui repartirait vers de nouveaux plus hauts.
02:37Oui, Omar, c'est votre sentiment aussi ?
02:39La poussière n'est peut-être pas forcément retombée, définitivement ?
02:42Non, clairement, je partage toute la vie d'Alexandre.
02:45Après, moi, mon ressenti, c'est celui que j'ai toujours montré
02:50quand je suis venu il y a deux semaines ici.
02:51C'est-à-dire qu'il faut juste faire preuve de patience,
02:52avoir beaucoup plus d'éléments et de faits.
02:55Maintenant, moi, il y a eu deux vrais game changers, on va dire,
02:57depuis le début du conflit.
02:59Le premier, c'est l'intervention du G7 en disant qu'ils allaient, entre guillemets,
03:03relâcher beaucoup plus de barils de leur réserve stratégique sur le marché.
03:06Donc ça, c'est le premier signal positif.
03:08Il y a un deuxième signal qui est un peu plus discret,
03:10c'est celui de l'intervention du Trésor américain sur le marché du baril,
03:15dans le sens où ils l'ont shorté, très clairement.
03:17Ça, c'est fou.
03:18Et ça, c'est incroyable.
03:19Mais bon, les gens oublient que Scott Besant est un petit peu l'élève de George Soros.
03:24Donc, ce n'est pas du tout étonnant.
03:27Ce qui est un peu contre-intuitif, étant donné que Trump n'aime pas forcément la doctrine Soros.
03:31C'est ça, c'est tout le sujet.
03:34Et puis l'autre, pour le coup, l'autre signal pour moi qui a été très important,
03:36c'est le décès de Larry Jani, qui est vraiment le chef de l'intelligence iranienne.
03:41Parce que le signal qui est un petit peu envoyé par tout ça,
03:43c'est de dire qu'on n'a pas nécessairement envie de se mettre autour d'une table.
03:47C'est un signal qui est très fort, je trouve.
03:49C'est-à-dire qu'on a envie d'aller jusqu'au bout,
03:51d'essayer un petit peu de couper toutes les têtes, entre guillemets,
03:54et d'en finir par la manière forte.
03:57Donc, pour moi, je suis un petit peu d'accord vraiment avec ce que dit Alexandre.
04:00C'est-à-dire qu'on est plus dans une situation
04:02où on n'est pas en train de voir la poussière retomber.
04:05On est plus dans une situation où on n'a pas nécessairement envie de sortir du marché.
04:08Parce que l'IA est là, on a beaucoup d'opportunités potentiellement avec le temps.
04:11Et on va en parler.
04:13Exactement, et on va en reparler.
04:14Et de l'autre côté, on est conscient que pour l'instant,
04:16la seule chose que les marchés sont en train de presser,
04:18c'est une potentielle stagflation et pas nécessairement une récession.
04:22Bon, là, on a quand même des indications.
04:25Enfin, ça reprend les patterns un peu qui sont décrites en ce moment.
04:30Alexandre, il y a un phénomène qui est assez intéressant, finalement.
04:33On voit des grosses institutions qui veulent garder le marché du pétrole
04:38à peu près sous contrôle, à peu près liquide.
04:40Là, on va avoir une semaine où ça va être aux banques centrales
04:44de nous dire, gentiment et sans paniquer tout le monde,
04:47on est là aussi et on va soutenir le marché.
04:49Bref, là, on va sortir les perfs également,
04:51du côté de la Fed, du côté de la BCE, sans doute aussi,
04:55avec une inquiétude de fond,
04:57qui est que sur les marchés, on joue à se faire peur
05:00avec des possibilités de hausse de taux qui sont pricées
05:03du côté de la BCE, du côté des taux européens.
05:05Oui, et c'est pour ça que vous avez, en tout début de semaine,
05:09la Banque des Règlements Internationaux, donc BIS,
05:12qui est un peu la banque des banques centrales.
05:14La banque des banques centrales.
05:15Et qui a envoyé un message clair, invitant les banques centrales
05:18à ne pas réagir, par rapport à un choc d'approvisionnement,
05:22mais qui serait uniquement dû à des raisons géopolitiques.
05:24Et c'est bien de le rappeler, parce que c'est de l'avis de beaucoup d'observateurs,
05:27c'est très différent ce que nous vivons actuellement
05:29avec uniquement des prix d'énergie qui sont partis à la hausse,
05:31alors qu'à l'époque, post-Covid,
05:33vu que Christine Lagarde a fait référence à cette période-là,
05:36en indiquant qu'elle n'autoriserait pas qu'un tel événement se reproduise,
05:39mais sauf qu'à l'époque, c'était extrêmement différent.
05:41Les banques centrales avaient doublé la taille de leur bilan
05:43en l'espace de quelques trimestres.
05:45La demande était absolument gigantesque.
05:47La consommation revancharde, on avait appelé ça,
05:49parce que les gens confinés, une fois qu'ils étaient déconfinés,
05:52ils voulaient dépenser tout leur épargne.
05:53Et donc, il y avait à la fois une demande forte,
05:55des problèmes de supply chain, d'énergie,
05:56qui grimpaient depuis quasiment le bottom 2020,
05:58donc pendant quasiment deux ans d'eau,
06:00s'il n'interrompt plus des prix d'énergie.
06:01C'est ça l'inflation et les salaires qui avaient suivi.
06:03Là, ce n'est pas du tout la situation macro-actuelle,
06:06hormis l'énergie qui est plus chère.
06:07Et ils ont bien fait de rappeler ça
06:08avant tout ce set de banques centrales qu'on va avoir
06:11et qui commence à se faire avec la Fed.
06:12Pour la Fed, il ne faut pas faire trop long,
06:13il y aura deux sujets qui vont être intéressants.
06:15Tout d'abord, voir comment la Fed, dans son ensemble,
06:17perçoit le risque inflationniste.
06:19Y a-t-il déjà un risque inflationniste qui est perçu ?
06:20Il faut nous rappeler que l'inflation sous-jacente
06:22n'est pas encore confortable.
06:243-1, on l'a vu, l'inflation PCE est sous-jacente.
06:27C'est vraiment la mesure principale.
06:29C'est trop élevé pour pouvoir dire
06:30qu'on va vraiment y aller sur le terrain des baisses de taux
06:32dans peu de temps.
06:33Mais ça, ça va être intéressant de voir
06:34comment ils placent le pétrole là-dedans en termes d'impact.
06:36Et l'autre élément qui va être intéressant,
06:38c'est ce qu'ils vont aider un peu le risque inflation
06:40en parlant peut-être d'un peu des risques
06:43pour la croissance et l'emploi.
06:44C'est-à-dire, si on ne veut pas trop impacter
06:46le marché en termes de sentiments,
06:48dire qu'on est vigilant à l'inflation ou autre,
06:49mais on est aussi symétriquement vigilant
06:51à la croissance et à l'emploi.
06:52On ne veut pas que la situation devienne un risque
06:54pour la croissance.
06:55Et dans ce cas-là, on pourrait peut-être ajouter les taux
06:57s'il y a besoin.
06:57Et dans ce cas-là, la réunion se passerait plutôt bien.
06:59C'est ça qui va être intéressant.
07:00Est-ce qu'ils couvrent un peu leurs doubles déclarations
07:02ou est-ce qu'ils vont plus sur le côté inflation,
07:04ce qui serait plus problématique pour le marché ?
07:05Et la BCE, les traders, ils jouent à se faire peur là,
07:08à nous pricer deux hausses de taux avant la fin de l'année.
07:11Je dois vous dire que je n'arrive pas à comprendre.
07:13Et puis, on en parlait aussi avec Christopher Dembig
07:16depuis qu'il dit qu'il ne comprend pas bien le truc non plus.
07:18Je ne comprends pas non plus parce qu'on est
07:20sur le troisième mois consécutif d'inflation harmonisée
07:23à l'échelle européenne à moins de 3%.
07:26D'abord, un neuf, un neuf, puis un neuf.
07:28Donc, on n'est pas du tout dans la situation des États-Unis.
07:30Nous, on a l'objectif, on est un petit peu en dessous.
07:32Donc oui, il y aura forcément peut-être des éléments
07:34un peu mensuels sur le baril,
07:36mais brandir dès maintenant le risque de relever les taux
07:39alors que ça fait trois mois qu'on est sous l'objectif
07:41et qu'on a toujours quelque fragilité à l'échelle européenne,
07:44ça ne sent pas effectivement le message le plus pertinent envoyé.
07:46En fait, la BCE se retrouve dans la situation
07:49totalement inverse de la Fed.
07:50C'est-à-dire que la Fed, on la presse de baisser ses taux
07:53alors qu'il y aurait plutôt des raisons de la remonter.
07:56Et là, du coup, les marchés pressent la BCE
07:59en termes de dynamique sur les taux d'intérêt
08:01en priissant des hausses de taux
08:02alors que personne n'en a besoin.
08:03Au contraire, le flou demeure.
08:07Moi, je vais être très franc.
08:08Je ne comprends absolument pas la communication
08:10ni de la BCE ni de la Fed.
08:12C'est-à-dire que d'un côté, on a une Fed qui ne parle pas.
08:15Powell ne s'est toujours pas exprimé,
08:17n'a absolument rien dit,
08:18alors qu'on verra ce soir.
08:21Mais d'habitude, la Fed est une institution
08:23qui, normalement, fait beaucoup de forward guidance.
08:26Aujourd'hui, on n'en a pas.
08:28Ça a été le cas l'année dernière également
08:30quand on a eu justement les problématiques
08:33entre février et avril.
08:34Powell n'a absolument rien dit.
08:36Des fois, on se demande si ce n'est pas nécessairement
08:38une problématique que l'on a avec Trump.
08:40Et puis de l'autre côté, on a une BCE
08:41qui est très interventionniste en termes de communication.
08:45Moi, sincèrement, j'ai été un petit peu étonné
08:47d'entendre des hausses de taux attendues
08:49parce que quand on regarde vraiment les deux locomotifs
08:51que sont la France et l'Allemagne,
08:52on est sur des deux pays qui n'ont plus assez de croissance.
08:57Des hausses de taux seraient problématiques pour ces deux pays-là.
09:00Donc, moi, sincèrement, si j'étais à la BCE,
09:03je prônerais plutôt l'attentisme
09:05et puis surtout d'être un peu plus data-dependent.
09:08Mais je comprends un petit peu le fait
09:09qu'ils soient vraiment focus sur leur mission,
09:11c'est-à-dire 2 % d'inflation.
09:13Et je pense que c'est très difficile de se projeter
09:15quand on voit ce qui se passe aujourd'hui sur le conflit
09:17et surtout sur ce qui peut potentiellement nous attendre
09:20sur ce terrain-là.
09:21Oui.
09:22Alors, il y a toute une sphère qui joue son jeu vidéo
09:26et qui le joue très bien en ce moment, c'est l'IA.
09:28On a eu en début de semaine quand même
09:31la réunion d'analyse d'NVIDIA.
09:36Donc, on sort les gros chiffres,
09:38on sort la grosse artillerie là aussi,
09:401 000 milliards de dollars de carnet de commandes.
09:44On a l'impression que rien,
09:46même la troisième guerre mondiale, entre guillemets,
09:50n'arrive à entraver les dynamiques de croissance d'NVIDIA.
09:53J'allais presque vous dire, est-ce que c'est bien raisonnable ?
09:56Moi, j'ai plutôt l'impression,
09:57voir un peu Elon Musk, il y a quelques années.
10:00C'est le sentiment que j'ai.
10:02Donc, moi, c'est juste un petit peu une question mathématique.
10:05C'est-à-dire qu'on a des montants qui sont effarants,
10:07mais de l'autre côté, on a déjà des Max 7
10:09qui utilisent plus de 80 % de leur cash flow généré
10:12pour investir dans les CAPEX.
10:13Et on arrive pourtant à des revenus pour NVIDIA
10:16qui dépassent à peine les 250 milliards de dollars annuels.
10:19Donc, la vraie question, ça va être de savoir
10:20comment est-ce qu'on pourrait atteindre ce type de montant-là.
10:23Donc, le vrai sujet, et c'est celui que je n'arrête pas de ressortir depuis plusieurs mois,
10:28c'est celui du financement d'IA.
10:29C'est-à-dire qu'à un moment donné, ces Max 7 vont devoir s'endetter.
10:32La question, du coup, qui va sortir par rapport à ces endettements-là,
10:35c'est comment vont-ils faire pour gérer de tels montants empruntés sur les marchés ?
10:40Est-ce qu'ils vont les titriser ? Est-ce qu'ils vont les sortir des bilans ?
10:43Et c'est d'ailleurs, c'est un petit peu ce qu'on voit avec Meta
10:45qui récemment a fait une joint venture avec Bluehole
10:49pour gérer un data center qu'ils ne détiennent pas finalement à 100 %,
10:54ils le détiennent uniquement à 20 %.
10:55Donc, on sort un petit peu toutes ces dettes-là des bilans.
10:58La vraie question qui va se poser par la suite, c'est
10:591. Comment va se dérouler ce financement-là ?
11:02Et 2. À quel niveau d'opacité on va avoir droit ?
11:05En parlant d'opacité, il y a une problématique
11:09qui est quand même en train de rentrer dans tous les scopes,
11:11et même au niveau européen, même si c'est né aux États-Unis,
11:14celui de la dette privée.
11:15Est-ce qu'on sent, est-ce qu'il y a des implications,
11:20des conséquences chiffrées autour, peut-être,
11:22du cours de certaines institutions financières,
11:24du côté des dynamiques de taux d'intérêt ?
11:26Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui est en train de s'inscrire,
11:28qui est feu orange sur la dette privée ?
11:31Oui, il y a beaucoup. Le fait, ça me fait d'en parler,
11:32et qu'on en parle un peu partout maintenant,
11:34surtout quand on voit que, et ça, on peut trouver ça
11:36dans des cycles parfois qui sont un peu matures,
11:38c'est-à-dire qu'on a vu que justement, ces fonds-là,
11:40notamment, se sont récemment ouverts au grand public,
11:42en élargant un peu de la liquidité, en faisant appel à l'épargne publique,
11:45sachant que la communication n'était pas forcément adaptée,
11:47on sait très bien que la tolérance en termes de durée
11:50d'un placement pour un particulier
11:52est beaucoup moins forte que la tolérance d'un institutionnel
11:55qui connaît parfaitement le secteur,
11:56et qui est presque engagée sur les 10-15 ans,
11:58des deals de cette nature-là sur la dette privée.
12:00Donc, c'est vrai que quand on voit plusieurs particuliers
12:03qui sont rentrés sur ces produits-là,
12:05et qu'aujourd'hui, ce sont ceux qui peut-être leur peu ressortir,
12:08et que ces fonds limitent évidemment les capacités de sortie,
12:11c'est vrai que j'ai quand même souvenir
12:12qu'à chacune, quasiment des grosses crises qu'on a traversées,
12:14que sur la bulle d'Internet ou les subprimes,
12:15on a souvent vu une phase,
12:17alors je ne dis pas qu'on est au-devant de ça,
12:18ce n'est pas mon sentiment,
12:19mais il y a toujours une phase
12:20où il y a eu quelque part un produit
12:21qui était devenu moins liquide à un moment donné,
12:24des fonds qui ont été gelés temporairement.
12:25Et c'est malheureusement souvent des choses
12:27qu'on remarque dans une phase un peu de maturité,
12:30et avant qu'il y ait un peu de volatilité
12:32sur le secteur concerné.
12:33Donc, peut-être que c'est temporaire,
12:35mais l'histoire nous a montré
12:37que les problèmes de rachat de position,
12:39quand on voulait dans certains fonds,
12:41où la liquidité venait à manquer,
12:43ça s'inscrit plutôt dans des phases un peu excessives,
12:46un peu spéculatives,
12:47et c'est un peu le sentiment qu'on a.
12:48C'est vrai que ça ne va pas disparaître tout de suite,
12:51et les banques centrales, déjà il y a quelques années,
12:52disaient qu'on est quand même assez regardantes
12:54à ce secteur d'être privé,
12:56parce que c'est Shadow Banking World,
12:58c'est des secteurs qui ont très très largement progressé,
12:59et un petit peu en dehors du scope
13:01de régulation habituelle des institutions.
13:03D'autant que, c'est marrant,
13:04vous parlez de Shadow Banking,
13:05c'est un terme qu'on n'entend plus d'ailleurs.
13:07Finalement, c'est ce phénomène de la boîte noire,
13:09de la non-visibilité,
13:11de la non-liquidité,
13:13de manière générale,
13:15mais c'est peut-être ça qui fait peur,
13:17et c'est peut-être ça qui provoque
13:19la crainte de la peur, finalement.
13:21C'est-à-dire qu'il n'y a pas de danger fondamental.
13:23Là, tous nos analystes nous disent
13:25« Ah non, c'est très circonscrit,
13:27c'est très américain,
13:28il y a un peu de fonds en provenance d'Europe
13:30qui vient traîner dans cette affaire-là,
13:32mais enfin, pas de quoi faire exploser tout le monde. »
13:34Et malgré tout,
13:35et on l'a vu aussi concernant les subprimes
13:37ou les investissements dans la tech
13:39réalisés par les banques régionales américaines
13:41qui ont tout explosé,
13:43la Silicon Valley Bank, etc.,
13:44c'est la crainte de la peur, finalement,
13:47qui peut faire exploser la crise.
13:50Oui, pour moi,
13:51la question de la dette privée,
13:53parce qu'on m'a beaucoup de fois posé la question,
13:55mais moi, mon avis est que c'est un secteur
13:56qui est assez isolé,
13:57c'est un secteur qui va très lentement.
13:59La seule chose, finalement, qui fait peur,
14:01il y a deux éléments.
14:02Le premier, c'est son opacité,
14:04donc ça, c'est un vrai sujet.
14:05Et le deuxième sujet, pour moi,
14:06c'est l'effet de contagion,
14:07c'est-à-dire qu'on sait très bien
14:08qu'il prête à des sociétés
14:10qui ne sont pas nécessairement cotées,
14:11donc le vrai impact, finalement,
14:13ça va être de savoir
14:14quel est l'impact sur l'économie.
14:16Est-ce que ces sociétés-là
14:17vont peut-être fermer boutiques,
14:19et donc cela peut avoir nécessairement
14:21des impacts sur des licenciements,
14:22sur du chômage supplémentaire,
14:24etc., etc., etc.
14:25Et surtout, quand on voit l'exposition
14:27que l'on a sur les secteurs,
14:28notamment du software,
14:30qui sont un petit peu dans l'œil
14:31des cyclones avec l'IA.
14:32Le vrai sujet, ça va être de savoir
14:34véritablement les effets de contagion
14:36et les effets sur l'économie.
14:37Mais de là à dire que l'on a en face de nous
14:39un scénario à la 2008,
14:40je trouve que c'est un petit peu exagéré.
14:42Oui, sans doute.
14:44Alexandre, ce CAC 40
14:46qui arrive quand même
14:46à se maintenir à 8000 points
14:49malgré les incertitudes,
14:51les cours du pétrole,
14:52l'indice VIX qui revient à 21 points,
14:54c'était le niveau d'avant,
14:55le début des hostilités
14:56vis-à-vis de l'Iran.
14:59Il n'y a pas quelque chose
15:00qui est un petit peu anxiogène là-dedans ?
15:04Non, anxiogène,
15:06géographiquement,
15:07j'ai distingué deux zones.
15:08La partie européenne,
15:09on a quand même des corrections indicielles
15:10qui ont la plupart du temps
15:11dépassé 10%,
15:12la plupart des gros indices
15:13par rapport à leur point haut récent.
15:15Certains indices nomment 12-13%.
15:17Donc ça, d'un point de vue opportunité
15:19pour un investisseur
15:20qui regarde à moyen terme,
15:22les trous d'air de plus de 10%,
15:23c'est généralement de belles opportunités.
15:24Il y a même des secteurs,
15:25les banques qui sont un peu tendus,
15:26qui ont relâché.
15:27C'est quelqu'un qui regarde
15:29à 2-3 ans,
15:30pas trop de soucis
15:30pour pouvoir y aller
15:31dans le genre de trous d'air.
15:32La question, c'est
15:33est-ce que de 12% ou de 10%
15:34ne peut pas passer à 15% ou 20% ?
15:36Et c'est là que je regarde
15:37du côté des Etats-Unis
15:40des valeurs-refuges,
15:41valeurs américaines,
15:42dollars qui montent.
15:43Donc on préfère vendre un peu
15:44les indices asiatiques ou autres,
15:45l'Europe et au reste,
15:46on vend un peu plus légèrement
15:47la partie américaine.
15:48Mais pour autant,
15:49cette partie américaine
15:49était la plus chère
15:50avant les niveaux de correction.
15:51Il y a toujours
15:52des gros enjeux domestiques,
15:54inflation non maîtrisée,
15:55les questions commerciales,
15:56la Cour suprême
15:56qui a retoqué,
15:57des interrogations sur le consommateur.
15:59On voit des bons détails
16:00un peu moins bonnes
16:00depuis deux mois.
16:01Donc je dirais que ça,
16:03selon moi,
16:03il y a résilience
16:05liée au stress géopolitique,
16:06mais la limite avec la complaisance
16:08me paraît assez proche en fait.
16:10Et je trouve que 7% de correction
16:11sur le SP500
16:12depuis son plus haut
16:13face à tout ce flot d'infos,
16:15tant mieux c'est résilient,
16:16mais est-ce que
16:16ce n'est pas aussi
16:17un peu complaisant ?
16:18Et moi je serais plus à l'aider
16:19avec un 10-15
16:20où là on aurait des niveaux
16:20un peu plus confortables
16:22en termes de valo
16:22et surtout sur des supports
16:24qui seraient un peu plus visibles
16:24qu'actuellement.
16:26Être vigilant côté américain
16:27et puis prendre acte
16:29de notre résilience en Europe.
16:30Alexandre Baradès-Digé,
16:32merci d'avoir été avec nous
16:33en direct ce matin
16:33au Mardibeau.
16:35Fineco, merci également.
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