- il y a 8 mois
Ce mercredi 7 janvier, Emmanuel Vasseneix, président de LSDH – Laiterie de Saint-Denis de L'Hôtel, Danuta Pieter, présidente fondatrice de DPIA (Danuta Pieter Impact Advisory), Clément Berthier, président de SOBERFI, et Benjamin Reynier, directeur général d'Extia, étaient les invités dans l'émission Pari ETI présentée par Patrice Bégay. Pari ETI est à voir ou écouter tous les mercredis et samedis sur BFM Business.
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00:00BFM Business fait le pari des entreprises de taille intermédiaire.
00:11Paris ETI avec Patrice Bébé.
00:15Bonjour et bienvenue dans votre émission, l'émission des entreprises de taille idéale.
00:20Quatre invités formidables autour de nous, Emmanuel Vesnext.
00:24Alors lui, il est président, directeur général d'une très belle entreprise dans le centre Val-de-Loire.
00:29L-S-D-H, bienvenue à toi.
00:32Bonjour.
00:33Autre invité, Danuta Piter, présidente directrice générale de DPIA.
00:39Je ne sais pas d'où tu viens, Paris, Varsovie, dis-nous.
00:42Les deux, il y a un peu plus encore.
00:44Citoyenne du monde, citoyenne du monde.
00:46Exactement, bienvenue à toi.
00:47Merci.
00:48Autre invité, oh très belle région, Bourgogne-Franche-Comté.
00:51Clément Berthier, président directeur général du groupe Berthier.
00:54Welcome.
00:55Merci.
00:56Et puis, dernier invité, et non des moindres, Benjamin Régnier, directeur général d'Extia.
01:02Bienvenue.
01:03Merci, enchanté.
01:04Alors, madame, messieurs, est-ce que vous êtes prêts ?
01:07On est prêts.
01:08Paris ETI, c'est parti.
01:09Mon cher Emmanuel, tu diriges depuis plus de 30 ans la Letterie de Saint-Denis de l'Hôtel,
01:20une entreprise familiale que tu as eu à cœur de faire grandir avec tes proches dans un esprit
01:28d'innovation, de responsabilité, d'engagement du collectif.
01:30Tu crois profondément à ce qu'on appelle le vivre ensemble, au bien commun, à la force du collectif et du collaboratif.
01:38Tu es quelqu'un de très engagé dans plein d'organisations.
01:41Et puis, cette entreprise, tu l'aimes comme une famille, en fait.
01:48D'origine laitière, fondée en 1909, tu emploies aujourd'hui 2100 collaboratrices et collaborateurs,
01:5611 sites en France, engagés pour la défense de notre souveraineté alimentaire et la préservation de nos ressources.
02:04Tu es aussi un grand adepte du partage des richesses.
02:07Ça, c'est tout à ton image et à ton honneur.
02:09Quelle est pour toi la plus belle réussite collective dont tu es le plus fier et qui montre, selon toi, la force de ton groupe ?
02:19Je pense que la plus grosse réussite qu'on a eue, c'est effectivement de faire évoluer cette entreprise,
02:24toujours avec des valeurs qu'on a réussies, qui, chez nous, sont la passion, l'ambition et l'humanité.
02:29Et puis, d'avoir emmené nos collaborateurs vers une entreprise aujourd'hui, effectivement, qui est devenue une belle ETI en France,
02:38mais toujours en gardant ses valeurs et en partageant la richesse.
02:41Aujourd'hui, on distribue 25% de ce que l'entreprise gagne avec nos salariés.
02:44Et ça permet d'avoir, finalement, des débats en disant, il n'y a pas de choses futiles, on gagne et on gagne ensemble.
02:50Et puis, la deuxième chose que je voudrais dire, c'est, aujourd'hui, on a une situation qui est très compliquée au niveau du monde agricole.
02:55On a sauvé des producteurs de lait d'une situation extrêmement critique au cours de notre vie.
03:00Et aujourd'hui, on en a d'autres qui nous rejoignent.
03:01Et donc, on voit ces gens qui retrouvent le sourire, qui retrouvent le sens.
03:04Et l'alimentation, c'est quand même les racines de notre vie et puis de notre communauté.
03:10Aujourd'hui, le groupe réalise un chiffre d'affaires de combien, à peu près ?
03:12À peu près, on va faire cette année à peu près 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
03:15C'est incroyable.
03:16Quel rôle est-ce que tu souhaites jouer aujourd'hui pour inspirer, parce que tu es un leader inspirant,
03:20et transmettre aux jeunes générations qui rejoignent ton groupe ?
03:23Je crois que c'est...
03:25Aujourd'hui, moi, on n'a pas de valeur d'exemple.
03:27Je pense que nos entreprises, c'est des parcours.
03:29Il y a eu des moments simples, il y a eu des moments moins simples.
03:31Et en fait, finalement, il faut témoigner de ce qu'on a fait de bien, de ce qu'on n'a pas fait de bien.
03:35Il faut accompagner.
03:36Je pense qu'il ne faut pas se positionner en donneur de leçons.
03:38Il faut se positionner, effectivement, en accompagnement et en rassurant les gens dans un monde qui est un monde incertain.
03:45Moi, quand je vois cette jeunesse aujourd'hui qui doute un peu de tout, c'est quand même assez inquiétant.
03:48Et je ne crois pas qu'il y a des générations Y, Z, etc.
03:52Je pense que simplement, et on les a vécues,
03:53Moi, j'ai eu un mentor qui a été Antoine Riboud, avec qui j'ai beaucoup partagé quand j'étais chez Danone.
04:00Et ce monsieur m'a beaucoup inspiré.
04:01Il m'a dit trois phrases dans ma vie que j'ai toujours retenues et que j'ai toujours appliquées.
04:04Donc, c'est ça qu'il faut, je pense, se positionner et continuer à grandir.
04:06Ils disent, toi, Emmanuel, que tu es un leader inspirant.
04:10Et comment est-ce que tu t'assures, justement, que cette culture d'entreprise reste toujours vivante,
04:14reste toujours partagée, même dans une grande organisation comme la tienne aujourd'hui ?
04:18C'est le vrai sujet.
04:19Alors, d'abord, je pense qu'il faut partir de valeurs très fortes et s'y tenir.
04:23On peut ne pas avoir les mêmes valeurs, mais en tout cas, à ce moment-là, c'est quand même difficile de travailler ensemble.
04:27Il faut être une espèce de vigie, un espèce d'awaxe, de bien regarder que ces valeurs restent, en fait, finalement, en phase.
04:33Et puis après, c'est la structuration, c'est les équipes, c'est les hommes avec un grand H.
04:37Et effectivement, qu'il faut choisir les bonnes personnes, il faut les former, il faut les accompagner.
04:41On a un enjeu demain qui est essentiel dans toutes nos organisations, c'est la maîtrise des savoir-faire.
04:45Aujourd'hui, on voit que nos savoir-faire sont en train de partir.
04:47Il faut garder ces savoir-faire parce qu'on en aura besoin.
04:50Et ça, c'est avant tout par les personnes qui travaillent avec nous que l'on peut le faire.
04:53C'est ce qu'on aime dans cette émission, des femmes et des hommes qui viennent témoigner.
04:57Et quand les téléspectatrices et téléspectateurs les regardent, ils disent,
04:59j'ai envie de bosser chez lui ou chez elle.
05:01Merci à toi, Daniel Tapiter.
05:03Alors, président directrice générale de DPIA, toi, tu as dirigé pendant 12 ans la Fondation des Hôpitaux,
05:11une organisation pionnière dans la philanthropie à impact au bénéfice des hôpitaux publics français.
05:17Tu as été chercheur associé au Centre de Géostratégie de Normalsup.
05:22Ulm, on dit ça, c'est ça, non ?
05:24Tu as ensuite créé et piloté le département de transfert de technologie et de savoir-faire de Suez Environnement,
05:33un autre grand groupe.
05:35Et aujourd'hui, ton entreprise, c'est un cabinet de conseil qui est spécialisé dans quoi ?
05:39Dans l'accompagnement d'entrepreneurs qui ont la volonté de rendre, de rendre par la philanthropie.
05:46Donc, c'est un cabinet de conseil en stratégie qui utilise le levier de la philanthropie.
05:50Et qu'est-ce qui t'a poussé justement à créer ce cabinet de conseil ?
05:54J'ai eu la chance de grandir, d'être élevée dans un milieu très multiculturel, multilingue, ouvert sur le monde.
06:01Et j'ai toujours eu la volonté de contribuer à une humanité plus juste, plus inclusive.
06:07Alors, il y a énormément de manières de le faire.
06:09Comme tu l'as dit, j'ai commencé comme jeune ingénieur dans le monde de l'eau potable et de l'assainissement.
06:15J'ai travaillé sur des projets d'eau pour tous à travers le monde, dans des bidonvilles de grandes métropoles.
06:20Ensuite, j'ai fait mes premiers pas dans la philanthropie grâce à Bernadette Chirac,
06:24présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France.
06:28Et j'ai dirigé cette organisation avec beaucoup de passion pendant de nombreuses années.
06:33Ça se passe comment d'ailleurs, une mission d'accompagnement aujourd'hui de ton cabinet, concrètement ?
06:37Il n'y a pas de modèle spécifique.
06:38Chaque mission est unique, chaque volonté d'un mécène, d'un entrepreneur est très spécifique.
06:46Donc, il peut y avoir des missions courtes pour prendre un petit peu de recul.
06:50Mais on a plutôt un engagement sur un terme long, avec des relations de confiance,
06:57pour penser des projets qui peuvent être des projets de fondation.
07:03La confiance qui amène d'ailleurs souvent la croissance dans toutes les entreprises, on le voit ici.
07:07C'est quoi en fait l'articulation que tu vois toi entre le côté, je dirais, philanthropie, qui t'est chère également, et l'État aujourd'hui ?
07:16Je crois que la philanthropie doit avoir une vision sur le long terme et totalement complémentaire de l'action de l'État.
07:26Elle est indépendante d'enjeux électoraux, de la politique politicienne, et peut aider à créer des preuves de concept,
07:37qui après peuvent être démultipliées par l'État, reprises aussi par l'économie de marché, par les entreprises.
07:45Mais je crois qu'elle a vraiment ce rôle essentiel de facilitateur de changement, d'accélérateur de l'innovation.
07:50Elle doit aussi pouvoir se tromper. Je plaide beaucoup pour ça, il faut...
07:56Le droit à l'échec, quoi.
07:57Voilà, le droit à l'échec et de pouvoir le dire.
08:01De l'assumer.
08:02De l'assumer. Alors si on a des succès, c'est évidemment mieux.
08:07On apprend beaucoup.
08:08Mais vraiment de pouvoir se projeter pour accompagner changements sociaux et sociétaux, se projeter sur un terme long.
08:15Allez, on part de Paris, on va directement à la Bourgogne-Franche-Comté, très belle région, je le disais, avec toi Clément Berthier, patron de ton groupe.
08:24Après toi, une école de commerce, c'est intéressant de connaître la personnalité, le cursus des gens, que c'était Kedge, c'est ça, non ?
08:30Ouais, Euromède à l'époque.
08:31Euromède qui est devenu Kedge maintenant, avec une spécialité qui était la finance.
08:35Tu entamais une carrière dans l'audit, chez KPMG, avant de rejoindre l'entreprise familiale à Auxerre.
08:41En tant que directeur de site, puis à Dijon, depuis 2014, en tant que président du groupe.
08:51Ce qui compte pour toi, la famille, les sports mécaniques, le golf, et puis t'es un hyper curien, t'es quelqu'un de généreux.
08:57Quand on entend ton ami, Vincent Martin, qui m'a parlé de toi.
09:02L'entreprise a été fondée par ton arrière-grand-père, j'adore les entreprises familiales, 1919.
09:07Et aujourd'hui, entre les mains, action et direction de la quatrième génération, c'est ton frère également qui est avec toi ?
09:12Oui, mon grand frère, Maxime.
09:14Vous avez trois activités, tu peux en parler ?
09:16Bien sûr, oui, on a trois branches, donc une branche poids lourd, et véhicules utilitaires plus bus, donc à travers les marques Renault Trucks, Iveco Bus, entre autres.
09:27Et puis une direction, on va dire, manutention à travers la marque Fenwick.
09:32On est concessionnaire Fenwick sur la Bourgogne-Franche-Comté.
09:35Et enfin, on a la location, donc location avec et sans chauffeur.
09:37Je sais que tu n'as pas connu ton grand-père.
09:40Non.
09:40Mais des gens m'ont dit en préparant cette émission que tu ressembles à ton grand-père.
09:44Alors c'est possible, c'est vrai que ça me ferait plaisir de l'entendre.
09:47Après, je ne l'ai pas connu parce qu'il est parti jeune.
09:49Donc mon père a pris la suite.
09:53Et oui, pourquoi pas, il a bien réussi, voilà.
09:56Donc on se dit toujours avec des vraies valeurs, voilà, c'est important.
09:59Qu'est-ce que tu voudrais, toi, laisser derrière toi, une fois que tu cèderas l'entreprise ?
10:05D'ailleurs, est-ce que tu as réfléchi à l'accéder aux enfants ?
10:07On aimerait que ce soit la cinquième génération, bien entendu.
10:11Après, l'enjeu, il est surtout de dire qu'on laisse une entreprise saine,
10:15avec des collaborateurs qui ont des valeurs.
10:20J'ai tendance à dire, peu importe qui sera à la tête de l'entreprise demain.
10:24Étant entendu que dans le cadre de la cinquième génération,
10:27il se peut demain qu'il décide de faire autre chose.
10:30L'entreprise pouvant être un outil, on va dire, au développement ou à l'entrepreneuriat.
10:36C'est quoi tes meilleurs souvenirs aujourd'hui ?
10:37Les meilleurs souvenirs, des bons moments, on va dire, passés avec des équipes
10:43ou avec des clients, avec des fournisseurs.
10:49Bon, souvent autour d'un bon verre de vin, puisqu'on est en Bourgogne.
10:51C'est un morceau de fromage pour la France-Conté, c'est mon côté picurien, ça.
10:56Voilà, exactement.
10:56En face de toi, Benjamin Régnier, directeur général d'Extia, salut à toi.
11:02Salut.
11:03Diplômé en Master Innovation dans les bio-industries.
11:07Toi, c'était Néoma ?
11:08Néoma, oui.
11:09Le S. Séance à l'époque.
11:10J'aime bien faire la promo un peu des écoles, parce que l'éducation, c'est quelque chose d'important.
11:15Et puis, depuis 25 ans, dans le domaine du conseil, de l'IT et de l'industrie.
11:19Cinq ans en tant que business development manager au sein de la société d'innovation
11:24et de recherche appliquée.
11:26Quatre ans chez Alten, quatre ans chez Altran.
11:29À ton arrivée...
11:29Léa.
11:30Oui, beaucoup d'or.
11:32À ton arrivée chez Extia en 2013, tu t'orientes vers l'IT, c'est ça ?
11:35Oui, tout à fait.
11:35Et aujourd'hui, tu occupes le poste de directeur général de l'entreprise, de la France.
11:40Mais également, vous êtes présent dans sept pays.
11:41Tout à fait.
11:42Je ne me trompe pas, oui, c'est ça.
11:43Toi, tu es passionné d'art, tu es passionné de sport.
11:46Tu es un passionné en général.
11:47Une course à pied aussi.
11:48Tout à fait.
11:50En deux mots, Extia, c'est quoi ?
11:53Extia, c'est une société de conseil en IT, très orientée sur le bien-être au travail.
11:57C'est notre credo.
11:59On parle beaucoup d'abord de qui, ensuite de quoi.
12:02Société qui a été créée en 2007.
12:05Membre du réseau Numéum.
12:06Tout à fait.
12:07Le syndicat du numérique en France.
12:08Voilà, qui nous accompagne.
12:10Et on a une croissance assez forte, puisqu'aujourd'hui, on est 2500 salariés.
12:16Et on fait 253 millions d'euros de chiffre d'affaires.
12:18Aujourd'hui, qu'est-ce qui te rend le plus fier, Extia ?
12:21Évidemment, la performance économique de la société, puisque quand je suis arrivé dans la société en 2014-2013, on était 400 et aujourd'hui, on est 2500.
12:30Ça, c'est une fierté.
12:32Mais une seconde fierté qui est encore plus forte, c'est le fait de maintenir ce bien-être au travail, cette culture d'entreprise et le fait que les salariés se retrouvent dans la société, se sentent bien dans la société.
12:43Parce que quand tu regardes ces 2500 collaborateurs, en une quinzaine d'années, quoi.
12:48Exactement.
12:49C'est ça ?
12:50Comment ça s'explique, en fait ? Comment ça s'est développé aussi vite, etc. ?
12:53Il y a pas mal de raisons, mais la raison principale, c'est notre punchline, c'est d'abord qui, ensuite quoi ?
12:59Le d'abord qui, ensuite quoi, ça libère un peu l'esprit d'initiative.
13:02On est très dans l'entrepreneuriat, l'intrapreneuriat.
13:05Et toutes les sociétés, toutes les filiales en France, dans les régions et à l'international ont été créées par des salariés qui ont eu une idée, qui sont venus me voir, ou les voir Arnaud, président, pour proposer de créer ces agences.
13:17Et à chaque fois, on a dit oui.
13:18Souvent, on a dit oui.
13:19Et c'est le résultat que tu vois aujourd'hui.
13:21C'est génial.
13:22Quatre mots qui sont importants pour toi.
13:24Great Place to Work.
13:25Ouais, Great Place to Work, c'est vraiment un curseur chez nous, puisque ça fait maintenant neuf ans qu'on est sur le podium.
13:31Et deux années de suite, premier.
13:33Cette année aussi, on est premier.
13:35En fait, ça veut dire qu'on fait plutôt correctement les choses, qu'on accompagne bien nos salariés, qu'on les fait monter en compétences et qu'ils se retrouvent dans le projet extien.
13:45C'est génial.
13:46Après vous avoir présenté, discuté, parlé avec votre cœur, vous avez continué à parler avec votre cœur.
13:51C'est le moment du débat.
13:52Vous êtes prêts ?
13:52On est prêts.
13:53Pariété, le débat, c'est maintenant.
13:54Ça fait du bien cette France, cette France du centre Val-de-Loire, de l'Île-de-France, de la Bourgogne-Franche-Comté.
14:07Et puis on va loin.
14:08Alors, c'est pas l'expansion jusqu'à la Pologne, mais on a le cœur aussi en Pologne.
14:13Nos ETI, elles sont belles.
14:15Moi, je dis toujours ETI, entreprise de taille idéale.
14:18Et d'ailleurs, vous l'avez de le démontrer ici.
14:21En quoi nos ETI, justement, sont un moteur de croissance, Emmanuel ?
14:26Je pense qu'avant tout, c'est des entreprises du territoire qui sont proches de leurs collaborateurs,
14:30proches des préoccupations telles qu'on peut l'avoir.
14:33Et donc nous, en fait, finalement, l'argent est un moyen et c'est pas en soi une finalité de ce que l'on peut faire.
14:38Donc on va en permanence chercher à développer, à investir sur les territoires, à continuer à développer notre pays.
14:45Et je pense que c'est effectivement une structuration, malheureusement, très mal reconnue,
14:49parce que la France est un pays de mauvais élèves au niveau des ETI en termes de reconnaissance,
14:53y compris d'ailleurs dans leur structuration financière.
14:56On voit en Allemagne, pratiquement dans chaque ETI, il y a une banque, il y a des gens qui accompagnent,
15:00mais qui accompagnent dans la durée.
15:02Et donc aujourd'hui, nous, je pense qu'on témoigne que d'autres solutions sont possibles,
15:05que finalement, la concentration, la vente, de grossir, grossir, voilà.
15:10Soyez sur nos territoires, développons, et on est une vraie solution.
15:12Et puis on reste des gens proches, humains, qui avons la notion du partage et de l'entraide entre nous,
15:18et on co-construit ensemble.
15:19Et je pense que le monde de demain sera un monde collectif et collaboratif.
15:23Et on a tous des compétences.
15:25Simplement, il faut savoir les répartir et savoir aller les chercher.
15:28Et je pense que c'est dans le contact qu'on peut effectivement développer cela.
15:31Clément, justement, ETI, moteur de croissance ?
15:33Je pense que ça reste un tissu économique avec des entreprises familiales,
15:39donc avec de la proximité, avec de la disponibilité.
15:44Donc ça permet, je pense, d'être présent sur le terrain, d'identifier des cibles,
15:50et puis de continuer, on va dire, à emmener les équipes, à progresser,
15:54avec un enjeu qui est moins financier, me semble-t-il, que certaines entreprises plus grosses.
16:00Benjamin, on a dit tout à l'heure, il nous faut, pour la croissance, de la confiance.
16:04Oui, complètement.
16:05C'est vraiment le levier pour avoir la confiance.
16:08On parlait des territoires.
16:10On a la confiance de nos clients,
16:12et ils nous demandent souvent de les accompagner dans les régions
16:14qu'on n'avait pas forcément l'idée de l'ouvrir.
16:18Et pour accompagner nos clients, parce qu'ils nous font confiance,
16:21on se lance dans l'aventure des territoires,
16:24et on ouvre des agences, on a ouvert une vingtaine d'agences en France,
16:26parce que c'était une nécessité pour nos clients de les accompagner
16:29sur le terrain.
16:30Comment t'as fait, toi, ta croissance ?
16:33Moi, j'ai moins la préoccupation de la croissance
16:36que peut-être celle de l'engagement,
16:39les prises de position sur des sujets très forts,
16:42l'accompagnement de questions qui nous tiennent très à cœur,
16:45comme les sujets de santé, d'accès aux soins, d'éducation et d'environnement.
16:50D'ailleurs, on le voit souvent,
16:52tous les entrepreneurs que j'interview ici disent
16:54que ce qui compte avant tout, c'est la santé.
16:56La santé physique de mes collaboratrices, collaborateurs,
16:58la santé de l'entreprise, etc.
16:59On revient sur des basiques et des fondamentaux.
17:02On parle beaucoup de l'Allemagne et du Mittelstand à la française.
17:06Comment on crée un Mittelstand en France, à votre avis ?
17:09Je pense qu'il faut déjà une décision politique,
17:12il faut une vraie prise de conscience de la part des politiques,
17:15de l'importance que l'on a.
17:16Il faut aussi qu'on revienne sur un certain nombre de données,
17:19je pense à la fiscalité,
17:20je pense qu'on nous donne quand même les moyens de réussir,
17:23parce qu'aujourd'hui, quand on voit des grands groupes qui arrivent
17:26à beaucoup mieux optimiser que nous un certain nombre de choses,
17:29ce n'est pas normal.
17:30Donc, il faut qu'on ait cette première décision politique.
17:32Et ensuite, je pense qu'il faut aussi, nous, les chefs d'entreprise,
17:34qu'on évolue et qu'on soit justement dans ce monde collectif et collaboratif.
17:37Et on a trop tendance à penser que,
17:39on va peut-être profiter d'une situation qui va être critique pour un autre.
17:42Moi, je pense qu'un territoire, il s'enrichit quand toutes les faces de ce territoire s'enrichissent,
17:47et on le voit partout.
17:48Et en fait, c'est la France qu'on veut.
17:49Nous, on veut une France des territoires.
17:51La France qu'on aime.
17:51Et la France qu'on aime.
17:52Diversité, biodiversité, etc.
17:54Moi, qui suis très en lien avec le monde agricole,
17:56c'est dramatique de voir des régions aujourd'hui qui sont en train de disparaître,
17:59parce que finalement, il y a plus de vaches que d'hommes dans un certain nombre de ces régions,
18:03et on les délaisse.
18:04Pourtant, la force, c'est nos territoires.
18:05Mais bien sûr.
18:05Les énergies créatrices sont dans nos territoires.
18:07Tout à fait.
18:08Et donc, je pense qu'il faut qu'on ait cette prise de conscience réelle,
18:11et ensuite qu'on nous donne les moyens.
18:12Pourquoi on n'a pas encore reconnu aujourd'hui, officiellement en France,
18:15la catégorie ETI, et qui est une catégorie comme on a les grandes entreprises,
18:19celle du CAC 40, les PME, les TPE, les artisans.
18:23Voilà, on est dans cette catégorie où on est trop gros pour être des petits,
18:26et on est trop petits pour être des gros.
18:27Benjamin, on crée comment, Mitterstown, à la française ?
18:29Moi, j'ai tendance à penser que par...
18:32Moi, je pense que je reparle du numéum, en fait, en s'associant, en se fédérant,
18:36et en parlant d'une même voie.
18:38En chassa en meute un peu ?
18:39Voilà, en s'associant, on a plus de poids qu'en étant seul.
18:43Et donc, le syndicat du numérique, pour moi, c'est vraiment une approche
18:47qui peut porter la voie de toutes les ETI du numérique envers un gouvernement.
18:52Bon, en ce moment, c'est un peu instable, mais voilà, c'est comme ça que ça fonctionne.
18:55La santé ? On chassa en meute aussi ?
18:58Je crois que c'est essentiel.
19:01La santé est une question mondiale, et on le voit bien dans l'actualité,
19:05les mois récents, on ne peut pas avoir regardé la santé uniquement par le prisme territorial.
19:12Et les décisions des autres, à l'autre bout de la planète, vont nous impacter également.
19:19Donc, il faut avoir une vision globale.
19:21Assez grande pour être compétitive, et pas trop non plus pour être proche des salariés,
19:25parce que j'essaie de synthétiser ce que vous disiez.
19:27L'ETI, c'est un peu un modèle à suivre, non ? Tu en penses quoi ?
19:31Oui, oui, je pense que c'est quand même un palier pour les PME en croissance.
19:39Pour les accompagner, il faudrait qu'on arrive quand même à les identifier,
19:42parce que l'émission fait partie, pour revenir à la question d'avant.
19:47Je pense que ça fait bouger les lignes, et ça laisse de belles perspectives derrière
19:52pour les équipes en termes de promotion interne, surtout.
19:55Emmanuel ?
19:56Oui, et je pense aussi qu'on a des vrais sujets.
19:59Nous, chef d'entreprise, à traiter, par exemple, on a un problème,
20:02qu'elle m'aime tous les 30 ans, c'est le problème de la succession.
20:05Donc, comment on la prépare ? Et ça, ça passe par l'échange.
20:08On voit qu'il y a beaucoup de modèles aujourd'hui qui sont en train de se créer,
20:11que les ETI sont très novatrices dans ces choses-là.
20:13On a des fondations actionnaires, on a un certain nombre de choses qui protègent, en fait, finalement, les entreprises.
20:20Et donc, il faut qu'on travaille là-dessus.
20:22Et ça encore, c'est le partage, le dialogue, l'échange qu'on peut avoir, qui nous donne des idées.
20:27Et comment faire ? On a le métier qui fédère un petit peu toutes ces choses-là.
20:31Je trouve que c'est au-delà d'être une organisation et les clubs d'ETI dans les régions
20:36qui permettent de traiter, en région, des problématiques de recrutement, de formation, de choses comme ça,
20:40au national, des problèmes de productivité, de droits de succession, de lois d'utrail, etc.
20:45Donc, encore une fois, il faut en parler.
20:48Quand est-ce qu'on va avoir un ministère de l'ETI qui va effectivement défendre cette stratégie ?
20:52Ah voilà, on sort quelque chose comme son temps, on crée le ministère de l'ETI.
20:57C'est qui, vos compagnons de cordée, les amis ?
21:00L'État, les banques, BPI France ? C'est qui, Emmanuel ?
21:06Je dirais que c'est un peu tout le monde.
21:08D'abord, moi, je pense qu'aujourd'hui, partout, il y a des gens qui ont de la bonne volonté et qui veulent faire.
21:13Le problème, c'est qu'on a trop de boulet aux pattes et qu'on a du mal, en fait, finalement, à avancer.
21:17Les régions devraient être un support beaucoup plus important de ce que l'on fait.
21:20Et vous n'êtes pas suffisamment ?
21:22Non, parce que les régions, aujourd'hui, sont prises, en fait, dans trop de systèmes et on a trop diversifié.
21:27Il faut recentrer, en fait, finalement, l'efficacité, nous faire confiance.
21:29Ça a été dit tout à l'heure, parce que nous, on veut faire les choses bien, à la base.
21:33Et puis ensuite, c'est travailler ensemble et utiliser mieux les chefs d'entreprise pour accompagner des chefs d'entreprise qui ont d'autres difficultés.
21:40On a, dans la région Centre-Val-de-Loire, sauvé deux, trois entreprises.
21:42Et c'est des chefs d'entreprise qui ont sauvé d'autres chefs d'entreprise.
21:45C'est cet accompagnement qu'on doit faire.
21:47Après, encore une fois, quand le projet est bon, le financer, c'est jamais un problème.
21:50Benjamin ?
21:51Pour moi, les compagnons Cordé, c'est d'arriver à s'associer.
21:55Je reparle encore de Numéum, mais pas que.
21:57C'est-à-dire qu'on a des sociétés concurrentes qui sont dans notre secteur.
22:00On s'associe de plus en plus, parce que quand on a des difficultés, on s'associe pour adresser des marchés, adresser des nouveaux clients.
22:06Ce qui fait qu'en ETI, on n'a pas la taille suffisante pour adresser un certain nombre de marchés.
22:10Mais à plusieurs, on y arrive.
22:12Et moi, je pense que c'est en s'associant ensemble qu'on arrive à avancer un peu plus vite.
22:19Clément, parce que chez toi, il y a un événement qui est génial, qui s'appelle Audace d'entreprendre,
22:25qui est organisé à Dijon, sur lequel j'ai le plaisir de participer également.
22:29Cette envie, cette audace d'entreprendre...
22:31Oui, c'est à l'initiative de Jean-Philippe Girard, un ancien chef d'entreprise Dijonais,
22:36qui conserve quand même les entreprises, et qui a lancé ça l'an dernier.
22:41On est sur la seconde édition.
22:43Il souhaite déployer ça à l'échelle de la France.
22:45Et effectivement, l'idée, c'est de réunir des lycéens et des jeunes qui souhaitent demain entreprendre.
22:53Alors justement, les jeunes, vous avez tous des enfants ?
22:56Oui.
22:56Non.
22:57Bon, alors justement, si un jour tu as des enfants, est-ce que tu aimerais qu'ils suivent ce que tu fais ?
23:04J'aimerais qu'ils s'engagent.
23:06Voilà.
23:06Je n'ai pas d'enfants, mais j'ai des neveux.
23:10Parle-nous de l'engagement, justement.
23:11J'aimerais qu'ils poursuivent leur passion, qu'ils prennent position.
23:17Je crois qu'aujourd'hui, c'est vraiment essentiel.
23:19Quand ils vont travailler, ils ne se disent pas, je vais au taf, mais ils sont passionnés dans ce qu'ils font.
23:22Oui, et qu'ils poursuivent avec engagement des sujets qui leur sont chers, qui les défendent,
23:28et qui défendent leur vision d'une société pour continuer à faire humanité commune.
23:34C'est ça.
23:35De ton côté, Benjamin, comment tu vois que tes enfants pourraient suivre dans l'entreprise ?
23:45La liberté que tu leur donnes aussi ?
23:47Moi, j'ai tendance à penser, c'est vraiment une punchline aussi, on ne travaille pas, on s'amuse.
23:53Alors, quand je dis ça, ça ne veut pas dire que tout est simple.
23:55On prend plaisir.
23:56On prend plaisir à son travail, parce qu'on est quand même longtemps dans la journée dans son travail.
24:00Et donc, autant que ce soit par plaisir aussi, par passion.
24:04Alors, c'est assez marrant parce que mon fils, on faisait la question de savoir si ça pouvait l'intéresser.
24:08Il allait faire un stage dans mon agence à Montréal, justement, on en parlait ensemble.
24:13Il a fait ça une semaine, il a trouvé ça très… il ne voyait pas ça du tout comme ça.
24:17Il a vu qu'on s'amusait, il a vu qu'on faisait des choses intéressantes.
24:20Mais lui, c'est plus un passionné de science.
24:22Donc, je ne pense pas qu'il sera mes parts, mais voilà.
24:25Bon, ton côté, c'est plus évident.
24:27Oui, oui, l'ADN du groupe, c'est l'entreprenariat.
24:29Après, cinquième génération, l'idée, c'est surtout, encore une fois, qu'ils souhaitent qu'ils avancent dans ce qu'ils ont envie de faire.
24:36Emmanuel ?
24:37Moi, c'est pareil.
24:38Je pense qu'on ne leur fait pas un cadeau.
24:40Je pense que mon père est fier d'avoir ses trois enfants qui travaillent aujourd'hui dans l'entreprise familiale.
24:45On a trois des huit petits-enfants qui sont aujourd'hui dans l'entreprise.
24:48Mais après, c'est aussi l'accompagnement.
24:49Tous les ans, ils ont deux à trois jours de formation dans lesquels on leur apprend le monde de l'entreprise, l'économie, etc.
24:55Et bien leur faire comprendre qu'ils ne sont pas assis sur un tas d'or, mais que tout ça, ça se gagne.
24:59Et que ça se gagne tous les matins.
25:01Ça gagne tous les matins.
25:02C'est la phrase de la fin, elle est formidable.
25:04Merci à tous les quatre d'avoir participé à cette émission.
25:07Merci aux équipes, à Camille qui prépare cette émission avec moi depuis maintenant, le début, depuis 2023.
25:13À Tristan pour la réalisation, à Mathieu, à Pablo et à Pierre.
25:16Une équipe hors pair pour faire de Paris ETI l'émission de la vie des ETI.
25:22Ciao, à bientôt.
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