00:00On va poser la question à Armand, qui fait partie notamment de ces personnes qui sont venues de leur gré
00:07tenter de défendre ici cette route.
00:10Bonsoir Armand, vous me disiez que ça faisait plusieurs heures que vous luttiez, racontez-nous.
00:16Oui, ça fait à peu près maintenant deux heures depuis le coucher du soleil qu'on est sur cette route,
00:21afin d'essayer de la défendre au mieux.
00:24Bon, on essaye de battre un peu en retrait, histoire de laisser la route ouverte pour les pompiers, qu'ils
00:32aient un accès à Blagon, là où le feu est plus important et où il a plus de conséquences dans
00:36sa propagation.
00:37Et donc là, on travaille un peu en accord avec la DFCI et les pompiers qui passent, qui nous donnent
00:41différentes instructions.
00:43Et nous, avec nos moyens, les tracteurs, les tonne à eau, les motopompes, etc., on essaye de maintenir le feu
00:50à l'extérieur de la route pour garder cette route pratiquable.
00:53On est à bord d'un tracteur avec une très grosse citerne derrière vous. Quelle est votre force de frappe,
00:59là, pour intervenir ?
01:01Disons que nous, on peut rester sur place pendant plusieurs heures sans bouger, étant donné qu'on a quasiment 18
01:07000 litres de capacité.
01:09Et ça permet qu'on a l'équivalent de trois camions pompiers, de manière générale, qui font à peu près
01:166 000 litres.
01:18Et donc ça permet que nous, on part ravitailler une fois tous les 2-3 heures.
01:22Donc on arrive à maintenir, déjà sur ce laps de temps-là, la route ouverte.
01:26Vous n'avez pas du tout hésité à venir ici ? On voit certains de vos collègues s'aventurer, même
01:32à l'intérieur de la forêt.
01:34L'objectif, c'est d'intervenir, quitte malheureusement, vous n'êtes pas équipé, à parfois peut-être se blesser.
01:39Vous n'hésitez pas, en tout cas ?
01:41Non, mais après, c'est quand même un endroit où on vit, où on a grandi. C'est aussi ce
01:45qui nous fait travailler, tout cet écosystème-là, dans nos travails, etc.
01:49Donc c'est aussi un peu notre devoir de devoir le protéger. Et des fois, oui, certes, devoir se brûler
01:57quelques poils aux jambes.
01:59Mais non, après, on fait attention de ne pas empirer la situation et de ne pas rajouter des blessés et
02:03du travail supplémentaire aux pompiers qui, eux, sont déjà bien occupés.
02:06Justement, vous êtes natif d'ici. Vous avez peut-être connu les feux de 2022 en Gironde.
02:12Comment est-ce que vous analysez les feux de cette saison estivale ? Est-ce que c'est une situation
02:17qui est plus grave, selon vous ?
02:19Oui, c'est sûr que c'est une situation qui est plus grave parce que là, en équivalent de trois
02:21jours, on a vécu ce que l'Andiras a vécu sur beaucoup plus de jours que ça.
02:27Là, si je ne dis pas de bêtises, à peu près une quinzaine. Là, en trois jours, ça y est,
02:32on a rempli le quota de l'Andiras.
02:34Maintenant, les événements, ça a été les mêmes que ceux qu'on a eus en 2022 à la test.
02:42Mais par contre, il y a quand même une nette amélioration sur le procédé pour éteindre ces feux-là.
02:51Merci beaucoup, Armand. On va le laisser partir puisque ici, vous le voyez, la situation évolue de minute en minute.
02:59Et donc, il tente de s'adapter à ces conditions météorologiques très variantes.
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