- il y a 4 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Renaud Dély.
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00:07Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour les informés du matin, notre rendez-vous de décryptage de l'actualité
00:13chaque matin sur France Info Radio et France Info Télé, le canal 16 bien sûr jusqu'à 9h30 avec au
00:19menu ce matin deux sujets que nous allons aborder dans un instant au lendemain de la mort d'un deuxième
00:23soldat français de la Finule à la suite de l'attaque dont ils ont été victimes au Sud Liban samedi.
00:30Par le Hezbollah, des discussions commencent aujourd'hui à Washington entre Israël et le Liban, recommence plutôt. Pourquoi la France
00:36est-elle hors-jeu ? Peut-elle encore jouer un rôle dans ce dossier libanais ? Et puis dans un
00:40deuxième temps, nous évoquerons une nouvelle ère peut-être qui s'ouvre pour l'Union Européenne.
00:45Victor Orban parti, la Hongrie a donc levé hier son veto et l'Union Européenne a débloqué son prêt de
00:5190 milliards d'euros à l'Ukraine et ainsi et aussi enclenché un 20ème train de sanctions contre la Russie.
00:58Pour aborder ces deux sujets, pardon, on va les informer de ce matin à mes côtés Isabelle Lasser. Bonjour Isabelle.
01:04Bonjour Renaud.
01:05Bienvenue à vous, correspondante diplomatique au Figaro, François Baudonnet. Bonjour François, bienvenue.
01:11Journaliste spécialiste des questions internationales à France Télévisions et le régional de l'étape si j'ose dire, Nicolas Teilhard.
01:17Bonjour Nicolas, bienvenue.
01:18Journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
01:21Tout de suite donc ce premier dossier, j'en parlais à l'instant, après la mort d'un deuxième militaire
01:25français de la Finu, le caporal-chef à Nice et Girardin.
01:31Et des pourparlers vont reprendre aujourd'hui à Washington entre les ambassadeurs israéliens et libanais, donc sous l'égide des
01:38États-Unis et sans la présence de la France.
01:40Pourquoi la France n'est-elle pas présente dans ces négociations ?
01:43La réponse, il y a quelques minutes, sur ce plateau de celui qui était l'invité de 8h30 de France
01:49Info, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud.
01:53Sans l'intervention de la France, ces discussions n'auraient sans doute pas eu lieu.
01:55Pourquoi ?
01:56Pourquoi ? Parce que nous nous sommes mobilisés à tous les niveaux.
01:59C'est mon déplacement à Beyrouth et à Jérusalem, à la mi-mars, qui a permis de passer aux deux
02:05parties le message qu'il fallait impérativement engager ce dialogue au plus haut niveau.
02:10Pour atteindre quoi ? Les objectifs qui sont le cessez-le-feu durable, qui est le désarmement du Hezbollah, qui
02:15est le retour des déplacés des deux côtés de la frontière, au nord d'Israël et au sud du Liban,
02:20et un règlement du différent qui oppose les deux pays depuis des décennies.
02:24Nicolas Teilhard, la France a donc influé sur ces discussions, à en croire Jean-Noël Barraud, mais elle ne sera
02:30pas présente aujourd'hui à Washington.
02:32Alors la France, elle a agi, est-ce qu'elle a influé ? C'est encore une autre question.
02:36L'enjeu de ces pourparlers, il est majeur et il est difficile parce qu'on arrive avec des positions très
02:42éloignées aujourd'hui à Washington.
02:43Ça reste un événement qu'on discute à ce niveau-là entre Libanais et Israéliens, deux pays qui sont officiellement
02:50en guerre.
02:52Quel est l'enjeu ? C'est que les Libanais voudraient prolonger la trêve qui a débuté le 17 avril,
02:57qui doit courir encore pour quatre jours,
02:59qui est particulièrement fragile puisqu'il y a des violations des deux côtés quasiment quotidiennement et même à plusieurs fois
03:06par jour depuis le début.
03:09Les Libanais voudraient prolonger cette trêve pour pouvoir entamer des discussions dans une forme de sérénité qui est inexistante aujourd
03:17'hui.
03:17Les Israéliens s'y opposent et c'est là qu'on a une vraie divergence de vue.
03:20Pour les Israéliens, on ne peut pas discuter tant qu'il n'y a pas d'engagement à désarmer le
03:24Hezbollah.
03:25Et il faut maintenir des forces dans le sud du Liban comme c'est le cas aujourd'hui.
03:29Pour les Libanais, on ne peut pas discuter avec une armée qui occupe une partie du territoire du pays.
03:36Et là, ces deux visions, elles vont en partie être arbitrées par Washington, dont on a encore du mal à
03:42saisir précisément la position pour l'instant.
03:44Isabelle Lasserre, est-ce que ces deux positions antagonistes peuvent se rapprocher à l'occasion de ce rendez-vous ?
03:48Alors c'est quasiment le tout premier depuis 1993.
03:51Il y avait eu un premier tour de discussion le 14 avril dernier qui a abouti au cessez-le-feu
03:56en cours entre Israël et le Liban.
03:58Oui, je pense que oui, mais c'est quand même assez notable que la France ne soit pas dans cette
04:05aventure, vu les liens qu'il allie au Liban.
04:08Et je pense qu'il y a quatre raisons.
04:09La première, c'est que Donald Trump prend effectivement toute la place.
04:12La deuxième, c'est qu'Israël a écarté la France parce qu'il y a des contentieux absolument énormes qu
04:18'on peut même nommer aujourd'hui crise diplomatique entre Tel Aviv et Paris.
04:23Et que la dernière décision française qui a été de refuser le survol du territoire français à des avions américains
04:30transportant du matériel militaire à Israël,
04:34a vraiment été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
04:37Mais aussi, il est probable que la France paye son ambiguïté, l'ambiguïté qu'elle a longtemps eue vis-à
04:46-vis du Hezbollah.
04:48C'est-à-dire que Paris a longtemps assuré qu'il fallait faire une division entre l'aile politique et
04:55l'aile militaire du Hezbollah,
04:57alors qu'en fait la milice est une et cette division était davantage illusoire.
05:04Cette ambiguïté explique aussi pourquoi les responsables libanais n'ont pas protesté à la mise à l'écart de la
05:12France.
05:12Parce que l'enjeu absolument énorme aujourd'hui au Liban, alors il n'est pas uniquement d'affaiblir le Hezbollah
05:21pour renforcer la sécurité,
05:24c'est le désarmement du Hezbollah, mais au-delà du désarmement du Hezbollah,
05:29c'est la libération de tout un peuple qui est pris en otage par une milice qui obéit à un
05:36agenda étranger.
05:37Donc l'enjeu, il est énorme, c'est la libération du Liban de son influence iranienne.
05:44De ce point de vue-là, il y a quelques minutes sur ce plateau,
05:46Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères, a été extrêmement clair, extrêmement dur à l'endroit du Hezbollah.
05:50Il a évoqué un crime de guerre à propos de l'assassinat de ces deux soldats français de la finule,
05:56François Baudenet.
05:57Est-ce qu'il y a un changement de ton de la France d'une part ?
06:00Et puis comment est-ce que la France aussi peut peser dans ce dossier, y compris à terme, avant-hier,
06:05lorsqu'il a reçu le Premier ministre libanais à l'Elysée, Emmanuel Macron,
06:08a fait savoir que la France entendait rester, en tout cas peser au Liban,
06:12après le départ justement des forces de la finule, départ qui est programmé pour la fin de l'année.
06:16Alors je ne sais pas si on peut dire qu'il y a un changement de ton de la France,
06:19mais c'est vrai que quand vous avez deux soldats tués en quelques jours,
06:25évidemment ça touche beaucoup les Français, ça touche le gouvernement, ça touche évidemment l'armée française.
06:33Donc évidemment Jean-Noël Barraud ne pouvait pas ne pas avoir des mots durs à l'encontre du Hezbollah,
06:39puisque en plus le gouvernement français est persuadé que c'est le Hezbollah qui a attaqué les casques bleus français.
06:46Sur la deuxième partie de votre question, qu'est-ce qui va se passer ensuite ?
06:51Donc la finule, la force intérimaire des Nations Unies au Liban, est présente jusqu'au 31 décembre prochain.
06:58Ensuite son mandat s'arrête, il faut savoir qu'il y a à peu près 700 Français, dont un peu
07:03plus de 600 militaires.
07:05C'est un gros contingent. En fait on est le troisième ou le quatrième pays impliqué dans la finule.
07:14Il y a 48 nationalités dans cette force intérimaire.
07:20Bon, progressivement les soldats de la finule vont se retirer.
07:24Et Emmanuel Macron a dit avant-hier que la France était prête à rester engagée.
07:30Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
07:31Comment ?
07:31Alors c'est la question, en fait, c'est pas l'armée française qui va remplacer la finule.
07:36Ça c'est évidemment hors de question, ça serait d'abord pas possible.
07:40Sûrement pas souhaitable non plus.
07:42Mais en revanche, la France peut continuer à aider les FAL, c'est-à-dire les forces armées libanaises.
07:50Et elle peut les aider de différentes manières.
07:54En continuant, parce qu'elle le fait déjà en faisant de la formation par exemple, ça peut être aussi un
07:59appui en équipement militaire.
08:02Et puis aussi, la France peut aider à financer l'armée libanaise, qui est une armée qui est en fait
08:08extrêmement faible et qui a vraiment besoin de financement.
08:12Donc par tous ces biais-là, la France peut, et sûrement elle le fera d'ailleurs, continuer à rester présente
08:20dans son soutien au Liban.
08:21Et puis il y a une carte à jouer peut-être aussi auprès des pays du Golfe, qui ont affirmé
08:25leur soutien au Liban ces derniers jours.
08:28Le président Aoun a été invité à participer avec le Qatar, avec l'Arabie Saoudite, à un sommet où les
08:35Européens se retrouvent à Chypre.
08:36Il peut y avoir une forme d'alliance au moins temporaire de ce point de vue-là, pour peser tout
08:41simplement face à Washington et face à Tel Aviv.
08:45On a commencé tout à l'heure à parler d'antagonisme.
08:47On y revient sur la question du Hezbollah, parce que la stratégie d'Israël, c'est un rapport de force
08:51permanent, c'est de détruire les structures de la milice et de le faire malgré le cessez-le-feu.
08:58On a vu des destructions et des offensives menées ces derniers jours.
09:02Or, l'État libanais estime qu'il est affaibli aussi dans sa lutte contre le Hezbollah si son territoire est
09:08occupé par Israël,
09:09s'il y a des journées comme cette journée noire du 8 avril avec des bombardements par dizaines sur la
09:15capitale Beyrouth et que d'une certaine manière, ça l'affaiblit politiquement aussi.
09:19Avec l'enjeu, Nicolas, de cette ligne jaune tracée par Israël, donc au sud Liban, est-ce que ça va
09:25être aussi un enjeu des discussions qui s'enclenchent de nouveau aujourd'hui ?
09:28Est-ce que le Liban, sous la pression peut-être des États-Unis et en l'absence de la France,
09:32peut céder une partie de son intégrité territoriale ?
09:35Alors, le CD, ce n'est sûrement pas leur volonté. Est-ce que ça sera un enjeu en toile de
09:40fond, c'est sûr ?
09:41Est-ce que la question sera réglée à l'issue d'une journée de discussion aujourd'hui ? Certainement pas.
09:46On ne va pas régler même des décennies de conflits d'occupation.
09:49On va quand même rappeler que l'armée israélienne a occupé le territoire libanais pendant 22 ans, entre 78 et
09:55l'an 2000.
09:56Tout ça ne va pas se régler en une après-midi de discussion.
09:58En revanche, est-ce qu'on peut poser un cadre qui lui permettrait que des discussions aient lieu ensuite ?
10:04Ça, ça sera le véritable enjeu de cette journée.
10:07Isabelle Lasserre ?
10:08Oui, oui, tout à fait. Mais Israël, pour l'instant, ne renoncera pas à son idée d'une zone tampon.
10:15En tout cas, pas tant que...
10:16Zone tampon de sécurisation, excusez-moi, ou une zone, effectivement, d'occupation.
10:20Alors, c'est là que c'est complètement ambigu et la question ne va pas se régler cette semaine.
10:25Et je ne suis pas sûre qu'elle se règle tant que le Hezbollah ne sera pas complètement éradiqué du
10:31Liban.
10:32Je ne sais pas si c'est possible.
10:34Parce que c'est toute la question.
10:36On parle de l'absence de la France autour de la table des négociations.
10:40Mais là, c'est des discussions qui ont lieu, évidemment, sans le Hezbollah.
10:45Or, en fait, tout repose sur le Hezbollah.
10:48On sait que l'armée libanaise n'a pas réussi à le désarmer.
10:52Évidemment, le Hezbollah ne va pas se désarmer volontairement.
10:56Donc, même si Israël a dit hier qu'en fait, il n'y avait pas beaucoup de choses qui le
11:01séparaient de la position libanaise.
11:04Mais de la position libanaise, et pas de la position du Hezbollah, dont on sait que c'est un État
11:09dans l'État.
11:09Quand on parle d'Israël, Nicolas Taillard, on parle évidemment de la politique du gouvernement Netanyahou.
11:14Mais est-ce qu'il y a unanimité, justement, quant à la politique à l'endroit du Liban en général
11:18?
11:18Et en particulier, justement, cette zone dite de démarcation ou d'occupation ou de sécurisation que Israël a tracée ?
11:27En partie, et notamment pour les habitants du nord d'Israël, qui ont subi des attaques récurrentes, qui sont à
11:32portée de roquettes.
11:34Et c'est ce qui s'est passé, notamment, suite aux attaques du 7 octobre 2023, avec une zone entière
11:40dans le nord d'Israël,
11:41où les habitants ont dû quitter leurs villages et leurs habitations pour y revenir, parfois après de longs mois.
11:48Toute la difficulté, c'est est-ce que cette stratégie, elle est payante ou non ?
11:51Est-ce que cette stratégie de la force, elle permettra à Israël d'arriver à ses fins ?
11:55Est-ce que c'est du court terme ?
11:57Parce que quand on parle du Hezbollah, on parle évidemment d'une milice armée,
12:00mais on parle aussi d'un parti politique qui a un vrai rôle dans la politique libanaise,
12:05et puis d'une myriade d'associations, d'organisations, qui jouent aussi dans la manière dont une partie de la
12:12société libanaise est organisée.
12:13Isabelle Lasser, oui, qui est un parti politique, qui est une myriade d'associations extrêmement intégrées dans la société libanaise.
12:19Non mais bien sûr, mais je crois que le 7 octobre, les attaques du Hamas du 7 octobre 2023,
12:24ont complètement, ont tout changé dans la perception israélienne de la région,
12:28et dans sa manière d'aborder ces guerres.
12:32C'est-à-dire que depuis le 7 octobre 2023, Israël considère que ce risque d'une attaque d'une
12:39des milices de l'Iran,
12:40que ce soit le Hamas ou le Hezbollah, n'est plus gérable, n'est plus tenable jusque-là.
12:45Israël tapait sur les milices, c'était la politique de la tonte de la pelouse, dès qu'elles étaient un
12:50petit peu trop...
12:51C'était déjà un objectif en 2006.
12:53Et ensuite revenez, juste pour finir, juste une phrase, ces problèmes ne seront réglés probablement que le jour où le
13:03régime iranien tombera.
13:06Merci Isabelle Lasserre. Nicolas Teilhard, on va vous libérer avant de passer à notre deuxième sujet.
13:10Merci Nicolas Teilhard d'être passé par le plateau désinformé du matin.
13:15Dans un instant, nous évoquerons l'Union Européenne après le départ du pouvoir de Viktor Orban,
13:19battu aux élections il y a une dizaine de jours. La Hongrie a donc levé son veto.
13:21L'Union Européenne a débloqué près de 90 milliards à l'Ukraine.
13:24Va-t-on vers une nouvelle ère en Europe et dans l'aide à l'Ukraine ?
13:28On en parle juste après l'info, en une minute, avec Laura Dullieu.
13:33Un deuxième soldat français est mort après l'attaque de samedi dernier dans le sud du Liban.
13:38Le caporal-chef à Nice et Girardin a succombé à ses blessures,
13:42alors que l'hommage national à Florian Montauriau, mort le jour de l'embuscade, aura lieu tout à l'heure
13:47à 11h30 à Montauban.
13:49Il sera présidé par la ministre des Armées, Catherine Vautrin.
13:52Le baril de pétrole Brent s'est repassé au-dessus de la barre des 100 dollars ce matin
13:57face à l'incertitude des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis,
14:01malgré la prolongation du cessez-le-feu.
14:03L'Iran a annoncé hier avoir saisi deux navires dans le détroit d'Hormuz.
14:07À Gaza, Israël a tué cinq personnes, dont trois enfants hier,
14:10annoncent la défense civile dans une frappe sur un groupe de civils dans le nord de l'enclave.
14:14Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier,
14:17près de 800 Palestiniens ont été tués depuis.
14:20Nice rejoint le RC Lens en finale de la Coupe de France
14:24après sa victoire hier face à Strasbourg 2-0.
14:27Une belle opération pour les Niçois, 15e au classement de Ligue 1.
14:30Rendez-vous donc le 22 mai au Stade de France.
14:45La Hongrie bloquait donc le versement de ce prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine
14:49qui avait été conclu par l'Union Européenne au mois de décembre dernier.
14:52Mais Viktor Orban a donc quitté le pouvoir après sa défaite aux élections legislatives.
14:56Son successeur Peter Magar a levé le veto hongrois,
15:00ce qui a permis donc à l'Union Européenne hier d'enclencher la procédure
15:03qui doit aboutir au versement de ce prêt d'une part,
15:06et puis aussi d'adopter un 20e train de sanctions contre la Russie
15:09depuis le début de la guerre en Ukraine.
15:11Deux décisions qui réjouissent le ministre allemand des Affaires étrangères
15:16qui s'est exprimé hier.
15:17Johan Wadfuhl.
15:20Ce double message adressé aux deux parties,
15:23à savoir le soutien à l'Ukraine et le signal clair envoyé à la Russie
15:27pour qu'elle mette enfin un terme à la guerre,
15:30est important et sert nos intérêts à tous.
15:33Partout où il existe des failles, la Russie ne manquera pas d'en tirer parti.
15:38C'était bien Johan Wadfuhl, vous le confirmez.
15:41Accent allemand parfait.
15:43Merci de votre indulgence.
15:44Le ministre allemand des Affaires étrangères,
15:45au-delà de cette réaction, est-ce qu'une nouvelle ère s'ouvre en Europe
15:49et plus particulièrement pour l'aide à l'Ukraine ?
15:51C'est évidemment une bonne nouvelle pour Volodymyr Zelensky
15:54que d'être, entre guillemets, débarrassé de Viktor Orban au sein de l'Union Européenne.
15:57C'est clair parce que depuis des années,
15:59Viktor Orban bloquait les aides à l'Ukraine,
16:03en particulier ce prêt de 90 milliards qui avait été décidé en décembre dernier.
16:07Et lui, il avait mis son veto.
16:09Et comme il faut l'unanimité pour que l'argent soit débloqué,
16:13cet argent n'était pas débloqué.
16:14Et en fait, l'Ukraine était au bord de la faillite.
16:17Dans deux mois, elle aurait été en faillite.
16:20Il faut savoir que c'est 90 milliards d'euros.
16:22Alors d'abord, c'est un prêt.
16:23C'est intéressant.
16:24C'est un prêt.
16:25Ce n'est pas un don.
16:26Mais c'est un prêt sans intérêt.
16:28Et en fait, vraisemblablement, l'Ukraine ne remboursera jamais ce prêt.
16:32Et l'Union Européenne le sait.
16:34Donc d'une certaine façon, ça revient à un don.
16:36Mais en fait, l'Union Européenne espère que ce sera la Russie.
16:40Imaginez-vous que ce sera la Russie qui va payer pour rembourser des dommages de guerre.
16:45Donc on n'en est pas là.
16:46Mais pour en venir à ces 90 milliards d'euros, il y aura deux tiers pour la guerre qui est
16:53actuellement en cours,
16:54donc pour l'achat d'armement, etc.
16:55Et un tiers, donc environ 30 milliards, parce qu'il faut faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, etc.
17:03Et évidemment, c'était donc quelque chose de très important pour l'Ukraine.
17:07Mais ce n'est pas suffisant.
17:08Parce que Volodymyr Zelensky estime qu'il lui faut 137 milliards d'euros.
17:13Donc vous voyez, il en manque à peu près 40 pour aller jusqu'à la fin de l'année prochaine.
17:18Donc il y a peut-être d'autres pays, européens ou non d'ailleurs, qui vont mettre au pot pour
17:24aider l'Ukraine financièrement.
17:25Isabelle Lasserre, c'est un prêt, comme le disait François Baudonnet.
17:28Mais par exemple, il y a quelques jours sur ce plateau, Julien Audoul, le député du Rassemblement national,
17:31disait que l'Europe ne reverrait jamais cet argent.
17:34Est-ce que c'est un prêt ou est-ce que c'est un prêt qui a vocation à se
17:37transformer en don pour l'Ukraine ?
17:38Comme le disait François, c'est un prêt qui a vocation à se transformer en don,
17:43qui sera payé par la Russie le jour où le régime tombera.
17:48En gros.
17:49Donc c'est ça le plan européen et pourquoi pas ?
17:52C'est salutaire. Pourquoi ?
17:54Parce qu'aujourd'hui, l'Ukraine devient de plus en plus autonome dans la production de ses propres armements
17:59parce que les armements européens n'arrivent pas assez vite
18:02et que les armements américains n'arrivent très peu maintenant depuis le retour de Trump au pouvoir.
18:09Et donc l'Ukraine a compris qu'elle devait vraiment se défendre avec ses propres armements,
18:14mais elle a vraiment besoin d'argent.
18:15Et parce que le soutien aussi de la société civile, c'est vraiment l'autre jambe qui permet de tenir
18:21dans la guerre.
18:22Si la société civile perd confiance, s'effondre, comment les Ukrainiens au front peuvent-ils continuer ?
18:30Donc c'est très bien, mais attention, il ne faut pas crier victoire trop vite parce qu'on continue à
18:35aller lentement.
18:36On en est au 20ème paquet de sanctions.
18:38OK, c'est la cinquième année de la guerre.
18:40Mais pourquoi on n'a pas pris 20 paquets le premier mois de la guerre ?
18:43On n'en serait pas là.
18:44Elles ont un véritable effet aujourd'hui sur la situation économique en Russie, ces sanctions ?
18:49Ben oui et non, c'est-à-dire que...
18:50Vladimir Poutine lui-même a reconnu quand même qu'il commençait à y avoir des problèmes,
18:53que la croissance justement avait baissé au début de l'année.
18:55Mais bien sûr, les sanctions ont un effet économique, mais le régime s'est totalement adapté
19:00et contourne les sanctions européennes avec ses amis du Sud global, avec la Chine, avec l'Iran, la Corée du
19:07Nord, etc.
19:08Donc ça use le pouvoir russe, mais c'est pas...
19:11On pensait, les Européens avaient pensé que des sanctions économiques pourraient faire chuter le régime.
19:17C'est mal comprendre le régime russe, comme on avait pensé la même chose avec l'Iran.
19:23Ce sont des régimes qui ont quand même beaucoup d'idéologies, qui ont le temps long,
19:28et qui ne tombent pas pour l'économie.
19:32En tout cas, il faut attendre très très longtemps.
19:33C'est ce qui a fini par se passer pour l'Union soviétique, mais ça n'a pas une...
19:38Mais juste une phrase, il faut faire très attention quand même,
19:41parce qu'on a des élections en France,
19:44et puis il y aura aussi des échéances électorales dans d'autres pays européens.
19:49Et attention, le consensus pourrait à nouveau être abîmé.
19:55Justement, François Baudonnet, Vladimir Poutine a perdu un ami, en quelque sorte,
19:58avec la défaite de Viktor Orban, mais il en a gagné un autre,
20:00avec la victoire de l'ancien président bulgare Radev,
20:04qui a remporté l'élection initiative.
20:05Est-ce que finalement, l'Union européenne ne va pas voir de nouveau
20:09son fonctionnement bloqué, freiné, dans les mois qui viennent ?
20:13Alors, ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas voir que la Hongrie,
20:16parce que, effectivement, Viktor Orban était un problème
20:19pour le fonctionnement de l'Union européenne.
20:20D'ailleurs, le ton était même monté très fort entre lui et Volodymyr Zelensky.
20:24Mais effectivement, Rouman Radev, qui est ancien président bulgare,
20:28a gagné les législatives.
20:31Il est très pro-russe.
20:31Et il est très pro-russe. En fait, lui, d'abord, il est pour reprendre les discussions
20:37avec la Russie. Il ne veut pas aider l'Ukraine. C'est hors de question d'apporter des armements
20:44à l'Ukraine. Mais à la fois, ce qui est un peu rassurant quand même pour l'Union européenne,
20:47c'est que, à la différence de Viktor Orban, il ne veut pas bloquer les autres.
20:51Après, on verra ce qui va se passer dans les faits. Et puis, il n'est pas le seul,
20:54parce qu'en Slovaquie, vous avez Robert Fitsso, qui est aussi pro-russe.
20:59Donc, on assiste, si vous voulez, depuis plusieurs années quand même,
21:03globalement, à un basculement en Europe vers une droite radicale,
21:10et en particulier, qui est pro-russe.
21:13Donc, la Hongrie était un des éléments.
21:16On se souvient que la Pologne a basculé dans l'autre sens,
21:19avec Donald Tusk, qui est pro-européen.
21:21Mais, je dirais, globalement, parce que c'est la même chose au Parlement européen,
21:25c'est la droite et l'extrême droite qui sont maintenant les plus influentes.
21:30Eh bien, ce sera le mot de la fin pour ce matin.
21:32Merci, François Baudonnet. Merci, Isabelle Lasserre.
21:35Merci à nos informés d'avoir débattu ce matin sur ce plateau.
21:39Les informés qui reviennent ce soir à 20h avec Victor Maté.
21:44Dans un instant, la météo de Christine Peignard.
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