Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Ce mercredi 3 juin, Antoine Larigaudrie et Benoît Fernandez-Riou, consultant spécialiste marchés devises et taux, vous présentent le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:03Avec Benoît Fernandez-Riou, bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Stratégiste taux et devises qu'on a régulièrement à l'antenne.
00:11Alors, on a quelques déséquilibres assez marqués en termes de devises
00:16et notamment de taux obligataires aussi par la même.
00:19Un dollar qui a une puissance extrêmement concentrée depuis quelques mois.
00:24Et ceux qui en pâtissent le plus en ce moment,
00:28ce n'est pas trop nous, avec un euro-dollar qui s'est stabilisé du côté d'un 16 qui
00:32ne bouge plus trop.
00:33C'est toutes les devises émergentes, que ce soit la monnaie sud-coréenne, le won,
00:37que ce soit le yen japonais, que ce soit toutes les autres monnaies d'Asie notamment,
00:41mais de l'ensemble des pays émergents.
00:43Là, on a un vrai problème.
00:46Oui, c'est ça.
00:48C'est-à-dire qu'autant sur l'euro-dollar, on est sur une zone d'équilibre,
00:52effectivement, où on oscille autour des 1,16, 1,17, 1,18.
00:56Autant sur les devises, notamment côté Asie-Pacifique,
00:59on est de manière générale sur des devises qui sont assez décotées, assez dépréciées.
01:05Et ce, sur des plus bas ou plus hauts historiques,
01:10selon que vous lisez la paire dans la devise de base ou la devise de contrepartie.
01:16Mais ce qui signifie qu'on est à des extrémums.
01:19Et c'est un peu le cas, d'ailleurs, si on prend l'exemple de la Corée du Sud,
01:25avec un won coréen qui est autour des 1 500.
01:30On a même un petit peu dépassé 1 500 ces derniers temps.
01:33Alors que, par rapport au dollar américain, je parle,
01:37donc USD, KRW,
01:39et on est sur des plus hauts historiques.
01:44La dernière fois, c'était il y a une quinzaine d'années,
01:47lors de la crise des subprimes de 2008.
01:51Et on avait atteint ces niveaux de 1 500, 1 600.
01:56Et on est en train de les toucher.
01:58Alors ça a aussi un effet bénéfique,
02:01puisque ça aide beaucoup les exportateurs
02:04et la Corée du Sud en profite.
02:07D'autant plus que ces derniers temps,
02:08on a eu un petit peu peur,
02:11notamment sur la Corée du Sud,
02:14le Japon au-delà de la Chine.
02:16On a eu un petit peu peur par rapport à ce qui s'est passé
02:19sur le détroit d'Hormuz,
02:20notamment en mars,
02:21où les approvisionnements en pétrole
02:25étaient quand même assez dirigés vers ces pays.
02:28Mais finalement, depuis,
02:29les choses se sont un petit peu mises en place.
02:31On a des routes alternatives,
02:33des livraisons qui proviennent d'autres zones.
02:39Et on a aussi les stocks stratégiques
02:42qui sont mises à contribution.
02:44Et ça, ça a permis,
02:46même si au mois de mars,
02:47le COSPI, c'est-à-dire l'indice de Corée du Sud,
02:50a eu un petit moment de flottement,
02:54on a eu depuis une accélération,
02:56parce que le marché a été rassuré.
02:57Et ça, ça a été porté par les bons résultats,
03:00notamment de Samsung.
03:02Et donc, c'est toute l'IA qui porte,
03:04en fait, les indices,
03:07notamment les indices coréens,
03:09l'indice coréen.
03:10Et cela est appuyé par la faiblesse,
03:13effectivement, du GON.
03:16Et donc,
03:18bénéficie énormément aux exportations,
03:20et notamment aux exportateurs coréens,
03:22qui sont à forte valeur ajoutée,
03:24puisqu'ils alimentent énormément l'IA.
03:27Alors, est-ce que vous ne pensez pas
03:28que, justement,
03:31cette problématique de change de devise
03:33ne pourrait pas, à terme et sur le long terme,
03:37induire des déséquilibres
03:38qui puissent commencer à devenir gênants
03:40du point de vue de la valorisation boursière
03:42de l'ensemble de l'écosystème
03:44dont ils font partie ?
03:47C'est le cas, effectivement.
03:48C'est déjà la question que l'on se pose
03:50sur la Corée, typiquement.
03:52Il y a un an, le COSPI était autour des 2000,
03:54et aujourd'hui, il a dépassé les 10 000.
03:57Donc, on a fait un x5 en quelques mois,
03:59enfin, en un an.
04:00Donc, c'est un déséquilibre très, très fort.
04:03C'est du jamais vu.
04:03C'est porté par l'IA,
04:05porté par la faiblesse du WON, effectivement.
04:09Mais tout ça n'ira pas...
04:11Enfin, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.
04:13Donc, il y aura un moment,
04:14il y aura forcément une forte correction.
04:16Et au niveau des devises, effectivement,
04:19tant sur la partie Corée
04:21que sur la partie japonaise,
04:23ces deux banques centrales
04:24essayent de calmer, justement,
04:28cette faiblesse,
04:29ces vents contraires
04:29qui affaiblissent leurs devises domestiques.
04:33Et ça, c'est quelque chose
04:34que l'on voit avec les interventions
04:35de la Banque of Japan
04:37et également de la Banque centrale de Corée.
04:41Du côté de la BCE,
04:43bon, on s'achemine sans doute
04:45à la prochaine réunion
04:46vers un relèvement des taux
04:49de 25 points de base.
04:50Alors, on a l'ensemble
04:51des intervenants taux, échanges
04:53et stratégistes sur ce plateau
04:56ou dans BFM Bourse
04:57qui nous disent,
04:58bon, voilà, ça y est,
04:59la BCE s'apprête à faire
05:01sa première erreur
05:02de politique monétaire
05:03de la nouvelle ère.
05:04Est-ce que vous le voyez comme ça
05:06ou est-ce que vous pensez au contraire
05:08que c'est un gage de solidité
05:10pour l'euro
05:10par rapport aux fondamentaux économiques
05:12et par rapport au fait
05:13qu'il reste très, très stable
05:15encore une fois en ce moment ?
05:17Alors, c'est...
05:18Oui, moi, je suis avec le consensus.
05:20Effectivement, c'est une erreur
05:23de remonter les taux,
05:25même faiblement.
05:26En fait, c'est un mauvais signal
05:27par rapport à la situation économique
05:29de la zone euro
05:30et notamment l'Allemagne
05:31qui n'est pas encore sortie
05:35véritablement
05:35et n'a pas encore
05:36une progression du PIB
05:39à la mesure, en fait,
05:41de la période mondiale.
05:42Et on a des alertes aussi
05:45parce qu'il y a l'Allemagne
05:46et la France,
05:47les deux locomotives,
05:48logiquement,
05:48de la zone euro,
05:51on a la France
05:52qui potentiellement
05:53pourrait partir en récession.
05:55Donc, même si on parle
05:56de récession technique,
05:57ça reste quand même
05:58un mauvais signal
05:59que d'augmenter,
06:01effectivement,
06:02le taux directeur
06:04sur cette période,
06:06même si on comprend
06:07que c'est son mandat
06:08et donc,
06:08c'est une sorte de...
06:10Effectivement,
06:12on va dire
06:13d'indice
06:15d'une politique monétaire
06:18qui serait indépendante,
06:20effectivement,
06:21de ce qui se passe
06:21d'un point de vue politique,
06:25ce qui serait à mettre
06:26en contraste
06:27par rapport
06:28à ce qui pourrait se passer
06:29en zone américaine
06:31avec Kevin Warsh
06:32qui pourrait être
06:34beaucoup moins indépendant
06:36par rapport,
06:37effectivement,
06:37à l'administration Trump.
06:39Mais tout ça sera
06:39à regarder
06:40dans les prochains mois
06:43et notamment
06:43aux prochaines décisions,
06:45entre guillemets,
06:46de ces deux banques centrales
06:48et donc la BCE
06:49la semaine prochaine,
06:49effectivement.
06:51Benoît Fernandez-Rio,
06:52merci d'avoir été avec nous
06:53pour ce point complet.
06:55L'euro-dollar,
06:55on est à 1,1615
06:57et puis un petit mot
06:58sur les taux,
06:58les taux obligataires
06:59qui sont tendus
07:00depuis hier.
07:01On est à 3,64 à nouveau
07:03pour la dette française,
07:0410 ans,
07:043,02 pour les 10 ans allemands,
07:07on repasse les 3%
07:08et 4,48,
07:09on rejoint à nouveau
07:09les 4,5%
07:10pour le 10 ans américain.
Commentaires

Recommandations