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  • il y a 3 minutes
Agnès Pannier-Runacher, députée EPR du Pas-de-Calais, ex-ministre de la Transition écologique, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 3 juin. Elles sont revenues sur le montant de l'aide au carburant mobilisée par le gouvernement et le regain d'intérêt pour les véhicules électriques, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h46 sur BFM Business et sur AMC Live, notre invitée c'est Agnès Pannier-Runacher.
00:04Bonjour, vous êtes députée ensemble pour la République du Pas-de-Calais,
00:06ancienne ministre de la Transition écologique.
00:08En 2022, le gouvernement dans lequel vous étiez avait dépensé 9 milliards d'euros
00:12pour une remise sur les prix à la pompe.
00:14Aujourd'hui, on est à 1,2 milliard de montant total mobilisé par le gouvernement Lecornu.
00:20Est-ce qu'on est aujourd'hui dans le bon dosage et est-ce qu'on en a fait trop
00:23il y a quelques années ?
00:24Oui, on en a fait trop il y a quelques années.
00:26Moi, j'étais à l'époque ministre de l'énergie et du climat.
00:30Et je me souviens très bien que j'avais indiqué que je trouvais que cette mesure
00:36qui visait à baisser de 15 centimes le prix du carburant pour tout le monde,
00:40c'est-à-dire pour les entreprises, pour les transporteurs étrangers, pour les frontaliers,
00:44parce qu'en fait tout le monde en a bénéficié, était beaucoup trop large,
00:49a coûté beaucoup trop d'argent et n'a pas suffisamment aidé ceux qui en avaient le plus besoin.
00:53C'était une erreur. On est allé trop loin, mais on n'avait quoi ?
00:55Pas le courage politique qu'on a aujourd'hui ?
00:57On était sous l'oucaze des Républicains, qui en avait fait un élément de soutien au budget,
01:04au projet de loi de finances 2023 à l'époque.
01:07Je rappelle que...
01:08C'est les Républicains qui poussaient à la dépense.
01:10Mais oui, parce qu'il y a toujours eu un double discours chez les Républicains.
01:13C'est à fait des économies, mais en même temps, on dépense allègrement et ils ont poussé à l'époque,
01:18le gouvernement, à faire cette remise carburant qui, d'un point de vue économique, était absurde.
01:24Et on l'a mesuré après. C'est-à-dire que ça nous a coûté 9 milliards d'euros.
01:27Pour mettre ce chiffre en perspective, parce qu'on a tendance à manipuler les milliards,
01:32on a investi 30 milliards d'euros sur le plan France 2030,
01:36qui a vocation à construire l'économie française du futur.
01:40Donc vous voyez bien que claquer en 12 mois l'équivalent du tiers de ce qui doit nous permettre
01:46de faire l'intelligence artificielle, la santé de demain, l'énergie de demain, était absurde.
01:52Et puis surtout, ceux qui en ont bénéficié étaient essentiellement des gens qui n'en avaient pas besoin.
01:57Je le redis, sur les routes circulent beaucoup de véhicules d'entreprise, de véhicules étrangers.
02:04Les frontaliers en ont évidemment beaucoup bénéficié.
02:07Et ce n'est pas ceux qui en avaient le plus besoin qui en ont bénéficié.
02:10Là, ce sont des aides ciblées.
02:13Ce n'est pas les Français qui payent pour tout le monde.
02:16C'est des aides qui vont aux Français qui en ont besoin.
02:19Le véhicule électrique, on le voit dans les chiffres du début de l'année.
02:22Ça y est, ça commence à partir avec 30% désormais des ventes de véhicules électriques.
02:27Des ventes de voitures totales neuves qui sont des voitures électriques.
02:30Il se passe quelque chose.
02:31Le consommateur s'y retrouve.
02:32Pendant longtemps, on a quand même eu une difficulté à comprendre comment les aides fonctionnaient.
02:36Vous considérez, vous l'avez dit dans Marianne, qu'il y a eu une sorte de véhicule électrique bashing
02:41de la part du Rassemblement National, classique.
02:44Mais vous dites aussi de la part de lobbying pétrolier.
02:46Vous, si vous voulez, qui ?
02:48De manière générale, toute la politique d'électrification a donné lieu à des freins
02:54de la part, de manière générale, notamment de pays qui vivent de la vente des énergies fossiles.
03:01Moi, je l'ai vécu dans les salles de négociation au plan international et au plan européen.
03:07Des pays qui ont des ressources importantes fondées sur le pétrole et le gaz,
03:12les États-Unis, le Moyen-Orient, le Brésil,
03:17se sont toujours montrés très ambiguës sur les travaux que nous faisions
03:23pour électrifier la planète et pour sortir des énergies fossiles.
03:28Donc, ça, on le voit bien au quotidien.
03:29Et puis, au niveau national, on a vu que certains, je dirais, partis politiques
03:37relayer ces narratifs.
03:39Et évidemment aussi celui de Vladimir Poutine,
03:42qui est un des pays qui vend beaucoup de fossiles
03:45et qui en ont besoin pour mener la guerre en Ukraine.
03:48Donc, c'est très présent, c'est relayé sur les réseaux sociaux,
03:51c'est relayé par quelques chroniqueurs, leaders d'opinion.
03:55Et effectivement, on en a vu l'impact.
03:57Alors, aujourd'hui, la voiture électrique, c'est presque aujourd'hui,
04:02c'est plus de 30% des électrifications,
04:04puisque avec la guerre en Iran, on est plutôt du côté de 40-45.
04:07Sachant que la voiture hybride rajoute quelque chose de l'ordre de 50%.
04:11Donc, il n'y a plus que 20% de voitures thermiques
04:15qui sont immatriculées aujourd'hui dans les ventes neuves.
04:19Ce qui est intéressant, c'est que moi,
04:22quand je suis rentrée au gouvernement en 2018,
04:24on devait être à moins de 5% de voitures électriques.
04:27Donc, il y a un mont quantique de la voiture électrique.
04:30La deuxième chose, c'est que c'est moins cher à l'usage.
04:32Les industriels ont réussi à sortir des véhicules autour des 15 000.
04:35Là où il y a 7-8 ans, on était à des véhicules à 45 000 euros neufs,
04:39ce qui est gigantesque, on est aujourd'hui sur des voitures
04:43qui sont fabriquées en France et à un peu plus de 20 000 euros.
04:47Je ne dis pas que c'est donné, mais c'est quand même un sérieux progrès.
04:50Et puis, avec les aides, ça devient très compétitif.
04:53Parce qu'à l'usage, c'est beaucoup moins cher.
04:56C'est beaucoup moins cher en carburant.
04:57C'est moins cher en assurance.
05:00Et c'est surtout moins cher en maintenance.
05:02Donc, l'ensemble de ces éléments fait qu'on a intérêt à acheter une voiture électrique
05:05si on est sur un sujet de prix.
05:08Et si on est correctement équipé en borne de recharge.
05:11Le plus simple étant, pour ceux qui vivent notamment en milieu rural,
05:16d'avoir sa borne de recharge à la maison.
05:18Parce que là, on a l'espace pour l'installer.
05:20– Sur les zones à faible émission, vous avez vu que c'est assez compliqué.
05:24C'était dans la simplification, retiré.
05:26Et puis, maintenant, il y a une interrogation.
05:28C'est quoi votre positionnement à vous ?
05:29Est-ce que vous pensez qu'il faut pousser sur ce dossier ?
05:32Ou est-ce que vous pensez que c'est aux communes de gérer chacun, zone par zone ?
05:35– Alors, les zones à faible émission, ce n'est pas un sujet d'écologie.
05:39Ce n'est pas un sujet d'électricité.
05:40C'est un sujet de santé.
05:41Il y a beaucoup de gens, là aussi, qui ont créé de la confusion.
05:45Les zones à faible émission, c'est pour améliorer la qualité de l'air
05:48dans les plus grosses agglomérations,
05:51en particulier l'agglomération parisienne et l'agglomération lyonnaise.
05:55Et c'est d'ailleurs les deux seuls endroits
05:57où il y avait des interdictions de circuler pour les voitures, critère 3.
06:00Pas du tout le cas du reste de la France,
06:03contrairement à ce qui a été très largement raconté.
06:06La deuxième chose, c'est que ce n'est pas une mesure anti-voiture thermique,
06:09puisque toutes les voitures essence et diesel
06:12qui ont été construites depuis plus de 15 ans sont autorisées.
06:15C'est anti-voiture qui sont plus vieilles de 15 ans.
06:19Donc ce n'est quand même pas toutes les voitures qui circulent, fort heureusement.
06:22Et pourquoi ?
06:23Parce qu'en gros, on observe qu'on a chaque année des milliers de morts
06:27du fait de la pollution de l'air,
06:30et que cette pollution, elle se concentre dans certains endroits.
06:34Donc vous, vous êtes pour ?
06:35Donc moi, je suis d'abord, précision, les zones à faible émission,
06:38elles existent, elles n'ont jamais été interrompues.
06:40Et nous continuons tous de circuler.
06:42Et donc on voit bien que la catastrophe annoncée n'a pas eu lieu.
06:45Elles sont là et elles ont été maintenues.
06:48Deuxièmement, moi, j'avais porté en tant que ministre
06:51cette vision que c'est aux collectivités locales
06:54d'organiser leurs zones à faible émission
06:56pour éviter, par exemple, d'engorger l'accès à un hôpital
07:00s'il y a une difficulté de circulation particulière,
07:02de faire en sorte de prévoir aussi des règles d'accompagnement
07:06des automobilistes.
07:08On ne sait pas que jusqu'en 2024,
07:11on pouvait changer son véhicule d'occasion
07:13pour un autre véhicule d'occasion
07:14avec une aide de 10 000 euros
07:16quand on était habitant du Grand Paris.
07:18C'était une aide vraiment conséquente
07:20et qui permettait de changer de véhicule.
07:22Et donc à la fin, on le remet dans le projet de loi simplification
07:25où on laisse les...
07:26Les zones à faible émission, elles existent.
07:28Donc on n'a pas besoin de changer la loi.
07:29On a raconté que la loi les avait supprimées.
07:33Ce n'est pas vrai, là aussi.
07:34C'est un mensonge.
07:35Elles ont été mises en place par la loi de 2019
07:38et elles sont toujours là.
07:39Et manifestement, nous sommes tous toujours vivants.
07:41Dernier point politique.
07:42Vous étiez au meeting de Gabriel Attal ce week-end.
07:45On a eu hier le ralliement de Nathalie Cochusco-Morizet
07:48à Édouard Philippe.
07:50C'est là que ça se joue, la guerre entre les deux candidats.
07:52Vous attendez-vous des ralliements du côté de Gabriel Attal,
07:55du côté des LR ? C'est important ?
07:57Oui, je vais d'abord dire que Gabriel Attal
07:59a fait un très bon début de campagne.
08:01Je pense que c'est évident.
08:02On l'a vu dans la ferveur du meeting,
08:05dans l'énergie qui a été déployée.
08:07On a un candidat.
08:08On a des priorités claires.
08:11Quatre priorités.
08:14Deux dettes que nous devons aussi réduire.
08:17La dette écologique et la dette financière.
08:20On a un diagnostic partagé sur les défis
08:23qui attendent notre pays.
08:24On sait que l'éducation est une priorité absolue.
08:27Je crois que Gabriel Attal est le seul candidat
08:30à faire de l'intelligence artificielle
08:33un enjeu absolu
08:34et à comprendre ce qu'il y a derrière.
08:36Comprendre ce qu'il y a derrière pour nos enfants,
08:38pour notre économie.
08:39NKM a dit « je vais avec Édouard Philippe »
08:40justement parce que je travaille sur l'intelligence artificielle
08:42et que c'est le bon candidat.
08:44C'est pas formidable mais elle arrive à peut-être…
08:45Mais les ralliements, c'est là que ça se joue là.
08:47C'est ça qui se passe dans les couloirs.
08:49On cherche chacun à ramener des LR notamment près de soi ?
08:53Non, sincèrement je pense que les ralliements
08:57ne vont pas faire bouger l'opinion publique.
08:59Ce que les Françaises et les Français attendent,
09:02c'est une vision et nous en avons une.
09:04C'est un candidat qui est capable de porter cette vision
09:07et nous en avons un.
09:09Et ce sur quoi nous sommes en train de travailler,
09:11c'est un programme solide
09:13et un projet qui permet d'embarquer les Françaises et les Français.
09:16Parce que les Françaises et les Français,
09:18ils veulent de l'optimisme,
09:19ils veulent un projet qui leur parle,
09:21ils veulent avoir le sentiment qu'ils sont entendus,
09:23qu'ils sont compris et qu'on va prendre soin d'eux.
09:25Bon pour l'instant, ils auront des gels de budget.
09:27C'est ce qui est prévu aujourd'hui, cet après-midi.
09:30Le gouvernement aujourd'hui avec le ministre des Comptes publics
09:32qui doit présenter les détails des 3,2 milliards d'euros de gel de crédit.
09:36Merci beaucoup Agnès Pannier-Renachelle
09:37qui est venue ce matin dans la matinale de l'économie.
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