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  • il y a 6 minutes
Lionel French Keogh, directeur commercial de Chery, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 25 mars. Ils se sont penchés sur le lancement du groupe Chery sur le marché français en introduisant le modèle Jaecoo, une opportunité pour les consommateurs d’acheter un véhicule neuf, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin à 7h44 sur BFM Business et sur AMC Live, c'est Lionel Frenschko.
00:04Bonjour, vous êtes désormais directeur commercial de Sherry, premier exportateur automobile chinois.
00:10Vous étiez auparavant chez Hyundai, on vous avait reçu à l'époque, vous avez travaillé chez Volkswagen, chez Kia, chez
00:17Nissan.
00:17Et donc désormais dans le groupe chinois Sherry, alors je le rappelle quand même Sherry, 2,8 millions de véhicules
00:24dont la moitié est vendue hors de Chine.
00:26Il y a déjà pas mal de véhicules qui sont vendus en Europe et donc l'objectif c'est le
00:31développement en France à travers vous.
00:33Vous m'avez dit juste avant la pub, une équipe de 50 personnes, donc la réflexion est déjà bien entamée.
00:39Vous allez attaquer le marché français, par quel biais ?
00:42En fait, effectivement on a créé une équipe de 50 personnes pour pouvoir lancer proprement la marque sur le marché
00:46français.
00:47En fait ce qu'on veut arriver à faire en introduisant Moda Djeku pour commencer sur le marché français,
00:51c'est finalement redonner l'opportunité aux gens d'acheter un véhicule neuf alors qu'ils ont perdu cette opportunité.
00:56Quand je prends un peu de recul, le marché français historiquement c'est autour de 2 millions de voitures,
01:01j'irais jusque à la période du Covid, et depuis quelques années maintenant c'est plutôt 1,6 millions, 1
01:05,5 millions.
01:06Et quand je regarde le prix moyen de vente d'un véhicule neuf, avant le Covid on avait un prix
01:11autour de 25 000 euros en moyenne,
01:12et après Covid on est plutôt sur des prix autour de 35 000.
01:15Ce qui veut dire qu'aujourd'hui en fait, il y a une partie de la population qui n'a
01:18plus accès à un véhicule neuf,
01:20et ce qui est assez paradoxal c'est qu'il y a toujours cette envie de pouvoir se déplacer de
01:23manière autonome et de manière indépendante.
01:25Donc l'arrivée de Cherry, elle doit vraiment servir à redonner l'accès à un véhicule neuf à cette clientèle
01:30-là,
01:30de manière à ce qu'effectivement on puisse avoir une capacité à se déplacer sur le marché de manière complètement
01:37libre.
01:37Donc ça veut dire pas de la grosse berline, plutôt de la citadine ?
01:40Ça veut dire surtout en fait d'arriver à délivrer des véhicules qui correspondent à ce que les Français attendent,
01:45de l'hybride, du SUV, parce que c'est aujourd'hui évidemment la demande,
01:50avec des produits qui sont très techno, puisqu'aujourd'hui les constructeurs chinois sont finalement des leaders en termes de
01:54technologie,
01:54mais à un prix qui est bien plus abordable.
01:57Parce que si je donne des comparaisons, on va lancer des véhicules qui sont dans la même catégorie qu'un
02:01Nissan Juke,
02:02ou qu'un Renault Austral, etc.
02:04ou un Peugeot 3008 par exemple, mais avec des tarifs qui vont être 10 à 15 000 euros moins chers.
02:10Donc des véhicules qui techniquement seront meilleurs, de bonne qualité et plus abordable.
02:15C'est vraiment la raison d'être et la raison d'arriver sur le marché français du groupe Cherry et
02:19des marques Moda Djeco.
02:20Avec un écart de prix, quand vous me dites quand même 10 à 15 000 sur un modèle similaire,
02:24qui permet franchement d'aller au-delà des questions européennes de bonus-malus,
02:29au-delà de la question de droits de douane, c'est-à-dire que l'écart est tellement fort
02:33qu'en fait, malgré ce que peut mettre en place l'Europe, c'est compétitif.
02:38C'est vrai qu'on paye, on va dire, les droits de douane comme tous les biens chinois qui sont
02:42importés sur le marché européen.
02:43On parle de 10% si on parle des voitures hybrides.
02:45Mais c'est vrai que malgré ça, on arrive à avoir une compétitivité de nos produits
02:49qui est bien meilleure que la plupart de nos concurrents,
02:52avec une technologie qui elle aussi est une technologie leader sur l'hybridation ou sur l'hybride rechargeable.
02:59Ce qui nous permet, encore une fois, d'être très optimistes quant à la capacité de la marque à s
03:03'introduire sur le marché français.
03:04Et ça ne sera pas des véhicules 100% électriques ?
03:07C'est un choix hybride et hybride rechargeable parce que justement on demande du contenu local européen
03:12et que ça pourrait du coup vous revenir plus cher ?
03:15Ou c'est un choix parce que la demande pour le véhicule électrique n'est pas encore là en Europe
03:19?
03:19C'est vraiment un choix qui est lié à la demande.
03:21C'est-à-dire qu'effectivement, quand on regarde ce qui se passe sur le marché français et sur le
03:24marché européen,
03:24la croissance du marché, elle se fait sur l'hybride classique, on va dire,
03:28parce que c'est une technologie qui est plus vertueuse d'un point de vue écologique,
03:31mais aussi parce que c'est une technologie sans contraintes.
03:33Je n'ai pas besoin de brancher mon véhicule.
03:35Donc c'est vrai que c'est finalement une transition vers l'électrification qui est plus simple pour les gens
03:39et c'est la raison pour laquelle on a décidé de démarrer notre lancement sur le marché français avec ces
03:43technologies.
03:44Alors concrètement, est-ce qu'à un moment donné, vous réfléchissez à produire en Europe ou en France ?
03:48Alors, ça fait évidemment partie du cahier des charges du groupe.
03:51On a déjà repris l'usine Nissan de Barcelone,
03:55où là on va commencer la production de véhicules localement.
03:58Et le groupe continue à investiguer en Europe
04:02la possibilité d'étendre sa capacité de production sur ce marché-là.
04:06Mais ça sera de la production de A à Z, du boulon jusqu'au roux, le véhicule entier,
04:10ou ça sera juste des morceaux, de l'assemblage ?
04:12Non, ça ne sera pas de l'assemblage, ça sera vraiment une production qui sera locale.
04:15Avec la R&D qui serait en France ?
04:17Absolument.
04:18Donc ça, c'est effectivement une annonce qu'on a faite il y a quelques jours maintenant.
04:22On a décidé d'avoir un centre de R&D en France.
04:24Pourquoi on a choisi la France ?
04:25Et c'est évidemment un message important.
04:28Ce centre de R&D, il va avoir pour mission principale de construire une citadine.
04:33Pourquoi une citadine ?
04:34Parce que ça reste aujourd'hui, en France comme en Europe,
04:37un segment du marché qui est extrêmement important.
04:40Et la France a été choisie parce que la France est le pays de la citadine.
04:44Et finalement, de manière assez humble,
04:45le groupe a décidé de venir apprendre sur le marché,
04:49qui est marché référence, la France,
04:50pour pouvoir développer un véhicule qui soit le plus adapté possible au marché français.
04:54Et ça ne sera pas un véhicule chinois qui est déjà vendu en Chine ?
04:57Ça sera un véhicule fait pour l'Europe ou pour la France ?
05:00Complètement.
05:00Ça sera un véhicule qui sera pensé pour le marché français, pour le marché européen,
05:05et qui ne sera pas simplement la transposition d'un véhicule fabriqué en Chine,
05:09qu'on adapterait à la réglementation ou des idératas à des clients français et européens.
05:13Vous connaissez par cœur le marché de la distribution de l'automobile.
05:16C'est bien pour ça qu'ils sont venus vous chercher, évidemment.
05:18Vous aurez des concessionnaires classiques, vous partagerez des concessions.
05:21C'est quoi votre vision de la distribution ?
05:23Sur le marché français, au moment du lancement, on aura 70 points de vente.
05:28L'objectif, à terme, c'est qu'on en ait 130.
05:30Et l'année prochaine, 200.
05:32200, ça nous permet de couvrir le territoire à peu près dans son intégralité.
05:35C'est-à-dire que le temps de trajet entre le domicile de n'importe quel Français
05:39et une concession sera de l'ordre de 40 minutes.
05:41Vous ne voyez pas un développement de l'électrique qui débute ?
05:45Quand on voit le prix de l'essence qui augmente, ce pic qui est pris,
05:49il y a quand même un petit frémissement en Europe.
05:53C'est évident qu'on voit bien qu'il y a une évolution de la manière
05:57dont les gens consomment les véhicules de manière générale.
06:00L'électrification, évidemment.
06:01Le choix qu'on a fait, nous, c'est qu'on n'aura pas du tout de technologie thermique.
06:06Donc, on n'aura pas de véhicules qui ne seraient pas électrifiés.
06:08Donc, ça sera hybride, hybride en rechargeable dans un premier temps.
06:11On arrive avec aussi des hybrides en rechargeable qui sont très techno,
06:16dans le sens où on a des autonomies de l'ordre de 100 km en full électrique,
06:20mais aussi, finalement, une consommation d'essence quand le véhicule a une batterie qui est déchargée,
06:25qui est de l'ordre de 6 litres.
06:26Donc, on a des véhicules qui sont finalement très peu consommateurs d'essence
06:29quand ils sont déjà déchargés,
06:31mais qui restent finalement accessibles en 100% électrique avec les hybrides en chargeable.
06:36On a la techno électrique dans nos cartons.
06:38Donc, c'est vraiment pour nous une question de choix stratégique à un moment donné.
06:41Vous attendez un basculement de la demande.
06:42On regarde effectivement comment la demande va évoluer
06:46et le moment où on va introduire ces véhicules,
06:47parce qu'encore une fois, on les a au portefeuille.
06:49Comment vous regardez la révolution poussée par la Chine sur le véhicule électrique notamment,
06:54mais sur l'ensemble du secteur automobile ?
06:57Vous venez de Hyundai, vous avez connu toute l'évolution des voitures japonaises,
07:01maintenant, c'est les voitures chinoises.
07:02Vous regardez ça comment ?
07:04En fait, d'abord, j'ai discuté longtemps avec le groupe Chéri avant d'arriver,
07:08mais au-delà de ça, j'ai fait il y a quelques jours ma première visite en Chine.
07:11Donc, je n'étais jamais allé en Chine et c'est assez troublant, on va dire,
07:16la capacité d'écoute, la capacité de datation et la réactivité.
07:19C'est-à-dire qu'ils produisent, le groupe produit de nombreux véhicules
07:23avec de nombreuses marques en Chine.
07:24Quand je suis allé voir les ingénieurs, ils m'ont dit
07:27« De quoi tu as besoin pour entrer sur le marché français ? »
07:31En termes de taille de voiture, en termes de technologie, en termes d'équipement, etc.
07:35Donc, je leur ai dit « Voilà, j'ai besoin de tout ça sur telle catégorie. »
07:3848 heures plus tard, il y a des gens qui sont revenus en me disant
07:40« Voilà, on a pensé à ça, on va faire ça, etc. »
07:42Donc, c'est impressionnant, réellement impressionnant.
07:45En rapidité d'exécution.
07:47Oui, et en capacité d'écoute.
07:48Parce qu'il y a aussi ça, cette volonté d'arriver sur un marché.
07:51Le marché français, c'est probablement le marché le plus exigeant en Europe.
07:54Donc, il faut arriver avec humilité, chercher à comprendre comment on peut y entrer.
07:57Et c'est vrai qu'il y a cette écoute, il y a cette humilité,
07:59mais il y a aussi cette capacité à s'adapter et à réagir très rapidement.
08:02Et vous avez l'impression qu'on prend mal en Europe ?
08:06On se trompe un peu vis-à-vis de la stratégie qu'on met vis-à-vis de la Chine
08:10à vouloir mettre en place des barrières douanières, à se protéger ?
08:15Disons que la problématique, c'est qu'on a regardé, quand on regarde dans l'histoire,
08:18finalement, ce qui s'est passé dans l'industrie automobile.
08:20Vous parliez tout à l'heure des constructeurs japonais.
08:22Il y a quelques années en arrière, les constructeurs japonais aussi étaient pointés du doigt.
08:26Il y avait des quotas.
08:27Ils n'avaient pas le droit de rendre plus de 3% de leur volume en Europe.
08:29Les choses ont évolué, les constructeurs européens se sont adaptés
08:32et les constructeurs japonais ont commencé à fabriquer en France, en Europe.
08:36Il va se passer certainement la même chose avec les constructeurs chinois
08:38qui commencent à s'installer en Europe
08:40et qui vont devenir des concurrents, je dirais, normaux des constructeurs européens
08:43avec des constructeurs européens qui, eux, vont réagir, vont s'adapter
08:46parce que ça fait partie aussi de la vie normale d'une entreprise.
08:49Il y a une question que je me pose quand même sur votre carrière,
08:51parce que vous n'avez, vous, jamais travaillé chez un constructeur français,
08:54vous êtes toujours chez les constructeurs étrangers.
08:56C'est-à-dire qu'à partir du moment où on a commencé, c'est fichu,
08:59on doit toujours aller vers les constructeurs étrangers.
09:01C'est un choix ?
09:02Pourquoi vous avez cette ligne-là de constructeurs étrangers ?
09:06En fait, c'est simplement parce que quand on travaille
09:10chez des importateurs, constructeurs étrangers,
09:12en fait, on a très souvent une capacité de manœuvre
09:16qui est bien plus importante que quand on travaille dans un constructeur domestique.
09:19On a donc un champ de responsabilité qui est plus large
09:22et ça donne des jobs, pour moi, à titre personnel,
09:24qui sont bien plus passionnants, bien plus motivants.
09:26Et c'est la raison pour laquelle je suis là aujourd'hui.
09:29C'est effectivement, lancer plusieurs marques sur le marché français
09:32en partant de zéro comme une start-up, finalement.
09:34Être une start-up automobile, c'est un projet incroyable.
09:37Et le faire avec l'appui du premier exportateur de voitures chinois au monde,
09:42c'est aussi une forme de réassurance pour moi.
09:44C'est une grosse start-up.
09:45Merci beaucoup d'être venu ce matin, Lionel Franchot,
09:48directeur commercial de Chérie.
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