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Le prix de l'essence flambe, et le gouvernement cherche des solutions ! Face à la hausse record des carburants, notamment le gasoil à 2,25€ et le sans-plomb 95 à 2€, une aide ciblée pour les automobilistes est envisagée. Mais comment concilier l'urgence de la fin du mois et la lutte contre le réchauffement climatique ?
Alors que les aides sectorielles ont déjà été annoncées pour la pêche et l'agriculture, le ministre Sébastien Lecornu évoque de nouvelles mesures pour ceux qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture. Il s'agit de préserver le pouvoir d'achat, tout en appelant à une prise de conscience sur la dépendance aux énergies fossiles.
Au-delà des mesures d'urgence, l'enjeu est de repenser notre mobilité. L'électrification des véhicules et le développement des transports en commun sont des pistes essentielles pour se libérer du pétrole et assurer notre indépendance énergétique. Cette crise est-elle l'occasion de transformer notre économie en profondeur ?
#PrixCarburant #CriseÉnergétique #TransitionÉcologique
Alors que les aides sectorielles ont déjà été annoncées pour la pêche et l'agriculture, le ministre Sébastien Lecornu évoque de nouvelles mesures pour ceux qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture. Il s'agit de préserver le pouvoir d'achat, tout en appelant à une prise de conscience sur la dépendance aux énergies fossiles.
Au-delà des mesures d'urgence, l'enjeu est de repenser notre mobilité. L'électrification des véhicules et le développement des transports en commun sont des pistes essentielles pour se libérer du pétrole et assurer notre indépendance énergétique. Cette crise est-elle l'occasion de transformer notre économie en profondeur ?
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00:00...
00:09Bienvenue dans les informés de France Info, nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité du jour en
00:15compagnie de Renaud Delis.
00:16Bonjour Renaud.
00:17Bonjour Benjamin.
00:17Et nous sommes ce matin avec Roselyne Fèvre, chef du service politique de France 24, et Jean-Rémi Baudot, chef
00:22du service politique de France Info.
00:23Bonjour à vous deux.
00:24Bonjour.
00:24Quel plaisir.
00:25Et ce matin, partagé, et ce matin Renaud, on reparle du sujet qui est sur toutes les lèvres en ce
00:30moment, le prix de l'essence, du gasoil, 2,25€ pour le gasoil en moyenne, 2€ pour le sans-plomb,
00:35on le rappelle, sans-plomb 95, et ça ne tourmente pas que les Français.
00:39Et non, le gouvernement aussi commence à s'en inquiéter, Sébastien Lecornu en particulier, le gouvernement plutôt jusqu'à présent
00:44parcimonieux avec l'argent public justement pour aider face à cette crise.
00:48Alors, on le sait, vendredi dernier, le Premier ministre a déjà annoncé des aides sectorielles, la pêche, l'agriculture, etc.,
00:53des aides d'un montant total de 70 millions d'euros pour le mois d'avril.
00:57Mais hier, Sébastien Lecornu, en déplacement à Bordeaux, a évoqué aussi la perspective d'aide qui pourrait être annoncée en
01:04début de semaine prochaine pour les Français, dit-il, qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler et qui
01:08méritent sans doute une aide ciblée.
01:10Les propos du Premier ministre hier.
01:13Je suis favorable à ce qu'il y ait des aides ciblées, donc des ministres ont reçu un certain nombre
01:17de commandes pour me faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine.
01:20On n'abandonnera personne, mais on ne dépensera pas de l'argent qu'on n'a pas.
01:24Et on sait qu'il n'y a pas beaucoup d'argent dans les caisses publiques, il n'empêche donc
01:26que le Premier ministre envisage de nouvelles aides ciblées pour justement venir en aide aux automobilistes
01:32et pour essayer de conforter, de préserver leur pouvoir d'achat face à cette flambée des prix des carburants.
01:37Ça, ce sont des mesures d'urgence qui peuvent être compréhensibles au regard des difficultés traversées par certains, mais à
01:42plus long terme, il y a un autre enjeu que soulève évidemment cette nouvelle crise pétrolière,
01:46c'est notre dépendance née aux énergies fossiles. Alors, que faut-il faire à plus long terme pour éviter justement
01:51de se retrouver dans une telle situation ?
01:53Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau, celui qui était votre invité, Benjamin Jean
01:57-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste de l'énergie et du climat.
02:02Ce qu'il faut, c'est décarboner la mobilité, c'est-à-dire éviter que la mobilité soit dépendante du
02:07pétrole.
02:07Et ça, ça passe par l'électrification des voitures, pas que, ça passe aussi par des transports en commun, ça
02:13passe par beaucoup de bus.
02:14Le fond du problème, traiter la cause et pas traiter le symptôme, c'est fondamentalement se débarrasser du pétrole dans
02:19la mobilité des personnes et des marchandises.
02:21Avant-hier, Sébastien Lecornu a d'ailleurs évoqué le fait que d'éventuels surplus fiscaux liés à cette crise, a
02:27-t-il dit,
02:27pourrait être attribué à une accélération du plan d'électrification de l'énergie et des transports.
02:34Comment concilier, on le voit, la fin du mois et la fin du monde, en quelque sorte, c'est-à
02:39-dire cette dépendance des énergies fossiles à réduire d'une part,
02:42mais d'abord les mesures d'urgence envisagées par le gouvernement pour faire face à cette crise et pour secourir,
02:48pour aider les automobilistes.
02:49On va d'abord parler du court terme et du moyen terme. Roselyne Fèvre, est-ce que vous avez le
02:53sentiment que Sébastien Lecornu est en train de se résoudre
02:56au fait de devoir desserrer les cordons de la bourse pour venir aider les Français, justement ?
03:01Il en garde, on va dire, une caisse d'urgence, ou en tout cas il en garde sous le coude,
03:08au cas où effectivement les prix continuent à flamber.
03:11Mais pour moi, c'est un véritable choix qu'il fait, un véritable virage politique, économique, stratégique.
03:19Et au fond, ce qu'il fait et ce qu'il dit, c'est que l'État, tout le monde
03:23le sait, n'a pas assez d'argent pour aider autant qu'avant
03:27et qu'il faut faire de la pédagogie sur l'économie du réel.
03:32C'est-à-dire que quand la foudre tombe, en l'occurrence de la foudre trumpienne, on n'y peut
03:37rien.
03:37Et que, voilà, ça fait 50 ans qu'on vit des chocs pétroliers.
03:42Et deuxièmement, dans le contexte d'aujourd'hui, il faut une bascule vers plus d'investissement,
03:48aller vers l'indépendance énergétique, c'est ce que dit Djankovic aussi.
03:52C'est le moment de transformer l'économie au lieu d'aider, effectivement.
03:58Le moment de transformer, au lieu de colmater, d'aider.
04:01L'État veut investir dans les structures.
04:03Voilà, il fait le contraire, en quelque sorte, de ce que dit Marine Le Pen.
04:08Il fait de l'anti-Le Pen, c'est-à-dire une forme de démagogie.
04:11Pour moi, il vise l'avenir plutôt que le présent immédiat,
04:16où on n'arrête pas depuis des décennies à dépenser de l'argent au coup par coup et au rythme
04:22des crises.
04:23Pourquoi fait-il ça, Jean-Rémi Baudot ? Il essaie de gagner du temps aussi, quelque part ?
04:26Probablement, il essaie de gagner du temps.
04:27Il essaie aussi d'appeler les Français, d'une certaine manière, à la raison.
04:30Et effectivement, d'expliquer dans quel contexte est-ce que tout ça s'inscrit.
04:33On rappelle qu'aujourd'hui, l'État n'a pas beaucoup de manœuvres, de marge de manœuvre budgétaire,
04:39pour le dire de manière un peu polie.
04:41Néanmoins, il y a une réalité économique et une réalité sociale de nombreux Français, comme il le dit.
04:46D'ailleurs, il utilise l'expression de ces Français qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler
04:50et qui méritent sans doute une aide ciblée.
04:52Aide ciblée, c'est une manière de dire, attention, il n'y aura pas d'hélicoptère cette fois.
04:55Ce ne sera pas comme la restante carburant que les LR avaient arrachée en 2023
05:00en négociant le soutien à la réforme des retraites contre 30 centimes à la pompe.
05:05Ça avait coûté 8 milliards d'euros.
05:07J'avais fait le calcul cette semaine.
05:08Si l'État avait dépensé 8 milliards d'euros pour acheter des véhicules électriques,
05:14on aurait acheté 250 000 Zoé.
05:17Il faut se rendre compte que cet argent, en fait, il va directement quand même
05:21dans les caisses de l'Arabie Saoudite, pour le dire très vulgairement.
05:23Donc oui, il y a à la fois une temporisation politique, mais il y a une réalité sociale.
05:27Et il est aujourd'hui difficilement entendable par une grande partie de la population
05:31qu'on n'aide pas par exemple, et je dirais que c'est l'exemple le plus pur et parfait,
05:36les infirmiers et les infirmières libérales qui, sur le terrain et dans tous les territoires de France,
05:42vont au contact des gens qui en ont besoin, qui ont besoin de pansements,
05:45qui parfois font des déplacements pour des actes qui coûtent à la société 2-3 euros
05:49et qui se retrouvent avec des dépenses de carburant qui deviennent très complexes.
05:55Donc il faut...
05:55On pense aussi aux aides à domicile qui vont au contact avec certains départements qui commencent à...
05:59Bien sûr, mais ça c'est la réalité.
06:01Et d'une certaine manière, je pense que Sébastien Lecornu a la compréhension de la réalité du terrain,
06:06mais il a des marges de manœuvre budgétaires et politiques assez réduites.
06:10Ils vont bouger en début de semaine, je pense qu'ils n'ont pas vraiment le choix,
06:12mais ce sera évidemment très ciblé et ce serait une erreur politique que de le faire autrement.
06:16Le risque, Sébastien Lecornu, Renaud Deli, c'est évidemment de creuser le déficit un peu plus.
06:21Bien sûr, Sébastien Lecornu, le vrai, le Premier ministre, est vraiment sur une ligne de crête qui est extrêmement difficile.
06:28D'un côté, on connaît la situation des finances publiques, l'ampleur des déficits.
06:33Le gouvernement, on est presque à se réjouir d'avoir maintenu le déficit à 5,1% en 2025,
06:38alors qu'il redoutait 5,4%.
06:39Enfin, 5,1% de déficit, 5,1% du PIB, c'est énorme, évidemment.
06:44Et la trajectoire, on le sait, va être compliquée à tenir pour résorber ce déficit.
06:48De l'autre côté, sur le plan politique, il y a un vrai problème,
06:50parce que quoi qu'on dise du discours de Marine Le Pen,
06:53qui a effectivement un caractère démagogique évident,
06:56la baisse des taxes massives, le TVA avec ce que ça coûterait,
07:00le mathématicien Jean-Rémi Bedeau a rappelé l'impact de la fameuse ristourne carburant
07:04qui avait été accordée il y a maintenant un peu plus de deux ans.
07:08C'est un discours qui est très audible par les Français qui sont en difficulté,
07:11qui ont des problèmes de fin de mois, qui ont besoin absolument de leur voiture pour travailler,
07:16par exemple, et qui voient bien l'explosion spectaculaire des prix des carburants
07:20depuis quelques semaines à chaque fois qu'ils passent à la pompe.
07:23Et toute la difficulté de Sébastien Lecornu, c'est à la fois d'essayer de répondre à cette urgence
07:27en termes de pouvoir d'achat, et pour l'instant, c'est avec le gouvernement,
07:30j'allais dire, un peu de retard à l'allumage, y compris dans la pédagogie d'ailleurs,
07:34parce que Sébastien Lecornu, il communique peu, il a un peu parlé hier,
07:36mais il faut rappeler que depuis qu'il a Matignon, si je ne me trompe pas,
07:38il n'a pas fait une seule matinée à la radio, il a fait un bref passage sur un journal
07:42de 20 heures,
07:43et il y a un problème, je pense que dans un contexte de crise,
07:46tel que celui que nous traversons actuellement, et qui touche à la vie quotidienne des Français,
07:51il y a peut-être un problème de communication aussi en termes de pédagogie.
07:54Mais il communique depuis le terrain à chaque fois.
07:57Mais je trouve qu'il fait un choix, il fait un véritable virage,
08:02et un basculement stratégique.
08:06Sauf qu'avant-hier, il disait qu'il fallait attribuer les surplus fiscaux,
08:09les éventuels surplus fiscaux, ce qui prouve qu'il y en a peut-être bien,
08:15à l'accélération du plan d'électrification.
08:18Ce que je veux dire, c'est que c'est une ligne de crête qui est très difficile à tenir,
08:20et que je ne conteste pas, entre à la fois les urgences de la fin du mois,
08:24et puis les nécessités d'anticiper, entre guillemets, à la fin du monde,
08:27quand on voit que ces crises énergétiques, elles se reproduisent tous les deux ou trois ans.
08:31C'était le cas avec la guerre en Ukraine il y a quelques années.
08:33Avant d'entendre Jean-Rémy et Roselyne, vous vouliez ajouter quelque chose au propos de Grenaud ?
08:35Non, mais je crois que ce plan sur l'avenir, je ne sais pas s'il a tort ou a
08:39raison,
08:40mais quand on regarde par exemple, pour citer Trump, les méchants chinois,
08:45qui eux, dans leur 15e congrès, ont une vision pour l'avenir avec effectivement des recherches,
08:53des investissements incroyables sur l'électrique, surtout sur le verre, sur l'IA, etc.
09:01Et nous, on passe effectivement notre temps à distribuer l'argent,
09:06ce qui est bien, ce qui est un modèle social particulier, ce qu'on appelle le modèle français,
09:11mais aujourd'hui, avec ce qui se passe, je pense que ce que nous dit Sébastien Lecornu,
09:18c'est que tout ça appartient au passé et qu'il faut investir dans l'avenir pour éviter d'être
09:22à la queue le leu.
09:23On a un retard qui est abyssal.
09:25Prenez des pays comme par exemple des pays du nord de l'Europe,
09:28qui ont une électrification massive de leur parc automobile,
09:32eux, ils se permettent par exemple de donner des aides aux carburants,
09:37parce qu'ils ont de moins en moins de véhicules,
09:39donc finalement l'équilibre a basculé de l'autre côté.
09:41Nous, on a énormément de retard.
09:43Les aides à l'achat de véhicules électriques se sont réduites,
09:48les aides notamment locales.
09:49Il y a la Cour des comptes qui mettait en avant par ailleurs,
09:52et ça c'est aussi pour la question des aides ciblées,
09:53qu'un tiers des aides aux véhicules vont à des ménages qui sont déjà relativement aisés.
09:58Sur un véhicule à 50 000 euros, qu'on vous donne 1 000 euros pour acheter une Tesla,
10:02pour ne pas citer de marque, peut-être est-ce que ça ne change rien ?
10:06Alors que ces 1 000 euros, ils vont aider peut-être le ménage qui va s'en acheter une à
10:1115 000 euros.
10:12Vous voyez que c'est quand même aussi des choix politiques,
10:14et qui ces dernières années, il y a eu des impulsions, ça c'est vrai, c'est la vérité,
10:17mais on est resté un petit peu au milieu du truc,
10:21et aujourd'hui l'électrification elle est massive,
10:23je reprends juste pour l'exemple des infirmières libérales sur le terrain,
10:28on peut dire, on va vous aider à acheter un véhicule électrique et tout ça,
10:31mais ce ne sera pas tout de suite.
10:32Et donc là il y a une urgence qui est, c'est 2,50 euros à la poule.
10:36Juste sur la réactivité du gouvernement, est-ce qu'on n'a pas l'impression, Jean-Rémi,
10:40aujourd'hui que justement Sébastien Lecornu joue la montre,
10:42peut-être parce que les Français se sont quelque part habitués à souffrir,
10:46justement il y a eu la crise des gilets jaunes,
10:48parce que le contexte n'est pas le même.
10:491,50 euros le litre, il y avait des gens partout sur les ronds-points,
10:52aujourd'hui 2,50 euros, on a l'impression qu'il y a une forme d'attentisme,
10:56ou en tout cas on se dit, on va voir comment ça va tourner.
10:58Faites bien de rappeler à combien était le carburant au moment de la crise des gilets jaunes,
11:021,50 euros à la pompe à l'époque, et c'était déjà beaucoup.
11:05Il y avait à l'Écope, on le rappelle, une taxe carbone qui avait fait augmenter les prix,
11:08et en plus une convergence des taxes entre le gasoil et l'essence.
11:12On voit qu'aujourd'hui on est aussi passé par un certain apprentissage de la sobriété,
11:16on le voit dans les chiffres, les gens qui se disent,
11:17peut-être que mon week-end de Pâques je ne vais peut-être pas partir.
11:19Il y a un sondage Elab qui est sorti ce matin,
11:21qui montre que 8 Français sur 10 renoncent déjà à des dépenses de consommation,
11:26de sortie, etc.
11:27Donc oui, c'est un petit peu déjà un peu anticipé,
11:30mais ça ne veut pas dire que la goutte d'eau ne peut pas déborder.
11:34La seule peut-être chose qui change, c'est qu'on est dans un contexte international
11:37qui est extrêmement éruptif, les gens voient que la guerre est à notre porte,
11:40et que historiquement, empiriquement, on voit que quand il y a des contextes compliqués,
11:45il y a moins de révoltes, il y a plus de révoltes quand ça va bien, pour dire les choses.
11:48Renaud ?
11:48Là, le problème, là vous avez raison, c'est qu'on est très dépendant d'un contexte international
11:52qui est quasi illisible, et à mesure que Donald Trump parle d'ailleurs,
11:55on comprend un peu moins dans quelle direction on va.
11:57C'est-à-dire que tout tient au fameux blocage du T3 d'Ormouz.
12:01Si celui-ci se prolonge pendant encore des semaines, c'est sûr que la facture va s'alourdir,
12:04et que la situation va être beaucoup plus compliquée sur le plan politique
12:07et financier pour le gouvernement.
12:09Mais juste un point, vous évoquiez le fait qu'on a réduit, en quelque sorte,
12:14qu'on est revenu en arrière sur certains objectifs en matière de transition écologique.
12:19C'est vrai, mais je pense que Jean-Marc Jancovici, votre invité tout à l'heure,
12:23avait raison de récuser l'idée d'un backlash écologique, d'un retour de bâton écologique,
12:27parce que je pense que c'est vrai que le gouvernement français, comme d'autres d'ailleurs en Europe,
12:32mais surtout en France, a réduit un peu la voilure sur ce terrain-là,
12:36mais pas pour des raisons idéologiques, plus pour des raisons financières.
12:38C'est-à-dire qu'à chaque fois, c'est parce que la situation des finances publiques
12:41ne lui permettait plus, ces dernières années, de financer à hauteur de ce qu'étaient les objectifs
12:45posés par des textes adoptés il y a quelques années,
12:47un certain nombre de financements, de dépenses pour cette transition écologique.
12:52Donc c'est bien pour ça que le rétablissement des comptes publics,
12:55c'est aussi une garantie d'indépendance, évidemment, du pays,
12:58une indépendance sur le plan économique, et aussi une indépendance stratégique,
13:01y compris pour réussir la transition écologique.
13:03Ça coûte cher, c'est indispensable, mais ça coûte cher.
13:06Un dernier mot sur les conséquences de cette crise,
13:09que l'on peut déjà anticiper en matière de retour d'inflation,
13:13est-ce que, Roselyne Fèvre, le gouvernement va devoir présenter un nouveau budget,
13:17en tout cas l'amender ?
13:18Le budget qui a été voté la dernière semaine ?
13:21Oui, il en a été question ces derniers jours, ces dernières semaines.
13:23Oui, oui, oui, en fonction de la situation économique.
13:26Si les choses s'aggravent, forcément, il y aura peut-être des...
13:30Ça fait longtemps qu'on n'a pas débattu du budget.
13:32C'est vrai, ça nous manquait.
13:33Ça commence à nous manquer, on va faire un combat sur un collectif budgétaire.
13:36Oui, oui, oui, moi je suis assez...
13:38Jean-Dami, en parlant du budget, il faut donner un rendez-vous à nos auditeurs,
13:41à nos téléspectateurs, à la mi-journée.
13:42David Amiel, le ministre des Comptes Publics,
13:44viendra sur France Info à midi 10.
13:48Pour parler de cette fameuse cagnotte, y a-t-il un surplus ?
13:51Les oppositions disent que peut-être il y a 2 à 3 milliards d'euros.
13:54Si je faisais de manière un peu triviale, vous savez,
13:56comme ces articles sur Internet, la fin va vous surprendre.
13:59Ce sera peut-être bien moins que ça.
14:01Ministre des Comptes Publics et ministre de l'Action aussi.
14:03C'est ministre de l'Action.
14:04Rendez-vous tout à l'heure à midi 10.
14:06Roselyne Fèvre, Jean-Rémi Baudot, vous restez avec nous.
14:08On vous retrouve dans un instant pour la suite des informés avec Renaud Delis.
14:11On va parler de cette réforme constitutionnelle
14:13sur le statut de la Nouvelle-Calédonie
14:15qui est dans l'impasse.
14:16Ce sera après le rappel de l'actualité.
14:18En une minute avec Diane Ferschit, il est 9h20.
14:21Sébastien Lecornu l'assure, il n'y a pas de pénurie de carburant en France.
14:24Le Premier ministre qui dit envisager de nouvelles aides ciblées
14:27en début de semaine prochaine
14:28pour contrer la hausse des prix du pétrole.
14:30Ce matin, le baril de brut reste au-dessus des 100 dollars
14:33alors que la guerre en Iran se poursuit.
14:35Avec la question du détroit d'Hormuz,
14:38les pays du Golfe réclament à l'ONU de pouvoir le libérer
14:41en faisant usage de la force.
14:43L'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU
14:45contre toute action provocatrice.
14:47Un plan d'action à 20 millions d'euros
14:50pour le périscolaire à Paris.
14:51Dans le journal Le Monde,
14:53le nouveau maire de la capitale, Emmanuel Grégoire,
14:55promet plus de transparence envers les familles.
14:57Alors que l'an dernier, à Paris,
14:59ses animateurs suspectés de faits à caractère sexuel
15:01ont été suspendus.
15:03Dans les Ardennes, l'adolescente de 15 ans
15:05et son petit ami, suspecté du meurtre des grands-parents
15:07de la jeune fille, sont mis en examen
15:09et placés en détention provisoire pour assassinat.
15:12Tout d'un reconnu les faits.
15:14Ils encourt 20 ans de réclusion criminelle.
15:17Le début des vacances de printemps
15:19pour la zone A
15:20et le premier week-end prolongé,
15:22week-end de Pâques à partir de ce soir.
15:24Ils ont flûté voie rouge dans le sens des départs
15:26sur les routes en Ile-de-France
15:27et en Auvergne-Rhône-Alpes.
15:31France Info
15:33Les informés
15:35Renaud Delis
15:37Benjamin Fontaine
15:40Les informés, deuxième et dernière partie
15:42en compagnie de Jean-Rémi Baudot,
15:43chef du service politique de France Info
15:44et Roselyne Fèvre,
15:46chef du service politique de France 24.
15:48On en vient à notre deuxième débat, Renaud.
15:49La réforme constitutionnelle
15:51sur le statut de la Nouvelle-Calédonie
15:53est dans l'impasse
15:54et il y a des craintes évidemment
15:56de nouvelles violences dans l'Ile.
15:57Les députés ont enterré hier
15:58au moins provisoirement en tout cas
16:00cette réforme constitutionnelle
16:02sur le statut de la Nouvelle-Calédonie
16:03parce qu'ils ont adopté
16:04donc une motion de rejet
16:06qui a repoussé le texte
16:08avant même que les députés
16:09commencent à en débattre
16:10et notamment des 3000,
16:11plus de 3000 amendements
16:12qui étaient portés sur ce texte.
16:15Ce sont d'un côté
16:16le Rassemblement National
16:16et d'autre côté la gauche
16:17qui ont voté cette motion de rejet
16:19donc pour écarter ce débat.
16:22Quelles en seront les conséquences
16:24juste avant ce vote ?
16:25La ministre des Outre-mer,
16:26Naïma Mouchou,
16:27mettait en garde justement
16:28les députés
16:29à la tribune de l'Assemblée Nationale.
16:32Cette motion,
16:32si elle était adoptée,
16:35et il faut que nous le disions
16:36très clairement,
16:37elle aura une conséquence
16:38très simple et très lourde,
16:40elle nous ramène au point mort.
16:41Et donc elle nous ramène
16:42des années en arrière
16:44et ça c'est tout
16:45sauf une bonne nouvelle
16:46pour le territoire.
16:48Et elle a donc été adoptée.
16:50Alors retour au point mort,
16:51comme le dit la ministre
16:52des Outre-mer,
16:53soulignons que ce texte a donc été,
16:55cette motion de rejet
16:56a été défendue
16:56par le député indépendantiste
16:58Emmanuel Chibaou
16:59et qu'elle a donc rallié
17:00à la fois ceux à gauche
17:02qui voyaient dans cette réforme
17:04constitutionnelle,
17:05en tout cas,
17:05et qui voient toujours
17:06dans cette réforme constitutionnelle,
17:08l'abandon de la perspective
17:09de l'indépendance
17:10de la Nouvelle-Calédonie
17:11et une forme d'assimilation
17:12à la France.
17:13Et de l'autre côté,
17:13Marine Le Pen et la Ration nationale
17:14qui voient exactement l'inverse,
17:16qui au contraire disaient
17:17que c'était un premier pas
17:18qui menaçait l'unité nationale.
17:20Rappelons aussi que ce texte
17:22a été adopté en première lecture
17:23au Sénat,
17:23ce qui fait que le Sénat
17:24peut encore évidemment
17:25s'en emparer en seconde lecture,
17:27sauf qu'un projet de loi
17:28de réforme constitutionnelle
17:30nécessite pour être adopté
17:31d'être adopté
17:32dans les mêmes termes
17:33par les deux chambres,
17:34l'Assemblée nationale
17:35qui donc n'en veut pas
17:37et le Sénat.
17:37Voilà pourquoi ça coince.
17:38On va peut-être rappeler,
17:39Jean-Rémi,
17:39ce qu'il y a dans ce projet de réforme.
17:41Alors, ce projet de réforme,
17:42c'est ce qu'on appelait
17:43les accords de bougival
17:44qui ont été complétés
17:44par d'autres accords
17:45qu'on avait appelés
17:46les accords Élysée-Oudino.
17:47Ça paraît un peu loin,
17:49ça paraît technique.
17:50Trois grands points.
17:51Ça crée un état
17:54de Nouvelle-Calédonie
17:54au sein de la République française
17:56avec éventuellement
17:57de nouvelles compétences,
17:58notamment des compétences régaliennes.
18:00Ça crée une nationalité calédonienne
18:02et ça changeait la question
18:03du corps électoral
18:04pour les élections locales.
18:05Il faut avoir en tête
18:07qu'aujourd'hui,
18:08le droit de vote
18:09est réservé aux personnes installées
18:11avant 1998
18:12et alors descendants.
18:14Et ça, c'est un point
18:15évidemment de...
18:16de crispation.
18:17Ce qu'il y a derrière tout ça,
18:19c'est évidemment
18:19des enjeux d'indépendance
18:21et on voit que,
18:22par exemple,
18:22aujourd'hui,
18:23à l'Assemblée nationale,
18:24vous avez deux députés,
18:27Emmanuel Thibaut
18:28qui est indépendantiste,
18:30communiste,
18:30et Nicolas Mezdor
18:32qui est non-indépendantiste
18:34et lui qui est matroniste.
18:36Et on voit
18:36qu'ils ne sont pas
18:36sur la même ligne
18:37et ça met finalement
18:38en lumière
18:39le fait qu'il n'y a pas
18:40de consensus
18:40au sein du Parlement.
18:43Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
18:44Oui, c'est un petit peu
18:45le point mort
18:45et on pourrait même dire
18:46qu'il y a un signal politique
18:48qui est quand même
18:48un peu particulier
18:49de rejeter.
18:50Une motion de rejet,
18:50ça veut dire quoi ?
18:51Qu'on explique à nos auditeurs,
18:52à nos téléspectateurs.
18:53Ça veut dire qu'avant même
18:54de discuter le texte,
18:55on arrête tout.
18:56Et d'une certaine manière,
18:57il y a une forme
18:58de mépris autour du dialogue
19:00qui peut se passer
19:00dans un hémicycle
19:01quand, à ce moment-là,
19:04on dit,
19:04on ne va même pas discuter.
19:06Ce texte ne mérite pas
19:06qu'on discute
19:07alors que c'est issu
19:08de dialogue,
19:09de discussion.
19:10Ce n'est peut-être pas parfait
19:11et encore une fois,
19:11je ne suis pas le promoteur
19:12du texte,
19:12mais la symbole politique
19:14est assez particulière.
19:16Sébastien Lecornu,
19:16d'ailleurs,
19:17a déploré ce vote,
19:18Roselyne Fèvre,
19:19mais il assure
19:20que l'exécutif
19:21va prendre ses responsabilités,
19:23qu'il n'est ni dans
19:24l'immobilisme,
19:24ni dans le passage en force.
19:26Ça veut dire quoi
19:26derrière ce message ?
19:27Ça veut dire qu'il va essayer
19:29de récupérer
19:30et de...
19:32Il y a effectivement
19:33cet impasse absolu
19:34et comment on en sort,
19:36il va falloir trouver
19:37une solution.
19:38Alors, il y avait quand même
19:40Manuel Valls
19:41qui avait quand même
19:41bossé pendant un moment
19:42là-dessus
19:43et il est parti...
19:45Il est parti,
19:46on l'a remercié.
19:47Oui, il est parti,
19:47mais il est parti quand même.
19:50OK, mais quand on travaille
19:51sur un dossier,
19:53peut-être que...
19:53Voilà, il est...
19:54Enfin, j'en sais rien.
19:55Très clairement,
19:56Sébastien Lecornu
19:56et Emmanuel Lecornu
19:57n'en voulait plus.
19:57En tout cas, Sébastien Lecornu,
19:58lui, Emmanuel Valls,
19:59aspirait à rester au gouvernement
20:00et à continuer à travailler
20:01sur ce dossier.
20:02Il aurait vu,
20:03à moins qu'il ait fait
20:03d'immenses bêtises.
20:04Non, mais il a été viré,
20:05très clairement.
20:05Il a été remercié
20:06pour en revenir au sujet.
20:08Oui, pour en revenir au sujet,
20:09je pense que, là encore,
20:11on ne pose pas
20:12les questions cruciales
20:13en France,
20:14sur les débats.
20:15Là, on a eu ce débat
20:16sur l'électrification.
20:17Est-ce qu'on continue
20:18à donner les aides
20:18ou est-ce qu'on continue
20:19à regarder vers l'avenir ?
20:21Là, pour moi,
20:22c'est aussi un débat fondamental
20:24qui n'est pas posé.
20:25C'est,
20:26est-ce que les Calédoniens
20:27ont intérêt
20:28à obtenir
20:29l'indépendance ?
20:31Et deux,
20:32est-ce que la France
20:33a intérêt
20:35à conserver
20:35ce confetti
20:36de l'Empire
20:37dans le Pacifique
20:38et l'abandonner
20:40à l'influence chinoise ?
20:41Parce que c'est ça,
20:42les promesses.
20:43On voit quand même
20:44la jeunesse
20:45qui est radicalisée,
20:47peut-être poussée
20:48par une partie
20:50de la Chine
20:51qui leur dit
20:51bon,
20:52ben voilà,
20:52les promesses,
20:53on va acheter votre nickel,
20:54on va faire du tourisme,
20:55etc.
20:56Donc là encore,
20:57je trouve que le débat
20:58n'est même pas lancé.
20:59C'est ça qui est quand même
21:01dramatique.
21:01On ne lance même pas le débat
21:03et on ne pose pas
21:04le vrai enjeu
21:05qui est dans un monde
21:07où la géopolitique
21:08est quand même
21:10travaillée
21:10par des courants inquiétants.
21:13Est-ce qu'il faut laisser
21:13la place à la Chine ?
21:14Ce qui est doublement tragique,
21:16c'est qu'effectivement,
21:16il y a des intérêts stratégiques
21:17extrêmement importants,
21:18il y a aussi des ingérences
21:19étrangères,
21:19il y a évidemment
21:19l'intérêt des populations
21:20et que ce débat n'est pas lieu
21:21quoi qu'on pense du statut
21:22en question.
21:23C'est tragique parce qu'il faut
21:25se souvenir qu'en 2024,
21:26il y a eu des émeutes
21:26terribles en Nouvelle-Calédonie
21:28qui ont fait au total
21:2914 morts
21:30et qui ont détruit
21:30des pans entiers
21:31de l'économie.
21:32Et enfin,
21:32c'est tragique parce que
21:33c'est un long processus historique
21:34qui a toute une histoire
21:35depuis les accords de Matignon
21:36de Michel Roquet
21:37en 1988
21:38qui mettaient fin
21:39eux-mêmes
21:39à un cycle de violence
21:40puis l'accord de 1998
21:42piloté lui
21:43par Lionel Jospin.
21:44Depuis,
21:44il y a eu un certain nombre
21:45d'étapes justement
21:47qui ont participé
21:48d'un dialogue fragile
21:48mais sans cesse renouvelé
21:49et qui semblent aujourd'hui
21:51être au point mort
21:52avec des risques
21:53d'explosion politique
21:55au moins,
21:55voire pire,
21:56qui réapparaissent.
21:57Donc il y a une urgence
21:58à ce que ce dialogue reprenne.
21:59On va devoir en rester là.
22:01Effectivement.
22:02Merci Roselyne Fèvre,
22:03chef du service politique
22:04de France Info.
22:04Merci Jean-Rémi Baudot,
22:05chef du service politique
22:06de France Info.
22:07Merci Renaud.
22:07Merci à vous Benjamin.
22:08Très bonne journée.
22:08L'info continue sur France Info.
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