00:00Voilà, couvre Wall Street, bien entendu, avec un S&P 500, quasi inchangé, moins 0,03%, 7517 points.
00:09Dow Jones quand même en baisse un petit peu significative, moins 0,45%, on est à 50 418 points.
00:16Mais le Nasdaq continue à avancer, alors grignote quelques points, plus 0,04%, 26 686 points.
00:23Nouveau record absolu, puisque le Nasdaq est vraiment cloué et signe record sur record.
00:28Ce qui nous amène, bien entendu, à notre premier invité, comme d'habitude, on retrouve, c'est notre Peter Tushman
00:34à nous,
00:35notre spécialiste des marchés américains, et oui, c'est John Plassard, cité gestion. Bonjour John.
00:40Bonjour Antoine.
00:41Alors, en préambule, quand même, on avait pas mal de chiffres macroéconomiques cette semaine à regarder,
00:47et bien entendu, on regarde l'inflation PCE.
00:52Comprenez, l'indicateur d'inflation qui est le plus regardé par la Fed pour étalonner sa politique monétaire,
00:58c'est l'indicateur d'inflation qui est lié aux revenus et dépenses des ménages.
01:02Donc vraiment un indicateur direct d'inflation.
01:06A priori, c'est conforme aux attentes.
01:09Parallèlement, on a eu la révision de la croissance américaine du trimestre passé.
01:13Qu'est-ce que ça donne tout ça, John ? Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
01:16Oui, je dirais enfin, Antoine, on a beaucoup, beaucoup parlé d'intelligence artificielle.
01:21On avait envie d'avoir quelques chiffres macroéconomiques parce qu'on sait que les banques centrales se focalisent beaucoup sur
01:27ces chiffres.
01:27Data dependency.
01:29Alors, pour revenir aux chiffres en eux-mêmes, la croissance qui était à 2 lors de la première publication, elle
01:34est à 1,6.
01:35Elle passe en dessous des 2 pour le premier trimestre.
01:38Vous l'avez dit, pour l'inflation des prix PCE.
01:41Eh bien, en glissement mensuel, on est à plus 0,4 % contre, en avril, contre plus 0,7 %
01:49en mars.
01:49C'est un consensus qui était à plus 0,5 %.
01:52C'est-à-dire qu'on est un peu en dessous, mais on a toujours de l'inflation qui est
01:55là.
01:55Ce qu'on regarde beaucoup, c'est le PCE sous-jacent, l'inflation sous-jacente,
02:01qui exclut les produits alimentaires et énergétiques.
02:05Ils ont augmenté de 0,2 %.
02:06Et puis, en glissement annuel, c'est ça qui est assez intéressant parce qu'on a cette inflation globale PCE
02:12qui s'est accélérée pour le deuxième mois consécutif.
02:16On passe de 3,5 % à 3,8 %.
02:19Et 3,8 %, Antoine, c'est exactement le chiffre du CPI.
02:24Vous savez, l'autre inflation à la consommation qui est regardée, c'est quand même son plus haut niveau depuis
02:29mai 2023.
02:31Donc ici, il n'y a pas réellement d'accalmie sur l'inflation,
02:35mais ce n'est pas non plus une surprise ultra alarmiste, en tout cas sur le court terme.
02:41Bon, c'est à retenir.
02:44On va quand même regarder ce qui se passe du côté du Moyen-Orient.
02:48De nouvelles tensions et des banques centrales qui commencent à laisser infuser dans leur discours ce fameux,
02:54on le dit beaucoup, « higher for longer », c'est-à-dire qu'il faut s'habituer à des
02:58prix de l'énergie plus élevés.
02:59C'est un petit peu comme ce qui se passe autour des taux, des cours du pétrole, tout ça est
03:02lié.
03:02Mais cette fois, ça infuse dans le discours des banquiers centraux.
03:06Et ça, c'est à retenir.
03:08Oui, tout à fait.
03:09Et puis on regarde ce qui s'est passé cette nuit.
03:11Des frappes iraniennes sur une base américaine au Koweï,
03:14des frappes israélo-américaines sur des drones iraniens.
03:19Mais on a toujours, apparemment, des discussions diplomatiques.
03:24C'est assez nouveau.
03:26On a des discussions, mais on a des frappes d'une part et d'autre.
03:30Et le prix du baril qui remonte, un peu plus de 2% ce matin,
03:35qui évidemment est lié à cette crainte inflationniste qu'on avait avant.
03:39Donc on arrive dans une situation, en fait, qui est assez étrange.
03:43Et ce n'est pas encore mis assez en avant.
03:47On attend juin où on aura les réunions de la Banque centrale européenne et de la Fed.
03:52Mais comme vous l'avez dit, il y a des problématiques.
03:54Il y a surtout trois problématiques.
03:56La première, c'est les tensions énergétiques.
03:58Évidemment, c'est assez logique.
04:00La deuxième, c'est les risques inflationnistes, on l'a dit.
04:03Et puis la troisième, c'est un risque d'un ralentissement de l'économie mondiale.
04:08Et si on regarde l'Europe, par exemple, où nous sommes, on est dans une situation
04:13où on a de l'inflation qui monte, on a une croissance et des révisions de croissance qui baissent.
04:20Évidemment, ça, c'est un nom dont on n'ose pas le prononcer.
04:26C'est la stagflation, le pire des cauchemars des banquiers centraux.
04:31Alors on n'y est pas encore.
04:32Mais effectivement, ça devient de plus en plus compliqué.
04:36Et on a entendu avant-hier, Isabelle Schnabel,
04:40membre du directoire de la Banque centrale européenne,
04:42qui a dit qu'il faudra monter les taux en juin.
04:44Alors ils ne sont pas tous d'accord, mais effectivement,
04:47une grosse pression sur la réunion, les réunions, je dirais,
04:51des banques centrales en juin prochain.
04:54On passe aux entreprises.
04:57Alors tiens, Meta qui est en train de multiplier ses formules d'abonnement
05:01pour diversifier un petit peu ses modèles.
05:04Oui, c'est intéressant parce qu'en fait,
05:07ils sont en train d'accélérer discrètement leur transformation.
05:12Ils ne veulent plus dépendre uniquement de la publicité.
05:17Et ils sont en train d'aller vers des systèmes un peu plus payants,
05:23je dirais, basés sur des revenus récurrents via des abonnements,
05:27un peu à la Apple.
05:28Alors il ne faut pas le dire trop fort parce qu'évidemment,
05:31les dirigeants de Meta ne seront pas d'accord,
05:33mais ils ont Instagram plus, Facebook plus, WhatsApp plus,
05:37Meta Verified, Horizon.
05:39Et en fait, ce qu'ils veulent faire, c'est pouvoir faire payer leur base d'abonnés.
05:45Ils ont 3 milliards, vous avez bien entendu Antoine,
05:483 milliards d'utilisateurs actifs mensuels.
05:51Donc ça, ça vaut de l'argent.
05:52Si quelqu'un met un peu dans un des abonnements dont je viens de parler,
05:57eh bien, c'est quelque chose qui peut leur apporter de l'argent.
06:00Et le message pour le marché est quand même assez important
06:03parce que Meta est en train de préparer, je dirais,
06:07l'après-publicité traditionnelle parce qu'on sait que le ciblage devient
06:11extrêmement compliqué, notamment avec l'AI.
06:14On sait que la régulation, elle augmente.
06:17Et puis, on sait qu'évidemment, pour investir dans les infrastructures
06:20d'intelligence artificielle, il va falloir des dizaines de milliards de dollars.
06:24Donc, on accélère.
06:26Meta est en train d'accélérer, comme je le disais assez discrètement,
06:29à travers les abonnements, à travers les entreprises, etc.
06:32Et en fait, Meta est en train de devenir, qu'on le veuille progressivement,
06:38beaucoup plus qu'un simple réseau social.
06:42Il s'était un peu planté, et on en avait parlé combien de fois ensemble
06:45sur le Metaverse, pour ne pas que ce soit mort,
06:47mais il se focalise moins là-dessus, mais là, vers quelque chose
06:51qui ressemble plus à des abonnements.
06:53Et puis, c'est assez malin, je dirais.
06:55Intéressant.
06:57Réintégrer le service et l'abonnement comme modèle économique,
07:01c'est un tourment très intéressant.
07:04En revanche, une autre entreprise surprend moins.
07:08Je dois dire qu'avec Loulou Lemon, c'est sans doute l'enchaînement
07:12de déception le plus régulier de tout Wall Street, c'est Salesforce.
07:16Encore une fois, des chiffres trimestriels et des prévisions
07:18qui déçoivent pour cet inventeur d'une manière de travailler,
07:22à savoir le CRM.
07:24Oui, voilà, vous l'avez dit, CRM, effectivement,
07:27on a des déceptions à chaque fois.
07:29Bon, on avait parlé, on avait la cannibalisation,
07:32on avait appelé ça la saspocalypse,
07:36la cannibalisation de certaines entreprises,
07:38des softwares par l'intelligence artificielle.
07:41Là, on a eu les résultats de Salesforce.
07:43C'est assez solide, mais on a le marché qui commence, évidemment,
07:47à se demander si l'intelligence artificielle ne va pas cannibaliser.
07:52En tout cas, une partie du modèle de Salesforce,
07:55on a quand même une publication,
07:5711 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel
07:59et surtout 100 nouveaux contrats supérieurs à 1 million de dollars.
08:05Donc, c'est pas mal quand même.
08:06Mais de l'autre côté, évidemment, on a un problème.
08:09On a un marché qui valorise plus uniquement les revenus actuels,
08:13mais surtout la capacité à rester indispensable
08:17dans un monde où on a OpenID, Anthropic et Microsoft
08:21qui sont en train de redéfinir totalement l'usage des softwares.
08:26Et alors, évidemment, vous l'avez dit, Antoine,
08:28nouvelle déception pour le titre.
08:30– Effectivement. Et le titre CRM, le titre Salesforce,
08:35bon, on replie, pas bien méchant, de 2%,
08:37mais c'est vraiment un titre qui part encore 35% sur un an,
08:41qui non seulement déçoit régulièrement les analystes boursiers,
08:45et qui, en plus, a eu effectivement sur son compte
08:49cette espèce de jeu de massacre des éditeurs de projiciel
08:54qui n'a pas arrangé les choses.
08:55En revanche, il y a un titre pour lequel tout va bien,
08:58c'est Snowflake, une hausse, mais alors totalement titanesque.
09:01Le titre prend 32% en ce moment en ouverture.
09:04– Absolument fou.
09:06Alors, on rappelle juste ce que c'est Snowflake.
09:08Comme le dit son nom, ils sont spécialisés dans le stockage,
09:12la gestion, puis l'analyse des données dans le cloud.
09:14Alors, évidemment, le nom n'a rien à voir avec ce qu'il faut.
09:18Mais, donc, des résultats solides, on est d'accord,
09:21mais on fait attention, surtout parce que la progression du titre,
09:25aujourd'hui, c'est surtout un contrat colossal de 6 milliards de dollars
09:29sur 5 ans avec AWS, le cloud d'Amazon.
09:33Et c'est assez intéressant parce qu'on a ici la preuve concrète
09:37que l'IA d'entreprise, parce que c'est vraiment l'intelligence artificielle Snowflake
09:43qui est utilisée dans les entreprises,
09:45eh bien, entre potentiellement dans une nouvelle phase,
09:48beaucoup plus concrète, beaucoup plus industrielle,
09:51qui se monétise.
09:53Et c'est ça dont les investisseurs ont besoin de savoir
09:57que c'est quelque chose qui est monétisé.
10:00Je le répète, contrat sur 5 ans avec Amazon de 6 milliards de dollars.
10:05Et c'est pour ça que le titre est en hausse aujourd'hui,
10:08largement en hausse, vous l'avez dit, 32%.
10:10– Snowflake, oui, effectivement, en hausse de plus de 30%.
10:14On va parler d'un autre titre, là, ça bouge fort.
10:17C'est Synopsis.
10:19Alors, on est dans le domaine du service aux fabricants de puces pour l'IA.
10:25C'est très pointu, mais alors attention, ça délivre.
10:28– Marie, tout à fait, vous l'avez dit, fournit des logiciels,
10:32des outils de conception, et puis aussi de la propriété intellectuelle.
10:35Vous savez, on n'en parle pas assez, Antoine.
10:38Toutes ces entreprises qui créent des nouvelles applications,
10:42eh bien, ils ont besoin de la propriété intellectuelle, bien évidemment.
10:46Et donc, eux, ils sont importants, Synopsis.
10:49Et donc, ils ont relevé leurs prévisions annuelles
10:51grâce à l'explosion de la demande en logiciel de conception de puces
10:58d'intelligence artificielle.
11:00Donc, ce qui est assez intéressant aussi, là,
11:02ce qu'on apprend de la publication de ces résultats,
11:07c'est que la révolution actuelle,
11:09elle concerne plus seulement Nvidia ou les mémoires, les GPU,
11:13mais aussi toute l'infrastructure cachée derrière les semi-conducteurs avancés.
11:19Et le groupe prévoit quand même jusqu'à 9,7 milliards de dollars
11:24de chiffre d'affaires annuel.
11:26Et donc, c'est porté par les fabricants de puces,
11:29tout ce qui est hyperscaler, c'est-à-dire les Google, Alphabet, etc., et Amazon.
11:34Et donc, ici, c'est assez intéressant qu'il y a un tri qui est en train de se faire.
11:38On a parlé de Salesforce, on a parlé de Synopsis, on a parlé de Snowflake.
11:42Donc, ce n'est pas tout le monde qu'il faut mettre dans le même bain
11:45parce qu'effectivement, il y a un tri naturel, d'une certaine manière,
11:48qui se fait dans l'intelligence artificielle.
11:51Et est-ce qu'on n'est pas finalement rentré dans une certaine forme de,
11:54c'est le mot que tout le monde prononce en ce moment, de granularité ?
11:58C'est-à-dire qu'il faut vraiment aller regarder les business models,
12:00les entreprises en particulier, etc.
12:02Et on va reparler tout au long de ce BFM Bourse Synopsis.
12:06En baisse, il y a des prises de profit sur les résultats et les prévisions du groupe.
12:10Le titre perd 4,7% à Wall Street.
12:12Merci infiniment, John Plassard, Cité Gestion.
Commentaires