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  • il y a 5 heures
Ce jeudi 28 mai, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, s'est penché sur l'accélération de l'inflation PCE en avril, la pression sur les banques centrales à cause du retour des tensions au Moyen-Orient, l'accélération du lancement des abonnements payants de Meta, la déception sur les résultats de Salesforce, la hausse de Snowflake après la publication de ses résultats, et le recul de Synopsys après la publication de ses prévisions annuelles. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00Voilà, couvre Wall Street, bien entendu, avec un S&P 500, quasi inchangé, moins 0,03%, 7517 points.
00:09Dow Jones quand même en baisse un petit peu significative, moins 0,45%, on est à 50 418 points.
00:16Mais le Nasdaq continue à avancer, alors grignote quelques points, plus 0,04%, 26 686 points.
00:23Nouveau record absolu, puisque le Nasdaq est vraiment cloué et signe record sur record.
00:28Ce qui nous amène, bien entendu, à notre premier invité, comme d'habitude, on retrouve, c'est notre Peter Tushman
00:34à nous,
00:35notre spécialiste des marchés américains, et oui, c'est John Plassard, cité gestion. Bonjour John.
00:40Bonjour Antoine.
00:41Alors, en préambule, quand même, on avait pas mal de chiffres macroéconomiques cette semaine à regarder,
00:47et bien entendu, on regarde l'inflation PCE.
00:52Comprenez, l'indicateur d'inflation qui est le plus regardé par la Fed pour étalonner sa politique monétaire,
00:58c'est l'indicateur d'inflation qui est lié aux revenus et dépenses des ménages.
01:02Donc vraiment un indicateur direct d'inflation.
01:06A priori, c'est conforme aux attentes.
01:09Parallèlement, on a eu la révision de la croissance américaine du trimestre passé.
01:13Qu'est-ce que ça donne tout ça, John ? Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
01:16Oui, je dirais enfin, Antoine, on a beaucoup, beaucoup parlé d'intelligence artificielle.
01:21On avait envie d'avoir quelques chiffres macroéconomiques parce qu'on sait que les banques centrales se focalisent beaucoup sur
01:27ces chiffres.
01:27Data dependency.
01:29Alors, pour revenir aux chiffres en eux-mêmes, la croissance qui était à 2 lors de la première publication, elle
01:34est à 1,6.
01:35Elle passe en dessous des 2 pour le premier trimestre.
01:38Vous l'avez dit, pour l'inflation des prix PCE.
01:41Eh bien, en glissement mensuel, on est à plus 0,4 % contre, en avril, contre plus 0,7 %
01:49en mars.
01:49C'est un consensus qui était à plus 0,5 %.
01:52C'est-à-dire qu'on est un peu en dessous, mais on a toujours de l'inflation qui est
01:55là.
01:55Ce qu'on regarde beaucoup, c'est le PCE sous-jacent, l'inflation sous-jacente,
02:01qui exclut les produits alimentaires et énergétiques.
02:05Ils ont augmenté de 0,2 %.
02:06Et puis, en glissement annuel, c'est ça qui est assez intéressant parce qu'on a cette inflation globale PCE
02:12qui s'est accélérée pour le deuxième mois consécutif.
02:16On passe de 3,5 % à 3,8 %.
02:19Et 3,8 %, Antoine, c'est exactement le chiffre du CPI.
02:24Vous savez, l'autre inflation à la consommation qui est regardée, c'est quand même son plus haut niveau depuis
02:29mai 2023.
02:31Donc ici, il n'y a pas réellement d'accalmie sur l'inflation,
02:35mais ce n'est pas non plus une surprise ultra alarmiste, en tout cas sur le court terme.
02:41Bon, c'est à retenir.
02:44On va quand même regarder ce qui se passe du côté du Moyen-Orient.
02:48De nouvelles tensions et des banques centrales qui commencent à laisser infuser dans leur discours ce fameux,
02:54on le dit beaucoup, « higher for longer », c'est-à-dire qu'il faut s'habituer à des
02:58prix de l'énergie plus élevés.
02:59C'est un petit peu comme ce qui se passe autour des taux, des cours du pétrole, tout ça est
03:02lié.
03:02Mais cette fois, ça infuse dans le discours des banquiers centraux.
03:06Et ça, c'est à retenir.
03:08Oui, tout à fait.
03:09Et puis on regarde ce qui s'est passé cette nuit.
03:11Des frappes iraniennes sur une base américaine au Koweï,
03:14des frappes israélo-américaines sur des drones iraniens.
03:19Mais on a toujours, apparemment, des discussions diplomatiques.
03:24C'est assez nouveau.
03:26On a des discussions, mais on a des frappes d'une part et d'autre.
03:30Et le prix du baril qui remonte, un peu plus de 2% ce matin,
03:35qui évidemment est lié à cette crainte inflationniste qu'on avait avant.
03:39Donc on arrive dans une situation, en fait, qui est assez étrange.
03:43Et ce n'est pas encore mis assez en avant.
03:47On attend juin où on aura les réunions de la Banque centrale européenne et de la Fed.
03:52Mais comme vous l'avez dit, il y a des problématiques.
03:54Il y a surtout trois problématiques.
03:56La première, c'est les tensions énergétiques.
03:58Évidemment, c'est assez logique.
04:00La deuxième, c'est les risques inflationnistes, on l'a dit.
04:03Et puis la troisième, c'est un risque d'un ralentissement de l'économie mondiale.
04:08Et si on regarde l'Europe, par exemple, où nous sommes, on est dans une situation
04:13où on a de l'inflation qui monte, on a une croissance et des révisions de croissance qui baissent.
04:20Évidemment, ça, c'est un nom dont on n'ose pas le prononcer.
04:26C'est la stagflation, le pire des cauchemars des banquiers centraux.
04:31Alors on n'y est pas encore.
04:32Mais effectivement, ça devient de plus en plus compliqué.
04:36Et on a entendu avant-hier, Isabelle Schnabel,
04:40membre du directoire de la Banque centrale européenne,
04:42qui a dit qu'il faudra monter les taux en juin.
04:44Alors ils ne sont pas tous d'accord, mais effectivement,
04:47une grosse pression sur la réunion, les réunions, je dirais,
04:51des banques centrales en juin prochain.
04:54On passe aux entreprises.
04:57Alors tiens, Meta qui est en train de multiplier ses formules d'abonnement
05:01pour diversifier un petit peu ses modèles.
05:04Oui, c'est intéressant parce qu'en fait,
05:07ils sont en train d'accélérer discrètement leur transformation.
05:12Ils ne veulent plus dépendre uniquement de la publicité.
05:17Et ils sont en train d'aller vers des systèmes un peu plus payants,
05:23je dirais, basés sur des revenus récurrents via des abonnements,
05:27un peu à la Apple.
05:28Alors il ne faut pas le dire trop fort parce qu'évidemment,
05:31les dirigeants de Meta ne seront pas d'accord,
05:33mais ils ont Instagram plus, Facebook plus, WhatsApp plus,
05:37Meta Verified, Horizon.
05:39Et en fait, ce qu'ils veulent faire, c'est pouvoir faire payer leur base d'abonnés.
05:45Ils ont 3 milliards, vous avez bien entendu Antoine,
05:483 milliards d'utilisateurs actifs mensuels.
05:51Donc ça, ça vaut de l'argent.
05:52Si quelqu'un met un peu dans un des abonnements dont je viens de parler,
05:57eh bien, c'est quelque chose qui peut leur apporter de l'argent.
06:00Et le message pour le marché est quand même assez important
06:03parce que Meta est en train de préparer, je dirais,
06:07l'après-publicité traditionnelle parce qu'on sait que le ciblage devient
06:11extrêmement compliqué, notamment avec l'AI.
06:14On sait que la régulation, elle augmente.
06:17Et puis, on sait qu'évidemment, pour investir dans les infrastructures
06:20d'intelligence artificielle, il va falloir des dizaines de milliards de dollars.
06:24Donc, on accélère.
06:26Meta est en train d'accélérer, comme je le disais assez discrètement,
06:29à travers les abonnements, à travers les entreprises, etc.
06:32Et en fait, Meta est en train de devenir, qu'on le veuille progressivement,
06:38beaucoup plus qu'un simple réseau social.
06:42Il s'était un peu planté, et on en avait parlé combien de fois ensemble
06:45sur le Metaverse, pour ne pas que ce soit mort,
06:47mais il se focalise moins là-dessus, mais là, vers quelque chose
06:51qui ressemble plus à des abonnements.
06:53Et puis, c'est assez malin, je dirais.
06:55Intéressant.
06:57Réintégrer le service et l'abonnement comme modèle économique,
07:01c'est un tourment très intéressant.
07:04En revanche, une autre entreprise surprend moins.
07:08Je dois dire qu'avec Loulou Lemon, c'est sans doute l'enchaînement
07:12de déception le plus régulier de tout Wall Street, c'est Salesforce.
07:16Encore une fois, des chiffres trimestriels et des prévisions
07:18qui déçoivent pour cet inventeur d'une manière de travailler,
07:22à savoir le CRM.
07:24Oui, voilà, vous l'avez dit, CRM, effectivement,
07:27on a des déceptions à chaque fois.
07:29Bon, on avait parlé, on avait la cannibalisation,
07:32on avait appelé ça la saspocalypse,
07:36la cannibalisation de certaines entreprises,
07:38des softwares par l'intelligence artificielle.
07:41Là, on a eu les résultats de Salesforce.
07:43C'est assez solide, mais on a le marché qui commence, évidemment,
07:47à se demander si l'intelligence artificielle ne va pas cannibaliser.
07:52En tout cas, une partie du modèle de Salesforce,
07:55on a quand même une publication,
07:5711 milliards de dollars de chiffre d'affaires trimestriel
07:59et surtout 100 nouveaux contrats supérieurs à 1 million de dollars.
08:05Donc, c'est pas mal quand même.
08:06Mais de l'autre côté, évidemment, on a un problème.
08:09On a un marché qui valorise plus uniquement les revenus actuels,
08:13mais surtout la capacité à rester indispensable
08:17dans un monde où on a OpenID, Anthropic et Microsoft
08:21qui sont en train de redéfinir totalement l'usage des softwares.
08:26Et alors, évidemment, vous l'avez dit, Antoine,
08:28nouvelle déception pour le titre.
08:30– Effectivement. Et le titre CRM, le titre Salesforce,
08:35bon, on replie, pas bien méchant, de 2%,
08:37mais c'est vraiment un titre qui part encore 35% sur un an,
08:41qui non seulement déçoit régulièrement les analystes boursiers,
08:45et qui, en plus, a eu effectivement sur son compte
08:49cette espèce de jeu de massacre des éditeurs de projiciel
08:54qui n'a pas arrangé les choses.
08:55En revanche, il y a un titre pour lequel tout va bien,
08:58c'est Snowflake, une hausse, mais alors totalement titanesque.
09:01Le titre prend 32% en ce moment en ouverture.
09:04– Absolument fou.
09:06Alors, on rappelle juste ce que c'est Snowflake.
09:08Comme le dit son nom, ils sont spécialisés dans le stockage,
09:12la gestion, puis l'analyse des données dans le cloud.
09:14Alors, évidemment, le nom n'a rien à voir avec ce qu'il faut.
09:18Mais, donc, des résultats solides, on est d'accord,
09:21mais on fait attention, surtout parce que la progression du titre,
09:25aujourd'hui, c'est surtout un contrat colossal de 6 milliards de dollars
09:29sur 5 ans avec AWS, le cloud d'Amazon.
09:33Et c'est assez intéressant parce qu'on a ici la preuve concrète
09:37que l'IA d'entreprise, parce que c'est vraiment l'intelligence artificielle Snowflake
09:43qui est utilisée dans les entreprises,
09:45eh bien, entre potentiellement dans une nouvelle phase,
09:48beaucoup plus concrète, beaucoup plus industrielle,
09:51qui se monétise.
09:53Et c'est ça dont les investisseurs ont besoin de savoir
09:57que c'est quelque chose qui est monétisé.
10:00Je le répète, contrat sur 5 ans avec Amazon de 6 milliards de dollars.
10:05Et c'est pour ça que le titre est en hausse aujourd'hui,
10:08largement en hausse, vous l'avez dit, 32%.
10:10– Snowflake, oui, effectivement, en hausse de plus de 30%.
10:14On va parler d'un autre titre, là, ça bouge fort.
10:17C'est Synopsis.
10:19Alors, on est dans le domaine du service aux fabricants de puces pour l'IA.
10:25C'est très pointu, mais alors attention, ça délivre.
10:28– Marie, tout à fait, vous l'avez dit, fournit des logiciels,
10:32des outils de conception, et puis aussi de la propriété intellectuelle.
10:35Vous savez, on n'en parle pas assez, Antoine.
10:38Toutes ces entreprises qui créent des nouvelles applications,
10:42eh bien, ils ont besoin de la propriété intellectuelle, bien évidemment.
10:46Et donc, eux, ils sont importants, Synopsis.
10:49Et donc, ils ont relevé leurs prévisions annuelles
10:51grâce à l'explosion de la demande en logiciel de conception de puces
10:58d'intelligence artificielle.
11:00Donc, ce qui est assez intéressant aussi, là,
11:02ce qu'on apprend de la publication de ces résultats,
11:07c'est que la révolution actuelle,
11:09elle concerne plus seulement Nvidia ou les mémoires, les GPU,
11:13mais aussi toute l'infrastructure cachée derrière les semi-conducteurs avancés.
11:19Et le groupe prévoit quand même jusqu'à 9,7 milliards de dollars
11:24de chiffre d'affaires annuel.
11:26Et donc, c'est porté par les fabricants de puces,
11:29tout ce qui est hyperscaler, c'est-à-dire les Google, Alphabet, etc., et Amazon.
11:34Et donc, ici, c'est assez intéressant qu'il y a un tri qui est en train de se faire.
11:38On a parlé de Salesforce, on a parlé de Synopsis, on a parlé de Snowflake.
11:42Donc, ce n'est pas tout le monde qu'il faut mettre dans le même bain
11:45parce qu'effectivement, il y a un tri naturel, d'une certaine manière,
11:48qui se fait dans l'intelligence artificielle.
11:51Et est-ce qu'on n'est pas finalement rentré dans une certaine forme de,
11:54c'est le mot que tout le monde prononce en ce moment, de granularité ?
11:58C'est-à-dire qu'il faut vraiment aller regarder les business models,
12:00les entreprises en particulier, etc.
12:02Et on va reparler tout au long de ce BFM Bourse Synopsis.
12:06En baisse, il y a des prises de profit sur les résultats et les prévisions du groupe.
12:10Le titre perd 4,7% à Wall Street.
12:12Merci infiniment, John Plassard, Cité Gestion.
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