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  • il y a 5 heures
Ce mercredi 27 mai, Antoine Ternon, gérant de portefeuille chez APICIL Asset Management, s'est penché sur les consommateurs américains tenant le choc face aux crises en provenance du Moyen-Orient, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Oui, Antoine Ternon nous rejoint, Jérôme Portefeuille chez Apicy, l'Asset Management.
00:03Bonjour Antoine.
00:04Face au marché, vous allez rendre votre verdict, ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre.
00:09Est-ce qu'Antoine, vous l'assumez ?
00:10Oui, Guillaume, c'est mon dernier mot.
00:12Alors on vous écoute.
00:13Alors on suppose que non, le consommateur américain n'est pas traumatisé par tout ce qui se passe au Moyen
00:20-Orient.
00:21Alors, contre-intuitifment.
00:22Oui, très contre-intuitif, effectivement.
00:24Vous dites que le consommateur américain, contrairement à ce qu'on entend partout, n'est pas déprimé, pas traumatisé par
00:29le choc au Moyen-Orient.
00:31Vous êtes optimiste sur l'état des consommateurs ?
00:33Oui, tout à fait. En fait, ce choc au Moyen-Orient, la distance avec le conflit pose la problématique américaine
00:41différemment que celle que nous vivons sur le sol européen.
00:45Mais non, le consommateur a cette volonté, cette capacité à consommer.
00:48C'est-à-dire que sa confiance n'est pas tant érodée, son pouvoir d'achat est effectivement un petit
00:55peu détérioré, mais lui permet toujours de consommer.
00:58On a pas mal de signaux qui nous amènent à penser ça.
01:01On peut revisiter les signaux qu'on avait l'habitude d'utiliser pendant le Covid, qui ont été un peu
01:05délaissés, comme les données haute fréquence, à savoir l'hôtellerie, les vols, les box-office.
01:11C'est des choses un petit peu plus amusantes, un petit peu plus différentes qu'on a l'habitude de
01:16regarder.
01:16Donc oui, effectivement, le consommateur américain voyage moins à l'international, mais peut-être qu'il réoriente tout ça vers
01:23les hôtelleries.
01:24C'est le message qu'on voit, par exemple, Airbnb, qui malgré l'effet saisonnier, continue d'afficher des ventes
01:30honorables.
01:31Pareil pour les box-office.
01:32On a un certain nombre de boîtes qui publient des données de vente qui sont plutôt en bon ordre de
01:38bataille.
01:38Ce que vous appelez les box-office, c'est le cinéma ?
01:40C'est les entrées au cinéma, oui.
01:41D'accord.
01:42Ils vont beaucoup au cinéma, là.
01:43On a un indicateur aussi haute fréquence, qu'on appelle dans notre jargon, qui sort toutes les semaines, il s
01:48'appelle le Red Book,
01:49et qui, lui, sont d'un certain nombre de stores.
01:52Et pareil, ils sont aussi au rendez-vous.
01:56Le Red Book, dans les stores ?
01:58C'est un échantillon plus récurrent de 9000 retailers américains, hors consommation online,
02:07et qui, du coup, renvoient quand même un message d'une volonté, d'une capacité à consommer.
02:13Partu de ça vient s'ajouter les données du Conférence Board qui sont sorties hier,
02:16qui sont un peu en opposition de celles du Michigan Institute.
02:19Pour ceux qui ne sont pas familiers avec tout ça, c'est toujours une enquête auprès du consommateur qui est
02:24posé.
02:24Mais le Conférence Board lui renvoie une situation présente plutôt stable,
02:30pas très glorieuse, mais plutôt stable, une consommation future qui s'apprête plutôt à être revue à la hausse.
02:36Et puis, surtout, un indicateur qui est peut-être plus proche de l'emploi,
02:42emploi qui ne faiblit pas, je ne vais pas le rappeler ici, mais on a un taux de chômage assez
02:46stable,
02:47là où le Michigan Institute est plutôt une enquête vraiment proche du consommateur, hors emploi.
02:51Donc, c'est peut-être ce qui explique cette divergence entre les deux.
02:55Donc, vous dites que les consommateurs américains vont moins mal qu'on ne le pense, moins mal qu'on ne
02:58le dit.
02:58Vous nous apportez un certain nombre de chiffres pour illustrer les entrées dans les cinémas, etc.
03:02Et peut-être qu'ils voyagent moins, mais ils réservent beaucoup plus de limités sur leur territoire, les Américains.
03:07Et Airbnb en témoigne.
03:08Exactement, c'est le message. On a l'habitude de suivre des données très officielles, la consommation dans le PIB,
03:15les retail sales.
03:17Les détracteurs diront oui, mais regardez, en nominal, ça n'envoie pas le même message qu'en réel.
03:22Effectivement, si on retraite l'inflation, le consommateur consomme plus cher.
03:26Donc, effectivement, il consomme à valeur supérieure, mais en volume.
03:31On continue d'avoir une dynamique quand même qui est intéressante.
03:33D'accord, et ça, ça va à l'encontre de l'idée que la consommation serait portée par les ultra
03:38-riches, les 10% qui porteraient 50% de la consommation.
03:41Ça ne va pas forcément détruire ce constat-là, puisque finalement, oui, effectivement, le consommateur, il est, on le sait,
03:48dans le paysage américain, très disparate,
03:50avec des consommateurs aisés qui ont une capacité et qui sont en plus soutenus par un marché action qui vient
03:56auto-alimenter tout ça,
03:59puisqu'il est en pleine santé patrimoniale, donc il peut aussi consommer.
04:03C'est plutôt un message qui sous-entend que même sur la conso de base, on continue d'avoir des
04:08flux qui sont dynamiques
04:10et on continue aussi d'avoir des flux sur la conso discrétionnaire.
04:14Donc, ce qu'on appelle la conso discrétionnaire, c'est la consommation qui est moins impactée, moins évidente, moins celle
04:18du quotidien
04:18et qui continue, malgré sur toutes les pans de l'économie, à renvoyer un message plutôt optimiste.
04:23Je rebondirai une dernière fois sur des données micro qui sont un très bon baromètre,
04:27celle de Target, Walmart et Home Depot, qui sont trois segments un petit peu différents de l'économie.
04:33Walmart qui va être vraiment sur la consommation essentielle, Target qui va être plutôt sur la consommation discrétionnaire,
04:39où là, on voit que les riches continuent d'être là, mais aussi la sphère la moins aisée.
04:43Et Home Depot qui est plutôt sur la réno et liée à l'immobilier, là, ça cale un petit peu,
04:46on connaît la problématique derrière.
04:48Et du coup, voilà, on peut garder confiance dans les consommateurs américains, même si une grande partie d'entre eux
04:52souffrent,
04:53ceux qui ne souffrent pas ont suffisamment de pouvoir d'achat pour compenser.
04:56Voilà, c'est le message.
04:57C'est le message.
04:58Du coup, on se dit quoi, là, sur l'état des marchés ?
05:00Parce qu'on n'arrête pas de répéter que c'est la tech qui porte là-haut, c'est que
05:02tout le reste est très en retard.
05:04On doit se rassurer en se disant c'est en retard, mais à un moment, ça va rattraper le retard,
05:08parce que les consommateurs sont encore là, ou on doit au contraire avoir un signal inquiétant ?
05:11Oui, c'est une manière de chercher des diversifications sectorielles.
05:15Le segment du S&P, Consumer Discretionary, lui, il est plutôt, disons, à zéro par rapport au début d'année,
05:23là où la consommation de base, qui est quelque chose de beaucoup plus défensif,
05:27qui a vachement été jouée, est plutôt de l'ordre de 8% au-dessus des niveaux de début d
05:31'année,
05:32là où le S&P global est largement au-dessus, porté évidemment par la tech,
05:36mais c'est peut-être un relais à aller chercher pour essayer de jouer cette bonne santé
05:39et essayer de jouer autre chose que la thématique tech.
05:42Vous avez le droit de donner des dons de valeur ou pas ?
05:44Tant que je mets les disclimers qui vont en face sur le fait que j'ai potentiellement investi
05:47sur l'une de ces valeurs que je viens préalablement de citer,
05:50je peux évidemment parler de société.
05:52Par exemple ?
05:53Je pense que c'est un bon exemple de rappeler celle de Target, Walmart et Home Depot,
05:58qui sont, je pense, des très bonnes boussoles de tout ça,
06:02et qui peuvent être une manière de jouer autre chose que du Nvidia,
06:06vous en parlez à l'instant.
06:07Mais même au sein de la tech, pour peut-être continuer à diversifier,
06:10je pense qu'il y a d'autres relais qui peuvent exister,
06:11on parle beaucoup de la tech, des puces, des hyperscalers,
06:14on sait que tout ça, ça s'auto-entretient.
06:18Mais voilà, on a parlé beaucoup la semaine dernière du quantum,
06:21donc c'est la possibilité d'essayer de faire autre chose que décoder
06:27du traitement d'informations en bits.
06:28On passe dans une autre sphère avec une optimisation qui est beaucoup plus précise.
06:31C'est encore un petit peu de l'ordre de la science-fiction,
06:33mais si on en venait à avoir des nouveaux players,
06:37et des nouveaux acteurs qui arrivent à faire quelque chose de commercialisable,
06:40de restreint d'un point de vue physiquement tenable,
06:44peut-être que ça pourrait être un autre pendant de la tech qui viendra d'être jouée.
06:48Je ne parle pas de la sphère spatiale qui est largement jouée en ce moment,
06:51mais peut-être d'autres niches qui permettent de jouer cette thématique.
06:54Très volatile.
06:55On parlait hier de Rigetti, par exemple, dans le Quantique.
06:58Oui, voilà, exactement.
06:58Soit on cherche des purs players qui ont peu de flottants et qui sont très volatiles,
07:02soit on cherche des grands noms qui, peut-être,
07:04permettent plus de raconter une histoire que la réalité boursière derrière.
07:07Mais par exemple, IBM détient un certain nombre de projets
07:12au stade qui ne sont plus embryonnaires,
07:14qui sont vraiment au stade avancé.
07:15On entend souvent que dans les grandes techs américaines,
07:17la plus avancée sur le Quantique, c'est IBM.
07:19Oui, exactement.
07:20Petite statistique qui a la clé,
07:22IBM, c'est 90 projets d'ordinateurs quantiques,
07:27là où les 90 autres players qui sont potentiellement cotés ou non cotés
07:31représentent le même nombre de projets.
07:33Bon, diversifiés, oui.
07:35Alors, peut-être aussi géographiquement,
07:37il commence à y avoir deux, trois considérations à prendre en compte
07:40et en particulier le fait que la tech européenne s'est complètement réveillée maintenant.
07:44Ah oui, il y a des bons noms derrière.
07:45Et du coup, même en termes de valorisation,
07:47on se retrouve avec une tech européenne qui, en moyenne,
07:49commence à devenir plus chère que la tech américaine.
07:52Est-ce qu'il y a un arbitrage à faire
07:53ou est-ce qu'au contraire, il faut suivre le mouvement
07:54et peut-être regarder côté tech Europe ?
07:57C'est une bonne idée, effectivement, de jouer.
07:59Là, je pense qu'il y a vraiment du picking à opérer
08:01dans le sens où, on parle beaucoup d'appels et des pioches,
08:04mais il faut électrifier tout ça.
08:05Et donc, derrière, on a des players, on a besoin de réseaux.
08:08Alors, je recite encore des noms sur lesquels je suis potentiellement investi.
08:11Voilà, des prissements, des Siemens Energy, des Schneider.
08:13Donc ça, c'est des noms européens.
08:15Je pense qu'il faut peut-être se méfier, en tout cas,
08:16d'aller jouer la zone émergente.
08:18Je me permets de faire des digressions,
08:21puisqu'on ne se rend pas forcément compte,
08:23mais c'est autant concentré en tech
08:24que ce que peut être le S&P 500.
08:26Oui, mais des techs beaucoup moins chers pour le coup.
08:28Mais des techs qui sont moins chers, qui est l'argument un petit peu à la clé
08:31d'aller chercher à d'autres zones.
08:31Mais, premier réflexe, vous n'iriez pas aller acheter les émergents en ce moment,
08:35en tout cas, pas des techs émergentes.
08:37Sauf si on veut doubler ou intensifier ce pari tech,
08:40mais voilà, on reste sur des TSMC, des noms qu'on connaît bien.
08:43Et c'est vrai que ces grands indices tech,
08:45ces grands indices, l'absurde révélateur adiatique chinois notamment,
08:48mais pas que, bien sûr, coréen, taïwanais,
08:50c'est essentiellement de la tech aussi désormais.
08:53De plus en plus, là aussi, il y a une grande concentration.
08:54Merci beaucoup Antoine d'être passé nous voir.
08:56Donc, votre message au marché, les consommateurs américains
08:58vont mieux qu'on ne le dit.
09:00Voilà, c'est votre message aujourd'hui.
09:01Antoine Ternon pour Happy Seal Asset Management.
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