- il y a 3 mois
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann est l'invité du Grand entretien de la matinale de France Inter, mercredi, à la veille de la sortie de son livre "Nous avons encore envie" (Allary). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-27-mai-2026-9456912
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00:00Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:04A la veille de la publication d'un livre, nous avons encore envie aux éditions Alari,
00:09dans lesquelles vous déclinez votre vision de la France, votre rapport à la nation, à l'Europe,
00:14vous esquissez les grandes lignes de votre programme, économie, immigration, éducation.
00:19Pourtant, vous n'êtes toujours pas candidat, vous vous donnez trois mois pour prendre une décision,
00:23vous l'avez dit hier soir. Est-ce que ça veut dire au fond, et contrairement au titre de votre
00:28livre,
00:28que vous n'êtes pas sûr d'en avoir envie ?
00:32J'ai envie de me battre pour la France. J'ai envie de me battre pour que notre pays renoue
00:37avec sa grandeur,
00:38avec son destin, avec son histoire. J'ai envie de me battre pour les travailleurs
00:43qui ne peinent à boucler leur fin de mois, et qui ont le sentiment d'avoir été méprisés, oubliés,
00:48depuis dix ans de macronisme. J'ai envie de me battre pour que notre pays ne dépende pas du gaz
00:54et du pétrole,
00:55pour que les Françaises et les Français, quand ils vont faire le plein de leur voiture,
00:58ne soient pas dépendants des décisions de Donald Trump ou de Vladimir Poutine.
01:01On va parler de toutes ces envies, et vous l'avez déjà dit.
01:04Donc, vous avez envie d'être candidat, si vous avez envie de tout ça.
01:07J'ai envie, j'ai envie de rassembler ma famille politique.
01:11J'ai envie d'utiliser ces trois mois pour convaincre la gauche démocrate et républicaine
01:17qu'elle peut gagner l'élection. Et c'est important, Benjamin Diomel, laissez-moi terminer.
01:21Qu'elle peut gagner l'élection et qu'elle le doit. Et notre responsabilité collective est immense.
01:26Car je suis convaincu, convaincu, que notre espace politique est le seul qui peut battre l'extrême droite en 2027.
01:33Parce que les Françaises et les Français ne voudront pas d'un des anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron
01:38pour la continuité de la même politique. Parce qu'ils veulent du changement avec les mêmes personnes.
01:42Ils ne voudront pas cela.
01:44Alors, sur cet espace politique, simplement pour essayer de comprendre pourquoi vous vous donnez trois mois.
01:47Qu'est-ce qui peut se passer pendant ces trois mois ? Et qu'est-ce qui, au fond, pourrait
01:50encore, Raphaël Guzman, vous empêcher d'être candidat ?
01:54Ce n'est pas une obsession de journaliste. C'est juste qu'à un moment donné, quand on veut porter
01:57ses idées
01:57et quand on dit précisément avoir envie de réformer la France, il faut incarner une candidature.
02:02Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat ?
02:04Ma détermination est totale. Mais je suis convaincu que nous choisirons la bonne personne.
02:09Si je ne suis pas cette bonne personne, ce ne sera pas moi.
02:11Je suis convaincu que notre espace politique fera face à ses responsabilités.
02:16Je suis convaincu qu'au-delà de la division actuelle, nous montrerons le visage de l'unité parce que nous
02:22sommes responsables.
02:23Et que moi, j'ai une responsabilité particulière, je vais vous le dire.
02:26J'ai une responsabilité particulière parce que je suis le seul, sur cet espace politique de la gauche démocratique,
02:32à avoir fait un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus de dix ans.
02:36Ces 14% de 2024 m'obligent.
02:39J'ai réveillé un espoir chez les Françaises et les Français qui croient encore à la solidarité sociale, à la
02:44République, à la démocratie, à l'Europe.
02:47Et cet espoir-là, je ne le trahirai pas.
02:49Je consacrerai toute mon énergie et tout mon temps à réveiller cet espace politique.
02:54Vous dites à nos confrères de l'Obs, ils rapportent cette phrase de vous, je dois être président.
03:01Ce que je pense, c'est qu'il faut arrêter de vouloir être un candidat de plus.
03:05Quand on réfléchit à la présidentielle, il faut se mettre dans la peau de l'exercice des responsabilités.
03:11Je dois être président. Vous devez être président.
03:13Ce que je dis, c'est que nous avons besoin d'un président qui saura faire face aux crises majeures
03:19auxquelles nous sommes confrontés.
03:20L'ensemble des services de sécurité du continent européen nous alertent sur le fait qu'avant 2029, il risque d
03:27'y avoir une guerre sur le sol de l'Union européenne.
03:31Et nous ne sommes pas prêts.
03:33Et moi, j'alerte depuis 20 ans sur le fait qu'il faut réarmer notre nation, qu'il faut réarmer
03:38l'Europe, qu'il faut affirmer notre souveraineté.
03:40A la fois face aux menaces russes et face au dumping social chinois, au dumping industriel chinois, qui ratiboise nos
03:48industries, face à Donald Trump, qui finalement joue au dé avec la sécurité des européennes et des européens.
03:54Vous vous sentez capable d'être président de la République, Raphaël Lucemann ? C'est cette question.
03:57Je me sens capable de me battre pour mon pays. Je me sens capable. Mais vous savez, ce n'est
04:03pas une histoire de personne.
04:04Une présidentielle, on dit souvent que c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un
04:10peuple. C'est vrai.
04:11Mais c'est surtout, surtout, la rencontre de la France avec elle-même.
04:15Et ce que je dis dans ce livre, ce que j'appelle mes amis de la gauche à comprendre, c
04:21'est que si nous n'avons pas un discours sur la France,
04:24si nous ne sommes pas capables de mener la bataille du patriotisme contre l'extrême droite,
04:28si nous ne sommes pas capables de montrer que nous avons, nous, plus de passion française, plus de fierté française,
04:33plus d'agenda de souveraineté pour notre pays que les patriotes de pacotille de l'extrême droite,
04:38eh bien nous perdrons ces élections comme nous avons perdu toutes les autres.
04:42Ce que je vous dis, c'est que le combat qui s'annonce...
04:44On va parler de vos propositions, évidemment.
04:46Mais est-ce que trois mois, ce n'est pas laissé un boulevard à Jean-Luc Mélenchon qui dit
04:50« Moi, ma candidature, elle est carrée, alors que la vôtre se fait désirer ? »
04:54Il a déjà commencé sa campagne et c'est plus facile quand vous êtes absolument maître d'un espace qui
04:59n'est pas démocratique.
05:01Et donc moi, ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que, contrairement à la petite musique qu
05:05'il cherche à installer,
05:07eh bien entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella, il n'y a pas rien.
05:11Il y a même l'essentiel. Il y a la République.
05:13Il y a des millions de Françaises et de Français qui croient encore dans la démocratie, dans l'Europe,
05:17dans la transformation écologique, dans la solidarité sociale.
05:20Mais il est aujourd'hui, Raphaël Guzman, le mieux placé à gauche, Jean-Luc Mélenchon ?
05:22Il est le mieux placé à gauche pour perdre au second tour, dans les grandes largeurs, face à Jordan Bardella.
05:27Et il faut avoir conscience, et je sais que les électrices et les électeurs de gauche, dans leur grande majorité,
05:31en ont conscience.
05:33Il faut avoir conscience qu'envoyer Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, c'est garantir le triomphe de l'extrême
05:38droite.
05:39Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui devenu un agent électoral de Jordan Bardella et de Marine Le Pen.
05:43Et nous allons proposer une alternative qui va enthousiasmer.
05:47Parce que, je vais vous le dire, cette élection, ce ne sera pas un barrage.
05:52On l'a déjà fait, trop de fois.
05:54On ne pourra pas simplement appeler à la raison.
05:56Il faudra réveiller dans le pays une envie, un désir.
06:00Un désir de gauche, un désir de transformation sociale, un désir de démocratie, un désir de France, un désir de
06:06souveraineté,
06:06un désir de rapporter des usines dans notre pays, un désir de retrouver une forme de dignité collective,
06:12un désir de retrouver du lien entre nous, un désir de réparer les solidarités qui ont été, à ce point,
06:18mises à mal ces dix dernières années.
06:19Alors, rentrons précisément dans le vif du sujet de ce contrat patriotique que vous proposez aux Français.
06:25Ce que vous mettez en avant, ce sont des valeurs qu'on n'entendait pas beaucoup à gauche ces derniers
06:31temps.
06:32Le drapeau français, la fierté nationale, on l'a entendu, le refus de l'essentialisation, de l'assignation aux origines.
06:38Ce discours-là, il avait disparu, il a été laissé trop longtemps à d'autres forces politiques que celles de
06:45la gauche.
06:45Ce que je veux, c'est que la gauche renoue avec son histoire.
06:47Et son histoire, c'est celle du patriotisme français.
06:50Il faut relire l'armée nouvelle de Jaurès.
06:53Il faut voir les mots qu'il a sur la patrie.
06:55Il faut comprendre que l'histoire de France a été écrite, que le récit français a été écrit pendant extrêmement
07:02longtemps par la gauche, par les républicains, par ceux qui voulaient faire de notre pays, pas simplement une ethnie, une
07:11généalogie, mais une promesse.
07:14Il a été fait, ce récit français, par les révolutionnaires de la nuit du 4 août qui ont aboli les
07:19privilèges, par les révolutionnaires du 26 août qui ont fait que la France a parlé la langue de tous les
07:24hommes.
07:24La gauche est patriote.
07:26Assumé de parler d'identité aussi, qui est un mot qui a quelque peu disparu du livre du discours à
07:32gauche.
07:32Ce livre, c'est une réflexion sur ce que ça signifie d'être français.
07:35Ce fait merveilleux d'être français et qu'on ne raconte plus à gauche depuis trop longtemps.
07:41Vous savez, moi, quand j'étais à l'école primaire, j'ai à un moment eu un prof, un instituteur,
07:49qui nous a demandé de faire notre arbre généalogique.
07:53Et il voulait comme ça nous initier à l'histoire, nous faire rencontrer le passé.
07:57Et je me suis retrouvé dans une situation, puisque ma famille venait de loin et que je n'en savais
08:00rien, dans une situation compliquée, parce que je n'arrivais pas à remplir la moindre case.
08:03Et je suis rentré chez moi le soir, un peu tétanisé, en disant, mais comment se fait-il que je
08:07ne sache pas d'où viennent mes grands-parents ?
08:09Et je me suis rendu compte que mon père, à qui je posais la question, ne savait pas plus que
08:13moi, mais que lui, ça ne l'inquiétait pas du tout.
08:15Et il a commencé à m'expliquer ce que c'était que de chercher ses ancêtres dans l'histoire de
08:20France.
08:20Et pendant des heures, on a construit notre arbre généalogique, avec Olympe de Gouges et Voltaire.
08:27Et je découvrais ses noms, et je découvrais ses ancêtres qui sont encore plus vrais que mes ancêtres biologiques.
08:31C'est l'anti-Nouvelle-France de Jean-Luc Mélenchon sur le discours que vous voulez porter ?
08:36Entre la Nouvelle-France de Jean-Luc Mélenchon et l'ancienne France de la droite et de l'extrême droite,
08:42il y a la France.
08:43Il y a cette promesse qui faisait vibrer des gens, mais à travers le monde entier.
08:48Pourquoi la mère de Romain Garry, dans une forêt litiménienne, lui raconte l'histoire de France avec une telle passion
08:54?
08:54Parce que la France est une promesse, une promesse républicaine.
08:57Et c'est cette promesse-là qu'il nous faut retrouver aujourd'hui.
09:00Parce que si on ne la cultive pas, si on ne la raconte pas, eh bien elle s'effondre.
09:04Et c'est ce que des élites indolentes ont fait depuis 40 années.
09:06Alors justement, Raphaël Guzman, vous parlez des élites, et on va parler dans un instant de proposition concrète que vous
09:10faites.
09:11L'autre leitmotiv de votre livre, c'est ce que vous appelez un refus originel du macronisme.
09:16Sauf qu'il s'avère qu'une note confidentielle rédigée par votre équipe a fuité dans la presse,
09:20et où il vous était au fond recommandé de vous adresser au même public qu'Emmanuel Macron,
09:25c'est-à-dire négliger les jeunes, les catégories populaires qui ne votent pas ou peu pour Emmanuel Macron,
09:30pour vous concentrer sur les plus aisés et les plus diplômés comme cible électorale.
09:34Alors vous avez répondu en disant, cette note je la mets à la poubelle, je vais faire l'inverse.
09:37Mais vous voyez bien que ce qui vous colle à la peau, Raphaël Guzman,
09:40c'est cette idée que vous seriez le candidat ou futur candidat des bien-nés, des bien-heureux.
09:45Vous seriez déconnecté, hors-sol.
09:47Pourquoi est-ce que ça vous colle autant à la peau ?
09:49Et pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à casser cette image-là ?
09:51Alors déjà, les dirigeants politiques reçoivent des dizaines de notes.
09:55Et celle-ci, j'ai dénoncé ses conclusions dès l'origine.
09:58Mais encore une fois, au-delà de la note, Raphaël Guzman,
10:00ce que ça dit de l'image que vous avez et de la stratégie qu'on vous colle à la
10:05peau.
10:05Oui, je vois qu'on veut dire, le nouveau Macron, c'est partout.
10:08Mais moi, si j'avais cru au macronisme, j'aurais rejoint le macronisme.
10:12Si j'ai refusé leurs avances, leurs propositions, depuis le début, depuis avant même qu'ils prennent le pouvoir,
10:17c'est parce que, fondamentalement, je n'ai jamais cru à cette offre politique.
10:21Pour deux raisons, principalement.
10:23La première, c'est que je n'ai jamais cru au ruissellement théorisé par Emmanuel Macron.
10:27Je n'ai jamais cru à sa politique sociale et économique.
10:30Je n'ai jamais cru, et j'ai toujours su, que sa politique favoriserait les plus riches
10:35et qu'elle défavoriserait les plus pauvres.
10:36Et dix ans plus tard, qu'est-ce qu'on voit ?
10:38Eh bien, c'est que les pauvres sont plus pauvres et les riches plus riches dans le pays d'Emmanuel
10:42Macron.
10:42Et la deuxième raison, c'est l'écologie.
10:44J'ai tout de suite compris qu'ils n'avaient absolument rien compris à l'immense transformation écologique que nous
10:49devons opérer.
10:50Vous avez vu la canicule ?
10:51Vous vous entourez, Raphaël Luxman, de personnalités qui ont travaillé de façon extrêmement proche
10:56avec Emmanuel Macron, Aurélien Rousseau, ancien ministre, Sacha Houllier, ancien député Macroniste.
11:01Je vais vous répondre, mais d'abord, j'aimerais continuer sur l'écologie,
11:04parce que, vous avez vu, c'est la canicule.
11:06C'est la canicule au mois de mai.
11:08Et en plus, les Français, aujourd'hui, payent le prix des guerres de Donald Trump quand ils vont faire leur
11:14plein à la pompe.
11:15Pourquoi ? Parce que, pendant dix ans, nous avons raté le coche.
11:19Emmanuel Macron a raté le coche de la transformation écologique.
11:22Et que, à la dernière crise gazière, en 2021-2022, suite au chantage gazier de Poutine et à l'invasion
11:27de l'Ukraine,
11:28eh bien, il a préféré dépenser 72 milliards d'euros de subvention aux énergies fossiles
11:33plutôt que d'engager cette grande transformation qui permettra à la France de se libérer de son addiction au gaz
11:39et au pétrole
11:39et de redevenir souveraine et aux Français d'économiser de l'argent quand ils vont faire leur plein
11:43puisqu'ils auront accès à des voitures électriques.
11:45Donc, moi, ce que je veux faire, c'est l'antithèse de ce qui a été fait depuis dix ans.
11:49Et vous ne l'apprendez pas sur le macronisme ?
11:51Et donc, mais par contre, moi, je n'en peux plus de cette gauche sectaire qui dirait que c'est
11:55parce que des gens ont fait un choix une fois.
11:58Eh bien, il faut les bannir à vie.
11:59Moi, je pense que la seule manière qu'on aura de remporter cette élection, c'est d'être ferme sur
12:05nos convictions de gauche
12:05et d'être ouvert, ouvert à tous ces Français, à toutes ces Françaises qui ont fait d'autres choix
12:11et qui, aujourd'hui, veulent rejoindre l'espace de la gauche démocratique et républicaine.
12:15Nous ne sommes pas des videurs de boîtes de nuit.
12:17Et il y en a marre de ce sectarisme absolu.
12:20Vous savez, depuis que je suis engagé en politique, je suis trop ci, trop ça, pas assez ci, pas assez
12:25ça.
12:25Je m'en moque. Je dis ce en quoi je pense.
12:28C'est dans ce livre. Je me livre dans ce livre comme jamais.
12:31Je raconte mon rapport très particulier, très singulier, très personnel à la France.
12:36Et je pense que c'est ainsi qu'on doit faire de la politique parce que le soupçon d'insincérité
12:40est ce qui mine aujourd'hui la démocratie.
12:43Alors, parlons un peu d'économie pour voir, comprendre où vous vous situez et où est-ce que vous voulez
12:48emmener les Français.
12:48Vous dites qu'il faut rééquilibrer la taxation entre le travail, le capital, la retraite et l'héritage.
12:54Ça consiste en quoi ? Qu'est-ce qu'on augmente comme impôts ? Qu'est-ce qu'on baisse
12:58? Comment on fait ?
12:59Il y a 40 ans, à la fin de votre vie, votre fortune personnelle était constituée à deux tiers parce
13:07que vous aviez gagné en travaillant et un tiers parce que vous aviez hérité.
13:11Aujourd'hui, c'est l'inverse. C'est deux tiers votre héritage et un tiers ce que vous avez gagné
13:15en travaillant.
13:16Nous sommes devenus, nous sommes en passe de devenir une société de rentiers et d'héritiers.
13:20Donc on taxe l'héritage ?
13:21Et ce que je veux faire, c'est qu'on redevienne une société de travailleurs.
13:25Il faut qu'en France, le travail paie plus. Il faut que les travailleurs soient au cœur du contrat social,
13:30que leur voix soit mieux prise en compte dans leur entreprise.
13:33Alors Raphaël Lussel, mais quand on veut le président de la République, on propose un certain nombre de choses concrètes.
13:38Là, la question c'est, il y a aujourd'hui des impôts qui doivent augmenter, qui doivent baisser.
13:43Prenons un exemple très précis. Vous dites qu'il faut faire contribuer davantage les retraités les plus aisés.
13:47À partir de combien on est un retraité aisé ?
13:49Alors, déjà Benjamin Niemel, vous aurez noté que ce livre présente une vision, que ce n'est pas le programme,
13:54que le programme va venir,
13:55qu'il y a 500 personnes qui en ce moment travaillent justement sur l'élaboration de mesures concrètes, précises, et
13:59que ce temps-là n'est pas venu.
14:01Et que nous nous retrouvons dans trois mois.
14:02C'est quoi un retraité aisé ?
14:03Maintenant, je vais vous répondre sur l'héritage, parce que c'était la première question.
14:06Donc on comprend en fait taxer l'héritage, c'est ce qu'on dit, et alléger les cotisations sociales.
14:11Taxer les plus hauts patrimoines. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, nous sommes dans une situation où les ultra-riches
14:18échappent à la taxation commune.
14:20Donc, taxation des plus hauts patrimoines, oui. Taxation des super-profits comme ceux de Total en ce moment en pleine
14:26crise énergétique, oui.
14:28Taxation des plus grands héritages, pas des héritages modestes.
14:31Des plus grands héritages, oui. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il faut rétablir une forme de patriotisme dans ce
14:36pays.
14:36Et le patriotisme, ça suppose que ceux qui ont le plus contribué le plus à l'effort de redressant du
14:41pays.
14:42Et ça, c'est une différence essentielle, par exemple, avec le macronisme dont vous parliez.
14:45Je repose ma question. Taxer les retraités aisés, ça veut dire quoi ? A partir de combien on est un
14:49retraité aisé ?
14:50Je ne vais pas vous donner un seuil aujourd'hui. Il est évident qu'aujourd'hui, les retraités les plus
14:55aisés devront contribuer.
14:56Et que, oui, aujourd'hui, nous sommes dans une situation très paradoxale.
15:00Et donc, vous ne savez pas encore à combien vous fixez le bas ?
15:03Mais je ne vais pas vous donner de chiffres aujourd'hui.
15:04Les actifs, les actifs, et en particulier les jeunes actifs, sont les victimes aujourd'hui du statu quo et du
15:10contrat social.
15:11Et par contre, effectivement, pour la première fois, il y a plus de richesse chez les retraités.
15:17Et comme on a touché la question de l'héritage, je vais vous le dire, il y a un autre
15:21problème.
15:21C'est qu'on hérite de plus en plus tard, ce qui est en soi une bonne chose, puisque ça
15:24veut dire que les gens vivent de plus en plus longtemps.
15:25Simplement, on hérite souvent quand on est déjà à la retraite.
15:28Ce qui veut dire que les transferts de richesse ne sont plus entre les retraités, entre les générations.
15:34Et qu'à la fin, il va falloir qu'il y ait un nouveau contrat intergénérationnel.
15:39Autre sujet que vous traitez dans le livre avec une position singulière, c'est la question de l'immigration.
15:44Vous proposez la mise en place d'une convention citoyenne sur le sujet, sur le modèle de ce qui a
15:49pu être fait sur le climat ou sur la fin de vie.
15:51Et puis, est-ce que ce n'est pas une façon, au fond, un peu hypocrite de mettre à distance
15:55un sujet qui clive ?
15:57Une façon de dire, ce sera une convention citoyenne qui traitera de ce qu'il faut faire sur l'immigration
16:00?
16:01C'est tout le contraire de ça.
16:02Tout le contraire.
16:03La gauche, pendant longtemps, a refusé d'en parler comme s'il n'y avait aucun problème.
16:07Ce que ça a fait, c'est que ça a nourri les fantasmes dans la société française.
16:10Et donc, ce qu'il faut organiser, au contraire, c'est le débat sur la question migratoire.
16:14C'est encadrer un débat pour qu'on puisse confronter les points de vue, qu'on puisse avoir des experts
16:20qui viennent et qui nous exposent.
16:21Les différents aspects de la question migratoire, qui nous exposent le fait qu'on a un immense problème avec l
16:26'exécution des OQTF.
16:27Mais qui nous exposent aussi le fait que quand on nous explique qu'il faut une immigration zéro, ça tuerait
16:32l'économie française.
16:33Et moi, vous savez, je ne sacrifierais pas l'économie française à aller à la xénophobie ambiante.
16:39Mais c'est intéressant que vous utilisiez le mot du fait que la gauche n'a pas voulu voir.
16:43Parce que moi, j'ai retrouvé une phrase que vous aviez tenue à nos confrères de l'opinion au sujet
16:47de ce qui s'était passé à Cologne au nouvel an en 2016.
16:50Je rappelle des agressions sexuelles collectives.
16:52Vous disiez, ouvrez les guillemets, ce n'était pas les Syriens arrivés via la politique d'Angela Merkel.
16:55C'était principalement des Algériens et des Marocains qui ont agressé et violé en pleine rue.
17:00Comme la gauche n'a pas osé dire les choses clairement, l'extrême droite s'est nourrie de ses renoncements.
17:03Ce n'était pas des Algériens, mais...
17:04En tout cas, c'est la phrase qui est citée dans la colonne de l'opinion.
17:08Qu'est-ce que vous vouliez dire par là ?
17:09Parce que moi, je voulais comprendre l'explosion de l'AFD, de l'extrême droite allemande.
17:14Et que je voulais aller à la racine de ce phénomène politique incroyable.
17:19Parce qu'en Allemagne, il y avait le tabou ultime sur l'extrême droite.
17:21Et c'était largement lié au viol qui avait lieu à Cologne.
17:24Et l'extrême droite allemande a rendu responsable Angela Merkel et sa politique d'accueil des réfugiés syriens de ce
17:29qui s'était passé.
17:30Et ce dont on se rend compte, quand on se plonge dans les archives de la police de Cologne,
17:34c'est qu'en réalité, ce n'était pas une question de droit d'asile.
17:37Ce n'était pas une question...
17:38Il n'y avait pas un seul Syrien sur cette place.
17:40Ce n'était pas une question d'accueil des réfugiés.
17:43C'était, oui, il y avait un problème d'intégration.
17:46Et donc, moi, dans ce livre...
17:48Donc, vous faisiez le lien entre intégration, immigration et délinquance ?
17:51C'est ce que vous faisiez ?
17:52Ce à quoi je réponds dans ce livre, c'est au risque de désintégration de notre société.
17:56Et si on veut justement faire baisser la tension sur la question migratoire,
17:59eh bien, ce qu'il nous faut faire, c'est relancer la machine à intégration.
18:04Aujourd'hui, toutes les structures qui intégraient la France, qui fabriquaient la France, sont en crise.
18:11Toutes les structures collectives, on a supprimé le service militaire sans jamais se poser la question de le remplacer par
18:16quelque chose.
18:17Et c'est pour ça que je propose un service civique universel.
18:19On a laissé péricliter les organisations collectives.
18:23Même les colonies de vacances sont aujourd'hui en crise, celles qui assuraient la mixité des enfants.
18:28Vous savez, vous ne pouvez pas construire une société multiculturelle, une société cosmopolite, sans structure collective forte.
18:36Et c'est cela que je veux faire.
18:38Je veux reprendre le métier à tisser de la France.
18:40Je veux qu'à nouveau, on fabrique de la France.
18:42Et la première des raisons, et je veux en parler parce que c'est la source de toutes les crises,
18:46la première des raisons, c'est l'abandon de l'école publique.
18:49Ce qui se passe dans notre pays, c'est qu'on a aujourd'hui des enseignants français.
18:53Laissez-moi finir parce que c'est vraiment quelque chose de fondamental pour moi.
18:56Il y a un éditeur qui peut intervenir et qui peut vous poser une question.
18:58On a aujourd'hui des enseignants français dans le primaire qui sont moins payés que des enseignants portugais ou slovéens.
19:05On a les professeurs les plus mal payés, les plus mal traités d'Europe.
19:09On a 30% de nos écoles qui sont délabrées.
19:12On a une école qui reproduit les inégalités sociales alors qu'avant, elle les corrigait.
19:16Et le combat, s'il faut augmenter les professeurs, diminuer le nombre d'élèves par classe,
19:24il faut investir dans l'éducation et dans l'école, c'est fondamental parce que l'école fait la France.
19:28La France a été construite par l'école.
19:30Très bien. Alors, je propose qu'on donne la parole à Bernard, au standard de France Inter.
19:35Bonjour, bienvenue Bernard. Vous avez une question importante à poser
19:37puisque maintenant la difficulté pour vous, Raphaël Glucksmann, ça va être de rassembler la gauche.
19:42Allez-y Bernard.
19:42Bonjour Bernard.
19:43Oui, bonjour M. Glucksmann, bonjour à tous.
19:46Nous sommes nombreux à vouloir que ce soit nos idées de gauche qui arrivent au pouvoir.
19:51Des valeurs humanistes, sociales, écologiques et démocratiques.
19:54Et à gauche, du NPA jusqu'à place publique, on les défend ces valeurs.
19:59On dit à peu près tous la même chose.
20:02Alors, pourquoi ne pourriez-vous pas tous vous mettre autour d'une même table,
20:06parler programme et faire de nos désaccords minimes, je le rappelle, des solutions fécondes ?
20:11Pourquoi ne pas constituer une équipe de gouvernement et laisser les citoyens et citoyennes désigner celui ou celle qui fera
20:18le job ?
20:19C'est tout simple.
20:20Réponse de Raphaël Glucksmann. Merci Bernard pour votre question.
20:23Réponse courte parce qu'on arrive vraiment à la fin.
20:25Nous allons nous mettre autour d'une table.
20:27Nous allons discuter.
20:28Je vous invite le 13 juin au doc de Paris, à Aubervilliers.
20:32Vous verrez qu'il y aura des milliers de personnes qui partagent ces valeurs humanistes et cette vision de la
20:39France et du monde.
20:41Mais par contre, il n'y aura pas un seul candidat de gauche pour une raison très simple.
20:46C'est qu'avec Jean-Luc Mélenchon, nous avons des divergences tellement fortes, des visions du monde tellement opposées que
20:51ce ne sera pas possible.
20:52Par contre, sur le reste de l'espace politique de gauche, il faut qu'il y ait une seule candidature.
20:56Et c'est ce à quoi je vais œuvrer sans relâche, sans délai, dès aujourd'hui.
21:03Et il nous reste quelques secondes, Raphaël Glucksmann.
21:05François Hollande, il dit la même chose que vous.
21:07Il est sur le même espace que vous.
21:08Il pense à peu près la même chose que vous.
21:09Est-ce qu'il serait ce que ce n'est pas un meilleur candidat que vous ?
21:11J'ai entendu qu'il se prépare et j'en suis très content.
21:13Vous savez pourquoi ? Parce que je pense que tout le monde doit se préparer.
21:16Parce que cette élection est fondamentale.
21:18On joue l'avenir de notre nation.
21:20Je ne laisserai pas la France basculer dans le camp du poutinisme, dans le camp du trumpisme, dans le camp
21:25de la xénophobie.
21:26Et nous sommes l'alternative.
21:28Nous allons gagner cette élection.
21:31Et j'aimerais convaincre les électrices et les électeurs de gauche.
21:33On n'y va pas pour être premier à gauche.
21:35Ça ne m'intéresse pas.
21:36On ira pour gagner l'élection et transformer la France.
21:40Faire en sorte qu'elle soit à nouveau cette promesse de justice à celles et ceux qui ont besoin de
21:45la politique pour vivre.
21:46Parce qu'ils sont victimes des inégalités.
21:49Et c'est cela la clé de tout.
21:50Ma volonté est inébranlable.
21:52Rien ne m'empêchera de venir.
21:53Merci Raphaël Glucksmann d'être venu au micro d'Inter ce matin.
21:57La revue de presse est suivante.
21:58Merci à vous.
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