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Les invités du Grand entretien sont Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, et Jean-Louis Bourlanges, ancien président de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-18-mars-2026-9061999

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00:00Bientôt trois semaines de guerre au Moyen-Orient et aucun signe de dénouement ni d'apaisement en vue.
00:06Au contraire, malgré les coups très durs portés par Israël et les Etats-Unis,
00:10le régime iranien continue à riposter dans tout le golfe persique.
00:14Le blocage du détroit d'Ormuz fait planer le spectre d'un choc pétrolier et le chaos est de retour
00:20au Liban.
00:21Alors au 19ème jour du conflit, on va tenter de comprendre ce qui se joue désormais avec deux invités au
00:28micro du grand entretien.
00:29Bonjour Alice Ruffaut, merci d'être avec nous ce matin.
00:31Vous êtes ministre déléguée auprès de la ministre des Armées.
00:35Face à vous Jean-Louis Bourlange, bonjour.
00:37Merci d'être avec nous.
00:38À côté.
00:39À côté, en face, physiquement, mais on verra dans cet entretien.
00:42Merci d'être avec nous ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et ancien député
00:48du Modem.
00:48N'hésitez pas chers auditeurs, vos questions sont les bienvenues au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio
00:54France.
00:54Alors la France et le monde entier ont les yeux rivés sur les conséquences de cette guerre lancée par les
01:01Etats-Unis et Israël en Iran.
01:02On va parler de la position française au lendemain du dernier Conseil de Défense présidé par Emmanuel Macron.
01:08Mais d'abord cette question à tous les deux.
01:11Malgré les frappes, malgré l'élimination méthodique des hommes clés du pouvoir iranien,
01:16est-ce que vous êtes surpris par les capacités de résistance du régime, Alice Ruffeau ?
01:22Non.
01:23D'abord, je pense qu'elles sont quand même limitées.
01:26C'est-à-dire qu'il y a une forme d'attrition qui joue.
01:29Mais ensuite, c'est une stratégie du chaos qui est menée par l'Iran depuis le début.
01:33D'où les frappes sur les pays de la région.
01:36D'où l'activation des milices un peu partout.
01:39Et donc c'est une stratégie de chaos qui se déploie, ce qui n'est pas surprenante.
01:43Parce qu'on savait, et je pense que l'armée américaine aussi sait que l'Iran peut tout à fait
01:48répondre.
01:48Jean-Louis Bourlange, on ne voit pas tellement d'affaiblissement de cette riposte iranienne.
01:52Non, on ne voit pas d'affaiblissement de cette riposte iranienne.
01:55Je crois que dès le départ, il y avait un malentendu stratégique dans l'approche, surtout américaine.
02:02À savoir que quand on fait une opération de cet ordre, c'est-à-dire des bombardements extérieurs,
02:08on aurait appelé ça en 14-18 une préparation d'artillerie.
02:12Ou en 1944, un bombardement systématique du territoire sans prévoir une occupation au sol.
02:19Il est évident qu'on n'affaiblit pas du tout.
02:22On n'affaiblit pas en tant que tel un régime.
02:26Et il faut d'autant plus voir que le système iranien repose sur une réaction à des attaques.
02:35Il faut toujours se rappeler la guerre Irak-Iran.
02:38Ça a duré huit ans.
02:39Ça a fait, je crois, un million de morts.
02:41L'Irak était soutenu militairement par les Etats-Unis, l'URSS et un peu la France.
02:48C'était donc, bon, les mollas étaient en situation de faiblesse.
02:52Ils ont, à travers cette guerre, ils ont durci le rapport et ils ont maintenu et accentué leur pouvoir.
02:59Alors nous sommes dans cette situation avec quand même deux différences importantes pour le régime iranien.
03:04D'abord, ils se sont complètement coupés d'une grande partie de la population avec ces massacres absolument massifs au
03:11mois de janvier.
03:11Et deuxièmement, la précision quand même extraordinaire des frappes qui permet vraiment de frapper non seulement les dirigeants.
03:22Et Ali Laridjani, c'est très important.
03:25Mais également, n'importe quel commissariat, n'importe quel, ça crée quelque chose de très nouveau.
03:32Mais je ne pense pas que ce soit de nature à faire que le régime va tomber comme un fruit
03:39mûr.
03:40Alice Ruffaut, je rappelle qu'il y avait hier un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.
03:44Des informations dont vous disposez et que vous pouvez nous donner ce matin ou esquisser sur l'arsenal dont dispose
03:50encore l'Iran.
03:52Est-ce qu'il est encore opérationnel, fourni ?
03:55Est-ce qu'il permet encore de créer beaucoup de torts dans la région, alors même que les Etats-Unis
04:01et Israël font abattre leur puissance de feu sur l'Iran depuis désormais 19 jours ?
04:04Oui, de toute évidence, puisqu'il y a eu encore des frappes cette nuit sur les pays du Golfe.
04:09Vous voyez ce qui se passe au Liban à travers le Hezbollah.
04:13Vous voyez ce qui se passe en Irak à travers les milices affiliées au régime iranien.
04:17Donc oui, il y a des capacités de nuisance et de chaos tout à fait fortes de l'Iran encore.
04:22Maintenant, sur les volumes, comme vous le dites très justement, les Etats-Unis et Israël se concentrent sur les cibles
04:33politiques.
04:34Vous avez les Etats-Unis qui frappent les capacités de production de vecteurs, c'est-à-dire de missiles, de
04:42drones, etc.
04:43Puis les capacités maritimes aussi.
04:45Néanmoins, effectivement, il y a encore des ripostes qui sont extrêmement dangereuses pour la stabilité de la région.
04:51Et vous aussi, vous pensez que l'élimination d'Ali Larijani hier, l'élimination du général Soleimani,
04:57qui était aussi responsable de l'appareil répressif des gardiens de la Révolution, c'est-à-dire deux hommes clés
05:02du pouvoir iranien,
05:03ça n'est pas de nature à porter un coup fatal au régime comme Jean-Louis Bourlange ?
05:08C'est quand même important, c'est pas ce qu'il a dit.
05:15C'est quand même des éliminations tout à fait importantes.
05:20Je ne crois pas qu'on change des régimes par des interventions militaires extérieures.
05:24Maintenant, c'est difficile de se prononcer.
05:27Il y a beaucoup de confusion.
05:29Je veux dire, la population iranienne doit pouvoir choisir son destin.
05:32Là, de toute évidence, ce n'est pas le cas.
05:34J'ajoute un point, c'est quand même qu'il y a un blackout qui est très inquiétant,
05:39qui est en train de se remettre en place en Iran.
05:40On sait ce qui s'est passé la dernière fois qu'il y a eu un blackout.
05:43C'est-à-dire pas d'Internet, très peu de choses qui nous viennent,
05:46notamment de la répression qui est en cours.
05:48C'est un élément à craindre, honnêtement.
05:51Je voudrais préciser sur la capacité de nuisance.
05:54Je crois qu'il faut toujours voir qu'une capacité de nuisance,
05:57ça repose à la fois sur les moyens que vous avez de frapper,
06:00et également sur votre détermination psychologique.
06:02Or, le problème, c'est que plus le pouvoir iranien sera en situation désespérée,
06:08plus il sera violent.
06:09Le moment approchera où les Pazara n'auront d'autre choix
06:13qu'entre la mort reçue et la mort donnée.
06:16Et ça, ça peut donner des résultats effroyables,
06:19tant sur le plan intérieur que sur le plan international.
06:21Alors, il faut qu'on parle de Donald Trump,
06:23qui s'est lancé dans cette guerre aux côtés d'Israël,
06:25dont on ne sait toujours pas précisément ce qu'il en attendait.
06:28Il s'est dit surpris, choqué par la réposte iranienne dans le golfe Persique.
06:34Personne ne s'y attendait, dit le président américain.
06:37Il ment ou il est vraiment très mal informé ?
06:40Écoutez, moi, je ne sais pas ce qu'en pense, Mme Ruffo.
06:43Moi, j'ai cessé de croire quoi que ce soit de ce que dit le président Trump.
06:50Je regarde ce qu'il fait, mais ce qu'il dit, il dit n'importe quoi.
06:54Il change de discours tout le temps.
06:56Ça lui vient, il parle.
06:59Ça me fait penser à cette phrase de Sachet-Guetri,
07:02à quelqu'un qui lui disait, je parle comme je pense.
07:06Et Sachet-Guetri répondait, oui, mais beaucoup plus souvent.
07:09– Alice Ruffo, vous êtes ministre déléguée,
07:13donc vous ne pouvez peut-être pas dire les choses avec autant de liberté
07:15et vous confirmez que Jean-Louis Bourlange,
07:18peut-être que vous allez quand même citer Sachet-Guetri.
07:21Il se pose quand même cette interrogation stratégique sur Donald Trump.
07:25Je rappelle qu'avant d'avoir été ministre,
07:27vous avez été conseillère du président de la République sur les questions diplomatiques.
07:30Vous avez donc suivi ces entretiens,
07:31vous avez suivi aussi cette relation étroite entre Emmanuel Macron et Donald Trump.
07:36Qu'est-ce qui se passe dans la tête de Donald Trump ?
07:38Est-ce qu'il sait où il va ?
07:39Est-ce qu'au fond, il est, en quelque sorte, il subit les événements ?
07:44Est-ce qu'il agit sous la pression d'Israël,
07:48qui pour le coup a des buts de guerre beaucoup plus clairs,
07:49faire tomber le régime que les États-Unis ?
07:51Quelle est votre analyse ?
07:52– Alors je me suis donnée pour principe de ne pas chercher à comprendre
07:54ce qui se passe dans la tête des présidents,
07:56mais de regarder ce qu'ils disent,
07:57parce qu'en général, il y a quelque chose qui est très marquant dans la période contemporaine,
08:00c'est que quand les gens parlent, ils font ce qu'ils disent.
08:04Donc il faut prendre assez littéralement les déclarations
08:07d'où qu'elles viennent.
08:08– Comme il dit des choses très contraintes,
08:10on peut faire notre marché.
08:13– Sauf que là, il avait dit,
08:15si la négociation n'aboutit pas,
08:17il y aura une guerre.
08:19Sur la surprise que constitue la réponse iranienne,
08:23c'est-à-dire qu'en fait,
08:23c'est assez absurde comme réponse,
08:25puisque on sait que les pays du Golfe,
08:27qui sont nos alliés, nos partenaires, etc.,
08:29avaient plutôt temporisé,
08:32plaidé pour une solution diplomatique,
08:34craignant une déstabilisation régionale
08:36provoquée par une réponse
08:37sous forme de stratégie du chaos
08:39de la part de l'Iran.
08:40Donc effectivement, c'est une réponse
08:42de la part de l'Iran
08:43qui cible des pays
08:45qui ne les ont pas attaqués,
08:47qui bloquent le trafic international.
08:52C'est une réponse,
08:53je ne sais pas s'il y a un élément de surprise,
08:54mais en tout cas, c'est une stratégie du chaos.
08:56Donc on ne peut que comprendre
08:58que cette stratégie du chaos n'est pas valable.
09:01En tout cas, on peut la condamner.
09:02Mais en tout cas, on l'avait anticipé,
09:04enfin je présume que la France l'avait anticipé.
09:06C'est-à-dire qu'on a des accords
09:08avec les pays de la région qui sont frappés,
09:10donc forcément on est au contact.
09:12Je me souviens avoir eu une discussion
09:14avec M. Bancel sur ce sujet,
09:18il disait que la stratégie de l'Iran
09:20était irrationnelle.
09:21Moi je ne crois pas du tout.
09:22Je crois que les dommages
09:24infligés aux voisins,
09:26c'est l'arme essentielle
09:28et on voit bien que c'est ça
09:30qui embarrasse Trump.
09:31Ensuite, la seconde remarque
09:32que je voulais faire,
09:33c'est est-ce que vraiment,
09:35comme vous l'avez dit tout à l'heure,
09:38Benjamin,
09:39c'est est-ce que Israël
09:43a des buts de guerre clairs ?
09:45On voit que ce que veut Israël,
09:47c'est continuer la guerre.
09:49Alors que Trump veut absolument,
09:50parce qu'il est en risque politique évident,
09:52en sortir.
09:53Mais qu'est-ce que veut Israël ?
09:55Israël élimine des solutions alternatives.
09:57Parce que c'est manifestement
09:59les Israéliens qui ont voulu
10:00les deux morts très importantes
10:02que nous avons signalées au début.
10:04Et qu'est-ce qu'ils veulent sinon ?
10:06Une destruction et un non-remplacement
10:09du système.
10:10Car ce qui est très grave
10:11dans la situation actuelle,
10:13c'est qu'on détruit tout,
10:14mais qu'il n'y a aucune perspective
10:16de remplacement.
10:17Alice Ruffo,
10:17il faut qu'on parle là encore
10:18de ce qui a été dit hier
10:20en Conseil de Défense,
10:22et parler de ce qui se passe
10:23dans le Détroit d'Ormuz.
10:25Il y a eu des demandes
10:26d'assistance militaire
10:27des pays de l'OTAN
10:27d'à la part du président américain.
10:30Un refus quasi général.
10:32C'est Emmanuel Macron
10:33qui l'a dit hier,
10:34c'est hors de question
10:34pour la France
10:35d'aller escorter des tankers
10:38comme le demandait
10:38le président Trump,
10:40qui ensuite est revenu
10:41sur ses propos en disant
10:41de toute façon,
10:42on n'en avait pas besoin,
10:43mais c'était un test
10:43pour les pays de l'OTAN.
10:45Pourquoi cette fin
10:46de non-recevoir de la France ?
10:47Est-ce que c'est une question
10:48de principe
10:49au nom de la posture
10:50dite défensive ?
10:51Est-ce que c'est pour des raisons
10:52de sécurité ?
10:54Pourquoi est-ce que vous refusez ?
10:55Et là, c'est bien
10:56à la ministre déléguée
10:56aux armées
10:57qu'on pose la question.
10:58Merci.
10:59L'intervention militaire,
11:02l'emploi de la force,
11:03elle se décide toujours,
11:05souverainement,
11:06singulièrement
11:06pour un pays comme la France
11:07qui a une tradition
11:08d'indépendance très forte.
11:10Un.
11:11Deux,
11:12que le Détroit d'Ormuz
11:14soit apaisé
11:15et qu'il y ait une reprise
11:16de la liberté de circulation
11:17et une sécurité maritime
11:19qui soit établie,
11:20c'est un intérêt mondial,
11:21y compris pour les pays d'Asie,
11:23parce qu'on voit bien
11:23ce que ça donne
11:24sur le cours de pétrole
11:25et du gaz,
11:25donc c'est un peu compliqué
11:26comme situation.
11:27Maintenant,
11:28participer,
11:29aujourd'hui,
11:30de vive force
11:31à une intervention
11:32avec des moyens armés
11:33dans le Détroit d'Ormuz
11:34est évidemment hors de question.
11:36Pourquoi ?
11:36Parce que ça serait
11:37participer à l'offensive.
11:39Or,
11:39nous n'avons pas choisi
11:40la guerre menée
11:41par Israël et les Etats-Unis,
11:42donc il n'y a pas de raison
11:43d'y participer.
11:44J'ajoute un autre point,
11:46c'est que,
11:46très bien,
11:47il y aurait une intervention
11:48de vie de force
11:48comme c'est proposé.
11:49Mais en fait,
11:50ce qu'il s'agit de faire,
11:51c'est de rétablir le trafic.
11:53Forcément,
11:54il faut qu'il y ait
11:54une baisse du niveau de tension
11:55parce que si vous ajoutez
11:57de la tension,
11:57vous ne rétablissez pas
11:58le trafic,
11:59vous accentuez
12:00la conflictualité.
12:01Donc non,
12:02par contre,
12:02ce que fait la France,
12:03c'est-à-dire qu'elle ne reste
12:04pas inactive pour autant
12:05loin de là,
12:06c'est qu'elle a un déploiement
12:06maritime très conséquent
12:08dans la région,
12:09en Méditerranée
12:10et en Mer Rouge,
12:11et elle travaille
12:13avec des partenaires
12:14d'Indo-Pacifique,
12:16en particulier l'Inde
12:18faire en sorte que le niveau
12:20de tension baisse
12:20pour que la liberté
12:21de circulation maritime
12:22puisse revenir.
12:23Qu'est-ce qu'on y fait
12:25en Mer Rouge,
12:26Alice Ruffeau ?
12:26Effectivement,
12:27on a dépêché le porte-avions
12:28Charles de Gaulle,
12:29des frégates,
12:29des portes hélicoptères.
12:30Alors quoi ?
12:31La Méditerranée orientale ?
12:32Oui.
12:32Alors cette armada française
12:34qui a été dépêchée
12:35dans la région,
12:36qu'est-ce qu'elle fait ?
12:37Où sont les bâtiments ?
12:39Ils font quoi ?
12:39Alors,
12:40le porte-avions
12:41qui a avec lui
12:43des frégates,
12:43pas seulement françaises,
12:44d'ailleurs européennes,
12:46il est en Méditerranée orientale,
12:47il est placé en soutien
12:49à nos partenaires,
12:50notamment Chypre,
12:51qui a eu des conséquences
12:52très directes sur son territoire
12:53et il est en face du Liban
12:55où,
12:56je ne sais pas si on va y revenir,
12:57mais la situation s'aggrave.
12:59Voilà.
12:59Ensuite,
13:00premier élément.
13:00Deuxième élément,
13:01il y a une opération
13:02qui existe de l'Union européenne
13:03en Mer Rouge,
13:04qui s'appelle l'opération
13:04Aspides,
13:05qui a un mandat
13:06et qui a vocation
13:07à assurer la liberté
13:08de circulation en Mer Rouge,
13:09c'est-à-dire
13:10à permettre le passage
13:11des bateaux commerciaux
13:12avec des escortes
13:14au moment où,
13:14vous savez,
13:15il y a eu ce pic de tension
13:16avec les outils
13:17à la suite
13:18des tensions
13:20au Moyen-Orient
13:20des dernières années.
13:22Il ne faut pas confondre les choses.
13:23Oui,
13:23mais on voit bien
13:24que dans cette région
13:25qui est en plein chaos,
13:26l'Iran qui tire
13:28des centaines de missiles
13:29et de drones
13:30qui attaquent
13:30des installations pétrolières,
13:32les intérêts américains,
13:34si d'aventure
13:35l'un de nos bâtiments
13:36était frappé,
13:37qu'est-ce qui se passerait ?
13:39L'Iran,
13:41l'un de nos soldats,
13:42vous avez participé hier
13:44à l'hommage
13:44à Arnaud Frion
13:46qui a été tué
13:46dans une attaque de drone
13:47en Irak la semaine dernière.
13:49On se demande en fait
13:51jusqu'à quel point
13:52la France va pouvoir
13:53ne pas entrer
13:54dans cette guerre.
13:55Je comprends,
13:56mais simplement,
13:57je pense qu'il faut rappeler
13:58l'essentiel.
13:59Le major
14:00que vous citez
14:01à qui je veux rendre hommage
14:02aujourd'hui
14:02a été engagé
14:04dans une opération
14:04de lutte contre le terrorisme
14:06en Irak
14:06en appui à la souveraineté
14:08et à l'intégrité
14:09de l'Iran.
14:09De l'Irak,
14:10pardon,
14:12le fait est
14:13qu'il faut à tout prix
14:15être fidèle aussi
14:16à cet engagement
14:17de nos forces
14:18qui se battent
14:19pour notre sécurité.
14:19Je rappelle que
14:20quand on a des forces
14:21engagées en Irak
14:21dans la lutte contre Daesh,
14:23contre le terrorisme
14:24aux côtés des Kurdes,
14:25c'est pour notre sécurité.
14:27Donc ça,
14:27il faut le maintenir.
14:28Le deuxième élément
14:28que vous posez comme question,
14:30c'est les moyens militaires français,
14:32est-ce qu'ils se défendent ?
14:32Mais ils ont des moyens
14:33extrêmement puissants
14:34de défense antiaérienne
14:36et de protection
14:36de force.
14:38Donc c'est puissant
14:39quand la France se déploie.
14:41C'est dissuasif
14:41quand la France se déploie.
14:42On va parler
14:43Alice Ruffo du Liban
14:44dans un instant
14:45puisque la France
14:45est très engagée
14:46pour tenter
14:47d'arriver à une situation
14:50de cesser le feu
14:51entre le Hezbollah et Israël.
14:52Mais juste d'un mot,
14:53Jean-Louis Bourlange,
14:54on a du mal à voir
14:55ce qui pourrait
14:55esquisser une sortie du conflit.
14:57Qu'est-ce qui à un moment donné
14:58fera que Donald Trump
14:59dira
14:59là on s'arrête ?
15:00Est-ce que c'est
15:01une pression intérieure
15:02compte tenu
15:02des prix du carburant ?
15:04Est-ce que c'est
15:05là encore
15:05une psychologie
15:06peut-être erratique
15:07qui fera qu'un matin
15:08on se lèvera
15:08et qu'il y aura
15:09un post sur Truth Social
15:11où il dira
15:11j'ai gagné la guerre
15:12c'est terminé ?
15:13Qu'est-ce qui peut
15:14aboutir à la sortie
15:15de ce conflit ?
15:16D'abord un mot complémentaire
15:17sur la présence française.
15:18Je crois que
15:19nous sommes effectivement
15:20dans une position
15:21très claire de défense
15:22avec des obligations.
15:24L'article 43.7
15:24de l'Union Européenne
15:25sur Chypre.
15:26Mais il est évident
15:27qu'entre la défense
15:28et l'implication
15:30on peut être entraîné.
15:31Et c'est là
15:31où nous sommes fondés
15:32à dire
15:33et ça rejoint votre question.
15:35c'est-à-dire que le président Trump
15:37a entraîné le monde
15:38dans une aventure
15:41dont il ne sait pas du tout
15:42comment la déboucler.
15:44Et là je crois que
15:45je le dis
15:46si pour l'Iran
15:48tenir c'est gagner la guerre.
15:50C'est comme ça
15:51qu'ils ont vaincu l'Irak.
15:53Tenir, tenir, tenir.
15:54Pour les Israéliens
15:56qu'est-ce qu'ils veulent faire exactement ?
15:58Sinon je ne vois pas qu'ils veuillent.
16:01Je serais très surpris
16:02que Netanyahou
16:03ait dans l'idée
16:04de construire
16:04un état de 90 millions d'habitants
16:07puissant, respecté.
16:08Quant à Trump
16:09il veut s'en sauver.
16:10Il veut se tirer de cette affaire
16:12et il veut donc avoir
16:13il faut qu'il aille très vite
16:15et il faut qu'il ait un succès.
16:16Ce succès
16:17vous l'avez dit
16:18ça ne peut pas être
16:19ça ne suffit pas
16:21d'avoir quelques dirigeants.
16:23Ce succès
16:24il est très très incertain
16:26et il est amené
16:27je crois
16:28à partir piteusement
16:31s'il n'y a pas
16:32un effondrement du régime.
16:34Cet effondrement du régime
16:35on ne voit pas
16:36qu'il puisse se produire
16:37sans des violences
16:38absolument extraordinaires
16:40en Iran.
16:40Alors pour introduire
16:41la suite
16:42de notre discussion
16:43et le sujet du Liban
16:45qui est l'autre front
16:46de cette guerre
16:47je vous propose
16:47d'écouter la question
16:49de Marc
16:50au standard de France Inter.
16:51Bonjour
16:52bienvenue Marc
16:52Bonjour Florence
16:54Paracuelos
16:55bonjour à vos invités
16:57je ne comprends pas
16:59la politique extérieure
17:01de la France
17:01qui ne consiste
17:03à mon avis
17:03qu'en de la déploration
17:04le Charles de Gaulle
17:06est en train
17:07de faire des ronds
17:08dans l'eau
17:09en Méditerranée orientale
17:11monsieur Macron
17:12prétend défendre
17:13le Liban
17:14pourquoi ne protège-t-on
17:16pas l'espace aérien
17:17libanais
17:18en accord bien sûr
17:19avec le gouvernement
17:20de ce pays
17:21qui s'est engagé
17:24et il a déjà commencé
17:26à désarmer
17:27le Hezbollah.
17:28C'est une question
17:29pour vous Alice Ruffo
17:30Oui bonjour
17:31je ne peux pas laisser dire
17:35que la France
17:35ne fait rien au Liban
17:37on a plusieurs centaines
17:39de soldats
17:40au sud Liban
17:41dans la finule
17:41l'opération de maintien
17:43de la paix
17:43des Nations Unies
17:44qui a été déployée
17:46au sud Liban
17:46et ce n'est pas
17:47une mission facile
17:48on a effectivement
17:50le Charles de Gaulle
17:51qui est en Méditerranée orientale
17:52ce qui est un soutien
17:53au Liban
17:54on a une opération humanitaire
17:55qui est en cours
17:55qui est très forte
17:56et on a une action diplomatique
17:58qui consiste
17:59comme le président le fait
18:00à travailler aussi
18:02entre la Syrie
18:03et le Liban
18:03parce qu'il y a un sujet
18:05sur ce point là
18:06et en 2024
18:07c'est la France
18:08avec les Etats-Unis d'ailleurs
18:09qui a travaillé
18:10à une médiation
18:11mais vous entendez Marc
18:12il vous dit
18:13protéger l'espace aérien
18:14du Liban
18:15pardon
18:15il y a des autorités
18:16au Liban
18:17qui sont extrêmement courageuses
18:19dans cette période
18:20et qui ont dit
18:20un leur détermination
18:22enfin l'action du Hezbollah
18:23a été suicidaire
18:24on le voit aujourd'hui
18:25voilà
18:25Lorient le jour
18:26avait titré
18:27je me rappelle
18:28le lendemain des attaques
18:28le titre magnifique
18:31qui disait tout
18:32ce qui allait se passer
18:32de terrible
18:33et de terrible
18:34aujourd'hui au Liban
18:35qui est en train d'arriver
18:36on a été tout aussi clair
18:37sur le fait
18:38qu'une offensive israélienne
18:39majeure
18:39serait une catastrophe
18:40c'est une catastrophe
18:42humanitaire
18:42politique etc
18:43donc l'action diplomatique
18:44de la France
18:45a peu d'effet
18:45pour l'instant
18:46il faut quand même le dire
18:46écoutez
18:47laissez-nous le bénéfice
18:48d'essayer
18:50et de travailler
18:50en tout cas
18:51lorsque nous avons fait
18:52la médiation en 24
18:54il n'y avait pas
18:55des autorités
18:55aussi courageuses au Liban
18:57on va le faire
18:58on va y travailler
18:58et surtout
18:59on va réarmer
19:00très fort
19:01les forces armées libanaises
19:02Jean-Louis Bourlange
19:03on entend des ministres israéliens
19:04d'extrême droite
19:05dire
19:05on va faire du Liban
19:06le nouveau Gaza
19:07est-ce que c'est
19:08la perspective
19:09qui s'ouvre
19:10aux Libanais
19:11dans les semaines qui viennent
19:12je pense que
19:14j'espère que
19:15l'extrême droite
19:15ne va pas être suivi
19:16les faits
19:16mais effectivement
19:17c'est le problème
19:18fondamental
19:19de ce que fait Israël
19:20depuis le 7 octobre
19:21c'est-à-dire
19:22détruire
19:23Dieu sait que
19:24le 7 octobre
19:25a été atroce
19:25Dieu sait que
19:26le Hamas
19:27était un groupe terroriste
19:30et que le Hezbollah
19:31l'est aussi
19:31mais
19:32on a détruit
19:33complètement
19:34la situation
19:35enfin
19:36la population
19:37les territoires
19:38à Gaza
19:39sans trouver
19:40une solution politique
19:41au Liban
19:42au nom de quoi
19:44s'en prendrait-on
19:44à l'état libanais
19:46qui est
19:47un état
19:48qui essaie
19:49de se débrouiller
19:50avec des moyens
19:50extrêmement limités
19:52Ce que dit Israël
19:53c'est qu'ils s'en prennent
19:53au Hezbollah
19:53pas à l'état libanais
19:54Oui d'accord
19:55il y a des frappes
19:56sur les hôpitaux
19:56Non mais
19:57je reprends
19:58l'image
20:00des ministres
20:01d'extrême droite
20:02que vous évoquez
20:03transformée en Gaza
20:04bon alors
20:04le Liban
20:05si le Liban
20:05c'est Gaza
20:06il ne reste rien
20:07il ne reste rien
20:08donc moi je crois
20:09que
20:09Madame Rochaud
20:10a raison de dire
20:11que
20:12notre rôle
20:14c'est d'être
20:15à l'écoute
20:15du pouvoir
20:19légal
20:20légitime
20:20du Liban
20:21que nous avons
20:21d'ailleurs
20:22contribué
20:23à faire naître
20:24Jean-Yves Le Drian
20:25a dépensé
20:26énormément
20:27d'énergie
20:27et de talent
20:28pour faciliter
20:30cette solution
20:31on connait bien
20:32le Liban
20:32c'est compliqué
20:33nous n'oublions pas
20:34que c'est nous
20:35qui avons fondé le Liban
20:36le général Gouraud
20:37dans les années 20
20:38du siècle précédent
20:40c'est le grand Liban
20:41c'était nous
20:42nous avons
20:42au Liban
20:43nous avons des souvenirs
20:44nous avons des amis
20:45et nous devons
20:46et la seule solution
20:48c'est de coller
20:49à ce que veut
20:50l'État libanais
20:51merci à tous les deux
20:52on pourrait prolonger
20:53l'entretien longtemps
20:54parce qu'on n'a pas fait
20:55le tour de toutes les conséquences
20:56de ce conflit
20:57et qu'on ne sait pas
20:58si on est en ce moment même
21:00dans un moment
21:01de bascule stratégique
21:02je voulais juste
21:03pour rassurer
21:03nos auditeurs
21:04dire que la France
21:05n'est jamais entraînée
21:07j'entends l'anti-inquietude
21:09dans ce que vous avez dit
21:10tout à l'heure
21:10c'est pour ça
21:10j'ai mal répondu
21:11à votre question
21:11je m'excuse
21:12la France décide
21:13des conditions
21:14de ce qu'elle fait
21:15donc la France
21:16ne se laissera pas
21:17entraîner dans cette guerre
21:17d'accord
21:18merci
21:20Alice Ruffo
21:21merci
21:21Jean-Louis Bourlange
21:23d'avoir répondu
21:23aux questions
21:24de France Inter
21:25ce matin
21:26la revue de presse
21:26à suivre
21:26
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