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  • il y a 5 semaines
Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:00La France est-elle suffisamment équipée pour lutter contre les incendies ?
00:04Question qui se pose évidemment cet été, qui va se poser de plus en plus dans les années à venir
00:08et que nous allons poser ce matin au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
00:12Bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Question plus généralement sur les dégâts provoqués par les feux de forêt,
00:17notamment on l'a vu ces derniers jours à Fontainebleau,
00:19encore ces dernières heures dans le Var ou en Corse, entre autres.
00:23Question aussi sur la présomption de légitime défense pour les policiers, entre autres.
00:29Vous nous appelez, vous qui nous écoutez comme d'habitude, au 0145 24 7000
00:33et vous nous écrivez sur l'application de Radio France.
00:35Laurent Nunez, la sécurité civile, les pompiers, ont-ils donc suffisamment de moyens
00:40pour lutter contre les feux de forêt que l'on voit désormais partout sur le territoire
00:45et de plus en plus tôt dans la saison ?
00:48D'abord, permettez-moi de dire qu'on est dans une situation un peu exceptionnelle.
00:53Et qui va devenir la norme dans les années à venir.
00:55C'est extrêmement importante, on a une abondance de végétation avec les pluies
00:59qu'il y a eu à la fin de l'année 2025 et puis souvent on a du vent
01:02qui fait que sur beaucoup de théâtres tout est assez abrasif
01:05et les feux partent très vite, très très vite.
01:09Et la semaine qui s'ouvre là est une semaine avec un risque assez sévère
01:14pour tout le sud-est et le sud-ouest.
01:15Donc il y aura évidemment beaucoup de vigilance de la part de l'ensemble des effectifs
01:19de la sécurité civile, les sapeurs-pompiers, les militaires de la sécurité civile.
01:2395% des feux se combattent avec des moyens terrestres.
01:26Il ne faut pas l'oublier.
01:27Et les moyens aériens interviennent sur les feux les plus importants.
01:3195% des feux se combattent avec des moyens terrestres.
01:3490% des feux parcourent à peine 1 à 2 hectares.
01:37Il faut le rappeler, c'est une façon de répondre aussi à votre question.
01:39Nous avons une suffisance de moyens, puis elle est moyen aérien.
01:42Oui ou non suffisamment de moyens.
01:44Oui, nous avons suffisamment de moyens.
01:45Bien sûr, nous avons des moyens terrestres qui ont été renforcés,
01:49équipés avec le pack capacitaire qui a été décidé en 2022
01:52et qui a permis d'investir de manière conséquente.
01:54Et puis il y a la flotte aérienne qui est tout à fait importante
01:56avec ses 12 canadaires, ses 8 avions d'âche,
02:00ses 12 hélicoptères bombardiers d'eau,
02:02ses 6 avions qui sont bombardiers d'eau, dont des avions tractors,
02:06plus tous les moyens aériens des services départementaux d'incendie de secours,
02:09une trentaine environ, ce qui fait une flotte d'un peu moins de 70 appareils.
02:14Mais Emmanuel Macron avait promis de la renouveler, cette flotte,
02:19et surtout de la compléter à l'horizon 2027.
02:23Or, le Rassemblement National et la France Insoumise,
02:26notamment, accusent Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre,
02:30d'avoir annulé en 2024 la commande de deux canadaires.
02:32Est-ce que vous dites ce matin, oui, c'était une erreur ?
02:34Non, il n'y a pas d'erreur.
02:35Ce qui est dit est faux.
02:36En 2022, nous n'avions pas 70 moyens aériens.
02:39Donc, nous louons depuis cette période les 12 hélicoptères bombardiers d'eau dont je parlais,
02:44les 6 avions bombardiers d'eau, nous les louons chaque année depuis cette période.
02:47Ce qui fait qu'on a plus que doublé la faute aérienne.
02:50Donc, tout ce qui est dit est faux.
02:50Il y a bien eu une coupe dans les crédits, notamment de la sécurité civile,
02:5450 millions d'euros à peu près, qui a conduit à l'annulation de cette commande.
02:59Il y avait 4 canadaires commandés, il n'y en a plus que 2 ?
03:00Non, les crédits de la sécurité civile n'ont cessé d'augmenter.
03:03Donc, les crédits n'ont cessé d'augmenter.
03:04Et il y a bien eu une commande de 4 canadaires, 2 qui arriveront en 2028 et 2 qui arriveront
03:10en 2032.
03:11Donc, d'ailleurs, ceux qui arriveront en 2028 sont en partie financés par l'Union européenne.
03:15Et c'est grâce à une action commune, d'ailleurs initiée par le président de la République,
03:18au niveau européen, que la société qui produit les canadaires a pu repartir.
03:23Donc, tout ça, ce sont des polémiques stériles.
03:24Nous avons une floque aérienne qui est conséquente, qui permet de répondre aux moyens.
03:28On l'a vu hier, vous savez, hier sur l'incendie qui a eu lieu dans le Var et qui
03:31est en cours d'être fixé,
03:33qui est encore en cours, où nous avions hier 5 canadaires engagés, 2 avions d'âche et 2 hélicoptères bombardiers
03:40d'eau.
03:40Donc, c'est dire l'importance des moyens que nous savons mobiliser là où c'est nécessaire.
03:43Il y a bien eu 10 milliards de crédits annulés en 2024 sur fonds de déficit budgétaire,
03:50dont 50 millions qui étaient censés être consacrés à la sécurité civile.
03:53Mais ça n'a pas empêché de finalement passer commande de canadaires et de louer des moyens aériens
03:57qui ont permis de répondre aux besoins de la sécurité civile en matière de moyens aériens.
04:00Mais on est loin de ce qu'avait promis Emmanuel Macron, encore une fois ?
04:03Nous y sommes avec ce que nous louons et nous avons commandé des canadaires.
04:06Et nous louons de la flotte.
04:07La flotte depuis 2022, vous savez, ça a été une saison assez exceptionnelle.
04:12Elle a été plus que multipliée par deux grâce aux avions,
04:16aux hélicoptères bombardiers d'eau, aux avions bombardiers d'eau que nous louons et à nos 12 canadaires.
04:20Notre flotte en matière de canadaires...
04:21Qu'Emmanuel Macron avait promis de renouveler et qu'ils seront seulement rénovés.
04:24Je vous signale d'abord, notre flotte de canadaires, elle est identique à celle d'autres pays européens,
04:28contrairement à ce qu'on peut entendre ici ou là.
04:31Premier sujet.
04:32Deuxième sujet, pour chaque canadaire, nous avons un moteur supplémentaire.
04:35Et donc, le taux de disponibilité de nos canadaires, il est de 85% au moment où je vous parle.
04:40Ce qui est exceptionnel par rapport au reste de l'Europe,
04:42et même par rapport à l'utilisation de l'aviation d'une manière générale.
04:46Si vous regardez la disponibilité des avions en matière militaire,
04:48il est à peu près identique, voire parfois un peu inférieur.
04:50C'est donc l'une des polémiques de l'été sur ces incendies.
04:54Vous y avez répondu.
04:55Il y a des tests qui vont pouvoir avoir lieu sur l'avion d'Airbus, l'A400M,
05:01qui est habituellement consacré au transport de troupes militaires ou de matériel militaire.
05:07Il va pouvoir intervenir dans les prochains jours sur des incendies ?
05:10Oui, dans les prochains jours.
05:11Alors, les tests ont eu lieu.
05:12Ils ont commencé déjà en 2025.
05:13Ça consiste à équiper un avion militaire d'un kit qui permet de projeter soit de l'eau,
05:19soit du produit retardant, à hauteur de 20 000 litres.
05:22C'est l'équivalent de deux canadaires.
05:24On met une citerne.
05:25Oui, voilà.
05:26On met un kit, une citerne, qui projette de l'eau.
05:29Donc, on a fait un certain nombre de tests qui ont plutôt été concluants.
05:31Et là, il y a un appareil A400M qui est en cours d'équipement
05:35et qui pourra être utilisé d'ici une dizaine de jours, le temps de former les effectifs.
05:39Mais il sera surtout utilisé pour projeter du produit retardant,
05:44c'est-à-dire en amont des feux, pour protéger des zones vulnérables.
05:47Ça sera surtout l'utilisation qui en sera faite.
05:48En complément des bombardiers d'eau ?
05:49Absolument.
05:50Vous parliez de formation.
05:5110 jours, est-ce que c'est suffisant ?
05:53Il y a suffisamment de pilotes pour manœuvrer un tel engin ?
05:57C'est compliqué quand même dans ces conditions, à très basse altitude ?
05:59Ce sont des avions militaires.
06:01Donc, il y a un accord qui a été signé entre la ministre des Armées,
06:04que je remercie, et le ministre de l'Intérieur,
06:07qui a été signé ces jours derniers.
06:08Et donc, d'ici une dizaine de jours, on pourra utiliser un de ces appareils sur les théâtres d'incendie.
06:13Un mot rapidement de la situation sur les feux de forêt proprement dit.
06:18On a parlé de Fontainebleau ce matin.
06:20Il y a encore des pompiers sur place, mais beaucoup moins que ces derniers jours.
06:22Le feu est stabilisé.
06:24Quels sont les points d'inquiétude aujourd'hui en France ?
06:27L'inquiétude, elle est partout en France.
06:28Elle est généralisée.
06:29On a bien vu que les feux de forêt remontent la ligne.
06:32Ils vont bien au nord de la Loire.
06:34On l'a vu, justement, avec deux incendies qui sont en cours.
06:37Il y en a un qui est fixé.
06:38C'était dans le département de Loire-Atlantique.
06:40Près de Saint-Lazaire.
06:41À Trignac, hier, près de Saint-Lazaire.
06:43Où on a six maisons qui ont été incendiées.
06:47Le feu a parcouru une vingtaine d'hectares, mais en milieu péril urbain.
06:50Où on a d'ailleurs engagé, là encore, deux avions bombardés d'eau, des airs tracteurs.
06:55Et puis, il y a le feu à Trignac qui l'est fixé.
06:59Puis, il y a un feu à Tarado, dans le département du Var, où une dizaine de maisons ont été
07:03brûlées.
07:04Une cinquantaine impactée.
07:05Où on a engagé d'importants moyens aériens.
07:07Il est en cours d'être fixé, mais il ne l'est pas encore tout à fait.
07:09Le dernier bilan que vous aviez donné, c'était depuis le début de l'année 2026.
07:14Plus de 30 000 hectares de forêt.
07:15Nous sommes à un peu moins de 40 000.
07:17Un peu moins de 40 000 ce matin.
07:18De hectares qui ont été brûlés, forêt ou végétation.
07:21Ce qui est évidemment beaucoup plus, beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière.
07:27Et à la même période, beaucoup plus qu'en 2022, qui était déjà une saison exceptionnelle.
07:31Donc, parmi les pires de toutes celles que nous avons connues sur le front des incendies.
07:36Tous les jours, il y a une multiplicité de feux qui se déclarent.
07:38Et la plupart d'entre eux sont maîtrisés, éteints, dans des délais très courts et parcourent une distance qui est
07:43très faible.
07:44C'est des dizaines, voire des centaines de départs de feux chaque jour.
07:46C'est beaucoup d'engagement des personnels, des sapeurs-pompiers, des militaires, de la sécurité civile et de nos pilotes
07:51de la flotte aérienne dont je veux saluer le travail.
07:54Départs de feux parfois volontaires, comme ça a été le cas à Fontainebleau.
07:56Il y a deux hommes mis en examen pour incendies volontaires.
08:00Notamment un pompier volontaire de 18 ans.
08:02Où sont les enquêtes ?
08:04Les enquêtes sont en cours sous l'autorité de la procureure de Fontainebleau en l'occurrence.
08:08Mais d'une manière générale, sachez que 9 feux sur 10 ont une origine humaine, volontaire, accidentelle, l'imprudence.
08:14Et nous en sommes là au moment où on se parle à 111 interpellations pour la France entière sur des
08:19incendiaires dont une grande partie d'ailleurs reconnaissent les faits.
08:2290% d'origine humaine, vous l'avez dit, en grande partie d'origine accidentelle.
08:27Ça a été le cas aussi à Fontainebleau à cause de deux chantiers qui étaient menés près de la forêt.
08:34Quel message vous faites passer aux gens qui nous écoutent sur les comportements ?
08:38Sur Fontainebleau, bien dire qu'il y a une enquête en cours, la procureure de Fontainebleau s'exprimera.
08:42Mais il y a pour partie une cause volontaire, pour partie probablement une cause accidentelle.
08:46Le message, c'est un message de prudence, de faire attention.
08:48N'importe quel mégot devient abrasif dans la situation que nous connaissons, avec la sécheresse, beaucoup de végétation, souvent du
08:55vent.
08:55Donc il faut être extrêmement prudent sur les mégots, les barbecues, et surtout respecter les consignes de la sécurité civile
09:00et les consignes qui sont données par les préfets localement.
09:02Tout autre sujet, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
09:05Sur la proposition de loi adoptée il y a moins de deux semaines à l'Assemblée, qui doit maintenant être
09:09examinée par le Sénat,
09:10qui crée une présomption d'usage légitime des armes.
09:14Donc de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions.
09:19Ce sera donc à la victime ou à leurs proches de prouver que le policier ou le gendarme qui a
09:24tiré n'était pas en légitime défense.
09:26C'est ça l'idée ?
09:27Non, pas du tout. Il se dit beaucoup de choses qui sont complètement fausses là-dessus, y compris celles qu
09:31'il s'agirait d'un permis de tuer.
09:32D'abord, il faut que vos éditeurs sachent que l'usage des armes par les policiers et les gendarmes est
09:38déjà autorisé depuis 2017,
09:40dans un certain nombre de cas, qui sont des cas très précis, des cas très graves.
09:42Un refus d'obtempérer avec un individu qui risque d'attenter à la vie de personne, à l'intégrité physique
09:48de personne.
09:48Un individu menaçant, armé, un périple meurtrier.
09:52Un individu qui tue un certain nombre de personnes et dont on a de bonnes raisons de penser qu'il
09:55va poursuivre.
09:56Il n'y a que dans ce genre de cas qu'il est autorisé de faire usage de son arme
10:00de manière strictement nécessaire et proportionnée.
10:04C'est ce que prévoit une loi de 2017.
10:05Et ce que crée ce texte, c'est une présomption non pas de légitime défense, mais d'usage légitime de
10:11l'arme.
10:11Et c'est une présomption simple qui part du principe qu'il n'a pas de raison qu'un policier
10:16ou un gendarme a fait un usage disproportionné ou fautif de son arme.
10:19Alors, quelle est la différence ?
10:20Simplement cette présomption.
10:21Ça veut dire que vous partez du fait qu'il y a une présomption d'usage légitime.
10:26Donc de légitime défense.
10:27Non, pas de légitime défense.
10:28On présume qu'on était bien dans le cas d'un refus d'obtempérer avec un risque de réitération, qu
10:32'on était bien dans le cas d'un périple meurtrier.
10:34Ce n'est pas comme quand on entend ce que dit la France insoumise.
10:37Ce n'est pas comme si un policier pouvait sortir, tuer quelqu'un et considérer qu'il est absout et
10:41qu'il bénéficie d'un permis tué.
10:42Pas du tout.
10:43Il y a une autorisation légale qui existe déjà depuis 2017.
10:47Et c'est une présomption qu'on se situe dans un de ces cas.
10:50Mais elle pourra être démontée à tout moment et dès le début, tout de suite après les faits.
10:54Si la justice part du principe que le policier ou le gendarme a usé de son arme de manière légitime,
11:01est-ce que le combat judiciaire qui s'ensuit entre la victime et l'agent des forces de l'ordre
11:08est équitable ?
11:09Non, mais si la justice considère que l'usage a été légitime, il n'y a pas de « je
11:12ne vois pas où est la difficulté ».
11:13Ça veut dire qu'il y a une enquête et qu'on considère que les conditions sont réunies.
11:17Le problème d'un certain nombre de partis politiques et surtout de la France insoumise,
11:20c'est que je pense qu'ils considèrent que les policiers n'ont pas à faire usage de leurs armes.
11:24D'ailleurs, ils exhibent souvent de cas pour démontrer et faire leur démonstration de l'existence d'un permis tué.
11:29Ils exhibent souvent de cas qui ont en réalité jugés et dans lesquels l'action de la police a été
11:34jugée ou de la gendarmerie a été jugée proportionnelle.
11:36Et puis les chiffres qu'ils donnent sont absolument aberrants.
11:39Cette idée que depuis cette fameuse loi qui autorise les policiers à faire usage des gendarmes,
11:43dans certains cas à faire usage de leurs armes, on aurait eu une augmentation des usages d'armes.
11:47Oui, ils ne sont pas les seuls.
11:48Il y a des chercheurs, notamment cités dans le journal De Monde, directeur de recherche au CNRS,
11:52qui dit que depuis cette loi de 2017 dont vous parliez, les tirs en France ont été multipliés par 5.
12:00Oui, ce qui est complètement faux.
12:01Vous dites que c'est faux.
12:02C'est complètement faux.
12:02Depuis, entre 2012 et 2024, la moyenne de tirs d'usage individuel, par exemple pour la police, c'est 271.
12:10Et entre 2017 et 2018, ce qui serait pour eux le point de bascule,
12:14la nouvelle loi de M. Cazeneuve qui a autorisé les policiers à faire usage de leurs armes,
12:18les usages ont baissé.
12:19Ils étaient un peu moins de 400.
12:20Ils ont baissé à 300 entre 2017 et 2018.
12:24Et en 2024, c'était 2017.
12:26On a une baisse d'usage d'armes dans la police nationale.
12:28Donc aucun risque d'augmentation des tirs mortels ?
12:31Mais croyez-vous que les policiers et les gendarmes font usage de leurs armes avec plaisir,
12:34avec goût, avec passion ?
12:35Certainement pas.
12:36Ils le font toujours.
12:37Ils sont formés pour ce faire.
12:38Ils le font toujours en cas d'absolue nécessité et avec beaucoup de proportionnalité,
12:42comme c'est prévu par la loi, comme c'est demandé par la loi de 2017.
12:45Il y a des recherches qui démontrent, pas seulement en France, dans d'autres pays occidentaux,
12:48que les lois plus souples favorisent l'usage des armes par les forces de l'ordre.
12:54Je conteste ces recherches.
12:56Je conteste les chiffres qui sont donnés.
12:57En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que les refus d'obtempéré depuis 2016, depuis 2017,
13:04ils ont explosé.
13:05Ils ont explosé.
13:06On est à 22 000 refus d'obtempéré, dont 6 200 qui sont des refus d'obtempéré,
13:10pouvant comporter atteinte à l'intégrité physique de policiers ou de personnes.
13:14Et ça, ça a explosé et ça a augmenté.
13:15Il y a une mobilisation importante malgré tout contre ce texte,
13:17notamment une pétition sur le site de l'Assemblée nationale qui recueille déjà plus de 700 000 signatures.
13:22La conférence des présidents de l'Assemblée peut décider d'organiser un débat en séance publique.
13:27Est-ce que vous souhaitez que ce débat ait lieu ?
13:29Ce n'est pas à moi d'en décider.
13:31Je crois que la commission des lois se réunira et décidera s'il y a un débat ou pas,
13:35un débat devant la commission, sachant que le texte n'est pas encore...
13:38Il a été adopté à l'Assemblée, il doit encore être inscrit et adopté aussi là.
13:42Mais c'est un texte qui était attendu.
13:44L'ensemble des organisations syndicales de la police y sont favorables.
13:47Moi, à titre personnel, je l'ai dit, je suis très favorable.
13:50C'était effectivement le premier texte déposé.
13:52C'était un texte qui crée une présomption de légitime défense sur amendement du gouvernement.
13:57Donc avec l'approbation du gouvernement, nous l'avons transformé en présomption d'usage légitime des armes.
14:03Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
14:04Pas tout à fait.
14:05Cette question de la légitime défense,
14:07le nouveau défenseur des droits va peut-être devoir prendre position à ce sujet.
14:14Emmanuel Macron propose de nommer le sénateur LR, conservateur d'aucun réactionnaire, François-Noël Buffet.
14:21Est-ce qu'il est la bonne personne, puisqu'il était il y a encore quelques mois au ministère de
14:25l'Intérieur
14:25avec votre prédécesseur Bruno Retailleau, pour se prononcer sur ces questions ?
14:30Non mais bien sûr.
14:31Tous les défenseurs des droits ont toujours pris à bras-le-corps leur mission
14:35et ont fait preuve de beaucoup d'engagement.
14:39Et c'est vrai que j'entends ce qui se dit sur François-Noël Buffet.
14:42Je suis un petit peu choqué.
14:44Vous avez Mme Hédon, qui est défenseur des droits,
14:47qui a succédé à Jacques Toubon.
14:50Jacques Toubon, qui a été un défenseur des droits,
14:52qui a défendu les droits.
14:54Je peux vous le dire de manière acharnée.
14:55Pour avoir été haut fonctionnaire, pour avoir souvent eu à être entendu par lui ou l'avoir rencontré,
14:59je peux vous dire que le parcours politique des uns et des autres
15:03impacte peu, influe peu, sur l'institution qui est celle du défenseur des droits,
15:06qui est une institution extrêmement importante.
15:09Moi, pour laquelle, je vous le lis, j'ai énormément de respect.
15:11Je me félicite d'ailleurs de la façon dont j'ai travaillé avec Claire Hédon
15:14et en son temps avec Jacques Toubon.
15:15Le parcours politique de François-Noël Buffet,
15:17ce sont des prises de position sur l'avortement,
15:19le mariage pour tous,
15:20le médical d'État pour les étrangers sans papier,
15:23qui font dire aujourd'hui à de très nombreuses associations et syndicats
15:27qu'il n'est pas la bonne personne pour défendre justement ses droits fondamentaux.
15:31Vous, encore une fois, vous n'avez aucun doute.
15:33Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il accomplira sa tâche de manière remarquable
15:40et avec l'objectivité, l'impartialité,
15:42qui a été celle de l'ensemble des défenseurs de droits.
15:45Et je prends d'ailleurs à dessein M. Jacques Toubon.
15:47Cet exemple à dessein, très honnêtement,
15:49ça a été un défenseur des droits de très haut niveau
15:51et qui a toujours, toujours défendu la cause des droits fondamentaux.
15:55Et je vous parle avec mon expérience de haut fonctionnaire,
15:57encore une fois, où j'ai eu souvent affaire à lui.
16:00Autre actualité, Laurent Nunez.
16:01Le maire LR d'Alès, dans le Gard,
16:04Christophe Rivinck,
16:05visé par des menaces de narcotrafiquants,
16:07c'était il y a trois jours,
16:08des inscriptions devant chez lui,
16:09des balles de 9 mm dans sa boîte aux lettres,
16:12des lettres de revendications indiquant des aides mafias.
16:15Est-ce que d'abord, vous êtes en mesure de dire
16:18si cette organisation criminelle marseillaise
16:20est bien derrière ces menaces ?
16:21C'est probable.
16:22Enfin, nous, en tout cas, on prend très au sérieux ces menaces.
16:25Alès, c'est un territoire qui est très convoité
16:27par la DZ mafia marseillaise, je vous le confirme.
16:30C'est le cas aussi à Carcassonne,
16:31où il y a eu un règlement de compte
16:32et où d'ailleurs j'ai eu aussi à échanger,
16:34comme je l'ai fait avec le maire d'Alès,
16:35avec le maire de Carcassonne.
16:38Oui, on prend cette menace très au sérieux.
16:40C'est ce qui nous a conduit à renforcer les moyens.
16:42D'ailleurs, j'avais déjà rencontré M. le maire d'Alès
16:44il y a quelques semaines,
16:45au début du mois de juin, pour être précis,
16:47où je lui avais annoncé que nous renforcerons à Nîmes
16:49les moyens en investigation judiciaire,
16:52c'est-à-dire en enquêteur,
16:53et à Alès, les effectifs en voie publique.
16:56Et il y a actuellement une unité de CRS
16:57qui a été déployée.
16:58Oui, on prend ça très au sérieux.
16:59Vous savez, Alès, c'est un territoire
17:00où les effectifs du poli-judiciaire de Nîmes
17:04font un travail remarquable,
17:05démantèlent des réseaux.
17:06Forcément, ça crée des convoitises.
17:07Et nous pensons effectivement
17:09qu'un certain nombre d'éléments marseillais
17:10s'intéressent de près à ce territoire,
17:11comme c'est le cas d'ailleurs à Carcassonne.
17:13Une unité de CRS, la CRS 84, envoyée sur place.
17:17Le maire, en revanche, a refusé
17:19la protection individuelle que vous lui proposiez.
17:21Vous le comprenez ?
17:22Je le comprends.
17:23On lui a proposé une protection individuelle.
17:26Il y a une protection qui n'est pas au plus rapprochée,
17:29mais on reste évidemment attentif à sa situation.
17:31On lui a remis un bouton d'alerte
17:33qui permet d'alerter les forces de sécurité
17:34en cas de menace.
17:36Évidemment, son domicile et tous ses déplacements
17:39font l'objet d'une attention soutenue
17:40des forces de sécurité.
17:41Ça pose la question de ce que peut faire l'État
17:43face à des organisations ?
17:45Ce que fait l'État, c'est ce que nous faisons
17:46démanteler des réseaux, continuer à démanteler des réseaux.
17:49Vous savez, à l'aise, les résultats en matière
17:50de démantèlement, ils sont très bons,
17:51comme ils le sont à Carcassonne d'ailleurs,
17:53où on a eu ce règlement de compte.
17:55Cette revendication de ce règlement de compte
17:57par l'ADZ Mafia, nouvelle génération,
17:59par le nouveau collectif marocain, nouvelle génération.
18:02À Carcassonne, entre le mois de juin 2025 et le début de cette année,
18:07ce sont cinq trafiquants au doigt qui ont été mis hors d'État.
18:11Alors évidemment, ça crée des velléités de réoccuper le terrain.
18:17Et donc ce qu'il faut, c'est continuer à l'occuper,
18:19continuer à démanteler des réseaux.
18:21Et on le fait sans relâche.
18:21On a une organisation, comme on l'a vu à Marseille,
18:24malheureusement avec l'assassinat de Médit Kessassi,
18:27le frère de l'élu municipal et militant anti-drogue à Médit Kessassi,
18:29il y a quelques mois, à la fin de l'année dernière,
18:31le narcotrafic aujourd'hui menace la démocratie en France.
18:35Si nous ne continuons pas à lutter de manière acharnée
18:40contre le narcotrafic, oui, il y a un risque, je vous le dis.
18:43Mais nous continuerons à démanteler des réseaux
18:44et opposer une guerre acharnée au narcotrafic.
18:46Deux mots pour terminer, Laurent Nunez.
18:48D'abord, sur ce que vous avez promis il y a quelques jours
18:50à l'occasion du centenaire de la Grande Mosquée de Paris.
18:53Une stratégie nationale de lutte contre les actes anti-religieux.
18:56Qu'est-ce que ça veut dire ?
18:57Ça veut dire que d'abord, on travaille sur...
18:59Il y a des assises qui ont été lancées sur ce que sont les actes anti-religieux,
19:02de toute nature, anti-musulmans, anti-sémites, anti-chrétiens,
19:06qui ont augmenté toute catégorie de cultes confondus.
19:10Et donc, cette idée, c'est de se réunir partout dans les territoires,
19:12de réunir les acteurs locaux, d'analyser le phénomène
19:15et d'apporter des réponses, qui sont évidemment des réponses
19:17de protection policière, mais aussi des réponses d'éducation.
19:20Et d'apprendre à nos jeunes à mieux vivre ensemble
19:22et à respecter tous les cultes, à respecter tous les cultes.
19:25On sait que les actes anti-sémités, et vous l'avez dit, ont bondi.
19:29Les chiffres dont on parle, les actes anti-musulmans aussi, vous avez cité un chiffre...
19:33Également, oui, les actes anti-musulmans ont également augmenté.
19:35En valeur absolue, ils sont moins importants que les actes antisémites,
19:39qui ont dépassé le millier, on est à 1300-1400.
19:42Mais il y a une augmentation des actes anti-religieux, d'une manière générale,
19:46et qui doit nous préoccuper sur notre capacité, ou pas, à vivre ensemble,
19:52tous cultes confondus, y compris pour ceux d'ailleurs qui ne pratiquent aucun culte.
19:55Est-ce qu'on n'arrive pas un peu tard, à quelques mois de la fin du mandat d'Emmanuel
19:57Macron ?
19:58Non, on n'arrive pas un peu tard.
19:59Depuis 2017, ça a été une priorité constante du président de la République.
20:02Il y a eu énormément de plans de lutte contre les discriminations,
20:06contre les atteintes à la religion.
20:08Il y a eu énormément d'actions qui ont été menées.
20:10Beaucoup de formations de fonctionnaires de police, de militaires de la gendarmerie,
20:14beaucoup d'éducation, de cours qui ont été dispensés dans les établissements scolaires.
20:19Il faut continuer ce travail, et de pédagogie, et de protection.
20:22Et dernier mot, Laurent Nunez, de notre confrère, le journaliste sportif Christophe Gleize,
20:26toujours emprisonné en Algérie.
20:28Ses soutiens, sa famille espérait une grâce présidentielle pendant le mondial de football.
20:32Il s'est terminé hier, et il est toujours en prison,
20:35pour des accusations qui n'ont rien à voir, on le rappelle, avec la réalité de son travail.
20:38Est-ce que vous regrettez que le président algérien,
20:40Téboune, n'ait pas encore accédé à cette demande de grâce ?
20:42Non, la France reste très attentive à la situation de Christophe Gleize.
20:45On a réengagé un dialogue constructif avec l'Algérie sur les questions migratoires et de sécurité.
20:50Et on reste évidemment très attentifs à cette situation,
20:53qui est très régulièrement évoquée avec notre partenaire algérien.
20:55Vous faites partie de ceux au gouvernement qui sont en première ligne
20:58sur le réchauffement des relations entre Paris et Algérie.
21:02Pourquoi ça n'a pas encore abouti ?
21:03Écoutez, voilà, c'est un sujet où on continue à travailler avec l'Algérie,
21:08à réengager, à réadmettre des étrangers en situation régulière.
21:11On va atteindre les 300 réadmissions reconduites forcées depuis le début de l'année.
21:16Les choses se sont réenclenchées sur tous les fronts où nous travaillons.
21:19Le front de la libération de Christophe Gleize fait partie de nos combats.
21:23Vous ne perdez pas espoir ?
21:24Je ne perds pas espoir, je ne perds pas espoir.
21:26Merci beaucoup Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
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