- il y a 2 jours
Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur, propose dans une tribune du Monde d'inscrire dans la Constitution la limitation du déficit public à 1 % du PIB d'ici 2032. "L'objectif, est surtout" d'inscrire "une trajectoire claire et rigoureuse", explique-t-il sur France Inter. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-26-mars-2026-1586687
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00:01France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
00:06Et dans le grand entretien ce matin, un ancien ministre de l'économie, ancien commissaire européen,
00:12pour parler de la situation géopolitique, économique.
00:16Vos questions, chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:21Bonjour Thierry Breton.
00:22Bonjour.
00:23Merci d'être avec nous sur France Inter alors que les effets de la guerre au Moyen-Orient
00:27se diffusent notamment en Europe, en France.
00:31Est-ce qu'on doit se préparer à un choc pétrolier, à une déstabilisation durable de l'économie ?
00:36Est-ce qu'on a les moyens de résister à la crise malgré des finances publiques dans le rouge ?
00:41On va parler de tout ça dans un instant.
00:43Mais d'abord Thierry Breton, on a du mal à suivre ce qui se joue entre les Etats-Unis
00:47et l'Iran, des négociations annoncées par Donald Trump, démenties à Téhéran.
00:52L'optimisme du président américain douché, il y a encore, par le refus de son plan de paix en 15
00:58points.
00:59Est-ce qu'il faut comprendre que Donald Trump, maintenant, veut arrêter cette guerre le plus vite possible ?
01:04Je crois qu'en tout cas, beaucoup autour de lui le souhaitent.
01:07Et en particulier, une très grande majorité de ses électeurs.
01:11On sait qu'ils sont impactés directement aux Etats-Unis par l'impact du prix du pétrole.
01:17Et on sait que le prix du galon est très important.
01:21Il a dépassé bientôt les 4 dollars.
01:23Donc il a augmenté à peu près de 25% depuis le début des hostilités.
01:26Et ça, évidemment, à 5 mois d'élection, des mid-terms, ça pèse énormément.
01:32Donc oui, bien sûr, oui, maintenant, on sent bien qu'il souhaite l'arrêter.
01:36Mais au fond, ce que l'on voit, c'est assez paradoxal.
01:40Et ça arrive assez fréquemment maintenant avec Donald Trump.
01:43Il arrive, il met « the heart of the deal », il met sur la table un certain nombre d
01:49'éléments qui sont soi-disant incontournables.
01:52Et puis derrière, ça se retourne contre lui.
01:54Ça s'est retourné contre lui avec la Chine.
01:56Ça se retourne contre lui maintenant en Iran.
01:58Parce qu'au fond, qui veut ou pas arrêter la guerre ?
02:02Alors les Israéliens, certainement pas.
02:04Parce qu'encore une fois, eux, ils ont un but de guerre.
02:05C'est au fond répondre à ce qu'ils vivent depuis maintenant des décennies.
02:11C'est-à-dire le risque d'avoir un pays qui veut tout simplement leur disparition.
02:16L'Iran, non, l'Iran ne veut pas arrêter la guerre aujourd'hui.
02:18Car l'Iran a démontré une résilience tout à fait surprenante.
02:21Donc au fond, on voit qu'il y a un rapport de force qui est en train de s'inverser.
02:24On s'est interrogé depuis le début sur les buts de guerre de Donald Trump.
02:28Et on sait que sa boussole, on le voit depuis qu'il est revenu au pouvoir, c'est le business.
02:33Ce sont les intérêts américains.
02:35Est-ce que c'est à cette aune-là qu'il faut lire le déroulement du conflit ?
02:41Qu'est-ce qu'il attendait au fond ?
02:42Au départ, hier, on avait Frédéric Ancel au micro de Benjamin Duhamel
02:46qui nous expliquait que l'idée, c'était quand même de sécuriser les business américains dans la région au départ.
02:51Au début, évidemment, c'était quand même, et je crois que tout le monde le souhaitait à juste titre,
02:55c'était faire en sorte que l'Iran n'accède pas à la bombe nucléaire, à la bomba.
03:00Et quand on voit ce qui se passe, on comprend pourquoi, certes.
03:04Bon, maintenant, ce but de guerre-là, alors on ne sait pas s'il est atteint ou pas,
03:08on n'a pas toujours retrouvé les 450 kilos d'uranium,
03:11mais enfin, beaucoup d'infrastructures ont été détruites.
03:14Beaucoup d'infrastructures aussi qui permettent aux pays de fonctionner
03:19ont été détruites dans leur caractère administratif et militaire.
03:23Les infrastructures, aujourd'hui, civiles et énergétiques sont plutôt,
03:29et je vais prendre des précautions, vous voyez, protégées,
03:32parce que là, évidemment, si jamais on rentre dans cette dimension-là,
03:34on sait que l'Iran va réagir de façon très brutale et très violente,
03:37en particulier sur les pays du Golfe.
03:40Donc, on est dans une logique, aujourd'hui, où, au fond,
03:43on voit bien que les buts de guerre américains étant finalement mal ou non définis,
03:50on ne sait plus quand il faut arrêter.
03:52Et maintenant, qu'est-ce qui va, précisément, pour lui intervenir ?
03:54C'est effectivement l'impact sur l'économie, sur les marchés, sur la bourse
03:58et sur le moral, évidemment, de ses électeurs.
04:00Et on va, bien sûr, aborder les conséquences économiques,
04:02non seulement pour le monde entier, mais aussi pour la France.
04:04Mais je rebondis sur ce que vous disiez, il y a un instant, Thierry Breton,
04:07où vous dites que le rapport de force, il est en train de s'inverser.
04:10Comment est-ce que l'on comprend que, malgré la supériorité militaire absolue
04:14des États-Unis, d'Israël, l'Iran continue de résister,
04:18continue à garder une capacité de nuisance ?
04:21On est rentré, quoi, au fond, dans une sorte de conflit asymétrique
04:23qui bénéficie au régime iranien ?
04:26Oui, Benjamin Duhamel, je crois que vous avez employé le mot juste.
04:29Nous sommes rentrés, au fond, et je mets les guillemets,
04:32dans quelque part quelque chose que l'on pourrait qualifier
04:34de premier conflit guerre mondiale asymétrique.
04:37Alors, je mets guerre mondiale, entre guillemets,
04:38il ne s'agit pas d'une guerre mondiale telle qu'on l'a connue.
04:41Pourquoi elle est mondiale ? Parce qu'en tout cas, elle se mondialise.
04:43Elle se mondialise dans cette logique asymétrique.
04:45Ça veut dire quoi, pour nos auditeurs ?
04:47Asymétrique, ça veut dire que voilà donc un pays.
04:49L'Iran, un grand pays, 92 millions d'habitants,
04:523 fois 1,5 la France, très grand pays,
04:55mais évidemment qu'il ne dispose pas de l'ensemble des technologies
04:58dont disposent, et notamment militaires, les Etats-Unis et Israël.
05:02Mais en revanche, il dispose de technologies qui sont robustes,
05:07qui ont été bâties, qualifiées, mises en œuvre,
05:10une architecture industrielle aussi qui permet de les développer,
05:13de les porter, de les produire, avec des partenaires.
05:16Ses partenaires, c'est évidemment la Chine, c'est évidemment le Pakistan aussi,
05:21dont il ne faut pas oublier qu'il a joué un rôle sur le programme nucléaire iranien.
05:24C'est la Corée du Nord, qui est quelque part la matrice balistique iranienne.
05:30Donc on voit que tous ces pays-là sont maintenant, je dirais,
05:34en soutien implicite ou explicite de l'Iran.
05:38C'est dans ce sens que, c'est à cette espèce de mondialisation,
05:41de mondialisation, pourquoi asymétrique ?
05:43Parce qu'au fond, l'Iran continue à fabriquer aujourd'hui des milliers de drones par mois.
05:48Qui coûtent beaucoup moins cher.
05:49Qui coûtent une trentaine de milliers d'euros, 30-40 000 euros,
05:52alors que les missiles patriotes...
05:53Qui sont beaucoup plus rapides à produire que l'armement...
05:55Très rapides, évidemment.
05:57Peu coûteux.
05:58Et au fond, quand il s'agit de traverser le Golfe,
06:01ces 200 kilomètres, on fait ça la nuit,
06:03très près des flots, ça passe sous les écrans radars.
06:06Oui, là où un missile patriote coûte beaucoup plus cher à produire.
06:08Le missile patriote, c'est entre 1 et 2 millions de dollars.
06:10Et puis surtout, il y a les missiles balistiques.
06:13Les missiles balistiques, qui par parenthèse sont des éléments importants,
06:17les vecteurs précisément pour l'arme nucléaire.
06:18Donc on voit que là, encore une fois, on a eu raison de se préoccuper,
06:21encore une fois, de ce que faisait, ou ce que voulait faire l'Iran
06:25en ce qui concerne son armement nucléaire.
06:27Les missiles balistiques, eux, ils continuent à les produire.
06:30Alors, je prends des précautions, mais toutes les informations que l'on peut avoir,
06:34c'est que l'Iran peut continuer à fabriquer aujourd'hui encore
06:37une centaine de missiles balistiques par mois.
06:40Donc évidemment, on en détruit.
06:41Beaucoup en détruit, peu passent.
06:43Mais enfin, 90% qui ne passent pas, ça fait 10% qui passent.
06:45Donc ça veut dire que ça peut durer.
06:47Et voilà.
06:48Et l'Iran s'installe dans une logique où, elle,
06:50c'est pour ça qu'elle est asymétrique,
06:51avec des moyens qui sont les siens.
06:53C'est une guerre d'attrition.
06:54Et oui, mais c'est une guerre d'attrition où vous avez d'un côté
06:58des armements qui coûtent quelques dizaines de milliers
07:00ou centaines de milliers d'euros,
07:01et l'autre côté, quelques dizaines de millions d'euros,
07:03avec une production, par exemple, pour les missiles patriotes.
07:06Aujourd'hui, on fabrique dans le monde 40 missiles patriotes par mois.
07:09Vous voyez ?
07:10Donc on voit que les réserves commencent à baisser très, très, très rapidement.
07:15Et donc, il y a un moment où les États-Unis vont dire,
07:18ou le Patagone va dire, bon ben là, il faut quand même qu'on commence à freiner un peu.
07:21Mais l'Iran n'a pas d'intérêt à freiner.
07:23Sur la stratégie iranienne, là encore, il faut aussi comprendre
07:25ce qui se joue dans le détroit d'Hormuz.
07:27L'Iran a annoncé avant-hier que ce qu'ils appelaient
07:29les navires non-hostiles pourraient passer.
07:32Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
07:34Est-ce que ça veut dire qu'on peut s'attendre à un déblocage
07:37dans les prochains jours ?
07:38Est-ce qu'au contraire, c'est un leurre de la part de l'Iran ?
07:42Non, je ne crois pas que ce soit un leurre.
07:43C'est du reste, vous avez vu, que l'Iran a refait une route
07:46qui est maintenant dans ses eaux territoriales.
07:48Et donc l'Iran, et c'est dans ce sens où je parlais de mondialisation,
07:51mais cette mondialisation nouvelle,
07:52cette mondialisation avec trois pays qui sont la Chine, la Russie, l'Iran,
07:58la Corée du Nord, on appelle ça les crinks.
08:00Vous voyez, c'est China, Russia, Iran et Nord-Coréa.
08:04Les crinks, c'est donc la base qui soutienne de façon très claire
08:08l'Iran dans son conflit.
08:10Puis il y a les pays qui sont, je dirais, amis,
08:13ou qui sont plutôt alliés.
08:15Il y a le Pakistan, il y a la Turquie qui joue un rôle entre les deux,
08:19l'Inde.
08:19Et on voit bien qu'aujourd'hui, l'Iran va commencer à desserrer
08:23le goulet d'étranglement du détroit d'Hormuz
08:26et donc faire passer les navires,
08:29ils l'ont dit très clairement, ils vont le faire,
08:30ils ont commencé à le faire,
08:31les navires des pays qui ne sont pas hostiles.
08:34Et par parenthèse, qui est derrière ?
08:36Vous le voyez bien, la Chine.
08:37Parce qu'évidemment, c'est la Chine qui en avait le plus besoin,
08:40puisqu'on sait que la Chine,
08:41alors c'est en gros 20 millions de barils par jour
08:43qui passaient dans le détroit d'Hormuz.
08:44La Chine en consommait une partie très très importante,
08:4940, 50%.
08:49Donc évidemment, en ouvrant pour la Chine,
08:52il desserre les taux.
08:53Et ça veut dire quoi ?
08:54Ça veut donc dire que quelque part,
08:56à partir du moment où il va desserrer les taux
08:57sur les pays, entre guillemets, amis,
09:01dont on ne sait pas si on fait partie ou pas,
09:02on pense qu'on ne fait plutôt pas partie,
09:03mais enfin on verra bien, il ne nous a pas qualifiés.
09:05Et bien dans ces conditions, ça va faire baisser la tension
09:07sur les cours du pétrole,
09:08puisqu'on va remettre sur le marché,
09:10alors non pas peut-être les 20 millions qui passaient,
09:13mais au moins 10,
09:14d'où le fait que le prix aujourd'hui,
09:17le prix du baril, recommence à baisser un peu.
09:20Alors précisément, puisqu'on est sur le pétrole,
09:22on le dit depuis le début de ce conflit,
09:2320% du pétrole mondial transite par le détroit d'Hormuz.
09:27Avant-hier, chez nous,
09:28le ministre de l'économie, Roland Lescure,
09:30a parlé de choc pétrolier avant de regretter son expression le lendemain.
09:36Alors du coup, choc pétrolier ou pas ?
09:39Non, les chocs pétroliers, ça nous renvoie évidemment en 1973,
09:41où là on était vraiment dans un choc pétrolier,
09:43et en particulier, parce qu'évidemment,
09:45on était très dépendant,
09:46notamment des hydrocarbures qui venaient du Moyen-Orient.
09:48Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas.
09:51On est dépendant beaucoup moins.
09:52Donc on n'est plus dans...
09:54Évidemment, des Américains, bien entendu,
09:57essentiellement, notamment pour le gaz, on le sait.
10:00Mais aujourd'hui, on a diversifié énormément
10:02nos ressources d'approvisionnement.
10:03On consomme aussi, c'est une bonne chose,
10:05moins de pétrole.
10:06Donc on n'est plus du tout dans cette logique.
10:08Donc ce n'est pas un choc pétrolier ?
10:09Non, ce n'est certainement pas un choc pétrolier,
10:10puisque encore une fois, l'offre est encore là.
10:12C'est les prix.
10:13On peut avoir un choc de prix.
10:15Alors j'ai regardé très précisément les prix, évidemment.
10:18C'est vrai que quand vous êtes...
10:20Il faut parler au vie pour le consommateur,
10:22parce que c'est là où on le voit.
10:23On était évidemment, au début de la guerre, à 72 dollars.
10:27On est aujourd'hui à 104.
10:28On est monté quand même à 110.
10:29Juste, Thierry Breton, pardon,
10:30mais vous avez été ministre de l'économie vous-même.
10:32Pourquoi Roland Lescure dit qu'il y a un choc pétrolier
10:34s'il n'y en a pas ?
10:36Je pense qu'il a parlé de choc des prix,
10:38parce que c'est vrai que c'est un choc des prix.
10:39Il y a parlé de choc pétrolier.
10:40Bon, écoutez, vous lui demanderez.
10:41Mais en tout cas, si vous me posez la question,
10:42non, on n'est pas dans un choc pétrolier.
10:44On est aujourd'hui dans une logique
10:46où on a, par exemple, le prix du SP95,
10:48il est passé de 1,80 à 2,02.
10:50Le prix du gasoil, de 1,85 à 2,21.
10:54Donc on a augmenté de 16%.
10:55Mais aux Etats-Unis,
10:56on est passé de 3,30 sur le galon
10:58à 3,98, c'est-à-dire on a augmenté de 21%.
11:01Et c'est là où je le redis.
11:03Celui qui est le plus impacté, paradoxalement,
11:05c'est Donald Trump.
11:06Alors, vous parlez des cours du baril de pétrole.
11:08On est frappé par la sensibilité des marchés
11:11à chaque mot de Donald Trump,
11:13comme si les marchés avaient une confiance totale
11:16dans ce que dit le président américain.
11:18Chaque mot, ça monte, ça baisse.
11:20Pourquoi on n'est pas non plus dans un choc pétrolier ?
11:22Parce qu'aujourd'hui, les marchés ne se sont pas affolés.
11:24Et d'une façon générale,
11:25quel que soit du reste que dit Donald Trump.
11:27Vous avez raison, quand il parle,
11:28il y a des fluctuations.
11:29Du reste, ça peut bénéficier à certains
11:32parce qu'il peut y avoir des conflits d'intérêts.
11:34Il peut y avoir des délits d'initier.
11:35Voilà, ou des délits d'initier.
11:36Bon, je ferme la parenthèse.
11:38Mais ce qui est certain,
11:39c'est qu'aujourd'hui, il y a une volatilité.
11:41Parce que précisément, je le redis,
11:43on est dans un choc
11:46qui fait qu'on ne sait pas exactement
11:48ces 20% qui transitent par le détroit d'Hormuz
11:51si on veut les avoir accessibles sur le marché ou pas.
11:53Ce qui est important,
11:54c'est que pour lisser précisément les impacts,
11:58on a décidé d'ouvrir les stocks stratégiques
12:01et de mettre sur le marché 400 millions de barils.
12:03400 millions de barils,
12:04ça veut dire qu'on gomme l'impact
12:07d'une fermeture du détroit d'Hormuz
12:08pendant en gros 25 jours.
12:10Donc on a encore une quinzaine de jours devant nous.
12:14Et c'est vraiment la raison pour laquelle,
12:17personnellement, je pense que progressivement,
12:19les Iraniens vont rouvrir donc le détroit d'Hormuz
12:22pour ceux qu'ils souhaiteront faire passer.
12:24Pour détendre effectivement la situation sur le marché.
12:27Et à la demande de la Chine.
12:29N'oublions jamais que derrière la Chine
12:32est le pays qui joue ce rôle très important
12:35de reconfiguration, voire de stabilité dans la région.
12:38Thierry Breton, juste pour ceux qui nous écoutent
12:40et qui entendent les débats qu'il y a en France
12:42sur le fait de savoir s'il faut aider ou non
12:45les automobilistes qui voient le prix augmenter à la pompe.
12:47Vous avez un gouvernement qui dit
12:48qu'il n'y aura pas de chèques généralisés,
12:49même s'il peut y avoir des aides ciblées
12:51pour les secteurs les plus touchés.
12:54Pourquoi est-ce que le gouvernement fait cette réponse ?
12:55Puisqu'on avait vu au moment de la guerre en Ukraine
12:57qu'il y avait eu des chèques carburants,
12:58des ristournes à la pompe.
12:59Est-ce que c'est que la situation est moins grave
13:01ou est-ce que c'est juste qu'on n'en a plus les moyens ?
13:03D'abord, qu'on n'en ait pas les moyens,
13:05c'est une évidence, hélas, si on pourra en reparler
13:06parce que c'est un sujet qui me préoccupe énormément.
13:07Mais on en avait les moyens il y a 4 ans ?
13:09On en avait un tout petit peu plus les moyens
13:10puisqu'entre-temps, la dette, hélas, a monté,
13:13le déficit a progressé, mais la question demeure.
13:17Dans ces sujets, je crois qu'il faut être extrêmement clair.
13:19J'ai vu qu'il y a des propositions qui sont faites
13:21un peu radicales et j'ai entendu également
13:23ce que proposait Mme Le Pen.
13:25Oui, elle le disait hier dans son studio,
13:27il faut baisser la TVA et la passer de 20 à 5,5% sur le carburant.
13:31Pourquoi baisser la TVA ?
13:32Je crois qu'il faut être très simple dans ces moments-là.
13:34D'abord, on a une visibilité qui est assez réduite,
13:36on est un peu dans un brouillard.
13:38Mais en revanche, ce qui est fait,
13:39le baril, on l'a dit tout à l'heure,
13:40il est passé de 70 dollars pratiquement
13:43à une centaine de dollars.
13:44Donc, moi j'ai fait les calculs.
13:46J'ai fait les calculs de ce que ça rapporte.
13:48Parce qu'évidemment, plus le baril augmente,
13:50plus le prix augmente.
13:51Alors, on consomme un peu moins.
13:52Donc, j'ai essayé avec mes équipes de gommer tout ça.
13:55Pour répondre à la question,
13:57l'État est-il un profiteur de crise ?
13:59Je vais vous donner les chiffres.
14:01C'est comme ça ce qu'il faut avoir, je crois, en tête
14:03pour bien comprendre ce qui se passe.
14:04Par parlier d'augmentation de 10 dollars,
14:06donc 70 à 80, 80 pour le Brent,
14:0980 à 90,
14:10c'est en gros une cinquantaine de millions d'euros
14:12de TVA supplémentaires par mois.
14:14Par mois.
14:15Donc, ce n'est pas gigantesque.
14:16Un, ce n'est pas gigantesque.
14:16Mais ça veut donc dire quoi, Benjamin Duhamel ?
14:18Ça veut dire que, par exemple,
14:19si on est passé de 70 à 100 aujourd'hui,
14:22ce qui est en gros le cas,
14:23donc vous avez en gros 150 millions d'euros,
14:26donc en gros à peu près,
14:28à redistribuer.
14:29Je crois qu'il faut être très clair dans ces cas-là.
14:30Donc, l'idée d'un État qui s'en mettraient plein les poches,
14:32ce n'est pas la vérité, c'est ça ?
14:33Il faut être toujours très clair et très simple
14:36en matière de finances,
14:37pour pouvoir bien expliquer les choses.
14:39À partir du moment où l'État engrange
14:41entre 100 et 150 millions d'euros supplémentaires de TVA,
14:45je crois qu'il faut tout simplement,
14:46c'est une bonne politique de dire,
14:47eh bien, on la redistribue, évidemment,
14:49à ceux qui en ont le plus besoin.
14:50En faisant des étiblés.
14:52Et d'ailleurs, il y a quelques instants,
14:53Roland Lescure dit lui-même
14:55qu'il y aura des mesures de soutien
14:56dans les tout prochains jours.
14:57Voilà, des chèques carburants
14:58pour les travailleurs les plus en besoin,
15:01des aides ensuite professionnelles
15:03pour les transporteurs,
15:03les taxis, les GNR,
15:05peut-être ensuite les barèmes kilométriques
15:07à revoir avec les transports collectifs.
15:08Et puis, vous voyez,
15:09on monte ensuite les agriculteurs,
15:10les pêcheurs.
15:11Donc, on a une enveloppe.
15:13Il est absolument anormal.
15:14Donc, plutôt que de revenir d'un seul coup,
15:15pourquoi revenir d'une TVA à 5,5 ?
15:19Alors, j'ai entendu que
15:21Madame Le Pen disait
15:22que c'était en gros
15:23un milliard d'euros par mois.
15:25Alors, moi, mes calculs,
15:26c'est plutôt un milliard et demi.
15:28Un milliard d'eux, un milliard et demi.
15:29On est plutôt sur 15 à 17 milliards par mois.
15:31Oui, mais attendez, c'est énorme.
15:32C'est énorme.
15:33Donc, restons comme on est.
15:35Il y a une petite marge de manœuvre.
15:37Mais il me semble une bonne politique
15:39de la redistribuer,
15:41précisément pour aider,
15:42pendant cette période
15:43dont je suis de ceux
15:44qui pensent qu'elle ne va pas quand même durer,
15:46pour aider ceux qui en ont le plus besoin.
15:47Alors, vous pensez que ça ne va pas durer ?
15:50Ça veut dire que vous n'êtes pas trop inquiet ?
15:52Y compris, après les chiffres
15:55et les prévisions de l'INSEE,
15:57de la Banque de France ces deux derniers jours,
15:58l'INSEE qui nous prévoit
16:00une inflation de plus de 2%
16:02au mois de mai,
16:03la Banque de France
16:03qui baisse légèrement
16:06ses prévisions de croissance,
16:08si la hausse du prix du pétrole
16:09reste temporaire.
16:10Voilà.
16:11Vous, vous êtes aussi
16:12dans ce scénario-là,
16:14dans cette optique-là ?
16:14Vous ne voyez pas
16:15une crise économique s'installer ?
16:16J'ai vu les propos
16:17du gouverneur de la Banque de France
16:19et j'y souscris complètement.
16:20Je crois qu'encore une fois,
16:21on est, il faut vraiment,
16:23on est dans une période,
16:23on n'est pas du tout
16:24dans la même période
16:25qu'on a connue,
16:25par exemple,
16:26pour la guerre en Ukraine,
16:27etc.
16:27Puisqu'encore une fois,
16:28on part d'une inflation extrêmement basse.
16:29Et donc,
16:30il n'y a pas de risque
16:31inflationniste majeur aujourd'hui.
16:33Et il faut évidemment
16:34être extrêmement attentif.
16:35Il faut regarder aussi,
16:36parce qu'il n'y a pas que le pétrole
16:37qui passe dans l'étroit d'Hormuz.
16:38Il y a aussi les engrais.
16:40Il y a aussi l'aluminium pour 10%,
16:42on a parlé du gaz.
16:43Il y a aussi les plastiques.
16:44Donc, on a un certain nombre
16:45d'industries
16:46qui sont évidemment impactées.
16:50Ça impacte essentiellement
16:51l'Asie du Sud-Est.
16:52Et donc, je le redis,
16:53la réouverture avec les amis,
16:55ça va donc...
16:55La Chine.
16:56Et puis, un point,
16:57l'hélium.
16:58Je le dis parce que c'est très important.
16:59L'hélium,
17:00c'est très important
17:01pour les semi-conducteurs.
17:02Et là,
17:02il y a 30% de l'hélium mondial
17:04qui transite.
17:05L'hélium liquide,
17:05on en a parlé ce matin.
17:07Et donc, si jamais...
17:08Et qui en a besoin ?
17:09La Chine et Taïwan.
17:10Donc là encore,
17:11il va falloir regarder ça
17:11de façon très attentive.
17:12C'est le moment,
17:14ce contexte international
17:15que vous avez choisi
17:16pour jeter un pavé dans la mare.
17:18Vous publiez aujourd'hui
17:19une tribune dans le monde
17:20où vous appelez
17:20à inscrire dans la Constitution
17:21une règle d'or
17:23limitant le déficit public
17:25à 1% du PIB
17:26à l'horizon 2032.
17:28Franchement,
17:28vous êtes un peu à contre-temps, non ?
17:30Je crois que nous sommes
17:31dans une situation
17:32pour notre pays
17:33qui est absolument unique.
17:35C'est pour moi
17:36pratiquement la situation
17:37de la dernière chance.
17:38On est dans une situation...
17:39Pourquoi je dis ça ?
17:40On est dans un déficit
17:41de 5,5%.
17:43Et on n'arrive pas
17:44à crever le plancher
17:46de 5%.
17:46On est le seul pays d'Europe
17:47qui n'arrive pas
17:48à présenter des budgets
17:49en dessous de 5% de déficit.
17:515% de déficit,
17:52pour nos auditeurs,
17:54c'est quand même
17:56160 milliards
17:57qu'il va falloir emprunter
17:58tous les ans.
17:59Donc,
18:00on ne peut pas continuer
18:01comme ça
18:02pour une raison simple.
18:03Parce que ces 160 milliards,
18:04il faut les rembourser.
18:05Ça s'appelle
18:06les intérêts de la dette.
18:06En 2029,
18:07on va payer
18:09100 milliards
18:10d'intérêts
18:10de la dette.
18:11Donc,
18:11on est arrivé au bout.
18:12Et là,
18:14la raison pour laquelle
18:15on n'arrive pas
18:16à trouver de solution,
18:17c'est parce que
18:19on discute,
18:20c'est normal.
18:21Et puis,
18:22derrière,
18:23on n'a pas l'idée
18:25de se remettre,
18:26de se recaler.
18:27Là,
18:28il faudrait que l'on soit,
18:29d'abord,
18:29pour éviter
18:30de transférer la charge
18:31aux générations qui viennent.
18:32Et puis aussi,
18:33d'être respecté en Europe
18:35parce que tous les pays
18:36en Europe
18:37respectent les engagements,
18:38sauf la France.
18:38Mais Thierry Breton,
18:39on est pas cap...
18:39Mais pourquoi 1% ?
18:40Parce qu'on a déjà du mal
18:41à se conformer
18:42aux 3% de déficit
18:43à la règle européenne.
18:44On se dit que c'est
18:46complètement irréal,
18:46c'est 1%.
18:47Je rappelle que notre objectif
18:48à nous,
18:48c'est pas 3%.
18:49C'est 3%,
18:50c'est le maximum
18:50qu'on s'autorise.
18:51L'objectif,
18:52c'est de tendre vers le zéro.
18:53Ce qui n'est pas arrivé
18:54depuis Valérie Giscard d'Estaing
18:55et 1974.
18:561974, voilà.
18:57Donc oui, mais d'accord.
18:59C'est un objectif
19:00qui n'est pas franchement réaliste,
19:01Thierry Breton,
19:02quand on voit les difficultés
19:03qu'on a.
19:03C'est pas vrai
19:03parce que la plupart
19:04des autres pays maintenant
19:04y arrivent.
19:05En tout cas,
19:05l'Allemagne y arrive.
19:06L'Allemagne a décidé
19:07qu'il est notre grand voisin,
19:08celui avec lequel
19:08il faut qu'on se compare.
19:09Depuis 2011,
19:11l'Allemagne est...
19:11Alors non pas 0%,
19:12ils ont mis moins 0,35.
19:14Pourquoi nous,
19:14on ne met pas 0 dans mon calcul
19:15et dans ma proposition,
19:17au fond,
19:17c'est parce que nous,
19:18nous avons une singularité,
19:19c'est qu'on a dépensé
19:20beaucoup pour notre défense,
19:21en particulier pour notre armement,
19:22notre dissuasion nucléaire.
19:24Et donc,
19:24ce qui fait qu'il faut
19:25qu'on maintienne tout ça.
19:26Mais vous savez,
19:27c'est une trajectoire
19:27que je propose.
19:28J'étais hier au Conseil économique
19:29et social et environnemental
19:30pour proposer ma solution
19:31aux forces vives de la nation.
19:33Car au fond,
19:33ce qu'il faut,
19:34c'est créer une union sacrée.
19:36C'est-à-dire,
19:36voilà,
19:36on part de 5,5,
19:38l'objectif c'est d'être
19:39à 1% en 2032.
19:40Mais surtout de le mettre
19:41dans la Constitution
19:42avec une trajectoire claire
19:43qui n'est pas trop excessive,
19:45mais qui est rigoureuse
19:46et qui permet effectivement
19:48de dire que désormais,
19:49la France,
19:50enfin,
19:50va tenir ses objectifs.
19:51Mais où est-ce qu'on coupe,
19:52Thierry Breton ?
19:52Parce que c'est quand même
19:53assez drastique.
19:55On n'a pas coupé
19:55parce qu'on le fait,
19:56encore une fois,
19:57d'abord,
19:57on a 1% de croissance.
19:59Ensuite,
19:59je vais vous dire une chose
20:00qui est très intéressante.
20:01C'est qu'à partir du moment
20:02où on le met dans notre Constitution
20:03pour 2032,
20:05ça veut dire que désormais,
20:06il n'y a plus de prime de risque
20:06sur la France.
20:07Parce qu'on sait
20:08qu'elle va tenir ses objectifs.
20:09Pourquoi il y a une prime de risque ?
20:10Parce qu'on ne les tient jamais.
20:12Donc ça veut dire
20:12que le différentiel
20:13ce qu'on appelle le spread
20:14entre l'Allemagne et la France,
20:15c'est quand même
20:1680 points de base,
20:17attention.
20:1780 points de base,
20:18ça fait plusieurs milliards
20:19d'euros par an.
20:20Donc on se retrouve
20:20de la marge de manœuvre
20:22et derrière,
20:24on n'est pas encore une fois
20:25à zéro.
20:26Derrière,
20:26on engrange aujourd'hui
20:281500 milliards
20:29les revenus,
20:301500 milliards par an.
20:31On en dépense 1670.
20:33Il faut se rééquilibrer
20:34progressivement.
20:35C'est ce que je propose.
20:36Deux choses.
20:36D'abord,
20:36je rappelle que pour changer
20:37la Constitution,
20:38il faut les deux tiers.
20:39Il faut les trois cinquièmes
20:41au Congrès du Parlement.
20:43Franchement,
20:44mettre d'accord en ce moment
20:45la classe politique
20:46à hauteur de trois cinquièmes
20:47pour changer la Constitution.
20:48Bon courage.
20:48Et puis par ailleurs,
20:49Florence,
20:50vous interrogez sur
20:50là où on coupait.
20:51Moi,
20:52je vous lis attentivement.
20:53Vous dites,
20:54il faut réduire les gaspillages,
20:55réorganiser le système de santé
20:56sans dégrader l'accès aux soins,
20:57simplifier le millefeuille administratif.
20:58Enfin,
20:59ça,
20:59tout le monde est d'accord.
21:00Thierry Breton,
21:01honnêtement,
21:01les campagnes politiques
21:02sont faites de ces engagements
21:03qui n'engagent en rien.
21:05Deux choses.
21:06Ça,
21:09structure,
21:09protection sociale,
21:10santé et territoire.
21:12Troisième année,
21:12on passe sur les 3%.
21:13Donc,
21:13on a modélisé tout ça
21:14avec mes équipes.
21:15Mais voyez-vous,
21:16vous avez posé une excellente question.
21:18Pourquoi,
21:18effectivement,
21:19maintenant ?
21:19Parce que c'est maintenant
21:20qu'il faut poser ces questions
21:21qui vont engager la France
21:22pour les cinq ans qui viennent.
21:23Mais donc,
21:23c'est douloureux pour les Français,
21:24votre schéma ?
21:25Non,
21:25c'est absolument pas douloureux
21:26pour les Français
21:27parce qu'encore une fois,
21:28on a toute cette marge.
21:29Il faut maintenant discuter entre nous
21:30mais dans un tunnel
21:31comme le font tous les grands pays.
21:33Mais au fond,
21:33écoutez,
21:34l'Allemagne l'a fait.
21:35L'Allemagne l'a fait
21:36dans le cadre d'une coalition
21:37avec des sociodémocrates
21:39et du centre droit au gouvernement.
21:40Ils ont réussi à le faire
21:42et on ne peut pas dire
21:43que l'Allemagne,
21:43aujourd'hui,
21:44est un pays du tiers monde.
21:45Donc,
21:46on a encore une fois,
21:47ce qu'il faut qu'on ait,
21:48c'est un tunnel.
21:49C'est au fond,
21:50quelque chose qui soit borné.
21:52Pourquoi le faire maintenant ?
21:53Parce que précisément,
21:54c'est maintenant
21:54qu'il faut discuter de ces questions
21:56qui vont engager la nation
21:57pour les cinq ans qui viennent.
21:58Moi,
21:58vous voyez,
21:58je vais voir tous les présidents de partis.
22:00Ma porte va leur être ouverte
22:02pour discuter avec eux
22:03parce que je suis convaincu
22:04que vous savez,
22:04on est dans un moment tellement singulier
22:06qu'il faut créer une union sacrée.
22:08Quand la France est au pied du mur,
22:09il faut que la France se retrouve.
22:11Que la France se retrouve
22:12sur ce qui nous rassemble.
22:13Ce qui nous rassemble,
22:14c'est qu'on ne peut plus laisser
22:15la charge de nos dépenses publiques
22:17aux générations qui viennent.
22:19Justement.
22:19Et donc,
22:19de proposer un chemin,
22:21un chemin qui est accessible à tous,
22:23qui n'est pas trop ambitieux,
22:25mais qui est rigoureux
22:26et qui permette que la France
22:27retrouve sa capacité
22:29à parler et à être respectée.
22:30Puisque vous parlez de la prochaine présidentielle,
22:32je propose qu'on termine cet entretien
22:34avec la question d'un auditeur au Standard.
22:35C'est Vincent.
22:36Bonjour.
22:36Bienvenue, Vincent.
22:38Bonjour.
22:38Bonjour Thierry Breton.
22:40Bonjour l'équipe de France Inter.
22:43Allez-y.
22:43La question,
22:44ça faisait un certain temps
22:45que je voudrais la poser
22:46à Thierry Breton.
22:48Quelle personnalité en France
22:50voit-il plus apte que lui-même
22:53à prendre les rênes de la France
22:55en 2027 ?
22:57Un Breton à la tête de la France,
23:00ça serait la gueule.
23:01Vous avez un fan.
23:02Ou alors il est de votre famille.
23:06Écoutez,
23:07il y en a beaucoup
23:08qui sont sur la ligne de départ.
23:10Moi, ce que je me propose,
23:11monsieur, voyez-vous,
23:12c'est plutôt que de parler
23:13d'un homme providentiel,
23:14c'est d'essayer de parler
23:14d'un projet providentiel.
23:16Je me suis vraiment adressé hier
23:17à l'ensemble des forces vives,
23:19des syndicats,
23:20des forces représentatives
23:21au Conseil économique
23:21et social environnemental.
23:23Maintenant,
23:23ce que je me propose,
23:24c'est de rencontrer précisément
23:27puisque notre auditeur dit
23:28est-ce qu'il y a quelqu'un
23:28de plus compétent que vous,
23:29est-ce que vous pourriez être candidat ?
23:31Mais ce n'est pas,
23:31non, certainement pas.
23:32Ce n'est pas la question aujourd'hui.
23:33Moi, ce qui m'intéresse,
23:35c'est vraiment de faire en sorte
23:36qu'on essaye de créer
23:38une union sacrée,
23:39quelles que soient les différences
23:40pendant ce moment,
23:41sur tous ceux qui sont aujourd'hui
23:42sur la ligne de départ.
23:43Donc notre auditeur va être déçu.
23:44On n'en aura pas de nom.
23:44Et puis on verra bien à l'arrivée.
23:46On s'arrête là.
23:47Merci infiniment, Thierry Breton,
23:49d'avoir été au micro
23:49de France Inter ce matin.
23:50La revue de presse à suivre.