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  • il y a 3 heures
Jeudi 21 mai 2026, retrouvez Karel Kroupa (Managing Partner, Argos) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:10Le dernier quart d'heure de Smartbourg, chaque soir c'est le quart d'heure thématique et comme souvent nous
00:14allons plonger dans l'univers des marchés des entreprises non cotées pour s'intéresser à la valorisation des PME européennes
00:22non cotées à travers la dernière publication de l'indice Argos
00:25qui est un indice de référence avec plus de 20 ans d'existence qui est publié trimestriellement, nous en parlons
00:32avec les équipes d'Argos justement et Karel Krupa qui est à mes côtés, managing partner chez Argos, bonsoir et
00:37bienvenue Karel, merci beaucoup d'être avec nous, avant d'être un indice, Argos c'est bien sûr une société
00:43d'investissement, de capital investissement, là aussi avec un sacré historique, un 35 ans de métier dans le capital investissement,
00:50ça fait de vous une société, j'allais dire, à minima expérimentée Karel ?
00:55Qu'est-ce qui caractérise Argos alors ?
00:57Nous faisons effectivement partie des leaders dans ce métier qui est le capital investissement, on a été créé il y
01:03a à peu près 35 ans, on a quelques particularités, la première c'est que nous avons été dès le
01:09départ présents sur plusieurs régions, la France, l'Italie, le Benelux et l'Allemagne que sont nos 4 régions phares.
01:16La deuxième particularité c'est que nous faisons notre métier avec deux objectifs qui font partie de notre mission si
01:25je peux dire, la première nous cherchons à bâtir des entreprises plus fortes, ça veut dire que nous nous focalisons
01:31non pas sur l'ingénierie financière comme le métier peut parfois projeter cette image, mais sur la croissance.
01:38La croissance, donc nous aidons nos entreprises qui sont des ETI présentes un peu partout dans ces régions européennes à
01:45aller plus vite, nous les dotons de carburant d'abord financier et puis de carburant en matière de savoir-faire.
01:51Nous leur ouvrons nos carnets d'adresse et nous leur apportons notre expertise d'accompagnement depuis 30 ans. Et la
01:58deuxième particularité, nous cherchons à bâtir des entreprises également plus durables, plus durables en respectant les thématiques RSE, que ça
02:08soit du social.
02:09Donc nous invitons systématiquement les collaborateurs à investir à nos côtés au capital, mais également durables d'un point de
02:16vue environnemental, en faisant travailler les entreprises sur la baisse de l'empreinte carbone.
02:22Des règles assez simples, mais effectivement qui montrent bien quand même ce processus de création de valeur dans le capital
02:27investissement, c'est pas juste une question de prix d'achat et de prix de sortie, la création de valeur
02:30elle se fait tout au long de l'accompagnement de l'entreprise et cette logique d'alignement d'intérêt, comme
02:35on le dit dans vos métiers, skin in the game.
02:37Venons-en à l'indice Argos, qui est monté, designé avec un partenaire qui s'appelle Epsilon Recherche.
02:47Je le disais, c'est une publication trimestrielle qui mesure la valorisation des PME européennes non cotées, mais j'aimerais
02:53bien que vous nous apportiez un peu plus de détails sur la manière dont est construit cet indice.
02:57Et puis on regardera, parce que là aussi il y a un historique assez long et j'aimerais qu'on
03:00tire avec vous les enseignements, alors peut-être pas des 20 dernières années, mais en tout cas du cycle dans
03:06lequel on se trouve,
03:06et de la variation des valorisations qu'on a pu observer jusqu'à présent dans ce cycle ?
03:11Nous avons effectivement créé cet indice en 2004, donc ça fait plus de 20 ans que nous travaillons.
03:16L'idée initiale est partie de l'absence d'outils de référence pour apprécier nos propres valorisations pour les entreprises
03:24que nous étions en train d'acheter.
03:25Et donc il n'y a pas d'indice boursier d'entreprises non cotées, donc nous avons confié à un
03:30tiers, nous avons voulu avoir une méthodologie fiable et robuste.
03:34Nous avons confié à Epsilon Recherche le soin d'aller chercher de l'information fiable, passer en revue les dizaines
03:42ou les centaines ou les milliers de transactions,
03:45et ne sélectionner que celles dans lesquelles l'information était disponible et était totalement fiable.
03:51Et donc petit à petit, l'indice est devenu effectivement une référence, il est diffusé non seulement en Europe, on
03:57le diffuse maintenant au Japon,
03:59on le diffuse aux Etats-Unis, et il est utilisé par les professionnels du métier.
04:04Et très regardé par les gérants de small cap cotés aussi je dois dire, Carrel, parce qu'effectivement c'est
04:12un des grandes histoires entre les marchés cotés et les marchés non cotés,
04:14c'est que depuis plusieurs années maintenant, on a des valorisations supérieures dans le privé, dans les marchés non cotés,
04:21et donc une forme de prime à liquidité par rapport aux valorisations qu'on peut retrouver pour des tailles d
04:28'entreprises comparables dans ces marchés cotés.
04:31Vous le constatez ?
04:32Exactement. Il nous permet de faire deux choses en particulier.
04:36La première, plus que la valeur ponctuelle d'un trimestre spécifique, c'est la tendance.
04:41Ce qui nous intéresse, c'est comment sur plusieurs trimestres ou plusieurs années, évoluent les valorisations des entreprises.
04:48Et le deuxième objectif, c'est qu'effectivement nous pouvons comparer le coté, le non coté, non coté, on peut
04:55comparer les cartes valorisations à un instant T ou à un trimestre de données.
04:57Et donc mesurer les choses.
05:00Qu'est-ce qu'on peut dire ? Effectivement, on peut voir le graphique, on va l'afficher, puis ça
05:04se retrouve, c'est des données qui sont publiques,
05:06en tout cas pour la publication du baromètre trimestriel.
05:11On voit le sommet atteint en termes de valorisation.
05:14Donc la valorisation, vous la mesurez sur la base des opérations sur capital majoritaires, c'est ça ?
05:20Absolument.
05:21C'est une prise de contrôle des entreprises.
05:23Et sur la base de ces deals-là, vous calculez une valorisation médiane d'ailleurs pour les PME européennes non
05:29cotées.
05:30Donc on a vu un point haut à près de 12 fois les 8 d'un.
05:32Donc ça, c'était post-Covid, au moment 2021, où l'argent était encore à taux zéro, pour dire les
05:38choses.
05:39Carrel, qu'est-ce qui s'est passé depuis ? Et puis je veux bien qu'on en vienne à
05:42la publication du premier trimestre 2026,
05:44puisque vous l'écrivez dans le communiqué.
05:46Le prix d'acquisition des PME européennes affiche une légère reprise à 8,6 fois l'EBIDA.
05:51Est-ce qu'il y a un point bas derrière nous ?
05:53Peut-être que je reviens sur les tendances longues.
05:57Comment se forment les valorisations des entreprises ?
06:00Il y a trois facteurs derrière.
06:02Le premier et le plus important, c'est l'anticipation de croissance de l'entreprise en question.
06:07Plus elle offre de visibilité, plus elle offre de perspective de croissance,
06:11plus l'acheteur la valorise et la paye évidemment chère.
06:15La deuxième chose, vous l'avez un peu dit, c'est la disponibilité des financements et le coût des financements.
06:20à la fois la dette, mais également les fonds propres.
06:23Puisque pour financer la majeure partie des opérations,
06:26les acquéreurs utilisent d'abord leurs fonds propres,
06:29que ce soit les fonds d'investissement ou que ce soit les grandes entreprises qui achètent.
06:34Et puis la troisième chose, le troisième facteur, c'est la sérénité générale, l'environnement, l'ambiance.
06:42C'est l'envie de procéder à une acquisition et le contexte.
06:46Et donc quand on voit ces trois facteurs, ils expliquent assez bien les grandes tendances d'évolution.
06:54Ils expliquent également ce qui se passe depuis le pic des valorisations il y a quelques années.
06:59D'abord les anticipations de croissance sont de plus en plus faibles.
07:05Deuxièmement l'argent est de plus en plus cher, de moins en moins disponible.
07:09Et puis troisième, il suffit de regarder l'actualité tous les jours et toutes les semaines.
07:13Oui, l'atmosphère un peu anxiogène, elle est à sa porte, absolument.
07:19Qu'est-ce qu'on peut dire des niveaux qui ont été atteints ?
07:21Alors le point bas, je vois, est à 8,3 fois l'EBIT d'un.
07:25Et sur ce trimestre, la médiane ressort à 8,6 fois.
07:29D'ailleurs, comment est-ce qu'il faut lire ce chiffre ?
07:31Parce que derrière, il y a quand même une analyse aussi plus fine que vous apportez,
07:34entre les multiples qui sont payés par des acquéreurs financiers,
07:37les multiples qui sont payés par des acquéreurs industriels ou opérationnels.
07:41Et puis, il y a tous les extrêmes aussi.
07:44C'est-à-dire que derrière le chiffre médian, est-ce qu'il y a encore des opérations
07:47qui peuvent se payer, se surpayer par rapport aux multiples médians
07:51ou se sous-payer d'ailleurs par rapport à ce multiple médian ?
07:54Quelle est l'analyse qu'on peut faire de manière un peu immédiate, là, Carrel ?
07:57Alors l'analyse trimestrielle, donc une petite hausse,
08:00puisqu'on passe de 8,3 à 8,6.
08:03On n'est pas exactement sur un décollage de l'indice.
08:06Elle s'explique exclusivement par un seul phénomène,
08:09qui est une légère montée des valorisations payées par les fonds d'investissement,
08:13qui sont désormais au-dessus des valeurs payées par les acheteurs stratégiques et industriels.
08:19Donc la prime stratégique, qui est un terme qu'on entend souvent,
08:22en réalité c'est l'inverse aujourd'hui.
08:23Une décode stratégique.
08:24Il y a une décode stratégique.
08:25Les acheteurs financiers ont la possibilité et réellement payent des prix plus élevés.
08:31Ça, c'est quand on regarde le trimestre.
08:33Ensuite, quand on compare la valeur du trimestre à des valeurs d'il y a un an, d'il y
08:38a deux ans,
08:38on a, comme vous l'avez dit, une baisse des multiples très élevés payées sur une partie des transactions.
08:45Il y a eu historiquement entre 20 et 25% des transactions qui se font en dévalorisations extrêmement élevées.
08:51Plus de 15 fois, plus de 20 fois l'EBIDA.
08:54Cette transaction-là, aujourd'hui, cette part-là, elle est passée à 5%.
08:58On est à peine à plus de 5%.
09:00De 25% il y a quelques années encore, dans un moment d'euphorie.
09:03Ce qui peut caractériser un moment d'euphorie, peut-être.
09:06C'est ça, mais qui était lié à des périodes de croissance, de taux d'intérêt très limité.
09:10Un alignement d'intérêt qui permettait...
09:12Donc on a plus ce phénomène-là aujourd'hui.
09:14Sur une période d'un an, deux ans, on est quand même dans un corridor de baisse qui est le
09:19résultat aujourd'hui.
09:20Le fait que les acquéreurs financiers, alors reprêt de la main, je ne sais pas si c'est comme ça
09:24qu'il faut le dire,
09:25mais en tout cas se mettent à proposer des prix d'acquisition à des multiples supérieurs,
09:30à ceux proposés par les acquéreurs stratégiques, c'est quoi ?
09:34C'est une tendance normale de voir revenir le financier devant les acquéreurs stratégiques ?
09:39On n'en fait pas de conclusion particulière d'un trimestre à l'autre.
09:43Cette proportion-là, elle peut varier.
09:44La prime peut devenir une décote.
09:46Et l'inverse, c'est vrai également, sur une période longue, il n'y a pas de règle.
09:51Il n'y a pas de règle.
09:53Comment vous l'utilisez-vous ?
09:54Ça m'intéresse pour revenir à l'activité et aux opérations que vous pouvez mener chez Argos.
10:00Est-ce qu'effectivement, quand vous voyez l'abaissement quand même, la compression des multiples, comme on dit,
10:07est-ce que pour une société d'investissement comme Argos, est-ce que ça veut dire que oui, c'est
10:12un signal,
10:12c'est un marché d'acheteur, quand on a la liquidité qu'il permet ?
10:16Est-ce qu'aujourd'hui, c'est un moment important pour mener des deals, par exemple ?
10:23Alors, il reflète assez bien, non seulement les tendances un peu générales de valorisation,
10:28mais il est assez révélateur de l'activité du moment et du sentiment du moment.
10:32On constate effectivement les mêmes tendances.
10:35D'abord, beaucoup d'entreprises manquent de visibilité parce qu'elles ne savent pas ce que sera leur chiffre d
10:41'affaires à la fin de l'année,
10:42soit pour des raisons conjoncturelles, le prix de l'énergie, la capacité à exporter ou non dans certains pays et
10:49de payer des tarifs,
10:50ou bien des choses plus structurelles, l'IA, la cybersécurité.
10:55Et donc, offrir à l'acquéreur cette visibilité-là est de plus en plus difficile.
10:59Donc ça, on le constate. Deuxième chose, il y a encore un écart entre le prix attendu par certains vendeurs,
11:06qui voient le rétroviseur d'il y a 2-3 ans, et puis les acquéreurs, qui voient la pente des
11:12valorisations qui déclinent
11:13et qui se disent, demain, j'achèterai un peu moins cher.
11:16Cet écart-là, il se réduit tout de même.
11:19Donc la rencontre n'est pas loin de se faire, c'est ça.
11:24Parce que sur les prochains trimestres, normalement, on aboutisse à une activité plus forte de ce fait-là.
11:28Ça aussi, vous le souvenez, chaque trimestre, effectivement, l'activité M&A en Europe a été particulièrement à taux de
11:33ces derniers temps,
11:34et c'est un réveil de cette activité, évidemment, qui viendra coïncider avec une reprise, peut-être, des multiples d
11:39'acquisitions.
11:40Merci beaucoup, Carrel.
11:41Merci d'être venu nous expliquer en détail cet indice Argos qui mesure chaque trimestre,
11:46donc la valorisation des PME non-côtés en Europe.
11:48Carrel Krupa, Managing Partner chez Argos, était l'invité de ce dernier quart d'heure de SmartBourse.
11:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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