- il y a 23 heures
Ce mercredi 20 mai, Raphael Gallardo, chef économiste chez Carmignac, Robin Rivaton, président de Stonal, Matthieu Ceronne, trader et fondateur de Galileo Trading, Alain Du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, et Laurent Roussel, gérant actions chez Ixios AM, étaient les invités dans l'émission Good Morning Market, présentée par Nicolas Pagniez, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00FM Business, l'info éco.
00:03Il est 8h31, Léo Dumas, l'actualité économique.
00:06Et à la une les Européens qui se mettent d'accord avec eux-mêmes,
00:09sous la pression de Donald Trump, le Conseil et le Parlement,
00:12qui ont finalement trouvé un compromis sur l'accord commercial avec les Etats-Unis
00:16et avec notamment la suppression de plusieurs clauses de sauvegarde
00:20que voulaient introduire les eurodéputés,
00:22ce qui ouvre donc la voie à une ratification du traité avant le 4 juillet,
00:27date limite annoncée par Donald Trump avant un relèvement de ses surtaxes.
00:31Donald Trump, qui sera bien présent en France au sommet du G7
00:35avec les chefs d'État à Evian à partir du 15 juin,
00:40c'est un responsable de la Maison-Blanche qui l'a confirmé ces dernières heures.
00:44Toujours sur le front commercial, dans le bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine.
00:47Cette fois, il y aura bien de nouvelles négociations.
00:49C'est Pékin qui les confirme aujourd'hui.
00:52Cinq jours après la visite du président américain,
00:54les deux parties discuteront d'une réduction des droits de douane
00:57sur plus de 30 milliards de dollars de marchandises des deux côtés.
01:01Et à Pékin ce matin, c'est Vladimir Poutine qui est reçu par le président Xi.
01:05Les deux chefs d'État ont vanté en ouverture de leur sommet
01:08des relations sans précédent et inébranlables malgré les épreuves.
01:13Le président chinois qualifie aussi d'inopportune
01:16une éventuelle reprise des hostilités au Moyen-Orient.
01:19Dans le même temps, justement, ça bouge dans le détroit d'Hormuz.
01:22Trois pétroliers l'ont franchi ce matin.
01:24Deux Chinois et un Sud-Coréen.
01:26Selon les dernières données maritimes,
01:28Donald Trump et J.D. Vence avaient évoqué hier soir des progrès dans les discussions.
01:32Et une fin potentiellement très rapide des hostilités.
01:35Et puis l'actualité des entreprises.
01:36Pour finir, cette grève générale qui est confirmée dès demain
01:39chez Samsung en Corée du Sud,
01:41puisque la direction a refusé la médiation officielle
01:44selon les syndicats, ce qui déclenche du coup leur mouvement.
01:48Jusqu'au 7 juin, le gouvernement exprime ses profonds regrets
01:51et s'inquiète d'un effet majeur sur l'économie du pays.
01:54Il est 8h33 sur BFM Business et sur RMC Live.
01:57L'ouverture des marchés européens, c'est dans une petite demi-heure.
02:01Avant ça, Annalisa Capellini, les titres de la presse internationale.
02:06On va surveiller encore aujourd'hui les couloirs européens.
02:09Alors parce que ça y est, la dynamique s'intensifie
02:11pour rouvrir des canaux officiels avec la Russie.
02:13L'administration de Donald Trump, désormais, n'est plus opposée
02:16à ce que l'Europe discute avec Poutine en parallèle des négociations qu'elle mène.
02:20Sauf que là, il faut donc se choisir un représentant.
02:22C'est ce que nous raconte le Financial Times ce matin.
02:25Le FT a quelques noms.
02:26Alors, ils ne vont pas vraiment vous étonner.
02:28On parle d'Angela Merkel et de Mario Draghi,
02:30mais aussi du président finlandais Alexander Stubb,
02:33qui pourrait donc être le peacemaker pour discuter avec Vladimir Poutine.
02:37Les ministres des Affaires étrangères vont en discuter à Chypre la semaine prochaine.
02:42Pendant que les Européens essayent de trouver leur candidat pour parler avec Poutine,
02:46Vladimir Poutine, lui, discute avec Xi Jinping.
02:49Il est à Pékin aujourd'hui.
02:51On a beaucoup dit, vous savez, que cette visite prouve que la Chine est centrale
02:54dans le jeu géopolitique.
02:56C'est vrai, mais il soleille le quotidien italien à un autre avis.
02:59Il dit que pour Xi Jinping, le plus dur commence maintenant.
03:03C'est vrai que les Américains reconnaissent enfin les Chinois comme des égaux.
03:06Mais justement, cette reconnaissance américaine, elle change tout.
03:10Jusqu'à hier, Pékin pouvait se limiter à observer les erreurs de Washington avec cynisme,
03:14dit Il Soleil, à regarder Donald Trump qui transformait la politique étrangère
03:19en un rodeo avec des lances-flammes.
03:21Mais aujourd'hui, ça ne suffit plus.
03:22La Chine, elle fait partie du système et donc elle doit désormais contribuer
03:26à le stabiliser, ce système, notamment sur le front ukrainien et sur le front iranien.
03:32Justement, sur le front iranien, ça commence à bouger un petit peu dans le détroit d'Hormuz,
03:36au moins pour certains pays et pour l'Inde, notamment l'Inde qui se prépare à envoyer
03:40des navires à travers le détroit pour charger du pétrole.
03:43Ce sont des sources citées par Bloomberg en exclusivité qui n'ont pas de détails
03:47vraiment sur le calendrier ni sur le montant de l'échange.
03:49Mais c'est quand même très symbolique parce que ça sera la première fois depuis
03:53le début du conflit que l'Inde procède à une telle opération.
03:57Donc, c'est non seulement un signal de détente dans le détroit d'Hormuz, mais c'est aussi
04:00le signal d'une certaine dextérité géopolitique de l'Inde.
04:04L'Inde qui d'ailleurs est en pleine tournée européenne.
04:06Modi sort d'un sommet avec les pays nordiques.
04:09The Hindu, le journal indien, nous raconte les coulisses de ce sommet puisque c'est vrai
04:13que dans ce sommet, on a beaucoup parlé de transition écologique.
04:16C'était un peu le sujet à la une, mais en réalité, on a aussi parlé bonne vieille
04:20diplomatie.
04:20C'est ce qu'on lit à la une de The Hindu.
04:23Et donc, les cinq dirigeants nordiques, notamment, ils ont soutenu la candidature
04:26de l'Inde pour un poste, un siège permanent au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.
04:31Et puis, prochaine destination de Narendra Modi, c'est l'Italie.
04:34L'Italie où il vient d'atterrir.
04:36Sur la table, il y a surtout le commerce, l'investissement, la défense.
04:39C'est un pas de plus dans l'entente entre les Indiens et les Européens qui essayent
04:43de ne pas se faire écraser par les Américains et par les Chinois.
04:45Merci beaucoup, Annalisa Cappellini.
04:47Ouverture dans 25 minutes.
04:48Qu'est-ce qu'on attend ?
04:49Nicolas Pagnez.
04:50On attend toujours pour le moment des marchés européens en repli, toujours dans un contexte
04:56de hausse des taux obligataires, que ce soit aux Etats-Unis, que ce soit en Asie ou même
05:01en Europe.
05:02On attend aussi surtout ce que l'on imagine comme être le faiseur de tendance de la
05:06semaine, à savoir les résultats de Nvidia ce soir après la clôture.
05:10En attendant, les marchés asiatiques évoluent en repli pour le moment, que ce soit le Nikkei,
05:14que ce soit le Kospi qui perd toujours 2%, plombé par cette grève chez Samsung.
05:18Samsung, grève qui est confirmée après des négociations qui ont échoué.
05:23Grève qui plombe du coup Samsung aujourd'hui dans les échanges et qui entraîne avec lui
05:28le Kospi.
05:28Le Hang Seng recule également.
05:30On voit toujours dans cette attente des résultats de Nvidia que le S&P 500 et le Nasdaq
05:34ont clôturé en recul hier.
05:36On voit également que l'indice Sox, qui concentre la performance des semi-conducteurs,
05:40a perdu 6% sur les 5 derniers jours.
05:42Il reste sur ses plus hauts, mais il a pris quelques bénéfices.
05:45Et ça montre que peut-être que tout pourrait changer ce soir avec la publication de Nvidia.
05:50Ça pourrait être une question qu'on pourrait se poser d'ailleurs sur les marchés financiers.
05:54On va voir ça dans un instant avec nos invités.
05:56Robin Rivaton, le président de Sloan, va nous rejoindre.
05:58C'est Raphaël Gallardo, chef économiste chez Carmignac, pour vivre ces quelques instants
06:03avant l'ouverture des marchés européens.
06:04Tout de suite.
06:09Il est 8h40 sur BFM Business et sur RMC Live, l'ouverture des marchés européens dans 20 minutes.
06:15Nous on rejoint sur ce plateau.
06:16Robin Rivaton, bonjour.
06:17Bonjour.
06:17Président de Stonald, à côté de vous, Raphaël Gallardo, bonjour.
06:20Chef économiste chez Carmignac.
06:21On est toujours avec Nicolas Pagnès.
06:23Nicolas, on en a parlé largement ce matin.
06:25Il y a des seuils d'alerte quand même qui sont un peu dépassés du côté des taux,
06:28notamment sur le 30 ans américain.
06:30Oui, on a vu les taux continuer à progresser cette nuit, atteignant des niveaux qu'on n'avait pas connus
06:33depuis 19 ans.
06:35Pour le 30 ans américain, il est monté jusqu'à 5,193% cette nuit.
06:39La dernière fois qu'on l'avait vu monter à un niveau pareil, c'était en 2007, soit juste avant
06:43la crise de 2008.
06:44On a vu également le 10 ans US qui, lui, est monté jusqu'à 4,66%.
06:48Ça a continué de se propager au Japon, puisque ça fait plusieurs jours que ça dure.
06:53Le 10 ans japonais a, lui, touché un niveau qu'on n'avait pas vu depuis 1996.
06:56Le 30 ans et le 40 ans japonais ont aussi touché des niveaux inédits, toujours sur ces craintes de propagation
07:01d'une inflation durable.
07:02Raphaël Gallardo, on dit parfois que le 5% sur le 30 ans américain, c'est un seuil taco pour
07:06Donald Trump,
07:06qui regarde ça avec grande importance.
07:09Là, on a carrément dépassé le seuil.
07:10Oui, même on avait dépassé en début de semaine le seuil sur le 10 ans,
07:15qui avait été atteint au paroxysme de la crise sur les tarifs, le fameux Liberation Day,
07:19qui avait provoqué le premier taco.
07:22Alors, je pense que ce que regarde Scott Besson, donc le trésor américain,
07:26c'est à la fois le niveau, mais c'est aussi, est-ce que c'est isolé ?
07:30Est-ce que c'était que créé par une gaffe politique américaine ?
07:34Et puis aussi la vitesse à laquelle ça se détériore et l'implication.
07:38C'est-à-dire que pendant la crise de Liberation Day sur les droits de douane,
07:43on avait en fait cette corrélation infernale où tout baissait en même temps.
07:47Et c'est surtout la vitesse qui a fait très peur.
07:49Et à ce moment-là, Scott Besson t'a dit à Trump, on va vers une grande dépression bis,
07:52si t'arrêtes pas tout de suite.
07:54Là, la problématique, c'est que Scott Besson ne peut pas dire à Trump,
07:58change de braquet tout de suite, bien sûr, parce que c'est absolument mondial.
08:03C'est le Japon, le Royaume-Uni, la France, les États-Unis.
08:07Donc c'est un phénomène qu'on ne pourra pas enrayer facilement.
08:12Et deuxièmement, la priorité de Donald Trump aujourd'hui, c'est l'Iran et ce n'est pas les marchés
08:17financiers.
08:18Je pense que Trump sait qu'il a perdu les midterms,
08:22que de toute façon, il ne sera pas destitué par son parti,
08:25parce qu'on voit, là, il est complètement grisé par les victoires qu'il accumule dans toutes les primaires républicaines.
08:31Là, il a fait tomber son plus gros ennemi pendant la nuit, c'était Tom Massy, dans sa primaire de
08:35Pennsylvanie.
08:36Ennemi interne, du parti républicain.
08:39À l'intérieur du parti républicain.
08:40Donc voilà, il a atteint 40% de popularité.
08:4340% de popularité pour Trump, c'est la base.
08:45C'est des gens qui, de toute façon, suivent Trump de façon complètement irrationnelle.
08:49Ce n'est plus un parti politique, c'est un culte.
08:51Donc Trump leur dit, je ne ferai jamais plus de guerre, il en fait une.
08:54Et en fait, les gens qui s'identifient comme MAGA, à 90%, soutiennent ce qu'il fait en Iran.
08:58Donc en fait, il ne peut pas tomber plus bas.
09:00Et donc, là-dessus, je pense qu'il faut se préparer à avoir plus de secousses.
09:06Si justement, on ne trouve pas une issue rapide à la situation au Moyen-Orient.
09:10Robin Riveton, mouvement mondial, crise de la dette potentielle, ça vous inquiète ça ou pas ?
09:16En tout cas, il y a une tension effectivement sur l'obligataire souverain, très forte.
09:21Comme on l'a dit, qui se propage dans tous les pays.
09:23Après, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne.
09:25C'est-à-dire qu'il y a quand même des pays qui arrivent à se financer dans leur économie
09:28domestique.
09:29Et donc, malgré tout, quand on arrive à se financer auprès de ces nationaux, auprès de ces résidents,
09:33on est moins sujet à cette difficulté à émettre des obligations primaires.
09:37Parce que la réalité du marché secondaire, à la fin des fins, ça a des impacts sur l'économie.
09:42Mais la question du financement du déficit de l'État, lui, il l'émet, il fait une émission, il va
09:47faire son émission primaire.
09:48Les États-Unis, c'est très important, alors c'est juste en tête.
09:51Les États-Unis, aujourd'hui, c'est 30% qui sont détenus par des non-résidents de la dette.
09:55Le Royaume-Uni, c'est seulement 25%. Le Japon, c'est peanuts.
09:59Le pays qui est aujourd'hui le plus dépendant de l'extérieur pour sa dette, c'est la France.
10:03Sur les 12 derniers mois, c'est 85% des émissions de dette qui ont été achetées par des non
10:09-résidents.
10:10Et donc, aujourd'hui, la question, ce n'est pas tellement qui a le taux le plus haut,
10:14c'est qui aujourd'hui est le plus fragilisé par cette montée des taux
10:18et qui va être le plus en difficulté pour émettre de la nouvelle dette, de la dette primaire,
10:22à des prix qui sont quand même de plus en plus chers.
10:25Je rappelle juste qu'aujourd'hui, les 120 milliards de dettes que la France doit rouler,
10:29donc elle va rembourser, donc elle doit reprendre de la nouvelle dette,
10:32ce n'est pas la dette supplémentaire, c'est vraiment juste celle qui arrive à échéance qu'elle va rembourser,
10:37elles sont à un taux moyen de 1,2 cette année.
10:39Donc, il y a 120 milliards qui vont passer d'un taux de 1,2 à 3,6, c'est
10:44peut-être plus.
10:45Et donc, ça fait cher.
10:46Nicolas ?
10:46Une question peut-être pour vous, Raphaël Garardo, pour bien comprendre où se situe l'inquiétude vis-à-vis de
10:51la réaction de la Fed,
10:52puisqu'il y a deux grilles de lecture en fait sur cette flambée des taux obligataires.
10:55Il y a une première grille de lecture qui nous dit l'inflation va être plus durable,
10:59ça va forcer la Fed à remonter ses taux et le marché obligataire réagit à ça.
11:02Et il y a une deuxième grille de lecture qui dit Kevin Warch, qui prendra ses fonctions en fin de
11:06semaine,
11:06n'a pas l'intention de remonter ses taux.
11:08Il s'exprime d'ailleurs sur la productivité accrue grâce à l'intelligence artificielle qui pourrait venir réduire l'inflation.
11:13Et le marché obligataire a justement peur qu'il ne remonte pas les taux à un moment où il faudrait
11:17les remonter.
11:18Où est l'inquiétude dans les marchés, Raphaël Gallardo ?
11:20Je pense qu'elle est double.
11:22C'est-à-dire qu'aujourd'hui, comme vous le disiez, en fait, on a des problèmes de soutenabilité des
11:27taux de l'île partout.
11:28Et puis, on a des problèmes de gouvernabilité.
11:32Et en plus, on a deux banques centrales qui sont complètement en train de perdre leur crédibilité, la Fed et
11:38la Banque du Japon.
11:38Et donc, aux États-Unis, la grande crainte, c'est qu'en fait, Kevin Warch soit une marionnette de Trump
11:44et qu'il refuse de remonter les taux en invoquant des arguments complètement fallacieux
11:48que demain, la productivité va augmenter grâce à l'IA.
11:52Alors qu'aujourd'hui, l'économie américaine, toute la croissance américaine, c'est un énorme pari sur l'IA.
11:57C'est 80% de la croissance américaine, c'est de l'investissement de l'IA.
12:01Et on rajoute les 20% qui restent, c'est des effets richesses liés à la valorisation en bourse de
12:06l'IA.
12:06Voilà. Donc tout ça, c'est inflationniste.
12:09Et donc, si derrière, on a une banque centrale qui est à la botte de Trump et qui refuse de
12:13monter les taux,
12:14c'est les marchés obligataires qui doivent faire le job, c'est-à-dire pontifier la courbe
12:18avec une augmentation de la prime de terme.
12:20Et c'est le mouvement qu'on voit actuellement.
12:22Ils anticipent finalement ce que la Fed ne ferait pas dans le scénario actuel.
12:26C'est le scénario de perte de crédibilité.
12:28Mais est-ce qu'à la fin, il y a assez d'épargne ?
12:30Ou le problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'épargne pour pouvoir financer toute cette dette
12:33?
12:34Alors, il y a toujours assez d'épargne pour financer une dette d'État tant que le risque de défaut
12:40de l'État est là.
12:42Le défaut d'un État, c'est soit un défaut comme l'Argentine déclare « je ne paye pas ma
12:45dette »,
12:46soit je fais un défaut via l'inflation, c'est-à-dire c'est un défaut au ralenti.
12:51Aujourd'hui, effectivement, quand on dit que le marché se pose des questions sur l'avenir de l'inflation aux
12:56États-Unis,
12:57on voit que les points morts d'inflation remontent, c'est que le marché est en train de « pricer
13:00» sur la dette américaine.
13:04Et donc, l'épargne, elle est là.
13:06Et en général, si l'État est crédible, en priorité, l'épargne va s'allouer sans risque sur les dettes
13:13d'État.
13:13Donc, pour les émissions, ça ne fait pas de problème majeur, il y a toujours du monde.
13:16Il y a du monde pour les émissions américaines, il n'y a pas de stress.
13:21La question, c'est le prix.
13:22Et effectivement, le prix de la nouvelle émission va rendre plus compliquée la soutenabilité de la dette au total.
13:27Parce que, comme je viens de l'expliquer, quand vous êtes à 1,20 et que vous empruntez à 3
13:31,60,
13:32les sur 120 milliards, ça veut dire que chaque année, vous vous êtes rajouté de 3 milliards de plus.
13:37Et ça, c'est automatique.
13:38Et ça va très, très vite parce que cet effet un peu boule de neige, comme on le décrit, il
13:42arrive de plus en plus fort.
13:43Et ce que voient les marchés, ce que voient les investisseurs obligataires, c'est de se dire « on a
13:47un mur ».
13:48En fait, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, le mur, il n'est pas demain, il n'est pas
13:50dans 18 mois, il n'est pas dans 24 mois.
13:52Donc, projette un peu cette courbe un peu plus loin.
13:54Eh bien, à 4, 5, 6, 10 ans, on voit bien qu'il y aura un problème fort de soutenabilité.
14:00Et soit les États font un effort pour ramener le déficit primaire, donc avant le paiement de l'achat d
14:05'intérêt, à un niveau qui est neutre.
14:08Soit on n'y arrive pas.
14:09Et aujourd'hui, ce qu'on voit aux États-Unis, c'est que les États-Unis n'y arrivent pas.
14:12On l'a vu.
14:13Ils ne veulent pas.
14:14Ils ne veulent pas, ils n'y arrivent pas.
14:15Parce que Trump a quand même essayé, quelque part avec le Doge, il a fait des grandes promesses au début
14:19sur comment on va couper la dépense.
14:20La réalité, c'est qu'au bout de 6 mois, l'exercice s'est révélé vide et qu'il n
14:24'y a pas eu de capacité à réduire.
14:25La dépense américaine, c'est de la dépense de défense.
14:28Et après, c'est de la dépense sociale.
14:30La dépense de défense, elle est sanctuarisée aux États-Unis.
14:32La dépense sociale, si elle était coupée réellement, elle aurait des effets systémiques dans le pays très fort.
14:37Parce qu'il y a des inégalités à l'intérieur du pays géographique qui sont très, très puissantes.
14:41Et si on coupait dedans, ça aurait des effets très puissants.
14:42Et c'est pareil en France aussi, quelque part.
14:45Le sujet, c'est que quand la France aujourd'hui se balade avec ce déficit à 5% qu'on
14:48n'arrive pas à décrocher,
14:50qu'est-ce qui va se passer ?
14:51Est-ce qu'il n'y a pas aussi une inquiétude d'avoir moins d'acheteurs de dette américaine
14:55quand on voit que les investisseurs chinois en achètent moins, que les japonais en achètent moins,
14:58que quand les autorités japonaises doivent agir sur les marchés d'échange
15:02pour justement contrebalancer la baisse du Yen,
15:05ils s'expriment pour dire, vous n'en faites pas, on ne va pas vendre des bons du trésor américain,
15:09on a les liquidités nécessaires.
15:10Est-ce qu'il n'y a pas aussi cette intégration ?
15:12Il y a eu des émissions, Raphaël, où il y avait moins de monde quand même sur le marché.
15:15Oui.
15:16C'est toujours sursouscrit.
15:17C'est très clair.
15:18Alors sur les dettes américaines, en fait, la difficulté qu'on a,
15:20c'est que l'essentiel des hedge funds américains sont basés aux îles Caïmans,
15:23donc ils apparaissent comme des détenteurs externes.
15:25Donc c'est vrai que quand on regarde ces statistiques d'enchaire,
15:28on a l'impression que le monde entier adore la raffole de ces dettes.
15:31Non, c'est juste des hedge funds qui aujourd'hui représentent à peu près 10%
15:34de la détention de la dette américaine.
15:36Ils achètent de la dette à 20 ans, à 30 ans, etc.
15:38Et tout ça, c'est rôlé au jour le jour sur le marché du repo,
15:42c'est-à-dire un marché journalier qui dépend de la liquidité.
15:45Maintenant, moi, je ne suis pas inquiet.
15:47Pourquoi en ce moment ?
15:47Parce qu'il y a deux choses qui ont été mises en place à la fin de l'année dernière.
15:51Un, la Fed a remis en place la planche à billets,
15:54puisqu'ils étaient en train de réduire leur bilan.
15:55Et d'un seul coup, ils se sont rendus compte que ça allait faire exploser les paris des hedge funds.
15:59Donc, ils ont remis en route la planche à billets, 40 milliards par mois.
16:03C'est un peu en train de se réduire parce qu'on a passé la saison fiscale.
16:06Et deuxièmement, il y a eu la réforme, la dérégulation des banques.
16:09Et ça, c'était un énorme cadeau qu'on a fait aux méga-banques américaines.
16:13Et avec ça, en fait, elles ont 4 trillions de dollars à redéployer sur les marchés monétaires.
16:18Donc, en fait, jusque-là, je pense qu'on peut se dire qu'il n'y a pas de problème
16:22de liquidité sur cette dette américaine.
16:24Par contre, vous avez touché du doigt le problème sur la dette japonaise, la détention par les japonais.
16:31La Banque du Japon, elle a une camisole de force parce que la première ministre, Takahashi, refuse qu'on monte
16:37les taux.
16:38Elle, elle veut dépenser plus, se réarmer.
16:40Donc, perte de crédibilité au Japon, où le Yen va lâcher complètement.
16:44Et là, il y aura une intervention massive sur le marché des changes.
16:47Et là, on dépassera les liquidités qu'ils ont pour soutenir la monnaie.
16:50Et là, ils devront vendre.
16:51Donc, l'inquiétude, elle était regardée du côté du Japon, Robin, vous partagez ça ?
16:55Oui, le Japon, effectivement, est un point fragile.
16:57L'autre point fragile, c'est le Royaume-Uni, qui est quand même un pays très, très, très fragile,
17:01au sens où il y a une difficulté à aujourd'hui baisser la dépense.
17:04Sur le 10 ans, ils ont dépassé les 5%.
17:06C'est monstrueux.
17:07C'est avec des chiffres de déficit qui sont bien meilleurs que les nôtres.
17:10Aujourd'hui, ils ont déficit à 2,5, quasiment la moitié de la France.
17:13C'est une dette sur PIB qui est 10 points en dessous de la France.
17:16Et ils se baladent avec 200 points de base de plus que la France.
17:19Donc, c'est un pays qui est très, très fragile, qui a une crédibilité qui a été quand même entamée,
17:23qui a peu de marge de manœuvre, il y a zéro croissance.
17:25Il y a une très, très faible capacité à baisser les dépenses,
17:28parce que les dépenses ont déjà été comprimées pas mal.
17:30Ils sont en dehors d'une zone monétaire forte, quelque part.
17:33Et juste, je rappelle juste qu'aujourd'hui, l'Europe fait 85% de son excédent courant.
17:39Donc, de l'argent qu'on reçoit en Europe vient du Royaume-Uni.
17:41Donc, l'Europe ne vit que grâce à ce pays-là.
17:44Donc, si le Royaume-Uni devait tomber, ça a un effet systémique contagion sur l'Europe extrêmement fort.
17:48Donc, moi, je regarde effectivement beaucoup le Japon,
17:50mais un pays qui est vraiment très, très fragile, c'est le Royaume-Uni aujourd'hui.
17:52Et Raphaël, ce qui est étonnant, c'est qu'on a un enchaînement de déclarations de responsables britanniques
17:57en disant qu'il faut revenir dans l'Europe.
18:00On a eu Rachel Reeves qui a fait un édito dans les Echos
18:02pour dire que c'était la place de la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne.
18:08Bon, je ne vais pas dire qu'il fallait réfléchir avant, mais là, il y a un sujet quand même.
18:11Il fait froid dehors.
18:12Oui, il fait froid dehors, c'est vraiment ça.
18:14Oui, alors, ce qu'il est sur vrai, c'est qu'il soit dans l'euro.
18:17Ce n'est pas la question de rentrer.
18:18Non, c'est-à-dire, le gros plan du Royaume-Uni, c'est qu'ils sont sortis...
18:22Les électeurs ont voté contre l'Europe pour les questions d'immigration,
18:24et ça a été pire après.
18:26Donc, forcément, les gens sont furieux.
18:28Et deuxièmement, ils ont été incapables de réinventer leur modèle,
18:31ce qu'on appelait Global Britain, en dehors du carcan de l'Union Européenne,
18:34parce qu'ils sont sortis au moment où le vent avait tourné,
18:37tout le monde redevenait protectionniste.
18:38Donc, en fait, leur modèle de faire, de transformer la Grande-Bretagne en Singapour du Nord,
18:44ça n'a pas du tout marché.
18:45Et donc là, ils sont complètement à court.
18:47Il faut réinventer leur modèle de croissance.
18:48Et ils sont à court d'idées.
18:50Donc, ils reviennent en arrière complètement là-dessus.
18:52Mais réinventer un modèle de croissance avec des taux à plus de 5%, c'est dur quand même, non ?
18:55Oui, et puis il y a quelques politiques qui, eux, sont un peu...
18:58Comment dire ?
18:58La fragilité politique britannique est très forte.
19:01Il y a des partis qui...
19:01Aujourd'hui, le consensus politique classique gauche-droite a totalement explosé.
19:04Il y a plein de partis qui arrivent avec des propositions très radicales les uns des autres.
19:08Et donc, l'instabilité de ce pays est très, très, très, très forte.
19:11Et pour moi, il présente un risque vraiment majeur pour l'économie mondiale aujourd'hui.
19:14Bon, il nous reste quelques instants, Nicolas Pagnès, pour l'ouverture.
19:17Qu'est-ce qu'on attend ?
19:18Eh bien, on attend toujours un CAC 40 et un DAX en repli.
19:22Léger repli, en tout cas pour...
19:23Pardon, excusez-moi.
19:25En tout cas pour le DAX ou le CAC 40,
19:27on va suivre, bien sûr, la publication des résultats de Nvidia,
19:29qui interviendra après la clôture.
19:31Mais on le disait tout à l'heure,
19:32ça peut être le faiseur de tendance de la semaine sur les marchés.
19:37D'ailleurs, sur ce plateau, il y a quelques jours,
19:39Wilfried Galland nous disait que ce n'était pas une news micro,
19:41mais une news macro,
19:41puisque ça avait une incidence sur tous les pans de l'économie.
19:46Et du côté des marchés obligataires,
19:49on voit que le 10 ans français, l'OAT 10 ans, recule légèrement,
19:53donc se détend légèrement.
19:54On a fini à 3,84 hier, on est à 3,80 à l'heure actuelle.
19:57Merci beaucoup Nicolas.
19:58Ça continue Good Morning Market dans un instant sur BFM Business.
20:02Merci beaucoup Romain Rivaton et Raphaël Garodot
20:03de nous avoir accompagnés ce matin dans un instant.
20:06Donc l'ouverture des marchés européens sur BFM Business,
20:09sur AMC Live.
20:09Je vous dis à demain.
20:10Bonne journée.
20:19Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Good Morning Market.
20:22Nous sommes ensemble en direct sur BFM Business jusqu'à 9h30
20:26dans un contexte de flambée des taux obligataires à travers le monde,
20:31notamment aux Etats-Unis où on a touché des nouveaux niveaux inédits,
20:35notamment sur le 30 ans américain.
20:37On revient sur des niveaux qu'on n'avait pas connus depuis 2007.
20:40On a vu également au Japon plusieurs niveaux inédits,
20:42notamment sur le 10 ans japonais,
20:45où on revient sur des niveaux qu'on n'avait pas connus depuis 1996.
20:48On va commenter ça dans un instant.
20:50La réaction des marchés actions également, bien sûr,
20:54sachant qu'en France notamment, l'OAT 10 ans est à l'heure actuelle
20:58aux alentours de 3,80.
20:59Elle se détend légèrement par rapport au 3,84 à la fin de la séance hier.
21:04Et tout de suite, nous vous proposons le flash de Léo Dumas.
21:12L'Europe est enfin d'accord avec elle-même sur les droits de douane américains,
21:16puisque le Conseil et le Parlement ont trouvé cette nuit un compromis provisoire,
21:19mais suffisant a priori pour satisfaire Donald Trump, le président américain,
21:24qui avait donné aux Européens jusqu'au 4 juillet pour ratifier l'accord.
21:28Alors en vous rejoint à Bruxelles, Alex Le Bourdon pour BFM Business,
21:30la voie est maintenant libre pour ratifier ce traité, mais ça n'a pas été simple.
21:36La nuit a été courte pour les différents groupes parlementaires
21:39qui ont négocié jusqu'à la dernière minute.
21:42Finalement, le compromis a été trouvé aux petites heures ce matin.
21:44Résultat, l'accord commercial conclu l'année dernière avec Washington
21:48devrait être ratifié.
21:50Il prévoit la suppression des droits de douane pour les produits
21:53en provenance des Etats-Unis, en l'échange d'un plafonnement à 15%
21:57des taxes imposées par Donald Trump sur les produits européens.
22:01Mais face à des Etats membres qui voulaient à tout prix éviter d'attiser
22:06la colère de Washington, le Parlement a dû faire des concessions
22:09sur les garde-fous qu'il réclamait, notamment la clause de suspension
22:14qui prévoyait la suppression des conditions douanières favorables
22:17en cas de non-respect des termes de l'accord par les Etats-Unis.
22:21Autre concession sur les clauses qui stipulaient que les engagements
22:25européens n'entreraient en vigueur qu'au moment où les Etats-Unis
22:28respecteraient pleinement l'accord, malgré des tensions
22:32entre les Etats-Unis et certains pays européens en raison
22:35de leur opposition à la guerre en Iran.
22:37La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,
22:41avait estimé que l'Union européenne devait respecter ses engagements
22:45et ratifier l'accord.
22:47Merci Alex Le Bordon à Bruxelles et puis dans le bras de fer commercial
22:49entre les Etats-Unis et la Chine, cette fois, il y aura bien de nouvelles négociations.
22:53C'est Pékin qui les confirme ce matin, 5 jours après la visite de Donald Trump.
22:58Les deux parties vont discuter d'une réduction des droits d'ouane
23:01sur plus de 30 milliards de dollars de marchandises de chaque côté.
23:069h01, il y a du mouvement dans le détroit d'Hormuz.
23:08Trois pétroliers l'ont franchi ce matin.
23:10Deux sont chinois, l'autre est sud-coréen.
23:12Séoul qui précise que ce passage se fait en coordination avec les autorités iraniennes.
23:18L'actualité des entreprises, et c'est confirmé, le chinois Dongfeng
23:21va bien produire un véhicule dans l'usine Stellantis à Rennes.
23:26Les deux groupes vont aussi créer une co-entreprise.
23:29Elle sera pilotée par Stellantis, annonce à la veille de la présentation
23:33du plan stratégique du groupe par le nouveau directeur général Antonio Filoza.
23:38Et puis en Corée du Sud, les négociations vont finalement reprendre
23:42entre les syndicats et la direction chez Samsung.
23:46Les syndicats qui avaient pourtant annoncé plus tôt ce matin
23:49le début d'une grève générale à partir de demain,
23:53ils réclament un meilleur partage des bénéfices de l'entreprise.
23:56Les nouvelles négociations vont se faire sous la supervision du gouvernement sud-coréen.
24:01Voilà, avec un CAC 40 qui ouvre en repli à l'heure actuelle.
24:04On vous donnera la tendance dans un instant.
24:07Juste avant, nous avons le plaisir d'avoir retrouvé sur le plateau de Good Morning Market
24:11Raphaël Legendre.
24:13Raphaël Legendre, vous serez aux commandes des experts à 9h30 sur BFM Business.
24:17C'est le nouvel horaire.
24:19Quels sont les sujets au menu des experts ce matin, Raphaël ?
24:22On va parler de la dette ce matin et des taux qui explosent.
24:24La dette française qui a passé la barrière des 4%
24:28et les taux à 30 ans US qui eux ont dépassé les 5%.
24:32Alors, alerte sur les taux.
24:33Ce sera le premier thème des experts ce matin.
24:35Et puis, budget, où trouver les économies ?
24:38Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier à l'Assemblée nationale
24:41que les 6 milliards d'économies pour compenser le coût de la guerre ne suffiront pas.
24:46Il faudra faire probablement davantage.
24:49Alors, où les trouver ?
24:50Et qui va payer ?
24:51Ce sera le deuxième thème.
24:52On reviendra sur cette proposition de la Fédération hospitalière de France.
24:57Et pourquoi pas financer la dépendance au travers de la grande transmission.
25:02Vous savez, ces 5 000 à 9 000 milliards d'euros qui vont changer de main d'ici 2040.
25:08On verra ce qu'en pensent les experts.
25:10Et puis enfin, on en reviendra.
25:11Alex Le Bouillet en parlait depuis Bruxelles sur la transcription de l'accord commercial
25:17entre l'Europe et les États-Unis.
25:20L'Europe sort-elle gagnante ou perdante ?
25:22Voilà pour le menu, 9h30, 10h30, les experts toujours en direct sur BFM Guinness.
25:27Voilà, avec un CAC 40 qui ouvre dans le rouge à l'heure actuelle,
25:30moins 0,15% à 7 969 points à l'heure où on se parle, à 9h03.
25:36Avec parmi les plus fortes baisses Capgemini, moins 2,23%.
25:39Dassault Systèmes, moins 1,75%.
25:41Eurofins scientifiques, moins 1,57%.
25:44Pernod Ricard, moins 1,36%.
25:46Parmi les plus fortes hausses, on voit Euronext qui gagne 5,27%.
25:49Euronext qui a publié hier soir des résultats en hausse avec notamment une forte progression
25:54de ses activités de trading portées par la volatilité sur les marchés financiers,
25:59plus 30% sur l'activité de trading.
26:01On voit également parmi les plus fortes hausses, donc du coup, à la cote à Paris,
26:04à St-Microelectronics, plus 2,59%.
26:06ArcelorMittal, plus 1,19%.
26:09On est toujours sur un baril de Brent à 109 dollars, un WTI à 102 dollars.
26:15Et un mot de Samsung à Séoul, à la cote de Séoul, qu'on a suivi durant toute la matinale,
26:21qui était en repli sur fond d'annonces de grèves imminentes à partir de demain.
26:26Samsung qui finit finalement en très légère progression, plus 0,18%,
26:30alors que l'annonce vient de tomber de la reprise des négociations
26:35qui pourraient potentiellement éviter la grève demain chez Samsung.
26:39On commente tout cela dans un instant dans Good Morning Market.
26:45BFM Business présente
26:47Good Morning Market
26:50Nicolas Pagnès
26:51Et on se retrouve dans Good Morning Market en direct sur BFM Business
26:55jusqu'à 9h30, nouvel horaire de Good Morning Market
27:00avec un CAC 40 qui recule, un moins 0,14% à 7 970 points.
27:05On voit le DAX également en repli, un moins 0,18% à 24 357 points.
27:11L'Eurostox, lui pour le coup, l'Eurostox 50 étant très légère hausse, plus 0,04% à 5 852
27:20points.
27:20Et tout de suite, la première partie de Good Morning Market en portefeuille.
27:25En portefeuille, c'est avec Alain Dubrul, comme tous les mercredis,
27:29qui est au téléphone avec nous, directeur général délégué de Claresco Finance.
27:33Bonjour Alain.
27:35Bonjour Nicolas.
27:35Merci d'être avec nous.
27:37On va passer en revue, comme chaque semaine, trois valeurs que vous suivez.
27:40Et on va commencer avec Valourec.
27:42Valourec qui a signé une séance en repli hier,
27:46après l'annonce de la cession par ArcelorMittal.
27:50Elle est près de 24 millions d'actions de Valourec.
27:54Ça représente à peu près 10% du capital social.
27:58Comment est-ce que vous analysez cette nouvelle
28:00et comment est-ce que vous analysez le titre Valourec, Alain ?
28:04Alors, cette cession, elle s'est faite avec une décote de 8% sur le cours d'avant-hier.
28:09Alors, il faut rappeler qu'Arcelor avait acquis en mars 2024 27,4% de Valourec
28:14en rachetant la participation d'un fonds Apollo
28:17qui était devenu un gros actionnaire suite à la restructuration financière de Valourec
28:22où les porteurs de dettes avaient partiellement converti leur créance en capital.
28:26Donc, c'est une société qui n'avait pas vocation à rester longtemps.
28:28Et depuis cette époque, en fait, 27%, c'est beaucoup quand même.
28:31Et le marché s'interrogeait sur une possible montée en puissance d'Arcelor au capital de Valourec
28:37avec évidemment la possibilité d'une OPA
28:39puisque en France, au-delà de 30% du capital, il faut faire une OPA.
28:42Et donc, finalement, Arcelor semble opter pour un désengagement.
28:46Alors, il faut dire que le cours de Valourec a quasiment doublé depuis mars 2024
28:50si on inclut les versements de dividendes et qu'on peut aussi trouver que les priorités d'Arcelor ont évolué
28:58depuis 2024 parce qu'en fait, la montée en puissance des droits de douane
29:02crée de nouvelles opportunités régionales pour le groupe.
29:04Avant, l'idée, c'était exporter de l'acier en provenance de pays pas chers
29:10alors que l'Europe, notamment, avait des coûts de production élevés.
29:13Et aujourd'hui, en fait, avec les barrières régionales,
29:15on voit qu'il est parfois plus opportun de produire localement pour éviter certaines taxes.
29:20Et donc, dans ce contexte, une présence dans les aciers spéciaux de Valourec
29:22qui aurait pu améliorer le mix par une diversification vers des produits plus haut de gamme,
29:27ça a perdu une partie de son intérêt.
29:29Alors, pour Valourec, la session d'hier, ça ramène le cours à 24 euros.
29:32C'est le niveau qu'il avait avant les résultats du premier trimestre
29:35qui ont été publiés mardi 13 mai, donc il y a une dizaine de jours,
29:38et qui avait été très bon.
29:39Alors, nous, on n'avait jamais vraiment intégré de primes spéculatives dans le cours
29:43et on continue de penser que Valourec conserve de très belles perspectives
29:47en tant que société indépendante.
29:49C'est une société qui a eu des gros problèmes financiers il y a 4-5 ans
29:53avec trop d'endettement, mais qui a bien remonté la pente.
29:56Elle est aujourd'hui complètement désendettée.
29:58Elle génère beaucoup de cash flow,
29:59qu'elle s'est d'ailleurs engagée à reverser intégralement aux actionnaires.
30:03Donc, ça s'est traduit l'année dernière par un premier dividende de 1,50 euros.
30:07Et cette année, le dividende a été confirmé, mais a priori, il devrait être de 1,75 euros,
30:12c'est-à-dire un rendement supérieur à 7 %, auquel il faut ajouter à peu près 200 millions d
30:16'euros,
30:17c'est-à-dire 3 % de la capitalisation liée à des rachats d'actions.
30:20Donc, près de 10 % de retour aux actionnaires, sachant que, par ailleurs,
30:24une croissance à deux chiffres des résultats est attendue pour les deux prochaines années.
30:29Et rien que ce matin, la société a à nouveau annoncé deux nouveaux contrats auprès d'Exxon,
30:33au Guyana, pour 40 000 tonnes de tubes, soit un contrat à plus de 110 millions de dollars.
30:37Donc, il y a toujours une bonne dynamique.
30:39Il faut aussi voir que Valourec a toujours traité avec une décote importante
30:42vis-à-vis de son grand concurrent italien Tenaris.
30:46Et cette décote, aujourd'hui, elle est encore de 35 % en termes de valorisation.
30:50Alors que, pourtant, la marge EBITDA, atteinte par Valourec au premier trimestre,
30:55était de 22,6 et elle est désormais assez proche des 23,7 réalisés par Tenaris sur la même période,
31:01alors qu'historiquement, il y avait une vraie différence de rentabilité entre les deux sociétés.
31:04Donc, une société désendettée qui retourne beaucoup de cash aux actionnaires,
31:09dont les performances commencent à se rapprocher de celles de son concurrent,
31:12qui n'est toujours pas chère, et qui, en plus, bénéficie d'une dynamique
31:16avec des prix du pétrole élevés, évidemment favorable à une nouvelle dynamique
31:22dans l'exploration et production de pétrole.
31:24Donc, je dirais que c'est un titre qui, suite au placement d'hier,
31:27a retrouvé ses niveaux d'avant publication de résultats et qui reste, à mon avis, très intéressant.
31:32– Autre valeur que vous suivez, Alain Dubrul, c'est Euronext.
31:35Euronext qui a publié ses résultats hier.
31:38Des résultats en hausse, portés notamment par ses activités de trading,
31:42bénéficiant de la volatilité sur les marchés financiers.
31:44Euronext qui ouvre en progression de 6,41% à l'heure où on se parle, Alain.
31:49– Oui, il faut dire que les résultats du premier trimestre étaient vraiment bons.
31:53Les revenus étaient en hausse de 15%, soit une croissance organique de 7,6%.
31:57C'est 3% au-dessus des attentes.
31:59Du côté des coûts, en plus, ils étaient 2% plus bas qu'attendus.
32:04Ça se traduit finalement par un EBITDA de 343 millions,
32:09ce qui est nettement supérieur aux 325 millions attendus,
32:12soit une marge de 64,9% contre 63 attendus.
32:16Alors, d'où ça vient notamment les marchés de capitaux ?
32:18Les revenus sont 6% supérieurs aux attentes.
32:21Alors, c'est en partie aidé par l'intégration de la bourse d'Athènes
32:24qui a été acquise en novembre dernier, mais aussi de bonnes activités de post-trade.
32:28Et malgré une tendance plus faible dans l'obligataire,
32:30mais la société a précisé, car on voit les taux longs qui montent pas mal en ce moment,
32:34que le segment a bien rebondi en mai.
32:36Donc, je dirais globalement une bonne dynamique.
32:38Les perspectives de croissance des bénéfices par action sont proches de 10%,
32:43mais c'est une société qui, par le passé, a fait pas mal de petites acquisitions.
32:47Donc, ces 10% pourraient être plus, en fait, compte tenu du pipeline assez régulier
32:54d'acquisitions qui sont généralement relutives.
32:57La valorisation, elle est, alors, avant la hausse de ce matin, mais elle est raisonnable.
33:00On a 12 fois l'EBIDA 2027, 17 fois les résultats.
33:04C'est encore une décote de 15-20% par rapport au point haut atteint l'année dernière.
33:08Et probablement, dans les sociétés d'exchange,
33:13c'est sans doute celle qui présente la plus belle dynamique aujourd'hui.
33:15Donc, la hausse du cours ce matin est tout à fait justifiée.
33:19Et un mot rapide de Aramis Group, également,
33:23qui a publié ses résultats pour le premier semestre de son exercice.
33:28Comment est-ce que vous analysez cette publication,
33:30alors qu'on voit le titre qui progresse également ce matin, plus de 2,13% ?
33:33Alors, ça rebondit, oui, parce qu'il faut rappeler qu'ils ont publié hier soir
33:37leurs résultats définitifs pour le premier semestre.
33:40En rappelant que ce n'est pas terrible, le GIDA fait en recul de 6,5%.
33:44L'EBIDA ajusté est à 23 millions en baisse de 23%.
33:49Pénalisé, notamment, par le recul du chiffre d'affaires au Royaume-Uni,
33:52des volumes à moins 18.
33:53Et en Autriche, des volumes à moins 35.
33:55Mais ça, c'est des décisions volontaires.
33:57C'est l'abandon de vente non rentable dans ces pays.
34:00Bon, ils ont évidemment fait un gros warning il y a deux semaines.
34:04Donc, les résultats aujourd'hui ne font que confirmer ce qu'ils avaient dit.
34:07Et notamment, ils confirment les perspectives pour l'année à venir,
34:11à savoir, donc, des ventes de véhicules en B2C qui seraient autour de 110 000 unités.
34:17Un EBITDA ajusté compris entre 35 et 45 millions, donc c'est clairement en repli.
34:21Le groupe est en plus à court terme pénalisé par les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
34:26Donc, du point de vue opérationnel, on peut quand même dire que la restructuration en cours au Royaume-Uni,
34:30en Autriche, monte des signes positifs.
34:33Les marges en Espagne progressent.
34:35L'Italie a une bonne dynamique.
34:36Donc, je dirais, ils souffrent, mais ce n'est pas complètement mort.
34:40Et le titre bondit aujourd'hui, je dirais, parce que dans les résultats,
34:43il n'y a pas de nouvelles mauvaises nouvelles.
34:45Comme ça l'est pas mal baissé, on peut considérer que la valorisation redevient attractive,
34:50mais je crois quand même que le marché risque d'attendre que la société confirme son redressement
34:54avant vraiment de la récompenser dans les cours de bourse,
34:56parce que c'est un secteur qui reste compliqué, fragile,
34:59et si l'environnement économique se détériore, la société n'est pas à l'abri de nouveaux warnings.
35:05Donc, c'est value, mais attention quand même.
35:07Merci Alain Dubrul de nous avoir accompagné pour cette première partie en portefeuille
35:11avec un CAC 40 qui est toujours en repli, mais qui compense légèrement ses pertes,
35:16puisqu'on est aux alentours de moins 0,11% à 7 973 points.
35:21Et nous, on se retrouve dans le focus du jour.
35:24Et dans le focus du jour, nous allons parler matières premières, métaux et métaux précieux.
35:29Et pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau de Good Morning Market,
35:32Laurent Roussel. Bonjour Laurent.
35:34Bonjour Nicolas.
35:34Merci d'être avec nous. Vous êtes gérant action chez Ixios AM.
35:37On a un cours de l'or à l'heure actuelle qui est aux alentours de 4 478 points en
35:42recul de 0,72%.
35:49L'or a connu une année 2025 assez exceptionnelle.
35:52Au début de la guerre en Iran, l'or a baissé, marque une pause depuis un mois.
35:57On n'a pas revu les 5 000 points depuis un petit moment, les 5 000 dollars, pardon, depuis un
36:01petit moment.
36:02Comment est-ce que vous interprétez la consolidation actuelle sur le cycle de l'or ?
36:06Alors, en fait, l'or est tiraillé par deux forces opposées, je dirais, deux vents contraires.
36:11Les ventes face qu'on en a aujourd'hui, qui freinent la progression de l'or, voire qui pèsent sur
36:15l'or,
36:15c'est d'abord tout simplement la hausse des taux d'intérêt.
36:19L'or n'offre pas de rendement, donc subit, supporte un coût d'opportunité lorsque le taux d'intérêt monte.
36:25Le deuxième point, c'est qu'on a toujours la crainte qu'il y ait un pays émergent qui subit
36:29aujourd'hui,
36:30qui souffre de la hausse des coûts énergétiques, qui soit obligé de faire des liquidités,
36:35de vendre de l'or pour défendre sa devise.
36:37On avait vu, par exemple, la Turquie en mars vendre 60 tonnes d'or pour défendre sa devise.
36:41Vous avez aussi les ETF et les trackers.
36:44Vous le disiez, l'année 2025 a été exceptionnelle.
36:46Il y a eu beaucoup d'investisseurs américains de Hedge Fund qui avaient acheté des trackers en 2025
36:51pour surfer sur la vague, qu'on avait même acheté en début d'année,
36:54et qui en ont vendu au mois de mars 85 tonnes parce qu'ils ont changé de bateau.
36:59Quelque part maintenant, ils sont sur les semi-conducteurs.
37:02Oui, parce qu'il y avait aussi un mouvement un peu spéculatif sur l'or,
37:05mais c'était aussi alimenté par des achats de banques centrales.
37:07Et ce que vous dites, c'est que là, on est plus dans une recherche de liquidités
37:09que de valeurs refuges à l'heure actuelle.
37:11Si vous voulez, ça, ce sont les vents de face.
37:14Mais il y a quand même des vents porteurs très puissants, qui sont structurels,
37:18qui sont que les banques centrales dans le monde, et beaucoup émergentes,
37:21sont obligées de diversifier leurs réserves, n'ont plus du tout confiance
37:24dans la dette américaine ou dans les dettes émises par les pays occidentaux souverains.
37:30Et quand on écoute votre intervention jusqu'avant,
37:33ce que je retiens, c'est que la seule bonne nouvelle,
37:35c'est que la banque centrale américaine a repris la planche à billets.
37:39Donc, on est bien dans le sens de ce que les anglo-saxons appellent le debasement trade,
37:43à savoir qu'on n'a plus confiance dans les banques centrales
37:46pour défendre le pouvoir d'achat.
37:48Je vous rappelle que nos devises ont perdu le dollar ou l'euro,
37:53ont perdu 90 à 95 % de leur valeur depuis 25 ans face à l'or.
37:58Donc, ce trade, si vous voulez, ces achats de banques centrales, ils continuent.
38:03Par exemple, prenez la Chine.
38:04Ça fait 16 mois consécutifs qu'elle achète de l'or.
38:06En avril, elle a même établi un record d'achat mensuel à 8 tonnes depuis 2024.
38:12Elle continue d'acheter.
38:13Si elle devait avoir autant de réserves que nos banques centrales dans les pays développés,
38:17en pourcentage de ces réserves, il faudrait que leur stock d'or soit multiplié par 10.
38:23Donc, ce n'est pas du tout terminé.
38:24Donc, ils soutiennent et ils vont continuer à soutenir le cours de l'or.
38:27La Pologne a acheté 31 tonnes au premier trimestre,
38:30doit encore en acheter 120 pour atteindre son objectif de 700 tonnes.
38:33Donc, toutes ces banques centrales, l'Inde et autres, sont là, achètent.
38:37Dès que ça baisse, rachètent.
38:39Et ces vents, si vous voulez, structurels seront à un moment donné plus puissants
38:42que les vents de phase que j'ai évoqués, qui sont très court terme, très conjoncturels.
38:46En matière de matière première et de métaux, il n'y a pas que l'or.
38:49Il y a également un autre métal rouge, cette fois-ci,
38:53qui, lui, pour le coup, va de record en record.
38:55Il s'agit du cuivre, Laurent.
38:57Alors, il a un tout petit peu rebaissé, mais pas du tout dans les mêmes proportions que l'or.
39:01Mais c'est vrai que, sur un an, le cuivre gagne autant que l'or, en fait.
39:04Il gagne 40%.
39:05Alors, pendant longtemps, les investisseurs disaient, le cuivre, c'est le thermomètre.
39:09On parlait de docteur cuivre, le thermomètre des incertitudes économiques.
39:14Donc, en toute logique, il aurait dû baisser.
39:16En fait, il ne baisse pas parce qu'on a un changement de paradigme.
39:19Avant, on associait le cuivre au secteur de la construction, très cyclique,
39:23et maintenant, de logement.
39:24Et maintenant, on associe le cuivre au secteur de la construction,
39:26mais de data centers, de réseaux électriques, de renouvelables.
39:30La Chine, par exemple, en Chine,
39:32la consommation de cuivre pour ces secteurs-là
39:34est deux fois plus importante que la construction immobilière.
39:37Et les investissements dans le réseau électrique ont augmenté de 41% au premier trimestre.
39:41Donc, ça accélère.
39:42La Chine veut être le plus vite possible, indépendante énergétiquement.
39:45Donc, elle développe énormément le renouvelable et ses réseaux électriques.
39:48Ça, c'est la Chine.
39:49Donc, ça bénéficie à plein de la thématique intelligence artificielle,
39:53électrification, réseau.
39:54Et ça va continuer, si on en croit.
39:56On croit les publications des hyperscalers.
39:58La Chine, ça a commencé avant le développement de l'intelligence artificielle.
40:02La Chine veut être indépendante énergétiquement
40:04pour ne pas être coincée par les États-Unis.
40:06Et on le voit en ce moment qu'elle a le rapport de force.
40:08Ne pas être coincée sur les États-Unis,
40:09c'est la seule chose sur laquelle elle a une dépendance de l'extérieur,
40:12c'est l'énergie.
40:13Tout le reste, elle exporte, les terres rares et autres.
40:15Et donc, c'est une course de vitesse.
40:16Donc, la Chine accélère alors que les États-Unis sont très en retard
40:19et doivent investir beaucoup dans les data centers.
40:21Je vous rappelle que selon OpenAI, le créateur de ChatGPT,
40:24les besoins d'électricité des data centers vont être multipliés par 125 fois d'ici 8 ans.
40:31C'est l'équivalent, la consommation électrique de l'Inde.
40:34Voilà.
40:34Et le problème, c'est que la demande accélère fortement
40:37et l'offre ne suit pas.
40:39C'est-à-dire que l'offre...
40:40En fait, pour créer une nouvelle mine, il faut 15 à 20 ans.
40:43Et à très court terme, vous avez des mines qui ont des problèmes de production.
40:46Il y a eu un gros glissement de terrain en Indonésie.
40:48Il y a une très grosse mine majeure qui a dû réduire sa production.
40:51Vous avez une mine qui a été fermée pour des raisons politiques et écologiques au Panama.
40:55Vous avez le premier producteur mondial, le cuivre qui est chinois,
40:57qui s'appelle Codelco.
40:58Il déçoit régulièrement.
40:59Et puis, c'est rajouter la guerre en Iran.
41:02C'est que pour faire du cuivre, il faut de l'acide sulfurique.
41:05Son prix a été multiplié par 4.
41:07Ça va commencer à poser problème à certaines mines.
41:10Et ça peut encore rajouter une jambe de hausse au cuivre.
41:13Est-ce que ça veut dire, Laurent Roussel,
41:15qu'aujourd'hui, tout le monde a les yeux rivés vers le pétrole,
41:17demain, tout le monde aura les yeux rivés vers le cuivre
41:20dans le nouveau monde qui est en train de se créer ?
41:22Ou les matières premières.
41:24Regardez, ce qui est très intéressant,
41:26c'est que vous avez une ruée sur les semi-conducteurs.
41:28Pourquoi ?
41:28Et tout à coup, ce qu'on avait perdu de vue,
41:30les fabricants de 10 rames de mémoire,
41:33on se disait, il n'y a pas de problème,
41:35on va créer des data centers.
41:36Puis, on se rend compte qu'on a besoin de mémoire.
41:37Et donc, les prix des semi-conducteurs explosent.
41:39Et tous les cours de bourse,
41:41tous les acteurs, dont certains qui sous-performaient massivement,
41:44qui n'étaient pas sur une transaction,
41:45sont en train d'exploser,
41:45ont pris 50-60 % sur un mois.
41:48Mais une autre façon de jouer ce boom de l'IA,
41:50c'est le cuivre, c'est les producteurs de cuivre.
41:52Et c'est beaucoup moins cher.
41:53En fait, si vous prenez les multiples de valorisation,
41:55par exemple, la valeur d'entreprise sur la bidéa du mine de cuivre,
41:58c'est entre 5 et 8 fois.
42:01Sur un producteur de semi-conducteurs,
42:02c'est 5 fois à 6 fois plus.
42:04C'est 30 à 40 fois.
42:05Donc, c'est une façon différente,
42:07moins connue, moins visible.
42:09Mais le marché, aujourd'hui,
42:10fur et à mesure du développement de l'IA,
42:11découvre des nouveaux sous-thèmes.
42:13Et ça peut être une façon de s'exposer à ça.
42:15Rapidement, comment on y va, justement, sur ces secteurs ?
42:18On prend des trackers, des ETF,
42:20sur les producteurs d'or et les producteurs de cuivre ?
42:23Alors, ça peut sembler ce qu'il y a de plus simple.
42:25C'est vrai, sans doute.
42:27Mais ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus performant.
42:28Pourquoi ?
42:29Parce que c'est un secteur où il y a beaucoup plus de dispersion de performance
42:31que dans les autres secteurs.
42:32Donc, dans un tracker, vous allez avoir les bonnes,
42:34mais les très mauvaises performances au sein du secteur.
42:37Si vous prenez, par exemple, nos fonds chez Ixios,
42:39le fonds Ixios Gold sur les valeurs investies dans les actions orifères.
42:44Depuis sa création en 2019,
42:46la part en euros de ce fonds a surperformé le tracker phare
42:50qui s'appelle l'EGDX de 140%.
42:52Parce qu'il y a plus de dilution dans les trackers ?
42:54Parce qu'on a un process robuste
42:56et parce qu'il y a plus de dispersion dans les performances.
42:58Si vous prenez notre fonds sur les producteurs de métaux
43:01de la transition énergétique,
43:02donc l'utilité en mode qui s'appelle Energy Metals,
43:04la part en euros a surperformé de 98%
43:08depuis 2019.
43:08C'est 9% de plus par an que le tracker.
43:11Et il y a un dernier élément qui est important,
43:12c'est qu'on voit une accélération maintenant des fusions acquisitions.
43:16Et quand il y a une opération...
43:32J-Mining, le canadien a acheté G2 Goldfields à l'ancinopée avec 77% de primes.
43:37Nous l'avions à hauteur de 3% dans notre fonds Xos Gold.
43:41Et la valeur G2 Goldfields n'était pas dans le tracker.
43:44D'accord, comprends.
43:45Dans le tracker, vous allez rater ces moments de fusion-acquisition
43:48qui peuvent être source de très forte surperformance.
43:51Et voilà, donc la gestion active a encore de beaux jours sur le secteur minier.
43:55Merci beaucoup Laurent Roussel de nous avoir accompagné dans ce focus du jour
43:58sur la thématique or mais cuivre également.
44:02Je rappelle que vous êtes gérant action chez Xios AM.
44:04Et quant à nous, on se retrouve tout de suite en direct au Desmarchés.
44:08En direct au Desmarchés, c'est avec Mathieu Serron,
44:11trader et fondateur de Galileo Trading dans un contexte de CAC 40,
44:15proche de l'équilibre à 0% tout pile à l'heure où on se parle, à 7981 points.
44:23Mathieu, comment est-ce que vous analysez la tendance des marchés européens à l'ouverture,
44:27sachant que le DAX, lui, est lui aussi proche de l'équilibre à 0,04% à 23 390 points
44:33?
44:33Oui, on a toujours des marchés européens qui piétinent,
44:37avec un CAC et le DAX ou le Ligier qui font du surplace depuis ce matin,
44:42mais qui font du surplace depuis plusieurs semaines.
44:45Le CAC évolue entre les mêmes bornes depuis un mois,
44:48avec comme zone basse la zone des 7800-7850,
44:55zone haute 8300-8350.
44:58Donc dans ce contexte-là, en l'absence de tendance
45:01et dans l'idée de capter des écarts,
45:03ce que j'essaye de faire, c'est plutôt d'acheter lorsqu'on revient dans le bas de la zone,
45:07ce qui a pu être possible en début de semaine,
45:09dans le bas de la zone 7800-850,
45:12pour capter des écarts.
45:13Si jamais on a une extension, à un moment donné,
45:15comme ça a été le cas il y a quelque temps,
45:18c'est la zone 8300-350 pour éventuellement tenter des ventes.
45:21Donc je m'inscris vraiment dans cette idée d'accumulation d'écarts,
45:25en attendant un signal directionnel un petit peu plus fort.
45:30Je le disais, même constat en Allemagne.
45:32Par contre, la situation est très différente aux États-Unis,
45:35avec des marchés américains qui ont fortement progressé ces derniers temps,
45:39et la situation est une indication de technique de surchauffe.
45:44Donc avec un gros point d'interrogation quant au potentiel,
45:49on a des dynamiques et des tendances qui restent bien évidemment très haussières,
45:52mais des indications de surchauffe.
45:54Donc depuis vendredi dernier, on cale un petit peu.
45:58Pour l'instant, il n'y a pas véritablement de faiblesse.
46:00Dans l'idée d'un warning sur le SP500, un warning de court terme,
46:03je m'entends, mais dans l'idée d'un warning de court terme sur le SP500,
46:06c'est la zone des 7350 que je surveille,
46:127350 que je surveille,
46:14considérant que tant qu'on est au-dessus,
46:16on reste du bon côté avec des bonnes probabilités de rebondir,
46:19mais attention à ces indications-là de surchauffe,
46:22et si jamais on venait à casser ce support autour des 7350,
46:25l'idée serait de viser un retour sur les 7200.
46:28Donc je ne m'attends pas non plus à un retracement fort sur les SP500,
46:31on a toujours des forces de rappel qui restent importantes,
46:35des liquidités, des résultats d'entreprise,
46:37et résultats d'entreprise, bien évidemment,
46:39il en est question aujourd'hui avec Nvidia ce soir,
46:42outre les résultats qui devraient être bons, voire même très bons,
46:44les interrogations vont surtout porter sur la demande liée au puce Blackwell,
46:50sur le calendrier de la prochaine génération d'infrastructures et IA,
46:54Vera Rubin,
46:55et puis sur la capacité d'Nvidia à maintenir des marges extrêmement élevées,
47:00donc rendez-vous ce soir à 22h20 me semble-t-il,
47:03généralement lorsqu'Nvidia publie,
47:05on a des écarts de 5 à 10% sur la valeur,
47:08donc on sera attentif à tout ça,
47:09donc pour l'instant des marchés qui sont plutôt calmes,
47:13qui piétinent en Europe,
47:15et qui se comportent plutôt bien aux Etats-Unis,
47:17avec un point d'interrogation quant au potentiel,
47:19puisqu'on a des indications de potentiel de hausse épuisée,
47:23mais des résultats d'entreprise qui pour l'instant restent bons,
47:25et on verra ce soir encore Nvidia.
47:28Merci Mathieu Ceron pour ce commentaire des marchés à l'ouverture,
47:31trader et fondateur de Galileo Trading,
47:33dans un contexte où le CAC 40 vient de repasser en positif,
47:36un plus 0,06% à 7 986 points,
47:39le DAX qui repasse en positif également,
47:41un plus 0,02% à 24 405 points,
47:44on voit que l'Eurostock 50 lui est en hausse de 0,24% à 5 865 points,
47:51le CAC 40 pour le coup qui est porté par Euronext,
47:53un plus 6,63% mais aussi ST Microelectronics,
47:56ArcelorMittal, Legrand,
47:58les plus fortes baisses sont Capgemini,
47:59Hermès International,
48:00Dassault Systèmes ou encore Publicis Group,
48:02et un mot de Samsung qui a plombé la séance à Séoul cette nuit,
48:08le COSPI reculait de 1%,
48:11Samsung a finalement clôturé en très légère hausse,
48:14plus 0,18%,
48:16la première nouvelle qui laissait entendre
48:18que les négociations étaient rompues
48:20et qu'il y aurait une grève finalement demain
48:22a été contredite un peu plus tard
48:23par cette idée que les négociations sont finalement réouvertes
48:28pour trouver une solution et peut-être éviter la grève prévue demain.
48:30Voilà pour Good Morning Market.
48:33Dans un instant, vous retrouverez les experts
48:35avec Raphaël Legendre en direct sur BFM Business.
48:38Restez avec vous, avec nous,
48:39et moi je vous dis à demain.
48:42Good Morning Market sur BFM Business.
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