00:00Vincent et Raphaël Legendre, EY nous place toujours sur la première place de l'attractivité en Europe,
00:05mais peut-être pas pour longtemps.
00:06Vous vous dites ce matin que le niveau d'opinion positive sur la France est au plus bas.
00:09Oui absolument, alors pourquoi ?
00:11Parce que toute la politique de l'offre qui avait été mise sur place depuis une dizaine d'années
00:15est partie en lambeaux depuis la dissolution.
00:19Et que dans ce contexte, chaque incohérence compte.
00:22Hasard du calendrier, il y a une étude qui a été publiée en même temps que celle d'EY sur
00:26l'attractivité.
00:27C'est une note de Bercy de la Direction Générale des Finances Publiques sur la bombe des impôts de production.
00:34Vous savez, ces taxes très françaises qui taxent les entreprises avant même qu'elles ne gagnent un premier euro de
00:41bénéfice
00:41ou qu'elles ne fassent un euro de chiffre d'affaires.
00:43Vous construisez une usine, vous êtes taxé.
00:46Vous achetez des machines, vous êtes taxé.
00:48Vous produisez davantage, vous paierez encore plus de taxes.
00:52C'est toute l'absurdité du système.
00:54Le Conseil d'analyse économique l'avait très bien expliqué dans une note de Philippe Trénard et Philippe Martin il
01:00y a quelques années.
01:01Les impôts de production sont des impôts contre la production.
01:06Et qui est le plus pénalisé ?
01:07Évidemment, c'est l'industrie, les activités capitalistiques, les grandes infrastructures productives.
01:14C'est exactement ce que le gouvernement, les gouvernements disent vouloir réindustrialiser depuis une dizaine d'années.
01:23Alors donc, on peut se réjouir, c'est ce que dit EY, que l'IA draine tous ces nouveaux investissements.
01:28On est les premiers en Europe.
01:30Ça, c'est formidable.
01:31Mais cette réussite sectorielle ne doit pas cacher le fait que tout le reste, l'automobile, la chimie, la plasturgie
01:39ou la métallurgie, sont en train de s'effondrer.
01:42Mais pour être totalement honnête, si on regarde les neuf dernières années, les impôts de production ont baissé.
01:45Oui, c'est précisément ce qui rend le débat intéressant car ces baisses ont produit des effets.
01:52La France a retrouvé l'attractivité grâce à ces baisses.
01:55Les investisseurs sont revenus.
01:57Les implantations industrielles ont redémarré après 2017.
02:02Et puis, on s'est arrêté au milieu du guet.
02:04La dissolution a tout foutu en l'air.
02:06Et puis, les promesses de baisse des impôts de production n'ont pas été respectées.
02:09On n'est pas allé jusqu'au bout.
02:10En 2024, c'est ce que dit la note de Bercy publiée hier, on est à près de 100 milliards
02:16d'impôts de production.
02:1896 milliards, très précisément.
02:20C'est quatre fois plus qu'en Allemagne.
02:22Et quasiment deux fois plus que la moyenne européenne.
02:25On est totalement surtaxés.
02:27Alors, d'un côté, vous avez des programmes comme France 2030 qui sont là pour financer des projets.
02:31Et Emmanuel Macron devrait faire de nouvelles annonces vendredi.
02:36Et puis, de l'autre, on continue de taxer massivement notre industrie, nos usines.
02:41Et puis, pendant ce temps-là, les investisseurs, évidemment, ils arbitrent.
02:44EY le dit très clairement ce qu'ils souhaitent.
02:48C'est toujours la même chose.
02:48On le sait, c'est de la stabilité, de la lisibilité, de la cohérence dans notre politique fiscale.
02:55Puis une dernière chose, on est encore peut-être numéro un pour les investissements étrangers.
03:00Mais les grands groupes industriels français, eux, regardent de plus en plus vers l'étranger et de moins en moins
03:08chez nous, sur notre pays.
03:11Ils regardent à l'étranger parce que c'est là-bas qu'il y a la croissance, tout simplement.
03:14Mais si la France devient un pays où il n'y a plus de croissance, je rappelle, croissance zéro au
03:19premier trimestre,
03:20et qu'il ne reste plus que des impôts, il ne faudra pas s'étonner de voir nos grands groupes
03:25industriels complètement larguer les amarres.
03:27Merci beaucoup Raphaël.
03:28Le Jornon vous retrouve comme tous les jours dans Les Experts à partir de 9h30 sur BFM Business.
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