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  • il y a 25 minutes
Ce lundi 18 mai, Wilfrid Galand, directeur stratégiste de Montpensier Finance, Veronique Riches-Flores, économiste, présidente fondatrice de RichesFlores Research, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna IM, et Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, étaient les invités dans l'émission Good Morning Market, présentée par Nicolas Pagniez, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:00BFM Business, l'info éco.
00:03Il est 8h32, on est un peu en retard. Le flash éco avec Léo Dumas.
00:06Et à la une ce matin, l'ouverture du G7 Finance.
00:09Ça se passe pendant deux jours à Bercy où Roland Lescure reçoit ses homologues des finances,
00:13à les principaux banquiers centraux.
00:15Et c'est justement Christine Lagarde qui vient d'arriver sur place.
00:18Écoutez ses premiers mots.
00:20Qu'est-ce que vous espérez ?
00:22De bonnes réunions, de bons échanges avec des gens qui n'ont pas beaucoup l'occasion de se parler en
00:26ce moment
00:26sur des sujets internationaux qui concernent tout le monde.
00:31Êtes-vous préoccupé par les tensions obligataires, madame Lagarde ?
00:35Je m'en inquiète toujours, c'est mon métier.
00:38Voilà, Christine Lagarde, la présidente de la BCE qui vient d'arriver à Bercy.
00:41Donc on vous retrouve en direct, Hugo Babé, pour le coup d'envoi de ce G7 Finance.
00:45Quels sont les enjeux du jour ?
00:50Alors les enjeux, il y en a trois.
00:52Le premier, évoqué par Roland Lescure dès son arrivée,
00:55c'est la situation économique liée à la guerre au Moyen-Orient.
00:59S'il dit pour l'instant qu'aucune libération de stocks stratégiques n'est prévue pendant ce G7.
01:06Tous doivent discuter notamment de l'inflation persistante.
01:10Parmi les autres dossiers, le sujet le plus important de la présidence française,
01:15les matières premières critiques.
01:16Tous les pays du G7 partagent le même objectif.
01:19Il faut diversifier les pays producteurs.
01:21Et les chaînes d'approvisionnement pour moins dépendre de la Chine.
01:24Et enfin, le ministre de l'économie, Roland Lescure,
01:28veut mettre sur la table les grands déséquilibres mondiaux.
01:31Le déficit budgétaire des Etats-Unis, Scott Bessent devrait arriver d'ici 9 heures.
01:36La consommation ralentit en Chine.
01:39Et enfin, le manque d'innovation de l'Union Européenne.
01:42Merci Hugo Babé en direct de Bercy.
01:44Pour BFM Business, le ministère de l'économie,
01:46où par ailleurs se prépare la nouvelle salve d'aide carburant.
01:50Le rendez-vous est donné jeudi par Sébastien Lecornu, qui les détaillera.
01:54Elles resteront ciblées vers les secteurs, les travailleurs les plus touchés par la hausse des prix,
01:57alors que ceux de l'essence ont atteint hier leur plus haut niveau depuis le début de la guerre en
02:02Iran.
02:03En face de ça, les tractations se poursuivent sur les 6 milliards d'euros d'économie,
02:06qui doivent servir à compenser le coût de la crise, une nouvelle baisse des allègements de charges.
02:10Et plus que jamais sur la table, c'est pourquoi le patronat a demandé dans l'urgence à Sébastien Lecornu
02:15un rendez-vous à Matignon, pointant notamment les risques pour l'emploi avec cette mesure.
02:21Et on retrouvera Roland Escour, le ministre de l'économie et des finances, au micro de BFM Business, demain à
02:277h45.
02:28Couverture des marchés financiers, c'est dans un peu plus de 20 minutes, 25 minutes exactement.
02:33Annalisa Cappellini, qu'est-ce qu'il faut retenir dans l'actualité internationale ?
02:37Il faut regarder l'Espagne et plus particulièrement l'Andalousie après les élections de ce dimanche.
02:41Selon le Financial Times, Vox devient un kingmaker, un faiseur de roi après ces élections régionales.
02:47Oui, parce que désormais, le destin de cette région, qui est la plus peuplée d'Espagne, dépend de Vox.
02:52Selon le Financial Times, ce parti d'extrême droite devient décisif
02:56parce qu'il a la possibilité de rejoindre un gouvernement de coalition avec l'EPP de droite traditionnelle.
03:02Le parti socialiste de Pedro Sanchez, lui en revanche, subit sa pire défaite électorale de tous les temps.
03:08C'est un signe inquiétant selon le Financial Times,
03:10qui rappelle que l'influence renforcée de Pedro Sanchez sur la scène internationale,
03:14il n'a pas eu vraiment l'effet escompté sur la scène intérieure espagnole.
03:18Il y a un autre leader européen qui est plutôt mal en point,
03:20c'est Keir Starmer, le Premier ministre britannique, qui fait désormais face à une Brexit war.
03:25C'est le titre de The Independent ce matin.
03:27Le Premier ministre doit désormais choisir s'il reste malgré toute la tempête politique
03:32ou s'il part, mais dans tous les cas, le parti travailliste, ça y est, il est complètement déchiré,
03:37y compris sur cette question du Brexit.
03:39Il y a donc cette guerre du Brexit, puisque un de ses potentiels successeurs, Wes Streeting,
03:44a brisé un tabou. Il a affirmé que Londres devrait tout à fait réintégrer l'Union européenne.
03:49L'autre candidat plus ou moins officiel à la succession de Keir Starmer, c'est Andy Burnham.
03:54Lui, pour l'instant, il temporise sur le sujet.
03:57Les nouvelles sont plutôt bonnes en revanche pour Volodymyr Zelensky.
04:00Le Wall Street Journal parle d'un printemps de l'espoir pour Kiev,
04:03qui a survécu au cauchemar de l'hiver.
04:06Selon un reportage sur le terrain du Wall Street Journal,
04:09il y a un vrai regain d'optimisme dans la capitale ukrainienne.
04:11Malgré les bombardements, un vent d'optimisme insufflé donc par les températures mitigées
04:16et par les succès militaires contre la Russie.
04:19La Russie qui prépare entre temps la visite de Vladimir Poutine en Chine.
04:23Ça commence demain.
04:24C'est un autre temps fort pour la Chine juste après la visite de Donald Trump.
04:27Et selon le Global Times, qui est la voix de Pékin en anglais,
04:31c'est un signe très clair.
04:32Ça veut dire que Pékin est devenu le point névralgique de la diplomatie mondiale.
04:36C'est un éditorial.
04:37C'est à lire parce qu'il nous donne la vision de Pékin
04:39sur tous les mouvements géopolitiques du moment.
04:41Et ça nous dit qu'au-delà de ces deux visites,
04:43c'est une tendance beaucoup plus large qui se dessine
04:45puisque ce sont les dirigeants du monde entier qui défilent petit à petit à Pékin.
04:50Merci beaucoup Annalisa Capellini.
04:51Dans un instant, vont nous joindre Wilfried Galland,
04:53directeur général adjoint de Montpensier Arbevel
04:55et Véronique Richeloures, économiste présidente de Richeloures Research.
04:58Mais avant, Nicolas Pagnès.
05:00Il y avait Christine Lagarde, on l'entendu il y a quelques instants,
05:02qui dit « je garde un oeil sur les taux, c'est tout simplement mon métier ».
05:05Nous aussi, on va garder un oeil sur les taux.
05:07Effectivement, et plutôt un oeil attentif
05:09puisqu'on voit que les marchés actions, pour commencer avec eux,
05:11sont attendus en repli à l'ouverture ce matin.
05:14Dans le sillage des marchés asiatiques,
05:16si on regarde le CAC 40 ou le DAX,
05:18les contrats à terme laissent envisager des reculs
05:20qui peuvent aller jusqu'à moins 1%,
05:22moins 1,19 pour le DAX et moins 1,82 pour le CAC 40.
05:26Cette nuit en Asie, le Shanghai Composite perdait 0,4%.
05:29Le CSI 300 en Chine, donc moins 0,9%.
05:32À Hong Kong, le Hang Seng perdait 1,7%.
05:35Le Nikkei, lui, reculait de 0,95%.
05:38Seul le Kospi a tiré son épingle du jeu
05:40avec l'espoir de voir des négociations du côté de Samsung aboutir.
05:44Pourquoi est-ce que les marchés actions évoluent dans le rouge ?
05:47On peut chercher l'explication du côté des marchés obligataires
05:49puisqu'on voit une flambée sur les marchés obligataires
05:51depuis vendredi.
05:53Aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et également au Japon,
05:56ça a continué cette nuit.
05:58On voit que le 2 ans américain a touché les 4,10%
06:01dans les échanges cette nuit.
06:03Le 30 ans américain, lui, a touché des nouveaux plus hauts
06:05à 5,15%.
06:06Le 10 ans américain est aux alentours des 4,63%.
06:10Au Japon, on a vu pareil des niveaux historiques
06:13en matière de taux.
06:16L'obligation à 30 ans au Japon a atteint le record de 4,2%.
06:20Le 10 ans a, lui, touché les 2,8%.
06:23Le Japon qui a d'ailleurs annoncé cette nuit
06:25et mette des nouvelles obligations
06:26afin de venir amortir le choc économique de la guerre.
06:29On évoquera dans un instant les raisons de cette flambée obligataire.
06:31On voit ça dans un instant avec nos experts.
06:33Vous ne bougez pas, on revient au verso dans un minute.
06:35Good Morning Market, le club de la bourse.
06:39Il est 8h40, entrée dans le club de la bourse.
06:41Aujourd'hui, on est avec Wilfried Galland.
06:42Bonjour, directeur général adjoint de Montpensier Arbevel.
06:44À côté de vous, Véronique Riche-Lorest,
06:46économiste présidente, fondatrice de Riche-Lorest Research.
06:49Bonjour, merci à tous les deux d'être avec nous.
06:51Avec Nicolas Pagnès, ouverture dans 20 minutes.
06:53On passait Christine Lagarde il y a quelques instants
06:55avec Nicolas qui, évidemment, garde un œil sur les taux.
06:58Elle dit que c'est son travail.
06:59Mais c'est le sujet en ce moment, Wilfried.
07:02Oui, c'est le sujet.
07:03On discutait un peu avec Nicolas avant d'entrer sur le plateau.
07:07Et en fait, ce qui est en train d'arriver,
07:11c'est une espèce d'inversion du Gulf Stream de la finance mondiale.
07:13C'est-à-dire qu'on avait deux sources de financement majeures
07:16qui étaient le Gulf d'un côté et le Japon de l'autre,
07:19qui recyclaient des capitaux pour tous ceux qui en avaient besoin.
07:21Et en fait, ils vont s'occuper d'abord d'eux-mêmes.
07:24Le Gulf va s'occuper du Gulf et le Japon va s'occuper du Japon.
07:27Et si on rajoute à ça un contexte, et Véronique en parlera,
07:30un contexte de remontée des prix quand même assez forte
07:32qui empêche globalement d'être totalement serein
07:35sur des mécanismes inflationnistes qui pourraient se développer par la suite,
07:40ça nous donne effectivement des tensions sur les taux
07:42avec une compétition pour l'épargne mondiale
07:44qui fait que globalement, on a effectivement un équilibre offre de demande
07:48qui se fait de plus en plus haut, et donc il y a un impact
07:51sur tous les équilibres financiers et tous les coûts de financement.
07:54Ça fait partie des coûts qui remontent dans l'économie mondiale.
07:56Est-ce qu'on peut dire, Véronique, que c'est le retour de l'inflation ?
07:59Oui.
08:01Oui, alors il faut insérer un petit peu de prévision, de projection.
08:06Tout est en place pour qu'on assiste effectivement
08:09à un grand retour de l'inflation.
08:11Alors il y a la problématique pétrole, bien évidemment,
08:13dont on parle tous les jours, mais il n'y a pas que celle-là.
08:16Il y a bientôt, et d'ores et déjà d'ailleurs sur les cours mondiaux,
08:20des tensions croissantes sur les prises alimentaires,
08:23et ça aille, ça va faire mal, on le sait.
08:27Il y a des dépenses de guerre et des budgets,
08:31des politiques budgétaires qui sont très accommodantes,
08:34qui viennent finalement insuffler de la croissance.
08:37On le voit bien dans tous les chiffres qui sont publiés récemment.
08:40Ça devient quasiment l'unexion de croissance.
08:42Vous avez par rapport à ça également le grand thème des CAPEX.
08:47C'est quoi les CAPEX ?
08:48C'est de la demande, la demande en particulier de matières premières,
08:50et notamment menée par tout le mouvement de développement autour de l'IA.
08:55Et donc tout ceci, effectivement, ça nous fait un cocktail inflationniste
09:00qui menace, qui est une véritable menace.
09:02Toute la question étant de savoir jusqu'où, avec quelle rapidité,
09:06et que feront éventuellement les banques centrales,
09:09sachant que Mme Lagarde ne nous dit pas
09:11est-ce qu'elle regarde la partie longue de la courbe des taux
09:13ou la relation entre les taux directeurs et la partie longue.
09:16Ce serait intéressant d'avoir son opinion là-dessus,
09:19parce qu'en réalité, c'est ça.
09:21Ça veut dire, pardon, parce que là, effectivement,
09:24on a aussi lié ces flambées sur l'obligataire
09:29avec les derniers chiffres d'inflation qu'on a vus aux Etats-Unis,
09:31le CPI en hausse de 3,8% sur un an,
09:34la hausse des prix à la production, la hausse des prix à l'import.
09:36On avait l'impression ces dernières semaines
09:37qu'à chaque fois qu'on mentionnait l'inflation,
09:40la réaction du marché, c'était de dire
09:41oui, mais tant que le conflit reste court,
09:44finalement, l'inflation n'est pas un sujet.
09:45Est-ce qu'on change de scénario de marché ?
09:47Est-ce qu'on intègre que potentiellement,
09:49on va rentrer dans une séquence avec des taux plus élevés ?
09:51Wilfried ?
09:52En fait, tout le sujet de l'inflation,
09:55c'est est-ce qu'on peut avoir un mécanisme en particulier
09:57de transmission via les salaires ?
09:59Ça, ce n'est pas clair aujourd'hui.
10:01Et effectivement, quand on regarde
10:02les tout dernières enquêtes qui sont parues aux Etats-Unis,
10:06sachant que moi, je fais partie des gens
10:07qui sont traditionnellement moins inquiets sur l'inflation,
10:11mais effectivement, quand on regarde par exemple
10:12l'enquête NFIB des petites entreprises américaines,
10:14on constate que dans les déclarations et dans les statistiques,
10:17on commence à avoir de nouveau un retour des difficultés d'embauche,
10:20un retour de la guerre pour trouver des employés,
10:27de la manœuvre qui reste, qui soit motivée.
10:30Et donc, ça voudrait dire que ce fameux triangle de Gordon,
10:33comme on dit dans les services économistes,
10:35c'est-à-dire l'inflation qui se propage
10:36depuis les matières premières jusqu'aux biens,
10:38les services et les salaires,
10:40et après derrière, il y a la boucle qui se met en place,
10:42en fait, ce dernier élément du triangle,
10:44c'est-à-dire la transmission via les salaires,
10:46pourrait se mettre en place.
10:47Donc ça, c'est une grande interrogation des économistes,
10:50mais effectivement, ça commence à planer autour du sujet.
10:52Pour ça, il faut quand même, Véronique,
10:53que l'économie américaine fabrique des emplois.
10:56Eh bien, c'est justement, c'est intéressant,
10:59c'est qu'on voit que si on travaille une courbe de Philips,
11:04retravailler précisément,
11:05en y mettant pas forcément du taux de chômage,
11:08mais du taux d'emploi, du taux de création d'emploi,
11:11par rapport à la croissance des salaires,
11:13donc moins de création d'emploi,
11:14on était quasiment à zéro,
11:16en tendance à la fin de l'année dernière,
11:20normalement, on devrait faire moins de croissance salariale,
11:23or, ce n'est pas du tout le cas.
11:24Donc vous avez une translation de cette courbe,
11:27dite de Philips,
11:29qui nous dit, on a encore une croissance des salaires autour de 4%.
11:33Vous regardez au Royaume-Uni,
11:35on est au-dessus de 4% également.
11:37Donc on part d'une base très forte, très élevée,
11:39parce qu'il y a des pénuries,
11:41notamment des pénuries d'emplois qualifiés,
11:44pas que, mais ça plaise beaucoup, effectivement.
11:46Scott Bessent est en train d'arriver au G7 Finance,
11:49il est en train de s'exprimer.
11:51On l'écoutera dans quelques instants sur BFM Business,
11:54ce G7 Finance.
11:55Wilfried, vous le suivez,
11:57ça a un intérêt ou pas ?
11:59Oui, ça a un intérêt.
12:00Le multilatéralisme, ça reste intéressant.
12:02En fait, ça reste intéressant, paradoxalement,
12:04d'abord par les déclarations individuelles qui vont être faites.
12:08On attend en particulier, comme d'habitude,
12:10des déclarations, vous en avez cité une ce matin
12:13de Christine Lagarde dans « Des banquiers centraux ».
12:15Ça va probablement être la première déclaration de Kevin Walsh,
12:18le nouveau patron de la Fed,
12:19en tant que président de la Fed.
12:22Qu'est-ce qu'il veut véritablement faire ?
12:24Comment est-ce qu'il évalue, justement,
12:26ces tensions inflationnistes ?
12:28On sait que Kevin Walsh, son axe d'analyse,
12:31c'est que globalement, l'économie est dans une situation
12:34désinflationniste grâce à l'IA,
12:36et donc il ne faut pas avoir les yeux rivés,
12:39meeting by meeting, data des panneaux,
12:41mais au contraire, avoir des scénarios de projection,
12:44et se concentrer sur des données beaucoup plus immédiates,
12:47et sur le bilan, et donc les taux longs.
12:48Donc ça va être intéressant.
12:49Comment est-ce qu'il va articuler sa vision sur les taux longs,
12:52son engagement à baisser les taux dans un contexte
12:54sur lequel on se pose beaucoup de questions sur l'inflation ?
12:55On attend beaucoup, beaucoup de Kevin Walsh.
12:57Ça vaut ce que ça vaut, mais l'indicateur CMO FedWatch
13:01laisse entendre qu'on est à 50% de probabilité
13:04de voir une hausse des taux de la Fed prochainement.
13:06Ça veut dire que celui qui a été nommé par Donald Trump
13:08pour potentiellement baisser les taux,
13:09même si, effectivement, il y a tout ce jeu d'équilibriste,
13:11pourrait potentiellement devoir les monter au début.
13:13Je veux juste qu'on soit précis.
13:15Kevin Walsh est-il le président de la Fed ?
13:17Yoronique Riche-Flores, on en est où, là ?
13:19Il est le président de la Fed,
13:21et ça a été validé, effectivement, par le Sénat.
13:25Il faut maintenant qu'il porte serment
13:27et qu'il soit élu président du FOMC
13:32par les sept gouverneurs.
13:34Mais ce n'est pas si gagné que ça.
13:37Il faut qu'il soit élu.
13:39Mais il y a du rififi au sein du FOMC, aujourd'hui.
13:42Quand on voit les équilibres théoriques au sein du FOMC,
13:45les 12 membres votants du FOMC,
13:46il n'est pas sûr d'avoir la majorité.
13:48Et théoriquement, je dis bien théoriquement,
13:50il n'est pas impossible que Jérôme Powell
13:52soit élu président du FOMC.
13:55Étant donné que dans sa dernière conférence de presse,
13:56il a dit qu'il allait avoir profil bas...
13:59Mais il faut être candidat pour être élu ?
14:01Pas forcément.
14:02Pas forcément.
14:03Mais en revanche, il suffit de donner quelques messages en disant...
14:05Voilà, ça se complique quand même.
14:06C'est Jérôme Powell qui est élu à la tête du FOMC.
14:09Mais en tout cas, ce qui est très clair,
14:10c'est qu'il va y avoir un véritable sujet
14:12de gouvernance et de management au sein du FOMC,
14:15sachant que la dernière décision avait été
14:17la plus controversée, avec le plus de dissidents
14:20depuis 1992, de mémoire.
14:22Donc c'est véritablement quelque chose de très important.
14:25La crédibilité de la Fed, c'est aussi la crédibilité
14:27de son patron et sa capacité à emmener
14:30le comité de politique de monétaire derrière lui.
14:32C'est pour ça qu'on va attendre avec impatience
14:34tout ce que va nous dire Kevin Warch
14:37pour trouver les bons équilibres.
14:38C'est pas simple dans le mix actuel.
14:40Il a les équipements pour dans son parcours.
14:44C'est quand même quelqu'un d'extrêmement respecté.
14:46Attendons de voir sa première déclaration.
14:48Mais donc, Véronique, il ne va pas baisser les taux
14:49pour faire plaisir à Donald Trump ?
14:51Il ne va pas prendre des décisions contraires à ses datas ?
14:54Ce serait quand même un très mauvais départ
14:56et avec à la clé potentiellement
14:59une réponse des marchés
15:01par une montée des tensions additionnelles
15:05sur la partie longue de la courbe des taux.
15:07Et c'est ça tout le danger.
15:08Et c'est probablement ce qui finira
15:10par conduire à une politique plus raisonnable
15:13parce que sinon, les investisseurs
15:15se chargeront de le rappeler à l'ordre.
15:17Et c'est ce qu'on a observé
15:18tout au long de l'année dernière
15:19avec ces tensions, notamment sur le 30 ans américain
15:22qu'on laisse en général de côté
15:24en focalisant sur le 10 ans.
15:25Mais enfin, on sait que l'influence du marché
15:28elle se joue sur le plus long terme,
15:30là où la Fed n'est pas.
15:30Et l'information qui nous tombe,
15:32ce n'est pas Kevin Warch qui va venir,
15:33c'est Jefferson, le numéro 2.
15:35Donc on n'aura pas de déclaration de Kevin Warch.
15:38Il nous parlera de moi.
15:39Oui, mais ça dit quand même quelque chose.
15:41Ça veut dire qu'il ne peut rien dire, en fait, là.
15:43Ça veut dire que tant qu'il n'est pas élu président du FOMC,
15:47je pense qu'il doit faire sa campagne interne
15:49et que la priorité pour lui,
15:51pour reprendre ce qu'on disait tout à l'heure,
15:53c'est de faire une campagne interne
15:54au sein du FOMC,
15:55sachant qu'il prend numériquement la place
15:57de Stephen Miran,
15:58qui était l'ancien conseiller de Donald Trump,
16:01qui a démissionné pour lui laisser la place.
16:03Donc ça fait un Trumpiste qui remplace un autre.
16:06Et donc il va falloir effectivement
16:07qu'il trouve les bons arguments.
16:09Véronique, dernier mot ?
16:10Il a sa volonté aussi
16:12de baisser l'engagement de la Fed,
16:14enfin de baisser le bilan de la Fed.
16:16Et donc là, vous vous retrouvez...
16:18Ce qui dans les taux longs est quand même très important.
16:20Exactement.
16:21Donc c'est quand même une tâche très difficile.
16:23Il nous reste trois minutes, Nicolas,
16:25parmi les opérations à suivre cette semaine.
16:27SpaceX, dont on devrait avoir des informations
16:29sur l'IPO autour de mercredi.
16:31Oui, effectivement, SpaceX va déposer son dossier d'IPO
16:33auprès du régulateur américain cette semaine.
16:35Elon Musk viserait une introduction en bourse
16:37pour le mois de juin.
16:38Et selon Reuters,
16:39qui cite certaines sources proches du dossier,
16:41on parle même de la date du 12 juin.
16:44Côté au Nasdaq,
16:45l'IPO se ferait sur la base
16:46d'une valorisation de 1750 milliards de dollars,
16:48avec pour objectif de lever 80 milliards de dollars
16:51sur les marchés financiers.
16:52Une IPO suivie de près,
16:53puisqu'on en attend évidemment des records
16:55en matière de levée.
16:56À noter quand même,
16:57ça a beaucoup fait commenter ce week-end,
16:59le plan de rémunération d'Elon Musk
17:01pour cet IPO.
17:02Il pourrait atteindre 1000 milliards de dollars,
17:05le package de rémunération le plus important
17:07pour un dirigeant de société aux Etats-Unis,
17:09avec notamment plusieurs objectifs,
17:10dont créer une colonie d'un million de personnes sur Mars.
17:12Des objectifs un peu tendus pour l'IPO.
17:15Donc celle-là, on la regarde évidemment où il faut être prêt.
17:18Oui, en fait, ça fait partie des interrogations de marché.
17:20C'est-à-dire que la montée très forte des valeurs
17:23liées à l'intelligence artificielle
17:24n'a pas généré,
17:25contrairement à d'habitude dans ces autres phénomènes de ce type-là,
17:29n'a pas généré de demandes très très fortes sur le marché
17:32pour de nouvelles introductions en bourse.
17:34Donc là, c'est effectivement quelque chose
17:36qui va être suivi de près,
17:37parce qu'il va y avoir de nouveau une compétition pour l'argent.
17:40Et une des explications de la montée très forte des indices,
17:43c'est qu'il n'y avait pas de compétition.
17:44C'est-à-dire que tout le monde investissait sur un panel
17:46qui était relativement réduit.
17:47Là, le panel va monter.
17:49C'est la première introduction de ce type-là,
17:52sachant qu'Elon Musk fait beaucoup d'efforts
17:54pour lier justement SpaceX à l'intelligence artificielle
17:56et data center dans l'espace, etc.
17:58C'est tout son narratif.
17:59Et qu'évidemment, celui que tout le monde attend,
18:02c'est Anthropik, d'ici la fin de l'année,
18:05ça commence déjà à monter.
18:06Et certains commencent à dire,
18:07ça va marquer le pic, peut-être,
18:09de l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle.
18:12Nous, on a déjà des clients chez Montpensier-Bovell
18:13qui me disent, est-ce qu'on pourrait participer
18:16à l'introduction Anthropik ?
18:18On dit, ben non.
18:18Sauf si vous êtes un très gros investisseur institutionnel américain.
18:21Donc, il y aura assez d'argent pour financer tout ça, Véronique,
18:24puisque les gens se battent déjà chez Montpensier pour investir.
18:28On n'est peut-être pas totalement le management du marché.
18:30Non, mais ça veut dire que c'est intérêt quand même.
18:32Véronique.
18:33Là, vous adressez une question clé, effectivement.
18:35On a des déficits monstrueux à travers le monde à financer,
18:38des besoins pour financement des CAPEX.
18:41Et je pense qu'effectivement, enfin, des CAPEX,
18:43c'est du développement plus large.
18:45Je pense qu'on est face à de vraies questions
18:49sur la capacité de notre système à absorber tous ces besoins de financement.
18:53Je pense que ça participe aussi de la remontée des taux d'intérêt
18:58et des sous-jacents en faveur de cette remontée des taux d'intérêt.
19:01Et je disais à Wilfried, n'oublions pas non plus,
19:04qu'on a quand même une croissance nominale aux États-Unis
19:07qui avoisine quoi ?
19:08On doit être au-dessus de 6, on doit être à 6,20.
19:11Si vous avez une projection d'inflation qui va flirter les 5 % à minima,
19:16sans faire trop de mal à la croissance,
19:18c'est un petit peu ce que nous dit le marché.
19:21Vous allez où ? La croissance nominale,
19:25les taux d'intérêt à long terme convergent toujours vers la croissance nominale.
19:29Donc voilà les targets.
19:31Vers les 6, ça veut dire.
19:33C'est dur.
19:34Mais cette remontée des taux d'intérêt viendra aussi calmer les demandes.
19:386 %, c'est le vrai seuil des douleurs.
19:39Oui, je crois que c'était 5, maintenant c'est 6.
19:41En fait, non.
19:43Le seuil d'alerte, c'est 5, le seuil de douleur, c'est 6.
19:45Merci à tous les deux de venir ce matin dans la matinale de l'économie.
19:48Dans un instant, l'ouverture des marchés européens
19:49avec Nicolas Pagnès-Judy.
19:51A demain.
19:51Bonne journée.
19:52BFM Business présente
19:55Good Morning Market
19:57Nicolas Pagnès
20:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Good Morning Market.
20:02Nous sommes ensemble en direct jusqu'à 9h30.
20:06Donc dans Good Morning Market, on attend l'ouverture du CAC 40.
20:08Un CAC 40 qui est attendu en repli
20:10comme l'ensemble des indices européens sur fond de tensions sur le marché obligataire depuis vendredi.
20:16Tensions qui ont continué cette nuit en Asie.
20:19On a vu notamment des nouveaux plus hauts touchés sur le 30 ans et le 10 ans japonais,
20:24mais aussi sur le 30 ans et le 10 ans américain.
20:28On n'a pas encore l'ouverture du CAC 40,
20:30mais en tout cas, le 10 ans français, l'OAT 10 ans, est aux alentours de 3,83%.
20:35Et tout de suite, on commence avec le flash de Léo Dumas.
20:40Good Morning Market, le journal.
20:43Et à la une ce matin, c'est le G7 Finance qui s'ouvre à Paris.
20:48Les ministres des Finances et les banquiers centraux sont en train d'arriver
20:51pour deux jours de discussion autour de Roland Lescure.
20:53Ça se passe à Bercy avec pas mal de dossiers sensibles à traiter.
20:57Alors, on vous rejoint à Hugo Babé en direct sur place pour BFM Business.
21:01Roland Lescure a répondu à quelques questions en ouverture de ce sommet.
21:07Oui, les ministres sont en train d'arriver peu à peu.
21:11Il reste encore une à deux minutes d'arrivée des délégations.
21:14Mais Roland Lescure, le premier, a une déclaration importante.
21:17Un message adressé aux Etats-Unis.
21:19Le multilatéralisme, ça fonctionne. Écoutez-le.
21:23On leur a montré que ça marchait en libérant les stocks stratégiques.
21:26Je pense qu'on voit bien aujourd'hui que les discussions bilatérales
21:29ne permettent pas de régler tous les problèmes.
21:31On l'a vu la semaine dernière.
21:32Et donc, notre capacité collective sur des sujets qui nous concernent tous
21:36à travailler ensemble,
21:38j'ai la conviction que ça va fonctionner, que ça va être utile.
21:44La réponse n'a pas eu lieu finalement de la part de Scott Besant,
21:49qui a seulement une déclaration préliminaire, le secrétaire national au Trésor américain,
21:54qui a juste rappelé les principaux sujets du jour.
21:57A commencer par la guerre au Moyen-Orient.
22:00Elle va occuper une grande partie des discussions d'abord de la matinée.
22:03Ça va s'enchaîner avec une discussion également sur la guerre en Ukraine.
22:07Scott Besant a rappelé ces deux sujets importants.
22:10Avoir des mesures multilatérales, de discussion avec les différents pays du G7.
22:17Les stocks stratégiques avaient été débloqués la dernière fois pendant le G7.
22:21Parmi les autres sujets importants, les matières premières critiques.
22:27Le G7 s'accorde sur ce sujet.
22:29Il partage le même objectif.
22:30Il faut diversifier les pays producteurs.
22:32Et les chaînes d'approvisionnement, pour moins, dépendent de la Chine.
22:35Une boîte à outils communes sera discutée pendant ce G7 Finance.
22:40Les délégations sont en train de terminer d'arriver.
22:43Il faut noter une absence importante.
22:47Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, n'est pas présent à ce G7 Finance.
22:53En tout cas, aujourd'hui, c'est le numéro 2, Philippe Jefferson, qui est présent durant ce G7.
22:58Merci, Hugo Babé, en direct de Bercy, pour BFM Business.
23:02Et alors, sur les terres rares, justement, la Chine va bientôt répondre aux préoccupations des Américains.
23:08C'est ce que dit la Maison Blanche dans un communiqué.
23:1048 heures après le retour de Chine, de Donald Trump.
23:13Pékin, de son côté, n'a pas mentionné ce sujet dans son compte rendu publié après la visite du président
23:20américain.
23:20L'actualité des entreprises, ce matin, Publicis, qui signe la troisième plus grosse acquisition de son histoire.
23:25Le groupe français annonce un accord pour acheter LiveRamp.
23:28C'est un spécialiste américain des données.
23:30Opération à plus de 2 milliards de dollars qui doit se finaliser d'ici la fin de cette année
23:34et qui pousse le groupe à relever ses objectifs financiers sur les deux prochaines années.
23:39Et puis, les résultats de Ryanair avec un bénéfice annuel en forte hausse, 2,2 milliards d'euros.
23:43Ça fait plus 35% sur un an, mais la low cost se refuse à toute prévision pour la suite,
23:50compte tenu des incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient.
23:55Voilà, et tout de suite, dans un instant, on va retrouver la tendance du CAC 40 à l'ouverture.
24:01Mais juste avant, nous avons le plaisir d'accueillir Raphaël Legendre
24:05pour nous évoquer le menu des experts à partir de 9h30 sur BFM Business.
24:10De 8h30 à 9h30, on a Good Morning Market et on enchaîne à 9h30 avec les experts.
24:15Oui, c'est le nouvel horaire des experts.
24:17Nicolas, 9h30, 10h30, vous l'avez désormais bien en tête.
24:20Ce matin, on va parler des entreprises.
24:22Est-ce qu'elles doivent payer pour la crise entre la hausse du SMIC,
24:27le gel du barème, des allègements généraux
24:30et l'appel de Marie-Lise Léon pour réouvrir les négociations salariales ?
24:36Eh bien, les entreprises se retrouvent prises en étau au moment où la croissance ralentit.
24:40Alors, doivent-elles payer pour la crise ?
24:42Ce sera le premier des débats avec mes experts ce matin.
24:45Et puis, est-on à ce bin dans l'entreprise quand on a 50 ans ?
24:49Bien que le taux d'emploi des 55-64 ans progresse,
24:53eh bien, ces derniers dénoncent une discrimination à l'embauche,
24:56une placardisation au quotidien et une invisibilisation au sein de l'entreprise.
25:03On verra ce qu'en pensent mes experts.
25:05On reviendra sur les tensions obligataires.
25:07Bien sûr, on en parle depuis ce matin.
25:10L'OAT 10 ans est à 3,83% en France.
25:16Des tensions sur le marché obligataire qui font craindre un krach sur les marchés.
25:21On verra ce qu'en pensent mes experts.
25:22Et puis enfin, le G7 Finance.
25:24Hugo Babé, vous en parlez en direct depuis Bercy.
25:27On reçoit pendant 48 heures les grands argentiers des sept plus grandes puissances économiques du monde.
25:32Mais sont-elles encore capables de se parler les unes avec les autres ?
25:37Le multilatéralisme est-il encore vivant ?
25:40Ce sera le dernier thème du jour.
25:42Des experts, 9h30, 10h30, une heure de direct, de débats et de controverses
25:46pour décrypter l'actualité économique tous ensemble.
25:49Et tout de suite, le CAC 40 qui a ouvert depuis 4 minutes.
25:53Le CAC 40 qui recule, moins 0,99% à 7873 points.
25:59On regarde du côté du DAX qui ouvre lui aussi en recul, moins 0,51% à 23827 points.
26:07Une tendance qui est dans toute l'Europe, puisqu'on voit que l'Eurostock 50 est en recul de 0
26:11,93% à 5773 points.
26:15Du côté des valeurs qui font la cote à Paris, on voit notamment parmi les plus fortes baisses.
26:19Pour commencer, Saint-Gobain, moins 1,77%, Stellantis, moins 1,57%, ArcelorMittal, moins 1,61%.
26:26Parmi les plus fortes hausses, on commence avec Publicis Group, plus 3,97%.
26:31Publicis Group qui a annoncé vendredi l'acquisition de LiveRump pour augmenter, accélérer encore dans les sujets d'intelligence artificielle
26:41et notamment développement d'agents IA, donc acquisition de LiveRump qui est coté à Wall Street.
26:46On voit également Total Energy, plus 1,21%, Dassault Systèmes, plus 1,26%.
26:51Et puis on parlait des tensions obligataires, on en parle depuis l'ouverture de la matinale sur BFM Business.
26:57On voit que l'OAT 10 ans est aux alentours de 3,83% à Paris.
27:02On voit que le boon de 10 ans est lui aux alentours de 3,18%.
27:06On va revenir dans un instant dans Good Morning Market sur ces flambées obligataires aux Etats-Unis, en Asie, mais
27:12aussi en Europe.
27:13A tout de suite.
27:21On se retrouve en direct sur BFM Business jusqu'à 9h30 dans Good Morning Market avec un CAC 40 qui
27:27est ouvert en recul à moins 0,99% à 7873 points.
27:32Et tout de suite, c'est la rubrique en portefeuille.
27:37En portefeuille, on revient sur trois valeurs sélectionnées par un gérant dans le contexte économique et financier actuel.
27:43On a le plaisir d'être au téléphone à l'heure actuelle avec François Dossou, directeur de la gestion actions
27:48listée d'assets chez Siena IM.
27:50Bonjour François.
27:51Bonjour Nicolas.
27:52Je regardais la première valeur qu'on va évoquer ensemble, Carrefour, qui fait partie des peu de valeurs qui sont
27:58orientées à la hausse ce matin,
28:00à un plus 0,82% dans un contexte où les marchés semblent river sur les valeurs tech et intelligence
28:07artificielle.
28:07Vous regardez du côté de la grande distribution, François.
28:10Oui, absolument.
28:11Nicolas, en fait, vous êtes là sur un secteur sur lequel, dans un contexte de visibilité très très faible,
28:16en fait, le titre Carrefour, en dehors de ses capacités spécifiques et de sa capacité à pouvoir améliorer ses marges,
28:25aujourd'hui trouve un intérêt auprès des investisseurs.
28:28Le titre est en progression de 20% depuis le début de l'année, dans un contexte où seules les
28:33valeurs de l'IA
28:34et les valeurs de la transition énergétique ont tendance à performer.
28:37Mais aujourd'hui, le titre est bien positionné parce que nous pensons qu'il peut continuer encore,
28:43il en est encore sous le pied, du fait notamment, en fait, d'une valorisation qui reste très attractive.
28:49Comparé à ses pairs, le titre aujourd'hui affiche un PE Price to Earning entre 9 et 10,
28:56alors que ses concurrents, notamment le Best in Class Award et un PE de 15.
29:01Donc, nous pensons que la décote peut continuer à se résorber dans un contexte où la visibilité est très très
29:08faible.
29:08Un avantage, justement, c'est qu'on voit qu'à travers la publication récente du groupe,
29:13il y a une amélioration si la France est mieux orientée et avec une stabilisation de ses parts de marché.
29:19Et donc, pour un titre qui va continuer à améliorer ses marges pour se rapprocher des meilleurs du secteur,
29:26il y a du potentiel d'appréciation.
29:28Pour bien comprendre, avant de passer à la valeur suivante, François Dossou,
29:32est-ce qu'on est sur une dynamique propre à Carrefour selon vous
29:34ou est-ce qu'on est sur une dynamique de secteur de la grande distribution ?
29:38Oui, je pense que c'est une dynamique très très spécifique à Carrefour
29:41parce que quand vous regardez Howl, la progression est de 5%.
29:44Donc, le titre surperforme largement.
29:46Non, non, vous avez un titre sur lequel la stratégie du groupe est de plus en plus convaincante
29:51et notamment dans un contexte, pourquoi est-ce que je pense que le titre peut continuer à se performer
29:55mais dans un contexte d'inflation, aujourd'hui c'est vrai que le consommateur est sous pression,
30:00des arbitrages vont être faits en faveur des marques distributeurs
30:04et ça, ça va améliorer le mix produits de Carrefour
30:08et donc une marge qui va continuer à s'améliorer.
30:12Je pense que les ambitions du groupe sont quand même très élevées.
30:15Il n'est pas sûr que cet objectif de mars soit atteint à horizon 2030
30:20mais on voit aujourd'hui un certain nombre de catalyseurs opérationnels
30:24notamment une concentration aussi d'un point de vue stratégique sur les marchés cœur
30:28que sont la France, l'Espagne et le Brésil.
30:31L'Espagne, c'est l'essentiel du cœur de l'activité de l'EBIT du groupe.
30:35Donc vous avez quand même une amélioration stratégique
30:39avec série sur le gâteau, en fait, des sessions qui pourraient venir
30:43du marché polonais qui n'est pas un marché stratégique pour le groupe.
30:47Un mot d'une autre valeur, François Dossou, Capgemini.
30:51Quand on voit effectivement la ruée vers l'intelligence artificielle,
30:54ça inquiète notamment deux secteurs, les logiciels
30:57mais aussi les sociétés de conseil, notamment en matière de transformation numérique.
31:02Quelle analyse vous avez du titre Capgemini, François ?
31:04Alors là, vous avez un titre qui est très largement décoté,
31:07un titre qui continue à montrer, en fait, que des révisions bénéficiaires
31:10sont en accélération, notamment ce qui est reproché au groupe aujourd'hui
31:15c'est de ne pas être présent dans l'IA, mais les derniers résultats
31:18ont montré, en fait, que la tendance de l'UFO, notamment aux États-Unis,
31:22est beaucoup plus favorable avec des grands contrats
31:24et notamment dans l'intelligence artificielle.
31:28Le titre reste très décoté, 6,8 fois à début 2026, en 2027,
31:32c'est encore même inféré à 5 pour un titre qui offre un free cash flow yield,
31:37en fait, un rendement de 11%.
31:40Non, non, le titre aujourd'hui est un titre qui est très largement sous-valorisé
31:46et une valorisation qui ne peut pas être justifiée,
31:49notamment par les trimestriels successifs qui montrent que le titre n'est pas disrupté,
31:55que quelque part le titre va tirer son éperc du jeu.
31:59Donc, nous voyons une perspective de relèvement, justement, des perspectives bénéficiaires
32:04de la part des analystes qui devrait permettre au titre de rebondir,
32:09un titre qui, depuis le début de l'année, est très forte sous-performance.
32:12Un marché trop dur, donc, avec le cours de Capgemini à l'heure actuelle.
32:16Troisième valeur que vous regardez et que vous suivez de près,
32:18cette fois-ci, on va dans le secteur de la santé avec Merck, François.
32:21Alors, Merck, c'est, pour rappel, c'est un groupe leader en sciences et technologies
32:25qui opère dans les life sciences, en fait, les sciences de la vie,
32:29la santé électronique, notamment dans les semi-conducteurs.
32:35Ce qui est intéressant, c'est un titre qui est dans un secteur qui n'est pas aimé non plus.
32:39Là, je pense que tous les titres que j'évoque ce matin,
32:42c'est des titres qui peuvent bénéficier d'une diversification plus large,
32:45parce qu'aujourd'hui, tous les investisseurs sont vivés sur les valeurs de l'intelligence artificielle.
32:51Là, vous avez un titre qui baisse de 5% et qui a rebondi la semaine dernière
32:55grâce à une publication assez convaincante.
33:00Je voudrais faire un focus sur la division process-solution,
33:04les process-solutions qui restent le principal driver de croissance
33:09et qui offre au groupe une forte visibilité
33:12et qui va continuer à améliorer les marges, en fait.
33:16C'est une activité qui est essentiellement tirée par la bio,
33:19les bio-pharmaceutiques.
33:21Le titre offre des solutions B2B aux grands pharmaceutiques
33:24avec un booktébile, en fait, des commandes qui sont bien orientées
33:28dans un contexte qui reste très, très porteur,
33:31tiré par des besoins, notamment dans la biologie.
33:36C'est un titre qui est valorisé 14 fois les bénéfices en 2026,
33:41sur lequel, là aussi pour des raisons spécifiques,
33:45parce que quand on voit ses concurrents,
33:47notamment à ForteVue, la publication est décembre,
33:50qui doit continuer son rebond technique,
33:53qui fait des résultats qui ont été plutôt convaincants,
33:55tirés par une activité qui reste bien orientée.
34:00Merci beaucoup François Dossot de nous avoir accompagné
34:03dans cette première partie de Good Morning Market,
34:06de la deuxième partie de Good Morning Market.
34:07François Dossot, directeur de la gestion actions listée d'assets
34:09chez Siena IM.
34:10Et quant à nous, on se retrouve tout de suite pour le focus du jour.
34:14Et un focus du jour sur la question que se posent les marchés
34:17à l'heure actuelle, cette flambée obligataire
34:20que l'on voit depuis vendredi aux États-Unis, au Japon,
34:24mais aussi en Europe, avec notamment des nouveaux records touchés
34:28sur un certain nombre de taux obligataires aux États-Unis,
34:32mais aussi au Japon.
34:33Et quelles conséquences cela peut-il avoir sur les marchés financiers,
34:36alors qu'on voit que le CAC 40 a notamment ouvert en recul de 1,17%.
34:41Autant de questions que nous allons poser à Florian Yelpo,
34:43qui est avec nous en duplex.
34:44Bonjour Florian.
34:46Bonjour Nicolas, bonjour à tous.
34:47Merci d'être avec nous en charge de la macroéconomie
34:50chez Lombard, Audier, IM.
34:53On voit effectivement depuis vendredi des inquiétudes
34:56sur le marché obligataire qui font corriger les marchés actions,
35:01mais les marchés actions qui restent quand même sur des niveaux plus hauts,
35:03qui résistent pour le moment à ces inquiétudes inflationnistes.
35:07Comment est-ce que vous analysez la situation ?
35:10Je pense que le message clé, c'est nous ne sommes pas en 2022,
35:14c'est-à-dire qu'on n'est pas à l'aube d'une augmentation des taux d'intérêt
35:17de l'ordre de 4 à 5% au travers des différentes monnaies du G10,
35:22ça c'est le premier élément.
35:23Les taux montent, et lorsque les taux montent,
35:27globalement ça rend les investisseurs plus exigeants,
35:30surtout lorsqu'on est sur des valorisations
35:33qui ont singulièrement progressé depuis le mois d'avril, grosso modo.
35:39Donc il faut bien garder en tête.
35:40La mécanique elle est très simple à comprendre,
35:42c'est que comme une obligation, une action ramène des cash flow du futur vers le présent,
35:50et pour les ramener on a besoin de ce taux d'intérêt.
35:52Quand les taux d'intérêt augmentent, la valorisation des actions baisse mécaniquement.
35:56En plus, généralement, elle baisse davantage du côté croissance que du côté value.
36:01La croissance c'est justement la thématique qui a fait les marchés des 6 à 7 dernières semaines.
36:06Donc il y a aussi un encombrement de ce marché-là,
36:08il y a pas mal de portefeuilles qui ont été repositionnées sur ces grandes thématiques.
36:13Est-ce qu'il faut s'inquiéter ?
36:14Il faudra s'inquiéter le jour où les earnings,
36:16le jour où les bénéfices ne seront plus au rendez-vous.
36:19Pour l'instant, force est de constater que la croissance ne déçoit pas nécessairement
36:23en termes de bénéfices, bien au contraire.
36:25Et que simplement, dans un monde où l'investissement des entreprises est devenu capital,
36:29le coût de l'investissement, donc les taux d'intérêt,
36:32et notamment les taux réels, peut devenir une variable clé,
36:35une variable encombrante.
36:37Est-ce que ça change le narratif ?
36:39Pour le moment, pas du tout.
36:41Pour le moment, pas de changement de narratif, malgré ce qu'on peut voir quand même.
36:43On voit qu'on a dépassé sur le disant américain,
36:46pour ne regarder que celui-là, les 4,5%.
36:49Donald Trump nous avait habitués à réagir,
36:51au moins avec une annonce, pour rassurer les marchés obligataires.
36:54Pour l'instant, on n'a rien vu.
36:56Et il n'y a pas tant d'inquiétude que ça ?
36:58C'est ce qu'il faut comprendre de ce que vous nous dites, Florian Hielpau ?
37:02C'est-à-dire que vous avez d'un côté des bénéfices,
37:04et puis d'un autre côté, vous avez le coût du financement de ces bénéfices.
37:06Alors effectivement, on a enregistré beaucoup de bonnes nouvelles côté bénéfices,
37:11et là, on est en train d'enregistrer quelques mauvaises nouvelles du côté financement.
37:14En mars dernier, les taux réels américains étaient déjà de l'ordre de 2%.
37:20Ils ont également été maintenus à des niveaux très élevés pendant une longue période déjà,
37:25sans que l'on voit l'économie américaine commencer à donner des signes de faiblesse.
37:29Et c'est ça le point clé, c'est est-ce que les niveaux des taux réels atteints aujourd'hui,
37:33donc 0,9% en Europe et quasiment 2% aux Etats-Unis,
37:37est-ce que ces taux-là peuvent nous amener à une dégradation macroéconomique,
37:44puis microéconomique sévère ?
37:45Regardez les chiffres qui viennent d'être publiés aux Etats-Unis ce vendredi.
37:49Dans l'ensemble, ça va, l'Europe souffre un peu plus, c'est clair.
37:52Les marchés ont pris, ont accusé le coup justement d'une Europe qui déçoit face à des US qui surprennent
37:59positivement,
38:00et les portefeuilles ont été rebalancés en conséquence.
38:02Le narratif pour l'instant ne change pas.
38:05Un mot de la visite de Donald Trump en Chine et sa rencontre avec Xi Jinping.
38:11Les marchés ont suivi ça de près, finalement il n'y a pas eu de grandes nouvelles, de grandes annonces.
38:15On a quand même eu quelques annonces de commandes, notamment en matière d'aérien ou agricole.
38:23Qu'est-ce que vous retenez de cette rencontre, Florian Hielpaux ?
38:27Ce que je retiens, c'est qu'on a un petit ressenti de retour aux premières négociations du GATT,
38:33vous vous souvenez de le General Agreement on Tariffs and Trade,
38:35qui est ce grand accord, enfin ces accords bilatéraux puis multilatéraux, qui ont donné lieu à l'OMS.
38:41Donc on parle vraiment d'un immense retour en arrière dans le style de conduite de nos négociations commerciales.
38:47Les choses qui sont négociées aujourd'hui, c'est quoi ?
38:49C'est de l'agriculture, 17 milliards de produits potentiellement achetés par la Chine, ce dont on parle.
38:55Il y a également des négociations autour de l'énergie et de l'achat par la Chine de pétrole américain.
39:01On ne parle que très peu de négociations de droits de douane,
39:05et on ne parle pas du tout de l'enjeu stratégique qu'est la technologie.
39:09Ça c'est vraiment le grand absent, et justement c'est ce qui sanctionne le fait que oui,
39:13il y a une stabilisation des relations US-Chine,
39:16mais il n'y a pas un retour vers un sentiment de globalisation.
39:21Pourquoi ? Parce que la régionalisation technologique est claire,
39:24c'est un enjeu pour demain, et aucun des deux pays n'est prêt à lâcher sur ces sujets-là.
39:29Il n'y a pas de négociations sur les exportations de puces,
39:32sur les exportations de semi-conducteurs, sur tout ce qui fait aujourd'hui la technologie,
39:36et qui fait, on en parlait aujourd'hui, la valorisation des marchés.
39:40C'est plutôt un retour en arrière qu'un bond en avant.
39:42Donc finalement une rencontre qui certes a eu lieu, symbolique,
39:46mais qui ne change pas radicalement la relation entre États-Unis et Chine,
39:51et qui ne fait pas non plus avancer le sujet du conflit en Iran à l'heure actuelle.
39:56Plutôt une phase de stabilisation en fait.
39:58Alors une stabilisation qui est plutôt bienvenue,
40:00pas spécialement l'engagement de la Chine à tenter de mettre un terme à la crise
40:04qui occupe aujourd'hui le détroit d'Hormuz.
40:07Rappelons-le, c'est l'œil du cyclone,
40:10c'est ce qui cause aujourd'hui en grande partie la progression des taux et des taux réels.
40:14Donc c'est un petit peu la faiblesse, la grande faiblesse aujourd'hui du marché.
40:19C'est le jour où le détroit d'Hormuz se rouvre,
40:22le jour où on a la perspective que les prix du baril peuvent revenir aux alentours de 80 dollars,
40:27c'est ce que le marché price aujourd'hui,
40:28alors on commencera à avoir une détente côté taux,
40:32une détente côté prime inflation, une détente côté taux réel
40:35et potentiellement une nouvelle jambe de progression des marchés actions.
40:39Aujourd'hui c'est le statu quo et ces négociations n'ont pas spécialement fait avancer le dossier.
40:44Lorsque les GAFAM ont publié leurs résultats il y a quelques jours, Florian Yelpau,
40:48on a eu l'impression que le marché oubliait tout le reste pour se concentrer sur les bonnes nouvelles de
40:52certaines d'entre eux.
40:53On a mercredi les résultats de Nvidia qui vont être publiés.
40:56Est-ce que là aussi ça va faire oublier au marché toutes les autres nouvelles et notamment la macro ?
41:01Alors en tant qu'économiste, je n'ai pas envie de vous dire,
41:03c'est la plus grosse nouvelle macro de la semaine.
41:05Donc c'est la chose que non seulement les gérants de portefeuille, les analystes,
41:09mais également les économistes de marché vont scruter.
41:13Le message il est très simple.
41:15L'an passé on a vu une progression du chiffre d'affaires de Nvidia de 73%.
41:20C'est énorme.
41:22On a eu des signaux durant la preuve, durant les annonces de résultats du reste des GAFAM,
41:28de l'ensemble des GAFAM disant la demande est verticale ou quasi verticale.
41:33Donc on va être très attentif.
41:34On va être très attentif à 1.
41:36L'état de la demande qu'on va découvrir vis-à-vis de ces semi-conducteurs,
41:40des différentes puces, où est-ce qu'on en est de la Blackwell.
41:42On va être également attentif à les marges,
41:45c'est-à-dire est-ce que Nvidia conserve cet énorme pricing power,
41:48cette capacité à imposer ces prix au reste du monde.
41:51Ça, ça va être le deuxième élément à observer.
41:54Puis finalement, ce qu'on appelle la guidance,
41:56donc ce que les anticipations d'Nvidia elle-même vis-à-vis de la demande future.
42:01Trois variables à garder en tête.
42:03C'est ce qui va sanctionner définitivement,
42:07fermer la parenthèse justement de l'annonce de l'IA
42:10et de la trajectoire des semi-conducteurs.
42:12Je vous rappelle qu'au sein de la technologie aujourd'hui,
42:15les semi-conducteurs occupent 50% de part des indices technologiques mondiaux.
42:20C'est devenu le plus grand secteur technologique à ce jour,
42:25d'où l'enjeu du jour et de la semaine.
42:27Très rapidement, est-ce qu'avec une publication qui arrive après celle des GAFAM,
42:31qui ont elles-mêmes surprise à la hausse,
42:33est-ce que les attentes du marché ne deviennent pas trop ambitieuses pour NVIDIA, Florian Hielpau ?
42:39C'est le risque, c'est le risque d'autant plus, pour revenir à notre discussion du début,
42:42que les taux d'intérêt sont plus élevés qu'auparavant.
42:44Donc vous avez cette double menace qui plane sur la semaine.
42:49Première menace, des taux plus élevés, des taux réels plus élevés,
42:52qui contraignent le CAPEX,
42:54qui contraignent l'investissement des entreprises à la profitabilité future.
42:57Ça, c'est clair.
42:58Et aujourd'hui, on vit dans un monde où la mythologie fondamentale de ce marché,
43:05c'est les semi-conducteurs emportent tout,
43:08parce que l'IA, parce que les data centers sont aujourd'hui au cœur de tous les portefeuilles.
43:14Encore une fois, le marché sera moins à l'aise avec des nouvelles décevantes
43:20qu'il n'a pu l'être il y a trois mois en arrière.
43:22Encore une fois, le narratif n'est plus, le CAPEX n'est plus monétisable,
43:26le CAPEX doit être monétisé.
43:28Merci Florian Hielpaux, en charge de la macroéconomie chez Lombard au DIM.
43:31Merci beaucoup d'avoir été avec nous,
43:33et on se retrouve tout de suite en direct au Desmarchés.
43:37En direct au Desmarchés, c'est avec Alexandre Baradez,
43:39chef analyste chez IG,
43:41qui nous accompagne avec un CAC 40 en recul,
43:44un moins 1,18%,
43:45un DAX en recul également,
43:47moins 0,58%.
43:49Alexandre Baradez, comment commenter cette ouverture de semaine,
43:53avec notamment les résultats de Nvidia attendus mercredi,
43:56les marchés européens qui réagissent dans le sillage des marchés asiatiques
44:00à la flambée obligataire qu'on connaît depuis quelques jours,
44:02et notamment depuis vendredi.
44:04Oui, bonjour Nicolas, bonjour à tous.
44:05Effectivement, c'est le thème des derniers jours
44:08sur la planète totale, j'ai envie de dire,
44:11à la fois en Europe, aux Etats-Unis, en Asie.
44:13On a ce thème des taux qui se retendent assez sensiblement.
44:16Si vous prenez le taux de référence américain,
44:18il est remonté ce matin un peu au-delà de 4,6%,
44:21c'est un niveau qu'on n'avait pas vu depuis février,
44:23mai de 2025,
44:24donc plus haut de 15 mois pour les taux longs américains.
44:27Si vous regardez en Asie, du côté du Japon par exemple,
44:29vous avez des taux du 10 ans et un peu au-delà
44:32où il faut revenir à la fin des années 90,
44:36donc pour retrouver de tels niveaux de taux au Japon.
44:38Et puis on voit aussi que sur la partie européenne,
44:40tous les taux se tendent,
44:42même les bons élèves comme l'Allemagne ont des taux souverains,
44:44donc des taux longs qui se tendent également sur fond de remontée du pétrole.
44:49Donc on voit que si on prend le cas du baril américain par exemple,
44:52c'est 108 dollars ce matin.
44:54C'est un niveau, je rappelle qu'au début du mois de mai par exemple,
44:57le baril américain était retombé brièvement sur les 90 dollars.
45:01Et oui, quelques semaines plus tard,
45:02on se retrouve à nouveau à 108 dollars.
45:04Donc toute cette poussée des prix d'énergie et sur du pétrole
45:07tire l'ensemble des taux à la hausse.
45:09Et puis il y a ces anticipations de redressement de taux du côté de l'Europe.
45:13On voit que le marché considère que la BCE va relever ses taux
45:16peut-être à deux reprises cette année, voire un peu plus,
45:18ce qui serait effectivement probablement dangereux pour l'économie européenne.
45:22Mais il semble que, sauf extraordinaire surprise,
45:25bien qu'on ait quand même une hausse de taux de la BCE au mois de juin.
45:29Donc vous voyez, c'est ça qui fait que le marché d'action
45:30ne se comporte pas très bien,
45:32parce qu'il y a à la fois l'énergie qui grimpe,
45:33tous les taux qui grimpent.
45:35Donc les taux qui grimpent, c'est les coûts de financement
45:36qui ne grimpent à la fois pour les États,
45:38pour toutes les conditions de crédit,
45:39aussi les conditions financières qui se durcissent.
45:41Donc ça, c'est pour la partie un peu macro.
45:43Et puis effectivement, vous l'avez dit, sur la partie plus micro,
45:46on a effectivement la thématique un peu tech aux États-Unis
45:48qui est sous-surveillance,
45:49parce qu'on rappelle que là, vous avez Nvidia,
45:51effectivement, qui publie ses résultats dans quelques jours.
45:53Mais cette dernière semaine,
45:55ça a été une envolée absolument phénoménale
45:56de tout le secteur des semi-conducteurs aux États-Unis.
45:59Si on prend l'indice SOX,
46:00qui est l'indice de référence,
46:02qui inclut la plupart des gros fabricants
46:04de tout ce qui est semi et qui gravite autour de l'IA,
46:07c'est un indice qui a pris plus de 60%,
46:1060% donc en l'espace de quelques semaines.
46:12Donc vous voyez, il y a deux gros thèmes en fait.
46:13Un thème macro avec les taux, l'énergie,
46:16et puis un thème micro où on a aussi
46:17des très très grosses poussées côté des États-Unis
46:19sur la partie tech.
46:22Les valeurs, ou pardon,
46:23les actualités à suivre cette semaine,
46:25si je comprends bien, Alexandre Baradès,
46:26ce sera d'un côté Nvidia,
46:27et de l'autre, la nomination officielle
46:29de Kevin Warch à la tête de la Fed ?
46:32Oui, alors c'est vrai que,
46:34je dirais qu'il n'y a pas tellement,
46:36il faut dire forcément d'attente par rapport à ça.
46:37On sait que l'idée que le marché pouvait avoir
46:40il y a quelques mois de cela,
46:41et ce qui est beaucoup moins vrai, je pense, maintenant,
46:43c'est que quand Kevin Warch allait arriver,
46:45eh bien tout de suite, la Fed reprendrait les baisses de taux,
46:47notamment, et on voit que c'est impossible
46:49dans le contexte actuel.
46:50Très clairement, la Fed ne peut pas reparler
46:52de baisser les taux quand vous avez
46:54les niveaux de l'énergie là où ils sont.
46:56Je rappelle quelques indices aussi de prix aux États-Unis.
46:58On a eu la semaine dernière l'indice de prix à la production
47:01en variation annuelle qui remontait à 6%.
47:04C'est des niveaux qu'on n'ait pas vus depuis plus de 3 ans.
47:06Si vous regardez même les variations mensuelles
47:08des prix à la production,
47:09donc la variation d'un mois à l'autre,
47:10on a eu la plus forte poussée des prix à la production
47:13aux États-Unis depuis 2022,
47:15et l'invasion de l'Ukraine.
47:17Si vous regardez l'inflation américaine dans sa globalité,
47:19c'est 3,8%, donc l'inflation CPI.
47:22Donc il est impossible dans ces conditions-là
47:23que la Fed puisse reparler de baisser les taux.
47:26Et on voit qu'en fait,
47:27tout tourne quand même beaucoup autour
47:29de la situation au Moyen-Orient.
47:31C'est-à-dire qu'il suffit,
47:33il suffit entre guillemets que la situation se détende
47:35sur le front géopolitique,
47:37et tout de suite le pétrole baissera,
47:38les taux baisseront,
47:39et les banques centrales comme la Fed
47:40reparlera de baisse de taux.
47:41Mais tant qu'il y a cette escalade au Moyen-Orient,
47:44que les prix de l'énergie restent élevés,
47:45il y a très peu de marge manœuvre
47:46pour que les banques centrales puissent reparler de baisse de taux.
47:48Merci Alexandre Baradès de nous avoir accompagné
47:50en direct des marchés dans Good Morning Market.
47:53Dans un instant, vous retrouverez Raphaël Legendre
47:56dans Les Experts.
47:58Restez avec nous.
47:58Et quant à moi, je vous dis à demain
48:00dans Good Morning Market dès 8h30 sur BFM Business.
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