- il y a 14 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant au 81e jour de guerre au Moyen-Orient.
00:04Le président Trump visiblement veut laisser toutes ses chances à la négociation.
00:07Ou alors, est-ce qu'il s'est dégonflé faute de stratégies militaires efficaces ?
00:11On va retrouver Antoine Nelard à Washington pour BFM TV
00:14parce qu'on a écouté tout à l'heure en direct le président des États-Unis
00:18alors qu'il présentait le chantier de sa future salle de balle,
00:20parler de la guerre, parler de l'Iran et dire qu'il était vraiment à deux doigts
00:24de frapper l'Iran mais que les États du Golfe l'en ont dissuadé.
00:32Oui, exactement. En fait, on a toujours un peu l'impression d'être dans le même schéma avec Donald Trump.
00:36D'abord, Donald Trump s'impatiente. Ensuite, Donald Trump menace, menace de tout détruire en Iran.
00:40Donald Trump fixe un ultimatum et puis le jour venu, il se dégonfle.
00:45En tout cas, il recule devant l'obstacle.
00:46Alors, vous l'avez dit cette fois, Donald Trump explique qu'il veut laisser une chance à la diplomatie.
00:50Entre les lignes, il fait comprendre que ces menaces ont porté leurs fruits
00:53puisque, dit-il, les Iraniens sont devenus plus raisonnables.
00:56Et donc, à la demande, dit-il, de plusieurs pays du Golfe, il a décidé de suspendre une opération militaire
01:04qu'il était sur le point d'ordonner.
01:06Trump, en tout cas, aujourd'hui, tient à montrer que cette fois, ces menaces n'étaient pas des menaces en
01:11l'air,
01:11ça n'était pas du bluff.
01:12Il explique, en gros, qu'il avait le doigt sur le bouton et qu'il était sur le point d
01:16'appuyer.
01:17Écoutez.
01:20Il savait que je me préparais à attaquer.
01:22Je ne l'aurais pas dit.
01:23Je ne le dis jamais à personne.
01:25Mais il savait que nous étions tout proches d'une attaque.
01:28Je dirais que j'étais à une heure de prendre ma décision pour attaquer aujourd'hui.
01:32Et donc, en ce moment même, nous ne serions probablement pas en train de parler d'une super salle de
01:37balle.
01:37Nous aurions parlé de l'attaque.
01:39Donc, c'est moi qui ai tranché et ils m'ont appelé disant qu'ils avaient eu vent de ma
01:44décision de leur donner quelques jours supplémentaires.
01:46Nous pensons qu'ils ont été raisonnables.
01:52Voilà, ce récit permet aussi à Donald Trump, en tout cas dans son esprit, de maintenir la pression sur les
01:58Iraniens.
01:58Il a d'ailleurs ordonné au général Dan Cain, le chef d'état-major, ainsi qu'à son ministre de
02:03la Défense,
02:04de maintenir les troupes américaines en état d'alerte, prête à intervenir à tout moment pour lancer une opération d
02:09'envergure contre l'Iran.
02:11Trump qui, à nouveau, fixe un ultimatum.
02:14Hier, il parlait de 2-3 jours.
02:16Aujourd'hui, il dit que ça pourrait aller jusqu'à lundi prochain.
02:19Un ultimatum très court, une période très courte en tout cas, dit Donald Trump, pour voir où ces négociations vont
02:23aller.
02:24Merci Antoine Ellard, en direct de Washington pour BFM TV.
02:27Monsieur le militaire, Jérôme Pays-Srandi, quand on dit « j'étais à une heure de frapper l'Iran »,
02:31ça veut dire quoi précisément ?
02:32Tout le monde était prêt ? Les avions prêts à décoller ?
02:36Cachez votre dépit, général.
02:37Non, mais on est dans un très mauvais film.
02:40Mais vraiment, c'est même pas série B.
02:42C'est un jour sans fin, le film.
02:44Exactement. Vous imaginez la pression pour les militaires qui sont sur le théâtre.
02:50On leur dit « attention, vous êtes prêts ».
02:54Et puis, c'est pas une politique, c'est pas une stratégie.
03:01Oui, mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est derrière toute la mécanique d'une opération militaire qui…
03:08Ça veut dire que l'opération est prête et qu'il peut la déclencher à n'importe quel moment ?
03:11Si on l'écoute, oui, mais ils sont prêts.
03:13Mais il faut souligner que le dispositif militaire qui est déployé dans le Golfe, il est prêt.
03:19Il a été renforcé.
03:22Bon, et donc la problématique, c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait.
03:25Mais on ne peut pas dire « j'étais à une heure de déclencher comme si on était… »
03:31Et là, il donne un nouveau délai, deux à trois jours.
03:33Oui, d'accord. On verra pour le délai, de la même manière.
03:35Mais une heure, il faut bien comprendre, je pense que c'est une façon de parler.
03:38Une heure, ça veut dire que les moteurs sont en train de chauffer, que les bombes sont sous les avions,
03:43que les gaz ont ce qu'on appelle « plombé les PC ».
03:47C'est-à-dire que vous êtes dans votre poste de commandement et plus rien ne rentre, plus rien ne
03:51sort, si ce n'est ce qui est…
03:52Voilà. Donc on est une heure d'une opération de cette ampleur-là.
03:56En fait, ça sera un grand-blague combat absolument monstrueux.
03:59Donc…
04:00Mais c'est un nouveau volte-face.
04:01Voilà.
04:02Bon, c'est le septième, on l'a compté.
04:04En fait, c'est ça. Ce qui est intéressant, c'est de, encore une fois, mais c'est ce qu
04:07'on pressentait déjà depuis quelques temps.
04:09Il n'y a pas une envie folle d'aller refrapper.
04:11Pour une raison simple, c'est qui ? Frapper quoi ? Pourquoi faire ? Pour obtenir quoi ?
04:16On voit bien, son problème, c'est un problème de temps.
04:19Il voudrait que ça aille vite.
04:21La guerre, c'est long.
04:23Les négociations, c'est long.
04:25Le blocus, c'est long.
04:26Et le temps profite à qui, là ?
04:27Et c'est ça le problème.
04:29Il pourrait lui profiter, s'il avait décidé depuis le départ, qu'il avait réunit l'ensemble de ses alliés
04:36de la région,
04:36en leur disant, écoutez, vous allez prendre des missiles sur la figure, certes, mais je vous assure,
04:42je me donne un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, mais ce régime ne vous embêtera plus.
04:48Il n'aura pas la bombe, il va tomber.
04:49Donc, serrez un petit peu les dents et courbez les Chines.
04:54Ça va passer, mais on va les avoir.
04:55Ce n'est pas ce qu'il fait.
04:56Il y est allé, il fait 40 jours, il dit j'ai gagné, rien n'est gagné, c'est encore
05:00pire sur Hormuz.
05:02Et donc, vous comprenez, les pays autour, même les plus allants, même les Émirats arabes unis,
05:09ils ne sont pas prêts à se reprendre encore une volée de missiles sur l'ensemble de leurs infrastructures,
05:13si c'est pour rien obtenir de plus à la sortie.
05:15Alors, justement, c'est l'un des arguments qu'il avance pour expliquer ce énième recul, il dit,
05:20les pays du Golfe m'ont demandé de suspendre, enfin, ne pas reprendre les frappes.
05:24Est-ce que c'est vrai ? Parce que certains journalistes, et notamment le Wall Street Journal, je crois,
05:28et d'autres disent non, ils n'ont pas été appelés, ni le prince héritier d'Arabie saoudite,
05:34ni le président des Émirats arabes unis, n'a eu un coup de fil de Trump juste avant ces frappes.
05:38– Il me semble que c'est une fumisterie supplémentaire de M. Trump,
05:43parce que quand on veut déclarer la guerre comme ça, on ne va pas appeler les copains pour leur dire
05:48« est-ce que tu m'autorises à envoyer les avions à partir de telle base ou de telle… »
05:55– Donc vous n'y croyez pas à cet argument ?
05:56– Mais non, ce n'est pas possible, c'est n'importe quoi.
05:59Moi, je voudrais savoir, dans le dictionnaire de la Maison-Blanche, qu'est-ce que ça signifie ultimatum ?
06:05– Ultimatum de 24 heures, de 40, d'une semaine, de deux semaines, de trois semaines,
06:10tout ça, c'est comique, c'est tragi-comique.
06:13Et l'avenir du monde, l'économie mondiale en souffre, tout le monde en souffre.
06:18Nous, en Europe, on souffre un peu, mais regardez l'Afrique, regardez…
06:23– L'Asie ?
06:23– L'Asie, les agriculteurs africains qui doivent nourrir des milliards,
06:30des centaines de millions de personnes,
06:32ils n'ont pas d'engrais pour la récolte à venir.
06:36– Donc c'est à cause de Trump.
06:37– Donc tout ça, parce que M. Trump fait l'arrivée.
06:39– Enfin, Hormuz est bloqué par l'Iran, au départ.
06:41– Ok, ok, mais quand on entreprend une aventure,
06:44il faut l'achever, dans un sens ou dans un autre.
06:47Maintenant, les Iraniens ont pris le dessus psychologiquement sur M. Trump.
06:52– Ils ont bien compris, il y avait une arme très, très efficace avec Hormuz.
06:56– Oui, ils ont en fait contourné l'objet de la guerre,
07:02qui était le nucléaire, le balistique, les proxys,
07:04pour le déplacer sur Hormuz.
07:06Et maintenant, ils le privatisent.
07:08Et de ce fait, M. Trump, qu'est-ce qu'il fait ?
07:10Des déclarations de l'intimidation, mais ça ne marche pas.
07:13Les Iraniens sont plus fins, ils sont prêts à mourir,
07:16ils sont prêts à mettre le prix pour garder le régime,
07:19alors que M. Trump n'est pas prêt à mettre le prix pour gagner.
07:23– Je vais complètement aller dans le sens d'Antoine là-dessus,
07:26parce qu'il y a, dans la traduction de l'anglais vers le français,
07:28moi, il y a un truc qui me chagrine,
07:29c'est qu'en fait, ce n'est pas qu'il allait prendre sa décision,
07:32il allait prendre sa décision dans une heure.
07:34Ce n'est pas qu'il allait frapper dans une heure.
07:36Donc, quelque part, quelqu'un qui vous dit,
07:38attention, j'étais à une heure de prendre ma décision,
07:42ça rajoute encore sur le côté fumisterie,
07:44ça rajoute sur le côté politique,
07:46et je vais aller plus loin,
07:48c'est-à-dire qu'on voit encore une fois le même pattern,
07:50pas juste sur le sujet iranien,
07:51avec le septième revirement dont on se parle,
07:54mais on a vu la même chose tout le long de l'année 2025
07:57sur la question des tarifs,
07:59sur la question des droits de doile
08:00qu'il essaye d'imposer à tel ou tel pays,
08:01avec pareil, des revirements, des délais, etc.
08:04On a vu la même chose sur le Groenland,
08:06on a vu la même chose sur l'Ukraine.
08:07Si vous voulez, on voit à chaque fois
08:09qu'il utilise ce système de,
08:11attention, je vais faire un malheur,
08:12finalement, je ne le fais pas,
08:13et en fait, on voit que les résultats ne sont jamais là,
08:15que ce soit sur le volet diplomatique ou économique
08:17quand c'était les tarifs,
08:18ou que ce soit là sur le volet militaire.
08:20– Mais là, aujourd'hui,
08:22est-ce que c'est un Trump qui n'a pas de stratégie ?
08:24– Il n'y a plus de solution.
08:26– On comprend que le Détroit,
08:28c'est ce sur quoi il a mis le paquet,
08:30il a fait tapis, comme on dit, au poker,
08:32mais en attendant, ça ne paye pas,
08:33général Pélistrani.
08:34On se dit, j'ai que ça,
08:36et finalement, je n'y arrive pas.
08:37– Oui, parce qu'il n'a pas de bonne stratégie,
08:40il n'a que des plus ou moins mauvaises.
08:43– Mauvais choix.
08:44– Mauvais choix.
08:46– Le blocus du blocage,
08:48ça peut fonctionner à terme.
08:49– Pardon, excusez-moi,
08:50parce que là, le problème,
08:52c'est qu'on ne sait pas précisément
08:53quel est l'État de l'Iran aujourd'hui.
08:56Mais enfin, c'est un pays
08:56qui est peut-être complètement à genoux.
08:59Bien sûr, il y a la propagande iranienne
09:00qui fait croire que tout va bien
09:01et qu'ils sont très forts.
09:02Enfin, ça peut marcher à terme.
09:04– Oui, mais ce qui est complètement incroyable,
09:05après, il faut attendre.
09:06– C'est un problème de temps.
09:06– C'est un problème de temps.
09:07– Et au lieu, bon,
09:09il dit qu'il a été appelé
09:11par les chefs d'État du Golfe,
09:13mais donc on a des doutes là-dessus.
09:15À aucun moment, par exemple,
09:16il a pris contact avec ses grands alliés,
09:20que ce soit la France, le Royaume-Uni.
09:23– On est vraiment encore un grand allié.
09:25– Oui, mais il est tout seul.
09:30Et c'est ça ce qui est absolument catastrophique.
09:33C'est-à-dire qu'au lieu d'aller chercher…
09:35– Il a vu le président chinois.
09:37On ne voit pas vraiment pour l'instant
09:38les conséquences de ce qui vient d'arriver.
09:41Voilà, donc on est dans une confusion stratégique,
09:46complète, le seul…
09:47– Attendez, c'est la confusion
09:48ou alors il le laisse s'enliser ?
09:49Parce que ça peut être ça aussi.
09:51– Bien entendu.
09:51– On laisse Donald Trump s'enliser
09:52ou couler dans le détroit d'Hormuz, si vous voulez.
09:54– Parce que le régime iranien…
09:57– Ça rentre la Russie, ça rentre la Chine.
09:59– Bien sûr, exactement.
10:00Et le régime iranien sait jouer là-dessus,
10:03de gagner du temps, parce que faire une guerre, c'est long.
10:07Et des négociations, c'est long aussi.
10:12Or c'est les deux choses que Donald Trump ne sait pas faire.
10:16Accepter qu'il faut du temps.
10:18– L'Iran quand même continue de menacer
10:20si jamais les Américains reprennent leurs frappes.
10:24L'Iran qui assure qu'elle ouvrira de nouveaux fronts.
10:27Alors quels seraient ces fronts ?
10:29– Alors il y en a un, pardon.
10:30– Allez-y, entre.
10:31– Oui, je crois que les Iraniens pensent réactiver
10:36le front Houssi au Yémen et le détroit de Bab el-Mandeb.
10:39Ils ont déjà un front au Liban avec le Hezbollah
10:42qui attaque Israël, qui prend l'initiative,
10:44alors que le gouvernement libanais est hostile à cela.
10:47Il y a le front irakien et c'est de là que sont partis
10:51probablement les derniers drones vers l'Arabie et vers les Émirats
10:57à partir de la base de Jarf-e-Sahar,
11:00une base qui a été totalement dévastée au mois de mars.
11:05Mais apparemment, il y a des bases de substitution
11:08que la mobilisation populaire, c'est-à-dire les milices chiites irakiennes
11:14qui sont aux ordres des passes d'armes présentes sur place, actives.
11:18– Et qui ont tué notre soldat français.
11:19– Qui ont tué notre soldat français.
11:21Et dont l'un des chefs a été capturé en Turquie par les Turcs
11:25et livré aux Américains.
11:27– Donc ça serait ça, ces nouveaux fronts ?
11:28– Ça serait les trois nouveaux fronts que nous pouvons identifier.
11:34– Et l'autre menace, c'est d'attaquer les puits de pétrole.
11:38– Alors oui, moi je pense que l'Irak c'est fondamental,
11:40parce qu'on voit que les outils depuis le départ,
11:42quand même, ils ne sont pas très chauchos au Yémen pour y aller.
11:44En revanche, les Irakiens, il y a un fort potentiel.
11:47Et on voit bien qu'y compris, un de leurs objectifs,
11:49c'est d'obtenir le départ des Occidentaux qui sont présents là-bas,
11:52je le rappelle, pour la lutte contre le terrorisme et contre Daesh.
11:54Entre autres, les Français, c'est pour ça qu'on a eu un mort.
11:56Et donc c'est important, parce qu'eux, là, pour le coup,
11:58ils auraient une vraie victoire.
11:59Et ces milices chiites irakiennes sont très fortes.
12:02La deuxième chose, effectivement, c'est de s'attaquer,
12:06non seulement, on l'a vu là, ce qu'il y a de nouveau,
12:09aux centrales nucléaires, la centrale nucléaire des Émirats arabes unis,
12:12même s'ils ont tapé juste à côté,
12:15sur la structure, le générateur électrique,
12:19on voit bien qu'ils sont capables d'y aller.
12:20Donc là, c'est clairement un signal stratégique
12:23de ce qu'ils sont capables de faire.
12:25Et évidemment, sur les Émiratis qui sont les plus remontés,
12:28l'autre chose qui pourrait toucher,
12:30parce que s'ils n'ont plus de limites,
12:31ça serait les usines de dessalement.
12:33Et là, on rentre dans la catastrophe régionale.
12:35Parce que les usines de dessalement...
12:36On est capables de les protéger, c'est-à-dire que, par exemple,
12:37les Américains ou même les Français,
12:38puisque les Français ont des accords,
12:40on ne peut pas protéger les puits de pétrole des Émirats ?
12:42Nous, on est capables de les protéger des drones,
12:43c'est ce qu'on est en train de faire là-bas.
12:45On aide les Émiratis et les Qataris face à la menace drone.
12:49Mais d'abord, on n'est jamais à l'abri qu'il y en ait un qui passe,
12:51même si on en abat 90%,
12:53celui qui sature est que 10%.
12:55Hors des drones, ils en ont.
12:56Quant à la menace balistique,
12:58elle est traitée par les Américains et par les Israéliens,
13:01mais on ne peut pas tout défendre.
13:04Si, par exemple, les Émiratis,
13:06avec les Américains et les Israéliens,
13:08décident de défendre la centrale nucléaire et le pétrole,
13:11ils ne défendront pas les bases militaires
13:13et les hôtels et le reste.
13:15Donc, en fait, ça n'existe pas,
13:18les boucliers hermétiques totaux.
13:20Et en termes de nouveaux fronts,
13:23il y a aussi d'autres infrastructures,
13:24notamment pétrolières ou d'exportations,
13:26qui, de fait, peuvent être touchées là aussi.
13:27C'est, encore une fois,
13:28toutes les routes de contournement du détroit d'Hormuz.
13:30On peut penser ici au terminal pétrolier de Yambou,
13:33par exemple, sur la mer Rouge,
13:34de l'autre côté de l'Arabie saoudite.
13:36Là, c'est un élément fondamental.
13:38Aramco, la Société Pétrolière Nationale Saoudienne,
13:40a très clairement dit la semaine dernière
13:42que le pipeline est-ouest,
13:44qui permet de contourner à travers le désert
13:46le détroit d'Hormuz,
13:46avait atteint sa pleine capacité,
13:48c'est-à-dire 7 millions de barils jour.
13:49Dans ce contexte-là,
13:50si vous arrivez effectivement à frapper
13:52ou encore une fois à diminuer la capacité à minima
13:55de cette infrastructure ou du terminal pétrolier,
13:58donc de Yambou, de l'autre côté,
13:59de fait, vous avez ici un nouveau front
14:02qui peut être ouvert,
14:03en tout cas qui peut avoir un avantage pour l'Iran.
14:06Les frappes sur Fujaira, c'est pareil.
14:08Les frappes sur Fujaira,
14:09on en a parlé il y a 15 jours,
14:10on peut imaginer d'autres frappes supplémentaires
14:13pour encore plus infliger un coût économique,
14:15un coût industriel.
14:17Donc, il y a plein de choses qu'on peut mettre en œuvre.
14:18On a Igor Saïri qui est en direct avec nous.
14:21Igor qui se trouve à Beyrouth.
14:22Bon, bref, c'est parce que c'est l'autre front militaire,
14:24il ne faut jamais oublier qu'il y a les Etats-Unis,
14:25les combats continuent.
14:26Et puis Israël, Liban.
14:28Et justement, Igor, l'armée israélienne,
14:30elle continue ses frappes
14:32et continue de grignoter du terrain au Liban.
14:38Oui, absolument, ce cessez-le-feu
14:40qui a été prolongé, on le rappelle,
14:41de 45 jours officiellement depuis quelques jours,
14:45n'est absolument pas respecté
14:46par l'armée israélienne
14:48ni même par le Hezbollah,
14:51puisque tous les jours,
14:51et comme aujourd'hui encore,
14:53il y a des appels à évacuer
14:56des nombreux villages du sud de Liban
15:00et le Hezbollah,
15:01qui aujourd'hui a encore lancé une roquette
15:03dans le nord d'Israël
15:04et blessé grièvement un israélien.
15:07Il y a aussi un élément important
15:09qui est sorti aujourd'hui
15:10et qui provient d'un article du Financial Times.
15:15Le Financial Times a calculé
15:18le gain de territoire d'Israël
15:20depuis le 7 octobre
15:21et les chiffres sont assez stupéfiants
15:24et inquiètent de nombreux acteurs de la région,
15:26de nombreux diplomates,
15:28puisque depuis le 7 octobre,
15:29Israël aurait gagné
15:32environ 1000 km² de territoire
15:35depuis cet échec retentissant sécuritaire.
15:38Le 7 octobre,
15:40Benjamin Netanyahou a mis en place
15:41une doctrine militaire extrêmement agressive
15:45et cela correspond au final
15:47à environ 5% des frontières israéliennes de 1949.
15:52Et cela inquiète évidemment dans la région
15:55car cela a provoqué le déplacement
15:57de 2 millions de personnes,
15:58la destruction de zones urbaines entières.
16:01Un chiffre, par exemple, à Gaza,
16:03il faut le rappeler,
16:04aujourd'hui la population,
16:05les 2 millions de Gazaouis vivent dans 40%
16:07de leur territoire d'avant 7 octobre.
16:10Au Liban, aujourd'hui,
16:11il y a de nombreux villages
16:12qui ont été littéralement détruits
16:14par cette guerre contre le Hezbollah.
16:17Et tout cela inquiète
16:18car il y a une rhétorique aujourd'hui en Israël,
16:21une rhétorique extrêmement agressive,
16:23expansionniste vis-à-vis de ces territoires
16:25à Gaza, au Liban,
16:26mais aussi en Syrie,
16:28de la part de certains ministres
16:29comme Benvi ou Smotrich
16:30qui avouent publiquement prononcer
16:32le mot d'annexion
16:33ou en tout cas le mot de colonisation
16:35de ces territoires.
16:37On sait que certains colons
16:38tentent le coup à Gaza
16:39ou dans le sud Liban.
16:41Alors ça reste des positions minoritaires.
16:42Il n'empêche que ça préoccupe
16:44beaucoup de personnes,
16:45surtout quand on voit depuis 20 ans
16:46ce qu'il se passe en Cisjordanie
16:48avec une colonisation
16:49des territoires occupés
16:50qui se fait à la vue
16:52et au sud de tous,
16:53sans réaction diplomatique réelle
16:55à l'international
16:55et dans les pays arabes.
16:57Igor Saïry en direct
16:59de Bérou Pro BFM TV
17:00avec Philippine David.
17:01Voilà le point que l'on pouvait faire
17:02à ce 81e jour de guerre.
17:04de Bérou Pro BFM TV
17:04Merci.
17:04Merci.
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