- il y a 21 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant au conflit, la guerre, 26e jour de guerre avec les Etats-Unis
00:06où on dit qu'on veut continuer de discuter mais l'Iran qui rejette la proposition de plan américain
00:13autour d'un cessez-le-feu. Donc bien évidemment on va voir ça maintenant avec nos différents invités
00:18et on va écouter Antoine Lard qui est à Washington pour BFM TV justement
00:23parce qu'on a l'impression que là Donald Trump il se retrouve un peu tout seul
00:26lui qui voudrait que les hostilités cessent vite.
00:33Oui effectivement en tout cas Donald Trump pour le moment n'a pas réagi, pas de réaction non plus de
00:37la Maison-Blanche.
00:38Il y a un point presse de la porte-parole de Donald Trump dans les prochaines minutes.
00:41On verra comment elle explique ce qu'elle a à dire face à ce rejet de l'Iran du plan
00:46en 15 points
00:47qui a été soumis par les Etats-Unis. Ce qui est certain en tout cas c'est que ce refus
00:51iranien
00:51c'est vraiment un camouflet pour Donald Trump alors que depuis le début de la semaine
00:55le président américain se montre extrêmement optimiste sur les chances d'aboutir à un accord.
01:01Il a même affirmé à plusieurs reprises que Téhéran s'était engagé sur plusieurs points de ce plan
01:07et notamment tout ce qui concerne le nucléaire, l'aspect le plus crucial de ce plan de paix.
01:14Auprès du média Axios, toujours très bien informé, un responsable américain explique que pour le moment
01:20les Iraniens n'ont pas officiellement communiqué auprès de Washington leur refus.
01:24Ils laissent entendre que tout ça n'est peut-être qu'une posture de la part des Iraniens,
01:28une façon d'établir un rapport de force avant d'engager la négociation.
01:32Cet épisode en tout cas pose la question de savoir à qui vraiment parlent les Américains.
01:37Ces derniers jours, Donald Trump a expliqué qu'ils avaient trouvé un interlocuteur crédible avec qui discuter.
01:43Et manifestement, cette personne, quelle qu'elle soit, parce que Donald Trump n'a pas révélé son identité
01:47et est resté très mystérieux sur qui est cet interlocuteur.
01:50Mais en tout cas, cette personne n'a manifestement pas toutes les cartes en main pour négocier au nom du
01:55régime iranien.
01:57Merci Antoine Hollard en direct de Washington.
01:59Guillaume Lagan, on essaie de comprendre ce qui se passe.
02:01Donc il y a ce plan avec 15 mesures de Donald Trump.
02:05Et puis il y a la télé d'État iranienne qui dit que Téhéran pour l'instant refuse la proposition.
02:10On ne sait pas d'ailleurs qui précisément en Iran refuse.
02:14On ne sait plus qui gère, qui gouverne en Iran.
02:18Est-ce que ça veut dire que c'est au point mort ou quand même on va finir par discuter
02:21assez rapidement ?
02:22On parle de ce week-end d'ailleurs.
02:24Très franchement, c'est très très difficile de vous répondre dans une direction ou dans une autre.
02:28Ce que moi je note, c'est que les opérations militaires se poursuivent.
02:33Donc là, on a toute une machinerie diplomatique qui s'est mise en ordre.
02:37Mais la guerre, elle, elle continue.
02:39Si on fait le parallèle, rappelez-vous, avec le conflit ukrainien, on avait dit
02:41non, non, pas de négociation en Ukraine tant que les combats ne se sont pas arrêtés.
02:45Là, on voit avec l'Iran qu'en réalité, les deux processus peuvent coexister de manière simultanée.
02:51Est-ce qu'il y a vraiment des négociations ?
02:52Moi, je crois que du côté des partenaires des Américains,
02:56je pense par exemple au Pakistan, je pense à la Turquie, je pense à l'Égypte,
02:59il y a la volonté de trouver une solution et de se faire médiateur entre les Iraniens et les États
03:03-Unis.
03:04Maintenant, ce qu'on voit...
03:05Qui va négocier du côté iranien ?
03:06Alors, du côté iranien, vous l'avez dit, il y a un grand mystère,
03:09il y a un pouvoir officiel avec Mosh Tabar Amenei, le successeur de son père,
03:16qui est théoriquement celui qui prend ce type de décision.
03:19On ne l'a jamais vu, jamais entendu depuis qu'il y a...
03:20Exactement.
03:21Donc là, il y a une très grande difficulté sur la réalité du pouvoir iranien,
03:24qui est probablement dans les mains des gardiens de la Révolution,
03:27mais eux n'ont pas de visage diplomatique.
03:29En tout cas, s'ils tirent les ficelles du régime, c'est en arrière-fond.
03:32Alors, il y a un ministre, il y a un ministre des Affaires étrangères.
03:34Oui, mais si vous voulez, dans la...
03:36Il n'est pas évident de savoir si le gouvernement iranien actuel est le même qu'il y a quelques
03:40mois,
03:41mais en tout cas, pendant des décennies,
03:42ceux qui en Iran ont pris véritablement les décisions, c'était le guide suprême.
03:46La structure, si vous voulez, officielle du régime, c'est-à-dire le président, le gouvernement,
03:51étaient là, en quelque sorte, pour la façade.
03:53Ce n'était pas véritablement eux qui, à la fin, prenaient les décisions.
03:56Ce qu'on observe, en tout cas, c'est que le plan en 15 points qui a été diffusé par
04:00les Américains
04:02constituerait, alors là, pour le coup, une capitulation totale du régime,
04:04parce que c'est l'ensemble des exigences des Occidentaux et des Américains vis-à-vis de l'Iran
04:09depuis plusieurs années.
04:11Donc, je rappelle...
04:11– Les exigences qui ont toujours été refusées par le régime.
04:13– Alors, soit qui ont été refusées, soit qui ont été acceptées,
04:16mais en fait, contournées dans les semaines, les mois, les années qui suivaient.
04:20Donc, il y a un problème aussi de confiance,
04:21c'est que, quand bien même il y aurait un accord qui serait annoncé,
04:24est-ce que cet accord serait mis en œuvre par l'Iran de manière franche ?
04:28Et est-ce que, d'ailleurs, ceux qui l'accepteraient auraient la capacité
04:31de peser sur les lignes politiques de l'Iran et de le mettre en œuvre ?
04:36Tout ça est quand même très prématuré.
04:37Et en même temps, peut-être qu'à la fin,
04:41il y aura quand même une solution à ce conflit.
04:42Ce conflit ne va pas durer éternellement.
04:44Et c'est peut-être une voie de sortie.
04:45– Sébastien Boussois, Trump, il peut vite avoir une victoire.
04:48Vous voyez, vous savez, j'ai obtenu un accord,
04:50il n'y a plus de nucléaire, plus de menaces,
04:52l'Iran n'est plus de menaces, passons à autre chose.
04:54– Je crois que c'est le projet depuis le début.
04:56Benjamin Netanyahou veut aller jusqu'au bout
04:57et jusqu'au renversement du régime.
04:59Tout le monde se rend compte que c'est plus compliqué que prévu.
05:02Et ça, je pense que ça embête bien, effectivement,
05:04le président américain qui aimerait pouvoir négocier une sortie de piste,
05:08si je puis dire, la moins scabreuse qui soit.
05:10Et ça passe par un bilan où on a l'élimination des principales têtes du régime.
05:15Quand il dit le régime a changé, quelque part, oui, le régime a changé.
05:18On a aujourd'hui beaucoup moins de mots là,
05:20on a plus de gardiens de la Révolution,
05:21on a l'élimination des personnes les plus symboliques du régime.
05:24Et on est peut-être en passe non pas de passer d'une théocratie
05:28à une capitulation et un changement de régime démocratique,
05:31mais d'une théocratie à une autocratie militaire.
05:34Et ça, on est véritablement dans l'analyse à ce stade-là
05:38de savoir ce vers quoi ce régime va évoluer.
05:40Ce qui est clair, c'est qu'on est pour l'instant encore
05:42dans ce qu'on appelle le strike and talk,
05:44c'est-à-dire qu'on frappe, en même temps on discute,
05:47enfin apparemment on discute,
05:49et les négociations sont censées avancer.
05:51Mais c'est la même chose qu'avec l'histoire du dossier russo-ukrainien.
05:53Trump arrive avec un plan, avec ses désidératas à lui.
05:57Ce plan des 22 points à l'époque du dossier russo-ukrainien
06:00a abouti sur strictement rien du tout.
06:02Et là, effectivement, l'administration américaine arrive avec un plan
06:04pour lequel le régime iranien ne veut pas céder.
06:07Et le simple fait qu'on discute et qu'on continue à négocier avec lui,
06:10sous-tend que du coup, Trump n'est plus pour, en tant que tel,
06:14le renversement du régime, par définition,
06:16puisque vous voulez négocier avec des gens qui sont là tout de suite en place.
06:19Ce qui veut dire que du point de vue militaire,
06:22l'opération américaine va s'intensifier,
06:24parce que l'Iran dit non aux négociations,
06:25parce que là, il y a 3000 parachutistes qui vont être envoyés par le Pentagone.
06:29Il y a le plan d'occuper l'île de Karg,
06:31qui est le dépôt pétrolier iranien par les Marines.
06:35Donc là, ça y est, ça va donner une occasion à Donald Trump
06:37de dire, allez, j'y vais encore plus fort.
06:38Il y a deux détachements de Marines qui sont en route.
06:40Effectivement, l'un, depuis le Japon,
06:43qui ne devrait pas tarder à être sur zone,
06:44comme disent les militaires.
06:46Les parachutistes, c'est une question d'heures.
06:48Mais depuis le début, la Maison-Blanche répète
06:51que, d'un point de vue militaire,
06:52pour elle, ce conflit se compte en semaines.
06:55Quatre à six semaines, a répété il y a quelques heures
06:58la porte-parole d'Alle Maison-Blanche, Caroline Leavitt.
07:01On est sur le point, Alain, d'entrer dans la cinquième semaine.
07:04Donc on voit bien qu'on arrive au bout
07:06de ce à quoi le président américain
07:11a pensé depuis le début,
07:13ce qu'il est prêt à tolérer,
07:15ne serait-ce que pour des raisons de politique intérieure.
07:18Donc il va falloir des résultats, effectivement, rapides.
07:20Et par ailleurs, ça peut sembler paradoxal,
07:23mais plus on avance vers les négociations,
07:26plus on tape fort en général.
07:27C'est finalement assez classique comme processus
07:29parce qu'on veut aborder les négociations
07:32dans la position la plus favorable possible,
07:34dans le rapport de force le plus favorable possible.
07:36En attendant, plus la guerre dure,
07:38plus l'angoisse porte sur les conséquences économiques
07:41avec cette crise énergétique
07:42qui touche finalement le monde entier.
07:44Alain Auvergeon, bonsoir.
07:45Vous êtes l'ex-président d'Areval,
07:47le nucléaire français,
07:48aujourd'hui présidente, fondatrice d'une société
07:49de conseil ALP.
07:51Tiens, quand Roland Lescure
07:53a parlé de nouveaux chocs pétroliers,
07:55il a fait une gaffe ou il a raison ?
07:57Mais il ne faut peut-être pas le dire maintenant.
07:58Ah, il s'est fait reprendre visiblement en coulisses.
08:02Il a dit non, non, je ne sais pas, non, non.
08:04Est-ce qu'il a raison ?
08:05Il a parlé de mettre en place un observatoire,
08:07ce que David Lysnard s'est gaussé
08:09en disant pourquoi pas, un numéro vert, etc.
08:14Est-ce qu'il a raison ?
08:15Tout va dépendre de la durée.
08:16Donc c'est trop tôt pour utiliser ce terme ?
08:18C'est trop tôt.
08:18Par exemple, si je prends le gaz,
08:20qui est quand même le plus impacté
08:21entre les destructions qui ont été faites au Qatar,
08:24le détroit d'Hormuz qui est fermé
08:26à la plupart des métaniers,
08:30le GNL est donc plus ou moins bloqué.
08:33Quand on regarde les prix aujourd'hui,
08:35on était à 30 euros le mégawatt-heure début de l'année,
08:38on est aujourd'hui à 55.
08:40Donc on a doublé.
08:41Vous allez me dire, on a doublé, c'est grave.
08:43Si vous vous rappelez la crise énergétique
08:47après le début de la guerre Russie-Ukraine,
08:51on était à 300 euros le mégawatt-heure.
08:54Donc on est allé sur des prix
08:56qui étaient infiniment plus importants.
08:58Alors on voit que le modèle français,
08:59il est quand même assez résilient.
09:00Pourquoi ?
09:01Parce que d'abord, en termes de gaz,
09:02on dépend beaucoup moins du GNL,
09:04du gaz naturel liquéfié qui arrive par métanier.
09:07Et on a beaucoup plus de relations long terme
09:10avec la Norvège, avec l'Algérie,
09:12la Russie historiquement,
09:14avec la Grande-Bretagne.
09:16Donc on a un système de réservoirs, etc.
09:20Donc le gaz, c'est moins grave.
09:23Deuxième élément très important pour nous,
09:25c'est que l'électricité qui est faite
09:27à partir de beaucoup de choses,
09:29eh bien on voit qu'en Allemagne,
09:32en Italie, c'est l'explosion des prix,
09:34parce qu'ils dépendent énormément du gaz.
09:37Nous, nous dépendons aujourd'hui en moyenne
09:39à 3% du gaz pour faire notre électricité.
09:42Alors c'est très dangereux,
09:43puisque ces 3% font les prix.
09:48Mais on a notre nucléaire.
09:50On a notre nucléaire, on a nos renouvelables,
09:52alors on fait quelque chose,
09:53on a notre hydraulique aussi,
09:54qui est formidable, nos barrages.
09:5795% d'électricité décarbonée,
09:58on est quand même un excellent élève de la transition.
10:03Oui, parce qu'on a un petit peu oublié à un moment donné,
10:05donc je pense que c'est bien de le dire.
10:08Mais le fait qu'on ait de plus en plus de renouvelables
10:11qui sont intermittents,
10:12il y a deux solutions pour remplacer cette intermittence.
10:15Il y a soit le gaz,
10:16qui était la solution classique jusqu'à peu,
10:18et puis de plus en plus le nucléaire.
10:20Ce qui fait que notre nucléaire oscille de plus en plus,
10:23et il n'est pas fait pour ça.
10:24Mais grosso modo,
10:25on peut dire qu'on est quand même en Europe de l'Ouest,
10:29parmi les mieux placés.
10:32Tout dépend de la durée du conflit.
10:34C'est vrai que là, on est à 26 jours,
10:36on va continuer de l'évoquer,
10:38mais on va d'abord voir Boris Karlamov à Doha, au Qatar,
10:41parce que pour le moment,
10:42le Qatar est épargné par les frappes iraniennes, Boris.
10:49Absolument.
10:50Certains pays du Golfe retrouvent une certaine stabilité.
10:53C'est notamment le cas du Qatar,
10:55puisque depuis désormais une semaine,
10:57aucun missile, aucun drone
10:59a été lancé sur cet état du Golfe
11:01depuis l'Iran.
11:03La dernière attaque en date ici,
11:05c'était contre le complexe gazier de Raslafan,
11:07dans la nuit de mercredi à jeudi dernier.
11:10Une double attaque de drones iraniens,
11:12qui avaient réduit de 17%
11:14la capacité du Qatar
11:16à exporter du gaz naturel liquéfié,
11:18et qui avaient entraîné
11:19une perte de revenus annuels
11:21estimée à 20 milliards de dollars.
11:24Les réparations, elles,
11:25prendront jusqu'à 5 ans.
11:27Signe que la vie reprend ici au Qatar
11:29depuis hier matin.
11:31Les écoles sont à nouveau ouvertes,
11:33les cours en présentiel reprennent
11:35de manière progressive.
11:37Hier toujours,
11:38les entreprises ont décidé
11:39de mettre fin au télétravail.
11:42Et il est désormais possible,
11:43depuis ce matin,
11:44d'organiser des événements
11:45sur la voie publique.
11:47Mais la situation est bel et bien différente
11:50dans les pays limitrophes au Qatar,
11:52notamment au Koweït,
11:53où là-bas,
11:54un réservoir de carburant
11:55de l'aéroport international de Koweït
11:57a notamment pris feu
11:58après avoir été visé
12:00par une attaque de drones iraniens
12:02la nuit dernière.
12:04La riposte iranienne,
12:06qui était très intense aujourd'hui au Koweït,
12:09puisque depuis ce matin,
12:1020 missiles balistiques
12:11ont été lancés depuis l'Iran.
12:1313 d'entre eux ont été interceptés.
12:15Pour les 7 autres restants,
12:16ils n'ont pas causé de dégâts.
12:19Notez également que 6 drones
12:20ont été interceptés
12:21par le système de défense aérien.
12:24L'Iran, qui affirme aujourd'hui,
12:26pour sa part,
12:26avoir attaqué 4 bases américaines
12:30utilisées dans cette région du monde.
12:332 au Koweït,
12:341 en Jordanie
12:35et 1 à Bahreïn.
12:37Quant à la situation
12:38aux Émirats arabes uniques
12:39qui payaient depuis le début de cette guerre
12:41en loup-tribu,
12:429 drones en provenance d'Iran
12:44ont été interceptés.
12:45Mais aucun missile balistique
12:48n'a été lancé depuis l'Iran
12:49contre les Émirats arabes uniques,
12:51ce qui est une première
12:52depuis le début de ce conflit,
12:54soit le 28 février dernier.
12:55Donc, autant d'éléments
12:56qui aujourd'hui nous démontrent
12:59que le Qatar est en train
13:00de retrouver une certaine stabilité.
13:02Mais on sait qu'au Moyen-Orient,
13:04ces périodes d'accalmie
13:05sont souvent bien précaires.
13:07La Boris Karlamov
13:08avec Marc Gossev
13:09en direct de Doha
13:09au Qatar.
13:10Mais général,
13:10Paris Saint-Denis,
13:10il y a toujours ces deux fronts.
13:12C'est-à-dire que là,
13:12on vient de parler
13:12des États-Unis et de l'Iran.
13:14Et puis, il y a le front libanais
13:15avec Israël
13:17qui a bien l'intention
13:19d'accélérer son offensive terrestre
13:21et de se débarrasser
13:22totalement du Hezbollah.
13:23Oui, là, il faut bien reconnaître
13:25qu'une guerre, deux théâtres
13:27et deux positions
13:28tout à fait différentes.
13:31Pour le front libanais,
13:33d'abord, les Israéliens
13:35n'ont pratiquement pas besoin
13:36de l'appui américain.
13:37C'est pratiquement leur précaré.
13:41Ils connaissent déjà le sud-Liban.
13:43Donc, on voit que là,
13:46quoi qu'il arrive,
13:47même s'il y a des négociations
13:48entre les États-Unis et l'Iran
13:50le week-end qui vient,
13:52la guerre sur le théâtre libanais
13:55va se poursuivre.
13:56C'est bien l'objectif
13:58d'éliminer la branche militaire
14:01du Hezbollah.
14:02Donc, ça, ça veut dire
14:03que ça va durer un certain temps.
14:06C'est la raison pour laquelle
14:07il y a une mobilisation
14:08de réservistes.
14:10Et compte tenu de la configuration
14:12et de la géographie,
14:14c'est en plus un combat
14:15qui implique essentiellement
14:16l'armée de terre
14:17moins l'aviation
14:20qui fait des frappes,
14:22mais c'est surtout un combat,
14:23on va dire,
14:23d'infanterie, d'artillerie.
14:26Et ce qui est très différent
14:27de ce qui se passe, bien sûr,
14:28sur le théâtre iranien.
14:29Mais bien ajouter...
14:30Pardon.
14:30Oui, c'est intéressant
14:31ce qui vient d'être dit
14:32sur le Qatar
14:33par votre correspondant
14:35parce qu'à la fois,
14:36je pense que l'Iran
14:37s'est rendu compte
14:37qu'il avait été un petit peu
14:39trop loin la semaine dernière
14:40avec Ras Lafane
14:41et que l'Iran et le Qatar
14:43partagent quand même
14:43le plus grand champ gazier au monde.
14:45L'Iran en a eu probablement
14:47le souvenir,
14:48mais surtout,
14:48je pense qu'il se laisse
14:49cette porte de sortie
14:50si à un moment ou à un autre
14:51on revient à une négociation
14:53et le Qatar n'est pas
14:54le plus mal placé
14:55dans la situation
14:56pour pouvoir à un moment ou à un autre
14:57rediscuter ou renégocier.
14:58Ce qui est très différent
14:59des Émirats et de l'Arabie saoudite
15:01qui poussent en ce moment
15:02au-delà de la proximité
15:03depuis les accords d'Abraham,
15:04mais qui poussent un peu
15:05probablement
15:06si les États-Unis se retirent
15:07à un moment ou à un autre
15:08à prendre le relais
15:09en soutien.
15:10On a un moment esquissé
15:11hier ou avant-hier
15:12le fait que l'Arabie saoudite
15:13et les Émirats pourraient enquiller
15:15dans les combats
15:16sous formes diverses et variées
15:18ou bombardements contre l'Iran
15:19ou en tout cas d'opérations
15:20soit de sanctions économiques
15:22sur les comptes
15:22des gardiens de la révolution
15:24ou autres.
15:24Mais on voit un peu
15:25cette dichotomie
15:26sur les monarchies du Golfe
15:27dont on a eu de cesse
15:28à chaque fois de s'interroger
15:29pourquoi elles n'étaient pas intervenues
15:31pour riposter
15:32contre les frappes iraniennes.
15:33À Tel Aviv,
15:34on retrouve Hugo Smag
15:35en direct pour BFM TV
15:37parce que c'est vrai
15:37qu'on parle de Donald Trump,
15:39président des États-Unis
15:40qui cherche la négociation
15:42et comme on vient de le dire,
15:44Israël continue de taper
15:45les cibles du Hezbollah
15:46au sud Liban.
15:50Oui, c'est ce qu'avait dit
15:51Netanyahou il y a deux jours
15:53lorsque Donald Trump
15:54avait évoqué
15:55pour la première fois
15:56ces négociations.
15:57Netanyahou lui avait dit
15:58qu'il continuerait
15:59à frapper
16:01à la fois l'Iran
16:03et le Liban.
16:03Et puis,
16:04on peut également parler
16:05de ces opérations
16:06au sol
16:07qui se déroulent
16:07à la frontière libanaise
16:09et directement maintenant aussi
16:10sur le territoire libanais.
16:12Ce soir,
16:13Benyamin Netanyahou
16:13a pris la parole,
16:14il a été interrogé,
16:16il ne parle absolument pas
16:17de ces négociations
16:17entre les États-Unis
16:18et l'Iran.
16:19En revanche,
16:20il parle effectivement
16:21des combats au sol
16:22qui continuent
16:23au niveau
16:24de la frontière libanaise.
16:25Il explique que désormais,
16:26ils ont créé
16:27une zone tampon
16:29qui permet d'avoir
16:30une meilleure sécurité
16:31et éviter toute invasion
16:33de la part,
16:34invasion terrestre,
16:35pardon,
16:36de la part du Hezbollah.
16:37Donc ça,
16:37c'est ce qu'il a dit
16:38ce soir.
16:39Il explique ensuite
16:39qu'ils vont continuer
16:42à avancer
16:42dans le territoire libanais
16:43afin de se mettre
16:45en sécurité
16:45de tout tir de char
16:47qui pourrait mettre
16:48en danger la communauté.
16:50C'est une citation
16:51de Benjamin Netanyahou
16:53ce soir
16:53qui avait pris la parole.
16:55Donc effectivement,
16:56malgré ces négociations
16:57entre les États-Unis
16:59et l'Iran,
16:59Benyamin Netanyahou,
17:00lui, continue sa guerre
17:01sur les deux fronts,
17:02à la fois sur l'Iran
17:03et le Liban.
17:05Merci Hugo Smag.
17:05Est-ce qu'on peut imaginer
17:07un partage des rôles ?
17:08C'est-à-dire que pendant
17:08que Trump parle de négociations,
17:10les Israéliens continuent
17:11d'ailleurs des frappes
17:12pas uniquement sur le Sud-Liban,
17:12ils ont frappé aussi
17:13l'Iran aujourd'hui.
17:15Ou est-ce qu'au contraire,
17:16on s'aperçoit
17:17qu'il y a deux objectifs
17:19de guerre différents ?
17:20C'est-à-dire qu'Israël
17:21voudrait vraiment se débarrasser
17:22définitivement du régime
17:23des Mola
17:24qui les menace
17:25alors que Trump,
17:27maintenant,
17:27voudrait mettre fin
17:28tout simplement
17:29à ce conflit ?
17:30Il est possible effectivement
17:31qu'on retrouve
17:31la configuration
17:32de l'an dernier.
17:33Rappelez-vous
17:33ce qu'on appelait
17:34la guerre des 12 jours.
17:35Elle s'est quand même terminée
17:36parce que les Américains
17:37ont sifflé un peu
17:38la fin de la partie
17:38et ont indiqué au régime
17:41enfin M. Netanyahou
17:42qui ne voulait pas
17:43continuer la guerre.
17:45Depuis le début
17:45des opérations militaires,
17:47on glosse beaucoup
17:48sur la différence
17:49qu'il y a
17:49entre les objectifs israéliens
17:50et les objectifs américains.
17:51Alors oui,
17:52c'est vrai que c'est possible,
17:53ce n'est pas la même géographie,
17:54ce n'est pas la même politique.
17:55En même temps,
17:55ce qu'on observe quand même,
17:56c'est qu'il y a
17:57une étroite imbrication
17:58des appareils militaires
17:59israéliens et américains.
18:01Les opérations se font
18:02vraiment avec un partage
18:04d'informations total
18:05entre les deux alliés.
18:06Et en réalité,
18:08Américains et Israéliens
18:09ont toujours eu
18:10le même objectif
18:11qui est tout double.
18:11C'est-à-dire,
18:12vous avez le changement
18:13de régime
18:13qui est l'option maximaliste
18:14et puis,
18:15si ça ne marche pas,
18:16l'affaiblissement de l'Iran
18:17jusqu'au prochain tour
18:19de conflit.
18:21Alors,
18:21est-ce que les éléments
18:23qui apparaissent
18:24semblent indiquer
18:25une évolution
18:26vers un scénario minimaliste
18:27voire même un cessez-le-feu ?
18:28C'est possible ?
18:29C'est vrai que je reviens
18:29à ce qui a été dit
18:30sur le Qatar.
18:30C'est intéressant
18:31parce que le fait
18:32que le Qatar ne soit plus
18:33attaqué depuis quelques jours,
18:35il retrouve cette posture
18:36de médiation
18:37qui a été la sienne
18:37entre l'Iran
18:38et les Occidentaux
18:39depuis plusieurs décennies.
18:41Maintenant,
18:42il y a peut-être
18:43une autre histoire
18:43à raconter.
18:44Peut-être aussi
18:45que les Qataris
18:47ont donné aux Iraniens
18:48des choses
18:48qui les intéressent,
18:49par exemple,
18:51de l'argent
18:51ou des assurances
18:52sur le fait
18:53qu'ils n'allaient pas
18:53utiliser la force.
18:54Je rappelle quand même
18:55que le Qatar abrite
18:56la principale base
18:57militaire américaine
18:59de la région.
18:59Donc, il y a quelque chose
19:00un peu paradoxal,
19:01si vous voulez,
19:01à épargner ce pays
19:03où la base militaire
19:04joue un rôle
19:04certainement important
19:05dans les opérations
19:06contre l'Iran.
19:07Anne Vergeant ?
19:08Je crois qu'il y a
19:08un but de guerre
19:09supplémentaire pour Israël
19:10qui est,
19:11au-delà de la problématique
19:12Hezbollah,
19:14la bataille de l'eau.
19:15Le Liban Sud,
19:16c'est la réserve d'eau.
19:18Et, je dirais,
19:21avoir cette provision
19:22en main
19:23est un sujet
19:24pour les décennies à venir
19:25absolument considérable.
19:27Ça veut dire
19:27occuper le sud-liman.
19:30Exactement.
19:31C'est une guerre
19:32de communication aussi,
19:33Thierry Arnaud,
19:34avec le front énergétique,
19:35il y a le front militaire,
19:36et puis,
19:37avec la mondialisation,
19:39la médiatisation,
19:41chacun y va
19:41de ses déclarations
19:42aussi pour montrer
19:43où il fait des efforts,
19:44où il va taper fort.
19:44Oui, et c'est pour ça
19:45qu'il ne faut pas avoir
19:46une lecture trop littérale
19:47à la fois de ce qu'il y a
19:48dans le plan américain,
19:49du reflux par les Iraniens,
19:52de ce plan,
19:52des contre-propositions iraniennes.
19:54Ce qu'il faut retenir
19:55de tout ça, je crois,
19:55c'est qu'on est dans le début
19:56d'une forme de dialogue
19:57par interlocuteur interposé,
19:59mais il y a un début d'échange.
20:01On est en train
20:01de poser des jalons
20:04de part et d'autre.
20:05Et les États-Unis,
20:07on le sait depuis le début,
20:09veulent une issue victorieuse
20:11à un conflit court,
20:13et le régime sent bien
20:14que s'il y a la possibilité
20:17de s'en tirer en survivant,
20:20il faut saisir cette occasion-là.
20:22Et ça, ce sont les paramètres
20:23qui sont les principaux paramètres
20:26qui, en toute logique,
20:28poussent vers la possibilité
20:30d'un accord.
20:31Alors, il faut dire ça
20:31avec beaucoup de prudence.
20:32On voit bien que les points de vue
20:33sont encore très éloignés.
20:34Encore une fois,
20:35on en est au début d'un processus.
20:37Mais encore une fois,
20:38d'un côté,
20:39Trump veut gagner vite.
20:39De l'autre,
20:40le régime iranien veut survivre.
20:42Et c'est la rencontre
20:43de ces intérêts
20:44qui peut produire
20:45une issue à ce conflit.
20:46Mais personne n'a intérêt
20:47à une guerre longue
20:47dans cette région
20:49ô combien importante
20:51du point de vue énergétique,
20:53du transit,
20:54du commerce international,
20:55Madame Louvergeon ?
20:55Absolument.
20:56Il suffit de regarder
20:57une carte
20:58et voir ce qu'est
20:59le détroit d'Ormuz,
21:00qui était d'ailleurs
21:00historiquement une colonie portugaise
21:02qui prenait son écho
21:05sur tout ce qui passait,
21:06comme quoi les choses
21:07sont de long terme.
21:09Non, je dirais
21:10que le président Trump,
21:10il a intérêt
21:11à ce que ça s'arrête.
21:13Parce que le prix du pétrole
21:14et du gaz
21:15a beaucoup augmenté
21:16aux Etats-Unis.
21:17Alors, quand on dit beaucoup,
21:18ça n'a pas doublé.
21:20Mais vu par des...
21:21Ressenti par des Américains,
21:23c'est quelque chose
21:23d'insupportable.
21:24Surtout que le discours Trump
21:26a été de dire
21:27on va faire la guerre
21:28pour arrêter
21:29la menace iranienne,
21:30mais aussi,
21:31on va devenir
21:31les maîtres mondiaux
21:33de l'énergie.
21:34Maître mondial de l'énergie
21:36et puis paf,
21:37on paye de plus en plus cher.
21:39Il y a les élections
21:39de mid-terms.
21:41Il faut arrêter
21:42l'inflation dans les stations
21:43de France.
21:44Parce qu'en général,
21:45les élections intermédiaires américaines
21:46sont toujours perdues
21:47pour le pouvoir en place.
21:47Je pense que la responsabilité
21:49de Thierry Arnaud.
21:51Merci.
21:53Juste en rebond,
21:54moi je suis un peu moins optimiste
21:55sur le fait que ça soit court
21:55parce que vous avez quand même
21:57là des enjeux existentiels
21:58pour les Iraniens.
21:58Qu'est-ce qu'on appelle court aussi ?
22:00Voilà, pour les Américains,
22:01je crois que le camp républicain
22:03continue de soutenir
22:04le président Trump.
22:05Pour Israël,
22:06parce qu'on est quand même
22:06dans cette logique
22:07de renversement
22:08de la situation au Moyen-Orient.
22:09Et puis, on n'a peut-être
22:10pas suffisamment parlé
22:11pour les États du Golfe
22:12parce que ce qui s'est passé
22:13avec les frappes sur Dubaï,
22:14l'arrêt des exportations pétrolières,
22:16c'est en fait tout le modèle
22:17de développement choisi
22:18par ces États
22:19depuis plusieurs décennies
22:20qui est remis en question.
22:21Et donc,
22:22même s'ils ne peuvent pas le dire,
22:23ils le disent peut-être
22:25discrètement,
22:25ils ont eux aussi adhéré
22:27à l'idée de changement
22:29de régime en Iran.
22:30Merci à tous.
22:31Merci pour ces précisions.
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