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  • il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00En attendant, la guerre continue, la guerre en Iran, la guerre menée par les Américains, menée par Israël.
00:06Regardez ce qui s'est passé à Beyrouth aujourd'hui, les ciblages par l'armée israélienne,
00:10ciblage d'un immeuble dans la zone de l'aéroport et qui, c'est ce qu'a dit Israël,
00:16il fallait évacuer tout le quartier parce que c'est un immeuble du Hezbollah.
00:39On va retrouver Nicolas Kouadou en direct pour BFM TV.
00:43Ce sont des scènes habituelles. Israël prévient et ensuite Israël frappe, Nicolas.
00:50Oui, absolument. C'est vrai que l'image est extrêmement impressionnante,
00:53mais ce qui permet d'avoir ces images amateurs très nombreuses de différents angles.
00:57Effectivement, c'est parce que la plupart du temps, Israël lance un avis d'évacuation sur des zones plus ou
01:02moins larges,
01:03s'adressant directement à la population libanaise, en arabe, via les réseaux sociaux notamment,
01:08ou via des messages envoyés sur leur téléphone portable pour leur dire d'évacuer totalement le quartier.
01:12Et c'est exactement ce qui s'est passé avec cet immeuble dont vous venez de diffuser,
01:15la destruction qui est intervenue il y a maintenant quelques heures.
01:19On est dans la banlieue sud de Beyrouth, pas forcément le quartier d'Arie, Fief du Hezbollah,
01:23mais une autre zone contrôlée également par l'organisation chiite qui se situe le long de l'autoroute qui mène
01:29à l'aéroport.
01:30C'est une zone qui est régulièrement ciblée par l'armée israélienne.
01:34Et donc, cette frappe assez impressionnante, ce bombardement de l'aviation israélienne a totalement détruit cet immeuble.
01:41Ce n'est pas la seule frappe qu'on a pu observer aujourd'hui.
01:43Il y en avait une autre un petit peu plus tôt, cette fois en plein cœur des quartiers sud,
01:48dans cette plate-forte du Hezbollah.
01:50Il y avait également eu, pour le coup, une alerte pour que les habitants puissent évacuer.
01:54Seulement, cette alerte est intervenue seulement 10 minutes avant la frappe,
01:58ce qui laisse très peu de temps aux habitants de pouvoir évacuer justement cette zone-là.
02:04Il y a eu encore une troisième frappe aujourd'hui.
02:05Cette fois, c'est les quartiers nord qui ne sont pas du tout des fiefs du Hezbollah.
02:10Une frappe sans avertissement qui a visé un bâtiment à proximité d'un parking.
02:14Là aussi, les images sont assez impressionnantes.
02:16Mais selon le premier bilan du ministère de la Santé libanais, il n'y a peu eu de victimes.
02:21Voilà, Nicolas Kouadou avec Théo Touché en direct de Beyrouth pour BFM TV.
02:24Marion Buchet est avec nous.
02:25Bonsoir madame, vous êtes une ancienne pilote de Mirage 2000.
02:28Ce missile est tiré depuis un avion de chasse ?
02:30Oui, très probablement.
02:32Alors, ça va un peu vite quand même sur l'image.
02:34On va vous la remonter, l'image.
02:37Oui, voilà.
02:39Donc, c'est un avion de chasse qui a quelle distance ?
02:42Alors, ça dépend un peu de l'armement qui est utilisé et du type de guidage.
02:46Bon, très certainement, on est sur des bombes guidées pour être assez précis.
02:50Donc, soit guidées laser, soit guidées GPS.
02:53Guider GPS, c'est plus gênant si les forces au sol mettent en place du brouillage.
02:58Donc, c'est vrai que c'est intéressant d'avoir les différents systèmes pour pouvoir pallier les contre-mesures mises
03:02en place par l'ennemi.
03:04Donc, après, on peut être…
03:07Si on est sur des bombes, c'est relativement proche, on va dire, entre 10 et 20 kilomètres.
03:11Si on est sur des missiles, c'est un peu plus long.
03:13C'est très précis.
03:14Alors, c'est très précis.
03:15Arrive-t-on à une telle précision ?
03:16Alors, si vous guidez laser, c'est facile.
03:18Vous illuminez avec un pod qui est soit au sol, soit sous l'avion et avec une tâche.
03:24Et vous guidez extrêmement précisément la bombe vers l'endroit où vous voulez…
03:26Avec un laser.
03:27Avec un laser.
03:28C'est le pilote qui le fait.
03:29Alors, ça peut être le pilote, ça peut être un drone ou ça peut être des forces qui sont au
03:32sol
03:32et qui disposent d'un appareil qui va pouvoir illuminer l'endroit qu'on doit viser.
03:39Donc, ensuite, la bombe dispose d'un kit qui lui permet de voir où est cette tâche.
03:44Mais pour bien repérer l'endroit qu'on veut bombarder, on se base bien sûr sur du renseignement avant ?
03:50Oui, tout à fait.
03:51Donc, c'est le cycle des frappes, c'est-à-dire qu'il faut du renseignement qui est ensuite traité
03:56par les services
03:57qui définissent des objectifs qui vont être prioritaires, qui vont être traités par les forces aériennes
04:03et derrière du renseignement pour savoir si l'objectif a été effectivement traité ou pas traité.
04:08Et Israël procède toujours de la même manière, Ulysse Gosset.
04:12On prévient, on frappe dans le cadre de la lutte qui est menée contre tout ce qui est plus ou
04:17moins lié au Hezbollah.
04:18Alors, on prévient la plupart du temps, mais parfois on ne prévient pas.
04:22Là, on l'avait prévenu.
04:23Oui, mais ce n'est pas toujours le cas.
04:25Vous me posez la question, il y a eu des cas de frappes ciblées contre notamment des appartements dans Beyrouth
04:30ou à l'extérieur de Beyrouth au sud du Liban, où les frappes sont intervenues sans que les populations n
04:35'aient été prévenues.
04:36Mais c'est vrai que la pratique générale de l'armée israélienne, c'est d'annoncer la frappe soit par
04:41des tracts,
04:42soit par une première frappe qui est une frappe non létale,
04:46mais qui donne l'indication qu'il va y avoir une autre frappe
04:49et ce qui donne théoriquement le temps à la population de sortir des bâtiments.
04:55Mais qu'est-ce qu'on vise ?
04:55Parce que si on prévient, le Hezbollah a aussi le temps d'évacuer ce qui est visé peut-être.
05:00Ça dépend le type de bâtiment visé.
05:04Si c'est une frappe, encore une fois, une frappe ciblée, ça change un peu la donne effectivement.
05:08Mais il y a des annonces qui sont faites qui peuvent aller jusqu'à 20 minutes, 30 minutes avant la
05:15frappe
05:15pour que le bâtiment soit entièrement vidé s'il s'agit d'un bâtiment entier.
05:19Là, pour ce qui est de ce bâtiment-là, je ne sais pas combien de temps avant la population était
05:24prévenue.
05:24Une à deux heures, on le disait tout à l'heure.
05:26Oui, à vérifier.
05:28Mais en tout cas, effectivement, la politique suivie officiellement par Israël, c'est de prévenir avant de frapper.
05:35Et on voit que l'impact de cette bombe est tel, de cet objectif atteint est tel que ça provoque
05:42des dégâts.
05:43Et il faut effectivement souhaiter que la plupart des gens qui se trouvaient à l'intérieur,
05:47qui ne sont pas la cible d'Israël, soient en mesure d'évacuer à temps.
05:51Mais est-ce que les objectifs sont atteints par Israël ? Parce que le chef du Hezbollah est toujours vivant.
05:55Alors, les frappes sont quotidiennes, multiples par centaines.
05:59David Rigoledoz, mais est-ce que le Hezbollah est en phase d'être éliminé ?
06:04Ah ben ça, c'est tout le problème. C'est le piège de l'opération au Liban.
06:08Parce que de toute façon, comment éliminer définitivement le Hezbollah ? Ce n'est pas possible.
06:14Donc, le problème, l'enjeu aujourd'hui, c'était en arrière-plan la question du désarmement du Hezbollah.
06:20Pourquoi on ne peut pas l'éliminer ? Parce que le Hezbollah, quoi qu'on en dise,
06:23est quand même une expression spécifique de la communauté chiite libanaise.
06:27Ce n'est pas un corps étranger au Liban, le Hezbollah.
06:29Même si effectivement, c'est une milice armée, c'est le problème d'ailleurs.
06:32Mais c'est aussi un mouvement politique.
06:33Et c'est aussi un mouvement politique. Il y a des députés au Parlement, etc.
06:37Simplement, il a un agenda qui est indexé sur celui de Téhéran.
06:39Donc, c'est le problème parce qu'il y a une schizophrénie qui hypothèque effectivement l'exercice de la souveraineté
06:44libanaise.
06:45Et on voit à quel point les tensions sont très très fortes aujourd'hui.
06:47Parce qu'en plus, il y a une migration de population qui vient du Sud.
06:51Israël a dit qu'elle n'aurait pas la possibilité de retourner à brève échéance, voire moyenne échéance.
06:56Ce qui veut dire qu'il y a une espèce de poussée démographique qui est en train de comprimer le
07:01nord du pays
07:02avec des tensions intercofessionnelles sous-jacentes qui peuvent devenir...
07:08– Dans un pays qui est déjà très fragile.
07:10– Qui est déjà très fragile. Et chose nouvelle aujourd'hui,
07:13beaucoup de Libanais reprochent justement au Hezbollah d'être intervenus le début mars,
07:19aux côtés de Téhéran.
07:22Ils reprochent à Israël, évidemment, d'avoir comme...
07:25Mais désormais aussi au Hezbollah.
07:27Souvent, j'ai fait la référence à la une de Lorient le jour,
07:31qui avait titré effectivement Liban suicide à cause du Hezbollah.
07:35Donc aujourd'hui, il y a vraiment un reproche nouveau qui est fait au Hezbollah.
07:43Et il y a même des doutes dans la communauté chiite du Hezbollah,
07:46qui commencent à trouver que le prix à payer est quand même très fort,
07:50alors qu'ils sont malgré tout quand même Libanais.
07:53– Alors, on voyait ces frappes sur Beyrouth, sur les cibles visées par Israël.
07:58Il y a des frappes en ce moment-là, où il y a quelques minutes,
08:00dans le centre de Téhéran, si à Vosghazi est sur place pour BFM TV.
08:05Plusieurs frappes qui ont touché le centre de la capitale iranienne.
08:09– On a entendu des détonations, mais de là où je suis,
08:13je n'ai pas pu savoir s'il s'agissait de frappes
08:17ou des batteries antiaériennes qui étaient entrées en action.
08:21J'ai vu les traces des batteries antiaériennes.
08:27Il y a également en ce moment même 5 ou 6 drones visibles dans le ciel
08:33à une très haute altitude, donc sur la capitale,
08:37des drones immobilisés sur la capitale iranienne.
08:43Normalement, ce genre d'opération commence un peu plus tard.
08:47Ce soir, ça a commencé un peu plus tôt.
08:49Je n'ai pas entendu dans mon quartier de frappes, de détonations,
08:53qui me permettraient de dire qu'il y a eu effectivement des frappes.
08:56Ce que moi j'ai entendu, c'était plutôt des batteries antiaériennes.
09:00Mais il se peut que dans les quartiers un peu plus au sud,
09:04il y ait eu des frappes, effectivement, cela est parfaitement possible.
09:08Les médias iraniens ne donnent pas pour la sonde d'information.
09:10Il y a ce matin dans la nuit, une frappe qui a visé une usine pharmaceutique
09:19spécialisée dans la production de médicaments pour les malades de cancer
09:22et des malades, par exemple, qui ont l'OMS.
09:26Et donc, l'usine a été totalement détruite dans la région de Téhéran.
09:33Et le ministre des Affaires étrangères a affirmé dans un tweet,
09:37avec la photo de cette usine détruite, qu'Israël sera puni pour ce crime.
09:43Je cite donc ce crime qui a été commis, qui a touché une usine,
09:48qui produit des médicaments pour les malades du cancer et les malades qui ont l'OMS.
09:53– Siavosh Ghezi en direct de Téhéran pour BFMTV, dans tous les cas,
09:57l'agenda américain et l'agenda israélien continuent d'être respectés.
10:01Mais on a entendu aussi aujourd'hui aux États-Unis l'agacement de Donald Trump
10:05vis-à-vis des alliés, ça c'était sur son réseau social.
10:08Quant à son secrétaire d'État à la Défense, il a annoncé que les jours prochains
10:12allaient être déterminants.
10:14On va essayer de comprendre pourquoi cette nouvelle prise de parole.
10:17– Les prochains jours seront décisifs, et l'Iran le sait.
10:21Et il n'y a pratiquement rien à faire militairement.
10:24Oui, ils tireront encore quelques missiles, mais nous les abattrons.
10:29Les dernières 24 heures ont d'ailleurs vu le plus faible nombre de missiles
10:33et de drones ennemis tirés par l'Iran.
10:36– Alors, c'est vrai qu'on va voir pourquoi ils seront décisifs.
10:40Qu'est-ce que les Américains peuvent faire ?
10:41Ça veut dire quoi ? C'est une invasion au sol ?
10:43Une attaque au sol qui se prépare ?
10:45– Andy Yalouz, vous êtes, je le rappelle, l'avocat franco-américain
10:48et représentant des Républicains ici en France, le parti de Donald Trump.
10:52– Là, je pense que ça fait partie de sa stratégie.
10:55Peut-être qu'il envisage l'invasion terrestre de l'île,
11:01peut-être qu'il envisage une forme de sortie,
11:04peut-être qu'il prévoit autre chose,
11:07mais c'est du Donald Trump, du classique.
11:10il vous laisse dans l'imprévisibilité qu'on a connue depuis le début de cette guerre.
11:16Aujourd'hui, on a dit que c'est dans quelques jours,
11:19il y a trois semaines, il a dit que c'est dans quelques jours,
11:21on va attaquer dans trois jours.
11:23– Mais c'est un aveu de fébrilité, de fragilité ?
11:26– Vous savez, Trump essaie de gagner du temps pour trouver le meilleur moment.
11:34Dans le contexte actuel, qu'est-ce qu'il essaie de faire expliquer ?
11:39Trump envisage, si on voit ce qui s'est passé en Europe,
11:45il souhaite prévoir un désengagement dans l'Europe,
11:49au niveau militairement, au niveau de l'OTAN, et ça, ça fait partie.
11:53C'est aussi dans son projet, au niveau du Proche-Orient,
11:56qu'il souhaite qu'éventuellement, il y aura un arrangement sécuritaire
12:00qui sera remis, soit avec le pays du Golfe et Israël,
12:04pour gérer la sécurité au niveau du Golfe.
12:07À ce moment-là, aujourd'hui, il y aura un arrangement qui sera prévu.
12:11Parce qu'aujourd'hui, les vrais objectifs de Trump,
12:15c'est la Chine et avoir aussi militairement pouvoir libérer
12:21des ressources militaires et économiques pour pouvoir renforcer
12:25sa position de négociation avec la Chine.
12:28Parce qu'aujourd'hui, Trump a pu contrôler par ses manœuvres,
12:32soit avec le Venezuela, soit avec l'Iran, 17% des réserves en pétrole
12:37qui vont vers la Chine.
12:40Et dans quelques semaines, il va voir M. Yi et il va négocier un deal.
12:44Il a dit « Maintenant, tout le monde peut acheter du pétrole des Américains. »
12:47Et aujourd'hui, il y aura un accord…
12:48Donc, c'est uniquement une histoire de gros sous, alors ?
12:50Non, c'est stratégique.
12:51Oui, c'était pour faire tomber le régime, éloigner la menace nucléaire.
12:52Non, non, non, ce n'est pas une question de gros sous.
12:54C'est une manœuvre stratégique.
12:57On a besoin des terres rares, que la Chine a 90% des terres rares.
13:01Donc, il avait besoin des cartes, des négociations avec la Chine.
13:05Non, géopolitique.
13:07Parce qu'aujourd'hui, pour pouvoir négocier avec la Chine,
13:09on ne négocie pas si on n'a pas de carte.
13:11Donc, c'est ça, les cartes avec lesquelles ils jouent.
13:15Alors, on va aller aux États-Unis et retrouver Antoine Lahr pour BFMTV.
13:18Parce que, je le disais, Donald Trump s'est agacé aussi sur son réseau social.
13:21Il s'en est pris à ses alliés, à la France notamment, et les a accablés de reproches.
13:28Oui, à la France, à qui il reproche d'avoir fermé son espace aérien aux avions militaires américains.
13:35Trump dit qu'il s'en souviendra.
13:37Il reproche aussi à la France d'avoir été peu utile dans cette guerre contre l'Iran.
13:42Donald Trump...
13:43Alors, cette information a été démentie par la France.
13:46La Maison-Blanche, qui a été sollicitée pour des explications par BFMTV, n'a pas vraiment répondu,
13:50n'a pas souhaité faire de commentaires plus approfondis,
13:53en renvoyant simplement au message que Donald Trump a posté à ce sujet sur son réseau social.
13:57Au-delà de la France, on voit que Trump peut aussi très remonter contre les pays européens et asiatiques
14:02qui utilisent le détroit d'Hormuz et qui, selon lui, ne sont pas assez courageux
14:06pour aller sécuriser le passage des navires.
14:09Donald Trump estime que ces pays vont devoir se débrouiller seuls.
14:13Allez chercher votre pétrole.
14:15Les Etats-Unis ne seront pas toujours là pour vous.
14:17Voilà ce qu'il a écrit ce matin sur son réseau social.
14:19Trump explique que les Etats-Unis importent très peu de pétrole qui passe par le détroit d'Hormuz
14:23et que les pays qui en ont vraiment besoin doivent finalement prendre les choses en main.
14:27Le scénario qui est en train de se dessiner, c'est celui d'un Donald Trump qui décide d'arrêter
14:31la guerre
14:32sans régler la question du détroit d'Hormuz.
14:35C'est un scénario que Trump a envisagé ici à la Maison-Blanche avec ses conseillers.
14:39Et qui semble prendre corps.
14:41En fait, Donald Trump a fixé un calendrier très précis pour cette guerre.
14:44Quatre à six semaines de combat.
14:45Il tient absolument à ce que ces délais soient respectés.
14:48Et il sait bien que sécuriser le détroit d'Hormuz, ça prendra bien plus de temps.
14:52Ça risque de faire dérailler son calendrier.
14:54Et c'est pour cette raison que désormais, il se fixe des objectifs plus atteignables
14:57sur les missiles, sur le nucléaire ou encore sur la marine iranienne qu'il souhaite détruire.
15:03Et quand Donald Trump fait des messages de ce type et qu'il se reprend à ses alliés,
15:07c'est aussi le signe qu'il est face à une impasse, qu'il n'a pas de solution
15:11et qu'il en a bien conscience.
15:12Et c'est pour ça qu'il rejette un peu la faute sur les autres pays.
15:15Voilà Antoine Larmé.
15:16Ulysse Gossé, la France a répondu aux attaques, aux critiques de Donald Trump.
15:19L'Élysée !
15:19D'abord, on s'étonne, on s'étonne de ce message de Donald Trump et on réaffirme
15:25que la France a parfaitement rempli ses engagements et d'ailleurs en disant qu'il y a eu depuis
15:31un mois des appareils américains de soutien logistique qui se sont posés sur deux bases
15:37en France, dont la base d'Istre, des avions CK-135 et ce sont des avions effectivement
15:43de transport.
15:44Par contre, la France précise qu'elle n'a pas autorisé les avions de combat à survoler
15:51la France.
15:51Vous voyez la nuance.
15:54C'est quoi ces avions de combat ?
15:55Ça peut être des B-52, ça peut être des avions de chasse, je ne sais pas, je n'ai
16:00pas le détail de l'information.
16:02Il faut bien comprendre, on accepte les avions américains qui s'occupent de la logistique
16:07mais on ne veut pas d'avions de combat au-dessus d'un territoire.
16:11Voilà, la France n'autorise pas le survol des avions de combat en affirmant d'ailleurs
16:16qu'ils peuvent contourner la France et que ça ne provoque pas…
16:18Et des avions de livraison d'armes notamment à destination d'Israël.
16:22La France s'étonne parce qu'elle dit qu'elle n'a pas changé de position.
16:25Donc sur les avions à destination d'Israël, elle n'a pas communiqué mais c'est surtout
16:31sur les avions qui sont liés au conflit.
16:33Visiblement, c'est ce que Benjamin Petrobert nous expliquait, du côté d'Israël, on est
16:36très en colère contre la France sur ce sujet.
16:38Oui, mais ça, il y a Trump d'un côté et Israël de l'autre.
16:40Ailleurs, il y a aussi une polémique et une fâcherie entre Israël et la France, Israël
16:44ayant dit qu'elle n'autoriserait plus la vente de matériel technologique à la France
16:49et on sait que les Israéliens en matière de cybersécurité et de technologie sont extrêmement
16:55avancés et peuvent effectivement être intéressants pour l'armée française.
17:01Donc ça pose un vrai problème.
17:03Mais ce n'est pas la même chose.
17:04Trump, il se fâche surtout parce qu'il n'a pas été entendu par les alliés de l'OTAN
17:09pour venir libérer le détroit d'Hormuz.
17:11Et ça, il s'est lâché ce matin, on peut le dire, sur ses messages, contre la France
17:15sur le survol des appareils mais aussi contre tous ces pays européens qui ne veulent pas
17:20avoir le courage d'aller dans le détroit d'Hormuz et qui se débrouillent tout seuls.
17:24Et ça vise l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne mais aussi l'Italie qui a également
17:29refusé le survol de son territoire.
17:31– C'est un aveu de faiblesse aussi pour Trump ou pas ?
17:33– C'est le signe d'un agacement manifeste, oui.
17:37Et en l'occurrence, effectivement, la position française est inchangée puisqu'elle a été
17:40rappelée par l'Elysée.
17:42À savoir que ça tient aussi au fait que la France ne veut pas être justement…
17:47– Impliquée dans le conflit.
17:49– Impliquée et donc ne veut pas être en situation de cobelligérance plus ou moins
17:52implicite.
17:53Donc en maintenant…
17:54– Mais c'est une ligne de crête quand même.
17:55– Oui, c'est une ligne de crête mais elle est cohérente quand même.
17:58Elle est cohérente, effectivement, notamment par rapport aux avions de combat, c'est pas
18:01la même chose que de laisser passer des avions de ravitaillement ou… donc de ce point
18:06de vue-là, il y a une certaine cohérence.
18:07– Par exemple, si on laisse passer des avions de livraison d'armes, de munitions, ça pose
18:14pour problème aussi parce que là, ça veut dire qu'on pourrait accuser la France de
18:16participer au conflit.
18:17– Oui, alors c'est pas établi.
18:19Pour l'instant, c'est plutôt des avions de ravitaillement.
18:21On parlait notamment d'essence, etc., le KC-135, des choses comme ça, mais c'est
18:26pas des avions de combat.
18:28– Mario Moucher, vous qui avez piloté ces avions…
18:31– Alors pas ceux-là, parce que moi, pour le coup, c'est des avions de combat, mais
18:34en fait, effectivement, pour l'instant, on a des C-17 et des KC-135 qui sont stationnés
18:39à Istres et à Avor, qui sont des avions de soutien.
18:42La France, elle a une position depuis le début qui est très claire, c'est qu'elle va…
18:45son action au Moyen-Orient sera de défendre nos intérêts et d'aider nos alliés avec
18:50lesquels on a des accords de défense.
18:52Israël est quand même assez osé de nous en vouloir au sujet de cette livraison d'armes
19:03vu qu'ils ont visé des forces françaises de la finule ce week-end, à trois reprises.
19:08– Ils démentent.
19:09– Ils démentent, mais bon, je pense que l'avantage de la France, c'est qu'on a
19:14une appréciation autonome de la situation, et c'est toute notre force, et que donc
19:17on a des gens sur place qui sont capables de faire…
19:19– Qui peuvent confirmer.
19:20– Exactement, on sait d'où viennent les informations.
19:24Donc ça, c'est quand même assez osé de leur part.
19:26Sur Donald Trump, on a quand même, depuis le début de la guerre en Ukraine, l'habitude
19:31qu'il écrive son histoire aussi, donc cette histoire de remise en cause de la position
19:35française sur le passage des avions.
19:37Le seul moment où, à ma connaissance, on n'a pas laissé passer d'avion, c'était
19:40pendant l'exercice poker, qui est un exercice nucléaire, pendant lequel on utilise
19:44tout l'espace aérien français.
19:45Donc c'est le seul moment où on leur a refusé le passage.
19:47– Et je veux savoir simplement, comme pilote, à quel moment on vous dit, là, vous ne passez
19:50pas au-dessus de la France, où vous changez votre route, c'est dès le départ, ou à
19:54un moment où vous entendez, non, c'est bon, tu dévis ta route ?
19:56– Alors, normalement, on dépose un plan de vol dans lequel on demande une clairance
20:00diplomatique, et les avions français le font aussi quand ils survolent les espaces
20:04aériens étrangers, même en Europe.
20:06Donc on a des clairances parfois un peu automatiques quand c'est de l'entraînement,
20:10mais effectivement, quand c'est pour des avions d'armes, on doit le demander.
20:13Donc là, il y a deux options, soit la clairance est refusée, et on le sait, au dépôt
20:17du plan de vol, ou quand on appelle aussi, on appelle en général les bases
20:20sur lesquelles on va se poser, soit, effectivement, on la prend en vol,
20:24ce qui est un peu plus gênant.
20:26Maintenant, les pays sont souverains dans leur espace aérien, et c'est un cas
20:29qu'on doit prévoir.
20:30– D'accord, et comment ça se passe quand c'est en vol ?
20:33– Donc on va devoir prévoir un déroutement sur un terrain, alors ça, c'est pareil,
20:39c'est des cas qu'on prévoit, alors c'est extrêmement rare de se retrouver bloqué,
20:43parce que vous savez que si vous ne pouvez pas vous poser dans un pays,
20:46vous avez certainement l'autorisation d'aller dans un autre, donc vous prévoyez
20:49des terrains de déroutement, et vous prévoyez en fonction le carburant
20:51qui va vous permettre de faire cette mission.
20:53– Un mot quand même de ce qui a été dit très justement concernant la finule,
20:57c'est-à-dire la force d'interposition au sud Liban.
20:59Ce ne sont pas des élucubrations, le général, chef d'état-major,
21:04qui est un français de la finule au sud Liban, a été mis en joue
21:08par des soldats israéliens samedi.
21:10Et par ailleurs, il y a eu des tirs à cette occasion, il y a eu une balle
21:15qui est arrivée dans un véhicule français.
21:18Alors ce n'est pas n'importe quel général, c'est le général Paul Sanzet,
21:21donc c'est quelqu'un que l'on peut croire, et qui est un militaire qui sait ce qu'il
21:24dit,
21:24et donc la France n'est pas du tout satisfaite de ce traitement,
21:28d'autant plus que, et c'est encore plus grave,
21:30il y a eu trois morts, trois casques bleus,
21:32qui ont été tués entre samedi et dimanche.
21:35Donc si vous voulez, il y a une remise en cause,
21:38il y a une intimidation des Israéliens sur le rôle de la finule,
21:41qui, il faut le rappeler, depuis 2006,
21:43est censée appliquer une résolution des Nations Unies,
21:46la résolution 1701.
21:48Et ce n'est pas simplement la France qui est fâchée sur ce point avec Israël,
21:52c'est l'ensemble des pays européens qui ont voté cette résolution aux Nations Unies.
21:56Donc Israël ne respecte pas la finule, c'est bien le problème,
22:00et Israël a bien l'intention de mettre fin, d'une manière ou d'une autre,
22:04à la mission de la finule. Pourquoi ?
22:05Parce que, même s'ils accusent la France et la finule en général
22:09de ne pas désarmer toutes les milices, et en particulier le Hezbollah,
22:14c'est une mission des Nations Unies, et ce n'est pas à Israël d'en décider.
22:17Et donc, cette polémique sur le rôle de la finule,
22:20sur les intimidations qui ont été effectuées,
22:23et surtout sur les morts des casques bleus,
22:25même s'il n'est pas encore démontré
22:27qui a été à l'origine de la mort des casques bleus.
22:29L'un d'entre eux a été notamment tué par l'explosion d'un engin
22:34sur le passage d'un véhicule,
22:35et on ne sait pas qui a posé l'engin.
22:37Ce n'est pas forcément, entre guillemets, Israël,
22:39et c'est même plutôt un engin déposé par le Hezbollah.
22:42Donc, quelles que soient les conditions,
22:44là, il y a une situation d'urgence
22:46qui a suscité de la part de la France
22:48une réaction aux Nations Unies,
22:50en ce moment même, enfin à 16h, heure de New York,
22:52c'est-à-dire un peu plus tard dans la soirée,
22:54il y a une demande de réunion
22:56du Conseil National de Sécurité
22:57pour justement protester
23:00contre ce qui se passe au sud de Liban,
23:02contre l'intervention terrestre des Israéliens
23:05depuis le 2 mars,
23:06et contre les bombardements.
23:08On a vu cette image d'un immeuble
23:10frappé aujourd'hui au Liban, à Beyrouth.
23:14Il faut rappeler que même s'il y a une annonce
23:17une demi-heure, une heure ou deux heures avant une frappe,
23:20depuis le début de la guerre,
23:21il y a plus de 1200 morts,
23:22et il y a plus d'un million de réfugiés.
23:25Donc, si vous voulez, il y a une situation
23:26qui n'est pas acceptable
23:27pour les Européens au sud de Liban.
23:29Randy Galloz, un mot ?
23:31Je souhaite expliquer que le rôle
23:33des finules et leur passivité
23:35dans l'accomplissement de leur mission
23:37est très controversé,
23:39parce qu'on voit que l'Hezbollah
23:41s'est installé dans tout ce territoire
23:44qui devait être assuré par les finules,
23:48et aujourd'hui, on a cette situation
23:50qui est totalement instable,
23:53malheureusement,
23:53et on peut s'interroger depuis des années
23:55pourquoi ils n'ont pas fait leur travail
23:58et les Israéens reprochent aux finules
24:00et aux nations qui ont participé
24:01de ne pas être actifs
24:03parce qu'il y a même des tunnels
24:04et même des soldats d'Hezbollah
24:06qui sont installés à quelques centaines de mètres
24:08de leur base.
24:09Donc, il y a un vrai problème avec les finules.
24:12Alors, aujourd'hui,
24:12de dire que les Israéens ne sont pas mécontents,
24:14non, c'est un vrai problème.
24:16C'est symptomatique depuis le début
24:18de leur mission aujourd'hui.
24:20Merci.
24:20Merci.
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