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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:03Générique
00:05Soixantième jour de guerre, les Etats-Unis rejettent la dernière proposition iranienne de discussion.
00:10Et la question centrale est de savoir si les Américains vont reprendre ou non les bombardements sur l'Iran.
00:14C'est-à-dire l'option militaire. Dans tous les cas, avant de savoir précisément s'ils vont de nouveau
00:20faire parler les armes,
00:22Donald Trump le dit, l'Iran vient de nous informer qu'il est en état d'effondrement.
00:27Alors, Laurent Saïm, vous êtes à Washington sur BFM TV.
00:29Trump, avant de retrouver l'ensemble de nos envoyés spéciaux,
00:32Trump nous fait du Trump avec le langage qu'on lui connaît quasiment quotidiennement.
00:38Mais là, peut-être a-t-il des éléments à sa disposition, des éléments probants.
00:44Alors, il a des éléments probants.
00:46Mais en tout cas, il y a une attaque extrêmement frontale contre la presse
00:50qui vient directement de lui et aussi des conseillers qui disent,
00:54il y en a ras-le-bol, on ne va pas commencer à discuter des négociations en cours,
00:59à travers la presse. Et ça, c'est le message qui est passé depuis quelques heures
01:02par Olivia Wells, qui travaille à la Maison Blanche, qui est une collaboratrice du président Trump
01:08et qui n'arrête pas de dire cela d'une manière assez ferme à tous les journalistes
01:12qui l'appellent en disant, ce sont des discussions diplomatiques extrêmement sensibles
01:17et ce n'est pas par la presse qu'on va négocier.
01:19Après, quand vous regardez exactement ce qu'ils disent, c'est toujours la même chose.
01:25L'Iran ne peut pas avoir l'arme nucléaire, c'est la volonté du président Trump
01:30et les Américains ne céderont pas là-dessus.
01:32C'est vraiment le message qui est passé depuis la Maison Blanche ce matin.
01:36Et puis, il y a eu une autre attaque. Alors là, ce n'est pas de la presse,
01:39c'est une autre attaque directe.
01:40Celle du chancelier allemand Merz contre Donald Trump,
01:44pour qui le président des États-Unis n'a aucune stratégie.
01:46Écoutez le chancelier, puis on retourne voir Laurence à Washington.
01:51Les Américains n'ont clairement aucune stratégie.
01:54Les Iraniens laissent les Américains voyager jusqu'à Islamabad
01:58pour au final qu'ils ne repartent avec aucun résultat.
02:01Une nation entière est en train d'être humiliée.
02:06Ça va faire plaisir à la Maison Blanche, ça, Laurence.
02:10Oui, alors il va falloir faire attention à comment les diplomates européens,
02:14dans cette période très sensible que le monde traverse,
02:17parlent avec la Maison Blanche.
02:18Parce que depuis trois semaines, avec Doreen Jarnias qui m'accompagne,
02:21on a toujours, chaque fois qu'on écoute des briefings,
02:24chaque fois qu'on écoute le président des États-Unis,
02:27cette petite musique qui revient et qui est toujours à travers des déclarations,
02:32c'est que, bon, les Européens, ça suffit, ils parlent, ils font rien,
02:35ils ne nous ont pas aidés, et à un moment donné,
02:38il va falloir qu'ils prennent des responsabilités.
02:39C'est vraiment dit dans ce vocabulaire par le secrétaire,
02:45comme il le dit à la guerre, le secrétaire à la défense,
02:47Pitek 7, et c'est redit aussi par les conseillers de Donald Trump,
02:51qui disent, à un moment donné, on repensera même
02:54l'Alliance atlantique avec l'OTAN.
02:56Et il va falloir faire attention,
02:58parce que connaissant un peu la manière dont Donald Trump fonctionne,
03:02à partir du moment où vous avez un chancelier allemand
03:03ou d'autres dirigeants européens qui commencent à critiquer très sévèrement
03:07la manière dont les Américains conduisent les négociations avec l'Iran,
03:10ça va donner, ça peut donner, une porte ouverte aux diplomates trumpistes américains
03:16de dire, l'Europe nous traite comme ça,
03:18et bien vous allez voir ce qu'on va faire,
03:20on abandonne complètement l'Europe.
03:22Donc, c'est dit comme ça, dans les coulisses du pouvoir,
03:25c'est souvent dit aussi officiellement,
03:29attention les Européens, vous parlez trop,
03:31vous faites des réunions très chics,
03:33mais en fait, vous ne faites rien, c'est nous qui faisons le sale boulot,
03:35et à un moment donné, ça va bien comme ça.
03:37Je m'excuse d'être aussi simpliste en relatant le verbatim qu'on entend,
03:41mais on l'entend vraiment ça depuis deux à trois semaines,
03:43ici à Washington.
03:44– Laurence Haïm, en direct de la capitale américaine pour BFMTV,
03:48mais ça montre peut-être aussi, Thierry Arnault,
03:50l'état de nervosité aussi à la Maison-Blanche,
03:53et le fait que, alors, certes, la diplomatie, c'est secret,
03:57il y a sûrement encore des contacts, il y a des négociations en cours,
04:00c'est ce que nous expliquait Laurence,
04:01mais on aimerait bien que ça aille plus vite,
04:03on aimerait bien que l'effondrement, il se voit, en fait, de l'Iran.
04:06– D'abord, on voit bien qu'il n'y a pas de sortie évidente à cette crise,
04:09et par conséquent, on lit aussi dans les médias américains
04:11qu'il y a débat sur la Maison-Blanche,
04:13sur ce qu'est la bonne stratégie à adopter pour en sortir.
04:17Est-ce qu'on a encore les moyens, la volonté de jouer la montre ?
04:21Et effectivement, de faire le pari comme semble le faire
04:23le président américain dans son message,
04:25qu'il est à ce point étranglé d'un point de vue économique,
04:28ce régime qu'il va finir par s'effondrer.
04:31– Étranglé par le blocus.
04:32– Par le blocus, oui, bien sûr.
04:34– Des trois dormus.
04:35– On ne peut plus exporter du pétrole,
04:37l'activité économique est, pour ainsi dire, complètement arrêtée,
04:41et si le régime n'est plus en situation,
04:44non pas forcément, on va dire, de nourrir la population,
04:46parce que ce n'est pas sa préoccupation première,
04:48mais ne serait-ce que de verser les soldes des Basij,
04:51de verser les soldes des gardiens de la Révolution,
04:54ça va devenir un véritable problème pour lui.
04:57Ça fait plusieurs semaines maintenant que le président américain
04:59insiste sur le fait qu'il considère qu'il n'a plus d'interlocuteur
05:02qui, en face de lui, est capable de parler au nom du régime
05:05et de s'engager au nom de ce régime iranien,
05:09et ça représente pour lui un problème.
05:11Donc, il y a ceux qui pensent, quand je vois la montre,
05:13ça va finir par, effectivement, faire s'effondrer ce régime.
05:16Il y a ceux, aussi, dans l'entourage de Donald Trump,
05:19qui considèrent que, tant qu'ils tiennent le détroit d'Harmouz,
05:22et finalement, ils ont les moyens de le tenir encore assez longtemps,
05:25on va être dans une impasse,
05:27et ce qui explique le déploiement considérable de ces forces,
05:31encore plus que ce qui était engagé et disponible
05:34au moment de l'assaut lancé le 28 février,
05:37parce qu'à un moment donné, si vous me permettez l'expression,
05:40il va falloir y retourner.
05:41– Il va falloir y retourner, mais y retourner de la même manière.
05:43Là, je m'adresse aux deux militaires qui sont avec nous.
05:45Alors, on a la marine et l'air.
05:47Est-ce que les Américains doivent exactement employer la même stratégie ?
05:52C'est-à-dire, on tape tous azibuts.
05:53Combien de cibles ils avaient tapé ?
05:5510 000 ? 13 000 ? 15 000 ?
05:56– 13 000, 13 000 pendant les 30 premiers jours.
05:59Non, mais je pense que très clairement,
06:02si le président Trump décide d'appuyer sur le bouton
06:04et de redonner la parole aux armes,
06:06la campagne ne sera pas la même.
06:08Les Américains sont…
06:09– En plus, il nous a dit Trump qu'il avait tout détruit.
06:12– Ce sont des professionnels.
06:13Ils se sont donc adaptés à la situation qu'ils ont eux-mêmes créée.
06:16Moi, je le dis souvent, vous savez,
06:18le premier mort de la guerre, c'est le plan.
06:20Le plan meurt le premier jour de la guerre,
06:22parce que vous ne faites jamais une guerre telle que vous l'avez planifiée.
06:25et vous devez vous adapter à la situation telle qu'elle est
06:27et non pas telle que vous aimeriez qu'elle soit.
06:30Et donc, en fait, aujourd'hui, les Américains vont s'adapter.
06:33Et si la campagne reprend, elle ne reprendra pas de la même manière.
06:36Ce ne seront sans doute pas les mêmes cibles.
06:39Enfin, en tout cas, pas complètement les mêmes cibles.
06:41– Il y aura sûrement des infrastructures militaires à continuer de taper.
06:45– Il y aura à poussure des infrastructures militaires.
06:46– Des stocks d'armes, des dépôts.
06:47– Sans doute peut-être aussi des frappes sur le régime.
06:49Il y aura sans doute également la recherche de la destruction de la flotte moustique des Iraniens.
06:56– La flotte moustique, voilà, ce sont les navires rapides, les navires de guerre.
06:59– Voilà, ce sont ces petites vedettes rapides qui sont armées
07:01et qui peuvent effectivement gêner considérablement la navigation.
07:06Mais très clairement, s'il y a une nouvelle campagne,
07:08ce sera une autre campagne que celle qu'on a connue.
07:10– Ça pourrait être une campagne à l'image de celle que fait Israël avec le Liban et le Hezbollah,
07:15c'est-à-dire en fait un essaim de drone qui parcourt le territoire iranien
07:18et qui teste un peu plus en fait la résilience
07:21et qui permet en fait d'enchaîner les destructions au plus profond finalement du territoire iranien.
07:27Donc vous avez d'autres manières en fait de gérer ce conflit,
07:31de tester en fait aussi la résistance et la résilience de l'adversaire.
07:34Parce que c'est bien ça finalement qu'il faut voir.
07:36S'il y a une nouvelle période de guerre après les 40 jours
07:40et après la trêve à laquelle on a assisté,
07:43c'est bien justement pour au niveau de négociation faire céder l'Iran au niveau du nucléaire.
07:47Mais ça justement ça demande du temps
07:49et l'embargo économique beaucoup plus fort finalement que précédemment
07:53est toujours en fait sur le temps long.
07:55– Et toujours pas question de… c'est quoi l'expression américaine ?
07:57« Boots on the ground » c'est ça, c'est de mettre des soldats au sol.
08:02L'option elle n'est toujours pas là, que ce soit sur l'île de Cargues ou sur des sites
08:06précis.
08:06– Vous n'envahissez pas, vous ne faites pas d'invasion, vous avez fait votre enquête.
08:09– On peut imaginer des boots on the ground sur des points précis,
08:14typiquement des actions commandos, sur par exemple, on a parlé de l'île de Cargues.
08:18– Quand ils avaient récupéré leurs pilotes.
08:20– Voilà, c'est toujours pas exclu, mais également par exemple sur les défenses
08:24que les Iraniens ont mises en place autour du détroit d'Hormuz,
08:27ou le long du détroit d'Hormuz du côté iranien.
08:30On peut imaginer des coups de poing commandos sur ces points-là.
08:36Mais à mon sens, les Américains n'ont pas prévu une invasion de l'Iran
08:42comme ça a été fait en Irak à l'époque.
08:43– Mais tout ça, c'est toujours la question du nucléaire qui est là,
08:46puisque les Iraniens disent d'abord, voilà comment on fait,
08:48on arrête les hostilités, on libère les détroits d'Hormuz,
08:52c'est ce que veulent les Iraniens, et puis derrière le nucléaire,
08:53on verra ça plus tard.
08:54Sauf que les Américains, ah non, désolé, on était venus pour ça,
08:57on est venus pour le nucléaire, donc c'est maintenant.
08:58– Mais chacun joue son jeu, c'est-à-dire que les Iraniens,
09:02ils ont gagné le détroit d'Hormuz, ils disent que c'est une pièce
09:04qui n'était pas dans leur jeu, rappelons-le au départ,
09:06maintenant ils l'ont, ils prennent en otage le monde entier,
09:10on forcément focalise sur l'impact, sur le pétrole,
09:12enfin le prix à la pompe des Français en Europe,
09:16mais le détroit d'Hormuz, c'est pas que l'exportation du pétrole,
09:19c'est d'autres aspects d'exportation,
09:22notamment je pense à la sécurité alimentaire,
09:24qui est très gravement aujourd'hui remise en question
09:27dans le cadre de l'exportation d'engrais,
09:29alors j'ai compris que dans le cadre de durée aussi,
09:31cette autre matière nécessaire pour la partie agricole,
09:34il y a un stockage apparemment à Rotterdam
09:36qui permet d'assurer jusqu'à la fin de l'année,
09:38mais on est dans des situations assez instables,
09:40qui prennent en otage le monde entier.
09:45Après, sur la partie iranienne, il faut comprendre
09:46que sur les sanctions économiques, moi j'attire l'attention de tout le monde,
09:49à force de dire qu'ils vont tomber dans quelques jours,
09:52je rappelle qu'il y a trois périodes de l'histoire
09:54où les Iraniens ont rodé et structuré leur capacité de résilience
09:58dans des conditions économiques extrêmement graves.
10:01La guerre en Irak, 80-88,
10:03on a eu l'Irak qui a bombardé leur infrastructure pétrolière,
10:07ils n'étaient pas préparés à cela,
10:08et ça a été une division par deux de leur rente économique,
10:13et ils ont dû mettre en place un premier système de contournement.
10:17Deuxième moment, on est au moment du JCPOA,
10:21vous savez, rappelez-vous, on avait parlé du SWIFT bancaire,
10:24on parlait de troc, de voir dans quelle manière,
10:26donc étouffement des exportations.
10:28C'était au moment des négociations sur le nucléaire iranien.
10:30Dans les deux cas, on a une augmentation de l'inflation,
10:33les gens étaient étouffés, je parle de la population iranienne.
10:35Mais ils s'en sont sortis.
10:36Ils s'en sont sortis.
10:37Dernière période, c'était le massive pressure,
10:40le maximum pressure, c'était la période post-JCPOA
10:42au retrait des Américains.
10:44Pareil, interdition d'exporter,
10:47au niveau des Américains par rapport à l'Iran,
10:50leur division des revenus pétroliers,
10:53c'était par trois, voire par quatre.
10:55Donc, j'ai envie de dire, faisons attention
10:57quand on dit que leur économie est morte.
10:59Ils ont structuré, pendant quasiment 30 ans, 40 ans,
11:03une capacité de résilience économique
11:05par des accompagnements, j'allais dire des voisins,
11:07qui ont su gérer des méthodes de contournement.
11:11Donc, je crois qu'ils sont...
11:12Effectivement, sur le plan du stockage, on peut en reparler,
11:15ils ont quand même des alternatives, pas géniales,
11:18mais ça peut tenir, pas quelques jours, comme je l'entends,
11:21plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
11:23On est d'accord, ça ne va pas tenir 3-4 ans, c'est certain.
11:26Mais, j'ai envie de dire, c'est que la ligne,
11:29c'est qui tient la ligne du temps et qui va craquer.
11:31Et quand ils prennent en otage l'économie mondiale,
11:33je ne suis pas sûre que les États du Golfe,
11:35que l'Afrique aujourd'hui, ait envie de tenir aussi longtemps.
11:38Puisque vous parlez des États du Golfe, c'est bien ce qui les inquiète.
11:41Et là, c'est Hugo Sma qui est à Doha au Qatar pour BFM TV.
11:44C'est cette espèce de situation gelée aujourd'hui
11:47qui gêne les Émirats arabes unis,
11:50tous les États du Golfe qui aimeraient bien que le business reparte, quoi, en fait.
11:56Oui, tout à fait.
11:56D'ailleurs, même le Qatar aujourd'hui le disait
11:58par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères
12:02qu'il disait qu'il avait peur que cette guerre se gèle,
12:05c'est-à-dire qu'elle se pérennise comme elle est maintenant
12:09puisque le détroit d'Hormuz reste bloqué.
12:11Et on sait que tous ces pays ont deux principales manières de gagner de l'argent.
12:16Il y a d'abord le pétrole, évidemment,
12:18et le détroit d'Hormuz qui est complètement bloqué.
12:21Eh bien, les impactent énormément.
12:23Et puis ensuite, il y a également le tourisme.
12:25Et ici, eh bien, le tourisme en a pris aussi un sacré coup
12:28depuis le début de la guerre.
12:29On sait qu'il y a plus de 30 000 vols qui ont été annulés dans la région.
12:32Les hôtels sont quasiment vides ici.
12:34Alors forcément, ces États commencent à s'interroger
12:38sur la suite des événements à venir.
12:41Et notamment, eh bien, les Émirats arabes unis aujourd'hui
12:42lors d'une réunion avec les autres pays du Golfe
12:46qui a annoncé qu'ils allaient quitter l'OPEP,
12:48donc l'organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole.
12:53C'est un véritable tournant pour ces pays du Golfe
12:55qui, d'habitude, eh bien, se mettent d'accord dans cette organisation,
12:58notamment sur les exportations de pétrole
13:01pour essayer de maintenir un prix assez élevé du pétrole.
13:04Et donc, il y a des quotas.
13:06Et donc là, le fait de pouvoir en sortir,
13:08les Émirats arabes unis vont pouvoir décider
13:10de leurs exportations et de leur production de pétrole à l'avenir.
13:14Ce qui, forcément, eh bien, va changer les relations internationales
13:16à la fois avec le reste du monde,
13:18mais aussi avec ses voisins, ses autres pays du Golfe.
13:21Alors, l'une des raisons pour lesquelles
13:23les Émirats arabes unis ont décidé de quitter cette organisation,
13:26c'est notamment parce que l'Iran en fait partie
13:28et qu'ils n'ont absolument pas accepté
13:30ce qu'il s'était passé au début de la guerre
13:32avec l'Iran qui a bombardé à plusieurs reprises
13:34les Émirats arabes unis, notamment l'aéroport de Dubaï.
13:37Et je vous le disais, les Émirats arabes unis
13:38ont été extrêmement impactés, du coup,
13:40par cette guerre et notamment par le blocage du détroit d'Hormuz.
13:43Ils sont juste à côté
13:44et désormais, eh bien, leurs pétroliers ne passent plus pour eux aussi.
13:48– Goss Mag avec Clément Grosvenier
13:49en direct de Doha au Qatar pour BFM TV.
13:51– C'est vraiment peut-être l'événement
13:54le plus important de la journée.
13:55C'est la fin de l'OPEP tel qu'on l'a connu jusqu'à présent.
13:58Il faut souligner ça.
13:59– Depuis plus de 50 ans.
14:00– Oui, c'est historique ce qui se passe aujourd'hui
14:02de ce point de vue, sans vouloir galvauder le mot.
14:05L'OPEP, c'est toujours à peu près 40%
14:07de la production mondiale du pétrole.
14:09Les Émirats arabes unis, on était le troisième producteur
14:12avec 5 millions de barils jour.
14:13Et effectivement, le signal qu'ils envoient
14:17en disant, on sort principalement
14:20parce qu'il faut qu'on retrouve une autonomie de décision
14:23et qu'on soit capable, nous,
14:26qui produisons jusqu'ici 5 millions de barils jour,
14:29de décider quand on produit plus,
14:31jusqu'où on veut produire, etc.
14:32dans ce contexte extrêmement agité,
14:36c'est évidemment très important.
14:403 000 missiles et drones ont pris les Émirats arabes unis
14:43pour cible depuis le 28 février à peu près.
14:46Ça a été la cible privilégiée, on peut le dire,
14:49de l'Iran dans ce contexte.
14:50– Ce qui veut dire que les infrastructures sont endommagées.
14:53– Ça veut dire qu'une certaine partie des infrastructures
14:55sont endommagées, mais surtout,
14:57on voit que cette décision, elle nous dit
14:58que ces Émirats arabes unis sont en train
15:01de se projeter dans l'après-guerre
15:02et que dans l'après-guerre, ils considèrent
15:04qu'il va falloir rebondir
15:07en étant autonome.
15:09– Mais ce n'est pas bon pour le marché pétrolier ?
15:11Ce n'est pas bon pour les prix pour nous,
15:13à ce moment-là peut-être ?
15:14– Ça peut l'être, parce que si leur décision
15:17c'est de dire qu'il faut produire plus,
15:18la quantité… – Ça va faire baisser les prix.
15:20– L'OPEP a eu pour vocation essentielle
15:23justement de maintenir les prix du pétrole
15:25à un certain niveau.
15:26– En ouvrant et fermant le robinet.
15:27– Exactement.
15:28– Sur les volumes.
15:28– En jouant sur les volumes.
15:30Là, l'idée, c'est de dire,
15:32nous on va être en situation,
15:35on va avoir la possibilité de produire
15:37autant qu'on veut, quand on veut.
15:39C'est ça le message du jour.
15:40Et d'une certaine manière,
15:41c'est donc la fin de la capacité de l'OPEP
15:44de peser autant sur la production mondiale au pétrole.
15:47Je signale au passage qu'ils quittent l'OPEP
15:49et ce qu'on appelle l'OPEP+,
15:51dans lequel on trouve également la Russie.
15:54– Oui, je pense qu'en fait,
15:55on assiste dans le cadre de ce conflit
15:57à une forme de réorganisation
15:59de beaucoup de coalitions.
16:00Laurent Saïm a souligné tout à l'heure
16:01les accusations, j'allais dire,
16:04assez étonnantes de la part des Américains,
16:06où en fait, les Européens devraient faire attention
16:09à leur, on va dire, réponse diplomatique,
16:12alors même que depuis plus de 60 jours,
16:15l'Europe est la cible préférée des Américains
16:18sur des qualifications pas agréables.
16:22Je rappelle peut-être pour nos téléspectateurs
16:24que quand Donald Trump et Benjamin Netanyahou
16:29ont lancé leur offensive,
16:31les Européens l'ont dit et l'ont répété.
16:33Ils n'ont pas été prévenus ni consultés.
16:35Pour des alliés, c'est assez étrange.
16:38Je rappelle aussi qu'en termes de fiabilité des alliances,
16:41la France aujourd'hui se tient du côté des États du Golfe
16:45de manière très crédible,
16:47dans une forme de sobriété diplomatique
16:49où on peut saluer la fiabilité des accords de défense français
16:53quand les Américains qui ont aussi des accords de défense
16:56avec les États du Golfe s'interrogent sur cette fiabilité.
17:00Et que par ailleurs, on évoque le départ des Américains de l'OTAN.
17:05Donc là, on évoque le départ des Émirats arabes inédit l'OPEP.
17:08On a une forme comme ça de réorganisation
17:11à tous les niveaux, défense et énergétique.
17:15Ce n'est pas rien.
17:16Quand on sait que c'est les deux piliers qui stabilisent...
17:18Ce qui fragilise d'autant plus à ce moment-là l'Iran aussi
17:21au niveau du pétrole.
17:22Tout sa question nucléaire, effectivement,
17:24qui n'est pas tout, qui est à mon sens l'un des sujets
17:26parce que le TNP, le traité de non-prolifération,
17:29on l'a toujours rappelé comme étant le traité
17:31qui est la pierre angulaire de la sécurité internationale.
17:34Je rappelle, ce que négocient aujourd'hui les Iraniens,
17:37c'est le droit à l'enrichissement.
17:41Et le droit à l'enrichissement...
17:43Mais au départ, ce qu'ils devaient négocier,
17:44c'était du nucléaire juste civil et pas militaire.
17:48Alors oui et non.
17:49Ce qu'ils négociaient, c'est ce droit à cet enrichissement
17:51en disant que c'était pour du civil.
17:53Mais en fait, non.
17:54Et c'est ce statut de seuil qui fait qu'on ne veut pas leur laisser
17:56parce que ça permet d'ouvrir à tout le monde entier.
17:59Il est où le nucléaire ?
18:01Je repose la question parce que...
18:03Le stock d'uranium enrichi, oui.
18:05Il est où ?
18:05On ne sait pas.
18:06Quand vous voulez protéger quelque chose et le cacher,
18:09vous le mettez en sous-sol, dans votre propre terrain.
18:11Comme ça, ça vous permet justement d'avoir la maîtrise
18:13et de le ressortir quand vous en aurez besoin
18:15et d'éviter qu'il soit volé.
18:18J'imagine qu'avec leurs grands yeux et leurs grandes oreilles de surveillance,
18:22les Américains doivent quand même savoir où il est,
18:24ce fichu stock d'uranium enrichi.
18:27Combien ? 400 kilos ?
18:28440.
18:301,6 million de kilomètres carrés, c'est effectivement long et grand.
18:33Il y a des mouvements peut-être plus suspects que d'autres.
18:37Même s'ils le savaient, ça nécessiterait une certaine opération
18:40à éreporter assez complexe.
18:42Je pense que les Américains et les Israéliens d'ailleurs
18:44ont sans doute des renseignements assez précis.
18:47Je ne pense pas qu'ils sachent exactement où est le stock.
18:50Je pense d'ailleurs que le stock n'est pas au même endroit.
18:52Je pense que les 440 kilos...
18:53Il n'est pas au même endroit depuis le début de la guerre et aujourd'hui ?
18:55Enfin, ça ne se transporte pas comme un panier de provision.
18:59Je pense qu'il ne faut pas oublier que les Iraniens
19:01se préparent à cette guerre depuis 40 ans.
19:04Donc, ils ont quand même imaginé le fait que leur stock d'uranium enrichi
19:08ferait l'objet effectivement d'une recherche approfondie.
19:11Donc, ils ont pris les mesures en conséquence.
19:13Mais une fois qu'on a dit ça,
19:15je pense que le gros problème dans cette affaire,
19:19c'est que les Iraniens, effectivement,
19:20ne renonceront vraisemblablement jamais
19:23à la capacité d'enrichissement.
19:25Et donc, ça fera l'objet de la négociation.
19:27Ce qu'ils cherchent à obtenir,
19:29c'est que cette négociation n'ait pas lieu tout de suite.
19:31Parce que ce soit une négociation technique.
19:33On a bien vu, pour la négociation des derniers accords,
19:36ça a pris 5 ans.
19:37Donc, ce qu'ils veulent, c'est faire admettre aux Américains
19:40qu'ils sont prêts à négocier,
19:41mais pas tout de suite.
19:43Et qu'il faut d'abord parler du détroit d'Hormuz.
19:45Or, sur le détroit d'Hormuz,
19:47on parle de la liberté de navigation,
19:49mais on ne parle pas dans quelles conditions
19:51cette liberté de navigation serait rétablie.
19:54Je rappelle que les Iraniens n'ont pas renoncé
19:56à faire payer un péage à tout le monde.
19:58Ça fait d'ailleurs l'objet d'un texte
20:02qui a été voté chez eux récemment.
20:05Cette affaire-là est parfaitement inacceptable
20:09pour l'Occident.
20:10C'est la liberté de navigation qui est touchée.
20:13Donc, quand on parle de rétablir la navigation
20:15dans les trois d'Hormuz,
20:17on pense à l'aspect militaire,
20:19mais je pense qu'il faut surtout regarder,
20:22au-delà de cet aspect militaire qui est indispensable,
20:24la gestion politique de cette navigation.
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