00:0015h43, en attendant c'est David qui nous rejoint, David Krupp pour la financière de l'échiquier.
00:04Bonjour David.
00:05Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:06Vous allez rendre votre verdict là, pas sur le marché.
00:08Ce verdict que vous allez rendre, ce moment où vous allez vous faire vivre, est-ce que vous l'assumez
00:12?
00:12Ah, je l'assume pleinement.
00:14Alors on vous écoute.
00:15Le S&P, le niveau du S&P qui vaut 7400 aujourd'hui, va rejoindre le niveau du CAC qui
00:21vaut 8000 aujourd'hui d'ici la fin de l'année.
00:24Vous êtes provocateur.
00:26Le S&P va rejoindre les niveaux du CAC 40 d'ici la fin de l'année.
00:29Mais dit comme ça, ça ne fera pas rêver.
00:30Mais en fait, si, ce serait super.
00:32Ce serait beau.
00:33Parce que sur le S&P, on est à 7400 points, alors que le CAC lui est à 8000.
00:36Et le S&P, vous le voyez donc à 8000 d'ici la fin de l'année.
00:39Oui, je le vois dépasser le niveau du CAC.
00:41Vous êtes très optimiste.
00:43Je suis très optimiste parce que tout converge, Guillaume, vers les Etats-Unis.
00:45Et tout est finalement assez rationnel.
00:48On regarde surtout les valeurs qui ont surperformé, c'est les valeurs qui ont bénéficié de révision à la hausse.
00:54Où est la croissance ?
00:55Il faut absolument, Guillaume, rester là où est la croissance.
00:58Là où est la croissance, elle est aux Etats-Unis.
01:00Elle n'est pas qu'aux Etats-Unis.
01:01Mais quand on regarde le consensus où c'est passé,
01:04les révisions de croissance des bénéfices par action aux Etats-Unis sont passées de 15 à 22 %.
01:09En Europe, on en est où ? De 10 à 12 % seulement.
01:13Sur les marchés émergents, on est passé de 19 à 52 %.
01:16Quand on regarde l'IT, tout ce qui est informatique, on est passé au global de 30 à 62 %.
01:21Le marché est surpondéré de valeurs technologiques aux Etats-Unis.
01:24On attend 62 % de hausse des bénéfices sur un an.
01:2862 % de bénéfices.
01:29Alors il y a la mémoire en rein dedans.
01:30N'oubliez pas qu'il y a tout ce qui est mémoire et semi-conducteurs qui est une grande partie
01:34de ce relèvement d'estimation.
01:35Tandis que les secteurs défensifs, quand on regarde les staples, la consommation, on est passé de 8 à 6,5.
01:40Et pour arrêter les chiffres, la santé, on est passé de 8,5 à 6,8.
01:44Donc il faut rester là où la croissance se trouve.
01:46Là où la croissance se trouve, elle se trouve aux Etats-Unis.
01:49On a une croissance du GDP, du PIB qui est très forte, qui est bien plus forte.
01:54Toutes les surprises économiques sont positives aux Etats-Unis.
01:58Quand on regarde le fameux saisie USD par rapport aux saisies en Europe, on est maintenant à 93 des cartes.
02:05Tandis qu'avant la guerre, on était seulement à 10.
02:07C'est quoi le saisie USD ?
02:07Alors c'est les surprises économiques que Citi donne sur Bloomberg.
02:10Et c'est toutes les surprises économiques macroéconomiques.
02:14Donc on avait un différentiel de 10 avant la guerre.
02:17Aujourd'hui, les surprises économiques aux Etats-Unis ont continué de progresser.
02:21On est à 40.
02:22Tandis qu'en Europe, il y a une dégradation qui est très forte.
02:25On est maintenant à moins 53.
02:27Donc on voit bien la déconnexion, la décorrélation entre les surprises économiques et la macroéconomie.
02:32Donc la croissance, elle est aux Etats-Unis.
02:34C'est là où il y aura de la performance.
02:36Ce qui dit croissance, dit performance.
02:37Et donc pour vous, Wall Street rejoindra les niveaux du CAC 40 d'ici la fin de l'année.
02:41C'est-à-dire que le S&P qui est à 7400 montera à 8000 points sans problème.
02:44Vous voyez 10% de hausse supplémentaire sur ce S&P 500.
02:47Alors qu'est-ce que ce sera pour le Nasdaq ?
02:49Les valorisations, elles ne sont pas déjà un peu tendues quand même, David ?
02:52Je ne pense pas.
02:54J'écoutais un message de Goldman Sachs par la voix de son stratégiste Oppenheimer qui disait que finalement, les valorisations
02:59des Max 7 n'étaient pas si élevées que ça.
03:01On a de la croissance des bénéfices sur ces valeurs-là.
03:04Aujourd'hui, la croissance des Max 7, elle se trouve entre les 20 et 21 fois les bénéfices sur 2026
03:10avec de la croissance en plus des bénéfices en 2027.
03:14Bon, on est effectivement un peu élevé, mais on n'est pas très élevé au rapport de la croissance des
03:19résultats.
03:20Donc, c'est pour ça que je ne m'inquiète pas des valorisations aujourd'hui.
03:24Alors, si on regarde un petit peu les chiffres des flux, c'est toujours ce qu'on fait en fin
03:27de semaine et en début de semaine suivante.
03:31On voit qu'il y a encore quelques mois, le retail, l'activité vraiment pour les particuliers, avait tendance à
03:37soutenir le marché, surtout aux États-Unis et à rattraper les coups de mou.
03:40Est-ce que les institutionnels se sont un peu plus joués au mouvement, eux qui ont plutôt tendance à shorter
03:46le marché quand il est temps ?
03:47Je crois qu'aujourd'hui, personne ne peut être absent du marché, Antoine.
03:50On a effectivement les particuliers investisseurs américains qui sont toujours présents et qui rachètent toute faiblesse.
03:57Même la faiblesse d'hier était étonnante en intraday.
04:00Bon, on peut trouver des explications.
04:03Les investisseurs institutionnels aussi, on va être quand même dans une année record.
04:07On est à plus de 300 milliards de dollars de rentrées dans les fonds mutuels américains depuis le début de
04:12l'année.
04:12C'est colossal, c'est la plus grosse année ever d'entrée.
04:15Donc, eux aussi vont être obligés d'investir dans le marché.
04:18On sait que les fonds Momentum, qui sont prédominants maintenant dans les marchés, investissent également.
04:23Ils ne peuvent pas rester vendeurs, short, sur ces marchés.
04:26Donc, on a tous les acteurs aujourd'hui qui sont d'accord, sans se le dire, de rester investis ou
04:32d'acheter les marchés.
04:33Il y a encore de la place pour qu'ils achètent plus.
04:35C'est peut-être ça le vrai message qu'on peut donner à nos auditeurs aujourd'hui.
04:38Donc, c'est pour ça que la hausse est loin d'être terminée, en tout cas.
04:42Je trouve que la situation est très cruelle pour nous, Européens, parce que Wall Street cartonne.
04:46Vous le disiez, les publications du premier trimestre sont étincelantes aux États-Unis et les attentes pour la suite encore
04:50relevées.
04:51Franchement, en Europe, on a de quoi rougir comparé aux Américains.
04:54Mais quand on regarde les chiffres comme ça, ce n'est pas si mauvais quand même.
04:57Les publications, en moyenne, les bénéfices ont bien progressé et on attend une poursuite à la hausse des bénéfices en
05:03Europe, non plus de 10, mais de 12 %.
05:04Ce n'est pas si mal, compte tenu de notre exposition qu'on fait au Moyen-Orient, 12 % de
05:07hausse des bénéfices.
05:08Ce n'est pas si mal, mais ce n'est rien comparé à la trajectoire étincelante de Wall Street.
05:12C'est pour ça que je trouve que c'est très ingrat pour nous, Européens.
05:14On voit l'agilité de nos entreprises dans la période actuelle, mais comparé au truc incroyable que constitue la tech
05:21et à quel point la tech donne du boost, du fuel à toutes les publications,
05:26on se dit qu'on ne fait quand même pas la figure, même si nos entreprises sont très agiles et
05:29font preuve de certaines compétences en ce moment.
05:32Voilà, je trouve que c'est ingrat.
05:34C'est très ingrat pour nous.
05:35Vous avez tout dit, Guillaume.
05:36La prochaine fois, je vous interroge parce que vous avez tout dit à ma place, c'est parfait.
05:39Je l'ai mal dit, par contre.
05:40Non, non, c'est parfait.
05:41Non, je vous étais confus.
05:42Bientôt, les grandes introductions aux Etats-Unis.
05:44Alors, SpaceX, normalement au mois de juin, on verra, Anthropic, OpenAI.
05:48Est-ce que pour le coup, ça ne risque pas de faire beaucoup ?
05:50Vous disiez, il y a beaucoup de liquidités.
05:51Est-ce que ces liquidités risquent d'être asséchées par ces seules trois introductions en bourse ?
05:55Ça, c'est un sujet passionnant, Guillaume, parce que vous savez la théorie.
05:58Moi, j'ai une équation qui fait que systématiquement, la demande dans les marchés est très supérieure à l'offre
06:03dans le marché.
06:04Et ça, depuis le Covid, on a bien compris, quand vous regardez les rachats d'actions,
06:08quand vous rachetez les particuliers,
06:10quand vous regardez tout le monde qui a envie d'investir dans ce marché,
06:13ça explique une grande partie de ces niveaux actuels.
06:16Et là, effectivement, il y a énormément de craintes concernant les IPOs en 2026
06:19et l'assèchement de la liquidité.
06:21Et là, il faut répondre, et les brokers entre eux ne sont pas spécifiquement d'accord.
06:24On parle de 170 milliards d'IPOs classiques,
06:28donc de mise sur le marché des entreprises, de nouvelles entreprises dans le marché,
06:32mais il y a 300 milliards de méga-IPOs qui pourraient revenir en plus.
06:38Alors, effectivement, ça pourrait faire peur.
06:40Si vous voulez participer à SpaceX, Guillaume, vous allez bien être obligés de vendre quelque chose.
06:44Et c'est ça, la difficulté.
06:46Alors, maintenant, la réponse à cette question-là,
06:48elle est qu'on va être que, finalement, ça ne va pas trop jouer,
06:50ça ne va pas assécher le marché trop,
06:52parce que les rachats d'actions cette année et les fusions acquisitions vont être un record aussi.
06:59Donc, en fait, il y a un record d'émissions, probablement,
07:02mais dans le même temps, on va avoir un record de retrait des titres de la cote
07:05par les entreprises à travers les rachats d'actions.
07:08Et dans le même cas, les fusions acquisitions aussi seront une thématique très importante
07:12et là aussi, vont enlever des entreprises de la cote.
07:17Donc, all in all, excusez-moi ce terme en anglais,
07:20mais clairement, on va être quand même toujours dans une émission nette négative
07:25qui vont être un support encore au marché cette année.
07:27Donc, je réponds directement à ça.
07:29Oui, mais c'est très clair.
07:30Et à chaque fois, vous voyez le verre à matière pleine en ce moment.
07:32À chaque fois.
07:33Mais c'est super, ça nous apporte de l'enthousiasme.
07:35Et on a l'habitude de dire que quand vous nous rejoignez,
07:37vous êtes un peu notre boule anti-stress.
07:39Voilà, il y a quelque chose de ça.
07:40Et là, comme je me marie dans un mois en plus, je suis encore plus optimiste.
07:42Dans un mois, vous vous mariez ?
07:43Eh bien, félicitations à l'avance.
07:45C'est pour ça aussi que je suis encore plus optimiste et réunion.
07:48Bien sûr, mais félicitations d'avance, on ne savait pas.
07:50Merci à vous.
07:50On est super content pour vous.
07:51Merci beaucoup.
07:52Est-ce qu'ils vont se marier, eux, Donald Trump et Xi Jinping ?
07:54Donald, Xi, ils sont dans un bateau.
07:56Il a atterri, là, Donald Trump en Chine.
07:58Ils sont dans un bateau qui tombe.
08:00Comment le marché, d'après vous, doit anticiper cette rencontre
08:03entre les deux présidents américains et chinois ?
08:05Je pense qu'il va l'anticiper positivement.
08:07Et c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, que les marchés ne baissent pas
08:08suite à ce chiffre d'inflation qui était d'ailleurs trop fort.
08:11Et d'ailleurs, le rebond hier des marchés est certainement dû à ça.
08:14Il y a beaucoup de gens qui considèrent que c'est le début de la fin de la guerre
08:17et qu'on va négocier probablement, les Chinois vont aider sur la problématique d'Hormuz.
08:23Mais dans le même temps, il y aura certainement une prolongation de la trêve commerciale.
08:27Il va y avoir énormément de contrats à la clé.
08:28On s'attend à beaucoup d'anticipations positives pour les entreprises technologiques américaines.
08:33Et cette anticipation-là, on n'y est pas.
08:35J'espère qu'on n'accouchera pas d'une souris.
08:36Mais clairement, ça donne un dynamisme.
08:39Et les marchés jusqu'à ce week-end-là ne peuvent pas baisser pour cette raison-là.
08:42Même avec une inflation qui a été un peu déroutante.
08:45Oui, alors il y a plein de PDG aux côtés de Donald Trump qui ont atterri en Chine tout à
08:48l'heure.
08:48Y compris Jensen Young, le patron d'Nvidia.
08:51Il y a aussi Elon Musk, le patron de Goldman Sachs, de Boeing, d'Apple, de BlackRock, de Citi, de
08:55Meta.
08:55Les grands patrons de Wall Street y sont.
08:57En fait, c'est simple.
08:58Il y a à bord d'Air Force One, plus de 20 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
09:0220 000 milliards de dollars accompagnent Donald Trump.
09:05C'est fou.
09:0620 000 milliards de dollars, c'est tout un symbole.
09:0820 000 milliards de dollars, c'est plus que tout le PIB de la Chine.
09:11Le PIB annual de la Chine, c'est 18 000 milliards.
09:13Ça vous montre l'enjeu en tout cas.
09:14Et c'est cette fois le PIB de la France.
09:16Après, on ne compare pas des stocks et des flux, mais ça montre quand même l'ampleur.
09:20Petit problème, effectivement, l'inflation, le consommateur américain qui répond au moins en moins présent.
09:25On voit que pendant que les valeurs tech sont sur les plus hauts,
09:27McDo au contraire est sur les plus bas de deux ans.
09:29Est-ce que Wall Street pourra continuer de monter, même sans les consommateurs,
09:32et même si l'inflation accélère ?
09:34La Fed peut-être relève ses taux.
09:35Désormais, le marché anticipe à 30% une hausse des taux cette année de la Fed.
09:39Oui, c'est vrai, on a très peur sur le consommateur américain ou même européen, bien sûr.
09:43C'est un peu un canari dans la mine, comme on dit.
09:45Quand il arrête de chanter, on voit bien qu'il y a un vrai problème.
09:48Pour l'instant, effectivement, il y a des faiblesses du revenu personnel.
09:52Il y a les remboursements d'impôts qui sont arrêtés.
09:55Il y a l'impact carburant.
09:56Il y a les réductions des subventions de santé.
09:58Donc, il y a beaucoup de choses.
09:59Le taux d'épargne aux Etats-Unis est au plus bas.
10:02Aujourd'hui, on est sur un super cycle d'investissement.
10:04On n'est pas sur un super cycle de consommation.
10:06Et c'est pour ça qu'en bourse, pour l'instant, l'investissement drive l'optimisme des investisseurs,
10:11moins le consommateur et encore moins en Europe.
10:13Et c'est probablement, même s'il y a une fin de guerre,
10:15probablement il y aura un short squeeze, comme on l'appelle,
10:17qui peut, si la guerre s'arrête, il y aura un short squeeze.
10:20C'est quoi un short squeeze ?
10:21Un short squeeze, ce sera un rebond très fort des secteurs qui ont été mal menés ces derniers temps.
10:27Mais clairement, sur le consommateur, en tout cas en bourse, pour l'instant,
10:30c'est prématuré de le jouer.
10:32Et même s'il y a la Coupe du Monde qui arrive et que ça pourrait donner une forme de
10:35dynamisme,
10:36le cycle lié au consommateur, pour l'instant, montre peu d'enthousiasme.
10:40Donc il faudra y faire attention et on en reparlera, Guillaume.
10:42David Crucq, avec nous aujourd'hui et futur marié.
10:45Donc dans un mois, on est ravis, David.
10:47Merci de nous l'avoir annoncé aussi auprès de nos auditeurs.
10:49On est toute une famille.
10:50D'ailleurs, ça tombe un jour de BFM, donc il faut que j'appelle Julie.
10:53Elle est en face de vous, Julie.
10:55Ah non, ne m'appelez pas, je serai en vacances.
10:57Vous ne serez pas là, vous manquerez à l'appel alors le jour de votre mariage.
11:00Voilà, exactement.
11:01Ce n'est pas sympa.
11:01On n'est pas invité.
11:03Vous avez mal choisi.
11:04Merci beaucoup.
11:05Elle a bien choisi en tout cas.
11:06Merci beaucoup, David, de nous avoir accompagné.
11:07David Crucq, la financière de l'échiquier.
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