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  • il y a 6 heures
Ce jeudi 23 avril, Alexandre Hezez, stratégiste indépendant, s'est penché sur les marchés actions déconnectés des contextes macroéconomique et géopolitique, l'Euro Stoxx 600 battu par le S&P depuis janvier, et le chiffre d'affaires de L’Oréal supérieur aux attentes, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.


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Transcription
00:00Alexandre Rézé est avec nous aussi. Bonjour Alexandre.
00:02Bonjour.
00:02Vous allez rendre votre verdict face aux marchés prononcés dans un instant en direct.
00:06Ce verdict que vous allez prononcer, c'est cet instant qu'on va vivre ensemble.
00:09Est-ce que vous l'assumez ?
00:10Je l'assume, Guillaume.
00:12On vous écoute.
00:14Écoutez, les faits pour l'instant me donnent raison,
00:17mais les marchés actions sont complètement déconnectés
00:20à la fois de la géopolitique et de la macroéconomie.
00:24Oui.
00:25Les marchés déconnectés, marchés actions déconnectés
00:28du contexte géopolitique et macroéconomique à vos yeux.
00:31C'est-à-dire que la hausse des marchés,
00:32et c'est surtout vrai à Wall Street où on bat des records,
00:34cette hausse vous semble absurde aujourd'hui ?
00:36Alors, il faut regarder les faits parce que, d'une certaine manière,
00:40il y a des raisons à cette déconnexion des marchés actions
00:43par rapport à la macroéconomie et la géopolitique.
00:46Alors, les faits, évidemment, on se retrouve avec un pétrole à près de 100 dollars.
00:51Les taux ont monté.
00:53Et d'une certaine manière, on sait qu'on va avoir
00:56une anticipation d'inflation beaucoup plus forte
00:59et des consommateurs, un pouvoir d'achat qui va s'amenuire.
01:02Donc, normalement, en tout cas, pour le consommateur,
01:04ça devrait être négatif pour l'économie.
01:06Or, en fait, les entreprises, elles,
01:07elles se sont complètement adaptées.
01:09Et on voit les grandes entreprises des indices, évidemment.
01:12Elles se sont adaptées.
01:13Et d'une certaine manière, ce n'est plus le potentiel de consommation
01:17qui va faire fonctionner les bénéfices et l'économie,
01:21mais l'investissement.
01:22Et on voit que, d'une certaine manière, ce qui est en train de se passer
01:25ne remet pas du tout en cause les investissements à long terme
01:28qui sont faits sur, à la fois, évidemment,
01:31sur l'intelligence artificielle et les semi-conducteurs,
01:34et aussi sur la souveraineté, on va dire,
01:38tout ce qui est défense, réseau électrique, etc.
01:39Tout ça n'est pas remis en cause.
01:41Et c'est une des raisons pour lesquelles, finalement,
01:43les entreprises, parce que là, on parle de la microéconomie,
01:46s'adaptent très bien à la situation actuelle.
01:49C'est ça, parce qu'on peut s'étonner de voir les marchés,
01:51surtout Wall Street, sur les plus hauts historiques,
01:53pendant que le moral des consommateurs, lui, est au plus bas historique.
01:55Vous dites, oui, mais le monde a changé.
01:57Et pour l'instant, on verra combien de temps ça dure,
02:00mais pour l'instant, la croissance, elle est portée,
02:01non pas par la consommation, même si elle tient quand même,
02:03mais plutôt par l'investissement.
02:04Et de ce point de vue, on a de quoi être rassuré.
02:06L'investissement n'est pas à ce stade vraiment impacté par la guerre.
02:08Non, l'investissement n'est pas impacté par la guerre,
02:11n'est pas impacté non plus par les hausses de taux.
02:13Je rappelle quand même qu'on a démarré l'année
02:15avec des baisses de taux des banques centrales.
02:17Là, on est à potentiellement et certainement des hausses de taux,
02:21notamment de la BCE.
02:22Alors, on ne sait pas encore où la Fed se maintiendra,
02:25mais normalement, ça aurait dû effectivement avoir un impact sur les marchés.
02:28Ce qui s'est passé aujourd'hui avec les indicateurs PMI,
02:31notamment en Europe, qui sont quand même extrêmement dégradés,
02:35le raisonnement des dernières années, ça aurait été quoi ?
02:37Ça aurait été de dire les PMI sont dégradés,
02:40donc les banques centrales vont agir.
02:41On sait que, de toute manière, les banques centrales sont dans une situation,
02:45en tout cas pour les prochains mois, de statu quo, voire de hausse des taux.
02:49Donc, nous n'avons même pas ce pout de banque centrale,
02:52et pourtant, les marchés tiennent.
02:54Donc, il y a bien une raison à cela.
02:55Et la raison essentielle, c'est que les grandes entreprises,
02:58celles qui sont cotées sur les grands marchés,
03:01effectivement vont bien, elles ont une capacité pour lever de la dette,
03:04et on va certainement en parler sur les résultats que nous avons eus aujourd'hui,
03:07mais on voit cette capacité d'adaptabilité.
03:10Et j'irais même un peu plus loin, à chaque choc,
03:12en fait, on a l'impression que les entreprises prennent de l'avance,
03:16et c'est une manière, encore une fois,
03:18d'accélérer leur changement de paradigme, en tout cas, en interne.
03:23C'est hyper intéressant.
03:23À chaque choc, les entreprises prennent de l'avance,
03:25et c'est peut-être à nouveau le cas en ce moment.
03:26Alors, on regarde aussi les publications des entreprises,
03:29ça aussi, c'est un moteur à la hausse des marchés, c'est vrai,
03:31parce qu'on est à 88% de bonnes surprises, là, aux Etats-Unis,
03:34depuis le début de cette saison, et 58% ici en Europe.
03:37Alors, aux Etats-Unis, effectivement, on voit que les résultats sont très bons.
03:40Alors, on voit que parfois, ils ne suffisent pas.
03:43Prenons un secteur qui est, pour moi, le secteur central, en tout cas,
03:47de la hausse des marchés, en termes microéconomiques,
03:50qui est le secteur financier.
03:51En fait, tant que le secteur financier fonctionne,
03:54on ne peut pas s'attendre à des baisses durables ou à un krach de marché.
03:57Les résultats des banques ont été très bons et vont être très bons.
04:01Donc, on a une santé financière qui est bonne.
04:03Le rouage, en tout cas, les taux d'intérêt vers l'économie réelle se passent bien.
04:09Et on a des résultats, effectivement, des entreprises qui,
04:13sinon anticipent, en tout cas, se mettent en ordre de bataille
04:16pour potentiellement, effectivement, des baisses de consommation,
04:19mais surtout des hausses d'inflation qu'elles répercuteront
04:23comme elles l'ont fait les années précédentes.
04:24Et pour l'instant, les entreprises tiennent la ligne de grêle
04:26parce qu'effectivement, sans doute, ajustent-elles un peu la voilure
04:29sans pour autant abaisser leurs prévisions.
04:32Très peu d'entreprises relèvent leurs prévisions,
04:33mais très peu les abaissent, malgré les incertitudes.
04:35Eh bien, on s'étonnait, en fait, au début du conflit,
04:39qu'il n'y ait pas de révision de la part des analystes de résultats sur 2026.
04:44Eh bien, finalement, pour l'instant, ça leur donne raison,
04:46puisque les entreprises elles-mêmes ont une visibilité,
04:50encore une fois, sur l'investissement
04:52qui est finalement suffisant pour les marchés.
04:55Mais gare quand même aux consommateurs.
04:57Enfin, on se demande combien de temps ça peut dire juste sur l'investissement.
04:59Alors, la consommation, elle n'est pas complètement en berne,
05:01mais on sent une frilosité des consommateurs quand même.
05:04L'Oréal a publié ses résultats.
05:05Ils sont supérieurs aux attentes.
05:06Le titre L'Oréal, c'est un carton.
05:07À la Bourse de Paris, aujourd'hui, le titre gagne 8%.
05:10Mais, dans sa publication, L'Oréal dit observer ce qu'on appelle un effet rouge à lèvres,
05:14à savoir que les femmes se mettent de plus en plus de rouge à lèvres.
05:17Alors, dit comme ça, on s'en fiche un peu.
05:19Non, pas du tout, on ne s'en fiche pas,
05:20parce que la cosmétique compense le stress ambiant.
05:23Et historiquement, manifestement,
05:26la consommation de rouge à lèvres augmente
05:27quand les gens ont l'impression de perdre du pouvoir d'achat.
05:30C'est-à-dire que, par le rouge à lèvres et par les cosmétiques,
05:33combler un sentiment de déclassement.
05:35Alors, l'effet rouge à lèvres a été mis en place, en fait,
05:39après la crise de 2007, par le patron d'Estelle Audeur,
05:44et a mis en place un espèce d'indice, l'Elliptic Index,
05:48pour montrer que, lors des crises, en tout cas,
05:50au début de crise, quand le consommateur était frileux,
05:52il allait plutôt vers des petits plaisirs, plus ou moins chers,
05:56plutôt que des grandes consommations.
05:59Alors, est-ce qu'on est dans un effet rouge à lèvres ?
06:02Alors, effectivement, je pense qu'il faut prendre rouge à lèvres
06:04de manière beaucoup plus globale maintenant.
06:06C'est tout ce qui est cosmétique.
06:07Et c'est vrai que L'Oréal en profite actuellement,
06:11sur la dermatologie, sur le maquillage, la cosmétique,
06:14à peu près sur toutes les zones.
06:15Ce qui est intéressant, c'est le...
06:16Compensé par les cosmétiques, une sensation de déclassement.
06:19Ça peut faire partie aussi du succès de L'Oréal.
06:21Exactement.
06:22En termes comportemental, effectivement, ça se met en place.
06:25Ce qui est intéressant chez L'Oréal, c'est le fait que
06:27les marques premium, notamment en Chine, ont très bien fonctionné.
06:31Ce qui montre, alors, il faut voir parfois les conclusions macroéconomiques,
06:35mais c'est vrai qu'en Chine, on voit que la croissance,
06:39quand même, est en train de repartir.
06:41Et ça, c'est une très bonne nouvelle, en tout cas,
06:42pour la croissance chinoise.
06:45Mais la consommation de base, là, on l'a vu avec Tesco
06:48et Sainsbury au Royaume-Uni.
06:50Là, en revanche, ceux-là font partie de ceux
06:53qui ont réduit leurs objectifs pour l'année.
06:55Donc, il y aura quand même un impact.
06:56On ne l'a pas vu chez les cas.
06:57Il y aura un impact.
06:58Et ce que je trouve extrêmement intéressant en ce moment,
07:01c'est que l'impact microéconomique des fondamentaux des entreprises,
07:04de la stratégie d'entreprise,
07:06même dans des secteurs qui sont équivalents, joue beaucoup.
07:09L'Oréal a quand même transformé son business de manière assez forte.
07:11L'intégration de l'IA dans toute sa scène logistique
07:15et dans la distribution.
07:18Et c'est vrai que l'Oréal apparaît un peu comme un troublion.
07:21Est-ce que l'Oréal est une valeur du luxe ?
07:23Oui et non, en fait, entre les deux.
07:25Mais on voit qu'à côté des LVMH, Hermès,
07:27qui souffrent beaucoup et qui n'ont plus cette qualité premium
07:30dans un environnement dégradé,
07:32l'Oréal gagne des parts de marché.
07:34Donc, ce n'est pas le marché en lui-même qui fonctionne.
07:37C'est que là, on a l'Oréal qui gagne des parts de marché.
07:39Et là, c'est véritablement un changement pour cette société.
07:42Peut-être un autre signe de stress des consommateurs,
07:44Nestlé, cette fois.
07:45On est toujours vraiment plein pied dans la consommation.
07:47Nestlé, porté aussi aujourd'hui par sa publication,
07:50le titre gagne 5% à Zurich.
07:52Nestlé nous dit que ses ventes qui cartonnent le plus,
07:54ce sont le café et les aliments pour animaux.
07:57Oui.
07:59Alors, les chats ne mettent pas de rouge à lèvres,
08:01mais c'est un peu le même effet sur les animaux de compagnie.
08:04Quoique, on ne sait pas.
08:06C'est un peu le même effet sur les animaux de compagnie.
08:09Le café, c'est un aliment déstressant.
08:11C'est vrai que le consommateur a plus une appétence
08:14pour des produits comme le café.
08:16Et évidemment, les chats sont un substitut,
08:19on va dire, au stress assez important.
08:22Bon, voilà.
08:22On a parlé de consommation,
08:23on n'a pas assez parlé de tech.
08:25Parce que la star, la vraie star devant l'Oréal,
08:27encore mieux que l'Oréal,
08:28c'est STMicroelectronics aujourd'hui.
08:29Le grand retour d'STMicroelectronics,
08:31assez incroyable.
08:31Publication portée en plus par les clients traditionnels.
08:34Les clients dans l'automobile d'STM se réveillent,
08:37nous dit le groupe.
08:37Et donc, publication saluée,
08:38plus 12% aujourd'hui STM.
08:39Et là, on regarde depuis le début de l'année,
08:41on est à plus 80% sur STM.
08:44Oui, alors, STM ne se réveille pas aujourd'hui
08:46parce qu'on est quand même à 80% depuis le début de l'année.
08:48Donc, c'est vraiment une appétence pour une société
08:52qui a des technologies de pointe
08:55pour des clients comme Samsung,
08:57comme Apple, comme Amazon.
08:59et près de 200 000 clients.
09:02Et c'est vrai que ça fait partie de ces pépites
09:03sur les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle
09:07que l'on aime voir en Europe
09:09et plus précisément en France.
09:10Et les résultats sont extrêmement bons.
09:12Dans l'automobile, alors, c'était extrêmement dégradé,
09:14mais on voit que ça profite à des secteurs,
09:17effectivement, les équipementiers,
09:18Forvia, etc.
09:19Aujourd'hui, on voit qu'il y a peut-être un retour.
09:21Et ce qui est peut-être le plus intéressant chez STM,
09:24c'est qu'on voit une normalisation des stocks
09:25chez les clients et voire même dans l'automobile.
09:27Donc, c'est peut-être le début d'un nouveau cycle,
09:30en tout cas, pour STM chez ses propres clients.
09:32On croise les doigts pour eux.
09:33STM encore en hausse aujourd'hui de 12%.
09:35La Dassault Systèmes aussi,
09:36Dassault Systèmes qui a publié et qui gagne 3%.
09:39C'est fini, l'enfer, là, en bourse pour Dassault Systèmes ?
09:41Dassault Systèmes, c'est moins 50% de pull.
09:44Ça souffre un peu de toute cette idée
09:46dont vous aviez parlé sur les logiciels.
09:48Mais je pense que, en tout cas, là aussi,
09:51Dassault Systèmes est en train de mettre en place
09:53l'intelligence artificielle chez ses clients industriels,
09:56qui est une spécificité de Dassault Systèmes
09:58avec son programme 3D Experience
10:01qui permet de gérer l'ensemble de la logistique
10:05chez ses clients.
10:06Donc, là aussi, il y a une transformation
10:08qui est en train de se faire
10:09et on est peut-être au début d'un retour.
10:12La tech qui monte encore aujourd'hui,
10:15l'indice sectoriel des semi-conducteurs
10:16est en hausse en moyenne de 2%.
10:18D'ailleurs, c'est ça, 17e hausse d'affilée aujourd'hui.
10:21Série record pour les semi-conducteurs.
10:23Dassault Systèmes n'est pas dans les semi-conducteurs,
10:24mais on est dans cette tech portée par les semi-conducteurs.
10:26De toute façon, merci beaucoup,
10:28Alexandre Ezey, de nous avoir accompagné,
10:29stratégiste indépendant.
10:30Merci.
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