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  • il y a 1 jour
Ce lundi 11 mai, Valentine Ainouz, responsable de la stratégie taux chez Amundi Institute, et Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud Asset Management, sont revenus sur les multiples enjeux en lien avec la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, la hausse de la tech sur les marchés boursiers, et notamment l'introduction en bourse de SpaceX, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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00:01BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre.
00:06Valentin Bissat, chef économiste, stratégie senior pour Mirabohem.
00:10Bonsoir Valentin.
00:11Bonsoir.
00:11Et Valentin et nous, vous avez fait exprès Valentin et Valentin, vous avez fait exprès ou pas ?
00:17Super duo en perspective.
00:18Ah bah énorme, Valentin vous avez trouvé Valentin et Valentin a trouvé son Valentin.
00:21Ça va pas être pratique pour moi.
00:23On va peut-être pas aller jusque là, on va dire qu'on va faire un bon coup.
00:25Je vais vous appeler par vos deuxièmes prénoms.
00:25La réunion a été organisée.
00:27Oui, je vais vous appeler par vos deuxièmes prénoms, tiens ce sera plus rigolo.
00:29Valentin, c'est quoi votre deuxième prénom ?
00:31C'est Lucie.
00:32Et vous Valentin ?
00:32Je n'en ai pas.
00:33Vous n'en avez pas ?
00:34Alors Lucie et Valentin, on va le faire comme ça alors Valentin si vous voulez bien.
00:36Non, je plaisante, Valentin.
00:39Oui, mais vous êtes l'ancêtre.
00:41Valentin, bon pour Amundi Institute, on a aussi luci.
00:45Le CAC 40 ce soir recule d'un pour cent.
00:48Les marchés européens sont en baisse.
00:49Wall Street en revanche est en hausse, comme d'habitude j'ai envie de dire.
00:54La raison c'est l'impasse toujours en Iran et on sait que Wall Street est moins dépendant de ce
00:57qui se passe en Iran que les marchés européens.
00:59Dans deux jours, Donald Trump rencontrera Xi Jinping.
01:02Ce sera la première visite d'État d'un président américain là-bas en Chine depuis huit ans.
01:06La dernière fois c'était déjà Donald Trump d'ailleurs.
01:08Dans ce contexte de guerre en Iran, ils vont se rencontrer, les présidents américains et chinois.
01:12Donald Trump et Xi Jinping sont dans un bateau.
01:14Qui tombe à l'eau ?
01:16Valentin.
01:17Chacun évidemment va essayer de pousser son agenda.
01:20On sait que Trump va vouloir mettre en avant la situation en Iran.
01:24Il faut qu'il obtienne cette réouverture du détroit d'Hormuz.
01:27Il va vouloir aussi probablement parler de la guerre commerciale, de l'importation des terres rares.
01:32C'est évidemment extrêmement important pour les États-Unis.
01:35De son côté, Xi Jinping essaiera de mettre sur la table le sujet de Taïwan.
01:41Également de la guerre en Iran, mais plus de l'optique de l'importation du pétrole.
01:46Puisqu'on sait que la Chine est un importateur important du pétrole iranien.
01:49Donc chacun va essayer de tirer la couverture à soi.
01:52On verra qui va l'emporter.
01:54Oui, ça va être intéressant de regarder ce rapport de force.
01:57Effectivement, les grands sourires aussi quand même sur le tapis rouge.
02:00C'est une visite d'État.
02:02Visite d'État, ce n'est pas forcément une réunion de travail.
02:04Une visite d'État, on est dans le protocole, dans l'or, les lustres, le champagne, etc.
02:09Le protocole.
02:10Qu'est-ce que vous attendez, vous, Valentin, de cette rencontre à partir de mercredi ?
02:13On va déjà regarder le ton de ce meeting.
02:16Est-ce que c'est un ton qui va nous laisser présager un durcissement des relations entre les États-Unis
02:22et la Chine ?
02:23Ou un assouplissement ?
02:24Je pense que les sujets pour débattre, ils vont être nombreux.
02:27Ils vont être sur leurs relations commerciales, la capacité de la Chine à importer du soja américain.
02:34Ça va être aussi les discussions sur les terres rares, sur les droits de donne.
02:39Il y a toute la partie commerciale.
02:40Il y a toute la partie sur l'Iran.
02:42Est-ce que la Chine va faire ou pas pression sur Téhéran pour arriver à un accord ?
02:48Après, il y a Taïwan.
02:50Il y a toute une série de sujets.
02:53Pour moi, c'est est-ce qu'on va sur un assouplissement ou sur un durcissement des relations entre les
02:59États-Unis et la Chine ?
03:00Et après, je pense que dans ce débat-là, il ne faut pas oublier l'Europe.
03:03Parce que pour moi, un fait qui m'a quand même marqué ces dernières années sur l'Europe, c'est
03:08notre hausse d'importation de produits chinois.
03:12Un des grands quand même perdants de ce jeu, aujourd'hui, c'est l'Europe qui importe de plus en
03:17plus de produits chinois.
03:18Et on voit que la concurrence à l'exportation des produits allemands avec la Chine est devenue très très forte.
03:25Et il y a un vrai sujet sur l'industrie allemande.
03:29Donc pour moi, voilà, cette évolution, est-ce qu'on est un durcissement, un assouplissement ?
03:32Et après, qu'est-ce qu'on peut aussi en tirer comme conclusion pour l'Europe, qui est aujourd'hui,
03:36pour moi, dans une position pas favorable ?
03:39Oui, pas en position de force, à moins qu'on puisse dire.
03:41Lequel est en position de force, Xi Jinping ou Donald Trump ?
03:45Certains sur les marchés se disent, plutôt que Xi Jinping, parce que Xi Jinping a l'oreille de Téhéran.
03:50Et que Xi Jinping pourrait, si Donald Trump peut lui demander, pourrait demander à Téhéran de rouvrir, pourquoi pas, le
03:55détroit d'Hormuz,
03:56d'assouplir sa position face aux États-Unis, mais en échange de concessions, de concessions américaines.
04:00Par exemple, les États-Unis qui rouvriraient l'accès chinois aux puces NVIDIA.
04:03Aujourd'hui, les dernières puces NVIDIA ne sont pas exportées vers la Chine.
04:06Washington pourrait concéder, sur ce point, histoire d'obtenir de la Chine une pression en faveur d'une réouverture du
04:11détroit d'Hormuz.
04:12Est-ce que vous imaginez ce scénario-là, par exemple ?
04:13Oui, c'est possible.
04:14En tout cas, ce qui est sûr, c'est que maintenant, c'est un rapport de force, je dirais, qui
04:18est équilibré.
04:21On a vu comment la Chine a très fortement résisté aux pressions sur les hausses de droits de douane,
04:27en négociant notamment l'accès à ces terres rares.
04:29La Chine a aujourd'hui des très belles cartes dans son jeu pour négocier avec les États-Unis.
04:35Donc, ce n'est pas un rapport de force aujourd'hui qui est asymétrique en faveur des États-Unis.
04:39On n'est absolument pas dans cette configuration.
04:41On a Nvidia qui gagne 3% sur l'idée que peut-être les États-Unis feront une concession en
04:45matière d'exportation de plus Nvidia vers la Chine.
04:47Plus d'exportation vers la Chine égale plus de business, Nvidia gagne 3%.
04:51Là, Valentin ?
04:51Oui, vous parlez du fait que c'était une visite d'État, mais il faut savoir que cette visite d
04:55'État, elle était préparée.
04:56On sait qu'il y a déjà eu beaucoup de rencontres qui ont été faites en amont.
04:59Et on sait aussi que beaucoup de sociétés, Boeing en particulier aussi, le président de Boeing, est aussi invité à
05:03cette visite d'État.
05:04Donc, dans tous les cas, on sait que c'est aussi l'occasion pour les sociétés de négocier des nouveaux
05:10contrats.
05:10On a parlé de Nvidia.
05:12Il y a évidemment aussi la possibilité de vendre une partie de tout ce qui est alimentation, soja à la
05:17Chine en échange de terres rares.
05:18Donc, on se dirige quand même vers cette situation où on pourrait avoir une réduction des tarifs entre les États
05:24-Unis et la Chine.
05:25Et puis, des échanges de bons procédés, si on peut le dire ainsi.
05:29Alors, un autre éditeur qui nous écrit beaucoup en ce moment, il s'appelle CryptoIA Décodé sur X, nous dit
05:34« Tout le monde va être déçu par cette rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. Pourquoi ? Parce que
05:38la Chine veut du calme et Donald Trump, au contraire, veut d'un scoop. Il n'y aura ni calme,
05:42ni scoop. »
05:43Ah, Donald Trump, il veut un deal quand même.
05:46Quel deal il va avoir ?
05:47Ah, il veut une...
05:48Donald Trump veut quand même une fin au conflit au Moyen-Orient.
05:53Donc, chacun va diriger le narratif à sa manière. De toute façon, on sait que Trump a l'art du
05:58narratif.
05:59Donc, il va de toute façon, de manière domestique, imposer son propre narratif et probablement que Xi Jinping le fera
06:05de même en Chine.
06:06La Chine qui est, alors on ne l'avait pas vu venir, le stabilisateur du marché pétrolier mondial en ce
06:10moment.
06:10Les importations de pétrole chinoises ont chuté depuis le début de la guerre en Iran de 30%, soit 3,5
06:16millions de barils importés en moins chaque jour.
06:18Ça représente toute la consommation du Japon quotidienne, du Japon.
06:22C'est comme si le Japon avait cessé, depuis le début de la guerre en Iran, avait cessé de consommer
06:27du pétrole.
06:28Tout ce que la Chine n'importe plus en pétrole extérieur.
06:30Et au contraire même, la Chine exporte une partie de son pétrole, notamment vers les autres pays asiatiques et un
06:35peu aussi vers l'Europe.
06:35La Chine est en train de réguler, de stabiliser, de modérer les effets du détroit d'Hormuz sur les prix
06:40du pétrole.
06:41Oui, ce qu'on a vu, c'est que le détroit d'Hormuz, c'était à peu près 20 millions
06:44de barils par jour qui ne passaient plus à travers le détroit d'Hormuz.
06:47Avec les rééquilibrages, l'exportation par la mer Rouge, etc., on était arrivé à une situation où il y avait
06:53un manque d'à peu près 12 millions de barils par jour.
06:56Maintenant, si on rajoute effectivement la baisse de la demande en provenance de Chine,
06:59il faut aussi parler des États-Unis également, puisque les États-Unis ont augmenté leur exportation.
07:04Précédemment, ils exportaient à peu près 4 millions de barils par jour.
07:07On parle maintenant de 7 millions de barils par jour.
07:09On ne sait pas pendant combien de temps ils seront capables d'exporter avec de telles capacités.
07:14Mais on voit que le marché se rééquilibre du côté de l'offre, du côté de la demande.
07:18Et puis, on est dans une situation initiale quand même où les inventaires étaient déjà sur des niveaux très élevés.
07:22Ce qui explique finalement la résilience des marchés et la manière dont les investisseurs voient pour l'instant cette situation.
07:28Et la Chine a manifestement de très grosses réserves de pétrole.
07:30Les niveaux de stocks sont en train de baisser quand même, je pense.
07:33Et ce qui est l'autre point très fort de la Chine, aujourd'hui, mais surtout à moyen terme, c
07:38'est son électrification.
07:39Et la Chine est très en avance sur son électrification.
07:43Et ça, ça va être un point très positif de la Chine aux États-Unis.
07:47Pour moi, dans ce monde d'après post-conflit, le gagnant va être celui qui a une énergie pas chère.
07:54C'est qu'avoir une énergie pas chère, c'est quand même une des clés pour réussir dans la digitalisation
07:59de son économie.
08:00Et ça, ce sera forcément la Chine ?
08:03La Chine, aujourd'hui, avance bien avec l'électrification de son économie.
08:07Des barrages géants encore en construction.
08:09Exactement. Et donc ça, ça permet d'avoir une énergie pas chère.
08:12Et ce qui permet aussi de comprendre pourquoi l'Europe n'est pas aussi impactée qu'elle aurait pu être
08:16par rapport à quelques années auparavant,
08:18c'est que l'Europe a quand même aussi amélioré son mix énergétique, notamment par rapport à 2022, avec la
08:23reprise du nucléaire en France.
08:24Donc ce qui, on est toujours évidemment sensible au prix du pétrole, mais quand même nettement moins qu'il y
08:30a quelques années.
08:30Si la guerre dure davantage, parce que ça fait quand même plusieurs semaines que le marché escompte sur la fin
08:37de la guerre, quoi.
08:37Si ça durait plus que prévu.
08:40Imaginons, par exemple, les réserves de pétrole en Iran.
08:42On disait, à partir de la mi-mai, donc on y est presque, là, les réserves de pétrole en Iran
08:45seront saturées.
08:46Et donc l'Iran devra plier face à Washington.
08:49Si tel n'était pas le cas.
08:51Par exemple, certaines sources nous disent, l'Iran n'est pas encore au niveau de la saturation de ses réserves,
08:56parce que l'Iran est en train de déverser son pétrole.
08:59Et peut-être même dans la mer, il y a des images satellites qui montrent une forme de marée noire
09:02autour de l'île de Kars.
09:03C'est peut-être le signe que l'Iran, justement, pour éviter d'arriver à saturation dans ses réserves, ses
09:07stocks, déverse son pétrole.
09:10Si donc l'Iran parvenait à tenir, en n'atteignant pas le point de saturation de ses réserves, pendant encore
09:14plusieurs semaines,
09:15dans ce cas, les marchés corrigeraient-ils fortement ?
09:17Est-ce qu'ils ont pris trop d'avance sur la paix ?
09:19Les marchés ont pris de l'avance au niveau de la tech.
09:21Ils n'ont pas pris de l'avance au niveau des autres secteurs qui sont plus impactés, pour le coup,
09:25par les fondamentaux économiques,
09:27la consommation, on voit que tous les secteurs de la consommation, les secteurs plutôt défensifs,
09:31ils ont quand même des performances qui restent encore largement inférieures.
09:35On voit que l'inflation, également, est en impact important pour toutes les sociétés actives dans les ventes au détail.
09:43Le consommateur a quand même de la peine à consommer, à augmenter sa consommation.
09:48Donc, on a vraiment des marchés, y compris de l'avance sur la tech, qui est basé sur les résultats
09:52des bénéfices.
09:53Mais tant que le scénario de récession ne revient pas, parce qu'actuellement, avant le début de la guerre,
09:57il y avait plusieurs scénarios. Il y avait le scénario de stagflation, le scénario de récession,
10:02et désormais, le scénario de récession n'est plus le scénario de base de grand monde.
10:07Donc, évidemment, si la situation sur le détroit d'Ormous se poursuit,
10:10que les prix du pétrole retrouvent les 130-150 dollars le baril,
10:14alors le scénario de récession, la probabilité va augmenter assez fortement,
10:17et là, effectivement, les marchés vont corriger.
10:19Et aussi, on bascule là, alors, sur un scénario où on a les banques centrales qui montent leur taux.
10:24Il y a Christine Lagarde qui a même été assez claire,
10:27ils n'ont pas monté les taux au dernier comité de politique monétaire,
10:31mais elle a été assez claire que si cette situation perdure,
10:33la probabilité de monter les taux en juin est très très forte.
10:36Donc là, on bascule dans un scénario où on peut avoir un durcissement des conditions de financement,
10:41avec des banques centrales qui remontent les taux,
10:43et avec une réévaluation du risque sur les actifs risqués.
10:47Et donc ça, c'est sûr que c'est un autre scénario de croissance.
10:50Il faut que la durée de ce conflit, la durée surtout de la fermeture de ce détroit, du blocage,
10:54reste une donnée primordiale pour l'avenir sur les marchés.
10:56Évidemment, ça reste une donnée clé,
10:58mais c'est vrai qu'on peut quand même être surpris de la résilience des marchés et des économies
11:04à la durée de ce conflit,
11:05parce qu'on était quand même plutôt sur un conflit dur six semaines et attention, catastrophe.
11:09Là, il y a quand même une résistance qui est beaucoup plus forte.
11:13– Effectivement, on est entré dans le troisième mois de conflit, là.
11:16Peut-être les Iraniens déversent-ils leur pétrole en mer
11:19histoire de ne pas avoir leurs stocks trop saturés rapidement,
11:22et donc peut-être que ça durera encore.
11:23Et pourtant, les marchés Wall Street sont encore en hausse aujourd'hui.
11:25Le S&P 500 gagne 0,2% grâce à la tech,
11:29à la résilience de cette économie américaine.
11:31Pour ce qui concerne la tech, qu'est-ce que vous vous dites là ?
11:34C'est exubérant, c'est trop, ça va trop vite, trop haut.
11:39Est-ce qu'il faisait peur il y a six mois fait plus peur aujourd'hui ?
11:42Est-ce qu'on avait raison il y a six mois ou est-ce qu'on a raison aujourd'hui
11:44?
11:44Comment vous regardez cette incroyable, je ne sais pas comment le dire la tech,
11:48comment qualifier ça, cette incroyable fusée que constitue le secteur tech
11:51et la concentration du marché américain, du coup, qui s'aggrave ?
11:54– Non, on ne peut pas remettre en cause le fait qu'effectivement,
11:56il y a une euphorie assez forte, que ce soit de la part des investisseurs,
11:59mais aussi des investisseurs institutionnels, pas seulement les retails également.
12:04Donc, cette euphorie, elle est là, elle s'explique évidemment par les fondamentaux.
12:08Vous avez parlé en introduction de la saison des bénéfices sur le premier trimestre.
12:11Les bénéfices sont là.
12:12Ensuite, on sait que ces bénéfices sont fortement liés à ces fameux hyperscalers
12:17qui font finalement le jeu de tout cet écosystème lié à l'IA.
12:21Mais tant que les hyperscalers continuent à investir
12:25et que finalement on voit les bénéfices de ces modèles d'IA,
12:28et en tropique, par rapport aux derniers modèles qu'ils ont présentés,
12:31on voit quand même que l'impact est positif sur les marges et sur les résultats.
12:35Là, c'est cet écosystème qu'on peut continuer à s'entretenir.
12:39Maintenant, il est évident qu'une hausse de 60% des semis en quelques semaines,
12:44c'est quelque chose quand même qui est de très rapide
12:47et ça soulève évidemment des questions.
12:49Ce n'est pas une tendance qui peut se poursuivre.
12:50Ce n'est pas une tendance qui peut se poursuivre d'après vous.
12:52Même si la demande est là, la croissance, l'hypercroissance, c'est au rendez-vous.
12:55En face, il y a des résultats.
12:56Au rendez-vous, mais alors si on veut une croissance supplémentaire,
12:59alors il faudra une poursuite de la croissance des bénéfices.
13:01Pour l'instant, on n'est pas encore là.
13:03SC Microelectronics est encore en hausse aujourd'hui à Paris, dans les semi-conducteurs.
13:06Intel est sur un nouveau plus haut historique encore aujourd'hui, plus 3,5%
13:09parce que ça y est, Intel a signé avec Apple un protocole d'accord
13:13pour fabriquer des puces d'IA pour Apple.
13:15C'est Intel qui les fabriquerait parce qu'Apple veut moins dépendre de TSMC,
13:19notamment du Tiwanais TSMC.
13:20Donc voilà, on viendrait relocaliser chez Intel la production
13:23plutôt que de trop dépendre de TSMC.
13:25Ce qui est très amusant, c'est qu'on observe aussi cette concentration
13:28d'un point de vue macro.
13:30Si on regarde la croissance aux États-Unis, on a une croissance qui reste quand même très résiliente
13:34à 2%, mais la moitié de la contribution à cette croissance, ça vient des investissements de la tech
13:40et pas des investissements de l'ensemble des économies.
13:43Non, des investissements des cinq grandes boîtes de la tech pour 700 milliards.
13:47Donc on a aujourd'hui une macro, une économie aux États-Unis
13:50qui est portée par l'investissement de cinq entreprises
13:53et qui est portée par l'investissement des ménages les plus riches.
13:57Et cette conso des ménages les plus riches, elle est aussi portée par un marché actions
14:02qui performe grâce aux boîtes de la tech.
14:04Donc pour moi, l'économie américaine aujourd'hui, sa performance,
14:08la même façon de la performance boussière,
14:10mais la performance d'avoir une croissance qui reste au-dessus du potentiel
14:13pour l'année prochaine, c'est vraiment un pari sur l'IA aujourd'hui.
14:16Oui, et c'est un bon pari ou pas ?
14:18Pour moi, c'est un bon pari évidemment, il n'y a pas d'autre pari à jouer en ce
14:23moment.
14:23Est-ce qu'on a le choix ou pas ? Non, donc c'est un pari que l'économie américaine
14:28doit tenir.
14:28Et pour moi, pour que ce pari tienne, il y a une condition qui est importante,
14:31c'est que la fête baisse ses taux.
14:33Parce qu'il faut qu'il y ait un élargissement de ce cycle de CAPEC,
14:35qu'elle ne soit plus juste l'histoire de cinq entreprises,
14:37mais que ce soit l'histoire de l'ensemble du secteur corporate américain.
14:43Et on voit qu'aujourd'hui, les conditions de financement,
14:46elles sont peut-être très correctes pour les ménages les plus aisés,
14:49très correctes pour les grandes entreprises,
14:51mais on a une partie de l'économie américaine aujourd'hui qui souffre,
14:54qui fait face à des conditions de financement qui sont restrictives.
14:57Les ménages les moins aisés, les taux sur les cartes de crédit sont super ravens.
15:00On voit les petites entreprises qui empruntent sur des taux courts.
15:03Les taux courts restent élevés.
15:05On voit aussi l'immobilier résidentiel qui est complètement à l'arrêt
15:08avec des taux mortgage à 7%.
15:10Donc pour moi, pour qu'on ait une croissance qui reste au-dessus de 7%,
15:13enfin au-dessus, pardon, au-dessus de 2%,
15:15ça fait beaucoup 7%, au-dessus de 2% l'année prochaine,
15:19il faut qu'on ait une faite qui baisse les taux
15:21pour qu'on ait un élargissement du cycle de CAPEC à l'ensemble.
15:24Et c'est vraiment ce que décrit Kevin Walsh.
15:26Il dit que la réussite du pari IA ne va pas se faire tout seul.
15:32Il faut qu'il y ait des investissements.
15:34Et pour qu'il y ait de ces investissements,
15:35il faut que les conditions de financement soient accommodantes,
15:39que les entreprises investissent,
15:40et qu'il y ait aussi une grande partie accordée,
15:43une grande attention accordée à la formation des travailleurs américains.
15:47Oui, alors la formation des travailleurs américains,
15:48sauf que l'IA risque de sabrer un peu le marché de l'emploi.
15:51C'est BNP Paribas qui a publié l'étude suivante.
15:54D'après BNP, dans les 10 ans à venir,
15:55quand une entreprise réduira ses effectifs d'un pour cent,
15:58d'un pour cent,
15:59ce sera pour augmenter de 5% ses investissements dans l'IT,
16:02dans les technologies, l'innovation et l'IA.
16:05Vous réduisez vos effectifs d'un pour cent,
16:07résultat, vous augmentez de 5% vos investissements dans l'innovation.
16:10C'est un ratio qui serait deux fois et demi plus important
16:13qu'il n'était dans les dix dernières années,
16:14en faveur de l'IT et au détriment de l'emploi en l'occurrence.
16:17Est-ce que c'est comme ça qu'on va réussir à élargir
16:19les bénéficiaires de l'IA, de la tech et de la hausse des marchés ?
16:22Ce qui est intéressant, c'est de regarder depuis 2023,
16:25quand ChatGPT a été présenté pour la première fois,
16:27on voit effectivement que les emplois qui sont augmentés par l'IA,
16:32c'est-à-dire la productivité des travailleurs
16:34est augmentée par l'utilisation de l'IA,
16:37on voit que ces emplois augmentent de 4%.
16:38A l'inverse, les emplois qui sont pénalisés par l'IA,
16:42on peut penser par exemple aux emplois dans le back-office,
16:44on voit que la création d'emplois a baissé de 2% depuis 2023.
16:49Donc finalement, on rentre de nouveau dans une économie
16:51dont on avait parlé aussi en début d'année,
16:52une économie qu'on appelle en forme de K,
16:55avec des gagnants, des perdants,
16:56très difficile à gérer, on parlait de la Banque Centrale Amérique,
16:58mais ça va être un K majuscule, très difficile à gérer pour une Banque Centrale,
17:03parce que finalement on a deux classes de la population,
17:07ceux qui bénéficient et ceux qui souffrent de cette situation,
17:09surtout dans un modèle économique qui est quand même extrêmement libéral,
17:12donc c'est effectivement quelque chose qui est très difficile.
17:15Pour revenir sur les Etats-Unis et sur la nécessité de baisse des taux
17:18de la Banque Centrale Américaine,
17:20on n'y est pas,
17:22puisqu'on est plutôt en train de parler de l'inverse,
17:24puisque trois membres de la Fed dernièrement ont voté contre
17:28le dernier communiqué de la Banque Centrale Américaine,
17:32puisqu'ils ne voulaient pas mentionner en biais de vige,
17:34donc plutôt dans la direction d'une baisse des taux d'ici la fin de l'année.
17:38Donc le scénario reste quand même complexe du côté de la Fed.
17:41Je vois que vous brûlez de parler de la Fed,
17:42on va le faire dans un instant,
17:44parce que Kevin Warch doit succéder à Jerome Powell
17:46vraiment dans les prochains jours, sans doute en fin de semaine.
17:49Juste avant, donc un rappel,
17:50les publications des entreprises hallucinantes aux Etats-Unis,
17:52les bénéfices au premier trimestre des entreprises américaines
17:55ont progressé de, sur un an,
17:57alors la semaine dernière on disait 25%,
17:59puis depuis il y a eu d'autres publications,
18:00on n'est plus à plus 25% sur un an,
18:02on est à plus 28% quasiment sur un an.
18:03C'est prodigieux, c'est prodigieux.
18:06C'est monstrueux.
18:08C'est du Covid à l'envers en performance,
18:10c'est fou, en positif quoi.
18:11Sans effet de base favorable.
18:13En plus, sans effet de base favorable.
18:15Covid c'est normalement avec un effet de base favorable.
18:17Oui, c'est avec des marges,
18:19des croissances de marges qui sont extrêmement impressionnantes.
18:22Mais ça tient sur une jambe.
18:23Ça tient sur quelques valeurs,
18:25des participations minoritaires aussi de quelques géants de la tech
18:27qui font gonfler comme ça les bénéfices moyens du S&P.
18:29Ça interpelle pour l'équilibre de l'économie,
18:33parce que ça va être une croissance
18:35qui va être tirée par l'appréciation du capital.
18:38On est une croissance,
18:39certes les derniers chiffres sur l'emploi étaient corrects,
18:41mais si on regarde les créations d'emplois sur les 12 derniers mois,
18:44on est quand même sur des chiffres les plus faibles de la décennie,
18:47si on exclut les années de récession.
18:49Donc là, ce qu'on voit se dessiner,
18:51c'est d'avoir une croissance sans emploi
18:53et une croissance qui est tirée par l'appréciation du prix des actifs.
18:56L'avenir, pour s'enrichir à l'avenir,
18:59il faudra miser sur le capital plutôt que sur le travail ou pas ?
19:02C'est un débat qui émerge, ça, vraiment.
19:04C'est un débat plus qui émerge,
19:06c'est le débat des dernières années,
19:09où on avait pour moi la problématique,
19:11notamment en Europe,
19:12mais des taux trop bas, trop négatifs,
19:14qui avait pour moi l'inconvénient majeur des taux négatifs,
19:17c'était une appréciation du prix des actifs,
19:19ça portait une appréciation du prix des actifs,
19:21ça entraînait des déséquilibres dans l'économie.
19:23Et là, là-dessus, arrive l'IA,
19:25et l'IA va renforcer cette tendance qu'on avait déjà avant,
19:28où on avait une économie qui était tirée
19:30par l'appréciation du prix des actifs,
19:32où on voyait cette économie en cas,
19:34qui va commencer par s'écarteler.
19:36Et des acteurs de la tech qui s'autonourissent,
19:39t'investis dans mon capital,
19:40en échange, j'achète tes produits, etc.
19:42Ça faisait peur au marché il y a six mois,
19:43ça ne leur fait plus peur.
19:45Est-ce qu'on est sur, en fait, un système en Ponzi, là ?
19:48Est-ce qu'il y a quelque chose du Ponzi
19:49dans la hausse de la tech aujourd'hui ?
19:51Je crois qu'il faut être prudent
19:52qu'on utilise le terme de Ponzi.
19:54Ponzi n'a quand même rien de fondamental.
19:56C'est l'avantage quand vous êtes journaliste,
19:57et vous pouvez poser toutes les questions,
19:58ça n'engage que vous.
19:59Le système de Ponzi repose justement sur du vide,
20:02où justement les nouveaux entrants sont financés
20:04par l'argent des...
20:05les anciens sont financés
20:07par les rentrées d'argent des nouveaux.
20:09Là, on a quand même un système
20:10qui fondamentalement est reposé sur les puces,
20:14sur les modèles d'IA.
20:16Tant que ça monte, on dit c'est génial,
20:18et puis quand ça baissera, on dira,
20:19au contraire, c'est peut-être un Ponzi.
20:21Peut-être qu'on dira ça.
20:22On parlera peut-être d'une bulle ou d'une exubérance,
20:23on ne parlera peut-être pas de Ponzi.
20:25Consanguinité.
20:28Une forte concentration.
20:28Une forte concentration.
20:29Évidemment, là, on est sur...
20:31Ça va se jouer d'un côté ou de l'autre, finalement.
20:32Le marché parie sur le fait que la tech,
20:36que ce pari de l'intelligence artificielle va fonctionner.
20:38Le marché parie également que finalement,
20:40ces grandes sociétés de la tech,
20:42Anthropik,
20:44Tchadjepité, OpenAI,
20:45vont avoir des modèles de pointe
20:47et seront difficilement remplaçables.
20:49On a vu l'année dernière,
20:50quand il y a eu la Chine,
20:51qui est venue avec DeepSix, son modèle.
20:53Là, on a craint la commoditisation, finalement,
20:56de ces modèles d'IA.
20:57C'est un sujet qui est complètement passé au second plan.
21:00Et si ce sujet revient sur la table,
21:02évidemment, ça remettra aussi en cause ces investisseurs.
21:04Et la concentration des marchés américains,
21:05elle vient jusqu'à interroger les syndicats d'enseignants.
21:08D'enseignants américains, pas ici,
21:09mais là-bas, aux États-Unis,
21:11le principal syndicat d'enseignants alerte.
21:13Pourquoi ?
21:14Parce que beaucoup d'enseignants à la retraite
21:16dépendent des fonds de pension.
21:17Et même ceux qui travaillent,
21:18leur avenir, leur retraite future,
21:19dépendra des fonds de pension.
21:20Et donc, dépendent de l'évolution des ETF.
21:22Or, les ETF des Américains,
21:23ils sont très investis, bien sûr,
21:25à Wall Street, par définition,
21:26et donc dépendent de la tech.
21:27Et donc, le principal syndicat d'enseignants
21:29alerte sur l'introduction en bourse à venir de SpaceX,
21:31parce que cette introduction en bourse de SpaceX
21:33va encore renforcer la concentration du marché américain
21:36sur la tech,
21:36et dans la tech,
21:37en faveur de SpaceX.
21:39Autrement dit, la retraite des retraités,
21:41la retraite des enseignants américains,
21:42dépendra d'Elon Musk.
21:43C'est la crainte du principal syndicat d'enseignants aux États-Unis.
21:46Mais ils ont bien raison,
21:47parce que dès qu'on investit aujourd'hui
21:48dans un ETF américain,
21:51action américaine,
21:52on est immédiatement, automatiquement,
21:54on a une très très grosse exposition à la tech.
21:57D'où l'intérêt,
21:58si on veut modérer cette exposition à la tech,
22:01d'aller plutôt sur de la gestion active.
22:03Mais se positionner sur un ETF,
22:06action S&P 500,
22:07c'est immédiatement une très grosse exposition.
22:10Et moi, c'est ce qui souligne...
22:11Et demain, il y aura beaucoup d'Elon Musk
22:13dans le S&P avec SpaceX,
22:14c'est 2000 milliards de capiers attendus.
22:16Mais c'est surtout,
22:17pour moi,
22:17c'est ce qui met en avant,
22:18c'était mes propos précédents,
22:19c'est la très grande dépendance
22:21de l'économie américaine
22:24au marché financier.
22:25C'est soit pour les montants,
22:26si on regarde l'investissement,
22:28ou si on regarde aussi pour la consommation.
22:30Une correction sur les marchés actions
22:32aujourd'hui aux États-Unis,
22:33ça entraînerait immédiatement
22:34un ralentissement très fort de la conso.
22:36Si on regarde, pour moi,
22:37une statistique qui est vraiment importante à regarder,
22:39c'est la croissance du revenu disponible.
22:41Si on regarde le revenu disponible
22:43des ménages américains,
22:44il est vraiment en train de ralentir très fortement,
22:46alors qu'on a une consommation qui tient.
22:48Et ça, ça veut dire que cette consommation,
22:50elle ne s'explique plus du tout
22:51par les revenus des ménages,
22:53mais elle s'explique par l'appréciation
22:55de leur capital.
22:56Donc c'est vrai,
22:57ils ont raison, ces syndicats.
22:59Il y a une très, très grande dépendance
23:01aujourd'hui de la richesse des ménages,
23:03du pouvoir d'achat des ménages
23:04au marché actions.
23:05En même temps, les enseignants
23:06qui préparent leur retraite
23:07ou les retraités actuels américains,
23:08ils sont bien contents
23:09que cette concentration de Wall Street
23:10sur la tête porte Wall Street.
23:12Bien sûr.
23:12Mais il y a un gros risque.
23:14Et là, effectivement,
23:15le principal syndicat d'enseignants américains
23:16alerte la SIC,
23:17le gendarme des marchés,
23:18sur l'intro en bourse de Species
23:19qui va aggraver la concentration du marché
23:22et rendre une partie de Wall Street
23:24dépendant d'un groupe très opaque
23:25et d'Elon Musk,
23:26les humeurs d'Elon Musk.
23:27Ce qui, effectivement,
23:28introduira, on va dire,
23:30le loup dans la bergerie, on va dire.
23:31C'est ça.
23:32Il y a la problématique de la transparence,
23:34effectivement,
23:35liée à la manière
23:36dont Elon Musk gère ses sociétés.
23:40Donc ça, c'est aussi
23:41une des problématiques
23:42qui a été mise en avant.
23:43Mais je rejoins ce que Valentin
23:44a dit sur la consommation.
23:46C'est un sujet fondamental.
23:47On sait que l'économie américaine
23:48est soutenue quand même
23:49sur le long terme
23:50par son consommateur,
23:51par l'activité domestique.
23:53Vous parlez du ralentissement
23:54du revenu disponible.
23:55Ce qu'on voit,
23:56c'est que depuis la sortie du Covid
23:58et même depuis la grande crise financière,
24:00finalement,
24:01le consommateur est soutenu
24:02parce qu'on appelle
24:03l'effet de richesse,
24:04le fait que les marchés ont augmenté
24:05et sont soutenus
24:06le pouvoir d'achat des consommateurs.
24:08On voit que la croissance salariale
24:09a été forte depuis le Covid.
24:10Mais les derniers chiffres
24:11montrent quand même
24:12que la croissance salariale
24:14ralentit également aux Etats-Unis.
24:16Et l'épargne,
24:16on avait eu une accumulisation
24:18de l'épargne
24:19depuis le Covid
24:20et les chèques
24:21qui ont été payés
24:21par les différentes administrations,
24:22notamment Biden,
24:23puis Trump.
24:25On voit que l'épargne
24:26est en train de ralentir
24:27aux Etats-Unis.
24:28Et ce soutien de la croissance
24:30qu'est la consommation privée
24:33va être beaucoup moins fort
24:34dans d'ici en tout cas.
24:35– Valentin,
24:36on peut s'échanger comme ça
24:37des trucs très persos.
24:38À l'instant,
24:38Valentin,
24:39parce que c'est Valentin et Valentin
24:40le club ce soir
24:41pour ceux qui l'enjoignent.
24:42Voilà, Valentin Bissa,
24:42Valentin et nous.
24:43Valentin, vous disiez
24:44votre deuxième prénom
24:45c'est Lucie.
24:45Je ne vous ai pas encore
24:46appelé Lucie d'ailleurs.
24:47– Je peux faire Valentin.
24:47– On va rester sur Valentin et Valentin.
24:49Valentin,
24:50il y a un très légère accent.
24:51Vous êtes originaire peut-être
24:52d'un coin de France
24:53ou de Suisse éventuellement.
24:54– De Suisse.
24:55– Les syndicats d'enseignants en Suisse
24:56s'alarment de la concentration
24:58du marché américain
24:59ou pas ?
24:59Parce qu'ici en France,
25:00pas du tout.
25:00Ce n'est pas le sujet
25:01des syndicats d'enseignants ici.
25:02– Ce n'est pas un sujet.
25:02Le sujet est plutôt lié à l'ESG.
25:04– Ah d'accord.
25:04Ah oui, c'est plus le ESG
25:05ou le franc-suisse,
25:06le niveau du franc-suisse.
25:08– Pour un investisseur en franc-suisse,
25:10la problématique,
25:11c'est le niveau des tons d'intérêt
25:12qui pour le coup est extrêmement faible.
25:13Des coûts de couverture
25:14très élevés pour le franc-suisse.
25:15Donc c'est plutôt
25:16ce genre de thématiques
25:17qui sont mises en avant.
25:17– Et t'encore un coffre-fort
25:19quand on est Suisse.
25:19– Valentin.
25:20– Oui, juste pour comprendre,
25:21si on regarde le bilan
25:23d'un ménage français,
25:25on a 70% de ses actifs
25:27qui sont de l'immobilier,
25:2830% des actifs financiers.
25:30Et sur les actifs financiers,
25:32il y a une grande part,
25:32c'est du dépôt.
25:33Et une part qui reste assez faible,
25:35qui est allouée aux actions.
25:36Un ménage américain,
25:37c'est l'inverse,
25:38c'est le ratio inverse.
25:39On a 30% de l'immobilier,
25:4170% du financier.
25:43Et sur le financier,
25:44c'est la moitié
25:44qui est allouée aux actions.
25:46Donc il est bien évident
25:47que les ménages d'action
25:48via les fonds de pension
25:49sont extrêmement exposés
25:54au marché.
25:55– Et là, en fin de semaine,
25:56l'éléphant dans la pièce.
25:58Kevin Walsh doit succéder
25:59à Jérôme Powell.
25:59La fin du mandat de Jérôme Powell,
26:01a priori, c'est vendredi,
26:02à 98% de probas.
26:04Et donc Kevin Walsh,
26:05en fin de semaine,
26:05sera le nouveau président de la Fed.
26:07Vous attendez quoi de lui ?
26:08Vous êtes spécialiste obligataire,
26:09Valentin.
26:10Déjà, qu'est-ce que vous lui souhaitez ?
26:11Voilà, comme ça,
26:12votre mot de bienvenue
26:12pour Kevin Walsh.
26:13– Je lui souhaite
26:16beaucoup de bonheur.
26:18– Non, j'essaie de maintenir le...
26:20Après, la question va être
26:22sur l'indépendance de la Fed
26:24par rapport à Donald Trump.
26:26Et on voit quand même
26:27que Jérôme Powell
26:28a quand même beaucoup souffert,
26:29que la vie de Jérôme Powell
26:30a été très...
26:30Je lui souhaite une vue
26:31un peu plus douce
26:32que celle qu'a eue Jérôme Powell.
26:33Après, ce qui est vraiment
26:34important de comprendre,
26:35c'est que toutes les banques centrales
26:36sont en mode pause.
26:37Aujourd'hui, il y a des niveaux
26:39quand même d'inflation
26:39qui ne justifient plus,
26:41si on regarde les niveaux de croissance,
26:42les niveaux d'inflation
26:43ne justifient plus
26:44des baisses de taux,
26:46au moins sur les prochains trimestres.
26:49Mais comme je l'ai évoqué
26:50juste précédemment,
26:51pour qu'il y ait
26:52cette croissance qui tient,
26:53cette croissance,
26:53elle est très déséquilibrée aujourd'hui,
26:55il faut qu'il y ait une Fed
26:56qui baisse ses taux.
26:57Donc moi, ce qui m'interroge,
26:58c'est si la Fed ne baisse pas ses taux,
26:59de cette soutenabilité
27:01de la croissance américaine.
27:02– Oui, oui.
27:03Et la quadrature du cercle,
27:04qu'est-ce que vous lui souhaitez
27:04à Kevin Walsh,
27:05votre mot d'accueil
27:06à vous, Valentin ?
27:07– De réussir à ramener
27:08l'inflation à l'objectif,
27:09puisque finalement,
27:10on sort d'une présidence Powell
27:11qui, même si elle était
27:12un succès sur certains points,
27:15l'inflation a été supérieure
27:16à l'objectif
27:16pendant la totalité,
27:18presque,
27:19de la présidence de Powell.
27:21Donc même s'il va être retenu
27:22dans l'histoire
27:23comme un président
27:23qui aura su répondre
27:25aux pressions
27:26sur l'indépendance,
27:27il a bien répondu aussi
27:29à la crise du Covid,
27:31à la crise des banques régionales
27:32également,
27:33donc il a très bien réagi
27:34par rapport à ça.
27:35Par contre, sur l'inflation,
27:36force est de constater
27:37que l'objectif n'est pas atteint.
27:39– Oui, l'Europe pendant ce temps,
27:40alors on sous-performe
27:41par rapport à Wall Street
27:42depuis le début de l'année,
27:42nos marchés d'action européens,
27:44le CAC 40 aujourd'hui encore
27:46par exemple,
27:46perd 0,8%,
27:47l'Eurostock 50 perd 0,3%,
27:48alors que le S&P est en hausse,
27:50l'écart se creuse encore aujourd'hui.
27:52Est-ce qu'en fait l'Europe,
27:54le défaut des marchés européens,
27:55c'est qu'on connaît à l'avance
27:56le devis,
27:56le montant du devis ?
27:58Est-ce qu'il y a un peu de ça
27:59quand on est investisseur
27:59à l'échelle mondiale,
28:00quand on pense à l'Europe,
28:07de Wall Street ?
28:08– Je crois qu'il faut,
28:08plutôt que parler en termes de région,
28:10il faut parler en termes de secteur.
28:11On sait que ce n'est pas
28:11les États-Unis qui surperforment
28:13ou l'Europe qui sous-performe.
28:14Finalement, c'est la technologie
28:15qui surperforme.
28:16On le voit aux États-Unis,
28:17on le voit en Asie,
28:18Taïwan, la Corée,
28:21surperforme énormément aussi
28:22depuis le cessez-le-feu en Iran.
28:26On sait que l'Europe
28:26est très dépendante
28:27de toutes ces sociétés
28:28liées à la santé,
28:30à la consommation de base,
28:31le luxe également,
28:32et qui sont des sociétés
28:33qui non seulement souffrent
28:35des niveaux de taux d'intérêt,
28:36c'est des secteurs défensifs
28:37qui en général bénéficient
28:39de baisers taux d'intérêt.
28:40Là, on est dans la situation inverse,
28:41donc structurellement,
28:42on a ce problème-là.
28:43Et puis ensuite,
28:44le problème inflationniste
28:45vient aussi peser
28:46sur ces sociétés-là.
28:48Donc plus que de faire
28:48un lien entre les régions,
28:50je serais plutôt
28:50un lien entre les secteurs
28:52et on sait que l'Europe,
28:53malheureusement,
28:54n'est pas à la pointe
28:55de l'innovation.
28:56– L'Europe, c'était un pari
28:58sur la reprise industrielle allemande,
29:00quand même,
29:00où on se disait
29:01la force de l'Europe cette année,
29:03c'est la dette sur PIB allemande
29:04qui est à 60%.
29:05Les Allemands vont dépenser,
29:07on va avoir une reprise
29:08après plusieurs années
29:10de croissance à zéro en Allemagne,
29:11on va enfin avoir une reprise.
29:13On était sur une croissance,
29:14qui était au-dessus de 1%
29:15pour l'Allemagne,
29:16et là, on vient de la diviser
29:17par deux, violemment.
29:19Et on se rend compte
29:19que cette reprise en Allemagne,
29:21elle n'est pas forcément
29:21aussi évidente
29:22et qu'on dépend encore
29:24du pétrole.
29:27Et je pense que ce qui pourrait
29:28peut-être soutenir
29:30les marchés actions européens,
29:32c'est si on a une sortie
29:33de ce conflit
29:34et le marché se remet
29:35à être quand même
29:36moins strict
29:37avec les hausses de taux
29:38de la BCE,
29:39ça amènera quand même
29:39une bouffée d'oxygène
29:41au marché
29:41parce qu'on a quand même
29:42aujourd'hui des investisseurs
29:44qui pensent que la BCE
29:45va monter massivement ses taux
29:46et ça, c'est quand même
29:47un risque pour la croissance européenne.
29:48On a le secteur du luxe
29:49qui pèse sur le CAC,
29:50ce soir,
29:50à quelques minutes
29:50de la clôture,
29:51LVMH,
29:52Hermès perdent chacune
29:533-4%
29:54avec en plus
29:54des détachements de coupons,
29:55c'est ce que nous disait Antoine
29:56qu'on retrouvera pour la clôture
29:57dans un instant.
29:58C'est ce que nous disons.
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