- il y a 23 heures
Samedi 16 mai 2026, retrouvez Delphine Moulu (Directrice Générale, Femtech France), Nour Hakiki Belhadi (cofondatrice, Dalia Care) et Nicolas Castoldi (directeur général délégué, AP-HP) dans SMART TRENDS, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:08Smart Trends, c'est le grand rendez-vous des mutations et des tendances sur Be Smart for Change.
00:13Deux fois par mois, l'émission s'installe, vous le savez, au cœur des événements qui font bouger la France
00:18et ses filières, Salon de l'Auto, Salon de l'Agriculture, Fashion Week, VivaTech.
00:23Aujourd'hui, on parle de la santé des femmes à l'occasion du Salon Sant'Expo.
00:28Bienvenue dans Smart Trends.
00:35On parle de la santé des femmes dans ce Smart Trends à l'occasion du Salon Sant'Expo Paris
00:40qui se tient dans quelques jours, 19 au 21 mai, organisé par la Fédération Hospitalière de France.
00:47Il réunit chaque année plus de 30 000 professionnels à Paris, porte de Versailles.
00:51Je vous présente tout de suite mes invités, Delphine Moulu, bonjour.
00:53Bienvenue, vous êtes directrice nationale de Femtech ou Femtech France.
00:57Nour Akiki Beladi, bonjour et bienvenue.
01:00Bonjour.
01:00Vous êtes la cofondatrice d'Ali Aker.
01:02Et Nicolas Castoldi, bonjour et bienvenue.
01:04Vous êtes le directeur délégué auprès du directeur général de l'APHP.
01:10Femtech, je ne sais pas comment vous prononcez.
01:12Femtech.
01:13Femtech créé en 2022, si je ne me trompe.
01:16On va commencer par une petite question de présentation.
01:18Avec quelle ambition, c'est quoi Femtech ?
01:20Alors Femtech France, c'est le nom de notre organisation.
01:22Le but, c'est de développer ce secteur de l'innovation en santé des femmes en France.
01:26Donc on est vraiment sur une filière économique.
01:28Et nous, ce qu'on fait, c'est qu'on accompagne des entrepreneurs.
01:30On en a aujourd'hui plus de 110 qui sont membres de notre organisation, de notre collectif.
01:34Et le but, c'est de les aider à mettre leurs produits sur le marché.
01:37Et il y aura dans ce salon Sant'Expo qui se tient à Paris,
01:41il y aura un espace dédié ou alors c'est une vraie thématique centrale ?
01:46Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
01:47C'est une thématique du salon Sant'Expo cette année.
01:48Ils mettent à l'honneur la santé des femmes.
01:50Et nous, on aura un pavillon Femtech France,
01:51donc un espace de 40 mètres carrés,
01:53avec une partie pour des stands pour les start-up membres de notre collectif,
01:57dont Dalia en fait partie,
01:58et une partie plus pour des prises de parole, des temps forts.
02:01Et on aura aussi des prises de parole sur scène pour dévoyer notre baromètre
02:04annuel de la Femtech en France.
02:06On reviendra sur les prises de parole
02:07et sur peut-être quelques tabous qu'il faut encore lever.
02:11Je veux bien que vous nous présentiez Dalia Care, en quelques mots ?
02:13Oui, donc on a créé une start-up qui s'appelle Dalia,
02:16sur laquelle on développe des produits
02:19qui utilisent le phénotypage digital.
02:21Allons-moi, vous allez m'expliquer, ça tombe bien.
02:24C'est un mot un peu compliqué pour dire qu'on va collecter des données physiologiques
02:27qui vont venir d'objets connectés.
02:29Donc là par exemple, je porte une Fitbit et une Garmin.
02:31On va collecter le sommeil, l'activité cardiaque,
02:33la variabilité de la fréquence cardiaque.
02:35Et à partir de ça, on a développé un algorithme d'intelligence artificielle
02:38qui permet de détecter la dépression
02:40et détecter les anomalies dans la prise en charge de la dépression.
02:43Et dans le cadre de nos produits qui sont en Femtech,
02:47on a détecté la dépression post-partum à partir de ces données.
02:51Ok, on y reviendra en détail évidemment.
02:53Qu'est-ce que vous attendez à un salon comme celui-là ?
02:55C'est important pour une jeune entreprise comme la vôtre ?
02:58Oui quand même.
02:58C'est de la visibilité forcément ?
03:00Sant'Expo c'est quand même le plus gros salon de santé en France
03:04et ça nous permet de rencontrer à la fois des hospitaliers
03:07mais aussi des médecins, des investisseurs
03:09et après des potentielles collaborations entre différentes start-up ou industrielles.
03:12On va parler de la transformation de l'Hôtel Dieu.
03:14C'est un lieu qui vous réunit Nicolas Castoldi.
03:17C'est devenu quoi ? Un lieu d'innovation ?
03:19Qu'est-ce qu'on peut en dire de l'Hôtel Dieu version 2026 ?
03:22Alors l'Hôtel Dieu d'abord c'est toujours un hôpital.
03:24Ça le restera.
03:25C'est-à-dire que l'Hôtel Dieu c'est le site du plus ancien hôpital de Paris.
03:29Le premier hôpital, j'aime bien le rappeler,
03:31le premier hôpital a vu le jour sur les délai cités en l'an de Grasse 651.
03:35Donc ça fait quand même 14 siècles qu'il y a un hôpital.
03:37Qu'on y soigne.
03:38Exactement, qu'on y soigne.
03:39Donc ça reste un hôpital.
03:41On va rénover l'ensemble du bâtiment qui est un peu ancien.
03:45Et on va adosser à ces prises en charge très ambulatoires
03:49et tournées vers la publique très fragiles
03:51un grand lieu d'innovation en santé avec un grand incubateur.
03:54Ça sera le plus grand incubateur en santé d'Europe dans cet hôpital,
03:57juste en face de Notre-Dame.
03:59L'idée derrière c'est de créer la connexion en fait
04:02entre le monde du soin, les soignants, les patients d'un côté
04:05et de l'autre les start-up, les innovateurs
04:07et d'essayer de faire en sorte qu'ils puissent avancer ensemble
04:10pour à la fois faire des produits plus pertinents, plus efficaces
04:13et puis globalement aller plus vite.
04:15Et quelle place la santé des femmes, cette thématique, va tenir dans ce lieu ?
04:20Alors c'est une thématique qui s'est en vérité imposée,
04:24je ne dirais pas assez tard, mais pas au tout début du projet
04:27qui était très tournée, télésurveillance, maladie chronique
04:30et tous les grands défis que le soin rencontre aujourd'hui.
04:33Et la santé des femmes, en fait on l'a rencontrée
04:35parce qu'on a rencontré nos camarades de Femtech France,
04:37Delphine et Juliette,
04:39qui quelque part nous ont ouvert les yeux sur le sujet
04:43et on s'est engagé vraiment quasiment immédiatement
04:46dans cette aventure-là.
04:49Et en fait, en vrai, ça ne nous défrisse pas tant que ça,
04:51c'est-à-dire que l'hôtel-dieu, comme vous l'avez dit,
04:54on y soigne depuis 14 siècles,
04:56ça a toujours au fond accueilli, pris en charge
04:58les gens qui étaient fragiles, mal pris en charge, mal traités.
05:01Donc quelque part, faire de cet hôpital
05:03un hôpital tourné vers la santé des femmes,
05:05autrement dit, vers des modes de prise en charge originaux,
05:07de personnes fragiles, mal prises en charge aujourd'hui,
05:10c'était assez cohérent.
05:11Donc on y travaille avec nos amis ici présents.
05:15Il y a un partenariat entre l'hôtel-dieu et Femtech, c'est ça ?
05:18Oui, même plus largement, entre l'APHP et Femtech France.
05:21On a une convention de partenariat de 3 ans
05:23qu'on est justement en train de renouveler
05:24avec l'idée de faire rentrer la santé des femmes à l'hôpital
05:27et donc de voir comment ces innovations
05:28peuvent trouver leur place aussi au sein des différents hôpitaux de l'APHP.
05:32Qu'est-ce qui vous apporte ce partenariat ?
05:33Pourquoi il est important ?
05:34C'est des moyens ?
05:36C'est des chercheurs ?
05:37C'est des intelligences collectives qui se mettent en place ?
05:40Ça permet de créer des ponts.
05:41Nous, c'est vraiment ce qu'on essaie de faire avec Femtech France,
05:42de permettre aux entrepreneurs, aux membres du collectif,
05:44d'avoir accès à l'ensemble de l'écosystème.
05:48Le système hospitalier, l'APHP, c'est les plus gros hôpitaux universitaires d'Europe.
05:53Donc, ce n'est pas rien de permettre aux entrepreneurs membres d'y accéder.
05:57Et justement, c'est le cas avec l'hôpital.
05:59Justement, Noura Kikibél a dit, vous participez,
06:02vous êtes membre de ce partenariat.
06:08Qu'est-ce qu'il vous apporte ?
06:09Qu'est-ce que vous faites à l'Hôtel Dieu ?
06:11On ne travaille pas directement avec l'Hôtel Dieu,
06:13même si on est en train de monter...
06:14Vous récupérez des données, c'est ça ?
06:15C'est plutôt nous qui collectons les données
06:17et qui les partagerons avec les chercheurs.
06:19Mais nous, depuis le début, en fait...
06:21Moi, je pense que quand on crée une start-up en santé,
06:22il faut travailler avec des médecins.
06:24Sinon, on est très hors-sol par rapport à leur réalité du terrain.
06:27Et quand on fait de la tech et de l'intelligence artificielle,
06:29on a plein de super belles idées.
06:30Mais en fait, appliquer à la vie d'un médecin, c'est important.
06:33Et donc, du coup, nous, dès le début, de toute façon,
06:35on a toujours travaillé avec des médecins.
06:36On travaille avec le docteur Stéphane Mouchabac,
06:38qui est le pionnier du phénotypage digital en France
06:40et qui est un des médecins de la PHP
06:41et qui fait partie des groupes d'innovation
06:43qui sont animés par Hôtel Dieu.
06:46Et donc, depuis le début,
06:47on a fait trois essais cliniques avec la PHP,
06:49des essais cliniques concluants.
06:51On a mené toutes nos recherches avec la P,
06:55nos publications avec la P.
06:56Et ça a quand même donné énormément de pouvoir
06:58à notre start-up et énormément de reconnaissance.
07:00Avec FemTem France, on arrive à faire plusieurs événements
07:03dans l'année, ce qui nous permet aussi d'avoir de la visibilité.
07:05Oui, avec une...
07:06Moi, j'ai appris ça en préparant l'émission.
07:07Les femmes ont un risque de dépression
07:09qui est environ deux fois plus élevé que les hommes.
07:11Donc, ça veut dire que Dalia Kerr, par définition,
07:14est au cœur de la FemTech, c'est ça ?
07:15Alors oui, ce chiffre, il est impressionnant
07:18parce qu'on dit effectivement...
07:19Donc, les femmes sont deux fois plus diagnostiquées
07:21avec un épisode dépressif que les hommes.
07:23Et là-dedans, il y a différents critères.
07:25Et notamment, quand même, un critère de sous-diagnostic
07:27chez les hommes.
07:28Ça ne veut pas forcément dire que les femmes sont plus malades.
07:30Elles le sont plus, oui.
07:31Mais deux fois, on sait qu'il y a une partie qui joue,
07:33qui est quand même un sous-diagnostic chez les hommes
07:35et un sur-diagnostic chez la femme.
07:36Et donc, oui, nous, quand on a créé Dalia,
07:38c'est pour détecter si les personnes vont faire des rechutes
07:42après un premier traitement
07:43ou si le traitement qui leur a été prescrit fonctionne.
07:45Et après, on a développé un deuxième produit
07:47sur ce sujet de la dépression postpartum
07:50qui est quand même très important.
07:51On a 50% des femmes qui font des dépressions postpartum
07:54qui ne sont jamais diagnostiquées et jamais soignées
07:56parce qu'on ne voit jamais qu'elles font
07:57cette dépression postpartum.
07:58Et chez Dalia, on va leur mettre une montre connectée
08:01en sortie de maternité.
08:02Quand on a détecté qu'il y avait une vulnérabilité,
08:04elles peuvent avoir une vulnérabilité psychiatrique ou obstétrique.
08:07Par exemple, un parcours de PMA très, très long.
08:09En fait, c'est une vraie vulnérabilité sur la dépression.
08:11Ou alors, une femme qui a déjà fait une dépression.
08:13Et ces femmes-là, elles vont rentrer chez elles.
08:15Elles vont porter leur objet connecté.
08:17Elles n'ont rien à faire.
08:17Et tous les jours, nous, l'algorithme fournit
08:19un score de santé mentale.
08:21Et dès qu'on détecte le début d'une dépression postpartum,
08:24on prévient les soignants.
08:25Donc, on prévient la sage-femme,
08:26on prévient les gynéco
08:27pour que la femme soit prise en charge et détectée.
08:29Et c'est ça qu'on est en train de monter,
08:31notamment à Ecotel Dieu.
08:32Nicolas Castellet, pourquoi il y a eu,
08:35ou il y a peut-être encore,
08:37un retard médical sur la santé des femmes ?
08:40Je trouve que c'est une très bonne question.
08:42Parce qu'en vérité, on ne peut pas dire
08:43que le système de santé ne prenne pas en charge les femmes.
08:45C'est faux.
08:46On ne peut pas dire qu'il ne soit pas attentif
08:47aux vulnérabilités qui existent.
08:49Parce que c'est faux aussi.
08:51Et en même temps, en vérité,
08:53je pense que tout était,
08:55c'est le caractère un peu vertigineux
08:59des inégalités collectives,
09:02tout était organisé, au fond,
09:04pour qu'on passe à côté de certains sujets.
09:06Je pense que l'élément le plus criant,
09:09c'est les études cliniques,
09:10la recherche clinique,
09:11donc tout ce qui va permettre, au fond,
09:12de mettre au point de nouveaux médicaments,
09:13en les confrontant à la réalité des patients.
09:19Mécaniquement, toutes les femmes
09:20étaient exclues des études cliniques
09:22dès lors qu'elles avaient, au fond,
09:23c'était en âge d'avoir des enfants,
09:24pour éviter des risques
09:25ou des faits indésirables graves.
09:27Et donc, on a accumulé,
09:28pendant des décennies,
09:29des données qui sont des données
09:30qui sont simplement assises
09:32sur la biologie masculine
09:34et pas féminine.
09:35Donc, il y a des séries de biais de ce type
09:37qui se sont cumulés
09:38et qui ont fait qu'au fond,
09:40on a construit une médecine pour hommes et femmes
09:42basée sur des données qui sont applicables,
09:45enfin, qui viennent des hommes.
09:46Ça a changé ?
09:47C'est en train de changer.
09:48C'est-à-dire que, pour le coup,
09:49et c'est un des intérêts du partenariat
09:51qu'on a construit,
09:52dès lors qu'on met en évidence ça,
09:54comme beaucoup de choses,
09:57il devient absolument naturel et normal
10:00d'essayer de bouger.
10:01Une fois qu'on prend conscience
10:02des biais qui sont introduits
10:03par le fait que les études
10:04soient assises sur les données masculines,
10:06on va pouvoir bouger,
10:07on va pouvoir faire autre chose.
10:09L'autre point qui est important
10:10et qui, pour moi,
10:10est à la fois propre à la santé des femmes
10:12mais plus large que ça,
10:13c'est, au fond,
10:15la prise en compte ou l'intérêt
10:16qui est maintenant accordé
10:18à des choses qui relèvent
10:19d'une sphère intime
10:20qui n'était pas une sphère médicale
10:21ou pas une sphère sanitaire.
10:23Tout ce qui est les aspects
10:24de santé intime,
10:25de santé sexuelle,
10:26toutes ces choses-là
10:27qui étaient un peu
10:28au marge de la médecine,
10:30dans des choses
10:31qui n'étaient pas bien définies,
10:32sont entrées brutalement,
10:33en tout cas,
10:33elles sont entrées progressivement.
10:35Parce que c'était tabou,
10:36parce que ça a relevé
10:36d'une espèce de sphère
10:37de vie privée,
10:38non médicalisée
10:39ou peu médicalisée
10:41et qui est devenu maintenant
10:42un objet de soin à part entière.
10:43Et je pense que c'est aussi
10:44une deuxième des grandes révolutions
10:46qui sont apportées
10:46par la Femtech,
10:48c'est de nous amener
10:48à tous à prendre au sérieux
10:50des choses
10:50qui n'étaient pas prises au sérieux.
10:52Il y a évidemment,
10:52Delphine Moulu,
10:53l'exemple de l'endométriose
10:55qui a...
10:56Enfin, s'il y a des générations
10:57de femmes
10:58qui soit n'ont pas été diagnostiquées
10:59du tout,
11:00soit le diagnostic a pris
11:02des années,
11:03je ne sais pas,
11:037, 8, 10 ans
11:04pour aboutir.
11:06Et ça, c'est effectivement
11:06un petit peu en train de changer.
11:07Il y a cette stratégie nationale
11:08de lutte contre l'endométriose aussi
11:10qui a aidé à mettre déjà ce terme
11:11dans le débat public.
11:13Il y a encore 5 ans,
11:14personne ne le connaissait.
11:15Maintenant,
11:15on est un peu plus tous au courant.
11:17Donc, c'est important effectivement
11:19aussi que les institutions
11:20s'en saisissent.
11:21C'est vraiment un travail collectif.
11:23Ça ne pourra pas partir
11:24uniquement de l'innovation.
11:25On a besoin des institutions,
11:27des fonds d'investissement,
11:28des labopharmes
11:29et de l'hôpital, bien sûr.
11:31C'est un travail collectif.
11:32Il y a une notion
11:34de plaidoyer aussi
11:35dans votre activité,
11:37dans ce que fait la Femtech
11:38justement pour faire en sorte
11:40que ces tabous sautent,
11:41que l'état d'esprit change.
11:44Exactement, oui.
11:45Nous, on rencontre pas mal d'élus
11:46pour sensibiliser sur les inégalités
11:47de santé femmes-hommes
11:48puis expliquer ce qu'est la Femtech
11:49et ce secteur économique.
11:51Et on essaie d'expliquer aussi
11:53pourquoi on est convaincus
11:54que c'est un des moyens
11:54les plus rapides
11:55de réduire les inégalités
11:56de santé femmes-hommes
11:57et donc on a besoin
11:58de leur soutien
11:59pour y arriver.
12:00Parce que ça coûte cher
12:02à la société.
12:02On devrait commencer par là.
12:04On aurait dû commencer par là.
12:06Par ailleurs,
12:06c'est toujours très vrai
12:08dans le champ de la santé.
12:09C'est-à-dire que
12:10chaque fois qu'on répond
12:12à un besoin individuel,
12:13criant et collectif,
12:15ça améliore la situation
12:16de tous.
12:17Je pense qu'il y a à la fois
12:19des enjeux,
12:19il y a des études intéressantes
12:20que vous aimez bien citer d'ailleurs,
12:22mais qui montrent
12:23que ça générait
12:24des milliards et des milliards
12:25d'euros supplémentaires
12:26si on prenait
12:27les mis en charge des femmes
12:27et c'est une évidence.
12:29Au-delà de ça,
12:30il y a aussi une manière
12:31pour moi de,
12:32comment dire,
12:33par définition,
12:34l'hôpital,
12:34c'est le lieu du soin.
12:36Il y a une manière
12:37au fond de donner
12:38une forme de légitimité,
12:39de s'intéresser,
12:41de mettre au cœur,
12:41de reconnaître des choses
12:42qui sont des choses
12:43qui viennent percuter
12:44des vues individuelles
12:45et auxquelles
12:45il n'y avait pas de réponse.
12:46Moi, je suis très sensible
12:47à ça en fait,
12:48à cette espèce de mouvement
12:49par lequel le collectif social
12:51va apporter des réponses,
12:52va essayer de prendre en charge
12:53des choses
12:54qui jusqu'ici
12:55échappaient au fond
12:55à toute forme
12:56de solidarité organisée
12:57ou à toute forme
12:57de mouvement collectif.
12:59Et ça, c'est quelque chose
13:00qui est intéressant,
13:01qui est frappant.
13:01L'exemple de la dépression
13:02de post-spartum
13:03est un très bon exemple.
13:04Je veux dire,
13:05fondamentalement,
13:05on est resté très longtemps
13:06dans l'anecdote.
13:07Il y avait une espèce
13:08d'état particulier
13:09de la femme post-accouchement
13:10qui était un truc
13:11pas bien défini.
13:12Oui, on parlait
13:13Baby Blues
13:13et puis voilà,
13:15et hop,
13:15et on passait à autre chose.
13:17Exactement.
13:17C'était anecdotique,
13:18c'était exotique.
13:19C'était partie
13:20de l'aventure
13:21de la maternité.
13:22On est maintenant
13:22rentré dans un univers
13:23où on a compris
13:24que c'était une maladie,
13:26qu'il y avait des causes
13:27qui étaient médicales,
13:28qu'on pouvait traiter,
13:29qu'on pouvait du coup
13:29aussi empêcher
13:30que des drames ne surviennent.
13:32Ce mouvement-là,
13:33il est un mouvement,
13:34je trouve,
13:34extrêmement frappant,
13:36extrêmement positif
13:38et ça nous rend tous
13:39très fiers
13:39d'y participer.
13:40Alors, il y a cette dimension
13:41d'action collective,
13:43humaine,
13:43et puis à la part
13:44de l'intelligence artificielle aussi,
13:46je veux bien
13:46qu'on ouvre
13:46un petit chapitre
13:47IA dans ce débat.
13:49Alors là,
13:49on est au cœur
13:50de ce que propose
13:52Alia.
13:52Quel rôle joue l'IA
13:53dans le dispositif
13:55que vous proposez ?
13:56L'algo est un algo d'IA.
13:59En gros,
14:00ce qu'on fait,
14:00on va prendre ces données,
14:03on met l'objet connecté,
14:04on prend les données physiologiques,
14:05donc on va collecter
14:06le sommeil profond,
14:07le sommeil paradoxal,
14:09le nombre de pas,
14:10les BPM,
14:11la variabilité
14:11entre les BPM,
14:12ça s'appelle
14:12la variabilité
14:13de la fréquence cardiaque,
14:14la fréquence respiratoire
14:15et à partir de ces données,
14:17on établit
14:17une baseline d'un patient.
14:18On a besoin d'un mois
14:20pour établir une espèce
14:21de biosignature du patient
14:23parce que vous ne vous comportez
14:24pas comme Delphine
14:24qui ne se comportent pas
14:25comme Nicolas
14:25et à partir de là,
14:27au bout de un mois,
14:28on arrive à reproduire
14:29ce score d'état mental
14:30qui est un peu
14:31une sorte de thermomètre
14:32mais de la psychiatrie,
14:33de la santé mentale
14:34et donc on a ce score
14:35qui va de 0 à 27,
14:3727 étant de dépression
14:38très très sévère
14:39et 0 étant pas de dépression.
14:41Ce qu'on a fait chez Dahlia,
14:42c'est qu'on a entraîné
14:43un modèle...
14:44Alors c'était la question
14:44que j'allais vous poser,
14:45il a fallu le nourrir
14:47en données médicales,
14:49c'est ça ?
14:49Oui, on a entraîné
14:50un modèle,
14:51d'abord un modèle de fondation,
14:54donc c'est un gros modèle
14:55qui sur 50 000 données
14:56de patients
14:56qu'on avait pendant 5 ans,
14:58c'est un gros modèle
14:59qui arrive à détecter
15:01si les gens sont malades
15:02ou pas malades.
15:02Donc uniquement à partir
15:03de ces données,
15:04on arrive à dire
15:05malade, pas malade
15:05mais c'est pas suffisant pour nous
15:06parce que ce qui est important
15:07nous c'est les scores,
15:08c'est le passage
15:09de certains seuils
15:09et donc on a fine-tuné,
15:11c'est-à-dire qu'on a spécialisé
15:12les données dans un essai clinique
15:14qu'on a fait avec la PHP
15:15l'année dernière
15:15où on a recruté 350 patients.
15:17Ils répondaient à un questionnaire
15:19qui s'appelle le PHQ-9,
15:20ce questionnaire c'est
15:21un questionnaire de scoring
15:22qui donc donne ce score
15:23de 0 à 27
15:24en fonction de 10 questions
15:25auxquelles le patient répond.
15:28Et donc nous,
15:29nos patients pendant 6 mois
15:29ont répondu à ce questionnaire,
15:30ils portent à la montre connectée
15:31et donc là on a spécialisé
15:33l'algorithme pour réussir
15:33à reproduire exactement ce score.
15:36Et donc à la fin,
15:37on a besoin,
15:38la dernière étape de l'algo,
15:39c'est ce 1 mois
15:40où le patient répond
15:41à 4 questionnaires,
15:42un questionnaire par semaine
15:43pendant 1 mois,
15:44refine-tuné
15:45et personnalisé sur le patient.
15:46Et donc c'est comme ça
15:47que fonctionne l'algorithme.
15:48Ok, passionnant.
15:50Avec des médecins
15:52qui derrière vont être
15:53plus précis
15:54dans le suivi
15:55des patients en question
15:57ou des patientes en question ?
15:58Oui, donc nous en fait
15:59on a un système
16:00qui s'appelle la télésurveillance,
16:01c'est une loi qui est passée
16:02en 2023
16:03qui permet de rembourser
16:05les solutions
16:05qui font la télésurveillance.
16:06Donc nous,
16:06le patient porte sa montre,
16:08il a son application
16:08et lui, le médecin,
16:09a un dashboard
16:10dans lequel il va recevoir
16:11des alertes.
16:12Et donc il va recevoir
16:13des alertes qui vont dire
16:14attention, en fait,
16:14ton patient a une décompensation,
16:16il a fait plus de 5 points
16:16en une semaine,
16:17il a eu une insomnie.
16:18Ça permet au médecin
16:19d'être plus précis
16:20à la fois dans son diagnostic
16:21mais plus précis aussi
16:22dans la prescription
16:23des antidépresseurs
16:24et des antidépresseurs.
16:24Alors l'IA,
16:25c'est certainement
16:26l'un des secteurs
16:27où le secteur,
16:28enfin la santé,
16:28c'est certainement
16:29l'un des secteurs
16:29où on se dit
16:30bon, chouette,
16:32l'IA nous fait progresser
16:33et il faudrait peut-être
16:34y mettre l'essentiel
16:36des moyens
16:37et de l'argent
16:39qu'on est en train
16:39de dépenser par ailleurs.
16:40Bon, ça c'est autre chose.
16:42À quel point ça accélère
16:46des solutions proposées
16:48par les entreprises
16:48de la Femtech,
16:49l'IA aujourd'hui ?
16:50Elle est présente
16:51systématiquement ?
16:51Alors pas systématiquement
16:52mais de plus en plus.
16:53C'est difficile aujourd'hui,
16:54enfin c'est assez,
16:55c'est rare de voir
16:56une innovation
16:57qui se crée sans l'IA
16:58donc elle a une place
16:59importante
16:59et en général
17:00elle se positionne toujours
17:01comme compagnon
17:03du professionnel de santé.
17:04C'est toujours la question
17:05qu'on se pose,
17:05c'est quelle part
17:06le médecin va garder ?
17:07Non, pas du tout,
17:07c'est plus pour aider,
17:09pour aider au diagnostic
17:10notamment.
17:11ça va être,
17:12on parlait de l'endométriose,
17:13ça peut être une IA
17:14qui aide sur une échographie
17:15ou sur une IRM
17:17à détecter des lésions
17:18d'endométriose
17:18mais c'est toujours
17:19le médecin qui pose
17:20le diagnostic derrière
17:21donc ça vient vraiment
17:21en support.
17:22Mais alors là,
17:23on parlait de santé des femmes,
17:26est-ce qu'une IA
17:27va forcément avoir
17:28moins de biais médicaux
17:29qu'un médecin humain ?
17:31Ah ben non,
17:31parce qu'elle est entraînée
17:33sur des données
17:34et qui sont des données anciennes.
17:35Oui,
17:36donc ça c'est tout le problème.
17:37Donc on a des startups
17:39qui commencent à s'intéresser
17:40justement
17:40et à créer un peu leur propre IA
17:41en santé des femmes
17:43et à bien les nourrir
17:44avec les bonnes données
17:45mais effectivement,
17:46ces biais dans les données
17:48sont un vrai problème aujourd'hui
17:50et il faut bien le prendre en compte.
17:51avec une question qui est une question
17:53existentielle pour les médecins,
17:54leur place dans le système de santé
17:58dès aujourd'hui
17:59et peut-être dans 5 ou 10 ans.
18:00C'est une très bonne question
18:01et je trouve que sur ce sujet
18:02comme sur d'autres,
18:03d'ailleurs on oscille en permanence
18:04entre deux positions.
18:08La peur pour certains
18:10de voir se dissoudre
18:11l'expertise médicale et humaine,
18:13de l'autre le sentiment
18:14qu'à la fin des fins,
18:15il faudra toujours un médecin.
18:17C'est une question
18:18qui est encore totalement ouverte.
18:19On a fait la semaine dernière
18:20à Normale Sup
18:22une matinée complète
18:23sur le sujet
18:23avec le comité
18:25consulatif national d'éthique
18:27qui était, je trouve,
18:28intéressante
18:29parce qu'elle montrait
18:30deux choses.
18:30La première,
18:31c'est que fondamentalement,
18:32les médecins étaient
18:33à l'aise
18:34avec l'idée
18:35d'intégrer un nouvel outil.
18:36La médecine,
18:37ça fait 200 ans
18:37que ça intègre
18:38de partout
18:39de nouvelles technologies.
18:41Les radiologues
18:41m'ont rappelé
18:42qu'il y a 40 ans
18:43ils avaient le rayon X
18:44et puis un jour
18:45ils sont arrivés
18:45l'IRM, le scanner
18:46et ma foi,
18:47ils ont survécu.
18:48C'est peut-être un peu trop confiant
18:49mais pour autant,
18:50ce n'est pas faux.
18:51Donc il y avait au fond
18:52une espèce de confiance médicale
18:53disant
18:54à la fin des fins,
18:55les outils sont hyper utiles
18:58mais le sujet
18:59de la contextualisation,
19:00c'est-à-dire au fond
19:00qu'est-ce que je retiens
19:01comme information sur mon patient,
19:02qu'est-ce que je vois
19:02dans mon patient
19:03et qu'est-ce que je fais après,
19:04au fond tout ce qui va
19:05apparaître d'ancrer
19:06dans une réalité
19:07auprès d'un patient
19:08déterminé,
19:09un jugement,
19:10ça, ça ne disparaîtra pas.
19:11Ça, c'était une chose.
19:12L'autre chose
19:13qui était un peu moins,
19:14comment dire,
19:15ou c'était un tout petit peu
19:16moins évident,
19:17c'était comment on forme.
19:19Parce que pour le coup,
19:21les études en médecine
19:22historiquement,
19:23ça consiste quand même
19:24à apprendre beaucoup,
19:24beaucoup, beaucoup,
19:25beaucoup de choses
19:27et on vit dans un monde
19:28où ce beaucoup,
19:28beaucoup, beaucoup de choses
19:29est disponible
19:30sous la forme de...
19:31Est-ce que ça sert encore
19:32à quelque chose
19:32d'apprendre autant ?
19:34Il y a deux choses.
19:34Un, est-ce que ça sert
19:35d'apprendre ?
19:36Et deux,
19:37si on n'apprend plus,
19:38comment est-ce qu'on
19:40exerce les qualités
19:41que je viens de viser ?
19:41C'est-à-dire être un bon docteur,
19:43un bon médecin,
19:44celui qui est au lit du patient
19:45va prendre la bonne décision,
19:46c'est une combinaison
19:48de savoir,
19:49d'expérience,
19:49du jugement,
19:50enfin bref.
19:50Donc il y a un truc là
19:51qui n'est pas totalement évident.
19:53Alors moi,
19:54on sort un peu
19:54de la santé des femmes
19:55mais il y a une autre problématique,
19:57c'est le médecin
19:58qui ose aller contre l'IA.
20:00L'IA dit
20:00le diagnostic c'est ça,
20:02ça peut valoir d'ailleurs
20:02pour ce que vous proposez
20:04avec Dahlia,
20:05c'est le médecin
20:07qui va dire
20:08ben non,
20:09ce n'est pas le bon diagnostic
20:10qui prend presque
20:11un risque juridique
20:13ou moral.
20:14Alors c'est vrai aux Etats-Unis,
20:15vous avez déjà des gens
20:16qui disent ça,
20:17en même temps,
20:18moi je reviens
20:18à ce que me disait
20:19mon panel de médecins
20:19la semaine dernière,
20:21ils étaient quand même
20:21très confortables là-dessus,
20:23disant,
20:23vous savez,
20:24moi l'IA me propose
20:24une solution,
20:25elle n'a pas le patient en face,
20:27il y a un truc
20:28qui s'appelle
20:28la réalité du terrain,
20:29il y a même un mot anglais
20:30pour le dire,
20:31c'est pour dire.
20:32Et au fond,
20:34fondamentalement,
20:34être capable
20:35de m'écarter
20:35de la proposition
20:37qui est apportée
20:37par l'outil,
20:38ce n'est pas un sujet.
20:39Et notamment,
20:39une radiologue
20:40prenait un exemple
20:40disant,
20:41moi,
20:41mon lecteur de fracture,
20:43il me dit,
20:44casser,
20:44pas casser,
20:45il me dit
20:46qu'il y a une fracture,
20:47je ne la vois pas,
20:50je demande
20:50des examens complémentaires,
20:51je regarde,
20:52enfin bref,
20:52j'approfondis,
20:53mais je...
20:54Et puis,
20:54si à la fin des fins,
20:55je m'écarte,
20:55je m'écarte,
20:56si je suis,
20:56je suis,
20:57mais ce n'est pas du tout
20:58l'espèce de soumission mécanique,
20:59il n'y a pas un côté,
21:01le voyant rouge s'allume,
21:02la fracture,
21:04et monsieur,
21:04salle suivante.
21:05Ok,
21:05allez,
21:05on revient à la santé des femmes,
21:07pour parler un peu de business,
21:08il nous reste 7 minutes
21:09dans ce débat,
21:10Delphine Moulu,
21:12est-ce qu'il y a de plus en plus
21:12d'investisseurs
21:13ou est-ce que là aussi,
21:14il faut faire ce travail
21:15de plaidoyer,
21:16de conviction
21:16dont vous parliez tout à l'heure ?
21:17Non,
21:18là,
21:18on voit vraiment
21:19que ça se développe en France,
21:20on a passé à un cap,
21:21ce secteur de la femtech,
21:22il était au début
21:22assez balbutiant,
21:24émergent,
21:24maintenant on a des entreprises
21:26qui atteignent la rentabilité,
21:27on en a qui font des très beaux tours de table
21:29lorsqu'elles lèvent des fonds,
21:30on en a qui commencent
21:31à être remboursés aussi
21:32par l'assurance maladie,
21:33donc c'est un écosystème
21:34qui mûrit,
21:35et c'est aussi un écosystème
21:36qui résiste
21:37dans le contexte
21:40politique et économique
21:40qu'on connaît,
21:41donc c'est quand même
21:42des signaux assez positifs.
21:43Est-ce que c'est un peu plus dur
21:44de lever des fonds
21:44d'une manière générale
21:45en ce moment ?
21:46Oui,
21:46on peut le dire,
21:47je pense,
21:48c'est ma phrase,
21:49je serai l'entrepreneur.
21:50J'ai mis plein
21:50de roses autour,
21:53parce que vous le vivez ça ?
21:54Nous,
21:55on a eu la chance
21:56de faire des belles levées
21:58et je pense que c'est aussi
21:59parce qu'on répond
22:00à des problèmes
22:01qui sont concrets,
22:02je pense que les investisseurs
22:02sont de plus en plus durs
22:04sur,
22:06je pense d'ailleurs,
22:07c'est ce que vient de dire Delphine,
22:08les startups
22:09qui élèvent en santé
22:10élèvent beaucoup,
22:11élèvent beaucoup plus facilement
22:13que les autres entreprises
22:14parce que je pense
22:14qu'on répond à un vrai problème
22:15et c'est le cas,
22:16ça commence à être le cas
22:17pour les startups femtech.
22:19C'est aussi,
22:20ça s'explique aussi Nicolas Cassoli
22:22parce que c'est souvent
22:23des processus très longs
22:24pour aboutir à un médicament,
22:27une autorisation de mise
22:27sur le marché,
22:28etc.
22:29Donc il faut lever plus de fonds,
22:30c'est aussi simple que ça,
22:32entre guillemets ?
22:33Le problème de la santé,
22:34au sujet de la santé,
22:34c'est que c'est un marché régulier.
22:36Dans le champ de la médecine,
22:38vous ne pouvez pas utiliser
22:40n'importe quoi.
22:40C'est un des rares champs
22:41ou c'est comme ça.
22:43Donc par définition,
22:44vous devez faire vos preuves
22:45et faire vos preuves,
22:45ça prend un temps
22:46qui est significatif.
22:47C'est vrai pour le médicament,
22:48c'est vrai aussi pour le digital,
22:49sous le contrôle de l'eau assez présente.
22:50C'est un chemin qui est un chemin long,
22:52un chemin dans lequel
22:53il faut faire des études cliniques,
22:54il faut démontrer la performance
22:57ou la pertinence de la solution.
22:59Donc c'est des horizons de temps
23:00qui sont extrêmement longs
23:01et puis une fois que vous avez démontré
23:04la qualité de ce que vous faites,
23:05il reste une question qui est
23:06est-ce qu'il y a des clients ?
23:07Qui sont ces clients
23:08et qui paye pour eux ?
23:09Et là vous avez deux grandes branches,
23:11une branche de prise en charge
23:13avec ce que tu évoquais d'ailleurs,
23:14tout ce qui est télésurveillance
23:15dans lequel la France a plutôt bien pris le virage.
23:19C'est un domaine dans lequel
23:20on a pris, je crois, de l'avance.
23:21Et puis de l'autre côté,
23:22vous avez tout ce qui est pris en charge
23:23par les hôpitaux
23:24et vous n'aurez pas à échapper
23:25que les hôpitaux ont beaucoup de besoins
23:27et qu'on n'est donc pas des clients faciles.
23:30Donc ça prend du temps
23:33et ça pose un sujet
23:35qui est effectivement notre capacité
23:36à lever collectivement,
23:38à trouver les investissements.
23:39Là-dessus, si je peux me permettre,
23:40je partage évidemment votre confiance
23:43et en tout cas votre enthousiasme,
23:44mais je pense qu'on a quand même
23:46collectivement un sujet.
23:47C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:48on est un pays qui fait,
23:52au sein duquel émergent
23:53de très belles innovations.
23:55Le défi pour ces innovations,
23:57c'est de grandir en restant française.
23:59Et dans cette...
24:00Oui, c'est-à-dire que les investisseurs,
24:01ils sont souvent étrangers.
24:02En tout cas, certains investisseurs
24:03sont étrangers.
24:05Trouver du capital
24:05n'est pas si facile.
24:07Par ailleurs, accéder au marché
24:08n'est pas si facile.
24:09Et ce n'est pas les mêmes tours de table ?
24:10C'est-à-dire ?
24:12Levé en France,
24:13on va lever,
24:13si on veut faire une levée de...
24:14Par exemple, la levée
24:15qui est juste essai clinique
24:17à marque H.E.
24:18Donc, une réalisation sur le marché,
24:19ça va être une levée
24:20autour de, je ne sais pas,
24:214-5 millions.
24:22Aux US, ils vont donner 20-25 millions.
24:24Ce qui fait qu'on a quand même
24:25beaucoup plus de pouvoir.
24:27Et donc, il y a effectivement
24:27beaucoup de start-up
24:28qui vont aller aux US.
24:30Et de toute façon,
24:31sur chacun des tours de table,
24:32donc chaque moment
24:32où on va lever des fonds,
24:33première question des investisseurs,
24:34c'est quand est-ce que vous allez aux US ?
24:36Et c'est une réponse difficile.
24:37Nous, on associe,
24:38on dit, en fait,
24:39nous, on veut déjà développer en France
24:40et faire un truc bien en France.
24:41Et potentiellement,
24:42notre marché est plutôt européen
24:43et c'est difficile à accepter pour les fonds.
24:45Et alors, double question,
24:47Delphine Moulu,
24:47le potentiel mondial
24:49de ce marché de la Femtech,
24:51c'est quoi ?
24:52Et où se situe la France ?
24:53Est-ce qu'on est plutôt bien placé,
24:54plutôt en retard ?
24:55Le potentiel mondial,
24:56il est énorme.
24:57Et la France se situe vraiment très bien.
24:59C'est le leader aujourd'hui en Europe.
25:00On est le pays
25:01qui a le plus de start-up Femtech
25:03en Europe.
25:03Et on est aussi le seul pays
25:05de l'Union Européenne
25:05qui a un fonds d'investissement
25:07dédié à la santé des femmes
25:08qui a été lancé
25:09par la région Île-de-France
25:10l'année dernière.
25:11Donc, c'est pas rien.
25:12En revanche,
25:13on ne va pas garder ce leadership
25:14en ne faisant rien.
25:15Donc, il faut continuer
25:16à y travailler
25:17et donc que l'ensemble
25:19de l'écosystème se mobilise.
25:20Effectivement,
25:21on parlait des fonds
25:21et il y a un vrai enjeu
25:22de souveraineté aujourd'hui.
25:23Les start-up Femtech françaises
25:25sont beaucoup financées
25:26par des fonds étrangers.
25:27Et c'est ce qu'on va mettre
25:28en lumière dans le baromètre
25:29qu'on publiera à Sant'Expo.
25:30Et donc, ça,
25:31il faut faire attention
25:31parce qu'un fonds américain
25:33qui finance une start-up
25:34Femtech française,
25:35a priori, l'innovation
25:36ensuite va aller au UK
25:38puis aux US.
25:39Donc, il faut être assez vigilant
25:40et que la France garde
25:41cette place et se positionne.
25:42Il y a des exemples passés
25:43d'entreprises
25:44qui, effectivement,
25:46sont devenues américaines
25:48d'une certaine façon
25:48alors qu'elles étaient nées
25:49en France,
25:50dans votre secteur ?
25:51On a l'exemple de Sonio
25:52qui s'est fait racheter
25:53par Samsung,
25:54qui est un acteur
25:55pour le coup plutôt
25:56qui est japonais.
25:57Mais toute l'équipe
25:58a été démobilisée
25:59aux Etats-Unis.
26:00Maintenant, le siège
26:00est aux Etats-Unis.
26:02Cardiologue aussi
26:02qui est racheté par Philips.
26:04C'est l'un des deux
26:04plus gros rachats en santé.
26:06Et donc, là,
26:07ça dépend de qui ?
26:07Ça dépend des pouvoirs publics ?
26:08Ça dépend, effectivement,
26:10des acteurs économiques
26:12qui peuvent se consolider,
26:14s'agglomérer
26:15pour apporter une réponse ?
26:16Je pense que la question
26:17de l'échelle
26:17est une question qui se pose.
26:18C'est-à-dire qu'on sait tous
26:19que le marché européen
26:20a un potentiel
26:21pour être un marché leader
26:22à l'échelle mondiale.
26:23Il est fragmenté aujourd'hui
26:24et au sein de ces marchés,
26:25les acteurs sont fragmentés.
26:26Une des raisons
26:27pour lesquelles
26:27on essaie de travailler
26:28tous ensemble,
26:29c'est d'essayer comme ça
26:30de faire monter en puissance
26:31un écosystème.
26:32Et ce n'est pas juste
26:33le plaisir de travailler ensemble,
26:34même s'il est réel.
26:35C'est que globalement,
26:37on puisse essayer
26:38de dérisquer les investissements
26:39et d'amener les investisseurs
26:40à venir.
26:42Le fait que Dalia et nous
26:44auraient travaillé
26:44depuis le début
26:45avec des médecins reconnus
26:47et de premier plan
26:48comme Stéphane Mouchabac
26:49ou d'autres,
26:50le fait qu'on ait
26:51cette relation-là,
26:52le fait qu'on embarque aussi
26:54la dimension Femtech,
26:55c'est une manière comme une autre
26:56de contribuer au fond
26:57à dérisquer les paris,
26:58à dire que l'avenir est là,
27:00que les technos sont là,
27:01qu'elles sont validées,
27:02qu'elles sont pertinentes,
27:03que quelque part
27:04elles sont presque
27:05natives
27:07sur le plan hospitalier
27:08et d'essayer
27:08de forcer le mouvement.
27:10Dernière question,
27:11il y en reste moins une mythe,
27:12vos concurrents
27:13sont plutôt américains,
27:14ils sont plutôt chinois ?
27:15Je disais que
27:16les Chinois déposent
27:17de plus en plus
27:18de brevets scientifiques
27:19et ils sont de loin
27:20leaders aujourd'hui ?
27:21On en a autant en France
27:23qu'aux US qu'en Asie,
27:24à ce stade,
27:25et encore plus en psychiatrie,
27:26c'est vraiment le terrain
27:27qui est très peu connu
27:28et donc il y a effectivement
27:29beaucoup de recherches
27:30en ce moment sur la psychiatrie.
27:31Je dirais qu'il y en a
27:33autant en France qu'aux US,
27:34mais le marché aux US
27:35est plus ouvert.
27:37Eh bien merci,
27:37on va terminer là-dessus,
27:38merci beaucoup
27:39à toutes et à tous
27:40d'avoir participé
27:40à ce Smart Trend,
27:42je vous dis à bientôt
27:42sur Be Smart for Change
27:44et merci à vous
27:45de votre fidélité,
27:47à très vite
27:47sur notre antenne,
27:48salut !
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