- il y a 26 minutes
Est-ce qu’on est pas bien en pleine réunion pour parler KPI, culture d’entreprise et autres discours bullshit ? Dans “Bien cordialement dans ta gueule”, Clovis Henriot alias Le Télétravailleur raconte sa vision du corporate et propose quelque solution pour que votre santé mentale en ressorte indemne.
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00:03Musique
00:12Fenêtre sur l'emploi pour accueillir notre invité dans le cadre du livre de Smart Job.
00:17Un livre alors décapant, détonnant, au titre coup de poing, bien cordialement dans ta gueule.
00:23C'est le titre du livre chez Alizio, guide de survie en entreprise.
00:27On accueille Clovis Henriot, que vous avez en photo d'ailleurs, et qui a caché ses yeux avec le titre,
00:32qu'on appelle le télétravailleur.
00:34Bonjour Clovis.
00:34Bonjour Arnaud.
00:35Très très heureux de t'accueillir, on peut se tutoyer.
00:37Allez avec plaisir.
00:38On se tutoie dans la vie.
00:40Le livre est le prolongement d'une émission qu'on avait faite il y a deux ans.
00:44Et quand j'ai commencé à me plonger dans le livre, je me suis dit, mais pourquoi Clovis a voulu
00:48aller plus loin en écrivant un livre,
00:50alors qu'il fait déjà des choses drôles, décapantes, dans ses vidéos ?
00:55Pourquoi il a voulu et pourquoi t'as voulu aller plus loin en écrivant ce livre ?
00:59Merci pour la question.
01:01Je pense que le temps des réseaux, c'est des temps très courts, sont des temps très courts.
01:05Les vidéos durent entre 30 secondes, une minute ou une minute et demie quand on prend des largesses.
01:12Et là, j'ai voulu prendre un peu plus le temps avec une maison d'édition, Alizio pour ne pas
01:18la nommer,
01:18pour raconter un peu l'histoire longue du télétravailleur et ce à quoi sa vie ressemble dans un temps plus
01:27long.
01:27Alors c'est intéressant dans ce livre, on découvre ton parcours dans le monde de la banque,
01:32dont tu décris, alors c'est complètement drôle, tu fais un éphémérite de tous les mots bullshit
01:37et tout ce qu'on ne doit pas oublier, tous les mots un peu subtils qui sont des mots vides,
01:42des verbes sans action, tu le listes, puis quand on arrive à la fin, tu t'introspectes.
01:48Tu dis finalement, et je reprends la page, tu dis j'ai d'abord accusé l'entreprise,
01:54puis je me suis accusé et j'ai compris que distribuer les mauvais points ne rimaient pas à grand chose.
01:59Il faut parfois se quitter quand on s'aime encore pour ne pas finir dans le ressentiment
02:02ou dans une colère trop définitive.
02:05C'est beau ça ?
02:06C'est gentil.
02:07Tu claques la porte sans la casser.
02:09Oui, l'idée c'est de rester juste dans les expériences et dans les histoires qu'on vit avec les
02:17gens,
02:17parce que les histoires qu'on lit avec les entreprises, c'est des histoires d'hommes et de femmes,
02:22des relations qu'on noue et qu'on dénoue à tort à raison, avec perte et fracas ou pas, ou
02:26avec douceur.
02:27Et c'est vrai que le livre raconte l'histoire d'un personnage,
02:32le personnage du télétravailleur qui est moi sans être moi.
02:36Il y a quand même pas mal de clovis.
02:37Non, mais il y a du clovis, mais il n'y a pas que du clovis.
02:40C'est pour ça que je me cache, entre guillemets, derrière un personnage,
02:44parce que je pense que l'histoire d'un personnage peut être beaucoup plus riche et plus intéressante à raconter
02:47que son histoire personnelle.
02:49En tout cas, me concernant, je pense que l'histoire d'un personnage serait plus intéressante que ma vie,
02:53qui est finalement assez banale.
02:59Je pense qu'il faut partir tant qu'on s'aime encore.
03:05Je ne trouverais pas meilleure formule.
03:07Et je pense que ça vaut avec l'entreprise, mais ça vaut aussi avec les relations interpersonnelles.
03:12C'est-à-dire qu'on peut, à un moment, décider qu'une amitié ou une histoire d'amour
03:17ne correspond pas véritablement à la dynamique qu'on est en train de vivre.
03:22Et donc, il faut savoir se quitter.
03:24Et c'est parfois un choix radical, douloureux.
03:29Le livre est passionnant parce qu'en fait, il nous fait rire aussi sur tous les codes,
03:33parfois absurdes, sur le fait qu'on ne travaille pas, mais qu'en fait, on joue à travailler.
03:36C'est une phrase que tu cites.
03:38Mais j'ai aimé sortir d'une réunion avec l'impression d'avoir fait avancer le sujet avec des mots.
03:43J'ai aimé l'adrénaline du point final mis à une présentation, cette seconde,
03:46où l'on invente un sens après coup, comme on repeint une fissure avant la visite d'un expert.
03:51J'ai aimé la musique de l'entreprise.
03:53Incroyable !
03:53Il y a quoi ? Il y a de la nostalgie, là ?
03:55Ce n'est pas de la nostalgie, c'est un juste retour des choses.
03:59En fait, je suis très reconnaissant et j'ai beaucoup de chance d'avoir eu cette carrière.
04:05J'ai beaucoup de chance d'avoir rencontré tous les gens que j'ai rencontrés
04:08qui m'ont quand même appris beaucoup de choses.
04:09Il y a des gens qui m'ont désappris aussi pas mal de choses
04:12et il y a des gens qui m'ont littéralement dégoûté de venir au bureau le matin.
04:18Mais je ne retiens que ce que j'ai appris.
04:20Enfin, j'essaye de ne retenir que ce que j'ai appris
04:22et que ce qui demeure, c'est ce qui continue à me faire grandir,
04:27ce qui continue à me donner envie de prendre la parole sur ces sujets-là
04:31parce qu'on pourrait se dire que c'est assez paradoxal quand même.
04:33Quitter l'entreprise pour y revenir de façon artificielle derrière une caméra,
04:39c'est un peu maso, c'est un peu bizarre.
04:42Ceux qui nous regardent, et la plupart de ceux qui nous regardent,
04:44ne deviendront pas, j'allais dire, des influenceurs
04:47ou des gens influents pour créer leur programme.
04:49Ils vont rester dans l'entreprise.
04:51Ce livre leur est destiné aussi.
04:53C'est que leur dire, fais le pas de côté,
04:55apprends aussi à lever la caméra.
04:57C'est un peu ça que tu leur dis.
04:57Il y a un peu de ça, et ce livre, ce n'est pas une leçon.
05:00Ce n'est pas une leçon, il n'y a pas d'enseignement,
05:03il n'y a pas de colère, il n'y a pas de ressentiment,
05:06il n'y a pas de vindict.
05:07Il n'y a aucune...
05:09Il n'y a pas de haine.
05:10Il n'y a pas de haine, et il n'y a pas de grande leçon
05:12de développement professionnel ou personnel.
05:14D'ailleurs, ce n'est pas une incitation à quitter son job.
05:16Il n'y a pas de haine, il y a parfois des petites moqueries,
05:18j'invite ceux qui vont lire le livre à se pencher sur le coach.
05:20Ah oui !
05:21Le coach à 360, je peux me permettre,
05:24au coach, il prend cher quand même.
05:25Oui, il prend cher, mais il prend justement cher.
05:29Parce que le problème, ce n'est pas le coach, c'est l'exercice.
05:31D'ailleurs, c'est ce que j'ai essayé de dire dans ce chapitre.
05:36C'est toute la mécanique et toute la simulation
05:38qu'il y a autour de cette évaluation 360,
05:41avec ce coach qui est propulsé,
05:43qui est appointé par l'entreprise,
05:45un coach qui vous veut du bien, forcément.
05:47Et il vous veut du bien, ce gars.
05:48En général, il n'est pas méchant,
05:50il est plutôt sympathique,
05:52il est plutôt avenant,
05:53et il vous pose des questions intéressantes,
05:57mais c'est l'exploitation des réponses qu'il fait,
06:00qui, moi, je trouve l'exercice un peu factif.
06:04Je pense qu'il est, Clovis,
06:06mais le chapitre, je le prends au vol,
06:08mais le coach, la rencontre avec ce coach,
06:10elle démarre comme ça.
06:13Il arrive et il dit,
06:14comment ça va ?
06:15Ok, fatigué.
06:16Je suis un peu fatigué.
06:17Et lui, il dit, ok, fatigué ?
06:19C'est une information.
06:20On va travailler là-dessus.
06:22Quoi ? Travailler sur ma fatigue ?
06:23Et là, Clovis, ou le personnage du télétravailleur,
06:25se dit, c'est pas possible.
06:27Et ça démarre comme ça.
06:27Ça va être un peu long.
06:28Et là, le mec ne vous lâche plus, quoi.
06:30En fait, il fait son métier.
06:32Il fait son métier.
06:33Dès que vous lui donnez un biscuit,
06:35il est prêt à le tremper dans sa tasse de thé
06:38et à se régaler,
06:39parce qu'il va vous bullshiter.
06:41Pas vous vous bullshiter,
06:42vous connaissez Tea Time.
06:43Tea Time, c'est un grand moment
06:45dans la culture anglo-saxonne
06:46où on s'emmerde royalement,
06:48mais on s'emmerde poliment,
06:50avec un sourire en coin,
06:51on est très poli,
06:51on croise les jambes,
06:52on les décroise.
06:54Le corps joue beaucoup.
06:55Voilà, le corps joue énormément.
06:56Vous en parlez dans le lien.
06:57Mais on s'ennuie profondément,
06:59mais on s'ennuie poliment.
07:01Et en fait, moi, je trouve
07:02que l'entreprise
07:03et l'exercice du coaching,
07:05de l'évaluation 360,
07:08les coachs qu'on vous donne
07:10pour mieux manager,
07:11mieux communiquer,
07:13etc., avec vos équipes,
07:14c'est bien que ça existe,
07:15c'est bien que ce soit là,
07:16parce qu'il y a des gens
07:17qu'en ont vraiment besoin,
07:17mais souvent,
07:19je trouve que c'est des exercices
07:20un petit peu facétieux
07:22et inutiles,
07:23pour ne pas dire inutiles.
07:23Voilà, pour ne pas dire inutiles.
07:25Le livre,
07:26je repose ma question
07:27avant de nous quitter,
07:28il faut que les gens
07:29serrent les dents
07:29quand ils ressentent
07:30ce qu'ils ressentent.
07:31C'est-à-dire que vous dites
07:31mais qu'est-ce que je fous là ?
07:32Mais qu'est-ce que je fous là ?
07:33Parce que c'est une question
07:35assez lancinante dans le livre.
07:36Je m'aperçois en fait
07:37que je ne suis pas à ma place
07:37ou que je n'y suis plus.
07:39Qu'est-ce qu'on leur dit
07:39à ceux qui nous regardent là ?
07:41De serrer les dents
07:42en faisant confiance
07:44à la solidité de ces molaires.
07:46Et le jour où la molaire pète,
07:49malheureusement,
07:50il est trop tard,
07:50il va falloir se refaire
07:53toute la dentition.
07:55Et c'est une invitation à dire
07:57attention au point de pression.
07:58Attention au point de pression.
08:00Si vous voulez vous péter les dents,
08:01avec plaisir,
08:02mais vous n'êtes peut-être
08:03pas obligé d'aller jusque là.
08:04Et peut-être qu'en fait,
08:04la pression que vous exercez,
08:06elle est OK.
08:07Elle est acceptable.
08:09Elle est dans le domaine
08:10de l'acceptable
08:10parce qu'il y a un équilibre.
08:11C'est-à-dire que le job,
08:13bon, il est ce qu'il est,
08:14mais à côté,
08:15j'ai du temps libre,
08:16j'ai un peu de fric.
08:18Donc je peux profiter
08:18de mon temps libre
08:19pour faire des choses.
08:19Je pars en vacances
08:20avec mes enfants, etc.
08:22Donc prendre conscience
08:23de ce que l'on vit.
08:24Prendre conscience
08:24de la chance qu'on a
08:25quand on est dans des situations
08:26pour la plupart du temps
08:27enviables.
08:28Le col blanc,
08:28on avait dit
08:29quand on s'est vu
08:30il y a un an ou deux,
08:31il y a deux ans,
08:32le col blanc
08:33n'a pas le droit
08:34de souffrir.
08:34Le col blanc n'a pas le droit
08:35de se plaindre.
08:36Le col blanc n'a pas le droit
08:37d'être dans un mal-être.
08:40On n'a plus le temps,
08:41Clovis,
08:41mais il y a l'anatomie
08:42de la machine à vide
08:42que je vous invite
08:43à lire aussi.
08:44Ça, ça tient son...
08:45Ça vaut son pesant de cacahuètes.
08:47Ce livre est passionnant
08:48et très bien écrit,
08:49par ailleurs,
08:49je voulais vous le dire.
08:50J'ai cité quelques petites phrases
08:51à la fin qui sont poétiques.
08:52Le télétravailleur Clovis,
08:55Clovis Henriot,
08:56guide de survie d'entreprise,
08:57bien cordialement,
08:58dans ta gueule,
09:01pour partager un moment
09:02avec nous.
09:03Merci Clovis,
09:03c'est un vrai plaisir
09:04de t'accueillir.
09:05Merci à vous,
09:05merci à Nicolas Juchat,
09:06évidemment,
09:07qui m'accompagne
09:07dans cette belle émission.
09:08Merci à Fabien,
09:09aujourd'hui,
09:09à la réalisation
09:10et merci à Alexis,
09:12au son,
09:13et merci à vous,
09:14surtout,
09:14pour vos messages
09:15et votre fidélité.
09:16Je vous dis à bientôt.
09:17Bye bye.
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