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  • il y a 17 heures
Ce mercredi 6 mai, Benoit Peloille, CIO chez Natixis Wealth Management, s'est penché sur le secteur de la Tech en tant que maître du jeu dans les marchés boursiers malgré la situation avec le détroit d'Ormuz, ainsi que l'avancée de la dérégulation aux États-Unis, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Benoît nous rejoint, Benoît Pelloual, bonjour Benoît, pour Natixis West Management.
00:03Alors face à ces marchés assez incroyables, quand même, nouveau record aujourd'hui, le CAC gagne 3% lui.
00:07Vous allez rendre votre verdict, ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce
00:11que vous l'assumez ?
00:13Il a dit oui totalement. Alors on vous écoute Benoît.
00:16Le verdict c'est que la tech est plus importante que le détroit d'Ormouz pour la trajectoire des marchés.
00:22Ah bah tiens, voilà.
00:25Plus structurelle pour l'avenir que la guerre au Moyen-Orient, la tech, la tech plus forte que la guerre
00:28pour remodeler le monde.
00:29C'est ça que dit le marché aujourd'hui ?
00:31C'est vraisemblablement ce qui est en train de se passer.
00:33On s'aperçoit maintenant que depuis quelques semaines, alors que la situation reste encore dans l'impasse,
00:38alors là on va voir, on a du newsflat un peu positif sur le conflit,
00:41mais la situation est encore dans l'impasse, le détroit est encore formé,
00:44et pourtant ça n'a pas empêché les marchés justement aux Etats-Unis de rejoindre des plus hauts historiques,
00:49et on a quasiment effacé la baisse ici en Europe.
00:52En fait on voit bien que la situation autour du détroit devient plus un sujet de volatilité de court terme
00:57qu'une véritable inquiétude fondamentale qui pourrait préfigurer d'un retournement pour les marchés.
01:03Alors il y a de bonnes raisons à ça, notamment cette conviction de la part des marchés
01:07que chacune des deux parties n'a pas à gagner à l'escalade,
01:10doit trouver un accord, à la fois pour des raisons notamment électorales pour l'administration américaine,
01:14mais également parce que le conflit il est quand même fait l'objet d'un rejet important aux Etats-Unis,
01:19et puis en Iran parce que ce blocus coûte extrêmement cher à l'économie iranienne,
01:22mais il y a une autre raison à laquelle les marchés se sont particulièrement intéressés ces derniers jours,
01:26c'est que fondamentalement les résultats de société, particulièrement aux Etats-Unis,
01:29ne sont pas juste bons, ils sont excellents, ils sont très largement tirés par les valeurs de technologie.
01:34Oui, résultat des entreprises, on est en train d'en sortir Antoine,
01:36c'est vrai que la bascule aura peut-être eu lieu sur cette saison trimestrielle en l'occurrence,
01:42et là sans doute, c'est le sentiment qu'on a Antoine,
01:44que le marché s'est trouvé des convictions plus positives.
01:46Oui, sans doute, c'est peut-être tout simplement qu'on parlait d'une forme de complaisance de la part
01:53des investisseurs,
01:54notamment à la bourse, mais les résultats sont quand même là, sont quand même très très impressionnants,
02:01alors il y a l'IA qui est très impressionnante parce que les résultats sont vraiment sonnants et trébuchants,
02:06on le voit, mais il y a tout le reste aussi qui n'est quand même pas si mal.
02:10Alors, dans l'ensemble, la saison des résultats n'est pas juste bonne, elle est excellente,
02:14c'était important pour justement rassurer les marchés,
02:16mais ça reste quand même très largement lié aux valeurs de technologie,
02:20juste quelques chiffres, mais on a plus de 80% de bonnes surprises aux Etats-Unis,
02:24quand on regarde la croissance qui est réalisée par rapport au trimestre précédent,
02:28on est à plus de 25% de croissance des profits par rapport au trimestre précédent,
02:31avant cette saison des publications, le consensus s'attendait à plus de 12%,
02:34donc on est bien au-delà en termes de croissance de ce qui était attendu.
02:37– S'attendait à plus 12% après avoir relevé ses estimations,
02:40et finalement on fait deux fois mieux encore.
02:41– Et on fait beaucoup mieux, et ce qui est surtout très intéressant,
02:44c'est que ce mouvement s'accompagne d'un mouvement de révision en hausse des perspectives
02:47qui est très significatif, puisque, rappelez-vous,
02:50début d'année, la croissance attendue pour 2026, c'était 15% de croissance des profits,
02:54qui était déjà considérée comme quelque chose d'assez challenging,
02:57et bien là on a révisé en hausse, on est maintenant autour de 20% de croissance des profits pour
03:012026,
03:02ce mouvement de révision en hausse des attentes,
03:04c'est généralement quelque chose qu'on voit alors qu'on est généralement en sortie de récession,
03:08ou alors quand on a vécu une phase un peu difficile,
03:11alors qu'en réalité l'économie américaine a à peine commencé à freiner,
03:14et que le reste du monde n'est pas franchement en train d'accélérer.
03:16– Oui, et avec tout ça on se dit que, bah oui, bien sûr il y a une guerre,
03:19mais d'abord l'issue sera sans doute favorable,
03:22et Cormuz n'est pas le centre du monde,
03:24la tech américaine redevient le centre du monde.
03:26– Et bien quand on regarde justement,
03:27et c'est très frappant à travers cette saison des publications,
03:30quand on regarde ce qui est derrière ce mouvement de révision en hausse des perspectives,
03:33à plus de 80% c'est la technologie,
03:36c'est l'équipement en technologie et les semi-conducteurs,
03:40si vous ajoutez à cela les révisions pour le secteur de l'énergie liées aux effets pétrole,
03:44du conflit en fait vous expliquez l'intégralité de ce mouvement de révision en hausse quasiment,
03:49si bien que pour 2026,
03:52tech plus le secteur de l'énergie avec les effets pétrole,
03:56ça explique quasiment 80% de la croissance des profits qui est attendue,
04:01si vous enlevez ces deux secteurs, on tombe quasiment à à peine 5% de croissance des profits,
04:04versus les 20% qui sont aujourd'hui actuellement attendus.
04:07Donc la tech est véritablement...
04:08– Ce qui aurait déjà été pas si mal,
04:10si les bénéfices avaient progressé comme ça de 5% dans le contexte actuel,
04:12pas si mal quoi, c'est horrible.
04:14– Surtout vu l'historique, et comparé à d'autres zones géographiques,
04:16comme l'Europe par exemple, ça aurait été tout à fait comparable.
04:18Donc on voit bien que la tech, c'est véritablement le centre du monde,
04:21et c'est un sujet plus important en réalité que ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz.
04:23– On l'a vu aussi au travers des résultats des Microsoft, des Google,
04:27alors avec quelques variables d'ajustement,
04:30mais ça continue d'ailleurs aujourd'hui avec Supermicro, avec AMD.
04:35Est-ce que malgré tout, on ne peut pas s'inquiéter du fait que ça monte très très vite,
04:41très très fort, et que la Chine n'a pas encore dit un mot,
04:44mais que quand elle dit un mot, et que ça s'appelle deep-cycle,
04:47ou que ça s'appelle autre chose, c'est disrupteur et fatal généralement ?
04:50– C'est toujours la difficulté quand on est dans des hauts cycles comme ça,
04:54justement sur certains secteurs,
04:56c'est qu'on peut se poser la question de quelques signes d'euphorie,
04:58quand on regarde la performance de l'indice des semi-conducteurs,
05:01le SOX à la bourse de Philadelphie,
05:03sur le mois d'avril, il fait plus de 35% de progression,
05:07la dernière fois qu'on a eu une progression mensuelle aussi importante,
05:09il faut remonter à la bulle TMT pour voir ce genre de choses.
05:11Le Nasdaq, durant le mois d'avril, a enchaîné 13 séances de hausse consécutives,
05:15pour voir un tel mouvement, il faut remonter à 2009,
05:19et généralement, ce type de mouvement, c'est ce qu'on voit,
05:21soit quand on a un appétit pour le risque débridé,
05:24soit parce qu'on vient de vivre un retournement de marché extrêmement violent,
05:28et qu'on est dans une phase de reprise.
05:29On n'est ni dans l'une des configurations, ni dans l'autre.
05:33Et fondamentalement…
05:33– Ça c'est bien ce que vous venez de dire,
05:34ni dans l'une ni dans l'autre,
05:35ça veut dire qu'on n'est pas dans l'euphorie des années de 2000 non plus.
05:37– Alors, pour nous, ce qui nous semble vraiment très intéressant et très important,
05:41c'est qu'on est quand même dans une forme de génération de profits
05:44qui semble être une anomalie par rapport aux standards historiques,
05:47c'est-à-dire que quand on regarde le poids des profits dans le PIB américain,
05:49on est à 16%.
05:5116%, c'est ce qu'on a vu à la sortie du Covid,
05:53alors que l'économie a été extrêmement stimulée,
05:56on a injecté quasiment 20% dans le PIB,
05:58ou alors il faut remonter aux années 50 pour voir une telle configuration.
06:01Quand on regarde les marges des entreprises américaines,
06:04on est sur une nouvelle fois des plus hauts historiques,
06:06et ce qui nous inquiète, c'est que les analystes continuent
06:08de revoir en hausse comme ça, de façon quasi automatique.
06:12– Mais jusqu'ici, ils ont eu raison.
06:13– Jusqu'ici, ils ont eu raison, effectivement,
06:15et ça semble une nouvelle fois se justifier avec cette saison des publications,
06:18mais c'est toute la difficulté d'investir dans des hauts cycles comme ça.
06:21Nous, ce qui nous interpelle surtout, c'est que,
06:23alors certes, les valorisations se sont considérablement dégonflées
06:26avec le mouvement qu'on vient de vivre,
06:27mais juste avant ce mouvement,
06:30ces valorisations, elles laissent donner l'image
06:33que le consensus des analystes et des investisseurs
06:36considèrent que cette génération de profits exceptionnelles
06:38est devenue une nouvelle norme.
06:40Et c'est ça qui nous inquiète,
06:41parce qu'en réalité, l'économie subit des chocs relativement répétés,
06:43et c'est quand même assez difficile d'imaginer
06:46que la génération de profits ou de tel niveau de marge
06:48ne seront jamais affectées par cette succession de chocs.
06:52Encore une fois, la dernière fois qu'on avait vu une telle génération de profits,
06:55c'est à la sortie du Covid,
06:56alors que l'économie était particulièrement stimulée.
06:58– Oui, on se demande tous,
07:00qu'est-ce qui est en train d'arriver à l'économie,
07:02mais de positif en ce moment ?
07:03Qu'est-ce qui est en train d'arriver ?
07:04Est-ce qu'on ne voit pas trop les choses en positif ?
07:06Est-ce que le marché ne les voit pas trop en positif ?
07:07Pour l'instant, le cash est là, l'argent,
07:08les bénéfices sont là du côté des GAFA,
07:10mais ça repose énormément, essentiellement, sur la tech.
07:13C'est aussi ça que le bas blesse,
07:14même si le reste, vous le disiez,
07:15si on ne tenait pas compte de la tech,
07:17on aurait des hautes de bénéfices aux États-Unis
07:19au premier trimestre quand même de 5%.
07:20On n'est pas sur une récession,
07:21on est plutôt sur une hausse aussi des bénéfices de 5%,
07:23c'est honorable,
07:23mais c'est très loin de ce que la tech est en train de délivrer.
07:26– Ça serait très clairement moins flamboyant,
07:27c'est véritablement ça le sujet,
07:28et il ne faut pas oublier que le secteur de la tech,
07:30c'est un secteur qui est en train de changer de statut,
07:33qui est en train de bouger, justement.
07:35Il n'a plus tout à fait les mêmes qualités
07:36qu'il avait auparavant,
07:37et on le voit bien,
07:38c'est peut-être un des éléments à retirer
07:39de cette saison des publications,
07:41c'est un peu moins uniforme à l'intérieur de la tech,
07:43comme vous le notiez,
07:44il y a justement des sociétés qui se sont distinguées,
07:46d'autres qui se sont distinguées moins bien,
07:48je pense notamment à Meta,
07:49et donc effectivement,
07:50il va falloir probablement être un peu plus vigilant,
07:53faire preuve de plus de discrimination.
07:54Encore une fois,
07:55le message de diversification pour nous
07:57est absolument essentiel.
07:58– Mais là, sur la saison de résultats,
07:59on a un sentiment que dans la tech,
08:01bien sûr, il y a toujours un peu de divergence,
08:02Meta a plutôt souffert sur sa publication,
08:04mais il y a quand même un retour sur les publications
08:06d'une forme d'enthousiasme assez générale,
08:08quand même, cette saison-ci.
08:09– Mais qui s'explique assez bien,
08:10qui est en fait le miroir du mouvement négatif
08:12qu'on a eu sur les valorisations,
08:13quand on regarde la prime en relatif de la technologie
08:17par rapport au reste de la cote aux Etats-Unis,
08:19on avait quasiment effacé plusieurs années de prime,
08:22on avait quasiment plus de prime de la tech
08:23par rapport au reste du marché.
08:24Ça a été un mouvement très, très significatif,
08:26donc qui a appelé justement à un retour assez rapide,
08:30comme si on partait de zéro.
08:31– Exactement,
08:32donc il y a eu un mouvement quasi automatique
08:34de retour sur le secteur de la tech
08:36qui explique justement la situation
08:37et le mouvement de marché aujourd'hui.
08:39– Face à tout ça,
08:40peut-être plus de dérégulation à venir,
08:41la SEC,
08:42donc le gendarme des marchés américains,
08:43la SEC propose de supprimer
08:45les résultats trimestriels,
08:46en tout cas de supprimer l'obligation
08:47de publier les résultats tous les trimestres,
08:49et ces entreprises américaines
08:50pourraient désormais ne plus les publier
08:51que tous les semestres,
08:52deux fois par an plutôt que quatre fois par an.
08:54Avec un certain nombre d'avantages,
08:56on aurait des stratégies peut-être
08:57à moins court terme,
08:58un peu plus long terme,
08:59puis aussi des inconvénients,
09:00comment vous verriez ça,
09:01à moins d'obligation de publier trimestriellement
09:03les résultats ?
09:04– On peut se poser la question,
09:05mais en tout cas,
09:08ça permettrait effectivement aux entreprises
09:10de communiquer,
09:10d'être un peu moins dépendantes
09:11de cette communication assez systématique,
09:13ça permettrait peut-être
09:14d'avoir un peu moins de volatilité justement,
09:16parce qu'effectivement,
09:17quand une entreprise annonce
09:18des problèmes d'investissement,
09:19on les aurait sur une période
09:20un peu plus longue,
09:21en tout cas une communication
09:22qui serait un peu plus dirigée
09:24vers le long terme,
09:25ça permettrait peut-être
09:26d'éviter un peu la volatilité
09:27qu'on a durant les périodes
09:29de publication,
09:30lorsque ça se passe plutôt mal.
09:31Force est de constater que pour l'instant,
09:32vu le niveau des résultats
09:33et l'ambiance générale,
09:35ça ne changerait pas grand-chose.
09:36– C'est ça.
09:37Alors après,
09:37si les publications
09:38n'étaient plus que semestrielles,
09:39on aurait des valorisations
09:40de marché un peu moins justes
09:41peut-être aussi,
09:42ce serait réactualisé
09:43tous les semestres.
09:44– Et effectivement,
09:45ça serait réévalué
09:46un peu moins souvent.
09:47– À suivre,
09:47la SEC en tout cas,
09:48qui propose désormais
09:49de ne plus publier forcément
09:50tous les trimestres
09:51ces résultats.
09:52Merci beaucoup Benoît
09:53de nous avoir accompagné,
09:54Beloual Pouléloal,
09:55je vais y arriver,
09:56pour Natixis Wealth Management.
09:57– Sous-titrage ST' 501
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