00:00Benoît nous rejoint, Benoît Pelloual, bonjour Benoît, pour Natixis West Management.
00:03Alors face à ces marchés assez incroyables, quand même, nouveau record aujourd'hui, le CAC gagne 3% lui.
00:07Vous allez rendre votre verdict, ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce
00:11que vous l'assumez ?
00:13Il a dit oui totalement. Alors on vous écoute Benoît.
00:16Le verdict c'est que la tech est plus importante que le détroit d'Ormouz pour la trajectoire des marchés.
00:22Ah bah tiens, voilà.
00:25Plus structurelle pour l'avenir que la guerre au Moyen-Orient, la tech, la tech plus forte que la guerre
00:28pour remodeler le monde.
00:29C'est ça que dit le marché aujourd'hui ?
00:31C'est vraisemblablement ce qui est en train de se passer.
00:33On s'aperçoit maintenant que depuis quelques semaines, alors que la situation reste encore dans l'impasse,
00:38alors là on va voir, on a du newsflat un peu positif sur le conflit,
00:41mais la situation est encore dans l'impasse, le détroit est encore formé,
00:44et pourtant ça n'a pas empêché les marchés justement aux Etats-Unis de rejoindre des plus hauts historiques,
00:49et on a quasiment effacé la baisse ici en Europe.
00:52En fait on voit bien que la situation autour du détroit devient plus un sujet de volatilité de court terme
00:57qu'une véritable inquiétude fondamentale qui pourrait préfigurer d'un retournement pour les marchés.
01:03Alors il y a de bonnes raisons à ça, notamment cette conviction de la part des marchés
01:07que chacune des deux parties n'a pas à gagner à l'escalade,
01:10doit trouver un accord, à la fois pour des raisons notamment électorales pour l'administration américaine,
01:14mais également parce que le conflit il est quand même fait l'objet d'un rejet important aux Etats-Unis,
01:19et puis en Iran parce que ce blocus coûte extrêmement cher à l'économie iranienne,
01:22mais il y a une autre raison à laquelle les marchés se sont particulièrement intéressés ces derniers jours,
01:26c'est que fondamentalement les résultats de société, particulièrement aux Etats-Unis,
01:29ne sont pas juste bons, ils sont excellents, ils sont très largement tirés par les valeurs de technologie.
01:34Oui, résultat des entreprises, on est en train d'en sortir Antoine,
01:36c'est vrai que la bascule aura peut-être eu lieu sur cette saison trimestrielle en l'occurrence,
01:42et là sans doute, c'est le sentiment qu'on a Antoine,
01:44que le marché s'est trouvé des convictions plus positives.
01:46Oui, sans doute, c'est peut-être tout simplement qu'on parlait d'une forme de complaisance de la part
01:53des investisseurs,
01:54notamment à la bourse, mais les résultats sont quand même là, sont quand même très très impressionnants,
02:01alors il y a l'IA qui est très impressionnante parce que les résultats sont vraiment sonnants et trébuchants,
02:06on le voit, mais il y a tout le reste aussi qui n'est quand même pas si mal.
02:10Alors, dans l'ensemble, la saison des résultats n'est pas juste bonne, elle est excellente,
02:14c'était important pour justement rassurer les marchés,
02:16mais ça reste quand même très largement lié aux valeurs de technologie,
02:20juste quelques chiffres, mais on a plus de 80% de bonnes surprises aux Etats-Unis,
02:24quand on regarde la croissance qui est réalisée par rapport au trimestre précédent,
02:28on est à plus de 25% de croissance des profits par rapport au trimestre précédent,
02:31avant cette saison des publications, le consensus s'attendait à plus de 12%,
02:34donc on est bien au-delà en termes de croissance de ce qui était attendu.
02:37– S'attendait à plus 12% après avoir relevé ses estimations,
02:40et finalement on fait deux fois mieux encore.
02:41– Et on fait beaucoup mieux, et ce qui est surtout très intéressant,
02:44c'est que ce mouvement s'accompagne d'un mouvement de révision en hausse des perspectives
02:47qui est très significatif, puisque, rappelez-vous,
02:50début d'année, la croissance attendue pour 2026, c'était 15% de croissance des profits,
02:54qui était déjà considérée comme quelque chose d'assez challenging,
02:57et bien là on a révisé en hausse, on est maintenant autour de 20% de croissance des profits pour
03:012026,
03:02ce mouvement de révision en hausse des attentes,
03:04c'est généralement quelque chose qu'on voit alors qu'on est généralement en sortie de récession,
03:08ou alors quand on a vécu une phase un peu difficile,
03:11alors qu'en réalité l'économie américaine a à peine commencé à freiner,
03:14et que le reste du monde n'est pas franchement en train d'accélérer.
03:16– Oui, et avec tout ça on se dit que, bah oui, bien sûr il y a une guerre,
03:19mais d'abord l'issue sera sans doute favorable,
03:22et Cormuz n'est pas le centre du monde,
03:24la tech américaine redevient le centre du monde.
03:26– Et bien quand on regarde justement,
03:27et c'est très frappant à travers cette saison des publications,
03:30quand on regarde ce qui est derrière ce mouvement de révision en hausse des perspectives,
03:33à plus de 80% c'est la technologie,
03:36c'est l'équipement en technologie et les semi-conducteurs,
03:40si vous ajoutez à cela les révisions pour le secteur de l'énergie liées aux effets pétrole,
03:44du conflit en fait vous expliquez l'intégralité de ce mouvement de révision en hausse quasiment,
03:49si bien que pour 2026,
03:52tech plus le secteur de l'énergie avec les effets pétrole,
03:56ça explique quasiment 80% de la croissance des profits qui est attendue,
04:01si vous enlevez ces deux secteurs, on tombe quasiment à à peine 5% de croissance des profits,
04:04versus les 20% qui sont aujourd'hui actuellement attendus.
04:07Donc la tech est véritablement...
04:08– Ce qui aurait déjà été pas si mal,
04:10si les bénéfices avaient progressé comme ça de 5% dans le contexte actuel,
04:12pas si mal quoi, c'est horrible.
04:14– Surtout vu l'historique, et comparé à d'autres zones géographiques,
04:16comme l'Europe par exemple, ça aurait été tout à fait comparable.
04:18Donc on voit bien que la tech, c'est véritablement le centre du monde,
04:21et c'est un sujet plus important en réalité que ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz.
04:23– On l'a vu aussi au travers des résultats des Microsoft, des Google,
04:27alors avec quelques variables d'ajustement,
04:30mais ça continue d'ailleurs aujourd'hui avec Supermicro, avec AMD.
04:35Est-ce que malgré tout, on ne peut pas s'inquiéter du fait que ça monte très très vite,
04:41très très fort, et que la Chine n'a pas encore dit un mot,
04:44mais que quand elle dit un mot, et que ça s'appelle deep-cycle,
04:47ou que ça s'appelle autre chose, c'est disrupteur et fatal généralement ?
04:50– C'est toujours la difficulté quand on est dans des hauts cycles comme ça,
04:54justement sur certains secteurs,
04:56c'est qu'on peut se poser la question de quelques signes d'euphorie,
04:58quand on regarde la performance de l'indice des semi-conducteurs,
05:01le SOX à la bourse de Philadelphie,
05:03sur le mois d'avril, il fait plus de 35% de progression,
05:07la dernière fois qu'on a eu une progression mensuelle aussi importante,
05:09il faut remonter à la bulle TMT pour voir ce genre de choses.
05:11Le Nasdaq, durant le mois d'avril, a enchaîné 13 séances de hausse consécutives,
05:15pour voir un tel mouvement, il faut remonter à 2009,
05:19et généralement, ce type de mouvement, c'est ce qu'on voit,
05:21soit quand on a un appétit pour le risque débridé,
05:24soit parce qu'on vient de vivre un retournement de marché extrêmement violent,
05:28et qu'on est dans une phase de reprise.
05:29On n'est ni dans l'une des configurations, ni dans l'autre.
05:33Et fondamentalement…
05:33– Ça c'est bien ce que vous venez de dire,
05:34ni dans l'une ni dans l'autre,
05:35ça veut dire qu'on n'est pas dans l'euphorie des années de 2000 non plus.
05:37– Alors, pour nous, ce qui nous semble vraiment très intéressant et très important,
05:41c'est qu'on est quand même dans une forme de génération de profits
05:44qui semble être une anomalie par rapport aux standards historiques,
05:47c'est-à-dire que quand on regarde le poids des profits dans le PIB américain,
05:49on est à 16%.
05:5116%, c'est ce qu'on a vu à la sortie du Covid,
05:53alors que l'économie a été extrêmement stimulée,
05:56on a injecté quasiment 20% dans le PIB,
05:58ou alors il faut remonter aux années 50 pour voir une telle configuration.
06:01Quand on regarde les marges des entreprises américaines,
06:04on est sur une nouvelle fois des plus hauts historiques,
06:06et ce qui nous inquiète, c'est que les analystes continuent
06:08de revoir en hausse comme ça, de façon quasi automatique.
06:12– Mais jusqu'ici, ils ont eu raison.
06:13– Jusqu'ici, ils ont eu raison, effectivement,
06:15et ça semble une nouvelle fois se justifier avec cette saison des publications,
06:18mais c'est toute la difficulté d'investir dans des hauts cycles comme ça.
06:21Nous, ce qui nous interpelle surtout, c'est que,
06:23alors certes, les valorisations se sont considérablement dégonflées
06:26avec le mouvement qu'on vient de vivre,
06:27mais juste avant ce mouvement,
06:30ces valorisations, elles laissent donner l'image
06:33que le consensus des analystes et des investisseurs
06:36considèrent que cette génération de profits exceptionnelles
06:38est devenue une nouvelle norme.
06:40Et c'est ça qui nous inquiète,
06:41parce qu'en réalité, l'économie subit des chocs relativement répétés,
06:43et c'est quand même assez difficile d'imaginer
06:46que la génération de profits ou de tel niveau de marge
06:48ne seront jamais affectées par cette succession de chocs.
06:52Encore une fois, la dernière fois qu'on avait vu une telle génération de profits,
06:55c'est à la sortie du Covid,
06:56alors que l'économie était particulièrement stimulée.
06:58– Oui, on se demande tous,
07:00qu'est-ce qui est en train d'arriver à l'économie,
07:02mais de positif en ce moment ?
07:03Qu'est-ce qui est en train d'arriver ?
07:04Est-ce qu'on ne voit pas trop les choses en positif ?
07:06Est-ce que le marché ne les voit pas trop en positif ?
07:07Pour l'instant, le cash est là, l'argent,
07:08les bénéfices sont là du côté des GAFA,
07:10mais ça repose énormément, essentiellement, sur la tech.
07:13C'est aussi ça que le bas blesse,
07:14même si le reste, vous le disiez,
07:15si on ne tenait pas compte de la tech,
07:17on aurait des hautes de bénéfices aux États-Unis
07:19au premier trimestre quand même de 5%.
07:20On n'est pas sur une récession,
07:21on est plutôt sur une hausse aussi des bénéfices de 5%,
07:23c'est honorable,
07:23mais c'est très loin de ce que la tech est en train de délivrer.
07:26– Ça serait très clairement moins flamboyant,
07:27c'est véritablement ça le sujet,
07:28et il ne faut pas oublier que le secteur de la tech,
07:30c'est un secteur qui est en train de changer de statut,
07:33qui est en train de bouger, justement.
07:35Il n'a plus tout à fait les mêmes qualités
07:36qu'il avait auparavant,
07:37et on le voit bien,
07:38c'est peut-être un des éléments à retirer
07:39de cette saison des publications,
07:41c'est un peu moins uniforme à l'intérieur de la tech,
07:43comme vous le notiez,
07:44il y a justement des sociétés qui se sont distinguées,
07:46d'autres qui se sont distinguées moins bien,
07:48je pense notamment à Meta,
07:49et donc effectivement,
07:50il va falloir probablement être un peu plus vigilant,
07:53faire preuve de plus de discrimination.
07:54Encore une fois,
07:55le message de diversification pour nous
07:57est absolument essentiel.
07:58– Mais là, sur la saison de résultats,
07:59on a un sentiment que dans la tech,
08:01bien sûr, il y a toujours un peu de divergence,
08:02Meta a plutôt souffert sur sa publication,
08:04mais il y a quand même un retour sur les publications
08:06d'une forme d'enthousiasme assez générale,
08:08quand même, cette saison-ci.
08:09– Mais qui s'explique assez bien,
08:10qui est en fait le miroir du mouvement négatif
08:12qu'on a eu sur les valorisations,
08:13quand on regarde la prime en relatif de la technologie
08:17par rapport au reste de la cote aux Etats-Unis,
08:19on avait quasiment effacé plusieurs années de prime,
08:22on avait quasiment plus de prime de la tech
08:23par rapport au reste du marché.
08:24Ça a été un mouvement très, très significatif,
08:26donc qui a appelé justement à un retour assez rapide,
08:30comme si on partait de zéro.
08:31– Exactement,
08:32donc il y a eu un mouvement quasi automatique
08:34de retour sur le secteur de la tech
08:36qui explique justement la situation
08:37et le mouvement de marché aujourd'hui.
08:39– Face à tout ça,
08:40peut-être plus de dérégulation à venir,
08:41la SEC,
08:42donc le gendarme des marchés américains,
08:43la SEC propose de supprimer
08:45les résultats trimestriels,
08:46en tout cas de supprimer l'obligation
08:47de publier les résultats tous les trimestres,
08:49et ces entreprises américaines
08:50pourraient désormais ne plus les publier
08:51que tous les semestres,
08:52deux fois par an plutôt que quatre fois par an.
08:54Avec un certain nombre d'avantages,
08:56on aurait des stratégies peut-être
08:57à moins court terme,
08:58un peu plus long terme,
08:59puis aussi des inconvénients,
09:00comment vous verriez ça,
09:01à moins d'obligation de publier trimestriellement
09:03les résultats ?
09:04– On peut se poser la question,
09:05mais en tout cas,
09:08ça permettrait effectivement aux entreprises
09:10de communiquer,
09:10d'être un peu moins dépendantes
09:11de cette communication assez systématique,
09:13ça permettrait peut-être
09:14d'avoir un peu moins de volatilité justement,
09:16parce qu'effectivement,
09:17quand une entreprise annonce
09:18des problèmes d'investissement,
09:19on les aurait sur une période
09:20un peu plus longue,
09:21en tout cas une communication
09:22qui serait un peu plus dirigée
09:24vers le long terme,
09:25ça permettrait peut-être
09:26d'éviter un peu la volatilité
09:27qu'on a durant les périodes
09:29de publication,
09:30lorsque ça se passe plutôt mal.
09:31Force est de constater que pour l'instant,
09:32vu le niveau des résultats
09:33et l'ambiance générale,
09:35ça ne changerait pas grand-chose.
09:36– C'est ça.
09:37Alors après,
09:37si les publications
09:38n'étaient plus que semestrielles,
09:39on aurait des valorisations
09:40de marché un peu moins justes
09:41peut-être aussi,
09:42ce serait réactualisé
09:43tous les semestres.
09:44– Et effectivement,
09:45ça serait réévalué
09:46un peu moins souvent.
09:47– À suivre,
09:47la SEC en tout cas,
09:48qui propose désormais
09:49de ne plus publier forcément
09:50tous les trimestres
09:51ces résultats.
09:52Merci beaucoup Benoît
09:53de nous avoir accompagné,
09:54Beloual Pouléloal,
09:55je vais y arriver,
09:56pour Natixis Wealth Management.
09:57– Sous-titrage ST' 501
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