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  • il y a 3 heures
Ce lundi 9 février, Arnaud Tourlet, associé-gérant chez KMH, s'est penché sur le fonctionnement de la rotation sectorielle dans les marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Arnaud Tourlé nous rejoint, associé gérant de KMH. Bonjour Arnaud.
00:04Bonjour messieurs.
00:05Et bienvenue, vous allez Arnaud rendre votre verdict et le prononcer en direct dans un instant.
00:09Ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Bien sûr, bien sûr que je l'assume.
00:16On vous écoute.
00:17Alors aujourd'hui je voudrais vous dire que les leaders, les gagnants en bourse des dix prochaines années
00:22ne seront pas du tout les mêmes que ceux des dix dernières années.
00:26Oh, on va leur faire le deuil alors.
00:28On finit par oublier d'ailleurs qui a dominé les dix dernières années.
00:31Quoique pour vous, les dix prochaines années seront dominées par d'autres, Antoine ?
00:35C'est la rotation sectorielle décennale en fait.
00:38Oui, parfois c'est dix ans, parfois c'est cinq ans, parfois...
00:40Mais c'est vrai qu'on a tendance à l'oublier.
00:43Mais la bourse c'est une suite de cycles et de modes.
00:46Et parfois ça peut durer très longtemps.
00:49Il faut prendre un peu de recul.
00:51Tout à l'heure vous parliez de faire un pas de côté.
00:53Je vais prendre un petit peu de recul, juste prendre une ou deux minutes pour justement revenir là-dessus.
00:56Alors je ne sais pas si vous vous souvenez des années 60-70 aux Etats-Unis.
01:00On parle beaucoup des Etats-Unis.
01:01On parlait des Nifty Fifty aux Etats-Unis.
01:04C'était un groupe de 50 entreprises, très grosses entreprises américaines,
01:07sûrs, en croissance, dividendes en croissance, etc.
01:10Tout le monde voulait les acheter et ne jamais les vendre.
01:13Et donc les valorisations étaient montées très très haut.
01:16Performance exceptionnelle.
01:17Et puis après, choc pétrolier dans les années 70, hausse d'étau, terminé.
01:22Longue traversée du désert pour ces Nifty Fifty.
01:25Certaines existent encore, Coca, McDo, etc.
01:28D'autres sont mortes.
01:29Polaroid, Xerox.
01:31Premier exemple.
01:32Deuxième exemple, un petit peu plus proche.
01:34On va faire un bond en avant.
01:35Année 90-2000, plutôt 95-2000.
01:38La folie TMT, la folie Internet.
01:40Qui se termine en bulle, qui par définition éclate.
01:43C'est le propre d'une bulle.
01:44Avec, là aussi, des entreprises qui étaient valorisées très très chères.
01:48Et donc, la folie de la croissance, du rêve de croissance.
01:52Et des entreprises, parfois, qui ont disparu.
01:54Et Yahoo, Alcatel chez nous, Blackberry.
01:58Ensuite, on passe dans les années 2000.
02:00Début des années 2000, retour de la value.
02:02On ne veut plus entendre parler de la croissance.
02:04Donc, on revient sur la value.
02:05On veut de l'économie réelle.
02:06On ne veut plus du rêve d'Internet et pas de marge, que des pertes.
02:09On veut retrouver de l'économie réelle.
02:11Donc, c'est ce qu'on appelle les Brick and Mortar.
02:14Donc, c'était le BTP.
02:14C'était l'assurance, la banque, l'automobile, l'industrie, la vraie.
02:18Et ça, ça surperforme fortement entre 2002 et 2007.
02:23Puis après, crise des subprimes, les mannes, etc.
02:25Récession économique.
02:27Et qu'est-ce qu'on a vécu depuis 15 ans ?
02:29Le règne de la croissance.
02:30Le retour de la croissance.
02:31Le tout-tech.
02:32Le tout-tech.
02:33Pas tout-tech.
02:34Parce qu'on parle beaucoup de tech.
02:35Mais c'était le tout croissance.
02:37C'était pharma.
02:38C'était luxe.
02:39C'était bien de consommation au sens large.
02:42Et bien sûr, tech.
02:43Tout ce qui était secteur de croissance de long terme.
02:46Avec, là aussi, des valorisations qui sont arrivées un petit peu haut, peut-être.
02:50Et là, moi, j'ai l'impression que depuis un an, la roue est en train de tourner.
02:53Donc, c'est pour ça que je voulais parler de ça aujourd'hui.
02:55Prendre un peu de recul.
02:56Ça fait un an qu'on voit que ça change.
02:58La roue tourne.
02:59Et qu'est-ce qu'on voit ?
03:00C'est que depuis un an, la croissance et la tech, c'est plus compliqué.
03:04Et à l'inverse, la value, donc les secteurs, on va dire, pas très chers, industriels, financiers, etc.
03:11Ça surperforme.
03:12Mais pas que.
03:13Il y a aussi d'autres segments de marché qui se réveillent.
03:16Il y a les small et mid-cap, les petites et moyennes valeurs.
03:19Et puis, il y a les pays émergents.
03:20Qui, eux aussi, ont connu de nombreuses années de sous-performance.
03:24Et depuis un an, ça change.
03:26Alors, il y a un élément, un point commun à toutes ces classes d'actifs ou ces zones.
03:31C'est la valorisation.
03:32Les valorisations étaient attractives il y a un an.
03:35Elles sont encore attractives aujourd'hui.
03:37Mais ça ne suffit pas.
03:38Vous ne pouvez être pas chers et vous pouvez le rester pendant très longtemps.
03:41Il faut un changement d'histoire.
03:43Il faut un narratif différent.
03:45Il faut ce qu'on appelle en bourse des catalyseurs.
03:47Et là, on a deux catalyseurs depuis un an.
03:49Le premier, c'est Trump.
03:51Ça, c'est facile.
03:52Trump, les droits de douane, le chaos géopolitique.
03:55Ça a des conséquences.
03:56Ça veut dire qu'on se replie sur soi.
03:58Ça veut dire qu'il faut qu'on apprenne à se défendre soi-même.
04:01Donc, on augmente le budget de défense.
04:03On fait des partenariats avec les pays avec lesquels on s'entend bien.
04:06Nous, on fait des partenariats avec le Canada, avec l'Inde.
04:09Très récemment, gros deal commercial entre l'Union européenne et l'Inde.
04:12Les émergents, c'est pareil.
04:13Les émergents, ils ne veulent plus dépendre des États-Unis.
04:15Méfiance.
04:16Donc, ils se rapprochent les uns avec les autres.
04:18Premier catalyseur.
04:20Donc, plus d'activité peut-être et une méfiance vis-à-vis des États-Unis.
04:23C'est l'América.
04:24Et puis, on va acheter plus chez nous.
04:27Deuxième catalyseur, l'IA.
04:28L'IA, évidemment.
04:29Parce que là, aujourd'hui, on commence à se poser des vraies questions.
04:32Quand on parle de centaines de milliards de CAPEX dans les data centers,
04:36dans les puissances de calcul, dans les réseaux,
04:40on se demande qui vont être les grands gagnants de ça.
04:42Parce que les grands investisseurs, on les connaît.
04:45C'est les GAFAM, c'est les sept magnifiques.
04:48Mais est-ce que c'est eux qui vont vraiment gagner ?
04:50Est-ce qu'ils vont avoir la rentabilité espérée sur ces investissements colossaux ?
04:53Donc là, il y a une question.
04:54Et le marché est en train de douter un peu de ça.
04:56On rappelle le montant de leurs investissements.
04:58Pour ceux qui n'étaient pas là vendredi,
04:59660 milliards de dollars annoncés par juste 4 GAFAM.
05:02Sur une année.
05:03Sur une année.
05:04Juste pour cette année, ils annoncent 660 milliards de dollars d'investissement
05:07dans les infrastructures d'IA.
05:09660 milliards de dollars, on en parlait avec Antoine vendredi,
05:11ça représente 90 tunnels sous la manche.
05:1450 EPR aussi, c'est le prix de 50 réacteurs EPR.
05:17Un Tencent.
05:18Un Samsung.
05:19Et pour donner un autre chiffre assez parlant,
05:22que ce soit Amazon ou Google,
05:24on va rester sur Google Alphabet.
05:26Alphabet, je ne sais plus, c'est 180 milliards cette année.
05:28180 milliards de CAPEX, c'est 40% du chiffre d'affaires attendu cette année.
05:32Quelle entreprise dépense 40% de son chiffre d'affaires sur une seule année
05:36pour investir dans des infrastructures IA,
05:39dans du cloud computing, etc.
05:41Donc vous dites, les gagnants des dix dernières années ne seront pas ceux des dix prochaines.
05:45On arrive à identifier du coup ceux des dix prochaines.
05:48On voit là en ce moment que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs perfs.
05:50C'est vrai, c'est dans les valeurs traditionnelles.
05:52C'est elles les gagnantes à venir des dix prochaines années, les valeurs traditionnelles finalement ?
05:55Alors, il y a certainement de ça.
05:57Mais de manière globale, il y a certainement, j'ai envie de dire,
06:00d'une manière générale, la value,
06:03qui a une bonne chance de surperformer sur les dix prochaines années.
06:06Et la value, ça peut être l'Europe, ça peut être les marchés émergents dont on parlait,
06:11ça peut être les petites et moyennes valeurs qui ne sont pas trop chères.
06:14Et en effet, on va retrouver beaucoup dans cette thématique value des secteurs traditionnels.
06:20On va retrouver de la banque, on va retrouver de l'assurance,
06:22on va retrouver de l'industrie lourde, on va retrouver des télécoms.
06:25Vous voyez, les réveils, ne serait-ce qu'en France,
06:27de Orange, Société Générale, ArcelorMittal, ce genre de titres,
06:31qui étaient complètement délaissés et oubliés depuis dix ans.
06:34Ça se réveille.
06:35Ça se réveille d'ailleurs assez violemment.
06:38Donc oui, la thématique value, acheter des titres,
06:42des zones géographiques qui ne sont pas survalorisées,
06:45ça peut en effet donner un potentiel de performance sur les dix prochaines années.
06:51Alors justement, on a assisté quand même à plutôt des bonnes surprises
06:54du côté du CAC 40 la semaine dernière,
06:57puis les séances d'avant en termes de publication de résultats.
07:00Cette semaine, il y a quand même 11 publications à priori à suivre,
07:06laquelle vous allez regarder le plus en vous disant,
07:08il y a peut-être quelque chose là.
07:09Et justement, peut-être avec cette Optic Value.
07:12Alors, avec l'Optic Value, je ne les ai pas en tête toutes les publications de la semaine.
07:16On vous les donne alors.
07:18Il y aura Kering demain, il y aura Dassault Systèmes, Total Energy cette semaine aussi,
07:21Michelin, ici l'Aurus Sotica,
07:23le grand qu'on attend cette semaine, Hermès, Unibail, Rodam, Cobra.
07:26Il y en a beaucoup.
07:27L'Oréal aussi cette semaine.
07:28Alors là, du coup, L'Oréal, on n'est pas dans la value.
07:31Non, non.
07:33Alors, il n'y a pas Schneider cette semaine,
07:35mais c'est vrai que parce qu'on parlait de gagnants ou perdants de l'IA,
07:39je pense que Schneider fait partie des gagnants.
07:40Donc, on n'est pas dans la value sur Schneider, pour être honnête.
07:43Ça a pas mal marché.
07:44Oui, ça a pas mal marché.
07:46Mais il faut suivre de près l'énergie,
07:48parce que l'énergie est en train de se réveiller.
07:50Donc, il faut regarder de près ce que va dire Total,
07:52au-delà des résultats même de Total pour le secteur.
07:55Alors, ça va être très intéressant de regarder ce qu'ils vont raconter.
07:58Le retour sur investissement avec un prix du baril qui a remonté un petit peu.
08:03Il peut y avoir un secteur qui commence à se réveiller en bourse.
08:05Vous y croyez franchement, le réveil des cours du pétrole, franchement, Arnaud ?
08:09Alors, les cours du pétrole en tant que tel, pas plus que ça.
08:11Il y a un contexte géopolitique un peu chaud sur l'Iran.
08:14Oui, je suis d'accord.
08:15Les cours du pétrole, pas plus que ça.
08:17Par contre, les services pétroliers, peut-être un peu plus,
08:19parce qu'il y a quand même besoin.
08:20Vous savez qu'il y a les champs pétroliers,
08:22ils s'appauvrissent tous les ans d'à peu près 6-7%.
08:25Si on ne fait rien du tout, si on n'en trouve pas d'autres.
08:27Donc, il faut investir, il faut trouver d'autres ressources,
08:31même si, malheureusement, ce n'est pas forcément le mieux pour la planète et le climat.
08:35Oui, on suivra Capgemini, tiens aussi, cette semaine,
08:38qui vient de vivre une semaine très compliquée.
08:39Ça continue encore 2% de baisse aujourd'hui, Capgemini.
08:42On est dans cet univers des acteurs qui, peut-être, un jour,
08:45seront complètement remplacés par l'IA.
08:47C'est un doute qui reste dans le marché aujourd'hui, Capgemini.
08:49Donc, reste l'anterne rouge avec, en plus, une controverse ESG.
08:52Vous le savez, aux États-Unis, on y reviendra.
08:53Capgemini publiera vendredi ses résultats.
08:56Un dernier mot sur, quand même, le signal japonais.
09:00On a une petite alerte sismique sur les taux japonais.
09:03Petit séisme, pas grand-chose, mais est-ce que ça préfigure quelque chose de plus puissant ?
09:06Les taux japonais remontent aujourd'hui après la victoire du parti de la première ministre.
09:10Triomphe même, triomphe électorale la nuit dernière.
09:12Plus grande victoire là-bas au Japon pour ce parti libéral-démocrate
09:16depuis la Deuxième Guerre mondiale.
09:17Pourquoi les taux montent ?
09:19Parce qu'il y a des volontés d'investir massivement au Japon.
09:22Il y a un plan d'investissement de plus de 100 milliards.
09:25Il y a une volonté de baisser les impôts aussi.
09:27Et d'ailleurs, ça fait écho un peu à ce qui se passe ailleurs.
09:30En Allemagne, il y a un très gros plan d'investissement aussi.
09:33Donc, il y a besoin.
09:34Il y a besoin d'investir, que ce soit dans la défense, dans les infrastructures.
09:38Et donc, ça fait monter un petit peu les taux, évidemment,
09:40puisqu'il va y avoir besoin de continuer à s'endetter.
09:43Alors, le Japon, vous savez, on est sur un pays avec une dette à 230% du PIB, à peu près.
09:49Donc, forcément, il y a de la tension.
09:51Après, il y a des limites à ça.
09:52Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en Angleterre, il n'y a pas très longtemps,
09:57il y a un Premier ministre qui n'était pas resté très très longtemps
10:00à cause d'un petit stress, un gros stress sur les taux longs anglais.
10:04Et puis, ça ne peut pas durer parce qu'il y a des forces de rappel sur les marchés,
10:08surtout quand on a autant de dettes.
10:11Pour l'instant, le marché achète.
10:12C'est-à-dire qu'on a les taux japonais qui se tendent,
10:13mais un Nikkei qui monte ce matin, plus de 3%.
10:16Le marché actions se dit, on va avoir de la croissance,
10:19certes, au prix d'une dette et d'un déficit aggravé, mais c'est jouable.
10:22Voilà le pari du marché actions.
10:23Oui, et puis le 10 ans japonais, il est à 2 et quelques, 2,3%.
10:27Donc, il faut aussi relativiser à ça.
10:29Mais oui, vous avez raison.
10:30Le marché joue l'activité et la croissance.
10:34de ce plan d'investissement.
10:36Arnaud Tourlet est associé gérant pour KMH.
10:38Merci beaucoup Arnaud d'être passé nous voir sur le plateau d'FM Bourse.
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