- il y a 5 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On a regardé les relevés de ces dernières heures, des prix à la pompe, parce que le baril est remonté,
00:05on sait toujours qu'à la pompe, ça repart très vite à la hausse, ça met du temps à redescendre.
00:10Alors ça, c'est le 95,203, vous voyez depuis le mois de février, le gasoil 2,19.
00:17Donc ça veut dire qu'on est... C'est reparti Gaëtan Mélin ?
00:19Oui, de toute façon, sur les marchés pétroliers, on a vu le pétrole, le brut américain ou le Brent,
00:25qui est notre référence à nous, européens, qui est très nettement reparti à la hausse, 90 dollars.
00:30Le baril, et bien évidemment, ça a une incidence sur le prix des carburants, que ce soit le diesel ou
00:37l'essence.
00:37D'ailleurs, depuis la mi-août, on le rappelle, on s'est installé au-dessus des 2 euros le litre
00:43pour l'ensemble des carburants.
00:44Donc c'est véritablement, aujourd'hui, pour les marchés financiers, cet enlisement, il a été acté.
00:50Et c'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, on ne voit pas une fluctuation beaucoup plus importante ou
00:55même une baisse assez notable.
00:57Pourtant, il y a du pétrole qui sort d'Hormouz.
00:58Oui, il y a du pétrole qui sort d'Hormouz, mais encore une fois, le prix, aujourd'hui, dépend de
01:04deux facteurs.
01:05Les prix de marché, donc les financiers, comment ils voient la situation.
01:09Et puis, il y a aussi le raffinage. Il y a moins de produits raffinés au Moyen-Orient.
01:13Le pétrole qui sort d'Hormouz n'est pas raffiné, il est brut.
01:16Exactement.
01:17Donc il y a un coût derrière, le coût de raffinage.
01:21qui explique la différence entre, je dirais, les fluctuations sur les marchés pétroliers et ce que l'on voit sur
01:30les totems de nos stations-service.
01:32C'est pour ça que vous le disiez très justement d'ailleurs.
01:35Quand le prix du baril de pétrole baisse, eh bien, on ne voit pas la baisse d'autant sur les
01:40carburants.
01:40C'est à cause du raffinage.
01:42En revanche, effectivement, quand les prix augmentent, eh bien, de fait, ça augmente également.
01:48Donc oui, grosse pression pour le consommateur, surtout en cette rentrée.
01:52On l'a bien vu cet été, des consommateurs qui ont revu leur manière d'utiliser leur voiture.
01:59Par exemple, du trafic autoroutier.
02:01Exactement.
02:02Mais de toute façon, vous pouvez interroger aujourd'hui tous les automobilistes.
02:05Ils se rationnent.
02:06Ils roulent moins.
02:07Ils roulent moins.
02:08Ils font attention.
02:09Ils essaient d'économiser parce qu'aujourd'hui…
02:11Et certains sont passés à l'électrique.
02:12Exactement.
02:13Parce qu'aujourd'hui, c'est un budget, c'est une dépense contrainte pour de nombreux Français
02:18qui n'ont pas d'autre solution que d'utiliser leur voiture pour aller travailler
02:22parce qu'eux, ils n'ont pas de transport en commun ou bien les distances sont tellement importantes
02:28qu'ils n'ont pas utilisé un vélo pour aller travailler.
02:30Pierre Chasserey, délégué général à l'association 40 millions d'automobilistes avec nous.
02:34Bonsoir, M. Chasserey.
02:36Merci d'être là.
02:37Alors, c'est reparti à la hausse.
02:39Est-ce qu'on doit maintenir les dispositifs d'aide, du coup, pour les automobilistes ?
02:43Ce qu'a annoncé le gouvernement a confirmé.
02:46Les aides, ça ne sert à rien.
02:47Les aides soi-disant ciblées, on passe à côté de la cible.
02:50N'oublions pas quand même que c'est Sébastien de Bleu Cornu qui tient l'archer.
02:53Donc, quand c'est lui l'archer, on sait très bien que ça va viser à côté.
02:57L'aide, ça ne sert strictement à rien.
02:58Par contre, excusez-moi, mais je suis atterré d'entendre du matin au soir les mêmes choses.
03:04Mais comment peut-on oser affirmer que si les prix des carburants sont chers,
03:11c'est à cause de l'impact du détroit d'Hormuz,
03:13quand on sait très bien, pertinemment, que 65% du prix, ce sont des taxes.
03:20Mais comment peut-on oser donner cette explication
03:23quand on connaît l'impact marginal en centimes de la crise iranienne sur le prix global ?
03:30Il faudrait quand même, à un moment donné, qu'on arrête de tous répéter les mêmes choses
03:35sur toutes les antennes parce qu'au bout d'un moment, c'est faux.
03:38C'est-à-dire que l'impact du détroit d'Hormuz existe, il est évident.
03:42Mais il ne pèse que sur quelques centimes.
03:44Il ne pèse pas sur ce qui fait qu'aujourd'hui, le prix est devenu insoutenable pour les Français.
03:51D'ailleurs, n'oubliez pas qu'en France, on a quand même une TVA à 20% sur les prix
03:55des carburants
03:56et que lorsqu'on a un effet de remontée mécanique du prix raffiné,
04:02on a fondamentalement une augmentation de la part de fiscalité.
04:07C'est quand même impurissant.
04:07– Oui, mais c'est un argent, pardon, Pierre Chasserey, puisque vous dites qu'on se répète,
04:11mais là aussi, on se répète un peu, parce que cet argent, en partie,
04:13permet de financer les aides ciblées, permet de financer le chèque énergie.
04:17C'est ce que dit le gouvernement ?
04:18– Non. Alors déjà, oui, mais c'est ce que dit le gouvernement.
04:21Vous savez très bien que le chèque énergie, il est quand même exceptionnel,
04:24ce chèque énergie qui est reconduit.
04:25Le chèque énergie, on ne peut pas acheter de carburant avec.
04:28Donc j'aimerais bien que Sébastien Lecornu précise lorsqu'il fait un tweet
04:31que lorsqu'il relance le chèque énergie,
04:34ça n'a strictement rien à voir avec le prix des carburants.
04:38L'aide gros rouleur, on peut en parler 5 minutes ?
04:40– Il faut la demander.
04:41– 3 millions de personnes qui sont concernées, mais évidemment,
04:44tout le monde ne le demande pas.
04:45– Mais non, parce que ça ne change pas le prix au totem.
04:49Et en plus, c'est quoi un gros rouleur ?
04:50Prenez une mère de famille en province qui va emmener ses gamins
04:53tous les jours à l'école, qui va faire, je ne sais pas moi,
04:56une trentaine de kilomètres par jour.
04:57À la fin du mois, ça fait 600 kilomètres.
05:00Est-ce que c'est un grand rouleur ?
05:01Non, elle n'est pas considérée grand rouleur
05:04parce qu'il faut tellement de grilles fiscales,
05:06tellement de grilles.
05:08On met en place des poudrières finalement,
05:13des choses qui sont impossibles à maîtriser pour l'administration.
05:16Et on s'étonne que les Français en ont ras-le-bol.
05:18La réalité, c'est que les Français ne veulent qu'une seule chose.
05:21Ils sont pris à la gorge.
05:22Ils ont bel et bien compris que le prix, c'était 65% de taxes.
05:26Et ce qu'ils demandent, c'est juste une baisse de la fiscalité
05:29sur les carburants pour enfin relancer la consommation en France.
05:33Guillaume Ancel ?
05:34Merci.
05:35Je vais quand même rappeler une réalité,
05:37même si elle vous agace,
05:38mais moi, je ne suis pas conspirationniste,
05:39je suis analyse de guerre.
05:40Donc, vous voyez, quand il y a un événement de guerre
05:43qui fait pression sur le marché pétrolier,
05:45eh bien, toutes les prospects sont obligés
05:48d'anticiper le fait qu'ils peuvent avoir un problème.
05:50Sans compter les compagnies d'assurance
05:52et les transporteurs qui, bien sûr,
05:54eux, vont élever mécaniquement le prix
05:56parce qu'ils estiment qu'il y a un risque
05:58aujourd'hui de passer par le détroit d'Hormouz.
05:59Et ça, ça s'appelle l'économie.
06:02Or, en fait, on peut dire que c'est inadmissible,
06:04mais la réalité, elle est là.
06:05Donc, tant qu'il n'y aura pas...
06:06La réalité, c'est qu'on ne produit pas nous-mêmes du pétrole
06:08et donc on est dépendant de tout ça.
06:09Et tant qu'on n'aura pas trouvé un accord sur le détroit d'Hormouz,
06:12qui est un sacré problème,
06:13parce que je rappelle qu'avant la guerre du Golfe Persique,
06:16il n'y a pas de sujet sur le détroit d'Hormouz.
06:17C'est Trump qui a créé cette situation.
06:19Et donc, aujourd'hui, les Iraniens ont très bien compris
06:22que le sujet de l'arme nucléaire n'intéresse personne,
06:25alors qu'à mon avis, il est central dans la région.
06:27Mais par contre, le blocage du détroit d'Hormouz,
06:29avec un impact immédiat,
06:31et ce n'est pas que les stations françaises qui sont impactées,
06:34c'est juste le monde entier.
06:35Je vous rappelle qu'il y a des pays d'Asie
06:36qui sont obligés de rationner l'approvisionnement,
06:39la distribution de carburant.
06:41Ces pays dépendaient plus du détroit d'Hormouz que nous.
06:43Bien sûr.
06:43Donc, tout dépend de la manière dont on est exposé.
06:46Et actuellement, en Europe, oui, nous sommes exposés.
06:48Oui, et je dirais que l'un des risques majeurs aujourd'hui,
06:52quand vous regardez les Français,
06:54c'est l'évolution du prix du gaz.
06:56Pourquoi ?
06:56Parce qu'il est lui aussi reparti à la hausse
06:59à cause, justement, des gisements de gaz
07:01qui ont été impactés au Moyen-Orient.
07:03Il y a des usines qui ont été détruites.
07:07Ça va prendre des années pour les reconstruire.
07:09Aujourd'hui, on a un gaz au niveau européen
07:13qui est à 68 euros du mégawatt-heure.
07:17C'est juste très important.
07:19Et surtout, ça pèse aujourd'hui sur nos stocks de gaz.
07:24Vous savez, les Européens doivent chaque année
07:27reconstituer leurs stocks de gaz
07:29pour faire face à l'hiver.
07:30Le problème, c'est qu'aujourd'hui, en Europe,
07:33on est à 64 % de remplissage.
07:35C'est le plus bateau depuis 15 ans.
07:37En France, on est à 70 %.
07:40L'objectif fixé par Bruxelles,
07:42c'est 75 % avant que l'hiver ne commence.
07:46Le gaz qui vient d'où ?
07:47Qui vient du Moyen-Orient, qui vient de partout.
07:50Mais effectivement, là encore,
07:52c'est qu'il y a une telle pression
07:54sur le gaz au Moyen-Orient
07:55que ça fait monter les prix.
07:57Donc, on va l'acheter plus cher ?
07:58On va l'acheter plus cher.
07:59Mais c'est surtout, aujourd'hui,
08:01ces stocks sont primordiales.
08:02Regarde, en Allemagne,
08:03ils sont à 50 % de remplissage des stocks.
08:05C'est un niveau très, très bas.
08:07Ça veut dire, Olivier Hélan,
08:09que si jamais on a un hiver très rigoureux,
08:13eh bien là, on va avoir un prix du gaz
08:14qui va dépasser les 100 euros le mégawatt-heure.
08:17Et ça, ce sera peut-être même
08:19un plus gros problème
08:21que l'évolution des prix du carburant.
08:22Pierre Chasserey, il y a aussi
08:24le patron de Total, Patrick Pouyanné,
08:26qui a menacé de supprimer son plafonnement.
08:30Les prix sont plafonnés chez Total.
08:32D'ailleurs, ça rencontre un succès fou
08:34parce que tout le monde se rue
08:35dans les stations-service Total.
08:37Moi, je l'ai constaté ce week-end.
08:38Mais il dit, attention,
08:39si on me taxe et si on taxe
08:42c'est super profit,
08:43moi, c'est terminé avec ce plafonnement.
08:45On ne peut pas avoir les deux.
08:45Donc, un plafonnement qui lui coûte
08:47entre 250 et 300 millions d'euros,
08:49c'est ce qu'il dit.
08:50Il a raison, Patrick Pouyanné,
08:51de dire pas de taxe sur les super profits ?
08:55C'est évident.
08:56C'est évident qu'il allait répéter ça
08:58et répondre ça au gouvernement
09:00parce que c'est le seul
09:01à avoir fait un effort sur le prix,
09:03je le rappelle, 65% de taxe de l'État.
09:06Donc, pour Patrick Pouyanné,
09:08ça lui paraît totalement inadmissible
09:10pour lui de faire l'effort
09:11pendant que le gouvernement ne fait rien.
09:13Et sa menace est bien sentie
09:15parce que si demain, Total arrête
09:17de faire bénéficier la France
09:20de tarifs avantageux
09:21par rapport aux autres compagnies pétrolières
09:24qui ne sont pas françaises,
09:25eh bien, c'est plus d'euros 10, le plein.
09:27C'est fini.
09:28Ça va être 2,40 euros allègrement.
09:29Donc, il est en position de force,
09:31en position de force politique.
09:33Et voilà comment, encore,
09:35c'est l'une des conséquences nombreuses
09:37de cette politique fiscale du gouvernement
09:39qui préfère étouffer,
09:42asphyxier les automobilistes et les Français
09:43qui t'a plombé toute l'économie nationale,
09:46plutôt que d'aller taxer les richesses produites.
09:50Ce qui paraît quand même un petit peu plus intelligent
09:52que d'aller taxer Monique qui fait le plein
09:54pour aller bosser.
09:56Mais le gouvernement, il n'a pas d'argent.
09:57Donc, il prend l'argent là où ça rentre le plus
10:00et à la pompe, ça rentre.
10:02Non, c'est une bêtise.
10:04En fait, ça, c'est une bêtise économique.
10:05Lorsque l'on fait ça,
10:07vous appauvrissez directement
10:08sur un prélèvement quasi direct.
10:10Le principe de base de l'économie,
10:12c'est que l'argent doit circuler
10:14dans le plus de mains possible
10:15pour créer de la dynamique,
10:17créer de la croissance,
10:19créer du PIB.
10:20Si on ne le fait pas,
10:21si on taxe quasi, tout de suite,
10:24quasi en prélèvement direct avec le carburant,
10:26l'argent ne circule plus.
10:28C'est ce qu'on a vu cet été.
10:29Le pays plonge en récession
10:30avec les conséquences qui vont arriver,
10:33c'est-à-dire une dégradation
10:34des notes internationales,
10:35un effet de récession,
10:37une inflation qui va sans doute arriver,
10:39et Gaëtan a tout à fait raison,
10:41notamment sur les prix du gaz.
10:42Et il n'y a pas que le gaz
10:43parce que les transporteurs
10:45vont aussi augmenter leurs prix.
10:46Bref, ce n'est pas une bonne nouvelle
10:48pour l'économie.
10:48En fait, on est juste face à un gouvernement
10:50qui a une dimension
10:51et une vision d'avenir
10:53qui est limitée à un an au grand maximum,
10:55là où on espérerait avoir des politiques
10:57qui ont une vision
10:58à 10 ou 15 ans pour le pays.
11:00Un an, vous êtes peut-être optimiste,
11:01Pierre Chasserey.
11:02Merci d'avoir été avec nous,
11:04messieurs, dames.
11:04Merci d'avoir regardé cette vidéo !
11:04Merci d'avoir regardé cette vidéo !