- il y a 14 heures
Ce vendredi 27 février, Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, et Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis Investment managers, se sont penchés sur l'économie américaine, les marchés européens et les résultats d'entreprises dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Avec Alexandre Stott de Goldman Sachs.
00:06Bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Merci d'être avec nous ce soir.
00:08Pia Mabrouk, chez Toine de Natix 6e, qui va nous rejoindre dans quelques instants.
00:12On regarde ces marchés, sentiment général.
00:15On le disait, on a l'impression, sans trop le dire, qu'on s'est mis en position défensive sur
00:20les marchés
00:21via les secteurs d'action qui ont été achetés cette semaine.
00:24Il y a des positions sur les taux.
00:25On voit qu'il y a une vraie pression à la baisse sur les taux d'intérêt,
00:27notamment sur les dettes longues.
00:30On voit alors qu'il remonte le pétrole, qu'il remonte.
00:31Est-ce que le marché n'est pas en train de se mettre en position défensive, un petit peu malgré
00:35lui ?
00:36Et face à des incertitudes qui restent fortes, face à la tornade, destruction, création de valeurs autour de l'IA,
00:45là, on temporise et on recherche les valeurs sûres.
00:48Je pense que c'est vrai, mais c'est assez subtil.
00:50En réalité, les marchés d'action, au final...
00:52C'est sans vraiment le dire, on va dire.
00:54Exactement.
00:54Les marchés d'action ont été relativement stables depuis le début de l'année.
00:57Et les taux longs ne baissent que légèrement.
01:00Mais ce qui est assez impressionnant, c'est les mouvements sous la surface.
01:03Dans les marchés d'action, vous avez les entreprises de logiciels qui font moins 20%,
01:07les entreprises d'énergie qui font plus de 20%.
01:09Ça, c'est des mouvements énormes.
01:11Et sur les taux longs, je dirais, ils basquent légèrement.
01:14Mais c'est surprenant parce que les données, au final, économiques n'ont pas été si mauvaises que ça.
01:17Donc, en réalité, ça reflète des craintes peut-être un peu plus larges.
01:20Je pense que le suspect, tu le mentionnais, c'est sûrement l'IA et la destruction que ça crée.
01:27Mais pas que. On voit qu'il y a eu une source aussi d'inquiétude des marchés.
01:32Et Karen George, dans USA Today, en début d'émission, que vous pouvierez écouter en podcast,
01:36s'en faisait écho, il y a un sentiment un petit peu de contradiction entre des données macroéconomiques américaines
01:43qui montrent que, du côté du consommateur américain, il fait un peu la tête.
01:49Du côté de l'immobilier américain, il y a beaucoup d'interrogations.
01:52Du côté de l'activité américaine, elle reste robuste et l'inflation reste là.
01:57On devrait voir des taux américains monter un petit peu.
02:01Et là, pour l'instant, ils ont tendance à baisser.
02:04Et voilà, est-ce que là aussi, ce n'est pas le reflet également d'une volonté des investisseurs de
02:10marché
02:10de se couvrir avec de la valeur sûre ?
02:12Nous, notre lecture de l'économie américaine serait quand même un peu plus constructive que cela.
02:17Donc, pour ce qui est de la croissance, oui, le chiffre du PIB a surpris à la baisse au Q4.
02:22En fait, ça reflétait plutôt mécaniquement l'effet négatif du shutdown qu'il y avait eu en octobre.
02:26Donc, en réalité, la tendance sous-jacente de croissance est plutôt bonne, entre 2 et 2,5 %.
02:31On pense qu'elle sera similaire au Q1.
02:33Et elle sera même sûrement boostée mécaniquement par l'effet positif du shutdown.
02:36Donc, c'est un peu contraintuitif, mais les chiffres de croissance seront sûrement un peu mieux qu'attendus.
02:41Mais non, généralement, on pense que l'économie américaine bénéficie de vents assez porteurs.
02:45Donc, que ce soit la relance budgétaire, le budget de Trump qui se met en place au premier et deuxième
02:50trimestre de l'année.
02:51On a également un taux de tarif qui, maintenant, s'était stabilisé et semble en décru légère.
02:56Donc, la décision de la Cour suprême, selon nous, va sûrement faire baisser le taux de tarif moyen que les
03:01États-Unis appliquent sur le reste du monde d'environ 1 à 2 points.
03:04Donc, ça, également, ça devrait aider à relancer un peu l'économie, faire baisser un peu l'inflation.
03:08Et après, plus généralement, comme tu le disais, les conditions financières au sens plus large sont assez lâches.
03:13Et donc, ça, ça a tendance à supporter aussi consommation, investissement.
03:16Donc, nous, par exemple, nos prévisions de croissance pour l'année qui vient restent, je dirais, assez positives.
03:21On a 2,8% sur les US au-dessus du consensus et on est assez confortable avec ça.
03:27Du côté des résultats d'entreprise, on ne va pas rentrer dans le détail des secteurs, etc.
03:31Et puis, c'est beaucoup trop disparate pour avoir une vraie idée.
03:33Il y a un fil conducteur quand même, du côté des entreprises européennes en tout cas.
03:39Ces perspectives de croissance ne sont pas monstrueuses.
03:42On reste vraiment à la mesure de la croissance européenne, c'est-à-dire que ça reste vraiment sur le
03:48fil.
03:49Et dès qu'une entreprise nous dit, je vais dépasser mes objectifs de croissance d'un ou deux pour cent
03:53sur déjà des chiffres, des nombres à un chiffre, c'est une bonne nouvelle.
03:59Mais fondamentalement, le sentiment ne s'améliore pas vraiment, on a l'impression.
04:03Oui, à ça, je répondrais qu'au final, les résultats qu'on a vus pour le quatrième trimestre,
04:07de l'an dernier, donc ceux qu'on reçoit maintenant, ne sont pas si mauvais.
04:09Alors ça, pour le coup, ils étaient bons, oui.
04:11Donc aux US, on voit environ 12% de croissance des bénéfices par action.
04:14En Europe, c'est plus faible, c'est 4%, mais en fait, il y a le vent contraire de l
04:17'appréciation de l'euro qui cache en réalité une performance sous-jacente qui est meilleure.
04:20C'est tout le problème.
04:21Pour nous, ça reflète un contexte macro qui, dans les deux régions, est assez porteur.
04:24Comme je le disais, croissance qui se tient en haut du US, qui devrait accélérer en Europe grâce à la
04:28relance budgétaire,
04:30des marchés de l'emploi qui se stabilisent aux US, qui restent robustes en Europe.
04:34Donc pour nous, ce n'est pas vraiment le contexte macro qui peut expliquer cela.
04:37C'est vrai que le marché est assez fébrile.
04:40Il ne récompense pas vraiment les entreprises qui battent les attentes, mais il punit ceux qui les ratent.
04:47Donc ça, c'est clairement significatif.
04:50Effectivement.
04:50Du coup, les perspectives monétaires.
04:52Au milieu de tout ça, on a des banques centrales qui sont peut-être un petit peu coincées du côté
04:56de l'Europe.
04:59Franchement, on a des messages un petit peu contradictoires.
05:01Mais du côté des États-Unis, il y a toujours une inquiétude.
05:05C'est-à-dire que globalement, jusqu'au milieu de l'année, du fait de ces perspectives peut-être un
05:11petit peu floues,
05:12on a une Fed qui est finalement tentée d'absolument pas bouger ses taux.
05:15Là, le consensus nous dit que jusqu'à l'été, il ne se passera rien globalement.
05:20Et après, il y a le nouveau patron de la Fed qui va s'installer.
05:26On a des sortes de biais comportementaux qui nous font dire que ce qu'il a fait avant va déterminer
05:31sa politique.
05:32Alors que pas du tout.
05:33Là, franchement, c'est un scénario grand ouvert.
05:37Qu'est-ce que vous anticipez pour cette fin d'année ?
05:40Parce que c'est quand même compliqué.
05:41Mais votre scénario de base ?
05:43Donc déjà, là où on est d'accord, c'est que 2026, ce sera une année qui sera sûrement marquée
05:47par beaucoup plus de différenciations
05:49pour les banques centrales au niveau global.
05:51Donc en particulier pour le G10.
05:52On va avoir certaines banques centrales qui, selon nous, vont couper leur taux.
05:56Donc au premier lieu, la Fed.
05:58Là, actuellement, c'est peu probable qu'ils coupent leur taux directeur avant la fin du mandat de Jerome Powell.
06:04Comme je le disais, la croissance se tient, le marché de l'emploi semble se stabiliser avec le chômage en
06:09déclus sur deux mois consécutifs.
06:11Mais on pense qu'en deuxième partie d'année, une fois que l'inflation devrait décélérer et que le comité
06:16réalisera que leur politique monétaire est aujourd'hui peut-être encore un peu trop restrictive,
06:20ils devraient opérer encore deux coupes davantage.
06:22Donc nous, on les verrait bien coupés en juin et en septembre pour un taux terminal qui sera à 3
06:26,125 %.
06:27On pense qu'il y aura également davantage de coupes au Royaume-Uni.
06:31Là-bas aussi, le taux directeur reste assez restrictif pour l'économie.
06:33On en voit trois davantage en mars, juin et septembre.
06:37Et on voit un scénario assez similaire en Norvège.
06:39Face à cela, vous avez des banques centrales qui, au contraire, sont en train de relever leur taux directeur.
06:44Donc exemple classique, le Japon, qui continue petit à petit à normaliser sa politique monétaire mais d'en dessous.
06:49Et ça, c'est très intéressant parce qu'on a vu et on se souvient de ce fameux été où
06:53le carry trade avait explosé et ça avait mis la pagaille sur les marchés.
06:56C'est assez circonscrite.
06:58Là, il y a quelque chose de très intelligent qui est en train d'être fait.
07:01C'est une forme d'extinction du carry trade mais en douceur, par petites vagues et très très bien organisée.
07:07Et là, c'est salué par les marchés comme vraiment une opération qui porte ses fruits.
07:11Exactement.
07:11Et nous, notre cas central, c'est qu'ils continuent très graduellement à relever leur taux directeur.
07:14Donc on aurait la prochaine hausse en juillet, puis en janvier prochain, juillet prochain, pour un taux terminal de 1
07:20,5 %.
07:21Il y a d'autres banques centrales également qui vont relever leur taux.
07:23L'Australie, car l'économie semble légèrement surchauffe, l'inflation légèrement au-dessus de sa cible.
07:29Et la Nouvelle-Zélande qui sort enfin du trou d'air que son économie avait connue l'an dernier.
07:33Et après, entre cela, vous avez des économies, des banques centrales qui ne vont sûrement pas voir de changement.
07:37Je pense, conviction clé, c'est la BCE en Europe.
07:41Très peu probable qu'ils montent ou coupent leur taux directeur dans l'année qui suit.
07:45Je pense qu'on aura un scénario assez similaire au Canada, en Suède et en Suisse, par exemple, où ils
07:50sont au plancher zéro.
07:52En réalité, ils ont des pressions à l'appréciation sur leur devise.
07:55Donc il faudrait plutôt couper les taux, mais ils sont à zéro, ils n'ont pas envie d'aller en
07:58taux négatifs.
07:59Si on repasse dans les taux négatifs, ce serait une sacrée situation d'exception.
08:03Et ça pourrait peut-être provoquer des formes de carry trade un peu bizarres.
08:06Et surtout pour la Suisse, qui est une valeur refuge.
08:09Donc vous nous dites, pour l'Europe, a priori, si on se fonde de toute manière sur les dernières données
08:16d'inflation,
08:16on reste totalement dans le scénario de ce qui était prévu, aussi bien par les marchés que par l'institution.
08:22Donc il n'y a pas de raison de bouger, effectivement.
08:23Exactement. Donc l'inflation en janvier, on a eu les chiffres finaux en début de semaine, était à 1,70%.
08:29Pour l'instant, notre estimation, qui a été mise à jour après les chiffres de pays qu'on a reçus
08:33ce matin, est à 1,70% pour le mois de février.
08:36Donc on s'attend à un surplace quasi parfait à la deuxième décimale.
08:40Et donc avec ça, comme je le disais tout à l'heure, croissance qui est bonne, proche de sa tendance,
08:44chômage toujours à un plus faible historique, taux directeur que la BCE considère neutre.
08:49Donc on pense que c'est très peu probable qu'ils aillent dans une direction comme dans l'autre, dans
08:53un futur prévisible.
08:54D'accord. Il y a une donnée qui retient votre attention, qui est très intéressante,
08:58et dont on parle souvent dans TPI le matin, quand je présente l'émission de 11h à midi,
09:03dans Tout pour investir sur BFM Business.
09:06On a toujours parlé ces derniers mois d'un taux record d'épargne de la part des Français.
09:10Oups ! Là, il y a quelques signes qui montrent que ça baisse un petit peu sur les dernières publications.
09:16Et ça, ça vous intéresse ?
09:17Oui, absolument.
09:18Donc le taux d'épargne, c'est typiquement une variable qui est très stable durant le cycle.
09:20en France, historiquement, entre 14 et 15 %.
09:24Salut Mabrouk !
09:25Mabrouk Chetouane, il est avec nous !
09:28Merci.
09:29J'ai eu une extinction de souffle juste avant d'ouvrir la séquence.
09:34Donc bon, désolé, problème d'infrastructure.
09:37Oui, voilà.
09:38On va en parler de l'infrastructure.
09:40OK, d'accord.
09:41On va vous laisser terminer, Alexandre Stott.
09:45Vous nous parlez, c'est intéressant, de cette légère baisse du taux d'épargne des Français.
09:48Oui, absolument.
09:48Donc le taux d'épargne, historiquement, c'est super stable.
09:50Ça oscille entre 13, 14, 15 %.
09:52Récemment, ça avait atteint un pic 19 %, quasiment 20 % de l'épargne des Français qui a été mis
09:56de côté, épargné.
09:59Mais là, ce qu'on a vu dans les chiffres du Q4 de l'an dernier, c'est que ce
10:01taux d'épargne a légèrement baissé.
10:03Il se situe maintenant à 18 %.
10:04C'est clairement une bonne nouvelle.
10:06Ça veut dire que les foyers recommencent à consommer.
10:08D'ailleurs, ça s'est vu pas dans les chiffres du Q4, mais de janvier.
10:10On a aussi reçu ce matin, qui sont assez positifs.
10:12Nous, par exemple, suite à cela, on a en fait relevé nos prévisions de croissance pour le Q1.
10:17On amène dans 0,3 % de croissance, donc une toute légère accélération par rapport à ce qu'on a
10:21vu la fin de l'année dernière.
10:22Très intéressant, effectivement.
10:23On va regarder un petit peu la tendance à Paris, parce qu'il y a la clôture dans un petit
10:27quart d'heure.
10:28Un CAC 40 qui continue de baisser légèrement.
10:32Rien de bien méchant, d'autant qu'on tend à limiter les pertes en cette toute fin de séance.
10:37Moins 0,19 % pour le CAC 40.
10:39On est à 8604 points.
10:41Bon, c'est mal barré pour retaper un record absolu avant la fin de la séance, mais c'est pas
10:46grave.
10:46On aura passé la semaine à ça.
10:48Là, on reprend un petit peu de souffle.
10:50C'est plutôt pas mal.
10:51Plus 0,22 % pour l'Euronext Tech Leaders.
10:53On est en baisse de 0,29 % sur l'Eurostock 50.
10:57En hausse du côté de Francfort, plus 0,13 %.
11:00Petit coup d'œil du côté de Wall Street.
11:01Et on est toujours sur une tendance négative, assez franche.
11:04Moins 0,8 %.
11:05Enfin, on tend à limiter les excès de tout à l'heure, parce qu'on était en baisse de plus
11:09d'un et demi % sur tous les indices.
11:10Là, on ne perd plus qu'1,1 % sur le Dow Jones.
11:13Et la volatilité baisse un petit peu.
11:14On est à 19,97 sur l'indice VIX.
11:17Du côté des valeurs les plus travaillées sur le CAC 40,
11:20Euronext, très belle performance.
11:22Plus 3 %, 141,20 € en tête du CAC 40.
11:24Pernod Ricard, plus de 87,78,26.
11:27Unibar, Erodamco, Westfield, plus de 16,106,55.
11:31Et si l'or nous se dit qu'il y a forte baisse, là, en revanche, moins 5,2 %
11:34à 226,81 €.
11:36Safran, moins 1,3 en état.
11:38341,80 €.
11:39C'est Microelectronics, moins 1,37 % à 28,46 €.
11:44Un petit mot des valeurs sur le SBF 120.
11:46La plus forte hausse, elle est pour Nanobiotics, plus 11,3 % à 25,55 €.
11:51Bon résultat pour Clariane.
11:52Ils ont été publiés ce matin.
11:54Depuis l'ouverture, le titre est très bien orienté.
11:56Et là, ils gagnent 7,5 % à 4,07 €.
11:59La plus forte baisse du SBF 120.
12:01Elle est pour l'Easy, qui perd 10,4 % à 56,10 €.
12:06Les mouvements à suivre, et on en a parlé d'ailleurs avec Alexandre Stott,
12:09ces dernières minutes, Alexandre Stott de Goldman Sachs.
12:12On est sous les 4 %, pour le 10 ans américain, à 3,97 €.
12:163,22 pour le 10 ans français.
12:17Et attention, réveil du pétrole.
12:19On est monté au-delà des 73 dollars pour le baril de Bren de Mer du Nord tout à l
12:23'heure.
12:23On redescend à 72,52 €.
12:25Mais enfin, la situation reste tendue, surtout depuis hier soir,
12:27où la courbe est vraiment très, très tendue.
12:305 260 dollars pour l'once d'or fin.
12:33Bref, on le disait, un marché qui se met en position défensive,
12:38sans trop en avoir l'air, ma brogue chez Toine.
12:40Et on en parlait, vous nous parliez de l'infrastructure.
12:43Qui est la cause de votre retard à l'antenne ?
12:46C'est précisément l'infrastructure qui est chouchoutée en ce moment à Paris.
12:50On en a parlé toute la semaine.
12:52C'est nos valeurs ennuyeuses, nos boring equities,
12:54qui reviennent au centre du jeu.
12:57Parce que, conjoncturellement, il y a un momentum très important.
13:01Il y a du rendement, il y a de l'assurance, il y a l'intelligence artificielle qui frétille trop
13:06à côté.
13:07Donc, on se remet là-dessus.
13:09On revient sur le bon vieux CAC 40, EDF, GDF, France Télécom, Vinci, Bouygues.
13:16Ce qu'on a tendance aussi à oublier, c'est que le CAC 40, aujourd'hui, il est quand même
13:20une grande composante industrielle.
13:21On a toujours tendance à penser que le luxe continue finalement de prédominer en termes de poids, mais ce n
13:27'est plus le cas.
13:28Et quand on regarde finalement la contribution du secteur industriel, elle est extrêmement importante dans l'indice CAC 40.
13:33Mais vous disiez, effectivement, la tech frétille et la tech fait peur, ou la tech, effectivement, ou ennuie, peu importe.
13:40Mais moi, je pense qu'il y a peut-être une... Et on parle beaucoup de rotation, par ailleurs.
13:43Et en fait, ce qu'on peut, par ailleurs, conjecturer, c'est de dire, ok, si on regarde un peu
13:47les choses, la tech ou Nvidia, par exemple,
13:50ça ne fait plus rien depuis, c'est sur un plateau, ça ne baisse pas, ça ne monte pas, ça
13:54attend, en quelque sorte.
13:55Et quelque part, pour permettre à ces boîtes-là de continuer de progresser, il faut de l'infra.
14:00Il faut de l'infra énergétique, il faut de l'infra, effectivement, dans tous les sens, pour permettre, finalement, à
14:04ces puissances de calcul de se déployer.
14:06Et aujourd'hui, finalement, peut-être qu'elles ont investi suffisamment pour pouvoir permettre à cette puissance de calcul d
14:10'exister, mais pas forcément de se déployer.
14:12Et donc, la next step, la prochaine étape, en quelque sorte, serait de dire, il faut que cette infrastructure se
14:16déploie,
14:16il faut que les utilities, effectivement, puissent déployer, finalement, encore plus d'énergie,
14:20pour que, justement, la seconde étape, la prochaine étape de la tech puisse, effectivement, commencer à reprendre.
14:26Et à mon sens, globalement, on est toujours, le marché est impatient, on le sait,
14:30et on est en train d'attendre monts et merveilles, finalement, de ce secteur.
14:34Les softwares sont, en quelque sorte, les mauvais élèves ont été punis de manière extrêmement sévère.
14:41Mais là encore, sans infrastructure, on ne peut pas voir tout ce cosme se développer.
14:45Et aujourd'hui, peut-être que le marché réalise qu'on a un déficit là-dessus,
14:48on va aller se pencher, finalement, sur cette thématique-là.
14:50Les materials progressent, l'industrie progresse, et tout ce cosme-là progresse de manière, on va dire, à l'unisson.
14:56Et je ne pense pas que ce soit simplement une rotation parce que la tech, c'est excessif, c'est
15:01n'importe quoi, etc.
15:02Vous regardez, par exemple, la valorisation de Nvidia, ce n'est pas cher.
15:05Enfin, ce n'est pas cher du tout.
15:06Tout simplement parce qu'on attend la prochaine étape pour pouvoir, effectivement,
15:09voir ces entreprises déployer encore leur puissance de calcul
15:12et voir de quelle manière est-ce que tout ceci peut se monétiser.
15:15Mais effectivement, aujourd'hui, on revient sur l'économie réelle,
15:18on revient, en quelque sorte, sur des choses un peu plus tangibles, en quelque sorte.
15:22Et dans notre scénario de croissance, globalement, la croissance mondiale,
15:24elle est peu ou prou équivalente à celle de l'an dernier, voire même légèrement supérieure.
15:28On a eu de bonnes surprises, finalement, qui émanent à la fois de la partie européenne,
15:32mais aussi de la partie américaine.
15:33On ne pense pas, effectivement, que les États-Unis, malgré la trajectoire un peu douteuse des taux,
15:38mais ça, c'est juste une prime politique.
15:40Et les taux, encore une année, la baisse des taux fait écho à l'augmentation du prix du pétrole.
15:44On ne sait pas ce qui va se passer au Moyen-Orient.
15:46On ne sait pas ce que projette de faire Donald Trump.
15:48Et on a, d'ailleurs, l'État-major américain qui commence à être un peu agacé par cette stratégie
15:51où on déploie une armada qu'on n'avait jamais vue, finalement, depuis la guerre du Golfe.
15:56Et ça coûte très cher.
15:59Parce que, bon, envoyer un porte-avions ou des sous-marins atomiques, c'est pas gratuit.
16:04Ne serait-ce que les déplacer, ça coûte.
16:07Et donc, tout ceci, bien évidemment, entraîne un climat un peu anxiogène.
16:11On revoit, finalement, les valeurs refuge retrouvées, un peu leur statut.
16:15Et on a, dans ce cosme-là, une volatilité action qui, elle, finalement, reste, somme toute...
16:19Raisonnable.
16:20Raisonnable, sous contrôle, ça n'explose pas.
16:22Le marché attend de voir.
16:24Mais en attendant, fondamentalement, on voit ces dynamiques se créer.
16:28Le dollar reprendre un peu quelques couleurs, les taux baisser et le pétrole monter.
16:31Ce qui n'est pas non plus tout à fait, on va dire, cohérent.
16:33Mais ça répond à un climat un peu anxiogène sur le plan international.
16:37Alexandre Stott, oui, vous vous dites, sur les infrastructures.
16:40En plus de cela, quelque chose qui est assez attirant, je pense, en ce moment,
16:42c'est que c'est des business models des entreprises qui ont beaucoup de capital physique.
16:46Donc, assez compliqué à reproduire.
16:48Vous êtes un fournisseur d'électricité.
16:51Vous avez une énorme infrastructure.
16:52Vous ne pouvez pas changer du jour au lendemain.
16:54Ce n'est pas Claude qui va vous amener à l'électricité.
16:56Exactement.
16:56Et c'est aussi des modèles qui n'ont pas vocation à devenir obsolètes.
16:59Donc, on aura toujours besoin d'électricité, toujours besoin de ponts, toujours besoin de péage.
17:03Et donc, ça, je pense que c'est aussi deux aspects qui plaisent beaucoup dans ce genre de valeur.
17:06Est-ce qu'il n'y a pas aussi la conscience sur les marchés en ce moment,
17:10qu'on a fait un petit peu tout et n'importe quoi en scénarisant de manière très plaisante et fort
17:17utile,
17:17mais peut-être de manière un petit peu déraisonnable,
17:23et qu'on est en train de se dire, mais attendez, l'IA, ce n'est pas que de la
17:26disruption,
17:26c'est aussi des segments de croissance en plus pour des secteurs qu'on avait tendance à mettre un petit
17:31peu de côté.
17:32Je pense, un exemple, dans le 18-19, lundi dernier, chez Guillaume Paul,
17:38il y avait le patron d'Altarea, qui est promoteur immobilier, qui dit,
17:41nous, on s'y est mis au data center, figurez-vous,
17:43et on a plein de solutions techniques à l'intérieur qui les rendent très économes,
17:47moins gourmands en énergie, peut-être même quasiment autonomes pour certains.
17:50Donc, il y a tout un tas de secteurs qui n'étaient pas destinés à profiter de l'IA,
17:53qui, non seulement, ne vont pas être disruptés, mais vont en profiter,
17:56et on est en train de se rendre compte, là, en ce moment, sur le CAC,
17:58et c'est peut-être ça aussi qui anime les investisseurs.
18:01Je pense, plus généralement, la vision du marché, maintenant, sur l'IA est beaucoup plus nuancée,
18:05beaucoup plus complexe que ce qu'elle avait été, disons, à la fin de l'année dernière.
18:08Donc, maintenant, on voit qu'il y a non seulement des gagnants,
18:10Nvidia, parce qu'ils construisent des infrastructures, mais aussi des perdants,
18:14actuellement, au premier plan, les judiciaires.
18:17Il y a aussi, maintenant, plus de questions, plus d'incertitudes, de craintes
18:20sur le capital qui a été déployé pour financer tout cela.
18:22Oui, parce que...
18:23Donc, maintenant, la dette qui est liée à l'IA,
18:25exactement, avec des spreads qui s'écartent un peu quand c'est tout de suite touché à des data centers.
18:30Et finalement, je pense que quelque chose qui a émergé cette année,
18:32en particulier, c'est des craintes, maintenant, plus larges liées au marché de l'emploi.
18:35Et d'ailleurs, moi, je pense que la lecture des taux longs qui baissent,
18:39en tout cas, nous, dans nos conversations clients,
18:40ça a plutôt à voir avec ces craintes-là.
18:42Donc, cette idée que l'IA générait des gains de productivité très importants
18:46qui mèneraient peut-être à des licenciements massifs,
18:49chômage de longue durée.
18:50Et face à cela, coupe de banque centrale et taux longs qui viendraient abaisser.
18:55Là-dessus, il faut juste...
18:56Il y a vraiment un vrai questionnement en ce moment
18:58sur cette thématique de la croissance un peu sans emploi.
19:02Et globalement, est-ce qu'on a besoin, effectivement,
19:04de créer le fameux chiffre que tout le monde a un peu en tête,
19:06les 233 000 créations d'emplois aux États-Unis dont on a besoin
19:11pour pouvoir stabiliser le marché du travail ?
19:14C'est-à-dire, en gros, ne pas voir le taux de chômage augmenter,
19:16absorber les flux entrants ?
19:17Fondamentalement, non.
19:18Et donc, si on a la concomitance, en quelque sorte,
19:21d'un choc de productivité émanant de l'intelligence artificielle,
19:25bien que ce soit encore trop tôt
19:26et qu'on voit ça dans certains secteurs bien spécifiques,
19:28mais à l'échelle macroéconomique,
19:29on ne peut pas encore défendre cette thèse,
19:31et un choc d'offres négatif fondamentalement émanant
19:34des politiques migratoires, la grande démission, etc.,
19:37tout ceci qui continue, finalement, à affecter l'offre de travail,
19:39eh bien, fondamentalement, ça veut dire que même si on a
19:42moins de créations d'emplois,
19:43est-ce que les banques centrales auront besoin,
19:44du moins la Fed, de baisser ses taux ?
19:46Oui, c'est pas sûr.
19:47Et donc, aujourd'hui, fondamentalement,
19:49et c'est un peu le paradoxe,
19:50on voit ces taux baisser, des craintes peut-être,
19:52émanant du marché du travail,
19:54des craintes sur la croissance américaine,
19:55qui, à mon avis, sont surfaites,
19:56mais d'un autre côté, on a quand même un gros point d'interrogation
19:59sur ces fameux deux baisses de taux
20:03sur les taux d'intérêt américains.
20:05Pas sûr, parce que fondamentalement, encore une fois,
20:06s'il ne faut que 100 000 jobs créés par mois
20:08pour pouvoir stabiliser le marché du travail,
20:11pas besoin, effectivement, de se presser
20:13pour aller baisser les taux.
20:14C'était l'ossature de cette étude
20:16dont on a beaucoup, beaucoup parlé,
20:17qui a été publiée sur Internet, là,
20:19en début de semaine.
20:20Alors, Citrine Research,
20:22on a passé la semaine à dire,
20:23ce truc, personne ne connaît.
20:25On vous a trouvé dans Techstocks,
20:2716h30, à réécouter en podcast et en replay,
20:29il y a David Rhinville de Sycomore,
20:31qui connaît, qui sait ce que c'est,
20:33Citrine Research,
20:34et qui a aussi lu avec délectation
20:36ce rapport sur la croissance fantôme
20:39que risque de créer, il y a...
20:41Attendez, c'est de l'économie fiction,
20:43on est d'accord.
20:43Mais c'était quand même intéressant
20:45sur les warnings que ça peut mettre.
20:47Oui, mais on a connu des Roubigny
20:48qui prêchaient effectivement des crises
20:50à peu près toutes les cinq minutes.
20:52Une pendule en panne donne l'heure juste
20:53deux fois par jour, on est d'accord.
20:55Voilà.
20:56Donc, bon, voilà.
20:57On peut raconter tout un tas de scénarios, etc.
21:00Tout le monde invoque effectivement Schumpeter
21:02dans tous les sens en disant
21:03« Oui, il y a des grappes d'innovation,
21:05il y a des destructions,
21:06il y a de la création, etc. »
21:08Attendons de voir pour le moment.
21:10Enfin, je me garderais bien
21:11de faire la liste des winners et des losers.
21:13C'est très compliqué.
21:14Et ceux qu'on pensait effectivement
21:16être les losers,
21:17finalement, c'est ce que vous disiez.
21:19Dans certains secteurs
21:20dont on pensait que l'avenir
21:21était déjà, entre guillemets, fait,
21:24fondamentalement, en adoptant
21:25cette nouvelle technologie,
21:26c'est beaucoup moins clair que ça.
21:28Enfin, ce n'est pas Claude
21:28qui va me porter mon café le matin.
21:30Moi, j'aurais tendance
21:30à être d'accord aussi.
21:31Je pense que dans ce narratif
21:32très négatif sur destruction
21:33d'emplois massifs,
21:34ce qui est manqué,
21:35c'est que l'IA va créer
21:36beaucoup de l'emploi.
21:37Bien sûr.
21:38Il va créer des nouveaux métiers.
21:39Il va l'oublier.
21:40Il va spécialiser des métiers.
21:41Et peut-être même
21:41des segments d'industrie nouveaux.
21:43Sinon, on ne le verra pas venir,
21:44mais c'est tout le but de l'innovation.
21:45C'est ça.
21:46C'est ce qui se passait dans le passé
21:47et je pense que cette fois
21:47sera relativement similaire.
21:48En tout cas, c'est notre cas central.
21:50Bon, très bien.
21:50On va rester optimiste.
21:51Et puis, c'est peut-être aussi
21:52l'occasion,
21:53tout ce qui s'est passé
21:54en termes de tornades de valorisation,
21:56c'est peut-être l'occasion
21:57de certains investisseurs
21:58qui étaient positionnés
21:59très long depuis très longtemps
22:00de prendre deux, trois profits.
22:02Ça ne fait pas de mal
22:03et ça anime le marché.
22:04Il faut bien vendre
22:05à un moment donné.
22:07Mais du coup,
22:07on a des marchés
22:08qui se tiennent relativement bien
22:09en ce moment.
22:10Il y a peut-être
22:11cette prime géopolitique
22:13dont vous parliez,
22:14Mabrouk Chetouane,
22:15qui risque de peser
22:16un tout petit peu,
22:17on va dire.
22:19sur les taux d'intérêt,
22:20on va dire,
22:20avec une pression à la baisse
22:21et puis toujours
22:22ces interrogations
22:23autour du cours
22:23des matières premières.
22:24Ça va peut-être animer
22:25la cote ces prochaines semaines,
22:26tout ça ?
22:26Il ne faut pas...
22:27C'est une question de vitesse
22:28à chaque fois.
22:29C'est-à-dire qu'en gros,
22:29si les prix du pétrole,
22:31notamment,
22:32puisque c'est ceux
22:32qu'on regarde en premier,
22:34se mettent tout d'un coup
22:35à emprunter une trajectoire,
22:37on va dire,
22:40dangereuse, explosive,
22:41comme on a pu le voir,
22:41par exemple,
22:42lorsqu'on a eu la guerre
22:43entre la Russie et l'Ukraine,
22:46du moins l'invasion,
22:46pardon, de l'Ukraine par la Russie,
22:49on a vu tout de suite,
22:50effectivement,
22:50les cours du baril monter
22:51et avoir tout de suite
22:52un scénario très anxiogène.
22:53Donc, en gros,
22:53c'est la vitesse d'augmentation
22:54des cours du pétrole
22:55qui risque possiblement
22:57de poser des problèmes.
22:57Mais là encore,
22:58tout est tributaire,
23:00dépendant de Donald Trump.
23:02C'est-à-dire que Donald Trump
23:03n'est pas un guerrier,
23:04ce n'est pas un va-t'en-guerre.
23:06Et globalement,
23:06on connaît sa stratégie.
23:08Donc, j'abois, je mors très fort,
23:10enfin, j'abois sans mordre
23:11par ailleurs.
23:12Et c'est exactement
23:13ce qui s'est passé
23:14avec les tarifs douaniers.
23:15Donc, on a eu, en fait,
23:16une salve de tarifs
23:17qui a fait peur à tout le monde
23:19et fondamentalement,
23:20tout est rentré dans l'ordre
23:21selon le scénario du marché.
23:22Bon, ça, c'était
23:23pour la première version 2025.
23:25On va voir ce que donne
23:25la version numéro 2.
23:26Donc là, je pense
23:27qu'on a à peu près
23:28la même situation.
23:29Donald Trump n'a pas du tout intérêt,
23:30y compris dans son propre camp,
23:32puisque le clan Maga
23:33ne comprendrait pas
23:34pourquoi, finalement,
23:35le président américain
23:35s'intéresse de nouveau
23:36à des questions internationales,
23:37alors même qu'il a été élu
23:40pour, justement,
23:41s'intéresser exclusivement,
23:42va-t-on dire,
23:43aux questions nationales.
23:45Donc là encore,
23:45d'un point de vue, finalement,
23:47stratégie politique
23:47à l'aube des mid-term,
23:49en quelque sorte,
23:50ce n'est pas un très bon calcul
23:51d'aller, effectivement,
23:52balancer du tomahawk
23:53sur Téhéran.
23:54Oui.
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