- il y a 11 heures
Ce mercredi 29 avril, Alexandre Birry, responsable mondial de la recherche crédit chez S&P Global Ratings, et Vincent Chaigneau, directeur de la recherche de Generali Investments, ont débattu autour du choc iranien, notamment des conséquences sur les taux de la Fed et de la BCE, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Deux invités ce matin en plateau avec Vincent Chéniot, le directeur de la recherche de General Investment et Alexandre Biry
00:06et également de S&P Global Ratings, vous êtes responsable mondial de la recherche crédit.
00:11Bonjour Alexandre Biry, merci d'être avec nous ce matin. Ce soir c'est la réunion de la FED de
00:16la Banque Centrale Américaine, c'est une réunion qui est très attendue.
00:19Alors la FED ne va pas procéder ce soir à des changements sur ses taux directeurs, néanmoins Jérôme Paul sera
00:26très challengé sur sa succession, notamment sur Kevin Warch qui est censé lui succéder dans les prochaines semaines.
00:34Absolument, l'attention est fixée là-dessus et aussi la décision de la BCE demain aussi et on est d
00:41'accord, les marchés ne s'attendent pas de changement de taux d'annoncés aujourd'hui ni par la BCE demain.
00:49Ce qui est intéressant aussi ce sera de suivre un peu les signaux, en fait les marchés ne parient pas
00:54seulement sur ce qui va se passer cette semaine à Francfort et à New York,
00:59mais aussi sur les tendances et ce sera intéressant aussi de lire un peu quels sont les messages ou le
01:03diagnostic des marchés sur les risques devant nous.
01:06Est-ce que ce sont des risques d'inflation, des risques de récession ou des risques financiers plus larges ?
01:11Et si on regarde un peu le positionnement des taux pour le moment, donc aux Etats-Unis comme dit on
01:17s'attend à des taux stables,
01:18les taux longs à 10 ans sont nettement plus élevés, donc on est à 4,4 pour les taux à
01:2510 ans alors qu'on est à 3,8 il me semble pour les taux à 2 ans.
01:29Ce qui est intéressant, c'est une courbe effectivement qui est pentue, une positive,
01:33ce qui signifie a priori que effectivement les marchés price ou anticipent en fait un environnement de taux qui restera
01:44durablement plus élevé,
01:47d'où effectivement ces anticipations un petit peu d'inflation, mais pas forcément de récession et on voit un petit
01:52peu une image similaire aussi dans la zone euro.
01:55Tout dépend bien sûr de la durée du conflit. Combien de temps ce baril de pétrole va rester au-delà
01:59des 100 dollars ?
02:00Comment vous modélisez la situation aujourd'hui chez S&P Global, Alexandre Biry ?
02:05Alors c'est vrai que pour le moment l'économie tient, mais le risque n'est pas linéaire.
02:11Plus ça dure, plus on pourrait voir des impacts exponentiels.
02:15Et je pense que c'est quelque chose d'effectivement, pour le moment les marchés restent assez tranquilles.
02:20Si on regarde aussi le spread sur les corporate, un bon indicateur de si les marchés voient un risque financier
02:26à l'horizon ou des risques de défaut des entreprises,
02:28pour le moment, pas d'indication de cela.
02:31Les spreads sur les entreprises, par exemple les high yields, les entreprises un peu plus risquées, ne crient pas à
02:36la crise, ne crient pas à des défauts immédiats.
02:41Mais on pourrait voir deux, trois pivots qui changeraient pas mal la donne.
02:45Que ce soit par exemple si effectivement l'environnement de financement se durcit,
02:50ce qui pourrait avoir un impact direct pour ces entreprises les plus faibles, high yield, qui pourraient avoir des problèmes
02:55de refinancement.
02:56Le deuxième levier qui pourrait vraiment changer la donne aussi, ce serait si on passait à une crise d'approvisionnement.
03:02Pour le moment, on voit un choc sur les prix, avec un choc énergétique comme celui-là.
03:08La deuxième phase pourrait être un choc sur les chaînes d'approvisionnement, et après le choc sur les marchés.
03:15Pour le moment, on est plutôt à la phase 1, voire transition vers la phase 2.
03:19La phase 2, on a 60-61 jours de guerre, désormais Vincent Chéniot.
03:24C'est vrai que lors de la première réunion à la suite de cette guerre, c'était il y a
03:28six semaines,
03:28les banquiers centraux étaient vraiment un petit peu sur le gris, c'était le tout début de cette guerre,
03:32ils devaient réagir à chaud, ils ont dit bon on sera data dépendante.
03:35Depuis, on a eu des données, mais est-ce qu'elles seront significatives pour mettre à jour leurs prévisions,
03:40ou en tout cas leurs visions ?
03:42Oui, bonjour.
03:44Ce qui marque, je crois, pour la Fed, c'est que pour l'instant, on a le sentiment d'une
03:49économie qui résiste plutôt bien.
03:52Alors que par contre, les pressions inflationnistes, elles, se présentent assez nettement.
04:00Et donc, je crains quand même que la Fed doive opérer un repositionnement un peu plus neutre.
04:08Donc aujourd'hui, on avait quand même un biais à la baisse des taux, qui est probablement en train de
04:12se modifier.
04:13Et je m'attends à ce que la Fed ait un discours un peu plus dur, un peu plus au
04:17quiche,
04:17du fait de ces pressions inflationnistes.
04:21Pour la BCE, aujourd'hui, le marché ne price quasiment plus de baisse des taux de la Fed cette année.
04:26Il price 6 points de base de baisse des taux.
04:31Nous, nous pensons encore qu'on aura une baisse de 25 points de base au quatrième trimestre.
04:35Mais ça dépend évidemment de l'évolution de l'inflation et des prix d'énergie notamment.
04:40Pour la BCE, là, clairement, je pense que la BCE peut ouvrir la porte à une hausse des taux.
04:46Même si, en effet, l'économie européenne est beaucoup plus touchée, clairement, que l'économie américaine.
04:53Mais on sait que la BCE a cet objectif d'inflation.
04:56Elle a quand même assez mal digéré le choc de crédibilité de 2022-2023,
05:01quand on a eu cette forte poussée inflationniste,
05:03où les banques centrales ont quand même été prises à revers,
05:06avec ce concept d'inflation transitoire qui, clairement, a été démenti.
05:11Et donc, je pense qu'on pourrait avoir, au mois de juin,
05:13une hausse des taux de prévention de la BCE pour rassurer le public,
05:18pour dire, nous voyons bien que les pressions inflationnistes sont en train de remonter.
05:22Nous agissons pour que, en effet, cette inflation ne s'ancre pas dans l'économie.
05:29Est-ce que ça serait nécessaire, voire utile, de relever les taux de 25 points ?
05:33Ça envoie un message, mais concrètement, ce n'est pas cela qui va faire baisser les prix du pétrole, par
05:38exemple.
05:40Absolument. On a vu dans le passé des erreurs de politique monétaire.
05:45On a relevé les taux en 2008-2011, à des moments qui n'étaient pas forcément très opportuns.
05:51Donc, il y a le risque de répéter ces erreurs.
05:53Mais, encore une fois, il y a ce choc de crédibilité de 2022-2023.
05:57Et je pense que la BCE veut vraiment envoyer le message comme quoi, cette fois, elle ne va pas laisser
06:04les choses dériver.
06:05Je rappelle qu'on a eu quand même une inflation qui est passée à 8-10 %.
06:08Le risque que ça se produise aujourd'hui est bien moins, notamment parce que le marché de l'emploi est
06:12moins tendu.
06:13Donc, le risque d'effet de second tour vers les salaires est moins important.
06:17Néanmoins, je crains que la BCE veuille rassurer le public et montrer qu'elle agit, même si on peut douter,
06:24effectivement, de l'efficacité d'un geste de 25 points de base.
06:28Ça envoie quand même un signal.
06:30Le marché price beaucoup plus aujourd'hui.
06:32Le marché price quasiment trois hausses de taux de la BCE cette année.
06:37Donc, il anticipe des gestes répétés.
06:40À ce stade, nous pensons, dans notre scénario central, où, effectivement, on a une détente progressive dans le détroit d
06:47'Hormuz,
06:47nous ne pensons pas que la BCE délivrera ces trois hausses de taux.
06:51Mais c'est ce que le marché quasiment anticipe aujourd'hui.
06:54En tout cas, ça a un impact très clair sur le marché obligataire, que ce soit sur les taux courts,
06:59mais également sur les taux longs.
07:00Ce qui fait qu'habituellement, dans des zones d'incertitude, il y a des investisseurs qui vont se réfugier sur
07:04ce marché obligataire.
07:06Là, ce n'est pas le cas.
07:07Parce qu'en fait, les investisseurs se disaient, est-ce que la BCE va relever ces taux ?
07:10Est-ce que c'est vraiment le moment d'aller sur les émissions obligataires ?
07:14Enfin, il y a pas mal de questions sans réponse.
07:16Et donc, c'est vrai que cette fois, avec cette guerre en Iran, en 2026,
07:20en fait, le marché obligataire, la capacité, en tout cas la performance est assez décevante.
07:27Oui, absolument.
07:28Une fois encore, les obligations ne jouent pas le rôle de valeur refuge.
07:33Alors, c'est vrai que quand on a ce type de choc d'offres, là en l'occurrence sur l
07:37'énergie,
07:38l'impact sur les obligations est toujours un peu ambigu parce que c'est mauvais pour la croissance.
07:42Et ça, ça fait plutôt baisser les rendements.
07:44Mais ça pousse l'inflation à la hausse.
07:46Et ça, ça fait plutôt monter les rendements.
07:48Donc, l'effet est toujours un peu ambigu.
07:49Mais ce qu'on note quand même historiquement, c'est que ce type de choc d'offres a tendance à
07:56voir une hausse de la corrélation entre actions et obligations.
08:01Et ça, c'est quand même pas une très bonne nouvelle pour les marchés obligataires,
08:05puisque les obligations ne jouent plus ce rôle de diversification de portefeuille.
08:11Et là, en l'occurrence, le marché est en train de s'inquiéter sur la répétition de ces chocs d
08:18'offres,
08:19puisqu'on a eu Covid, bien sûr.
08:24On a eu l'Ukraine.
08:25On a eu la guerre commerciale qui a également perturbé les chaînes d'approvisionnement.
08:29On a maintenant la guerre en Iran.
08:30Donc, on a une répétition d'événements qui soulèvent quand même des questions sur l'inflation et sur les obligations
08:37plus généralement.
08:38Donc, les obligations ne jouent pas le rôle de valeur refuge, en effet.
08:41Dans un instant, vous nous direz comment chez General Investment, vous regardez cette classe obligataire.
08:46Juste avant, pour rebondir sur ce qui vient d'être dit, Alexandre Biry, en plus de tout ce qui vient
08:51d'être souligné par Vincent Chéniot,
08:52il y a également des interrogations sur la capacité des États à maîtriser leurs dépenses.
08:58Et ça, ça se reflète forcément sur les prix de ces obligations.
09:02Non, absolument.
09:03Je suis d'accord avec les messages aussi de Vincent avant.
09:06Mais c'est vrai qu'on voit de la pression accrue sur les gouvernements.
09:10Souvent, c'est un peu les gouvernements qui mettent au pot pour combler, pour absorber certains de ces chocs.
09:17On en a parlé avant, effectivement.
09:19N'oublions pas qu'on est sorti effectivement de la pandémie.
09:21On est sorti après de la crise énergétique, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
09:26Ça a été une sortie réussie, mais coûteuse pour les gouvernements.
09:30Et effectivement, maintenant, on voit un peu une accumulation.
09:33Donc, effectivement, on a pris quelques actions récemment sur des notations de gouvernements en Europe aussi, pour refléter ça.
09:40Dans un contexte où la croissance se présente quand même plus molle.
09:44Le choc énergétique aussi ajoute plus de pression à certaines industries et services, même si c'est de manière inégale.
09:50Et en plus, on a un contexte long terme de vieillissement démographique aussi, qui a un coût social.
09:56Et en plus aussi, le besoin pour les gouvernements européens d'augmenter leur budget défense, pour préserver leur autonomie stratégique,
10:05dans un contexte géopolitique tendu, fragmenté, voire régionalisé.
10:11Donc, ça fait effectivement beaucoup de facteurs qui se combinent et qui mettent la pression sur les équilibres fiscaux des
10:19gouvernements.
10:19Notamment sur l'Allemagne, il y a encore ce matin le Bund au-delà des 3%, 3,07.
10:24C'est vrai que le Bund, c'est un petit peu la référence sur ce marché obligataire des souverains en
10:29Europe.
10:29Et puis là, on l'a vu ces derniers jours, prévision de croissance sabotée, des inquiétudes sur le plan de
10:34relance, sur la politique du chancelier Merz.
10:38Là aussi, en fait, le fait que l'Allemagne déçoit a aussi un impact sur l'ensemble des économies de
10:44la zone euro.
10:45Alors, c'est vrai qu'il y a quelques forces qui vont un petit peu dans des vents contraires avec
10:48l'Allemagne.
10:49Alors, il y a un aspect positif à l'échelle européenne.
10:51C'est effectivement que l'Allemagne a la capacité fiscale d'essayer de relancer certaines activités, certains investissements.
10:57Et ils le font.
10:59Et ils le font de manière probablement plus rapide qu'on pensait avec leurs dépenses fiscales, d'investissements sur les
11:04réseaux ferroviaires, etc.
11:06Donc, de ce point de vue-là, c'est positif.
11:08Ça pourrait ajouter 0,5% de PIB à l'Allemagne en 2025.
11:13Maintenant, c'est vrai que c'est une économie très dépendante de l'industrie, des exportations,
11:20dans un contexte où le conflit commercial avec les États-Unis ne fait peut-être pas les gros titres,
11:25mais pourra revenir à la charge après, à la fin de la guerre dans le Golfe.
11:32Et aussi une consommation domestique, l'autre pilier théoriquement pour la croissance, qui reste molle.
11:40Donc, ce sera intéressant de voir un peu le positionnement de l'Allemagne par rapport à la politique des taux
11:45en Europe.
11:46En général, ils étaient plus à essayer de pousser pour plus de rigueur.
11:49Dans le contexte actuel, effectivement, une relance de l'activité domestique,
11:53ou en tout cas une protection de la demande, sera aussi quand même cruciale pour l'Allemagne.
11:58Quand vous voyez ce Bunda 3,07, Vincent Chéniot ?
12:02Pour vous, ça reflète quoi ? Ça reflète quel risque ? Comment le marché anticipe ce cas allemand ?
12:08C'est une combinaison de facteurs, mais je pense que les facteurs inflation et dette publique
12:15jouent très fortement sur les pressions à la hausse sur les taux longs.
12:19Effectivement, je pense que le consensus est plutôt orienté sur l'idée d'une détente des taux longs,
12:25en particulier si le prix du baril venait à baisser.
12:29Je ne partage que modérément cette thèse.
12:33Je pense que les pressions inflationnistes, en fait, émanent de différentes sources.
12:38Non seulement les prix de l'énergie, mais on a également l'alimentaire.
12:41On a également des fortes pressions sur le prix des puces électroniques,
12:45et donc plus généralement des biens électroniques.
12:47Et donc, les pressions inflationnistes sont présentes.
12:52Et puis, on a ce problème de dette publique.
12:55Ce n'est pas simplement en Allemagne, mais de part le monde, clairement,
12:58sur les 15-20 dernières années, depuis la grande crise financière,
13:01si on regarde l'évolution des dettes, c'est la dette publique qui a beaucoup augmenté,
13:06et non pas la dette privée, au sens dette consommateur,
13:11dette des entreprises non financières ou dette des entreprises financières.
13:14C'est la dette publique qui a beaucoup monté.
13:16Et donc, je pense qu'on a un repositionnement dans la classe d'actifs obligataires.
13:22On a un repositionnement où les obligations gouvernementales
13:25sont de moins en moins l'actif sans risque, l'actif de référence.
13:31Et d'ailleurs, on a vu que lors de cette crise en Iran,
13:34le marché du crédit résiste extrêmement bien.
13:37Non seulement Investment Grade, mais également High Yield.
13:40Le marché du crédit a très bien résisté.
13:42Alors, je pense cependant qu'on arrive là dans une phase un peu plus délicate.
13:47Il faut que le détroit d'Hormuz ouvre assez rapidement,
13:51puisqu'effectivement, les capacités de réserve iraniennes sont très fortement utilisées.
13:58Et ça veut dire que très prochainement, ils vont devoir couper la production.
14:01Une fois que la production est coupée, c'est beaucoup plus difficile de la relancer.
14:04Donc là, on pourrait entrer dans une situation qui est dangereuse à la fois pour l'obligataire
14:11et pour les marchés risqués, actions et crédits.
14:15Donc, je pense qu'on est là sur une période assez charnière.
14:18Il faut qu'assez rapidement, on ait un accord.
14:21Sinon, les conditions de marché pourraient se détériorer.
14:25Notre scénario reste un scénario de désescalade,
14:29mais effectivement, ce n'est pas garanti.
14:32On connaît très bien cela en théorie des jeux.
14:35C'est le fameux dilemme du prisonnier.
14:38A priori, les deux partis, États-Unis et Iran, ont plutôt intérêt à signer un accord.
14:42Mais si chacun pense qu'il peut améliorer sa position en faisant durer le conflit
14:48ou en laissant le détroit bloqué,
14:51effectivement, on risque d'avoir une situation qui se décraderait notablement.
14:56Donc, je pense que les prochains jours sont assez cruciaux, en effet.
15:00Et l'après-vendée, c'est le baril de pétrole qui est encore ce matin,
15:04au-delà des 100 dollars, 105 dollars pour le contrat juillet.
15:09Alexandre Biry, Vincent Gignot, vous venez de souligner,
15:11c'est vrai que la partie obligataire, crédit, a plutôt bien traversé cette phase,
15:16même si, à l'inverse du marché d'action, on n'a pas retrouvé les niveaux d'avant-guerre en
15:19Iran.
15:20Comment vous expliquez cette certaine forme de résilience,
15:23même sur la partie à île, là où on a des bilans qui sont moins solides,
15:28où on a des entreprises qui sont plus à risque,
15:30face notamment à cette remontée du pétrole, par exemple ?
15:33Oui, je suis d'accord avec le diagnostic qui a été fait,
15:35que le bilan du secteur privé est une force,
15:38que ce soit en Europe, mais même aux États-Unis.
15:41En contraste avec le bilan des gouvernements,
15:44c'est quelque chose qu'on a vu maintenant depuis 2-3 ans.
15:47Si on regarde même juste les foyers,
15:51le taux d'épargne en arrivant dans cette crise
15:53était quand même très élevé en France et dans le reste de l'Europe,
15:56ce qui offre un petit coussin quand même
15:58pour absorber aussi certains chocs inflationnistes.
16:02Mais c'est vrai que le positionnement des entreprises aussi
16:05a été plutôt sain.
16:06Ça fait quand même un petit bout de temps qu'on parle de crise à venir aussi,
16:09donc il y a, je pense, eu une certaine discipline
16:11de la part d'un nombre d'entreprises pour se préfinancer,
16:16dès qu'il y avait des fenêtres d'ouverture,
16:18des taux de financement, des bonnes conditions.
16:20On a vu quand même pas mal d'entreprises rallonger
16:23le profil de financement, la durée de leur financement.
16:27Et donc effectivement, on ne voit pas ce risque,
16:30ce cliff risk, ce risque de tomber dans le précipice
16:32parce que des dettes arrivent à échange sans des capacités de refinancer.
16:39De ce point de vue-là, effectivement,
16:40les entreprises ont été plutôt prudentes.
16:42Mais comme le disait Vincent, ça pourrait changer assez rapidement.
16:46Les buffers, les coussins, c'est bien, ça tient pendant un petit moment,
16:49mais après, ça peut rapidement disparaître.
16:51Et dans ce cas-là, le risque sur les taux de défauts
16:53peut être beaucoup plus prononcé, beaucoup plus marqué.
16:55Est-ce que chez S&P Global Ratings,
16:57ces dernières semaines, depuis ce conflit en Iran,
16:59vous avez dégradé plus de sociétés qu'auparavant ?
17:02Est-ce qu'il y a eu un changement par rapport à cela ?
17:05Alors effectivement, pour le moment,
17:06si on regarde les actions de notation qu'on a prises
17:09dans l'année en cours, par rapport à l'année dernière,
17:12il y a un petit renversement de tendance.
17:13Donc on a un peu plus de baisse de notes
17:15par rapport au rehaussement de notes,
17:17alors que l'année dernière, c'était l'inverse.
17:19Mais ça reste quand même des proportions très limitées.
17:25Mais je dirais que ça pourrait...
17:27On voit quand même un risque que cela s'accélère
17:30de manière très rapide dans les semaines qui viennent.
17:34Si le détroit d'Ormouz ne se débloque pas,
17:37si on passe de ce choc sur les prix,
17:40qui peut être quand même beaucoup plus graduel,
17:41à ce choc sur les approvisionnements,
17:43et après aussi sur un choc sur les marchés,
17:45sur la confiance des marchés,
17:47là, effectivement, je pense que les tendances
17:49seraient beaucoup plus exponentielles.
17:50On est plus dans une perspective négative
17:52que neutre ou positive.
17:53Ah oui, non, non, c'est effectivement...
17:54Depuis les conflits précédents, effectivement,
17:56quand les marchés réagissaient de manière très prononcée,
18:00nos messages étaient quand même
18:02que le scénario principal
18:03est un scénario de résilience.
18:05Là, début mars,
18:06notre sentiment était que ce choc serait différent.
18:10Alors on n'avait pas prévu
18:11qu'il serait aussi prolongé,
18:13mais on s'attendait quand même
18:13à des effets plus persistants,
18:16même s'il y a des retards pour se manifester.
18:19Et du coup, depuis début mars,
18:21on signale quand même qu'on s'attend
18:23à un retournement du cycle de crédit
18:26et du fait que cette crise serait le catalyse
18:29pour ce retournement attendu quand même
18:30depuis un petit bout de temps du cycle de crédit.
18:33Maintenant, la question étant de savoir
18:35si ce retournement est un retournement
18:37cyclique, graduel,
18:39ou beaucoup plus abrupt et beaucoup plus étendu.
18:42Vous partagez ce point de vue,
18:44Vincent Chéniot,
18:45vous en tant qu'allocataire,
18:46notamment chez General Investment,
18:47comment vous arrivez à prendre des décisions
18:49au milieu de beaucoup de questions sans réponse
18:52encore à ce stade ?
18:53Oui, non, effectivement,
18:56il faut inévitablement fonctionner
18:58avec une analyse de scénario.
19:01Que se passe-t-il dans différents scénarios ?
19:05Quelles sont les probabilités de ces scénarios ?
19:08Et voilà, qu'il y a le potentiel de hausse
19:11dans un scénario contre le potentiel
19:13de baisse dans un autre.
19:15Donc là, la situation est assez compliquée.
19:20Nous restons dans notre scénario central
19:22qui était celui d'une guerre de 4-5 semaines
19:25suivie d'une désescalade.
19:27Là, le problème, c'est que la désescalade
19:29est quand même très longue, très lente,
19:31notamment au niveau du prix du baril
19:33puisqu'on a vu une rebaisse
19:34et là, c'est en train de remonter.
19:36Donc, pour l'instant, nous avons,
19:40pour la recherche de Generali Investment,
19:43des recommandations qui restent plutôt pro-ris,
19:46donc légère surpondération des actions,
19:51surpondération nette du crédit Investment Grade
19:54parce que nous sommes convaincus
19:55que les spreads de crédit Investment Grade
19:57vont rester assez serrés.
19:59Donc, ce sont les entreprises les mieux notées ?
20:01Les entreprises les mieux notées.
20:02Donc, même si on devait avoir
20:03un ralentissement sensible,
20:05effectivement, dans notre scénario de risque,
20:07avec un pétrole qui monte à 140-150,
20:09l'Europe connaîtrait une récession modérée.
20:12Même dans ce scénario-là,
20:13nous pensons que les spreads de crédit
20:15resteraient relativement serrés.
20:18Et en l'occurrence,
20:19les taux des obligations gouvernementales
20:21d'un scénario de récession
20:23resterait également relativement modérés,
20:27ne montraient pas beaucoup,
20:28malgré le choc d'inflation.
20:30Donc, une préférence toujours
20:32pour le crédit Investment Grade.
20:34Et après, il faut être agile
20:36et effectivement réussir à sauter
20:40sur les opportunités
20:41quand des événements se produisent.
20:43Donc là, en l'occurrence,
20:44le cessez-le-feu, nous semblait-il,
20:46était un message positif
20:48pour reprendre du risque.
20:51Effectivement, les actions sont plutôt
20:52quand même bien comportées ces dernières semaines,
20:54notamment les actions américaines
20:55qui sont au plus haut.
20:58Là, je pense qu'on entre dans une phase
21:00un peu plus dangereuse,
21:02comme je l'ai dit.
21:02Il faut que le détroit réouvre.
21:04Donc, probablement,
21:04il faut être un peu plus prudent.
21:06Mais il y a l'intelligence artificielle aussi.
21:08On n'en a pas parlé,
21:09mais c'est vrai que les GAFAM
21:10vont publier ce soir.
21:11Il y a pas mal d'interrogations sur l'IA.
21:14On le verra peut-être dans un instant
21:15sur la partie crédit,
21:16sur comment les GAFAM
21:17vont financer le fameux 600 milliards
21:19d'investissements,
21:20comment ils vont réussir
21:21à monétiser tout cela.
21:23C'est un vrai sujet
21:24qui a été un petit peu écarté là,
21:26quand même, depuis un mois.
21:28Oui, les valeurs technologiques
21:30ont même très bien performé,
21:32notamment les semi-conducteurs,
21:33même s'ils ont rechuté
21:35assez fortement hier
21:37autour des questions sur OpenAI.
21:40Mais globalement,
21:42les valeurs technologiques
21:43se sont très bien comportées.
21:44De façon générale,
21:46notre message sur l'intelligence artificielle
21:48est positif pour les actions.
21:49Nous pensons que la diffusion accélérée
21:52va créer, va soutenir
21:54des gains de productivité importants.
21:55Et ces gains de productivité
21:57sont générateurs de marge
21:58pour les entreprises.
21:59Donc, je pense que ça,
22:01c'est un message positif
22:02pour les actions
22:02qui contribuent
22:04à la bonne tenue des actions
22:07dans un environnement
22:08qui reste très incertain.
22:11Donc ça, c'est un facteur positif.
22:12Mais encore une fois,
22:14il faut que le D3
22:15ouvre assez rapidement.
22:16Sinon, je pense qu'on va voir
22:18un marché qui est un peu plus fragile,
22:20un peu plus volatile
22:21dans les jours et les semaines qui viennent.
22:23Surtout dans un contexte
22:24où les banques centrales
22:25montrent un peu les dents.
22:27Ce qui n'est bon
22:27ni pour les adultes d'obligation
22:29ni pour les actions.
22:30Donc là, je pense que
22:32tactiquement,
22:32il faut être un peu plus prudent.
22:33Mais si de nouveau,
22:34on a des signaux
22:35de désescalade
22:36et ça reste notre scénario central,
22:38je pense qu'il faudra
22:40reprendre du risque en effet.
22:42Sur la partie
22:44intelligence artificielle,
22:45Alexandre Biry,
22:46en début d'année,
22:47on se souvient
22:47que les GAFAM
22:49avaient élevé massivement
22:50de l'argent.
22:51Bon, là maintenant,
22:51ils enlèvent beaucoup moins.
22:53C'est vrai,
22:53on verra ce qu'ils vont nous dire
22:54ce soir à l'occasion
22:55de ces résultats trimestriels.
22:56En tout cas,
22:57maintenant,
22:57l'intelligence artificielle,
22:58c'est très clairement aussi
22:59un sujet de crédit
23:00parce qu'il faut les financer,
23:01ces fameux data centers.
23:02Je confirme.
23:03Alors, je dirais
23:04que les émissions
23:05continuent encore à tout va.
23:07Le rythme d'émissions
23:08qu'on a vu
23:08dans l'année en cours
23:10surpasse par certains acteurs,
23:12surpasse ce qu'on avait vu
23:13l'année dernière.
23:14Donc, c'est un facteur
23:15de croissance
23:16du point de vue
23:17investissement,
23:18création de cette infrastructure
23:19qui est nécessaire
23:20pour le développement
23:21de l'écosystème de l'IA.
23:23Alors, certainement,
23:24un facteur de croissance
23:24aux États-Unis.
23:25Ça a été mentionné
23:27très clairement
23:28et on voit
23:28tous les chiffres faramineux
23:30d'investissement
23:31sur les data centers
23:32aux États-Unis.
23:33Mais n'oublions pas
23:33que c'est aussi
23:34un facteur porteur.
23:35Alors, pour l'Asie,
23:36c'est sûr qu'ils exportent
23:37par exemple depuis Taïwan
23:38les puces,
23:39mais aussi en Europe.
23:40Et on oublie parfois
23:41un petit peu.
23:41Et même si on regarde
23:42le secteur des technologies
23:44de l'information
23:44et de la communication
23:45au sens large
23:46en Europe,
23:47depuis 2021,
23:49ce secteur a créé
23:502 millions d'emplois
23:50en Europe.
23:51Et nos économistes
23:54ont évalué
23:55que ça rajoute
23:56à peu près
23:56en moyenne
23:57chaque année
23:57entre 0,3 et 0,4%
24:01de PIB
24:02en Europe.
24:03C'est quand même
24:03pas négligeable,
24:04pourtant,
24:04alors qu'on pense
24:05que l'Europe
24:06est en arrière
24:07et d'un certain point de vue,
24:09effectivement,
24:09les États-Unis
24:10dominent cette course,
24:12mais c'est aussi
24:13un facteur
24:14très porteur
24:15en Europe.
24:16Après,
24:16la question,
24:17l'autre côté
24:19du débat,
24:20c'est de savoir
24:21quelles seront
24:21les disruptions
24:22pour certains secteurs
24:24qui existent
24:25pour le moment.
24:25On a vu la crise
24:26des softwares
24:27récemment
24:28et c'est vrai
24:29que ça montre
24:29un peu une accélération
24:30du dialogue.
24:31Jusqu'à il y a
24:32quelques semaines,
24:33la question c'était
24:34est-ce qu'il y a
24:34vraiment une surévaluation
24:35de ces GAFA,
24:36mais est-ce que l'IA
24:37va être délivrée,
24:38va pouvoir être monétisée
24:40de la manière
24:40que les investisseurs
24:42s'y attendent
24:42ou anticipent ?
24:43Maintenant,
24:44on passe au débat
24:45sur quel va être
24:47l'impact de l'IA
24:47sur certains secteurs
24:49existants,
24:49par exemple,
24:50sur les softwares,
24:50dans quelle mesure
24:51ils pourraient déplacer
24:52ou voire éliminer
24:53certains acteurs actuels.
24:55Et comment vos analystes
24:56aujourd'hui,
24:56ils arrivent
24:57à modéliser ces risques
24:59et puis à aiguiller
25:00un petit peu
25:01vos clients ?
25:02C'est vrai que le software,
25:03c'est un secteur
25:03notamment sur la partie action,
25:05pas sur la partie obligataire
25:06qui a sérieusement dévissé.
25:08Ça doit sûrement
25:08être le cas également
25:09sur la partie obligataire,
25:10j'imagine.
25:12Comment aujourd'hui,
25:13on peut aider
25:14des investisseurs
25:15sur ce segment
25:15des softwares
25:16à prendre des décisions ?
25:18Oui,
25:18alors deux aspects,
25:19effectivement,
25:19analyse de risque,
25:20j'aime bien toujours
25:21regarder toutes les concentrations.
25:23Donc effectivement,
25:23software,
25:24par exemple,
25:24on regarde
25:24quelles sont les concentrations
25:25de certains cielos,
25:27aux instruments,
25:28aux expositions
25:28de certains acteurs
25:29au secteur des softwares,
25:30parce que c'est un indicateur
25:31effectivement
25:31de vulnérabilité potentielle.
25:34après aussi,
25:35il faut quand même dissocier
25:36tous les softwares
25:37ne sont pas égaux.
25:38Certains softwares
25:39et entreprises
25:40avec des données propres
25:43qui sont très importantes
25:45à la qualité des softwares
25:46ou des softwares
25:47qui sont très intégrés
25:48dans l'écosystème
25:49d'entreprise
25:49de manière très intime
25:51sont moins en risque
25:52que par exemple
25:53des softwares
25:54qui sont beaucoup plus
25:55remplaçables
25:56et avec moins
25:57de valeurs ajoutées propres,
25:58par exemple,
25:59par rapport à leurs données.
26:00Donc,
26:00il faut quand même
26:01regarder sous cela
26:02et c'est pour ça
26:02qu'effectivement,
26:03on a 1500 économistes
26:04dans le monde
26:05mais rien que le secteur
26:06de la technologie aussi,
26:07on est obligé
26:08d'avoir des analyses
26:09avec des spécialisations
26:10très précises
26:11parce qu'effectivement,
26:12même ce sous-secteur
26:13des softwares
26:14présente des profils
26:15très différents.
26:16Dans ce contexte
26:17de révolution
26:18autour de l'intelligence
26:19artificielle,
26:20de flou géopolitique,
26:21quels sont les secteurs
26:22que vous surveillez
26:23le plus ?
26:24En tout cas,
26:24qui pourraient se faire
26:26dégrader facilement
26:27dans les prochaines semaines
26:28et puis à l'inverse,
26:28les secteurs
26:29qui pourraient mieux
26:29se comporter ?
26:31Ce qui est intéressant
26:32dans le contexte actuel,
26:33c'est que je dirais
26:33que les secteurs
26:34ne sont pas égaux
26:35en fonction des régions.
26:37Par exemple,
26:38si je prends l'exemple
26:39de l'industrie chimique,
26:42c'est un secteur
26:42qu'on regarde très proche
26:43de manière très proche
26:45en Europe
26:46depuis un petit bout de temps
26:46et ce n'est pas seulement
26:47à cause du conflit
26:48mais il y avait quand même
26:49d'autres éléments
26:50qui mettaient la pression
26:51sur certains acteurs
26:52de ce secteur
26:53alors qu'on pourrait voir
26:54éventuellement
26:55le conflit
26:56mener à des différences
26:58de positionnement concurrentiel
27:00dans d'autres régions.
27:01Les États-Unis,
27:01par exemple,
27:02moins affectés directement
27:03par le choc énergétique
27:04pourraient être
27:05moins directement impactés
27:07que certains acteurs,
27:08certains pairs
27:09en Europe.
27:10Donc,
27:10il faut vraiment segmenter cela.
27:11C'est même les secteurs,
27:12je dirais,
27:12il faut les regarder aussi
27:13à l'échelle des régions
27:16et non pas de manière globale.
27:17et non pas de manière globale.
27:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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