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  • il y a 11 heures
Ce jeudi 30 avril, la réunion de la Fed au cours de laquelle Jerome Powell a déclaré qu’il ne quitterait pas la Réserve fédérale, dans un contexte marqué par des désaccords au sein du comité, a été abordée par Mikael Petitjean, chef économiste de Waterloo AM et professeur à l'université de Louvain, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Mais juste avant, à 9h07, nous allons rejoindre comme promis Mickaël Petitjean.
00:04Bonjour Mickaël, merci de nous accompagner ce matin.
00:06Vous êtes chef économiste de Waterloo Asset Management et professeur à l'Université de Louvain.
00:12Dans un instant, nous allons revenir sur les GAFAM et donc sur des croissances encore spectaculaires hier,
00:17puisque l'ensemble des GAFAM ont publié plus que des croissances à deux chiffres.
00:20Parfois, vous avez des croissances à plus de 20%.
00:23Juste avant, quand même, retour sur la réunion de la Fed,
00:26qui a été importante dans le sens où Jérôme Poil a dit qu'il n'allait pas quitter la réserve
00:30fédérale.
00:30Et puis surtout, vous avez une décision qui a été assez challengée,
00:34puisque sur les 12 membres votants, 4 membres ont décidé de ne pas aller dans le sens de la communication
00:39de la Banque Centrale Américaine.
00:41Oui, c'est effectivement le point le plus marquant,
00:44c'est-à-dire qu'on a un niveau de désaccord au sein du comité qui est assez fort,
00:50parce qu'on n'avait pas noté un aussi grand désaccord depuis, je pense, 1992.
00:57Donc, ça nous remonte très loin dans le temps.
01:00Et effectivement, il y a Stephen Miran, évidemment, lui qui voulait une baisse de taux immédiate.
01:06Ce n'est pas surprenant, puisque c'est, j'allais dire, entre guillemets, un pion de Donald Trump.
01:11Et il a clairement dit qu'il voulait avoir une baisse de taux dès sa prise de fonction.
01:16Mais il y en a trois autres, trois gouverneurs régionaux, dont quand même trois personnes qui ont quand même de
01:24la bouteille,
01:25qui sont en place depuis pas mal de temps, Cleveland, Minneapolis notamment,
01:29qui, eux, ne voulaient pas qu'on indique une éventuelle baisse de taux dans l'avenir.
01:37Donc, ils voulaient plutôt être au quiche, comme on dit dans le jargon,
01:41et indiquer que la Fed devait être très prudente dans les mois qui viennent
01:46et ne pas avoir un biais favorable à une baisse de taux.
01:50Donc, on a un niveau de désaccord qui est assez important.
01:53Maintenant, je pense qu'effectivement, les éléments sont là pour conserver une stabilité du taux d'intérêt,
02:02du taux de la Fed dans les mois qui viennent.
02:06Aujourd'hui, comment vous arrivez à anticiper les futures décisions de la Banque centrale américaine,
02:11sachant que les prix de l'énergie vont continuer de peser sur l'inflation aux États-Unis ?
02:15Pour rappel, cette inflation était au-delà des 3 % au mois de mars, 3,3 %,
02:19que plusieurs membres de la Fed ne sont pas à l'aise aujourd'hui avec la dynamique des prix.
02:23Et puis, Kevin Ward, malheureusement, on ne sait pas grand-chose pour l'instant.
02:27C'est vrai qu'il était devant le Sénat la semaine dernière,
02:29mais il n'a pas donné beaucoup d'indications sur la route qu'il souhaitait tenir.
02:32Non, c'est ça, il est assez flou.
02:35Mais c'est compliqué, effectivement, pour la Réserve fédérale,
02:39dans le sens où on fait face à un choc d'offres.
02:42Les chocs d'offres sont toujours plus compliqués à gérer pour les banques centrales,
02:47parce que d'un côté, elles font grimper l'inflation,
02:50mais de l'autre, elles ont tendance aussi à détruire des capacités de production,
02:54c'est-à-dire à freiner la croissance.
02:56Et donc, d'un côté, on a une dévélité de hausse de taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation.
03:02De l'autre côté, on a des dévélités de baisse des taux d'intérêt
03:05pour essayer de ne pas fragiliser la croissance.
03:09Mais il faut quand même reconnaître que moi, je suis plutôt dans le camp
03:12des trois gouverneurs régionaux.
03:17Leur nom, c'est Kashkari, Logan et Hamak,
03:20qui, eux, sont plutôt hawkis, c'est-à-dire qu'ils pensent que le statu quo est la meilleure solution.
03:24La raison est assez simple, c'est-à-dire qu'on voit quand même une économie américaine
03:28qui est très résiliente, qui fait encore preuve de beaucoup de dynamisme.
03:34Alors oui, certes, pas équivalent à ce qu'on a observé il y a un an, un an, deux ans,
03:39mais néanmoins, on a encore des créations de jobs.
03:42Au mois dernier, c'était 178 000.
03:47Et les anticipations d'inflation, pour l'instant, j'estime qu'elles sont encore suffisamment ancrées.
03:54C'est-à-dire qu'on ne voit pas d'impact important sur les anticipations d'inflation à terme.
04:01Donc, moi, je trouve effectivement qu'il ne faut pas baisser les taux,
04:06il ne faut pas les augmenter.
04:07Et nous, on anticipe chez Waterloo Asset Management un statu quo du niveau des taux aux États-Unis jusqu'à
04:14la fin de l'année.
04:15Vous voyez, donc, je pense que c'est quelque chose qui peut être très bien digéré par le marché.
04:19Pour la première fois depuis 1948, un président de la Fed va rester au conseil des gouverneurs.
04:25C'est historique.
04:26Par exemple, dans le cas de Janet Yellen, à l'époque, elle avait quitté la réserve fédérale, etc.
04:30Là, non, Jerome Powell sera au bord, il aura une voix.
04:33Bon, est-ce qu'il faut revenir sur le tweet de Donald Trump qui, hier, a dit que Jerome Too
04:37late,
04:38en fait, il restait à la fête parce que personne ne voulait de lui et qu'il ne trouvait pas
04:41de travail ?
04:44Je pense que c'est un peu plus subtil que ça.
04:48Non, mais il y a quand même un facteur, je pense, qui est un facteur lié à ce qui se
04:51passe
04:51au niveau des poursuites, des tentatives de poursuites judiciaires de Donald Trump,
04:56même si ça évolue dans le bon sens pour notre ami Jerome Powell qui a fait du bon boulot.
05:01Quand même, reconnaissons-le, ça fait huit ans qu'il est là.
05:03Ce n'est pas beaucoup, en fait, huit ans, quelque part, quand on regarde l'histoire.
05:06Mais donc, je pense qu'il veut s'assurer aussi d'avoir un pied dans l'institution
05:09jusqu'à ce que tout ça s'apaise et qu'éventuellement, on passe à un autre président des États-Unis.
05:15Donc, je pense qu'il y a un calcul comme celui-là.
05:17Ça, je pense, c'est indéniable.
05:19Maintenant, voilà, Powell, ça fait huit ans.
05:21Vous savez, il y a quand même deux autres présidents de la Fed
05:24qui ont été en place pendant beaucoup plus longtemps.
05:28Alors, Trump est sans doute très content de voir Jerome Powell partir,
05:31mais on avait Grispan, il est resté 19 ans.
05:35Il y avait un autre aussi qui est quasiment resté pendant deux décennies.
05:37C'est Mac Cheney entre 1951 et 1970.
05:42Donc, voilà, moi, je trouve qu'il a fait du bon boulot.
05:45On était fort, je dirais, fort suspicieux sur sa capacité de résister aux pressions de Donald Trump
05:52parce qu'il avait été choisi sous le premier mandat de Donald Trump,
05:56mais il a fait preuve de beaucoup d'indépendance et de rigueur.
06:00Donc, moi, je lui tire mon chapeau.
06:01Dans un instant, avec Guillaume Loewy, dans quelques minutes,
06:03nous reviendrons sur la publication des GAFAM.
06:05Bon, j'imagine que vous n'avez pas pu passer à côté, Michael Petitjean,
06:08quand on voit toujours la croissance insolente de ses acteurs du numérique américain.
06:11Le Nasdaq gagne 15% depuis le début du mois.
06:15Quand vous voyez les résultats qui ont été publiés hier,
06:18vous avez envie encore d'accompagner ce mouvement.
06:20C'est vrai que plusieurs fois sur ce plateau, vous nous avez dit
06:22« Moi, je continue à surpondérer les actions américaines. »
06:24C'est là-bas que la croissance se trouve.
06:25Chapeau, je vous tire mon chapeau,
06:27parce que c'est vrai que quand on regarde la croissance des actions européennes
06:29sur le mois d'avril, c'est quand même assez timide.
06:32Mais pas évident de rester dans un train qui va aussi vite, non-stop.
06:36Oui.
06:37Non, effectivement, nous, on a resté positif sur les actions américaines
06:40et franchement, quand tout était fort agité,
06:43tout n'est pas plié encore pour le conflit dans le détroit d'Hormuz, c'est clair,
06:47mais on a été fort attentif à l'évolution des bénéfices des entreprises américaines
06:52et c'est remarquable.
06:54En fait, on a des taux de croissance de bénéfices qui sont très élevés,
07:00qui dépassent 20% quasiment pour tous les trimestres de l'année qui vont s'équilier,
07:05donc trimestres 2, 3 et 4.
07:06Donc, on a des résultats d'entreprise qui sont très bons,
07:10on a des marges nettes, donc quand on calcule ça,
07:14résultats nets sur chiffre d'affaires,
07:15on a des marges nettes qui sont des marges nettes records
07:20depuis plus de 20 ans, je pense.
07:22Donc, nous, on est toujours très bien positionnés dans ce domaine-là.
07:27On a effectivement, alors là, fait un très bon achat, c'était Intel,
07:29parce que le cours a doublé en l'espace d'un mois,
07:31donc là, on a été évidemment ravis, mais on reste aussi effectivement bien orientés.
07:37Vous faites quoi aujourd'hui ?
07:38Est-ce que vous vous renvoyez un petit peu la location ?
07:40Est-ce que vous dites, bon, là, l'Europe est en retard, il faut y aller ou non ?
07:43Il faut continuer à accompagner les actions américaines.
07:46On reste quand même intéressés par l'Europe,
07:49parce qu'il faut reconnaître que les valorisations ne sont pas mauvaises,
07:52elles sont beaucoup plus attractives qu'aux États-Unis,
07:54même si, attention, sur le SNP 500,
07:56on était descendus à du 19, quand il y a eu le choc.
08:00On aurait pu descendre plus bas si les bénéfices n'avaient pas été meilleurs,
08:03mais il y a une bonne complémentarité entre les deux.
08:07On reste axés en Europe sur des valeurs, disons, traditionnelles,
08:12on appelle ça les valeurs de rendement, les values.
08:15Aux États-Unis, plutôt des valeurs de croissance.
08:18Je pense que ce mixte-là, on ne va pas s'en séparer.
08:21C'est vrai qu'on a réalloué de nouveau un peu sur la thématique technologique,
08:25et l'IA, Oracle, Intel, j'en parlais, et Adobe.
08:28Mais en Europe, on est toujours quand même axés sur des valeurs traditionnelles
08:32qu'on aime bien garder en portefeuille pour des placements de plus long terme.
08:36Merci beaucoup, Mickaël Petitjean,
08:37pour nous avoir partagé votre analyse, vos convictions.
08:39Ce matin, je rappelle que vous êtes chef économiste,
08:41responsable également des investissements de Waterloo Asset Management,
08:43et professeur à l'Université de Louvain.
08:46Merci beaucoup, Mickaël.
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