- il y a 10 heures
Ce jeudi 30 avril, Ludovic Desautez a reçu Christian de Boissieu, économiste et vice-président du Cercle des économistes, Laurent Vronski, directeur général d'Ervor, et Olivier Lluansi, professeur au CNAM, auteur de "Réindustrialiser, le défi d'une génération", dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les experts
00:10Ludovic de Sauté
00:12Bonjour, jeudi 13 avril, bienvenue dans les experts, là où l'économie se décode et se raconte sans détour.
00:17La réserve fédérale a donc rendu son verdict hier en fin de journée.
00:21Sans surprise, les taux de main ont changé à ce stade, car si l'économie américaine reste solide,
00:26elle, l'inflation s'éloigne à grande vitesse de la cible.
00:29Le message est donc clair pour ce dernier acte de Jerome Powell qui quitte la présidence de la Fed,
00:34mais il restera en qualité de gouverneur.
00:36On attend, on observe, de quoi crisper Donald Trump.
00:39Et maintenant, place à la BCE qui s'exprime ce jeudi.
00:42Même scénario probable, mais jusqu'à quand ce statu quo est-il tenable ?
00:46Alors que l'énergie reste à des niveaux de prix très élevés, le baril ce matin dépasse les 120 dollars.
00:53Et très mauvaise nouvelle, on va y revenir, la croissance de la France au premier trimestre
00:57tombe à 0%.
00:59En Europe, et notamment en France, c'est une offensive silencieuse mais méthodique qui se joue pendant ce temps.
01:05Les constructeurs automobiles chinois ne se contentent plus d'exporter, ils s'installent.
01:09Objectif, contourner les droits de douane et capter le marché en utilisant des usines européennes qui tournent à moitié à
01:15vide.
01:16De l'Espagne à la France, les discussions s'accélèrent, notamment chez Stellantis.
01:21Derrière une réalité brutale, l'Europe a des capacités en trop, la Chine des volumes en trop.
01:26Et la rencontre des deux phénomènes pourraient bien rebattre toutes les cartes du secteur automobile.
01:30D'autant plus que l'avance française et européenne en matière de R&D a fait pchit.
01:36Retraversons l'Atlantique pour cette fois parler de la tech.
01:38Beaucoup de résultats ont été publiés hier, qui confirment désormais que les géants vivent sous le signe du duo cloud
01:45IA,
01:46porté par l'explosion notamment de l'accélération des usages IA.
01:50Reste une question en toile de fond.
01:52Les investissements colossaux dans l'intelligence artificielle sont-ils soutenables dans le temps et surtout rentables à terme ?
01:59Une question qui déclenche une fébrilité certaine dans un secteur où l'unité de base pour compter est devenue la
02:05centaine de milliards de dollars.
02:06Rien que ça. Les experts, c'est parti.
02:12Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
02:17Bonjour chers experts, merci d'être avec nous pour ce dernier jour avec une ambiance un peu valise, départ de
02:23train, vacances et tout ça.
02:25On a le plaisir d'accueillir Laurent Wromski. Bonjour Laurent.
02:27Bonjour à tous.
02:28Merci d'être avec nous ce matin, directeur général d'AirVor.
02:31En face de vous, Christian Boissieu. Bonjour Christian, merci d'être avec nous, vice-président du SAC des économistes.
02:36Et à vos côtés, Olivier Luency. Bonjour Olivier.
02:38Bonjour.
02:38Merci d'être avec nous, professeur Ocknam et auteur de Réindustrialiser le défi d'une génération.
02:43Beaucoup, beaucoup, beaucoup d'actualités économiques ces dernières heures.
02:47On va essayer de les reprendre un petit peu chronologiquement et puis de faire des focus parce qu'elles continuent
02:52à se développer quasiment en temps réel ce matin.
02:55Il y a une prise de parole de la Fed qui est attendue.
02:58Pas de surprise, tôt inchangé.
03:01Un dernier acte pour Jérôme Powell qui va rester quand même au bord de la Fed.
03:08Mais au-delà de ça, des commentaires quand même qui commencent à devenir de plus en plus inquiets au sein
03:13de la Fed avec des dissensions.
03:16Ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu autant de divisions, je vous regarde, Christian, au sein de
03:20la Fed.
03:20Avec, quand on regardait les notes de la dernière réunion de la Fed, c'était une inflation qui s'emballait.
03:27Maintenant, le mot « légèrement » a été gommé.
03:29Et on voit que la crispation commence aussi à agiter par rapport à l'environnement macroéconomique et la guerre au
03:37Moyen-Orient.
03:38Commence à agiter la Fed.
03:39Quel bilan vous tire un peu de cette prise de parole ?
03:42– D'abord, je dirais, les faits sont têtus.
03:45Et l'inflation a beaucoup monté sur le seul mois de mars.
03:50Il faut partir des chiffres.
03:52En mars 2026, sur 12 mois, l'inflation américaine a été à 3,3%, donc en rythme annuel.
04:01En février, elle n'était que de 2,4%.
04:04Sur un mois, un point de plus.
04:07Et je pense que ça n'est pas fini, car même si les Américains sont, j'allais dire, autosuffisants du
04:14point de vue énergétique,
04:15ils sont quand même très influencés par l'évolution des prix internationaux, du pétrole, du gaz, etc.
04:22Et donc, ma prévision, je vais me tromper, mais ma prévision, c'est que le 3,3% en rythme
04:27annuel de marche,
04:28je parle de l'inflation américaine toujours, va continuer à monter.
04:32La Fed, comme les autres banques centrales des pays avancés, a un objectif de 2% d'inflation,
04:37je vais dire sur le moyen terme, c'est-à-dire, il ne s'agit pas d'avoir 2%
04:41chaque année,
04:41mais disons, les banques centrales disent, si on a un peu plus d'une année,
04:46si ça se compense l'année d'après, pourquoi pas ?
04:48Mais, attendez, les chiffres que j'ai rappelés montrent que la Fed s'éloigne de plus en plus
04:53de son objectif d'inflation de 2%.
04:55Ça va peser, ça pèse déjà sur la consommation, parce que ça pèse sur le pouvoir d'achat,
05:02les Américains, comme chez nous en France, la remontée de l'inflation a déjà commencé
05:06à peser sur le pouvoir d'achat, et ça va peser sur les élections de mid-terme de novembre,
05:13parce que, comme disait l'autre, « is the economy stupid ? »
05:16Je veux dire, le résultat des mid-terme en novembre va quand même pas mal dépendre
05:21du contexte économique qui ne se présente pas très bien, en tout cas du côté des prix.
05:26Alors, je termine en disant que la Fed est pris entre deux feux,
05:31parce que d'un côté, le président américain, qui ne respecte pas l'indépendance de la Banque centrale,
05:36réclame depuis deux mois des baisses de taux, il y en a eu qui sont intervenues légères,
05:41mais là, la Fed, clairement, elle a quand même un mandat, elle a un mandat dual,
05:47c'est-à-dire inflation et croissance et emploi de l'autre côté.
05:52Enfin, je veux dire, quand vous regardez les chiffres, certes la croissance américaine ralentit un peu,
05:58le chômage augmente un peu à partir de niveaux qui sont relativement bas,
06:02je parle du taux de chômage, mais quand même le danger à court terme,
06:04c'est plus l'inflation du côté américain que la récession.
06:08Je ne parle pas de l'Europe, je ne parle pas de la France, vous avez donné,
06:11évoqué les chiffres, on va en parler, les chiffres de la France au premier trimestre,
06:15et les États-Unis ne sont pas en récession aujourd'hui.
06:18Donc la Fed, elle doit faire le job, et je pense qu'avec le nouveau président,
06:24qui s'appelle Kevin Warsh, qui a l'air d'être pas mal sur le plan,
06:29je veux dire, du raisonnement économique, moi je le reçois à son examen,
06:33si vous permettez de jouer mon rôle de prof,
06:37bon, il va être confirmé, parce qu'il y avait un blocage du côté national,
06:41sénateur républicain, qui disait, si M. Trump continue à chercher des poux
06:49dans la tête de Jérôme Powell, sans le laisser tranquille jusqu'à la fin de son mandat,
06:55moi, sénateur républicain, je ne voterai pas la confirmation du nouveau président,
06:59et ça se joue à très peu de temps.
07:01Donc, Kevin Warsh va être confirmé, mais il arrive dans un contexte
07:05où devant le Sénat, depuis une semaine, il joue par ses grands dieux,
07:08qui va respecter l'indépendance de la Banque Centrale,
07:11sous le feu, j'allais dire, quasi quotidien,
07:15du président américain qui lui dit, il faut baisser les taux,
07:17il faut baisser les taux, c'est pour ça que je vous ai nommé.
07:20Voilà le contexte.
07:23Réaction Olivier Hollande sur, on va dire, ces commentaires,
07:26au-delà du rôle de Jérôme Powell,
07:28c'est-à-dire l'état lié de l'économie américaine, tout simplement, finalement.
07:33– Alors, moi, j'ai aussi des chiffres, ce n'est pas les mêmes.
07:36Nous, on est très en amont, mais qui corroborent exactement ce que vient de dire Christian,
07:39parce qu'on travaille beaucoup avec les États-Unis.
07:41Nous, les chiffres qu'on a, si vous voulez, c'est les factures d'achat.
07:45Notamment, les factures d'achat pour le transport, pour les carburants,
07:48mais pas que, pas que.
07:49C'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier qu'il y a toute une série de composants
07:52qui rentrent dans la fabrication de nos produits,
07:54et là, les fournisseurs n'ont pas perdu un instant pour rehausser les prix.
07:58Il ne faut pas aussi…
07:59– Ça a été très immédiat, ça ?
08:00– Ah, mais c'était quasi instantané.
08:02C'est-à-dire que l'économie réagit immédiatement.
08:04Il faut savoir que les chiffres dont parle Christian,
08:06c'est une statistique, c'est-à-dire qu'on regarde, c'est un film,
08:09on regarde ce qui s'est passé depuis trois mois.
08:12Nous, c'est instantané, je peux vous le dire.
08:13La deuxième chose, il ne faut pas oublier qu'avant le début du conflit,
08:17les mesures de M. Trump sont très largement inflationnistes.
08:20Et ça, on l'a oublié.
08:22Notamment, toutes les questions qui sont liées à la main d'œuvre,
08:24qui est quand même l'un des drivers principaux de la reprise de l'inflation.
08:26Aujourd'hui, aux États-Unis, il y a un vrai sujet sur de la main d'œuvre qualifiée,
08:30de la main d'œuvre tout court.
08:31Donc ça, ça ne s'est pas évaporé comme par enchantement.
08:33Moi, je ne sais pas lire l'avenir, ça se saurait.
08:35Mais je pense qu'on n'est pas du tout dans une hausse de prix temporaire
08:40et qu'on est sur une reprise de l'inflation.
08:42Et comme on le sait, c'est que souvent, quand les prix ont augmenté,
08:45après, pour revenir en arrière, c'est très, très difficile.
08:48Et je ne parle même pas des matières premières.
08:50Parce que quand je parle des matières premières, en tant qu'industriel,
08:53ce n'est pas que le pétrole, c'est tous les métaux précieux et autres.
08:56Il y a quelque chose dont on ne parle absolument pas, c'est le tungsten.
08:59La base de l'industrie.
09:00Oui, il y a un vrai sujet aujourd'hui sur le tungsten.
09:03Je rappelle que pour les néo-fils, on utilise le tungsten
09:06dans tous les outils de coupe qui servent à usiner et à fraiser des pièces.
09:11Pas de tungsten, pas d'outils de coupe.
09:12Pas d'outils de coupe, pas de pièces.
09:15Voilà.
09:16C'est important, cet avis, parce que c'est du vécu, tel coup partagé.
09:20Olivier, sur la situation américaine,
09:22juste le coup d'œil, vous allez dire, sur l'état de l'économie américaine
09:25au-delà de la Fed.
09:27Moi, j'ai une vision qui est plus micro.
09:29Je pense qu'elle a été bien expliquée.
09:30Elle est complémentaire aussi.
09:31Aujourd'hui, moi, ce que j'entends surtout,
09:33et je vais peut-être vous permettre de faire la bascule,
09:35c'est l'inquiétude sur la situation européenne et du marché.
09:39On va y venir.
09:40C'est-à-dire que vous avez des activités aux États-Unis,
09:42ça vous permet de donner un regard de chef d'entreprise en micro sur l'économie américaine,
09:47complémentaire à celui qui vient de donner Christian.
09:49Moi, ce que j'entends des chefs d'entreprise français,
09:51et notamment industriel,
09:53c'est surtout une inquiétude sur la situation économique de la France et de l'Europe,
09:59et où on a un sujet de croissance,
10:01avec des chiffres qui viennent de tomber,
10:02et qui font tomber le voile.
10:04C'est-à-dire que ce qui était vécu par les chefs d'entreprise au quotidien,
10:08avec une situation très dure, très difficile,
10:10n'était pas reflété dans les chiffres macro qu'on nous présentait.
10:13Ben voilà, on vient de, je pense, à l'instant...
10:15La facture est tombée.
10:16La facture est tombée, le voile vient d'être déchiré.
10:18On va préciser, Olivier, pour que chacun comprenne,
10:21et puis Christian, je vous laisse réagir.
10:22Donc ce matin, on va dire qu'il y a une double publication de l'INSEE.
10:25D'abord, il y a vraiment l'élément un peu surprise de la matinée,
10:29c'est que la croissance française au premier trimestre ressort nulle,
10:33c'est-à-dire 0%.
10:33Ce qui est une très mauvaise augure pour le reste de l'année,
10:36sachant que l'objectif est à 0,8, 0,9...
10:390,9.
10:40Et que là, en ayant nul au premier trimestre,
10:43c'est plutôt un scénario récessif qui peut se dessiner.
10:46Et puis, pour rebondir sur ce que disait Christian,
10:48puisqu'on va traverser l'Atlantique,
10:50on va s'ancrer aussi côté France,
10:52ça ne va pas tellement mieux aussi sur l'inflation,
10:54puisque l'inflation, en avril, a bondi à 2,2%.
10:57Alors là, on est en plein dans le choc énergétique.
11:00Et je rappelle, Olivier, on est à 2,2%.
11:03En avril, on parle de la France.
11:06En mars, en rythme annuel, on était à 1,7%.
11:09Et en février, on était à 0,9%.
11:11Donc vous voyez le phénomène d'accélération,
11:13dans un contexte où il y a encore, dans les tuyaux,
11:17et je rejoins ce que vous disiez tous les trois,
11:20c'est-à-dire qu'il y a dans les tuyaux
11:22un potentiel de sursaut d'inflation supplémentaire,
11:25qui me paraît clair.
11:26Bon, et par rapport à la croissance en Europe,
11:29je suis complètement d'accord avec ce qu'ont dit Laurent et Olivier,
11:32c'est-à-dire que l'Allemagne, avant même les dernières nouvelles,
11:36je veux dire, la semaine dernière, l'Allemagne a déjà divisé par deux
11:40sa prévision de croissance pour 2026,
11:43ils sont à 0,6%, 0,5%, 0,6%, ils étaient à 1%.
11:46Et l'Allemagne, elle sort quand même d'une période de deux années de cession
11:50est d'une année à zéro l'année dernière, donc pas terrible.
11:54Et nous, je pense que le gouvernement va être obligé,
11:56au moment où on parle déjà de la préparation de la boîte de finances pour 2027,
12:01on va être obligé, pour des raisons de transparence et démocratique,
12:07je dirais, dans les relations entre le gouvernement et le Parlement,
12:09on va être obligé, assez vite, sans courir après les événements,
12:15de réviser à la baisse la prévision de croissance,
12:17ça veut dire moins de rentrée fiscale,
12:19ça veut dire plus de dépenses, ça veut dire...
12:22On était très contents à la fin de l'année dernière, 2025,
12:25parce qu'on avait fait, en 2025, un déficit public de 5,1%,
12:29je parle toujours de la France, alors qu'on attendait 5,4%,
12:34doucement, doucement, le cocorico,
12:36je veux dire, ça va être compliqué,
12:38dans un contexte politique que je n'ai pas besoin de décrire.
12:40L'objectif des 5%, qui est l'objectif de cette année,
12:43est très compliqué,
12:44s'annonce très, très, très...
12:45Et vis-à-vis de Bruxelles, vous avez vu, parenthèse,
12:48parce qu'en Allemagne, il y a quand même...
12:52Il y a un débat, parce qu'ils sont en coalition,
12:55mais certains voudraient un peu mettre en parenthèse
12:58le pacte de stabilité budgétaire,
13:00en disant, nous sommes dans une période exceptionnelle,
13:05exceptionnellement difficile,
13:06et donc faut-il continuer à respecter les normes européennes ?
13:10Je ne prends pas partie à ce stade-là, c'est compliqué,
13:13mais je dis, la question, elle apparaît,
13:15et je pense qu'elle va être relayée du côté français,
13:19à tort ou à raison, à la lumière de ces chiffres.
13:22– Alors, Laurent Olivier, je vous entends sur la situation française,
13:25il y a le vécu tel que vous le décriviez, Laurent,
13:27qui est intéressant,
13:28c'est-à-dire l'impact outre-Atlantique qui a été très immédiat.
13:32Est-ce que décrivait Olivier aussi, finalement,
13:33une espèce de décalage où on était encore dans des projections,
13:36normalement plus 0,3, plus 0,4,
13:38et puis la facture, finalement, est tombée ce matin
13:40entre ce qu'on ressentait tous les uns les autres,
13:42de la réalité de quelque chose qui se dégrade,
13:44quand même, de semaine en semaine.
13:46Là aussi, vous sentez cette dégradation locale,
13:48en France, dans, je vais dire, chez Hervor, tout simplement ?
13:52– Je dois rendre hommage à l'émission,
13:54parce que les doutes sur les prévisionnels de croissance,
13:57ils ont été évoqués dans cette émission,
14:00pas la semaine dernière,
14:01ça fait des mois et des mois et des mois.
14:03Dans le tissu industriel,
14:04que je pense modestement bien connaître,
14:07le ralentissement généralisé,
14:08il ne s'est pas opéré la semaine dernière.
14:11Moi, je l'ai clairement dit ici,
14:13il y a six mois,
14:14je veux dire que nous avons des sous-traitants
14:16qui travaillent, qui sont multisecteurs,
14:19et qui ont de la capacité.
14:21Ça, c'est un indicateur qui est fort.
14:23Quand vous avez des stocks de matières premières
14:25qui s'empilent,
14:26ce sont des indicateurs qui sont forts.
14:28Donc, nous avons clairement alerté sur ce risque.
14:30Et quand on a eu les prévisionnels de croissance,
14:34je vais être un peu impertinent,
14:35mais c'est toujours...
14:37On est là pour ça.
14:37Quand on fait des budgets,
14:38alors on fait des prévisionnels de croissance,
14:40et honnêtement, parfois,
14:41on se demande d'où ça sort.
14:42Du hors-sol.
14:43On se dit, mais avec tout l'appareil statistique
14:46qu'on a, toutes les compétences qu'on a,
14:48peut-être que certains,
14:49je vais encore une fois être un peu impertinent,
14:51il faudrait peut-être qu'ils écoutent les experts.
14:53Parce que les gens qui sont dans le concret
14:55ont vu le ralentissement il y a huit, neuf mois.
14:58Donc, plutôt l'été dernier.
15:00Exactement.
15:01Alors, là, en ce moment,
15:03on est confronté quand même à deux secteurs forts
15:06qui sont vraiment en difficulté.
15:09C'est l'automobile.
15:10Ça, ça ne s'est pas arrivé l'année dernière.
15:12Avec tout le réseau de sous-traitants derrière.
15:14Énorme.
15:15Vous avez aussi un secteur dont on ne parle peu,
15:18parce qu'on pense que,
15:18comme il y a des commandes records,
15:20que toute la sous-traitance est florissante,
15:22c'est l'aviation civile.
15:23Je dis bien qu'il faut distinguer l'aviation civile
15:25de l'aviation militaire,
15:26parce que dans l'aviation civile,
15:27vous avez des fournisseurs
15:29avec des marges extrêmement minces.
15:30Oui.
15:31Donc, ils s'apparentent à ce qui se passe dans l'aviation.
15:33Et un Airbus qui a du mal à monter en puissance
15:35sur l'aviation.
15:36Mais oui, mais c'est la poule et l'oeuf,
15:37parce que pour monter en capacité,
15:38il faut investir,
15:39et l'argent ne tombe pas du ciel,
15:40contrairement à ce que pensent certains.
15:42Et puis, le troisième secteur,
15:43je crois que là,
15:43je n'ai pas besoin de faire un long développement,
15:44c'est tout ce qui touche de près ou de loin
15:46aux bâtiments, l'immobilier,
15:48la construction, la promotion,
15:50tout ce qui tourne autour.
15:51Donc, on a quand même des secteurs importants
15:53qui ne tournent pas bien,
15:57directs sur le prévisionnel économique du pays.
16:01Olivier Flammey, juste une phrase.
16:03Olivier, juste une phrase,
16:04par rapport à ce que dit Laurent,
16:06la hausse des taux d'intérêt qu'est dans le TIO
16:08ne va pas améliorer les choses.
16:10Ah ben, ça c'est sûr.
16:10C'est certain.
16:11Notamment sur l'immobilier.
16:12Olivier, c'est l'immobilier.
16:14J'ai l'impression que ce matin,
16:15et merci Laurent de le signifier,
16:17c'est-à-dire que nous,
16:18ce qu'on ressentait,
16:19nous, collectifs,
16:20étant les experts,
16:21et le fait qu'on se rencontre
16:22depuis plusieurs mois,
16:24ce matin,
16:25ça devient quelque chose,
16:26enfin sur lequel on peut discuter
16:28un peu sérieusement.
16:29Vous n'êtes pas surpris non plus
16:31par ce coup de frein,
16:33qui est expliqué comme un coup de frein,
16:35mais qu'on voyait arriver
16:36depuis des mois,
16:37et des mois,
16:38et des mois.
16:38Alors, on le voyait arriver,
16:40on a averti,
16:43on est plusieurs à l'avoir fait.
16:45Il est vrai qu'il y a des filières
16:47qui vont,
16:47en disant industrielles du moins,
16:49qui vont relativement bien,
16:51tandis que d'autres vont très mal.
16:52Bon, l'aéro,
16:54c'est vrai que sur aujourd'hui,
16:55les sous-traitants,
16:56il y a un problème de montée en capacité,
16:58mais globalement,
16:58la filière tire.
17:00Sur l'énergie,
17:01ça va tirer aussi.
17:02Donc, il y a quelques grandes filières
17:04sur ce qu'on a appelé
17:05les technologies vertes.
17:06Alors, c'est vrai que c'est un renfort
17:07d'argent public
17:08qui va se raréfier,
17:09mais ça tire pas mal.
17:11Et donc,
17:12on a quand même
17:12un paysage industriel
17:14qui était hétérogène.
17:16Ceux qui observaient
17:17un peu la globalité,
17:18et la référence
17:19aux sous-traitants multisecteurs
17:20est excellente
17:21pour prendre
17:22un point de température,
17:23c'est que globalement,
17:25il y avait une souffrance
17:27en moyenne.
17:28Il y avait des filières
17:28qui vont vraiment très mal.
17:30Tu les as citées,
17:31l'automobile,
17:31d'autres qui tenaient bien,
17:32mais globalement,
17:34on ne voyait pas
17:35la croissance
17:36qui nous était
17:36ou la bonne humeur
17:37qui nous était affichée
17:39dans des grandes déclarations,
17:40dans des grandes inaugurations,
17:42dans des grands discours.
17:42Voilà.
17:43Donc, aujourd'hui,
17:44les faits sont têtus.
17:46La réalité économique revient.
17:49Quelque part,
17:49les prévisions,
17:51c'est bien,
17:51mais c'est le micro
17:52qui fait la richesse
17:53de tous les jours
17:53qui doit être redistribué,
17:55qui crée la richesse
17:55dans les entreprises
17:56et qui est redistribué.
17:57Alors,
17:58maintenant,
17:58l'espoir qu'on peut avoir,
17:59mais encore une fois,
18:00l'échéance politique
18:02majeure en France
18:03de 2027 se rapproche,
18:04c'est est-ce que
18:05sur la base
18:06de cet atterrissage,
18:08d'une certaine façon,
18:09de cette jonction
18:10entre le micro et le macro,
18:11on va enfin pouvoir
18:12avoir un diagnostic réel
18:14et enclencher
18:15une réflexion collective,
18:18sereine,
18:19stable,
18:20robuste.
18:21Voilà un peu
18:22le pari qu'on a
18:23à 12 mois
18:24des élections présidentielles.
18:26On n'est pas
18:27dans une boule de cristal,
18:28mais on est un peu
18:28dans l'utopie,
18:29quoi, quand même.
18:30Un pari redoutable.
18:31Je suis d'accord
18:31avec Olivier.
18:32J'aimerais bien,
18:33mais je n'y crois pas trop.
18:35Voilà.
18:35J'aimerais bien
18:36parce que,
18:37effectivement,
18:37la situation
18:38est très compliquée.
18:39Par rapport
18:40à ce que disait Laurent,
18:41ce que vous avez dit
18:42tous les deux,
18:43c'est que les problèmes
18:45ont commencé
18:46avant la guerre
18:48au Moyen-Orient.
18:48Je veux dire,
18:49déjà,
18:50l'affaire des droits de douane
18:51nous a mis dans un climat
18:53quand même
18:53assez délétère,
18:56monté du protectionnisme
18:57et très franchement,
18:59je ne veux pas,
19:00on a tous eu raison,
19:02eu tort
19:02sur certains points,
19:03mais quand je parlais,
19:05il y a quelques mots
19:05autour de cette table,
19:07des conséquences
19:08des droits de douane,
19:09Trump est la réponse
19:11et la réponse
19:12on voyait bien
19:13que ça allait avoir
19:13deux effets.
19:14Un effet inflationniste,
19:16y compris du côté américain,
19:18et un effet récessionniste.
19:19Alors,
19:19les événements
19:21dramatiques
19:22au Moyen-Orient
19:23rajoutent une couche.
19:24Rajoutent une couche.
19:26Et par rapport
19:26à ce que disait Olivier,
19:30moi je...
19:33j'allais dire,
19:34il y a l'échéance
19:35de 2027
19:36qui est très importante
19:37et il va y avoir
19:38un problème
19:39d'articulation
19:39entre le court terme
19:40et le long terme,
19:41à la fois de la part
19:42des candidats
19:43et du côté
19:43de l'opinion publique,
19:44je veux dire des Français.
19:46Est-ce que ça va être
19:48le moment ou pas
19:49de rouvrir
19:50les débats
19:51sur un certain nombre
19:52de réformes ?
19:52Et quand je dis réforme,
19:53c'est pas uniquement
19:54le débat sur la réforme
19:55des retraites,
19:56les problèmes industriels,
19:58l'articulation industrie-service,
20:01les problèmes
20:01de formation,
20:02d'éducation,
20:03je veux dire,
20:03pour moi...
20:04on est plusieurs
20:05autour de cette table
20:06à être professeurs,
20:07c'est-à-dire que c'est majeur
20:08et moi je...
20:09à titre ponctuel,
20:10par exemple,
20:11mais c'est pas ponctuel,
20:12je suis très inquiet
20:13de voir que les contraintes
20:14sur les finances publiques
20:16qui vont faire
20:17que s'accentuer
20:19conduisent le gouvernement
20:20à mettre en cause
20:21une grande partie
20:22de l'apprentissage
20:24et de l'alternance.
20:25Ça a l'air d'un...
20:26Alors je veux Olivier
20:27qui lève les mains
20:28pour que vous nous écoutes.
20:28On en a tellement parlé ici
20:29que...
20:30Oui, mais tout à fait.
20:30J'étais pas avec vous
20:31à ce moment-là.
20:32C'est pour ça
20:33que je me permets
20:33de le dire.
20:34Bien sûr,
20:34je partage.
20:35C'est très inquiétant.
20:37C'est hyper inquiétant.
20:38Voilà, donc...
20:39Il faudrait que
20:40les chances fondamentales
20:43de l'année prochaine
20:44sur l'occasion
20:44de remettre à plat
20:45un certain nombre de choses.
20:46Il va y avoir,
20:47il risque d'y avoir
20:48de part et d'autre
20:50le primat du court terme
20:52et pour remettre à plat,
20:54il faut quand même
20:55essayer de définir
20:56une vision,
20:56une stratégie
20:57au moyen long terme.
20:58C'est le problème
20:58de l'articulation
20:59des horizons.
21:00Tout à fait.
21:01Laurent, vous l'air agir.
21:02Oui, sur quelques éléments
21:04qui ont été mentionnés.
21:06Nous parlions tout à l'heure
21:07de l'inflation aux Etats-Unis,
21:08mais il faut savoir
21:09que les droits de douane
21:10qui ont été imposés
21:11par Trump,
21:12nous, nos produits
21:12du jour au lendemain,
21:13s'est pris 35%.
21:1595% de ces droits de douane
21:17n'ont pas été pris en charge
21:19par les exportateurs.
21:20Ils ont été répercutés
21:21sur les prix américains.
21:22Donc, c'est 95%.
21:23Ce qui est une forme d'impôt,
21:24finalement.
21:24Donc, c'est 95%
21:26des Américains
21:26qui ont payé
21:27cette surcharge protectionniste.
21:29Ça, c'est la première chose.
21:30Donc, ça, c'est quand même
21:31assez inflationniste.
21:31Et mécanique inflationniste.
21:32Par rapport à ce que disait Olivier,
21:33et ça, c'est très intéressant,
21:35c'est que tous les chiffres
21:38qui nous avons
21:38sont des chiffres
21:39qui sont des moyennes.
21:42Donc, c'est aussi bien
21:43les entreprises qui marchent
21:44qu'elles ne marchent pas.
21:44Enfin, quand je dis ça,
21:45je crois que j'apprends rien
21:45à personne.
21:46Ce que je constate,
21:47c'est que toutes les entreprises
21:48industrielles
21:49qui ont une vraie proposition
21:50de valeur,
21:51qui ont vraiment des produits
21:52très pointus
21:53sur des segments,
21:54sur des niches,
21:55elles vont très bien.
21:56Nous en faisons partie.
21:58Bon, il faut dire
21:58que c'est la conséquence
21:59d'une part
22:00de la raréfication
22:01de l'offre industrielle,
22:02c'est-à-dire que
22:02le besoin existe toujours,
22:04mais il y a moins d'entreprises
22:05pour les fournir.
22:06Les survivants, quelque part.
22:07Les survivants,
22:08ceux qui ont développé
22:09les anticorps
22:10et qui se sont positionnés
22:12à l'international.
22:13Maintenant,
22:13la dernière chose
22:14concernant l'enseignement,
22:15parce que moi,
22:15j'ai un pied dans l'enseignement,
22:16puisqu'on a démarré
22:17un projet qui s'appelle
22:18Espérance Banlieu,
22:19on ouvre des écoles.
22:20Un pays qui fait le choix
22:22uniquement de la redistribution
22:23sans se soucier
22:24d'investir massivement
22:26dans l'école
22:27et dans les élèves
22:28est un pays
22:29qui est condamné à terme.
22:31Et je pense
22:32que c'est très inquiétant
22:33de voir qu'aujourd'hui,
22:34en plus,
22:35il y a eu une réforme
22:37qui est passée
22:38quasiment inaperçue,
22:39c'est le cumul emploi-retraite,
22:40donc qui permet
22:41à des gens
22:42qui ont la sagesse,
22:43les anciens,
22:44de rester plus longtemps
22:45pour se frotter
22:46avec des générations
22:47aux jeunes qui arrivent.
22:48la réforme
22:49du cumul emploi-retraite
22:51fait que ces gens-là
22:52ne sont plus incités
22:53aujourd'hui
22:53à travailler
22:54et rester dans les entreprises.
22:55Donc,
22:55on a une école
22:57qui est quand même
22:57qui requête,
22:59on a des anciens
23:00qui partent plus tôt
23:00et on a
23:02une succession
23:03de défis
23:03technologiques,
23:04sociologiques,
23:05internationaux
23:06qui arrivent.
23:06Et démographiques.
23:07Et démographiques.
23:08Donc,
23:09là,
23:09c'est quand même
23:10un peu inquiétant.
23:11C'est embêtant.
23:12À la vie,
23:13je suis plutôt
23:13le verre à moitié plein
23:14que le verre à moitié vide.
23:15Enfin,
23:16depuis le début,
23:16je constate que,
23:17y compris
23:18votre serviteur,
23:20nous sommes dans un contexte
23:21un peu morose
23:23pour ne pas dire plus.
23:25Juste,
23:26avant qu'on marque une pause,
23:27il y a quelque chose
23:27sur lequel je voudrais
23:28entendre mes commentaires
23:28sur la publication
23:30de la note de l'INSEE
23:30sur la croissance
23:31au premier trimestre.
23:33Parce qu'après,
23:33il y a le détail.
23:34On va dire,
23:35sur la conso,
23:35ça commence à caler.
23:36La conso des ménages
23:37fait moins 0,1%
23:39au premier trimestre
23:40contre plus 0,4%
23:41au dernier trimestre 2025.
23:44Mais là,
23:44le gros trou d'air,
23:45c'est le commerce extérieur.
23:46Le gros trou d'air,
23:48fortement négatif,
23:49c'est-à-dire le commerce extérieur
23:50sort à moins 0,7 points
23:52après plus 0,6 points
23:54au dernier trimestre 2024.
23:55Et les exportations
23:56se replient,
23:58on est à moins 3,8
23:59après plus 0,8.
24:00C'est-à-dire,
24:01il y a un trou d'air
24:01absolu
24:02sur le commerce extérieur français.
24:03Est-ce que ça vous surprend ?
24:04Laurent Olivier ?
24:05Un petit peu.
24:06Moi, je demande
24:07à regarder un peu plus
24:08dans la précision.
24:11Quelque part,
24:12on a toute notre structure de coûts.
24:14Et puis,
24:15les effets en retard
24:16des taxes Trump.
24:17On sait très bien
24:17que quand elles ont été annoncées,
24:19il y a eu du stock
24:20qui a été fait
24:20ou de la commande en avance
24:21qui a été fait.
24:22En partie,
24:23on s'en sort avec les stocks,
24:23d'ailleurs.
24:24Et donc là,
24:25maintenant,
24:25je pense qu'on a
24:26ce type d'effet.
24:27Je vous rappelle,
24:28les États-Unis,
24:28ça doit être quasiment
24:3013 ou 15%
24:31des exports
24:31de l'Union européenne
24:32ou de la zone euro.
24:34Donc,
24:34c'est naturellement affecté.
24:36Voilà.
24:36Petit commentaire,
24:37mais...
24:37Les stocks,
24:37justement,
24:38contribuent à 0,8
24:40sur le PIB,
24:41c'est-à-dire
24:41ce que signerait
24:42Laurent à l'instant.
24:44Si je peux dire
24:44juste un mot.
24:46Ça traduit
24:47le contexte mondial
24:47qui est,
24:49j'allais dire,
24:50déprimé,
24:50dépressif,
24:52récessif.
24:54Bon.
24:54Alors,
24:55il y a encore
24:55des poches de croissance.
24:56Il y a des poches
24:57de croissance
24:57dans certains secteurs.
25:00La défense.
25:01Alors,
25:02ça rejoint
25:03les débats
25:03dual,
25:04pas dual,
25:05civil,
25:05militaire.
25:06Est-ce que
25:06l'augmentation
25:07des dépenses de défense
25:08peut profiter
25:09ou pas aux civils ?
25:11En France,
25:13en différence
25:14des États-Unis,
25:17on ne gère pas très bien
25:18cette dualité
25:19civil-militaire,
25:19du point de vue
25:20de la recherche,
25:21je pense.
25:21Et puis,
25:22il y a le problème
25:23des contrastes
25:23entre pays.
25:24Moi,
25:24je regardais
25:25les dernières prévisions
25:26du FMI
25:27qui ont été publiés
25:28la semaine dernière,
25:29il y a 15 jours
25:30à l'occasion
25:30de l'Assemblée annuelle.
25:32Bon.
25:32Ce qui me frappe,
25:34c'est que le FMI
25:35est extrêmement conservateur
25:37dans ses prévisions
25:38par rapport à ce qu'il disait
25:39au mois de janvier.
25:40Je parle des prévisions
25:41d'avril.
25:43Depuis deux mois,
25:44on est quand même
25:44dans une drôle de situation
25:46sur le plan international.
25:47Eh bien,
25:48le FMI continue
25:49à prévoir
25:50pour,
25:51c'est-à-dire
25:522026,
25:53l'année prochaine,
25:54des croissances mondiales
25:55à 3 et quelques pourcents.
25:57Alors,
25:57il y a
25:58la Chine ralentit,
26:00il y a
26:00un certain nombre
26:01de pays émergents
26:02dont l'Afrique subsaharienne
26:04dont on parle passé.
26:05Moi,
26:05très africain,
26:06si je puis dire,
26:07dans mes centres d'intérêt,
26:09je constate que l'Afrique
26:10est un peu le sacrifié
26:11des débats actuels,
26:12excusez-moi de le dire,
26:14et pas que l'Afrique,
26:16d'ailleurs.
26:16Mais le Sud,
26:17je veux dire,
26:18il ne faut pas s'étonner
26:19après que
26:20ce qu'on appelle
26:21le Sud global
26:22concept un peu vague
26:24continue à contester
26:26le poids,
26:27l'importance du Nord.
26:28Et je termine là-dessus
26:29parce que,
26:30travaillant sur les questions
26:31monétaires,
26:31il y a une petite nouvelle
26:32qui est pour moi
26:34un indicateur significatif.
26:36Les Iraniens ont dit
26:37qu'ils allaient peut-être
26:39ouvrir le Détroit d'Ormus
26:40à condition que les Américains
26:41fassent de même,
26:42etc.
26:42Je ne te tiens pas
26:43à la barbuchette.
26:45Ils ont dit
26:45qu'on fera payer
26:46un droit de douane,
26:47un péage,
26:49en rial iranien,
26:50monnaie faible
26:51que personne ne connaît,
26:52etc.
26:53Mais je veux dire,
26:54on est dans un monde
26:55où l'économie ne va pas bien,
26:57la géopolitique
26:58est très,
26:59très,
26:59très agitée
27:00et vous avez
27:01des contestations
27:03à la fois
27:03Est-Ouest
27:04et Nord-Sud
27:05qui existent,
27:08il faut être réaliste,
27:08et qui ne sont pas terribles
27:10pour l'économie mondiale.
27:12Donc je termine vraiment
27:13en disant que
27:14moi ça m'a vraiment étonné
27:15ces dernières prévisions
27:16de l'UFMI
27:17qui revoient à peine
27:19les prévisions
27:19qu'ils faisaient
27:20au bas de janvier.
27:21Je me dis
27:22que d'où ça sort,
27:22d'où ça sort.
27:24En tout cas,
27:24ce matin,
27:25on aura vécu
27:25ce qu'on partageait
27:26depuis des mois
27:27sur ce plateau-là,
27:28c'est le fait
27:28qu'enfin,
27:29l'INSEE s'aligne
27:30sur ce que nous
27:30on ressentait
27:31au sein des experts
27:32depuis au moins septembre.
27:34On marque une pause
27:35et puis on se retrouve
27:36sur l'industrie notamment
27:37et sur les géants
27:38de la tech américaine.
27:39A tout de suite.
27:46BFM Business
27:47et la Tribune
27:48présente
27:49Les experts
27:51Ludovic de Sauté
27:52De retour sur le plateau
27:53des experts
27:54avec nous ce matin
27:54Laurent Bromsky,
27:55Christian de Boissieu
27:56et Olivier Lanty
27:57beaucoup, beaucoup,
27:58beaucoup d'actualités.
27:59On s'est équités
28:00sur un mot Christian,
28:01morosité.
28:01Laurent avait envie
28:02de rebondir
28:03sur le mot morosité.
28:04Morosité que vous partagez
28:05ou que vous réfutez ?
28:06Je pense que
28:07déjà la France
28:09à une propension naturelle
28:11a toujours regardé
28:12le verre à moitié vide
28:16et comme disent certains
28:17les Français
28:17c'est le seul peuple
28:18qui vit au paradis
28:19et qui pense
28:19qu'il est en enfer.
28:21Je pense qu'encore une fois
28:22la réalité est faite
28:23de nuances de gris.
28:24Je ne suis pas
28:24d'un optimisme B.A.
28:26Mais déjà l'optimisme
28:27si vous voulez
28:27d'humeur et de pessimisme
28:28de volonté.
28:30Je pense que
28:31dans le secteur économique
28:32que je connais
28:33qui est l'industrie
28:34encore une fois
28:34vous avez les entreprises
28:35qui vont très bien.
28:36Olivier l'a dit.
28:37On n'est pas
28:38je ne s'écroule pas.
28:39On n'est pas en 1929.
28:41Bon, il y a effectivement
28:42une actualité
28:44qui est très chargée
28:45mais encore une fois
28:46la bonne nouvelle
28:47c'est que les entreprises
28:48qui font les choses bien
28:49c'est-à-dire
28:50qui se souviennent
28:51que le seul patron
28:52véritable d'une entreprise
28:54c'est le client
28:55qu'en clair
28:56il faut peut-être
28:57penser un tout petit peu
28:58en dehors du cadre
28:59qu'il faut aller
29:00se projeter à l'extérieur
29:01enfin tout ce que l'on dit
29:03régulièrement
29:03dans les experts
29:04je veux dire
29:05ces entreprises-là
29:06généralement
29:06arrivent à s'en sortir.
29:08Donc moi
29:09je ne suis pas
29:10je dirais
29:11pessimiste
29:11simplement
29:12je pense que là
29:13tout ce que nous évoquons
29:14dans cette émission
29:15depuis des années
29:16c'est-à-dire
29:16les problèmes structureaux
29:19la surcharge
29:20fiscale
29:21etc.
29:21je dirais
29:21dans des temps difficiles
29:22que nous vivons
29:24prennent encore plus
29:25de relief.
29:26Là vous voyez
29:27ça fait six mois
29:28où c'est difficile
29:29pour les entreprises
29:30mais quand on se remémore
29:31la séquence budgétaire
29:33avec le PLF 2026
29:34et les propositions
29:35de certains
29:35pour encourager les gens
29:37à plus investir
29:38plus travailler
29:39plus reprendrir
29:39c'est juste lunaire
29:40et vous allez voir
29:42qu'on va y avoir droit
29:42pendant les 12 mois
29:43qui vont venir
29:44donc là aussi
29:45il y a un choix de société
29:46quand on a un homme
29:47qui a du mal à respirer
29:48est-ce qu'on lui ouvre
29:49la fenêtre
29:50ou est-ce qu'on lui met
29:51un baillon sur la bouche ?
29:53C'était le coup de gueule
29:54de Laurent
29:55on s'intéresse
29:57désolé Laurent
29:58parce que je vais un peu
29:59vous contredire
30:00enfin pas que
30:00je voulais qu'on s'arrête
30:02notamment avec Olivier
30:03sur ce qui se joue
30:04un peu dans l'automobile
30:06ces derniers temps
30:07c'est-à-dire finalement
30:08voir des logiques
30:10d'alliances
30:11de constructeurs
30:12automobiles chinois
30:13qui commencent
30:14à être intéressés
30:14par les capacités
30:15de production
30:16d'usines en Europe
30:17qui tournent
30:18pas à plein régime
30:19loin s'en faut
30:21notamment du côté
30:22de Stellantis
30:23c'est-à-dire
30:23à quel point
30:24le monde va vite
30:25c'est-à-dire
30:25qu'on aurait pris
30:26on aurait échangé
30:27il y a 20 ou 30 ans
30:28on aurait parlé
30:29de Peugeot et Citroën
30:30qui allaient
30:31tenter de faire
30:32gérer de la capacité
30:33de production en Chine
30:34les Volkswagen
30:35les marques allemandes
30:36n'en parlons pas
30:37là c'est tout l'inverse
30:38qui se joue
30:39c'est à quel point
30:40la bascule
30:41est féroce
30:42dans ce secteur-là
30:43elle est féroce
30:43et il faut en tirer
30:44les constats
30:45je veux dire
30:47on a une
30:48peut-être deux générations
30:49de retard technologiquement
30:50notamment sur la voiture électrique
30:53j'avais dit ça
30:53dans une audition au Sénat
30:55la commission
30:56était tout d'un coup
30:58silencieuse
30:58j'avais dit
30:59il faut considérer
30:59que dans un certain nombre
31:00de secteurs
31:00on est un pays
31:01en voie de développement
31:02quand je dis un pays
31:03c'est pas que la France
31:03c'est l'Europe
31:04on a raté
31:05pas dans tous les secteurs
31:06mais dans certains secteurs
31:07dont l'automobile
31:08on a raté la marche
31:09on s'est même tiré
31:10un peu une balle dans le pied
31:11on ne va pas revenir
31:12sur le sujet
31:13maintenant
31:14ce qu'il faut
31:14c'est accepter ça
31:15on ne va pas refaire
31:17la recherche
31:17qu'ont fait les Chinois
31:18et donc moi je plaide
31:20pour que l'accès au marché européen
31:21soit conditionné
31:23mais comme les Chinois
31:24l'ont fait
31:24il y a une dizaine d'années
31:25on pouvait rentrer en Chine
31:27à condition de faire une JV
31:28à 50-50
31:29et souvent
31:30elle terminait
31:31à 51-49
31:33au profit des Chinois
31:34petite parenthèse
31:35et on faisait du transfert
31:36de techno
31:36et bien il faut qu'on adopte
31:38ce type de comportement là
31:39donc
31:40que les Chinois
31:41arrivent en Europe
31:42avec leur techno
31:43en récupérant des capacités
31:44ben c'est pas plaisant
31:46mais c'est peut-être
31:47notre chemin de croix
31:48qu'il faut faire passer
31:49par contre
31:49il faut le conditionner
31:50et là c'est vrai
31:52que j'ai été très critique
31:53sur l'accélérateur industriel
31:55présenté en mars
31:57notamment sur la définition
31:59du Made in France
31:59c'est pas le sujet
32:00il y a quelques idées
32:02intéressantes dedans
32:03sur le contrôle
32:04des grands investissements
32:05et notamment ceux-là
32:06sur des transferts
32:08de technologies
32:09aujourd'hui
32:10ça reste des intentions
32:11il est urgent
32:12enfin ce qui me paraît
32:14le plus urgent
32:14c'est pas de freiner
32:15l'arrivée des Chinois
32:16c'est-à-dire c'est une déferlante
32:18ils ont une technologie
32:18les consommateurs européens
32:20vont vouloir en profiter
32:21on peut pas
32:22on peut pas leur nier ça
32:24mais c'est de faire en sorte
32:25que nous puissions profiter
32:27de cette ouverture
32:28du marché européen
32:29pour des contreparties
32:31structurelles
32:32afin de remonter
32:34une industrie en Europe
32:35je veux bien préciser
32:36pour que chacun comprenne
32:36c'est-à-dire que
32:37à vos yeux Olivier
32:38qu'un Dong Feng
32:39BYD
32:39enfin peu importe
32:40un Xpeng
32:41enfin les différents
32:42grands constructeurs chinois
32:44qui sont en surcapacité
32:45aujourd'hui
32:45et qui ont besoin
32:46d'un accès
32:46au marché européen
32:48viennent demain
32:49potentiellement
32:49s'installer à Rennes
32:50ou ailleurs
32:51à Valence
32:52dans des usines
32:52Stellantis
32:53c'est plutôt in fine
32:54une bonne nouvelle
32:55c'est pas une bonne nouvelle
32:57mais on n'arrête pas le destin
32:58on ne refait pas l'histoire
32:59on ne refait pas l'histoire
33:00donc acceptons-la
33:01et utilisons le levier
33:03que nous avons
33:03c'est-à-dire le marché européen
33:05qui reste conséquent
33:06même s'il a beaucoup diminué
33:07comme un levier
33:08encore une fois
33:09un levier de transfert technologique
33:11et puis aussi un levier
33:11d'investissement
33:12c'est-à-dire si ces usines
33:13sont uniquement des montages
33:15avec trois vis
33:16j'exagère
33:17deux pièces
33:18deux composants
33:19faits en Chine
33:20dans toute la valeur ajoutée
33:21en Chine
33:21là on est quand même légitime
33:23de dire
33:23c'est pas tout à fait
33:24le deal qu'il faut faire
33:26mais encore une fois
33:27ces investisseurs-là
33:28ont une technologie
33:29que nous n'avons pas développée
33:30on ne va pas payer
33:31le redéveloppement
33:33de cette technologie-là
33:34profitons-en
33:35en mettant des conditions
33:36c'est ce qu'ils ont fait
33:37et qui leur a très très bien réussi
33:38pendant des décennies
33:40simplement il faut beaucoup d'humilité
33:41parce que l'Europe
33:43le leader technologique
33:44etc
33:45là il faut considérer
33:46que sur ce secteur-là
33:47et c'est pas le seul
33:48d'ailleurs
33:49on a un retard technologique
33:51et donc il faut adopter
33:51des comportements
33:52comme l'Inde l'a eu
33:53sur les rafales
33:54comme le Brésil l'a eu
33:55sur les sous-marins
33:55comme la Chine l'a eu
33:57pendant des décennies
33:58et qui a nourri son succès
33:59et cette humilité
34:00on l'a aujourd'hui
34:00Olivier ?
34:01ben je sais pas encore
34:04Laurent sur
34:04Christian
34:05sur ce transfert Laurent
34:06sur ce
34:06ce changement de pied
34:08quand même
34:08historique
34:09alors moi je l'ai déjà
34:10vécu une fois
34:11je l'ai vécu une fois
34:12dans les années 80
34:13j'habitais aux Etats-Unis
34:14et il y avait exactement
34:15la même situation
34:16avec les constructeurs américains
34:17et les constructeurs japonais
34:18l'histoire l'a un peu oublié
34:19et donc
34:20monsieur Reagan
34:21à l'époque
34:22avait mis des taxes
34:23pour éviter
34:23que les consommateurs américains
34:25achètent massivement
34:26des voitures japonaises
34:27qu'ont fait les japonais
34:28exactement la même chose
34:29Toyota est venu
34:31Honda etc
34:31ils ont repris
34:32ils ont construit
34:33des usines américaines
34:34avec des travailleurs américains
34:35ils ont fabriqué
34:36les voitures aux Etats-Unis
34:37et ils ont connu
34:38le succès que l'on connaît
34:39donc l'histoire
34:40ça s'est déjà répété
34:41et donc c'est pas du tout inédit
34:43par contre
34:44la seule chose
34:45qu'on apprenne de l'histoire
34:46c'est que les gens
34:46apprennent rarement de l'histoire
34:48et donc je pense qu'en Europe
34:50on savait très bien
34:51et c'était marqué
34:52dans un document
34:53que peu de gens connaissent
34:55qui s'appelle
34:55China Manufacturing 2025
34:57édité par le parti
34:58communiste chinois
34:59qui listait
35:00les priorités industrielles
35:02comment on allait le faire
35:03et avec qui on allait le faire
35:04c'était ouvert
35:05c'était pas du tout
35:06un document secret
35:08donc si on avait eu
35:09des esprits éclairés
35:10qui avaient lu ce document
35:11et l'humilité
35:12il y aurait
35:12alors
35:12mais c'est pas que l'humilité
35:14c'est aussi je pense
35:15beaucoup de dogmatisme
35:16c'est-à-dire qu'on a fait
35:17des choix technologiques
35:19les choix technologiques
35:20ont été faits par des gens
35:21qui ne sont pas légitimes
35:22pour les faire
35:23et si on avait laissé
35:24aux industriels
35:24qui connaissent la technologie
35:25on aurait dit
35:26on aurait fixé un objectif
35:27après on laisse
35:27aux hommes de l'art
35:29libre cours
35:30pour faire ces choix technologiques
35:31je pense qu'on n'en serait pas là
35:33je vous ai la question
35:34est-ce qu'aujourd'hui
35:35c'est bien ou c'est pas bien
35:36mais malheureusement
35:37on n'a plus le choix
35:38c'est quoi l'alternative
35:39alors on va
35:40si vous voulez
35:41avoir une déferlante
35:42de produits chinois
35:42parce qu'ils ont 10 ans d'avance
35:45donc aujourd'hui
35:46c'est du dérapage
35:47quelque part contrôlé
35:49on va faire venir
35:50des industriels chinois
35:52je pense que c'est pas du tout
35:53une bonne nouvelle
35:54parce que je ne pense pas
35:55que tout va être fabriqué
35:56en France
35:57et c'est exactement
35:57ce que vous avez dit
35:58une grande partie
35:59va être fabriquée ailleurs
36:00donc la voiture
36:01oui elle sera montée en France
36:02elle sera montée
36:03et puis c'est les entreprises chinoises
36:05ça veut dire que c'est aussi
36:06de l'argent qui va quitter
36:07la France et la zone euro
36:09donc non
36:09c'est pas une bonne nouvelle
36:11mais c'est le moins pire
36:13la seule chose que j'espère
36:14et là-dessus
36:15là je serais un peu pessimiste
36:16est-ce que finalement
36:17ce que nous vivons actuellement
36:18va servir de leçon
36:20dans les 5 ans à venir
36:21pour les grands tournants stratégiques
36:23que nous devons prendre
36:25en tant que français
36:26et en tant qu'européens
36:27Olivier le notait à l'instant
36:28il y a quand même
36:28l'histoire dans l'histoire
36:29c'est que c'est pas juste
36:30contrairement à l'épisode
36:31japonais que vous décriviez
36:32très bien
36:33Laurent
36:34sur l'automobile américaine
36:35des années 80
36:36qui a été attaqué
36:37c'est que là
36:37en plus il y a rupture
36:38technologique dans l'automobile
36:39on va dire la bascule
36:40sur l'électrique
36:41se pose du coup en creux
36:43la question de la R&D
36:44alors sur lequel
36:44là peut-être on a eu un manque
36:45d'humilité
36:46et je vais vous entendre
36:48notamment sur le CIR
36:49le crédit impôt recherche
36:50je peux réagir avant
36:51alors Christian
36:52réagissez avant
36:52allez-y
36:53je ne suis pas pour le plaisir
36:54de parler
36:57alors que mes petits copains
36:58ont déjà parlé
36:59c'est
37:00première chose
37:01qui me frappe
37:01moi je suis impressionné
37:03de la vitesse
37:04avec laquelle
37:04la Chine est passée
37:06d'une situation
37:07d'importation
37:07de technologies
37:08à une situation
37:10dans laquelle
37:10aujourd'hui la Chine
37:11est sur ce qu'on appelle
37:12la frontière technologique
37:14dans beaucoup de secteurs
37:15c'est-à-dire c'est elle
37:16qui mène le bal
37:18alors qu'il y a 10-15 ans
37:19elle suivait
37:20et je pense que
37:21dans cette affaire-là
37:23le R&D nous a fait preuve
37:25de dogmatisme
37:26je pense que l'Europe
37:27a fait preuve aussi
37:28de naïveté
37:29ce n'est pas le seul domaine
37:30dans lequel l'Europe
37:31a fait preuve de naïveté
37:32on a fait preuve de naïveté
37:33dans le domaine monétaire
37:34pendant longtemps
37:35aujourd'hui
37:36dans le domaine réglementaire
37:37sur pas mal de sujets
37:39et en matière industrielle
37:40deuxième remarque
37:42je voudrais quand même
37:43citer le rapport Draghi
37:44de septembre 2024
37:47parce que
37:49la réponse
37:50sur beaucoup de sujets
37:52la réponse
37:53elle doit être
37:53plutôt européenne
37:54que nationale
37:55pour bénéficier
37:56des effets de taille
37:59et là
38:00c'est un des sujets
38:01ce n'est pas le seul
38:02traité dans le rapport Draghi
38:04qui consiste à dire
38:05l'Europe est fragmentée
38:06malgré le marché unique
38:07on ne profite pas
38:08des effets de taille
38:09donc on ne profite pas
38:10de ce qu'on appelle
38:11les économies d'échelle
38:12qui permettent
38:13d'améliorer la compétitivité
38:16je pense que
38:18la question
38:19donc qui est posée
38:20aujourd'hui
38:20c'est
38:21dans un contexte
38:23où nous sommes
38:23un an et demi
38:24après la présentation
38:25de ce rapport Draghi
38:27pratiquement rien
38:28n'a été avancé
38:29le seul domaine
38:31sur lequel
38:31on parle
38:32on parle un peu
38:33c'est ce qu'on appelle
38:34l'union des marchés
38:35de capitaux
38:36ce qui s'appelle
38:36aujourd'hui
38:37c'est à dire
38:37l'union de départs
38:38et de l'investissement
38:39le fait que
38:40si on avait
38:40des marchés financiers
38:41plus solides
38:43plus intégrés
38:44ça profiterait
38:45aux entreprises
38:46y compris
38:47aux tissus
38:48j'allais dire
38:49des grosses PME
38:49qui pourraient
38:50dans ce cas là
38:51peut-être plus facilement
38:52aller en bourse
38:53et qui aujourd'hui
38:55souffrent peut-être
38:55de contraintes
38:57sur la distribution
38:59des crédits bancaires
39:00donc
39:01voilà
39:02l'Europe
39:03l'Europe
39:04elle est
39:05elle est naïve
39:07dans un monde
39:08qu'il n'est pas
39:09et
39:10je
39:11un dernier point
39:13pour
39:14provoquer
39:15la réaction
39:15des petits camarades
39:16autour de la table
39:17sur le CIR
39:18on vous suit Christian
39:19on vous suit bien
39:20le crédit impôt recherche
39:21ça coûte
39:22à peu près
39:238 milliards d'euros
39:24par an
39:25mais pour moi
39:26très clairement
39:27j'annonce sa couleur
39:28je pense que les avantages
39:29l'emportent sur les inconvénients
39:31et donc je trouverais ça
39:32il faut peut-être
39:33le peaufiner
39:34il y a des effets d'aubaine
39:35les PME se plaignent
39:37d'en profiter
39:38moins que les grosses
39:39par définition
39:39mais moi je trouve
39:41que ça a été
39:42je ne dis pas ça
39:43parce qu'Hervé Novelli
39:44a publié ce matin
39:45dans les échos
39:45un papier pré-défense
39:48qu'il avait contribué
39:49à créer
39:49ce n'est pas le sujet
39:50mais je trouve
39:52que parmi les niches fiscales
39:54il y en a beaucoup
39:54à supprimer
39:55ou à réduire
39:56les niches fiscales
39:57c'est pas loin
39:57de 100 milliards d'euros
39:58par an
39:59il y en a 400 et quelques
40:00il y en a beaucoup trop
40:01il y en a une
40:03à laquelle moi
40:04je ne toucherai pas
40:05sur le principe
40:05quitte à l'améliorer
40:07à la peaufiner
40:09c'est le crédit impôt recherche
40:12Olivier Laurent
40:13sur le crédit impôt recherche
40:15comme aujourd'hui
40:16il se pose la question
40:16on va dire
40:17pour résumer ce que dit Christian
40:18on va essayer de nettoyer
40:20les niches
40:21c'est une des niches
40:22qui coûtent le plus cher
40:23aujourd'hui
40:23de l'ordre de 7,7 milliards
40:25évidemment le crédit impôt recherche
40:26est un peu la tête
40:27qui dépasse sur la photo
40:29il y a une tendance
40:30très hexagonale
40:31c'est que dès qu'il y a
40:31quelque chose qui marche bien
40:32il faut qu'il y ait
40:33des esprits éclairés
40:34qui le tripatouillent
40:35alors que
40:36dans la mécanique
40:36que je connais bien
40:37généralement quand ça marche
40:38on n'y touche pas
40:40le crédit impôt recherche
40:41a été vilipendé
40:43on a dit
40:43oui mais ça profite
40:44essentiellement
40:45aux grosses entreprises
40:46pas aux PME etc
40:47mais je veux dire
40:48qu'on compare des pommes
40:49et des oranges
40:49dans le monde de la PME
40:50vous n'avez pas
40:51des équipes dédiées
40:52ou très peu
40:52à la recherche
40:54donc tout le monde
40:54fait de la recherche
40:55et du développement
40:56et très souvent
40:57les PME n'utilisent pas
40:58le crédit impôt recherche
41:00parce qu'elles ne savent pas
41:01comment
41:01parce qu'évidemment
41:02vous savez qu'en France
41:03on ne sait pas éteindre la lumière
41:04sans avoir un manuel
41:05des procédures
41:06qui fait 150 pages
41:07et puis 3 contrôles derrière
41:09et donc je pense
41:10qu'il faut plutôt expliquer
41:11les mérites
41:12et l'intérêt
41:13que présente
41:14le crédit impôt recherche
41:15aux PME
41:16plutôt que de dire
41:16ça ne marche pas bien
41:18on va le supprimer
41:19je pense que c'est un exemple
41:20mortifère
41:21dans un contexte
41:22où vous l'avez souligné
41:23on a du retard technologique
41:25dans plusieurs secteurs
41:26alors est-ce qu'il vaut
41:27plutôt encourager
41:28les gens
41:29à mettre de l'argent
41:30mettre des ressources
41:31pour développer
41:32et innover
41:33ou est-ce qu'il faut
41:34les encourager
41:35à partir ailleurs
41:36parce que vous avez aujourd'hui
41:37des sociétés
41:38il faut le savoir
41:39qui font de la recherche
41:40pendant 5 ans
41:4110 ans
41:41donc qui n'ont pas
41:421 euro de chiffre d'affaires
41:43pendant 10 ans
41:44elles vivent de quoi ?
41:44du crédit impôt recherche
41:46donc ces entreprises-là
41:47si demain on le sucre
41:48qu'est-ce qui va se passer ?
41:49il n'y a pas besoin
41:50de sortir de Polytechnique
41:51ces gens-là
41:52vont aller là
41:53où ils vont avoir
41:53des financements
41:54et là où on va les aider
41:55et là-dessus
41:56les américains
41:57et les chinois
41:58sont des champions du monde
41:59je vais citer de nouveau
42:01un exemple
42:01qui est récent
42:02où vous avez eu
42:02le plus beau salon mondial
42:04sur le nucléaire
42:05je rappelle quand même
42:07que pendant 25 ans
42:09ce n'était pas bien
42:09de faire du nucléaire
42:10maintenant il faut ouvrir
42:11des centrales
42:11on ne l'ouvre pas assez vite
42:12mais pendant 25 ans
42:14black out
42:15vous aviez deux stands
42:16c'était à Villepinte à Paris
42:18vous aviez deux stands gigantesques
42:19un stand américain
42:20et un stand chinois
42:21qui avaient deux fonctions
42:24un c'est de faire
42:25une vitrine technologique
42:26et deux
42:27de repérer
42:28toutes les sociétés
42:29qui exposaient
42:29et qui étaient intéressantes
42:30pour globalement
42:32les inciter
42:32à venir produire ailleurs
42:34et là on nous explique
42:36que le crédit impôt recherche
42:37ce n'est pas une bonne mesure
42:38et que finalement
42:39ça ne marche pas bien
42:40etc
42:40mais vous vous dites
42:42parfois
42:42il y a un vrai décalage
42:43entre ceux qui vivent
42:45l'économie
42:45et ceux qui la contemplent
42:46Olivier sur le crédit impôt recherche
42:48votre regard
42:48en tant que spécialiste
42:49de l'industrie
42:49je vais revenir
42:50juste un mot
42:51sur le mot de naïveté
42:52parce que
42:53j'ai bien entendu Christian
42:54naïveté ça voudrait dire
42:55qu'on ne savait pas
42:57et quand tu utilises
42:59le mot dogmatisme
43:00ça veut dire
43:00on sait mais on ne veut pas voir
43:02exactement
43:02et je crains
43:03et je crains
43:04que ce soit plus
43:05le mot de dogmatisme
43:06que le mot de naïveté
43:07parce que China 2025
43:08était public
43:09le rapport Draghi
43:11est connu depuis 18 mois
43:12et comme ça
43:12on peut en aligner
43:13des dizaines
43:14et des dizaines
43:15et donc hélas
43:16nous sommes sans doute
43:17plus dans un monde dogmatique
43:19que dans un monde naïf
43:20nous n'avons pas voulu voir
43:21ça demande de travailler
43:23l'humilité
43:23après sur le CIR
43:24le CIR je pense
43:25est caractéristique
43:27de la situation
43:28qu'on connaît
43:28aujourd'hui
43:29le CIR permet
43:30à avoir des ingénieurs
43:32de recherche dans les boîtes
43:33je ne parle pas de la part
43:34qui soient à peu près
43:35compétitifs avec le reste
43:36donc on a une surtaxation
43:38du travail
43:38et notamment des hauts salaires
43:40puisque nous n'avons pas
43:41les seuils limitants
43:43qu'on peut trouver
43:44en Allemagne
43:44d'accord
43:45donc des ingénieurs
43:46Bac plus 5
43:47PhD
43:47etc
43:48qui font la recherche
43:50dans les boîtes
43:50sont coûts très cher
43:51au total aux boîtes
43:52et donc on met derrière
43:53dans notre modèle habituel
43:56une compensation
43:57qui s'appelle le CIR
43:58afin de rendre
43:59les choses arrustées
44:00on met la rustine
44:01bon la rustine
44:02elle est énorme
44:02parce que l'enjeu
44:03est énorme
44:04je dirais
44:05il ne faut surtout pas
44:06enlever la rustine
44:07sinon le pneu crève
44:08c'est ce que tu disais
44:09on se retrouvera à plat
44:10ces ingénieurs
44:11iront ailleurs
44:13le patron de Safran
44:14expliquait très clairement
44:15ça chez lui
44:16et à un moment donné
44:17même des boîtes
44:18avec un ancrage
44:19des grands groupes
44:20avec un ancrage
44:20territorial français
44:21si on n'a pas
44:22cette compétitivité
44:24de l'ingénieur
44:24iront le chercher ailleurs
44:25c'est la règle économique
44:28de base
44:29c'est celle
44:29dans laquelle
44:30on a décidé de vivre
44:31donc il ne faut pas
44:32supprimer le CIR
44:33ou si on veut le supprimer
44:35travaillons beaucoup
44:36sur les charges sociales
44:38notamment sur les hauts salaires
44:39ce qui est un sujet
44:39encore plus large
44:41et puis il y a sans doute
44:43des améliorations à faire
44:44sur la simplification
44:46moi je rappelle
44:47qu'on a toujours
44:49cette image très forte
44:51de nos fleurons
44:52dont on est fier
44:53etc
44:53les PMI dans l'industrie
44:55font à peu près
44:5630% du chiffre d'affaires
44:5730% des salariés
44:58elles font quand même
44:5920% de la recherche privée
45:0120% de la recherche privée
45:03dans l'industrie
45:04est faite par les PMI
45:05ils ne touchent pas
45:0520% du CIR
45:06à cause je dirais
45:08de logistique
45:09de sujets de logistique
45:10voilà
45:10donc il y a sans doute
45:11des choses à réformer
45:12mais on n'enlève pas
45:14la rustine
45:14quand le pneu est crevé
45:15ou alors on change
45:16la roue complètement
45:17mais ça ce n'est pas
45:17à l'ordre du jour
45:18c'est ce qu'on a expliqué
45:19pour les 10 mois à venir
45:20je peux dire un mot
45:23je ne veux pas avoir
45:24le dernier mot
45:24par rapport à Olivier
45:25je voudrais juste préciser
45:26pourquoi j'ai parlé
45:27de naïveté
45:28pour moi être naïf
45:29c'est penser que les autres
45:31sont plus gentils
45:33qu'ils ne sont
45:34que penser que les autres
45:35vont respecter
45:36des règles du jeu
45:36que soi-même on respecte
45:38je travaille beaucoup
45:40sur la réglementation bancaire
45:41l'Europe
45:45ceinture et bretelles
45:46du côté
45:47de la réglementation bancaire
45:48pendant que les autres
45:48sont en train
45:49de déréglementer
45:50etc.
45:51est-ce que ce n'est pas
45:52une forme de naïveté
45:54ou
45:54je te bêtise
45:56vous pouvez changer les termes
45:57de penser
45:59que finalement
46:00ça sert à quelque chose
46:01d'être le meilleur élève
46:02de la classe
46:03dans certains cas
46:04il ne faut pas
46:05avec le meilleur élève
46:06de la classe
46:07parce que ça se retourne
46:09deuxième point
46:10je voudrais revenir
46:11sur le secteur
46:12de la défense
46:13parce que le débat
46:14sur la recherche
46:15est quand même
46:16assez lié
46:19à ce qui se passe
46:21du côté de la défense
46:22et à l'augmentation
46:22des dépenses
46:23de défense
46:23ce qui m'a frappé
46:25quand je regarde
46:26l'industrie de défense
46:27en France
46:28il y a les grandes
46:28qui font de la recherche
46:30parfois duale
46:32civile-militaire
46:32mais à mon avis
46:33pas assez duale
46:34les retombées civiles
46:35ne sont pas toujours
46:36au rendez-vous
46:37et puis
46:38dans la filière défense
46:39vous avez 4000 PME
46:41qui jouent un rôle
46:42relativement important
46:43et ça serait intéressant
46:44je n'ai pas les chiffres
46:45de savoir
46:46quand je ne sais pas
46:47je le dis
46:47de savoir
46:48ce que donne
46:50l'emploi du CIR
46:51du Crédit Impôt Recherche
46:53dans cette filière défense
46:54du côté des PME
46:56grosses
46:56moyennes petites
46:57mais quoi qu'il en soit
46:58et là je crois
46:58qu'on converge
46:59on converge
47:00c'est que
47:02Crédit Impôt Recherche
47:03pas de touche
47:05pas de touche
47:06on peut
47:06on peut l'améliorer
47:07peut-être
47:08le peaufiner
47:08mais pas le casser
47:09surtout pas le casser
47:10il y a 5 minutes
47:11je voudrais vous entendre
47:12il y a une ribambelle
47:14de résultats
47:15des géants de la tech
47:15américaine
47:16il y en a encore ce soir
47:17avec notamment Apple
47:19alors là
47:20changement d'échelle
47:20mais autre aussi
47:21rupture technologique
47:22même si ce n'est pas
47:23dans l'industrie
47:23on parle notamment
47:24de cloud et d'IA
47:25avec des résultats
47:26je ne vais pas tous
47:27les dénumer
47:27ils sont assez nombreux
47:28mais je vais juste
47:29en citer un
47:30c'est-à-dire Alphabet
47:31qui est la maison mère
47:32de Google
47:33au dernier trimestre
47:34les bénéfices nets
47:35c'est 62 milliards de dollars
47:37en hausse de 81%
47:40essentiellement alimenté
47:41par le tandem
47:41cloud
47:42IA
47:45là aussi
47:47pour faire le parallèle
47:48avec l'automobile
47:48on a l'impression
47:49que l'Europe
47:50ne joue pas
47:51dans la même cour
47:51un monde
47:53qui est en train
47:54aussi d'alimenter
47:54la croissance américaine
47:55par ailleurs
47:58alors je pense que là
47:59vous êtes un peu sévère
48:03et vous avez
48:04il y a eu
48:04encore une fois
48:05un magnifique salon
48:06industriel
48:06qui s'est tenu
48:08quelques kilomètres
48:09d'ici
48:09qui s'appelle
48:10Global Industrie
48:11et on voyait clairement
48:12si vous voulez
48:13l'adoption
48:13par beaucoup de secteurs
48:14de l'IA
48:15qui est à Villepintin
48:15quel grand salon
48:16on va dire
48:17du secteur industriel
48:18donc on présente
48:20souvent les industriels
48:21comme des ringards
48:22qui savent appellent
48:23lire et écrire
48:23et qui savent juste
48:24manipuler le marteau
48:25et le tournevis
48:26bah écoutez
48:26moi ce que j'ai vu
48:27avec Global Industrie
48:28on est à des années-lumière
48:29donc il y a
48:29si vous voulez
48:30une vitesse d'adoption
48:31de ces outils
48:31qui est absolument extraordinaire
48:33avec si vous voulez
48:33à la clé
48:34quand même
48:34et là on peut finir
48:35sur une note optimiste
48:36autant vous avez
48:37des métiers de service
48:38qui vont disparaître
48:39qui vont être rayés
48:40de la carte
48:41et ça malheureusement
48:42c'est pas dans 10 ans
48:43c'est maintenant
48:44autant dans l'industrie
48:45on va vraiment avoir
48:46si vous voulez
48:46l'industrie augmentée
48:47c'est-à-dire que
48:48dans des métiers
48:48mais la question c'est
48:49est-ce que tout ça
48:50c'est pas avec
48:51de la technologie américaine
48:52non mais
48:52j'y viens
48:53donc déjà
48:54mais déjà
48:54si vous voulez
48:55il faut que
48:55il faut pouvoir adopter
48:57après
48:57mais on reboucle
48:59avec tous les sujets
48:59qu'on vient d'évoquer
49:00c'est-à-dire que
49:01toutes ces sociétés
49:02elles ont aussi
49:03on l'a souvent oublié
49:04dans la Silicon Valley
49:05vous avez eu des programmes
49:06qui ont été financés
49:07par le gouvernement américain
49:08que ça soit par le biais
49:10de la défense
49:10ou des programmes civils
49:11donc là il y a des questions
49:12toutes les questions
49:13qu'on vient d'évoquer
49:14sur le CIR
49:15sur la manière dont
49:16l'état français
49:17ou l'Europe
49:18traite ses industriels
49:19ou ses centres de recherche
49:19là il faut
49:21tout de suite maintenant
49:21sinon oui
49:22on ne va pas
49:24parce qu'on l'est déjà
49:25on va poursuivre
49:26si vous voulez
49:26la colonisation numérique
49:28menée par les entreprises américaines
49:29là aussi
49:30décrochage européen
49:31Olivier ?
49:32oui on en a déjà parlé
49:33je pense que la première
49:34la première urgence
49:35qu'on a
49:36c'est
49:36on va avoir
49:37des milliards d'euros
49:38d'investissement
49:39dans les infrastructures
49:40moi je reviens
49:41non pas sur le soft
49:42mais sur le hard
49:43là même chose
49:44que ce que je disais
49:46un petit peu
49:46sur l'automobile
49:47c'est-à-dire
49:47il y a entre 60
49:48et 120 milliards d'euros
49:49d'investissement
49:50dans des data centers
49:51qui sont planifiés
49:52en France
49:53les chiffres
49:54qui ne sont pas
49:56publics du ministère
49:57et ceux qui sont publics
49:58de Trendéo
49:58c'est bon
50:00où est-ce qu'il est
50:01le plan français
50:02ou européen
50:03parce que là je pense
50:03que ça se joue
50:04à l'échelle européenne
50:04pour faire en sorte
50:05que dans 10 ans
50:06alors aujourd'hui
50:07il y aura
50:07quelques pourcents
50:08de made in Europe
50:09dans ces data centers
50:10mais que dans 10 ans
50:11il y ait 80 à 90%
50:13je pense qu'il faut
50:14reprendre étage par étage
50:16escalier par escalier
50:17marche après marche
50:18cette souveraineté
50:20qui nous a échappé
50:21le premier truc
50:22c'est
50:23essayons de faire en sorte
50:24de tenir
50:24les infrastructures
50:27d'être capables
50:27de les construire
50:28avec nos propres technos
50:30on peut toujours courir
50:31derrière ces grandes
50:33plateformes
50:34le jour où on sera capable
50:35de mettre l'argent
50:36qu'un seul
50:37de ces grands acteurs
50:38met sur la recherche
50:39au niveau même français
50:41sur la totalité
50:41enfin c'est des chiffres
50:42c'est vertigineux
50:44on va citer les chiffres
50:45c'est à dire que
50:45l'année dernière
50:46pour prendre Microsoft
50:47Alphabet, Meta et Amazon
50:48c'est 410 milliards
50:50de dollars d'investissement
50:52dans les IA
50:52et cette année
50:53les 4 PM
50:53vont après les projections
50:55c'est le Wall Street Journal
50:56qui a fait le calcul
50:57vont probablement investir
50:59de l'ordre de 670 milliards
51:01donc on parlait
51:01d'un crédit impôt recherche
51:02à 7 milliards
51:03de 7 milliards
51:04et justement
51:05Olivier vient de poser
51:06le problème du financement
51:08parce que
51:09le problème de l'Europe
51:11et aussi de la France
51:12bon
51:13c'est pas
51:14c'est à dire
51:14nous avons de l'épargne
51:15c'est pas un problème
51:16la question de savoir
51:18à quoi il sert
51:20nous avons
51:20les uns les autres
51:21y compris en France
51:22un problème de tuyauterie
51:23c'est à dire
51:24qu'il faut prendre des mesures
51:25pour faire en sorte
51:26qu'une partie
51:26plus importante
51:27de cette épargne
51:28aille pour financer
51:29ce qu'il faut financer
51:30alors le long terme
51:31la transition énergétique
51:33écologique
51:34la défense
51:35compte tenu
51:36de la situation géopolitique
51:38les infrastructures
51:39etc
51:39bon
51:40dans un contexte
51:41de finance publique
51:42on a tous rappelé
51:43au début de l'émission
51:44qui va pas être facile
51:45et qui va être
51:45de plus en plus compliqué
51:47si la croissance
51:49se dérobe
51:50bon
51:50et donc moi je pense
51:51que le sujet
51:53qui est posé
51:54c'est
51:55pour régler ce problème
51:56de tuyauterie
51:56il a tiré
51:57une partie plus importante
51:59de l'épargne des ménages
52:00vers ce qu'il faut financer
52:01il y a un premier débat
52:03sur est-ce qu'on a
52:04les bons produits financiers
52:05pour se faire
52:06je ne suis pas sûr
52:07et deuxièmement
52:08est-ce qu'on a
52:08la bonne politique
52:09fiscale de l'épargne
52:10je suis sûr qu'on ne l'a pas
52:12ok
52:12oui
52:13alors moi je vais aller
52:14je vais
52:16ce qui est dans les traces
52:17d'Olivier
52:17je pense qu'il y a
52:18vraiment une question
52:19d'attitude
52:20avec l'histoire
52:20des data centers
52:21et bien
52:22mais moi j'ai vécu
52:24industriel
52:24on adore
52:25mais loin de chez nous
52:27ok
52:27donc vous avez
52:28beaucoup de communes
52:29qui ont mis
52:30les industriels dehors
52:31nous-mêmes
52:31on a été mis dehors
52:32par Clichy-la-Garenne
52:33et Hervor a 80 ans
52:34déjà on nous a poussé dehors
52:35deux fois
52:37on avait fait la même chose
52:38avec les centrales nucléaires
52:39on a dit
52:39ah bah non
52:41et là maintenant
52:41on fait la même chose
52:42avec les data centers
52:43c'est-à-dire que maintenant
52:43on commence à entendre
52:44des bruits de communes
52:46qui ne veulent pas
52:47de data centers
52:47mais là voilà
52:48il y a un vrai choix
52:49de société à faire
52:50est-ce qu'on veut faire fonctionner
52:51du cloud américain
52:52ou est-ce qu'on veut avoir
52:53nos propres clouds ?
52:55Merci Laurent
52:56merci Christian
52:57merci Olivier
52:57pour ces débats
52:58qu'on va reprendre
52:59et qu'on va recroiser
53:00je crains dans les mois qui viennent
53:01vous pouvez retrouver
53:02cette émission
53:02sous toutes les plateformes
53:03BFM et RMC
53:05en replay
53:06tout de suite
53:07c'est tout pour investir
53:08le best-of
53:09et puis lundi
53:09vous avez le plaisir
53:10de retrouver
53:10Raphaël Legendre
53:11bon week-end du 1er mai
53:13à toutes et à tous
53:14salut
53:17les experts
53:19débats et controverses
53:20sur BFM Business
53:21pour dire
53:22la journée
53:23pour quitter
53:23qui
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