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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des Arts et Métiers, était l'invité du Face-à-Face de ce jeudi 30 avril sur BFMTV et RMC.
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00:00Il est quasiment 8h29 sur RMC et BFM TV. Bonjour Alain Bauer.
00:04Bonjour.
00:05Et merci d'avoir accepté notre invitation. Professeur émérite de criminologie, fondateur du pôle sécurité, défense et renseignement,
00:11auteur de nombreux ouvrages dont l'un des derniers, Trump, le pouvoir des mots.
00:15Je le montre à ceux qui nous regardent. On en a besoin de vous ce matin pour comprendre ce qu
00:20'il se passe dans la tête du président américain.
00:22Trump, je le disais, qui menace d'un blocus long dans le détroit d'Hormuz.
00:26Conséquence ce matin, les prix du baril du pétrole qui s'envolent comme jamais.
00:31Aux auditeurs, aux téléspectateurs qui nous écoutent ce matin, je sais que vous ne lisez pas dans une boule de
00:36cristal,
00:37mais votre sentiment, cette crise, cette envolée, va-t-elle, peut-elle durer encore très longtemps ?
00:43Alors d'abord, je crois qu'il faut dire la vérité aux gens et cesser de penser que ne pas
00:47leur dire éviterait de les inquiéter.
00:50Ils sont lucides, ils voient très bien ce qu'ils payent, comment ça se passe. Ils regardent les journaux, ils
00:55vous regardent, ils vous écoutent.
00:57Ils sont sur les réseaux sociaux, ils sont très au courant, très informés, parfois manipulés.
01:01Mais la base de ce qu'ils apprennent au quotidien les indique à être lucides, donc à considérer que cette
01:07crise est là,
01:08qu'elle va amener probablement des éléments de pénurie, mais que paradoxalement, ceux qui savent gérer ce genre de choses,
01:14Patrick Pouyanné notamment, il y avait Michel-Édouard Leclerc il y a quelques minutes sur BFM Business, je crois,
01:20sont parfaitement préparés à anticiper en partie, réduire l'ampleur des chocs, et puis il y a toujours des alternatives.
01:30Vous parlez de Patrick Pouyanné à dessein, parce qu'il y a quelques jours, on le rappelle,
01:34il a dit qu'effectivement, si la situation devait perdurer, deux, trois mois, on entrerait dans une ère de pénurie
01:42énergétique.
01:42Oui, c'était honnête et lucide, préventif.
01:45Tensé par le gouvernement, mais néanmoins lucide, là aussi, de votre point de vue.
01:49Je pense qu'il serait utile que la communication gouvernementale essaye d'éviter de nous refaire le nuage de Tchernobyl
01:54qui s'est arrêté à la frontière, ou le masque du Covid qui ne sert à rien, ou que ce
01:58n'était qu'une petite grippette.
01:59Voilà, à un moment, il va falloir révolutionner la communication politique pour entrer dans le principe de réalité,
02:05c'est-à-dire dire la vérité, et ensuite expliquer comment on la gère.
02:08Ça passe beaucoup mieux que de mentir, éluder, enfumer.
02:13On va venir sur la communication politique de Donald Trump précisément,
02:17ses déclarations donc sur la situation au Proche et au Moyen-Orient.
02:21D'abord, cette information de la nuit, un coup de fil entre le président américain et Vladimir Poutine, le maître
02:29du Kremlin.
02:29Ce n'était pas arrivé depuis deux mois, en tout cas à la connaissance du public.
02:33Selon le Kremlin, ça a été franc, très cordial.
02:36Poutine, qui a mis en garde Trump, contre les conséquences dommageables, je cite le Kremlin,
02:41qu'aurait une nouvelle action militaire contre l'Iran.
02:44Ça va être le nouveau médiateur, Vladimir Poutine ?
02:46D'abord, il n'est pas nouveau, il l'est depuis le début.
02:49Je rappelle que ce sont les Russes qui gèrent la seule centrale nucléaire en activité,
02:53qui était en activité iranienne à Boucher.
02:55Il y avait plus de 300 ingénieurs russes durant cette période.
02:58C'était l'un des hommes de l'accord précédent JCPOE, ou accord de Vienne,
03:03qui prévoyait le transfert éventuel d'une partie de l'uranium iranien à un tiers,
03:09qui pourrait soit le gérer, soit le diluer, ce qui est très compliqué techniquement.
03:15C'est possible, mais c'est complexe.
03:16Donc, il a toujours été fait partie de l'équation.
03:19Il a toujours été présent dans cette affaire.
03:22Et donc, il n'y a rien de véritablement nouveau.
03:23Rien de nouveau, mais à ce moment précis.
03:25Il a fait la même chose au mois de mars.
03:28Si vous regardez le communiqué du Kremlin du mois de mars,
03:31c'est le même que le communiqué du mois d'avril.
03:34À quelques mots près, tout s'est bien passé, on s'est bien parlé,
03:38on s'est tombé d'accord pour dire que ce n'était pas bien de continuer la guerre,
03:41que ce serait bien de trouver une solution, et nous sommes disponibles.
03:43Il n'y a pas de nouveauté.
03:44Et en décembre, on avait eu la version précédente, mais cette fois sur l'Ukraine.
03:49Donc, il n'y a pas de nouveauté.
03:51La Russie existe, elle n'a pas disparu par l'opération du Saint-Esprit.
03:55Elle est là, elle essaye de se retrouver à un espace politique.
03:59Donald Trump l'a d'ailleurs invité dans les prochains sommets internationaux.
04:04Absolument.
04:05Donc, non, non, Donald Trump a décidé, pour des raisons qu'on comprendra peut-être un jour,
04:10au-delà de la relation personnelle des hommes forts, les bros, les brothers,
04:15comme il aime le dire.
04:16Frères, en bon français, les hommes forts.
04:19Mais au-delà de ça, il a toujours essayé de déconnecter la Russie de la Chine,
04:23en disant, la Chine est votre principal ennemi.
04:25Staline l'avait déjà dit.
04:26Je vais essayer de vous décrocher de la Chine, parce que moi, mon principal ennemi,
04:29c'est la Chine, et je fais tout ce que je peux pour contingenter la Chine.
04:34Ce qui veut dire que, si Vladimir pouvait revenir dans le bon camp,
04:38on pourrait trouver sans doute un bon accord.
04:40pas pour les Ukrainiens, sans doute, pas plus que pour le peuple iranien,
04:43mais un bon accord, du point de vue de Donald Trump,
04:46dont les seuls intérêts sont les intérêts américains, et par ailleurs les siens.
04:50Mais, Alain Bauer, néanmoins, vous dites, rien de nouveau sous le soleil,
04:53mais un Vladimir Poutine qui appelle, finalement, à retenir la main de Trump,
04:58de frapper à nouveau l'Iran.
04:59C'est la traduction, encore une fois, pour les téléspectateurs qui nous regardent.
05:02Un véritable lien, encore une fois, s'il fallait le prouver,
05:07entre l'Iran et la Russie, aussi.
05:08Bien sûr, l'Iran a fourni à la Russie, pardon,
05:11la Russie a fourni à l'Iran un certain nombre d'équipements,
05:14mais ceux qui fournissent le plus d'équipements sont les Chinois et les Coréens du Nord.
05:17La Russie s'est limitée à quelques équipements.
05:19Les Chinois ont fourni du perchlorate de sodium
05:22qui permet de fabriquer du proper gold,
05:24qui est l'élément, le carburant des missiles.
05:29La Chine a fourni à l'Iran des éléments anti-aériens,
05:33des radars anti-missiles et des équipements anti-missiles
05:36qui n'ont pas été très performants, mais quand même.
05:39Donc, il y a d'autres opérateurs particulièrement présents.
05:43La quasi-totalité des missiles iraniens d'ancienne génération
05:45sont des missiles coréens du Nord, eux-mêmes issus de missiles chinois.
05:48Il ne faut pas se leurrer sur la réalité de la confrontation globale
05:52qui exige.
05:53Je rappelle d'ailleurs, très régulièrement,
05:55que pendant qu'on regarde tout ça,
05:56on ne voit pas que les Américains ont récupéré le canal de Panama
05:58au nez à la barbe des Chinois,
06:00qu'ils viennent de passer un accord militaire
06:01pour contrôler le détroit de Malacca.
06:03Là, c'est 80% des exportations chinoises.
06:05Là, ce n'est pas ce qui rentre, mais c'est ce qui sort.
06:07Qu'il y a une reconfiguration mondiale
06:10avec une nouvelle géostratégie hémisphérique.
06:12Il y a la Chine qui essaye de contrôler son espace.
06:14Les Américains qui récupèrent le leur.
06:16Donc, ça fait partie d'un grand plan, en fait, finalement.
06:18Quand on regarde de manière microscopique
06:20ce que fait Donald Trump,
06:21ça paraît comme totalement incohérent.
06:23Quand on le regarde avec un télescope,
06:25tout d'un coup, l'alignement des planètes
06:26commence à avoir du sens.
06:27Et c'est tout le problème qu'on a avec Donald Trump.
06:29C'est qu'à force de provocations,
06:31de divagations et de digressions,
06:33on a l'impression qu'on ne comprend rien
06:34à ce qu'il fait et que tout ça n'a aucun sens.
06:36Et puis, dès qu'on regarde ce qu'il fait sans le dire,
06:39dont ce coup de fil,
06:40dont il fait communication.
06:42Enfin, c'est le Kremlin qui dit voilà,
06:43comment ça s'est passé.
06:44Et Donald Trump pas embrayé.
06:45Et Donald Trump confirme tout ça.
06:47En disant que non, il a dit à Vladimir Poutine,
06:51bon, écoute, pas maintenant,
06:53aucune de toi plutôt de l'Ukraine.
06:54Et par ailleurs, pendant ce temps-là,
06:56il prévoit des frappes limitées.
06:58Il a demandé à son état-major.
06:59On va y revenir, en effet.
07:00Des frappes très limitées sur des cibles très limitées
07:02pour augmenter la pression.
07:03En fait, je disais que Donald Trump,
07:06c'est un peu Dr. House,
07:07comme dans la série télé,
07:08où vous savez, le médecin qui vous tue douze fois
07:09tout en essayant de vous sauver.
07:11Il essaye un peu tout jusqu'à ce qu'il trouve
07:13la martingale qui lui permet,
07:14parce que c'est un joueur de poker,
07:16d'avoir un jeton de plus
07:17à la fin de la partie qu'au début.
07:19Et là, la martingale du soi-disant blocus,
07:21un barrage filtrant, pour être plus honnête,
07:23est un élément qui lui convient,
07:25parce que pour la première fois,
07:26contrairement à ce que tout le monde raconte,
07:28les négociations reprennent.
07:29Elles n'ont jamais cessé.
07:30De votre point de vue,
07:32considérez qu'il souffle le chaud et le froid,
07:34c'est-à-dire, on le disait,
07:36cette prolongation, sans doute dans le temps très long,
07:39du blocus dans le détroit d'Hormuz.
07:41Ça, c'est un point, et il a déjà alerté.
07:43Et les conséquences, on les connaît.
07:45Mais en même temps, vous en parliez,
07:47il doit se faire briefer par son état-major
07:49sur, en effet, la possibilité de prochaines frappes,
07:52sans doute ciblées, en Iran.
07:55Comment comprendre, finalement,
07:57ce, en même temps, très Trumpien de la séquence ?
08:00Est-ce que vous pensez, d'ailleurs,
08:02que ces frappes pourraient avoir lieu
08:03dans les prochaines heures ?
08:04Alors, prochaines heures, je ne crois pas.
08:06Prochain jour, peut-être.
08:07En fait, le sujet, il est l'analyse
08:09que font les Israéliens de la situation de l'Iran.
08:12Parce que tout se fait avec les Israéliens.
08:13Oui, et notamment le renseignement.
08:15Avec le renseignement israélien.
08:17Et le renseignement israélien dit, en fait,
08:18nous avons peut-être été un peu optimistes
08:20sur la rapidité d'effondrement,
08:22parce que les Américains veulent le désarmement,
08:24les Israéliens veulent l'effondrement du régime.
08:26Mais en fait, c'est une poutre que nous termitons.
08:29Extérieurement, la poutre apparaît comme extrêmement solide,
08:31mais ça n'est pas vrai.
08:32Elle est en train de s'effondrer.
08:34Par les frappes au-dessus, le sommet,
08:36et par les frappes en dessous, que vous ne voyez pas,
08:38mais que nous réalisons de manière assez régulière.
08:40Et ce truc va s'effondrer.
08:42La question, c'est qu'il s'effondre beaucoup plus lentement
08:44qu'on ne le pensait,
08:45parce que les gardiens de la révolution, il y a 20 ans,
08:47ont anticipé cette guerre.
08:49Préparé.
08:50Imaginez.
08:50Il n'y a pas un État iranien, mais 31 États iraniens.
08:5327 centres de production de missiles,
08:55de drones, des dizaines ou des centaines de centres de stockage
08:58de vedettes moustiques et autres équipements.
09:01Parfaitement efficaces.
09:02Parfaitement efficaces.
09:03Ça, ça a pu surprendre aussi les États-majors américains.
09:07Ils le savaient, mais ils l'ont sous-estimé.
09:09Mais quand vous lisez et vous analysez ce que vous faites,
09:12le Donald Trump dans le texte,
09:14quand il dit qu'ils sont étranglés, en parlant des Iraniens,
09:17comme un cochon farci.
09:19Là, encore une fois, on est dans la communication politique pure et dure.
09:22Il s'adresse à son opinion publique.
09:24Mais la réalité...
09:26Au maga de son opinion publique.
09:27Parce qu'il y a des tranches.
09:28Ce qui explique la diversité d'expressions du Trump.
09:31Parce que vous avez le Trump provocateur,
09:34il parle au maga.
09:35Vous avez le Trump entre deux,
09:37il parle aux républicains, pas tous magas.
09:39Puis vous avez l'autre Trump,
09:40celui qu'on découvre après la tentative d'assassinat
09:43ou d'attentat au dîner des correspondants,
09:46posé, mesuré, zen.
09:48Et tout le monde s'est dit, mais qui c'est celui-là ?
09:50Zen, et juste parenthèse,
09:52qui a possiblement échappé aussi à une tentative d'assassinat.
09:55Mais zen.
09:56Comme si, depuis samedi dernier,
09:59ça n'existe plus.
10:00Parce qu'il est l'élu.
10:00Il est l'élu.
10:01Parce qu'il a survécu à Butler,
10:03le premier tentative d'assassinat.
10:05Vous savez, l'oreille, fight, fight, fight.
10:06En plein meeting.
10:07Et donc, il est dans une autre dimension.
10:08Et ce qu'on ne comprend pas,
10:09c'est qu'on a plusieurs Trumps dans le Trump.
10:11Ce que j'écris dans mon livre,
10:12c'est justement ça, la diversité des Trumps.
10:14Qu'il ne faut pas s'arrêter à la vision provocatrice
10:17qui crée chez nous de la sidération.
10:19Et donc, on s'arrête de penser tellement on est choqué
10:21par cet hurlu berlu agressif et grossier.
10:24Et on ne se rend pas compte qu'il y a l'autre,
10:26celui qui voit vos collègues de The Atlantic
10:28qui en fait du coup 33 pages
10:30éberluées par la gentillesse de Trump
10:32qui lui fait des petits gâteaux,
10:34du thé glacé et qui lui téléphone
10:35à 6h du matin pour faire visiter
10:38la Maison Blanche
10:39ou vos collègues du New York Times,
10:404, qui viennent l'interviewer
10:42alors qu'ils insultent le New York Times
10:43à peu près matin, midi et soir.
10:45Et encore, j'ai dû en oublier.
10:47Et pas que le New York Times d'ailleurs.
10:49Mais ça, ça tombe.
10:50Tout le monde y passe, oui.
10:51Et qui sont là et avec un accueil charmant
10:53et aimables et qui se disent
10:54mais qui est cet individu ?
10:56Où est le vrai Donald Trump ?
10:58Il y a plusieurs Donald Trump.
10:59Il s'oriente en fonction.
11:01Il a tout appris de la télé-réalité.
11:03Il en a fait de la télé-réalité politique.
11:05Il en fait de la télé-réalité militaire.
11:07Mais est-ce que vous pensez qu'il fait...
11:08Mais tout est scripté.
11:09Tout est scripté.
11:10Est-ce que vous pensez qu'il fait aujourd'hui
11:11le pari du fait qu'un blocus prolongé,
11:14quoi qu'il en coûte,
11:15même sur son opinion,
11:17parce que dans son pays,
11:18on va y revenir aussi,
11:19c'est un tour.
11:20Le galon est plus cher.
11:20Le galon est plus cher.
11:23Mais est-ce qu'il fait ce pari-là,
11:25quitte à ce que ça coûte,
11:27que finalement,
11:28le pari risqué là aussi,
11:29de nouvelles frappes risquées,
11:31incerteuses, incerteuses ?
11:32Mais parce que ses délais ne sont pas les nôtres.
11:33Lui, il a un délai qui aurait dû être le 30 avril,
11:36mais il a mis 4 jours à signaler
11:38qu'il était plus ou moins en guerre.
11:40Là, il a en cessé le feu.
11:41Donc, il pourrait même dire
11:41qu'il n'est plus en guerre.
11:42Mais il doit aller au congrès le 2 mai,
11:46donc dans 3 jours.
11:47Absolument.
11:48Samedi prochain.
11:49Voilà, samedi prochain pour dire
11:50bon, on est plus ou moins en guerre.
11:51Ou alors, il va argumenter
11:52qu'il n'est pas en guerre.
11:53Le congrès va avoir 30 jours
11:54pour trouver un moyen
11:55de ne pas discuter de la question
11:57avec un blocage des Républicains,
11:59même s'il y a des divisions
12:00sur la question de la guerre
12:01avec les Républicains.
12:02Parce que les élus lui demandent des comptes, là, aussi.
12:04Oui, certains.
12:04Certains.
12:05Un petit nombre.
12:06Le 14 mai,
12:07il va voir le président Xi Jinping.
12:08Ça a déjà été reporté une fois,
12:09ça va être difficile
12:10de le reporter une deuxième fois.
12:11Il fait monter la pression
12:12un peu partout,
12:13à Panama,
12:14à Malacca
12:14et un peu partout,
12:15en disant
12:16j'ai les moyens,
12:17tu as les terres rares,
12:18mais moi j'ai le reste.
12:19Donc attention,
12:20parce que je contrôle...
12:21Il y a 8 détroits
12:23et 2 canals,
12:24je ne dis pas canaux
12:24parce que Suez et Panama,
12:26ce n'est pas Venise.
12:28Et donc j'en contrôle
12:29la quasi-totalité.
12:30Donc il va falloir
12:30qu'on se mette d'accord
12:31parce que moi j'ai compris
12:31le rapport de force.
12:33Et donc mon rapport de force
12:34et ton rapport de force
12:34sur les terres rares,
12:35il va falloir qu'on s'équilibre.
12:36Et puis il a un troisième problème
12:37qui est le 250e anniversaire
12:39de la création des États-Unis
12:41où il a impérativement besoin
12:43d'annoncer une victoire
12:44qui n'est pas seulement
12:45l'annonce de la victoire
12:46par Donald Trump
12:46car de toute façon
12:49règle de Donald Trump...
12:50Quoi qu'il se passe,
12:51il l'a déjà annoncé
12:52cette victoire d'ailleurs.
12:53Mais il va le ré-ré-annoncer.
12:53Devant le roi Charles par exemple,
12:55en visite, tout le temps.
12:56Mais là il va falloir
12:57l'argumenter un peu plus.
12:58Il va falloir une victoire
13:00sur un plateau quelque part
13:01pour justifier l'arc de triomphe
13:03et le nouveau passeport
13:04à sa gloire.
13:05Et là il va avoir besoin
13:06de quelque chose.
13:06Donc il a des dates
13:07qui ne sont pas limite-terme.
13:08Limite-terme c'est dans
13:09très très très longtemps.
13:09Les élections demi-mandat.
13:10Mais Alain Bauer,
13:11vous avez l'air de minimiser
13:12le fait que en effet
13:14certains élus démocrates
13:16son opposition,
13:17mais pas qu'eux aussi.
13:18Son propre camp
13:18lui demande un peu des comptes.
13:20Je le disais,
13:21il y a ces auditions
13:22devant le Congrès,
13:23Pitexet hier par exemple,
13:26et des chiffres
13:27qui donnent un peu
13:28le tournis quand même.
13:29L'audition qui portait
13:30officiellement sur la demande
13:31de cet exécutif américain
13:32d'augmenter de 42%
13:34le budget américain
13:35de la Défense.
13:35Déjà faramineux,
13:37le prochain absolument,
13:38le porter à 1500 milliards de dollars.
13:41Ce sont ça ces chiffres
13:42qui sont mentionnés.
13:43Est-ce que ça,
13:43l'opinion américaine
13:44dit ok,
13:45peut suivre le président ?
13:47Sans aucun problème.
13:48Sans aucun problème selon vous ?
13:49Le prix de la guerre
13:50aux Etats-Unis
13:50n'est pas un sujet.
13:51La manière dont l'argent
13:52est dépensé en est un.
13:53Mais ce n'est pas la même chose.
13:55Donc non,
13:55il ne faut pas surestimer
13:57la qualité de l'opposition démocrate
13:59qui a montré son incapacité
14:00à faire quoi que ce soit
14:01pour empêcher Donald Trump
14:02de sa réélection.
14:03Quand même,
14:04un sujet en tant que tel
14:05pour les cours de sciences politiques.
14:06Ça va rester dans les livres
14:08de comment un retour pareil
14:10a été possible
14:12jusqu'à aujourd'hui.
14:13Non,
14:13la vraie question
14:14sur Donald Trump,
14:15c'est l'écart entre
14:16je ne ferai plus jamais de guerre
14:17et cette guerre.
14:18Mais ce n'est pas sur le prix
14:19qu'il faut,
14:20l'argent ou le budget
14:21qu'il faut donner au Pentagone.
14:22Il n'y a pas de débat.
14:23Parce que c'est un pays
14:25qui a toujours vanté,
14:26et on le sait,
14:27ces vétérans,
14:28à quel point on les vénère,
14:30c'est une culture.
14:31Moi, pendant la guerre du Vietnam,
14:32comme vous le savez,
14:33c'était une grande crise culturelle
14:34et quasiment psychiatrique
14:36aux Etats-Unis,
14:37l'absence de gestion des vétérans.
14:39Là, on est plus
14:40dans le profil du guerrier,
14:41le retour du guerrier.
14:42D'ailleurs,
14:42c'est toute l'architecture
14:44de la pensée
14:45maga-trumpienne,
14:46c'est
14:47« make America great again »,
14:48ça veut dire
14:49un empire.
14:50C'est le retour de l'empire.
14:51Il est hémisphérique.
14:52Il y a d'un côté eux,
14:54de l'autre côté les Chinois,
14:55et nous au milieu,
14:55c'est la zone de prédation.
14:56Mais comme ici
14:57et comme dans notre pays,
14:58des sondages,
14:58des enquêtes d'opinion sont faites,
15:0068% des Américains désapprouvent,
15:02dont 52% très fortement,
15:04la gestion de l'inflation
15:05et du coût de la vie par Trump.
15:07Ça aussi,
15:07c'est une réalité politique pour lui.
15:09C'est le prix du gallon.
15:10C'est le prix du gallon
15:11avec lequel il doit aussi
15:12gérer et rendre des comptes.
15:14Mais il considère que justement
15:15pour en sortir,
15:16il faut remettre une pièce
15:18dans la machine
15:18et pas faire retraite
15:20puisqu'il ne fait jamais retraite.
15:21Donc il faut qu'il trouve
15:22une voie parallèle de sortie.
15:24La voie parallèle,
15:25c'est soit j'ai gagné
15:26parce que les Iraniens
15:28seront bien obligés
15:28de me donner quelque chose
15:29et pour cela,
15:30j'ai besoin du blocus,
15:31en tout cas de barrage filtrant
15:32qui n'est pas un vrai blocus,
15:34parce que j'ai besoin d'un accord
15:35pour que les Chinois
15:36fassent pression sur les Iraniens,
15:37parce que je gère avec les Russes
15:39pour qu'ils fassent pression
15:39sur les Iraniens
15:40pour revenir grosso modo
15:41à l'accord de Vienne
15:42en moins bien probablement.
15:44Mais en tout cas,
15:44je pourrais dire que j'ai gagné
15:45parce qu'ensuite,
15:47j'ai aussi besoin
15:48de faire des frappes ciblées
15:49si vraiment les Iraniens
15:50n'ont pas tout compris
15:51parce qu'il y a eu
15:52un coup d'État en Iran,
15:53ça n'est plus une mollarchie,
15:54les mollarchies ne sont plus au pouvoir.
15:56C'est un petit cercle
15:58qui s'appelle le cercle Habib
15:59qui sont des anciens combattants
16:01de la guerre Iran-Irak
16:02qui contrôlent et trustent
16:03l'intégralité des postes exécutifs
16:06du pouvoir iranien.
16:07Des frappes ciblées Alain Brouwer
16:08parce qu'il y a cette question
16:09de l'Iranium enrichi
16:10qui selon,
16:12alors parole contre parole,
16:14mais vraisemblablement
16:15le stock d'uranium
16:15n'a pas été du tout touché
16:17par ces frappes américano-israéliennes
16:19qu'il est toujours en État
16:20sans doute
16:21et que pour le coup
16:22c'est une partie
16:23de l'échec aussi américain
16:25à cette heure.
16:25Alors d'abord,
16:26il n'y en a pas 440 keu,
16:27il y en a 10 tonnes.
16:2810 tonnes d'Iranium.
16:30De 2% à
16:31soi-disant 60%
16:33voire plus.
16:34Donc premièrement,
16:35il y a un sujet
16:35plus large qu'on imagine.
16:37Il y a ce qui est toléré,
16:38moins de 10%
16:39qui peut aller
16:41pour des raisons médicales,
16:42de recherche, etc.
16:43Et puis il y a le reste.
16:45Le reste,
16:45c'est l'écart
16:46entre ce qu'on sait
16:46et ce qu'on ne sait pas.
16:47Même la IEA
16:48a un peu de mal,
16:49l'Agence internationale
16:49de l'énergie,
16:50à savoir exactement
16:50où on en est
16:51puisqu'elle n'y est plus
16:52depuis déjà plusieurs années.
16:54Et deuxièmement,
16:55on ne sait pas
16:55où est cet uranium.
16:56On pense que peut-être
16:57une partie serait
16:58taïspa.
16:59Peut-être.
17:00On découvre,
17:00on connaissait 4 sites,
17:033 ont été bombardés.
17:04La montagne de la Pioche
17:05ne l'a jamais été
17:06parce que c'est un bombardable,
17:07c'est un vrai sujet
17:09tellement la roche granitique
17:11empêche tout effet réel d'eux.
17:13Et puis on a découvert
17:13un cinquième site inattendu,
17:15Minjidai,
17:16au nord-est de Téhéran
17:16où il y avait à la fois
17:17des centrifugeuses
17:18et de quoi commencer
17:19à réfléchir,
17:20à fabriquer une ogive nucléaire.
17:21C'est-à-dire qu'on n'est plus
17:22au seuil,
17:23comme cela a été pensé avant.
17:24On est dans la préparation
17:26éventuelle de construction.
17:27Et ça,
17:27le renseignement américain
17:28et israélien,
17:29l'ont senti...
17:29C'est pour ça
17:30qu'ils ont bombardé
17:31Minjidai,
17:31pour dire on sait où c'est,
17:33on sait ce que vous avez fait.
17:34Et donc il y a
17:34poker menteur
17:35avec Donald Trump,
17:35échec menteur
17:36avec les Iraniens.
17:37Tout le monde ment.
17:39Mais le renseignement
17:40fait à peu près
17:40bien son travail.
17:41Après ce sont des décisions
17:42stratégiques ou tactiques.
17:43Une guerre,
17:44c'est une stratégie.
17:45On sait où on va à la fin
17:46et c'est des changements tactiques
17:47toutes les trois minutes.
17:48Parce que c'est comme ça la guerre.
17:49D'autant plus avec Donald Trump.
17:50Un dernier mot Alain Bauer.
17:52On arrive vraiment
17:52dans les dernières secondes.
17:54Exercice Orion 26.
17:55Le président français
17:56est attendu aujourd'hui
17:57pour la préparation des armées
17:59face à un conflit
18:00de haute intensité.
18:00Quand on dit que
18:01ce n'est pas notre guerre,
18:03il n'y a pas un message
18:04un peu contradictoire
18:05ou c'est complémentaire
18:05de votre point de vue ?
18:06Ce n'est pas encore notre guerre
18:07et par ailleurs
18:08le vrai problème
18:08n'est plus la haute intensité
18:09mais la longue intensité,
18:11la dronisation,
18:12la miniaturisation
18:12là où on a des start-up
18:13absolument performantes
18:14et une incapacité
18:15à rattraper notre retard
18:18stratégique malheureusement.
18:18Mais tout le monde
18:19fait des efforts.
18:20On va peut-être y arriver un jour.
18:21En tout cas,
18:22l'armée de terre l'a fait.
18:23L'armée de l'air
18:24commence à le refaire.
18:26On est vraiment
18:27dans un travail considérable
18:28mais avec un retard
18:29tout aussi considérable.
18:30Les dividendes de la fait
18:31c'est bien mais si tu veux
18:32la paix, prépare la guerre.
18:33Alain Bauer,
18:34merci beaucoup
18:34d'avoir été notre invité.
18:36Je rappelle votre livre
18:36Trump, le pouvoir des mots.
18:38Merci beaucoup.
18:39Il est 8h47
18:40sur RMC et BFM TV.
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