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  • il y a 4 mois
Ce jeudi 30 avril, Loïc Tonnelier, gérant de fonds actions chez Arkéa AM, s'est penché sur les raisons de la chute de Stellantis après ses résultats, la sanction des banques françaises en Bourse, et la publication de Technip Energies, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Et pour parler des valeurs du jour, Loïc Tonnelier d'Arkea AM.
00:10Bonjour Loïc.
00:11Bonjour Antoine, bonjour à tous.
00:13Bonjour, alors on va peut-être commencer par Stellantis,
00:16c'est quand même la plus forte baisse du CAC 40, à moins 6,17%, 6,23 euros.
00:21Alors c'est vrai qu'on est dans une phase de marché extrêmement prudente, extrêmement attentiste.
00:27Stellantis a connu quand même un beau rebond ces dernières semaines,
00:31enfin une performance boursière quand même honorable,
00:33on revenait de plus bas historique de toute manière.
00:36Là on a la publication de résultats, qui était plutôt bon, plutôt surprenant.
00:41Malgré tout le titre étant très forte baisse, à moins 6,17%, à 6,23 euros.
00:46Comment il faut lire, comment on peut décrypter ces résultats de Stellantis ?
00:50Alors la sanction elle est totalement justifiée.
00:52Sur le papier, les chiffres ont l'air bons.
00:56Le résultat opérationnel, il ressort à 960 millions d'euros.
01:00C'est 40% dessus des attentes du consensus.
01:03Mais quand on soulève le capot, c'est l'inverse qui se passe.
01:07L'Amérique du Nord, qui était le moteur historique du groupe,
01:11affiche une marge de seulement 1,6%
01:14et retraité d'un remboursement exceptionnel qui était lié à tout ce qui est droit de douane.
01:19La région est même déficitaire, avec une marge qui sera affichée à moins 0,8%.
01:24Donc c'est la grande déception du trimestre sur Stellantis.
01:29Et si on regarde le dépassement comptable, son dépassement est lié à l'Amérique du Sud.
01:33Il y a des attices comptables, pas au redressement opérationnel attendu.
01:37Le deuxième signal d'alarme, c'est la trésorerie.
01:40Le cash brûle plus vite que prévu, avec un management qui reconnaît
01:44que la trésorerie ne reviendra pas positive avant 2027.
01:48Donc pour nous, chez Arkea Asset Management, on reste à l'écart du titre pour l'instant.
01:53Le recul est mérité.
01:55La hausse des volumes cache en fait une destruction de valeur.
01:59Des rabais sur les véhicules, des usines qui tournent à 60% d'utilisation.
02:04Il y a un cash qui fond.
02:06Le catalyseur à suivre, c'est peut-être le 21 mai prochain, la journée investisseur,
02:10avec le nouveau patron qui est Antonio Filosa.
02:12S'il dévoile un point crédible, on se repositionnera.
02:17Mais d'ici là, c'est plutôt un piège de valorisation pour nous.
02:20Oui, carrément un piège de valorisation.
02:22C'est vrai qu'on aurait pu s'attendre à mieux, notamment du côté américain,
02:26parce qu'on l'a vu que parallèlement, il y avait les résultats très intéressants
02:29de General Motors un petit peu plus tôt dans la semaine.
02:32Et on a pu voir que, contrairement à tout ce à quoi on pouvait s'attendre,
02:37le marché des gros SUV, des gros 4x4, des voitures de gros calibre aux Etats-Unis,
02:42celles qui font de la marge précisément,
02:44il tenait remarquablement bien le coup, malgré la hausse des prix du pétrole.
02:48Et ça, Stellantis, n'arrive toujours pas à en profiter à plein.
02:52On avait l'impression peut-être au début de l'année qu'on avait tourné la page
02:55des situations de surstockage et tout.
02:57Non, ça risque de durer encore un bon moment.
03:00Oui, tout à fait.
03:00Donc, attendons cette journée d'investisseur du 21 mai prochain et on en saura plus.
03:07Bon.
03:07Donc, Stellantis, effectivement, plus forte baisse du CAC 40.
03:10On est en repli de 6,3% à 6,22 euros.
03:14Alors, l'autre chapitre qui fâche un petit peu,
03:18c'est aussi l'ensemble du secteur bancaire.
03:20On avait des trajectoires boursières, alors c'est vrai, spectaculaires.
03:25Malgré tout, on a des performances vraiment assez impeccables dans leur ensemble.
03:30Société Générale Crédit Agricole, BNP Paribas.
03:33Mais il n'y a pas de point en plus à prendre sur ces niveaux de valorisation.
03:36Et visiblement, les marchés sont en train de s'abrer dans le cours des grandes banques françaises.
03:42BNP Paribas, moins 2,45.
03:43On est à 88,29 euros.
03:45On a le Crédit Agricole, moins 4,62 à 16,43.
03:48Et Société Générale, moins 4,8% à 67,58.
03:51Est-ce que cette réaction des marchés, on va faire comme Stellantis, est justifiée ou pas ?
03:56Alors, pour nous, le marché s'enclenne vraiment les fondamentaux.
04:02Sockjohn et BNP publient des résultats records, et pourtant les titres reculent.
04:06Pour nous, ce sont des prises de profit sur la base d'attente qui était particulièrement élevée.
04:11Si on commence par Société Générale, qui est la plus pénalisée aujourd'hui,
04:15elle a fait une rentabilité de 11,7%.
04:18C'est au-dessus de l'objectif annuel.
04:20Et surtout, ce sont les coûts qui baissent de 6% par an.
04:25C'est deux fois plus que la guidance de la société.
04:27Et avec une banque de détails en plus, qui pulvérise pour nous les attentes,
04:31avec un bénéfice en hausse de 14%.
04:35On voit bien que la cure d'austérité de Slavo Mirkrupa fonctionne à plein régime pour nous.
04:40Et il y a une vraie pépite en plus dans cette banque,
04:44c'est la Bourse aux banques, qui a volontairement plus ralenti l'acquisition de clients.
04:48Et ça a fait exploser sa rentabilité à 60% sur le trimestre.
04:52Le marché, lui, sanctionne et il reproche surtout à Société Générale,
04:56c'est sa banque d'investissement, sa BFI, qui a déçu sur le trading obligataire.
05:00Mais c'est purement mécanique, puisque Soggen est exposé au taux européen, pas américain.
05:06Donc c'est mécanique quand les banques américaines performent sur les marchés,
05:10Soggen sous-performe.
05:12Donc ça, c'était sur Soggen.
05:14Si on passe à BNP Paribas, BNP bat le consensus de 10% sur le bénéfice net.
05:19Son ratio de capital et des béton à 12,8%.
05:23Et la banque réitère en plus tous ses objectifs de croissance,
05:26notamment plus de 10% de ses bénéfices par action par an d'ici le 2028.
05:32Mais le marché, lui, n'a pas aimé peut-être la mécanique du trimestre,
05:35qui avait beaucoup trop d'éléments exceptionnels.
05:37Donc sur ces deux dossiers, pour nous, chez Arcais Adminagente,
05:40ces baisses sont une opportunité pour se renforcer sur nos positions.
05:45Et en plus, c'est sur un secteur que nous surpondérons.
05:48Nous aimons bien les banques françaises,
05:50qui restent des côtés de 30% versus les américaines.
05:53Et c'est un secteur en plus où il y a plusieurs catalyseurs,
05:56avec du M&A qui redémarre en Europe,
05:58des taux longs qui restent également élevés,
06:01des rachats d'actions qui devraient redémarrer dès le deuxième trimestre.
06:05– Bon, et dernière valeur qui fait l'actualité, c'est Technip,
06:09alors dans le secteur parapétrolier, plus précisément.
06:13Et on voit qu'après de fortes hausses,
06:17évidemment avec tout ce qui se passe au Moyen-Orient
06:19et l'agitation autour des cours du pétrole,
06:23Technip n'arrive pas à prendre la vague.
06:25Contrairement à d'autres groupes, on a eu...
06:26Alors la réaction des marchés est assez parlante, en fait.
06:29Et ça, vous avez peut-être dû le voir aussi.
06:31On a eu une forte baisse à l'ouverture.
06:33Et puis le titre, finalement, c'est un petit peu redressé.
06:37Qu'est-ce qu'on peut dire autour de Technip et de cette publication ?
06:40– Effectivement, Technip, c'est l'autre paradoxe du jour pour nous.
06:44Le titre, il baisse sur des résultats qui sont décevants,
06:48sur une révision à la baisse en plus des objectifs 2026.
06:51Mais pourtant, en termes de lecture, c'est totalement l'inverse
06:54qu'il faudrait regarder.
06:56Si on regarde les chiffres, le chiffre d'affaires, il sort 5% sous le consensus.
07:00Les LIDA, c'est 8%.
07:02Donc c'est assez massif, en dessous.
07:04Mais la cause, elle est unique.
07:05C'est le conflit au Moyen-Orient.
07:08Le Détroit, il reste bloqué depuis plus de 60 jours.
07:11Les chantiers au Qatar tournent au ralenti,
07:15faute d'approvisionnement.
07:16Mais le management lors de la confco, lors de la nuit de journée,
07:20il a été très clair.
07:21Aucun projet n'est annulé.
07:23C'est 500 à 600 millions d'euros
07:25qui sont tout simplement décalés au-delà de 2026.
07:29Et le marché l'ignore.
07:31Et il ignore également tout ce qui est prise de commande du trimestre.
07:34Le carnet de commande, il est massif.
07:36Il va même atteindre 24 milliards d'ici la mi-2026.
07:39C'est une progression de 50% sur ces six derniers mois.
07:43Et c'est le paradoxe, c'est l'incertitude énergétique mondiale
07:47qui a pénalisé Technip et qui pénalise Technip aujourd'hui.
07:51Ça nourrit ces méga-contrats de GNL de demain,
07:55avec en plus des réparations d'installations endommagées au Moyen-Orient.
07:59Et tout ça, ça représente un potentiel de chiffre d'affaires
08:02de plusieurs milliards d'euros.
08:04Donc pour nous, la sanction de marché, elle est vraiment excessive.
08:07On profite vraiment de cette baisse pour se repositionner sur le dossier.
08:10C'est vraiment un retard d'exécution.
08:12Ce n'est pas une destruction de valeur.
08:15Intéressant parce que le marché, justement, a l'air d'être même avec vous.
08:19Il a commencé par sanctionner la valeur qui était en très forte baisse ce matin.
08:23Et puis là, les pertes sont réduites.
08:24Il semble que beaucoup d'investisseurs soient repartis à l'achat sur ces niveaux.
08:28Moins 1,6% en ce moment, on est à 39,66 euros sur le titre Technip.
08:32Merci infiniment Loïc Tonnelier, Arkeam, d'avoir commenté avec nous ces valeurs du jour.
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