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  • il y a 11 heures
Ce jeudi 30 avril, Nicolas Notebaert, directeur général Concessions de VINCI et président de VINCI Airports & VINCI Autoroutes, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04On y va, il est 8h45 sur BFM Business et sur RMC Live.
00:07Notre invité c'est Nicolas Notbarth.
00:09Bonjour, vous êtes le directeur général de Vinci Concession, de Vinci Airport et de Vinci Autoroute.
00:13On a beaucoup de choses à se dire, mais avec votre vision multi casquette sur l'impact aujourd'hui du
00:19conflit au Moyen-Orient,
00:20vous voyez quand même assez bien quels sont les impacts sur le trafic routier, sur les aéroports.
00:26Comment vous regardez aujourd'hui les impacts de la guerre ?
00:28Est-ce que vous êtes un peu inquiet à la Pouyanné sur les prochains mois ?
00:32Est-ce que vous voyez des changements de comportement ? C'est quoi votre première analyse ?
00:37Alors non, on n'est pas inquiet et surtout il faut rassurer les passagers, les automobilistes,
00:42parce qu'en ce moment, aujourd'hui, les infrastructures sont disponibles.
00:45Les vols sont là pour les avions, le carrosène est là.
00:48Sur nos réseaux d'autoroutes partout dans le monde, il y a de l'essence.
00:52Il y a aussi, j'y reviendrai, des bornes de recharge électriques.
00:55Donc déjà, comme on est le 30 avril et qu'arrive le week-end du 1er mai, le week-end
01:00du 8 mai, l'ascension,
01:01rassurez tous les gens qui ont soit des réservations d'avions, soit qui vont utiliser les réseaux d'autoroutes.
01:06Il n'y aura aucune pénurie pendant les prochaines semaines sur leur réseau.
01:10Vous êtes présent sur les aéroports dans 14 pays et 4 continents.
01:13Il n'y a aucun endroit dans vos aéroports, ceux que vous suivez, où on manque de kérosène aujourd'hui
01:18?
01:18Aucun. On travaille avec les autorités de tous ces pays qui suivent ça, évidemment,
01:23parce que chaque pays dans le monde, on est au Japon, on est au Chili.
01:26Vous imaginez bien que chaque pays regarde ses mécanismes d'approvisionnement.
01:30Aujourd'hui, nous n'avons pas d'inquiétude et tous les vols fonctionnent.
01:35Il n'y a aucun problème de stock dans les pays de notre pays.
01:37C'est un problème de prix. Aujourd'hui, si on voit des annulations de vols, c'est pour des questions
01:39de prix.
01:40Ce ne sont pas pour des questions de disponibilité.
01:42Vous avez raison. Il y a très peu d'annulations de vols aujourd'hui.
01:45Quand les compagnies aériennes disent, comme Air France, qu'elle avait prévu 3 à 5 % de croissance de programme
01:50et qu'elle va faire 2 à 4, vous imaginez que c'est très faible.
01:54Par contre, ils commencent à prévenir quand un vol du mois de juillet est un tout petit peu moins rempli.
02:00Eh bien, ils l'annulent. C'est ce que font les compagnies chaque année.
02:03C'est un tout petit peu plus que d'habitude, mais pas beaucoup.
02:06Vous voyez le débat se rouvrir sur Total Energy, les surprofits.
02:09Il y a eu la publication des résultats hier.
02:12Vous, le sujet qui tourne toujours autour de vous, c'est la question des concessions, des péages.
02:17L'idée notamment du Rassemblement National de privatiser les concessions autoroutières
02:22et puis récupérer de prix. C'est l'inverse.
02:25Ce n'est pas de privatiser, c'est de récupérer au niveau public les concessions.
02:31Comment vous regardez les débats aujourd'hui ?
02:34Est-ce que vous êtes inquiet par des évolutions politiques en France ou pas ?
02:37D'abord, le débat s'est beaucoup apaisé. Le gouvernement a choisi d'engager une démarche
02:41qui l'année dernière s'appelait Ambition France Transport, animée par Dominique Bussereau.
02:45Et ça a donné l'objet d'un projet de loi qui est passé au Sénat la semaine dernière
02:50et qui a été voté à une écrasante majorité. Je crois 310 voix pour, 19 comptes, ce qui est très
02:54rare.
02:55Sur la loi transport.
02:56Voilà. Alors qu'est-ce qu'elle dit ?
02:58Elle dit que la France, vous le savez, c'est un pays très endetté.
03:00Et donc, pour l'avenir, pas pour aujourd'hui, il y a des concessions qui se terminent dans une dizaine
03:05d'années,
03:05mais pour l'avenir, les politiques, pas les entreprises, ont décidé de s'appuyer sur le péage.
03:10Alors pourquoi ? Parce que c'est soit le péage ou l'impôt.
03:12Et l'impôt, il y en a déjà beaucoup, le déficit est élevé, on ne peut pas endetter plus.
03:16Donc les sénateurs ont dit, pour l'avenir, il faut maintenir des concessions à péage.
03:21Simplement, ils ont prévu que ces concessions à péage servent aussi à financer le réseau routier national
03:27et les réseaux ferroviaires qui sont en moins bon état.
03:30Parce que la force de notre modèle autoroutier, tout le monde le reconnaît,
03:33c'est que nos autoroutes, elles sont pas mal.
03:34Elles sont très bien entretenues, elles sont de qualité.
03:37Mais là, l'idée des sénateurs...
03:38C'est d'aller sur le rail.
03:39Voilà.
03:40Mais ça, ça vous voit.
03:41Et sur la zone nationale.
03:42Nous, ce qui est important, c'est que les futurs contrats le disent.
03:46Quand on est en compétition, parce qu'on ne gagne jamais une autoroute sans être mis en compétition,
03:50eh bien, il faut nous dire à l'avance, voilà, il y aura tel niveau de péage.
03:53On ne fixe jamais les péages nous-mêmes.
03:55C'est l'État qui les fixe.
03:56Et quelle sera la loi d'évolution ?
03:58Elle est plus faible que l'inflation.
03:59Et à quoi servira l'argent du péage ?
04:01Alors d'abord, il doit servir à entretenir les réseaux et les développer.
04:05Par exemple, ce qu'on appelle l'adaptation au changement climatique,
04:09ça nécessite beaucoup, beaucoup d'argent dans les années qui viennent.
04:12Nous, on a les autoroutes en Méditerranée, en régime Sévenol.
04:16Il y a de plus en plus d'inondations, il y a de plus en plus de feux de forêt.
04:19Il va falloir les protéger.
04:20Ça, ça fait à peu près 27 milliards d'investissements dans les 20 ans.
04:24Et une fois qu'on a investi, si une partie du péage peut servir à des routes nationales en priorité
04:30et éventuellement du ferroviaire, c'est à l'État d'en décider.
04:33Donc, ça vous laisse la marge jusqu'en 2032 ?
04:36Donc, ça vous laisse un peu de visibilité ?
04:38Aujourd'hui, en gros, on ne touche pas au modèle et ça arrivera plus tard.
04:41Aujourd'hui, les contrats arrivent en fin entre 2032 et 2037.
04:46On les applique à la lettre.
04:48L'État nous a notifié les travaux qu'on devait faire jusqu'à la fin.
04:51Et beaucoup plus important, on a pris l'initiative d'électrifier notre réseau.
04:56Je le dis notamment aux automobilistes qui, en ce moment, achètent massivement des véhicules électriques.
05:00La France et Vinci Autoroute, c'est le réseau le mieux équipé au monde.
05:04Il y a 55 bornes de recharge au monde.
05:0755 bornes par 100 kilomètres.
05:09Et vous les voyez utilisées là ?
05:11Il y a la queue à la borne ?
05:12La queue, non.
05:14J'invite d'ailleurs à utiliser les applis pour programmer l'endroit où on s'arrête.
05:18L'appli Ulysse, U-L-Y-S.
05:19Mais clairement, il s'est passé quelque chose ?
05:22Vous le voyez dans les bornes ?
05:2430% des achats de véhicules en France en ce moment sont du pur électrique.
05:28Et pour nous, on est passé de 3% à 5% des clients.
05:32Mais le plus important, c'est qu'il y a les bornes.
05:33Il y en a 2500, toutes les aires de service sont occupées et il y en a aussi sur les
05:37aires de repos.
05:38Donc aujourd'hui, ce qui était peut-être le risque pour l'électrification du pays,
05:43de se dire, tiens, quand je vais faire un très long trajet, est-ce que je suis sûr de trouver
05:46une borne ?
05:47Moi, je dis, il y a des bornes et vous pouvez partir tranquille avec vos véhicules électriques.
05:51Mais vous ne m'avez pas répondu sur la question politique.
05:53Vous me dites, le débat s'est apaisé, mais on a eu ces discussions,
05:55je l'avais encore avec Michel Edouard-Leclerc, il y a une grosse demi-heure,
05:58sur est-ce qu'il faut parler au Rassemblement National ou pas.
06:00Vous, c'est quand même un enjeu business, parce qu'il y a un modèle qu'ils veulent changer pour
06:04vous.
06:05Est-ce que vous discutez aujourd'hui avec l'ensemble des partis politiques ?
06:07Vous essayez de pousser un peu vos idées ?
06:09Nous, on travaille avec les gouvernements, tous les gouvernements en place.
06:13Pas avec les candidats.
06:14Ainsi, concession est présente dans 25 pays, on travaille avec les gouvernements.
06:18Après, quand les candidats, qui d'ailleurs ne sont pas connus aujourd'hui,
06:22leurs équipes ont envie d'échanger, tout le monde est à disposition, on est à disposition.
06:27Mais aujourd'hui, nous, on fait notre travail dans le cadre des contrats de tous les gouvernements du monde.
06:31On est au Japon, on est aux Etats-Unis, on est au Chili.
06:34On travaille pour les gouvernements selon nos contrats.
06:37Parce que nous, on vit de contrats de longue durée.
06:40Et partout dans le monde, les gouvernements ne remettent pas en cause ces contrats.
06:43Parce que ce sont des engagements pris avec des entreprises pour réaliser des travaux,
06:49pour le compte des Etats.
06:50Et donc, nous, ce qui est important, c'est le respect de nos contrats dans l'avenir.
06:53Dernier point, il nous reste une minute.
06:54Vous êtes une activité très capitalistique.
06:56Vous avez besoin de capitaux pour investir dans les infrastructures.
06:59Quand vous regardez l'OAT à 3,8, on est sur des records.
07:01Ça, ça vous inquiète ou pas ?
07:03Non, on est à une activité de long terme.
07:05Et vous l'avez sans doute vu, on est leader mondial privé des aéroports et des autoroutes.
07:10On vient d'investir en Inde.
07:11Et l'exemple de la confiance dans ce modèle, c'est que des grands pays comme le Brésil ou l
07:15'Inde
07:16utilisent massivement la concession.
07:18Et la dette associée à ces concessions, c'est une dette sans recours
07:21qui est logée dans l'infrastructure.
07:23Les prêteurs prêtent pour le trafic routier en Inde.
07:26Et vous imaginez bien que le trafic autoroutier en Inde, il va croître.
07:29La population augmente.
07:30Donc, on est très fiers que ce modèle, qui au départ est né en France,
07:34se développe dans des très grands pays du monde qui ont besoin de la concession.
07:38Et quand c'est là, vous financez un taux bien inférieur que celui de l'OAT, j'imagine ?
07:41On se finance à un taux qui est adapté à chaque pays,
07:44mais c'est une dette qui est connectée à la infrastructure.
07:47Avec le projet.
07:48Tout à fait.
07:49Tout à fait.
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