00:00Le petit matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Glaze.
00:05Il est 6h40, Sud Radio, la vie en vrai, une rêve partie géante s'est installée ce week-end dans
00:10le nord du département de l'Héroe,
00:12à une trentaine de kilomètres de Montpellier, sur les communes de Claret, de Ferrière-les-Véreries.
00:16La préfète avait pourtant pris un arrêté pour interdire ce type d'événements jusqu'à la fin de l'année.
00:22Bonjour Simon Popier.
00:24Bonjour.
00:24Et soyez le bienvenu sur Sud Radio, merci d'être avec nous ce matin.
00:27Vous êtes adjoint à la mairie de Ferrière-les-Véreries, président par ailleurs de France Nature Environnement pour la zone
00:33Occitanie-Méditerranée.
00:34Ce week-end, on a compté jusqu'à 2000 personnes dans cette rêve partie, 600 véhicules.
00:40On en est où de la situation sur place en ce début de semaine, Simon Popier ?
00:46Alors la musique s'est arrêtée hier soir et on a vu pas mal de véhicules quitter les lieux.
00:53Donc ce matin, il y a encore des véhicules qui s'en vont, mais je pense qu'ils sont en
00:56train de nettoyer.
00:57Je vais me rendre sur place juste après pour aller voir où on en est.
01:01C'est-à-dire que là, on est sur la fin de la rêve partie.
01:03Concrètement, tout le monde va partir, les derniers vont partir ce matin.
01:08Oui, c'est ce qu'on pense a priori.
01:11Ils comptaient au départ rester jusqu'à mardi, mais ils sont partis un peu plus tôt.
01:15J'imagine que pour vous, c'est une forme de soulagement.
01:18Vous étiez particulièrement inquiet, Simon Popier, parce que le terrain qu'ils occupaient,
01:23et qu'ils occupent pour certains encore toujours, est classé en zone Natura 2000.
01:27Ça veut dire qu'il y avait un vrai enjeu, un vrai risque pour la faune et la flore locale.
01:32Oui, il n'est pas tout à fait en Natura 2000, mais effectivement, il est reconnu comme étant un site
01:37très riche pour la biodiversité, la faune, la flore.
01:40Donc voilà, c'est un endroit en plus qu'on veut protéger.
01:43Moi, le samedi matin, j'ai été prévenu par le maire, et en tant qu'adjoint au patrimoine naturel, je
01:48suis allé sur place.
01:48J'ai vu la marée de véhicules dans ce site.
01:52Et bon, vous imaginez bien, j'étais dégoûté.
01:56Mais tout de suite, je me suis dit, il faut qu'on essaye de limiter les dégâts.
02:00J'ai pénétré du coup dans la rêve jusqu'au mur de son.
02:04Et j'ai demandé à parler à quelqu'un de l'organisation.
02:07Ils étaient masqués, ils ne me répondaient pas.
02:10Donc, j'ai expliqué qu'ils étaient dans un site sensible, qu'ils avaient déjà fait beaucoup de dégâts,
02:15notamment aux oiseaux qui nichaient à cet endroit-là.
02:18Et que j'avais des informations à leur donner pour essayer de limiter les dégâts.
02:23Donc, on m'a emmené voir la bonne personne.
02:26Et puis après, ils m'ont écouté.
02:27Et on est allé baliser le campement du côté le plus sensible du site,
02:33avec les organisateurs et puis deux autres habitants,
02:36pour essayer de les empêcher de s'étendre du côté où les sols étaient les plus fragiles
02:42et où il y a des plantes protégées très rares.
02:45Et puis, on a essayé de faire reculer aussi des campeurs.
02:48Donc, au final, on a constaté dimanche qu'ils avaient quand même bien respecté les ruralises,
02:54même s'ils avaient fait reculer des installations qui étaient un peu aux alentours,
03:01beaucoup plus que ce que j'imaginais.
03:02Donc, ils ont quand même été à l'écoute.
03:05Mais bon, le gros des dégâts était quand même fait,
03:08que ce soit à la prairie, aux animaux, à la flore et aux alentours.
03:14La préfète avait envisagé hier de faire évacuer les lieux par les forces de l'ordre.
03:19Vous, vous lui avez écrite pour lui demander de ne pas le faire.
03:23Pour quelle raison, Simon Popy ?
03:26Oui, c'est vrai.
03:26Donc, la préfète, le dimanche, s'est exprimé dans la presse en disant
03:31qu'elle n'excluait pas une intervention manu militari sur le site.
03:35Donc, évidemment, nous, au niveau de la commune, c'était tout ce qu'on ne souhaitait pas.
03:41Puisque avoir une bataille rongée entre les CRS et les teufeurs
03:45sur un site extrêmement sensible, ça aurait fait qu'aggraver l'impact sur l'environnement.
03:52Et puis même, ça aurait pu compromettre ce qu'on avait réussi vaillamment à protéger.
03:57Donc, j'ai voulu alerter la préfète de la sensibilité du site,
04:01comme je l'ai fait auprès des organisateurs.
04:03Vous savez, nous, on se fait retrouver un peu entre le marteau et l'enclume.
04:08Les habitants sont un peu les victimes collatérales de ce genre d'affrontements.
04:13En plus, là, avec une dimension politique très forte.
04:17Voilà. Donc, moi, je remercie la préfète d'avoir choisi de ne pas intervenir avec les forces de l'ordre
04:21parce que ça aurait été vraiment la double peine pour le site et pour notre commune.
04:26Est-ce que ce n'est pas encouragé d'une certaine manière ces rassemblements illégaux
04:30de dire, ben voilà, on fait avec, on accepte et puis voilà, quoi.
04:36En fait, il faut faire un choix entre est-ce qu'on veut préserver l'environnement ou pas.
04:41Voilà. Et donc là, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que les rêveurs, à la base,
04:47ne voulaient pas s'installer sur ce site-là. Ils voulaient s'installer sur un autre site.
04:51Et il y a une opération à plan bleu. Voilà, ils en ont été empêchés. Ils se sont repliés là.
04:57Bon, franchement, ils auraient pu se replier ailleurs s'ils s'étaient un peu renseignés.
05:02Et clairement, s'ils veulent qu'on croit en la célérité de leur sensibilité pour la nature,
05:07qu'ils n'arrêtent pas d'affirmer.
05:09Moi, je les invite à s'enseigner un peu mieux avant de choisir un site, y compris pour un site
05:12de repli.
05:13Il faut qu'ils se rendent compte que le monde ne tourne pas uniquement autour de leur nombril.
05:16Quand on débarque avec mille véhicules dans un endroit où on s'imagine qu'il n'y a rien,
05:20parce qu'on est ignorant ou simplement on n'a pas cherché à savoir,
05:24en réalité, il peut y avoir un éleveur dont le troupeau dépend de la source de nourriture
05:28qu'on est en train de piétiner.
05:29Il peut y avoir des oiseaux en train de nicher au sol dans la prairie
05:32sur laquelle on est en train de rouler en plein mois de juin.
05:34Donc voilà, on ne fait pas de mal à personne, c'est quand même un peu du déni de leur
05:39part.
05:40Il faut en avoir conscience, effectivement.
05:41Et puis vous parliez du contexte, les parlementaires qui sont actuellement en train de voter un texte
05:45pour durcir les sanctions vis-à-vis des organisateurs de ces rêves-parties,
05:49également pour les participants.
05:50Merci Simon Popy, adjoint à la mairie de Ferrière-les-Vertries,
05:54président de France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée.
05:57Et vous nous le disiez, cette rêve-partie, les derniers toffeurs qui devraient partir ce matin.
06:03Merci à vous.
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