00:04On va découvrir une start-up qui s'appelle Uncover, qui est toute récente puisqu'elle a été fondée en
00:08octobre dernier.
00:10Inès Iraki en est la CEO. Bonsoir Inès.
00:12Bonsoir François.
00:13Merci d'être là. Vous êtes issu d'une famille de chirurgiens, d'après ce que j'ai compris.
00:20Et vous avez décidé de mêler à la fois la médecine, l'IA, la robotique pour créer cette boîte qui
00:25s'appelle Uncover.
00:26Uncover, il faut savoir qu'il y a plus de 400 millions d'interventions chirurgicales dans le monde chaque année.
00:31C'est énorme. Et le problème, c'est les comptes rendus de ces opérations qui sont faites souvent de mémoire
00:38par les chirurgiens.
00:38S'ils en font plusieurs, ils peuvent oublier certains passages, etc.
00:42Et c'est là où vous rentrez en compte avec Uncover, c'est ça ?
00:45Exactement. Donc aujourd'hui, après chaque chirurgie, partout dans le monde, les chirurgiens avaient créé un compte rendu opératoire.
00:52C'est un acte redondant, réperbatif, que personne n'aime faire.
00:56Mais qui est obligatoire, surtout.
00:57C'est obligatoire. C'est le document médico-légal qui justifie la continuité des soins,
01:02mais qui aussi protège le chirurgien dans le cas d'un litige ou dans le cas de problème avec le
01:07patient.
01:07Et comment il le fait aujourd'hui ? Il a un magnéto ? Il prend des notes après ? Comment
01:12ça se passe ?
01:13Exactement. C'est à chaque chirurgien sa méthode.
01:15D'accord. Il y a plusieurs méthodes, en fait.
01:16Exactement. Certains prennent un magnéto, ils disent ce qu'ils ont fait, certains écrivent toujours,
01:20certains ont des templates qu'ils doivent juste remplir après la chirurgie.
01:25Mais dans tous les cas, c'est un acte très prône à l'erreur.
01:29Et donc, c'est là où vous arrivez, avec cette start-up, je le disais, Uncover, qui est franco-américaine.
01:35C'est assez intéressant.
01:36Tout ce qui est parti, on va dire, ingénierie, recherche est à Paris.
01:39Et puis, le développement commercial est aux Etats-Unis.
01:42Je crois savoir pourquoi, parce que ça va beaucoup plus vite en termes de mise en route aux US.
01:49Comment faites-vous, justement ? Comment vous aidez les chirurgiens ?
01:52Exactement. Alors, aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'après chaque chirurgie,
01:55comme je vous l'ai dit, le compte rendu opératoire est écrit par les chirurgiens.
01:59Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on s'est rendu compte d'un gap dans les opérations chirurgicales
02:05où, aujourd'hui, 70% des chirurgies sont filmées à travers de la chirurgie robotique,
02:08mini-invasive ou endoscopique.
02:10Donc, on met une caméra à l'intérieur du corps.
02:12On voit tout ce qui se passe.
02:13Le chirurgien se concentre sur un écran où la chirurgie se passe.
02:16Et nous, ce qu'on fait, c'est qu'on a développé des modèles d'IA
02:18qui analysent la vidéo chirurgicale en direct.
02:21Pendant la chirurgie, on analyse tout ce qui se passe, les différentes étapes, complications,
02:25décisions chirurgicales, etc.
02:26Et de là, écrire un compte rendu opératoire avant que le chirurgien finisse l'opération.
02:30C'est génial.
02:31En fait, la caméra analyse l'acte chirurgical que fait le chirurgien.
02:36La caméra, elle est là puisque c'est cette caméra qui sert au chirurgien
02:40à faire son acte chirurgical.
02:41OK ?
02:42Exactement.
02:42Le flux vidéo passe à la moulinette dans une IA
02:46et on a, on va dire, le compte rendu de cette opération.
02:49C'est exactement ça.
02:50Et aujourd'hui, il y a un marché un peu adjacent
02:51qui est le marché des Ambience Cripes
02:54où les médecins doivent dicter ce qu'ils écrivent
02:57et ça, ça dicter leur conversation avec les patients
03:00et de là, c'est directement écrit.
03:02Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on se concentre sur la vérité,
03:05c'est-à-dire la vidéo chirurgicale.
03:07On voit tout ce qui se passe
03:07et donc, il n'y a pas plus vrai que ce qui se passe pendant la chirurgie.
03:11Mais est-ce que ça suffit, ce flux vidéo, finalement ?
03:14Est-ce qu'il n'en faut pas un autre ?
03:15Est-ce qu'il ne faudrait pas, je ne sais pas,
03:16une caméra au-dessus du bloc opératoire ?
03:19Je ne sais pas.
03:20Ça dépend de la chirurgie,
03:21mais dans la majorité des chirurgies, ça suffit
03:23parce que c'est exactement ce que le chirurgien voit pendant la chirurgie.
03:26Donc, s'il lui-même arrive à écrire ce compte-rendu opératoire
03:28après la chirurgie en regardant ce flux vidéo,
03:31c'est que ça suffit.
03:33Bien sûr, il nous faut aussi des détails préopératoires
03:36où savoir la condition du patient nous aide
03:38à savoir ce qui va se passer,
03:40mais le flux vidéo suffit largement
03:42pour écrire un compte-rendu opératoire détaillé et de qualité.
03:45D'ailleurs, en ce moment, on déploie dans un hôpital
03:47et on a eu des retours incroyables de la part des chirurgiens
03:50qui nous disent qu'ils ont rarement vu des comptes-rendu opérateurs aussi détaillés.
03:54Comment ça marche, en fait ?
03:55Comment vous analysez ce flux vidéo ?
03:57C'est évidemment du machine learning.
03:59Vous avez, enfin, l'IA a ingurgité des millions et des millions d'opérations.
04:06Exactement.
04:06Donc, c'est du machine learning lié à l'intelligence chirurgicale.
04:10C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est une équipe de 12 personnes
04:13dont le tiers sont des chirurgiens
04:15et seulement des chirurgiens assez seniors.
04:18On accumule environ 90 ans d'expérience de chirurgie dans cette équipe.
04:23Et donc, c'est ces chirurgiens qui s'assoivent avec des ingénieurs
04:26et qui disent « voilà tout ce que vous devez détecter dans chaque procédure
04:29pour être sûr que le compte-rendu est le plus complet possible
04:31pour la continuité des soins. »
04:33Et ça marche avec toutes les opérations chirurgicales ?
04:34De plus en plus, on a commencé par des chirurgies digestives.
04:37Maintenant, on va sur la chirurgie gynéco, urologique, thoracique.
04:41Donc, ça commence à marcher pour une grande partie des vidéos, effectivement.
04:44En fait, ça ne peut marcher qu'où il y a des caméras, en fait.
04:47C'est ça le truc.
04:47Il y a encore plein de chirurgies qui ne nécessitent pas, en fait, de caméras.
04:52La réalité, c'est que c'est une partie croissante du nombre de chirurgies
04:55qui est faite de manière mini-invasive.
04:57La raison de ça, c'est que ça crée moins d'impact pour le patient.
05:00Il y a moins de cicatrices.
05:02Et donc, c'est une partie très croissante.
05:04Et aujourd'hui, c'est quand même 70% des chirurgies
05:06qui sont faites de manière mini-invasive.
05:07Donc, effectivement, il y a ce 30% restant.
05:09Mais ça s'est amené à diminuer d'année en année.
05:13Alors, aujourd'hui, vous dites qu'il y a un hôpital
05:15qui teste, en fait, votre solution, c'est ça ?
05:17Exactement.
05:18Il est où, cet hôpital ?
05:19Alors, il est en France.
05:21Il est en France ?
05:21Il est en France.
05:22On a eu de la chance parce que la France, c'est un pays exceptionnel sur les talents.
05:28On a des talents exceptionnels ici, mais c'est aussi un pays magnifique sur la chirurgie
05:33et l'innovation chirurgicale.
05:35On a cofondé la compagnie avec le professeur Éric Viber,
05:37qui a plus de 30 ans d'expérience en chirurgie et qui est chef de service à la PHP.
05:41Et du coup, on a pu être mis en contact avec beaucoup, beaucoup de CHU en France
05:45qui nous encouragent et qui nous aident à améliorer nos modèles.
05:48Cette levée de 7 millions de dollars va servir à quoi ?
05:53Principalement à recruter, à recruter les meilleurs talents.
05:56Donc, on recrute environ 8 personnes en ce moment.
06:00Vous lancez un appel sur BFM Business en Tech & Co, allez-y.
06:03Exactement, n'hésitez pas.
06:05Vous recherchez quel type de talent ?
06:06Surtout des ingénieurs et des personnes pour le terrain,
06:10donc qui vont aller déployer la solution dans les environnements chirurgicaux.
06:13Donc des commerciaux aussi, mais qui s'y connaissent en fait, c'est ça ?
06:16Exactement, ça doit quand même être des ingénieurs parce qu'ils doivent savoir déployer des technologies,
06:20savoir réparer si ça ne marche pas, savoir reprendre les feedbacks des chirurgiens pour améliorer le produit.
06:26Donc c'est principalement des ingénieurs pour le moment.
06:29Et est-ce que ça se connecte à n'importe quelle caméra, de n'importe quel système ?
06:32Oui, on a été très très attentifs à ça dès le début.
06:36On entraîne nos modèles sur tous les types de systèmes.
06:40On est système agnostique.
06:41Et donc, que ce soit une colonne de la paroscopie, une colonne d'endoscopie ou un robot chirurgical,
06:48quelle que soit la marque, on peut se connecter.
06:50Eh bien, ça s'appelle Uncover.
06:52Merci beaucoup Inès Iraki, vous en êtes la CEO.
06:55Merci d'être passée dans Tech & Co.
06:57Merci.
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