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  • il y a 6 minutes
Ines Iraki, CEO Uncovr, était l'invitée de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mercredi 10 juin. Elle s'est penchée sur la levée de sept millions de dollars par Uncovr pour le filmage des chirurgiens et l'optimisation des blocs opératoires, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:04On va découvrir une start-up qui s'appelle Uncover, qui est toute récente puisqu'elle a été fondée en
00:08octobre dernier.
00:10Inès Iraki en est la CEO. Bonsoir Inès.
00:12Bonsoir François.
00:13Merci d'être là. Vous êtes issu d'une famille de chirurgiens, d'après ce que j'ai compris.
00:20Et vous avez décidé de mêler à la fois la médecine, l'IA, la robotique pour créer cette boîte qui
00:25s'appelle Uncover.
00:26Uncover, il faut savoir qu'il y a plus de 400 millions d'interventions chirurgicales dans le monde chaque année.
00:31C'est énorme. Et le problème, c'est les comptes rendus de ces opérations qui sont faites souvent de mémoire
00:38par les chirurgiens.
00:38S'ils en font plusieurs, ils peuvent oublier certains passages, etc.
00:42Et c'est là où vous rentrez en compte avec Uncover, c'est ça ?
00:45Exactement. Donc aujourd'hui, après chaque chirurgie, partout dans le monde, les chirurgiens avaient créé un compte rendu opératoire.
00:52C'est un acte redondant, réperbatif, que personne n'aime faire.
00:56Mais qui est obligatoire, surtout.
00:57C'est obligatoire. C'est le document médico-légal qui justifie la continuité des soins,
01:02mais qui aussi protège le chirurgien dans le cas d'un litige ou dans le cas de problème avec le
01:07patient.
01:07Et comment il le fait aujourd'hui ? Il a un magnéto ? Il prend des notes après ? Comment
01:12ça se passe ?
01:13Exactement. C'est à chaque chirurgien sa méthode.
01:15D'accord. Il y a plusieurs méthodes, en fait.
01:16Exactement. Certains prennent un magnéto, ils disent ce qu'ils ont fait, certains écrivent toujours,
01:20certains ont des templates qu'ils doivent juste remplir après la chirurgie.
01:25Mais dans tous les cas, c'est un acte très prône à l'erreur.
01:29Et donc, c'est là où vous arrivez, avec cette start-up, je le disais, Uncover, qui est franco-américaine.
01:35C'est assez intéressant.
01:36Tout ce qui est parti, on va dire, ingénierie, recherche est à Paris.
01:39Et puis, le développement commercial est aux Etats-Unis.
01:42Je crois savoir pourquoi, parce que ça va beaucoup plus vite en termes de mise en route aux US.
01:49Comment faites-vous, justement ? Comment vous aidez les chirurgiens ?
01:52Exactement. Alors, aujourd'hui, ce qu'on fait, c'est qu'après chaque chirurgie,
01:55comme je vous l'ai dit, le compte rendu opératoire est écrit par les chirurgiens.
01:59Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on s'est rendu compte d'un gap dans les opérations chirurgicales
02:05où, aujourd'hui, 70% des chirurgies sont filmées à travers de la chirurgie robotique,
02:08mini-invasive ou endoscopique.
02:10Donc, on met une caméra à l'intérieur du corps.
02:12On voit tout ce qui se passe.
02:13Le chirurgien se concentre sur un écran où la chirurgie se passe.
02:16Et nous, ce qu'on fait, c'est qu'on a développé des modèles d'IA
02:18qui analysent la vidéo chirurgicale en direct.
02:21Pendant la chirurgie, on analyse tout ce qui se passe, les différentes étapes, complications,
02:25décisions chirurgicales, etc.
02:26Et de là, écrire un compte rendu opératoire avant que le chirurgien finisse l'opération.
02:30C'est génial.
02:31En fait, la caméra analyse l'acte chirurgical que fait le chirurgien.
02:36La caméra, elle est là puisque c'est cette caméra qui sert au chirurgien
02:40à faire son acte chirurgical.
02:41OK ?
02:42Exactement.
02:42Le flux vidéo passe à la moulinette dans une IA
02:46et on a, on va dire, le compte rendu de cette opération.
02:49C'est exactement ça.
02:50Et aujourd'hui, il y a un marché un peu adjacent
02:51qui est le marché des Ambience Cripes
02:54où les médecins doivent dicter ce qu'ils écrivent
02:57et ça, ça dicter leur conversation avec les patients
03:00et de là, c'est directement écrit.
03:02Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on se concentre sur la vérité,
03:05c'est-à-dire la vidéo chirurgicale.
03:07On voit tout ce qui se passe
03:07et donc, il n'y a pas plus vrai que ce qui se passe pendant la chirurgie.
03:11Mais est-ce que ça suffit, ce flux vidéo, finalement ?
03:14Est-ce qu'il n'en faut pas un autre ?
03:15Est-ce qu'il ne faudrait pas, je ne sais pas,
03:16une caméra au-dessus du bloc opératoire ?
03:19Je ne sais pas.
03:20Ça dépend de la chirurgie,
03:21mais dans la majorité des chirurgies, ça suffit
03:23parce que c'est exactement ce que le chirurgien voit pendant la chirurgie.
03:26Donc, s'il lui-même arrive à écrire ce compte-rendu opératoire
03:28après la chirurgie en regardant ce flux vidéo,
03:31c'est que ça suffit.
03:33Bien sûr, il nous faut aussi des détails préopératoires
03:36où savoir la condition du patient nous aide
03:38à savoir ce qui va se passer,
03:40mais le flux vidéo suffit largement
03:42pour écrire un compte-rendu opératoire détaillé et de qualité.
03:45D'ailleurs, en ce moment, on déploie dans un hôpital
03:47et on a eu des retours incroyables de la part des chirurgiens
03:50qui nous disent qu'ils ont rarement vu des comptes-rendu opérateurs aussi détaillés.
03:54Comment ça marche, en fait ?
03:55Comment vous analysez ce flux vidéo ?
03:57C'est évidemment du machine learning.
03:59Vous avez, enfin, l'IA a ingurgité des millions et des millions d'opérations.
04:06Exactement.
04:06Donc, c'est du machine learning lié à l'intelligence chirurgicale.
04:10C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est une équipe de 12 personnes
04:13dont le tiers sont des chirurgiens
04:15et seulement des chirurgiens assez seniors.
04:18On accumule environ 90 ans d'expérience de chirurgie dans cette équipe.
04:23Et donc, c'est ces chirurgiens qui s'assoivent avec des ingénieurs
04:26et qui disent « voilà tout ce que vous devez détecter dans chaque procédure
04:29pour être sûr que le compte-rendu est le plus complet possible
04:31pour la continuité des soins. »
04:33Et ça marche avec toutes les opérations chirurgicales ?
04:34De plus en plus, on a commencé par des chirurgies digestives.
04:37Maintenant, on va sur la chirurgie gynéco, urologique, thoracique.
04:41Donc, ça commence à marcher pour une grande partie des vidéos, effectivement.
04:44En fait, ça ne peut marcher qu'où il y a des caméras, en fait.
04:47C'est ça le truc.
04:47Il y a encore plein de chirurgies qui ne nécessitent pas, en fait, de caméras.
04:52La réalité, c'est que c'est une partie croissante du nombre de chirurgies
04:55qui est faite de manière mini-invasive.
04:57La raison de ça, c'est que ça crée moins d'impact pour le patient.
05:00Il y a moins de cicatrices.
05:02Et donc, c'est une partie très croissante.
05:04Et aujourd'hui, c'est quand même 70% des chirurgies
05:06qui sont faites de manière mini-invasive.
05:07Donc, effectivement, il y a ce 30% restant.
05:09Mais ça s'est amené à diminuer d'année en année.
05:13Alors, aujourd'hui, vous dites qu'il y a un hôpital
05:15qui teste, en fait, votre solution, c'est ça ?
05:17Exactement.
05:18Il est où, cet hôpital ?
05:19Alors, il est en France.
05:21Il est en France ?
05:21Il est en France.
05:22On a eu de la chance parce que la France, c'est un pays exceptionnel sur les talents.
05:28On a des talents exceptionnels ici, mais c'est aussi un pays magnifique sur la chirurgie
05:33et l'innovation chirurgicale.
05:35On a cofondé la compagnie avec le professeur Éric Viber,
05:37qui a plus de 30 ans d'expérience en chirurgie et qui est chef de service à la PHP.
05:41Et du coup, on a pu être mis en contact avec beaucoup, beaucoup de CHU en France
05:45qui nous encouragent et qui nous aident à améliorer nos modèles.
05:48Cette levée de 7 millions de dollars va servir à quoi ?
05:53Principalement à recruter, à recruter les meilleurs talents.
05:56Donc, on recrute environ 8 personnes en ce moment.
06:00Vous lancez un appel sur BFM Business en Tech & Co, allez-y.
06:03Exactement, n'hésitez pas.
06:05Vous recherchez quel type de talent ?
06:06Surtout des ingénieurs et des personnes pour le terrain,
06:10donc qui vont aller déployer la solution dans les environnements chirurgicaux.
06:13Donc des commerciaux aussi, mais qui s'y connaissent en fait, c'est ça ?
06:16Exactement, ça doit quand même être des ingénieurs parce qu'ils doivent savoir déployer des technologies,
06:20savoir réparer si ça ne marche pas, savoir reprendre les feedbacks des chirurgiens pour améliorer le produit.
06:26Donc c'est principalement des ingénieurs pour le moment.
06:29Et est-ce que ça se connecte à n'importe quelle caméra, de n'importe quel système ?
06:32Oui, on a été très très attentifs à ça dès le début.
06:36On entraîne nos modèles sur tous les types de systèmes.
06:40On est système agnostique.
06:41Et donc, que ce soit une colonne de la paroscopie, une colonne d'endoscopie ou un robot chirurgical,
06:48quelle que soit la marque, on peut se connecter.
06:50Eh bien, ça s'appelle Uncover.
06:52Merci beaucoup Inès Iraki, vous en êtes la CEO.
06:55Merci d'être passée dans Tech & Co.
06:57Merci.
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