00:00David Kruk de la financière de l'échiquier vient de rentrer sur ce plateau. Bonjour David.
00:04Bonjour Antoine.
00:05Comme d'habitude, vous arrivez avec un verdict absolument assumé et irrévocable. Lequel est-il ?
00:12Alors à la fin, c'est toujours le marché américain qui superforme et ça va continuer.
00:16Voilà, on vient d'en parler avec John, évidemment. À la fin, c'est toujours Wall Street qui gagne.
00:20Bon, il y a des hauts débats, mais au final c'est toujours ça.
00:25Qu'est-ce qui vous fait dire ça globalement ? C'est l'histoire ? C'est un sentiment ?
00:30C'est le rôle que Wall Street a comme moteur des économies mondiales ?
00:34On dit souvent ça du football. Ça n'a rien à voir avec hier, mais généralement on dit que c
00:38'est les Allemands qui gagnent au foot.
00:39Oui, à la fin.
00:39Ça m'est venu un peu de ça, mais en l'occurrence ils ont perdu hier.
00:42Non, je trouve que quand on regarde déjà les performances du mois, elles sont exceptionnelles.
00:45On a un plus 9 sur le S&P ce mois-ci, plus 14 pour le Nasdaq ce mois-ci,
00:50tandis que l'Eurostock fait 4,65. Sur la semaine, la semaine dernière, le marché américain a surperformé l'Europe
00:58de 3,8%.
00:59Donc c'est intéressant juste de se pencher pour essayer de comprendre pourquoi.
01:02Mais si on regarde finalement le marché américain, donc à cette forte exposition à la tech,
01:06et les fondamentaux de la tech sont moins sensibles au choc,
01:10on a revu le leadership de la techno revenir très en avance, très en amont.
01:14Les semi-conducteurs, certes, ils consolident un peu, et heureusement qu'ils consolident un peu,
01:19et que c'est 5 qui consolident, mais on a fait quand même 18 séances de hausse de suite.
01:24On est à presque 45% de hausse depuis le début de l'année.
01:28C'est assez exceptionnel.
01:29Donc ce retour du leadership américain qu'on n'a malheureusement pas tant que ça en Europe,
01:33ça c'est le premier point.
01:34Le deuxième point, je vais passer vite, mais c'est sur la position exportateur net d'énergie des Américains.
01:40Bon, ils ont cet avantage que nous, malheureusement, on n'a pas.
01:42On subit de plein fouet les chocs sur des importations.
01:46Le troisième point est plus intéressant quand même, Antoine, c'est les résultats des entreprises quand même.
01:50On est quand même au sixième trimestre consécutif de hausse à deux chiffres de la croissance des bénéfices par action.
01:56Bénéfices, pas des chiffres d'affaires.
01:58Pardon, des bénéfices par action.
01:59Voilà, on est parti déjà de presque 12,6, on est déjà à 15%.
02:04Et sur le tiers des résultats qui ont été portés à l'attention des investisseurs,
02:09on a 80% des sociétés qui battent les anticipations.
02:13Donc ça, c'est quand même un chiffre très élevé.
02:15On était à 74% anticipés.
02:18En Europe, on est probablement autour de 55%.
02:20Donc vraiment des résultats qui sont vraiment probants.
02:23et des price action, ce que font les entreprises le jour même de résultats,
02:27qui ne sont quand même pas si mauvais.
02:28Donc on a vraiment des résultats aux Etats-Unis qui, pour l'instant, tiennent la route
02:31et de façon beaucoup plus concrète qu'en Europe.
02:35Le quatrième point, pour moi, c'est le plus important, c'est la macro, Antoine.
02:39Vous la citez souvent ici, mais la macro est une résilience exceptionnelle.
02:43Je vais juste vous donner un chiffre.
02:45Je regarde beaucoup le City Economic Surprise.
02:47Donc c'est ce qui regarde les surprises économiques dans le monde entier.
02:52Et quand on regarde en Europe, le chiffre avant la guerre était de 20.
02:55Quand on regarde aux Etats-Unis, on était de 30.
02:57Donc on a fait un différentiel de 10.
02:59Deux mois après, où on en est ?
03:01Le City Economic Surprise en Europe, c'est moins 48.
03:04Et c'est plus 12 aux Etats-Unis.
03:06Donc on a un différentiel de surprises économiques, macroéconomiques, de 60.
03:10Donc c'est quand même, on est passé de 10 points à 60.
03:14Si on regarde les PMI, manufacturiers, on est au plus haut depuis 4 ans aux US,
03:18en dessous de 50 en Europe.
03:19Et je passe les retail sales, vous venez d'en parler.
03:21L'IFO est plus bas.
03:22Donc on a vraiment cette macro qui est absolument exceptionnelle.
03:26Et puis le consommateur américain, on en a parlé avec John,
03:29qui est au rendez-vous, qui ne se laisse pas impressionner par le baril cher,
03:32qui continue à consommer avec beaucoup de dettes.
03:36Et là, on a un moteur qui ne s'arrête pas, qui ne cale pas.
03:38Et puis on a justement, si vous voulez parler de ça,
03:40il y a ce fameux wealth effect, le fait que les marchés,
03:43qu'on sous-estime beaucoup, les marchés financiers,
03:46c'est plus juste d'acheter un aspirateur avec.
03:48C'est vraiment, ça fait votre croissance, vous pouvez vous enrichir nettement.
03:53Votre salaire ne vous enrichira pas.
03:55C'est juste, vous payez vos chars.
03:56Clairement, les marchés financiers aujourd'hui sont vecteurs de croissance de vos revenus de façon très nette.
04:02Et vous avez raison, c'est aussi un point supplémentaire.
04:05Parce que le retail aux Etats-Unis, même si le retail en Europe,
04:07les particuliers investisseurs en Europe commencent à prendre une dimension plus importante,
04:12aux Etats-Unis, c'est vraiment une dimension absolument dingue.
04:14Puis à chaque fois, on attend le retour de balancier,
04:17et puis on voit des chiffres qui nous disent,
04:19ah, le vent est peut-être en train de tourner,
04:21les investisseurs américains même commencent à acheter des actifs européens.
04:26Bon, puis au final, oui, on revient au point de départ, c'est Wall Street qui gagne.
04:30Alors, et je finis juste, parce que si vous avez raison, le retail était un point,
04:33et le dernier point, c'était la politique monétaire qui est plus accommodante aux Etats-Unis.
04:37La plupart des brokers voient encore une à deux baisses de taux,
04:40tandis que vous le savez très bien, la baissée, on sera probablement sur une.
04:43Donc, conclusion, l'exceptionnalisme américain est de retour,
04:46et la performance le sera probablement tout au long de l'année.
04:50Bon, voilà.
04:51Ok, on verra retraiter des effets de change aussi,
04:54parce que ça, ça reste un problème.
04:55Pour l'instant, en tout cas, sur cette année, c'est assez égal.
04:58Oui, ça a l'air de tenir.
05:00Alors, vous parlez des résultats d'entreprise,
05:02évidemment, tout le monde a les GAFAM dans les jumelles,
05:05ce soir, il y aura une belle grosse série de publications,
05:09avec Alphabet, avec Meta, avec Amazon, avec Microsoft.
05:12Est-ce que vous en avez une en particulier qui retient plus votre attention que les autres ?
05:16Beaucoup citent Microsoft, comme l'occasion du siècle, c'est une valeur value.
05:21Alors, on voit depuis quelques semaines que le PE est remonté du côté des 30.
05:24Est-ce que c'est vraiment core value par rapport aux autres, etc.
05:28Il y en a une, vous vous dites, là, c'est peut-être celle qu'il faudra retenir ?
05:32C'est une question très difficile, ça, franchement.
05:35C'est vraiment une question compliquée.
05:36Je pense que je vous la pose.
05:37Non, moi, je l'ai regardé par un autre prisme, parce que c'est vrai,
05:40vous avez fait le point juste avant, et c'était extrêmement bien fait.
05:43Mais je l'ai regardé par le positionnement, en fait, avant, en me disant,
05:46est-ce que là où il y a le moindre positionnement,
05:48peut-être que le titre peut avoir le plus d'impact ?
05:49Et là où vous avez raison, finalement, le positionnement le plus faible, c'est Microsoft,
05:53et le positionnement le plus élevé, c'est Google.
05:55Donc, si on doit avoir déception, et que ça peut provoquer une baisse très importante,
06:00ça pourrait être sur Google, si vraiment les chiffres étaient négatifs.
06:02Par contre, sur Microsoft, c'est vrai que le positionnement a beaucoup descendu,
06:06et il y a un positionnement qui est très faible.
06:08Donc, si on avait une mauvaise surprise, je ne suis pas sûr que Microsoft baisse énormément.
06:11Voilà, donc je l'ai pris comme ça, mais peut-être que si je devais,
06:14en tant que trader, jouer un titre, j'irais plutôt sur Microsoft.
06:17Mais je vous donne la tendance, pour être un peu divergent des autres,
06:20en tout cas différenciant des autres, pardon, c'est de jouer plutôt Microsoft.
06:24Et puis, on regardera, on redemandera à Romain Dobry tout à l'heure,
06:28parce qu'il nous avait averti sur les options qui étaient spectaculairement positives
06:33autour d'Amazon, en prévision des résultats.
06:36Là, il n'y a pas intérêt à y avoir de faux pas,
06:37parce que si le marché est pris à contre-pied, là, ça risque d'être très très dur.
06:41C'est le deuxième titre le plus détenu, j'ai regardé Amazon, après Google,
06:44en termes de positionnement juste avant ses résultats, c'est extrêmement détenu.
06:47Et il nous disait, Romain Dobry, que pour l'instant, d'options à la vente de short sur Amazon,
06:52en prévision des résultats, c'était zéro.
06:55C'est-à-dire que l'acheteur marginal, suite aux résultats, il va falloir le trouver.
06:58C'est ça l'intérêt.
06:59Mais c'est vrai que les récits de ces titres aussi, Antoine, ont explosé.
07:02On est passé de 30 à 74.
07:04On est en zone de surachat sur toutes ces valeurs-là.
07:05Maintenant, vous savez, comme je suis, je suis très optimiste,
07:08mais on a besoin d'une petite consolidation,
07:10et peut-être pour ces titres, pour mieux les racheter,
07:12parce que les marchés vont continuer de progresser.
07:14On revient chez nous pour parler des résultats qui sont les plus attendus.
07:18Demain, quand même, les résultats du secteur bancaire.
07:20On a Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole.
07:24C'est d'ailleurs notre question du jour sur les réseaux sociaux qu'on vous pose.
07:28On y répondra à 16h30 dans le Conseil de famille.
07:32Mais évidemment, ça reste parmi les publications trimestrielles
07:35les plus anticipées par le marché.
07:36D'autant plus que ce matin, on a eu Deutsche Bank,
07:39on a eu UBS, on a eu Centender, bénéfice historique.
07:43Avec le Brésil qui marche très bien.
07:44Voilà, avec des relais de croissance un petit peu partout.
07:48Alors cette question, on vous la pose.
07:49Demain, Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole,
07:52qui sera le champion ?
07:53Qui sera l'auteur de la meilleure publication ?
07:56Pas forcément de la meilleure performance en bourse,
07:58mais de la publication la plus spectaculaire
08:01et qui démontrera la meilleure santé.
08:03Vous avez un petit avis là-dessus, David ?
08:04Moi, ce n'est pas la meilleure.
08:05C'est la meilleure performance qui m'intéresse en bourse.
08:07Oui, ça j'imagine.
08:09Je pense plutôt Société Générale.
08:10C'est une belle histoire de recovery.
08:12Et puis c'est la moins chère.
08:13Ça a déjà pas mal remonté, non ?
08:15Ça a pas mal, mais ça reste quand même la banque
08:17la moins chère, en tout cas en France.
08:18Donc avec une belle histoire de recovery.
08:20Et puis quand même une partie retail français
08:22qui marche bien et aussi la banque d'investissement.
08:25Donc j'aurais plutôt Société Générale.
08:27Société Générale.
08:28Bon, je retiens.
08:29Sock Gêne pour vous.
08:32Quand même, on a une situation sur les taux,
08:34on en parlait en début d'émission,
08:35qui devient éminemment compliquée,
08:37qui pourrait avoir un impact
08:38et qui pourrait même avoir peut-être
08:41une certaine forme de retentissement
08:42sur l'action éventuelle des banques centrales à l'avenir.
08:45Parce qu'il s'agit de faire coller
08:47les anticipations de marché avec la politique monétaire.
08:50Est-ce que ça peut être finalement une bonne affaire
08:53pour le secteur bancaire et une source de dynamisme ?
08:55On sait que les taux, c'est le carburant du secteur bancaire.
08:57Et donc à plus long terme, se dire
09:00si on pose des pions maintenant
09:01en fonction des publications
09:02et en fonction des bonnes choses
09:04qui peuvent être annoncées,
09:05ça peut peut-être faire des graines
09:07qui vont pousser beaucoup plus vite.
09:08Moi, je ne crois pas à une inflation
09:10qui soit plus importante
09:11et je ne crois pas à un prix du pétrole
09:12qui reste très élevé très longtemps.
09:15Alors peut-être qu'en fin d'année,
09:16effectivement, il y a beaucoup d'anticipation
09:17maintenant vers 80-90 dollars,
09:19ce qui grèvera les bénéfices par action
09:21d'environ 3-4% sur le marché américain.
09:23Mais je pense que l'inflation est maîtrisée.
09:26Et encore une fois, rappelez-vous
09:26qu'on a les mi-termes en fin d'année,
09:28que Trump n'a aucun intérêt à garder le pétrole très élevé,
09:31l'inflation, il faut qu'elle baisse.
09:32Donc je pense qu'on aura des baisses des taux aux US
09:34et qu'on aura une banque centrale européenne
09:36qui sera feuille blanche cette année.
09:38Donc je ne suis pas si sûr que ça,
09:40que les taux restent élevés
09:42et que ça aide le secteur bancaire.
09:44Donc voilà, ce n'est pas ma vision des choses,
09:46ni d'inflation, ni sur les taux.
09:48Je vois plutôt des taux qui rebaissent également.
09:50David Kruk, la financière de l'échiquier.
09:53Donc on rappelle, le football,
09:54c'est un jeu de balle qui se joue pendant 90 minutes
09:57et à la fin, c'est les Allemands qui gagnent,
09:59sauf hier soir.
10:01Bayern s'est fait battre 5-4 par le PSG.
10:03C'était un match absolument fabuleux.
10:05Absolument fabuleux.
10:06Mais vous, vous nous dites,
10:07non, c'est Wall Street qui gagne à chaque fois en bourse.
10:09Et c'est vrai que la bourse américaine
10:11n'en finit pas de nous étonner là-dessus.
10:13Merci infiniment, David Kruk.
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