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  • il y a 5 mois
Ce mercredi 29 avril, David Kruk, head of Trading Desk chez La Financière de l’Echiquier, s'est penché sur la performance de Wall Street, la publication des résultats des entreprises américaines, et les profits en hausse des grandes banques en Europe, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00David Kruk de la financière de l'échiquier vient de rentrer sur ce plateau. Bonjour David.
00:04Bonjour Antoine.
00:05Comme d'habitude, vous arrivez avec un verdict absolument assumé et irrévocable. Lequel est-il ?
00:12Alors à la fin, c'est toujours le marché américain qui superforme et ça va continuer.
00:16Voilà, on vient d'en parler avec John, évidemment. À la fin, c'est toujours Wall Street qui gagne.
00:20Bon, il y a des hauts débats, mais au final c'est toujours ça.
00:25Qu'est-ce qui vous fait dire ça globalement ? C'est l'histoire ? C'est un sentiment ?
00:30C'est le rôle que Wall Street a comme moteur des économies mondiales ?
00:34On dit souvent ça du football. Ça n'a rien à voir avec hier, mais généralement on dit que c
00:38'est les Allemands qui gagnent au foot.
00:39Oui, à la fin.
00:39Ça m'est venu un peu de ça, mais en l'occurrence ils ont perdu hier.
00:42Non, je trouve que quand on regarde déjà les performances du mois, elles sont exceptionnelles.
00:45On a un plus 9 sur le S&P ce mois-ci, plus 14 pour le Nasdaq ce mois-ci,
00:50tandis que l'Eurostock fait 4,65. Sur la semaine, la semaine dernière, le marché américain a surperformé l'Europe
00:58de 3,8%.
00:59Donc c'est intéressant juste de se pencher pour essayer de comprendre pourquoi.
01:02Mais si on regarde finalement le marché américain, donc à cette forte exposition à la tech,
01:06et les fondamentaux de la tech sont moins sensibles au choc,
01:10on a revu le leadership de la techno revenir très en avance, très en amont.
01:14Les semi-conducteurs, certes, ils consolident un peu, et heureusement qu'ils consolident un peu,
01:19et que c'est 5 qui consolident, mais on a fait quand même 18 séances de hausse de suite.
01:24On est à presque 45% de hausse depuis le début de l'année.
01:28C'est assez exceptionnel.
01:29Donc ce retour du leadership américain qu'on n'a malheureusement pas tant que ça en Europe,
01:33ça c'est le premier point.
01:34Le deuxième point, je vais passer vite, mais c'est sur la position exportateur net d'énergie des Américains.
01:40Bon, ils ont cet avantage que nous, malheureusement, on n'a pas.
01:42On subit de plein fouet les chocs sur des importations.
01:46Le troisième point est plus intéressant quand même, Antoine, c'est les résultats des entreprises quand même.
01:50On est quand même au sixième trimestre consécutif de hausse à deux chiffres de la croissance des bénéfices par action.
01:56Bénéfices, pas des chiffres d'affaires.
01:58Pardon, des bénéfices par action.
01:59Voilà, on est parti déjà de presque 12,6, on est déjà à 15%.
02:04Et sur le tiers des résultats qui ont été portés à l'attention des investisseurs,
02:09on a 80% des sociétés qui battent les anticipations.
02:13Donc ça, c'est quand même un chiffre très élevé.
02:15On était à 74% anticipés.
02:18En Europe, on est probablement autour de 55%.
02:20Donc vraiment des résultats qui sont vraiment probants.
02:23et des price action, ce que font les entreprises le jour même de résultats,
02:27qui ne sont quand même pas si mauvais.
02:28Donc on a vraiment des résultats aux Etats-Unis qui, pour l'instant, tiennent la route
02:31et de façon beaucoup plus concrète qu'en Europe.
02:35Le quatrième point, pour moi, c'est le plus important, c'est la macro, Antoine.
02:39Vous la citez souvent ici, mais la macro est une résilience exceptionnelle.
02:43Je vais juste vous donner un chiffre.
02:45Je regarde beaucoup le City Economic Surprise.
02:47Donc c'est ce qui regarde les surprises économiques dans le monde entier.
02:52Et quand on regarde en Europe, le chiffre avant la guerre était de 20.
02:55Quand on regarde aux Etats-Unis, on était de 30.
02:57Donc on a fait un différentiel de 10.
02:59Deux mois après, où on en est ?
03:01Le City Economic Surprise en Europe, c'est moins 48.
03:04Et c'est plus 12 aux Etats-Unis.
03:06Donc on a un différentiel de surprises économiques, macroéconomiques, de 60.
03:10Donc c'est quand même, on est passé de 10 points à 60.
03:14Si on regarde les PMI, manufacturiers, on est au plus haut depuis 4 ans aux US,
03:18en dessous de 50 en Europe.
03:19Et je passe les retail sales, vous venez d'en parler.
03:21L'IFO est plus bas.
03:22Donc on a vraiment cette macro qui est absolument exceptionnelle.
03:26Et puis le consommateur américain, on en a parlé avec John,
03:29qui est au rendez-vous, qui ne se laisse pas impressionner par le baril cher,
03:32qui continue à consommer avec beaucoup de dettes.
03:36Et là, on a un moteur qui ne s'arrête pas, qui ne cale pas.
03:38Et puis on a justement, si vous voulez parler de ça,
03:40il y a ce fameux wealth effect, le fait que les marchés,
03:43qu'on sous-estime beaucoup, les marchés financiers,
03:46c'est plus juste d'acheter un aspirateur avec.
03:48C'est vraiment, ça fait votre croissance, vous pouvez vous enrichir nettement.
03:53Votre salaire ne vous enrichira pas.
03:55C'est juste, vous payez vos chars.
03:56Clairement, les marchés financiers aujourd'hui sont vecteurs de croissance de vos revenus de façon très nette.
04:02Et vous avez raison, c'est aussi un point supplémentaire.
04:05Parce que le retail aux Etats-Unis, même si le retail en Europe,
04:07les particuliers investisseurs en Europe commencent à prendre une dimension plus importante,
04:12aux Etats-Unis, c'est vraiment une dimension absolument dingue.
04:14Puis à chaque fois, on attend le retour de balancier,
04:17et puis on voit des chiffres qui nous disent,
04:19ah, le vent est peut-être en train de tourner,
04:21les investisseurs américains même commencent à acheter des actifs européens.
04:26Bon, puis au final, oui, on revient au point de départ, c'est Wall Street qui gagne.
04:30Alors, et je finis juste, parce que si vous avez raison, le retail était un point,
04:33et le dernier point, c'était la politique monétaire qui est plus accommodante aux Etats-Unis.
04:37La plupart des brokers voient encore une à deux baisses de taux,
04:40tandis que vous le savez très bien, la baissée, on sera probablement sur une.
04:43Donc, conclusion, l'exceptionnalisme américain est de retour,
04:46et la performance le sera probablement tout au long de l'année.
04:50Bon, voilà.
04:51Ok, on verra retraiter des effets de change aussi,
04:54parce que ça, ça reste un problème.
04:55Pour l'instant, en tout cas, sur cette année, c'est assez égal.
04:58Oui, ça a l'air de tenir.
05:00Alors, vous parlez des résultats d'entreprise,
05:02évidemment, tout le monde a les GAFAM dans les jumelles,
05:05ce soir, il y aura une belle grosse série de publications,
05:09avec Alphabet, avec Meta, avec Amazon, avec Microsoft.
05:12Est-ce que vous en avez une en particulier qui retient plus votre attention que les autres ?
05:16Beaucoup citent Microsoft, comme l'occasion du siècle, c'est une valeur value.
05:21Alors, on voit depuis quelques semaines que le PE est remonté du côté des 30.
05:24Est-ce que c'est vraiment core value par rapport aux autres, etc.
05:28Il y en a une, vous vous dites, là, c'est peut-être celle qu'il faudra retenir ?
05:32C'est une question très difficile, ça, franchement.
05:35C'est vraiment une question compliquée.
05:36Je pense que je vous la pose.
05:37Non, moi, je l'ai regardé par un autre prisme, parce que c'est vrai,
05:40vous avez fait le point juste avant, et c'était extrêmement bien fait.
05:43Mais je l'ai regardé par le positionnement, en fait, avant, en me disant,
05:46est-ce que là où il y a le moindre positionnement,
05:48peut-être que le titre peut avoir le plus d'impact ?
05:49Et là où vous avez raison, finalement, le positionnement le plus faible, c'est Microsoft,
05:53et le positionnement le plus élevé, c'est Google.
05:55Donc, si on doit avoir déception, et que ça peut provoquer une baisse très importante,
06:00ça pourrait être sur Google, si vraiment les chiffres étaient négatifs.
06:02Par contre, sur Microsoft, c'est vrai que le positionnement a beaucoup descendu,
06:06et il y a un positionnement qui est très faible.
06:08Donc, si on avait une mauvaise surprise, je ne suis pas sûr que Microsoft baisse énormément.
06:11Voilà, donc je l'ai pris comme ça, mais peut-être que si je devais,
06:14en tant que trader, jouer un titre, j'irais plutôt sur Microsoft.
06:17Mais je vous donne la tendance, pour être un peu divergent des autres,
06:20en tout cas différenciant des autres, pardon, c'est de jouer plutôt Microsoft.
06:24Et puis, on regardera, on redemandera à Romain Dobry tout à l'heure,
06:28parce qu'il nous avait averti sur les options qui étaient spectaculairement positives
06:33autour d'Amazon, en prévision des résultats.
06:36Là, il n'y a pas intérêt à y avoir de faux pas,
06:37parce que si le marché est pris à contre-pied, là, ça risque d'être très très dur.
06:41C'est le deuxième titre le plus détenu, j'ai regardé Amazon, après Google,
06:44en termes de positionnement juste avant ses résultats, c'est extrêmement détenu.
06:47Et il nous disait, Romain Dobry, que pour l'instant, d'options à la vente de short sur Amazon,
06:52en prévision des résultats, c'était zéro.
06:55C'est-à-dire que l'acheteur marginal, suite aux résultats, il va falloir le trouver.
06:58C'est ça l'intérêt.
06:59Mais c'est vrai que les récits de ces titres aussi, Antoine, ont explosé.
07:02On est passé de 30 à 74.
07:04On est en zone de surachat sur toutes ces valeurs-là.
07:05Maintenant, vous savez, comme je suis, je suis très optimiste,
07:08mais on a besoin d'une petite consolidation,
07:10et peut-être pour ces titres, pour mieux les racheter,
07:12parce que les marchés vont continuer de progresser.
07:14On revient chez nous pour parler des résultats qui sont les plus attendus.
07:18Demain, quand même, les résultats du secteur bancaire.
07:20On a Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole.
07:24C'est d'ailleurs notre question du jour sur les réseaux sociaux qu'on vous pose.
07:28On y répondra à 16h30 dans le Conseil de famille.
07:32Mais évidemment, ça reste parmi les publications trimestrielles
07:35les plus anticipées par le marché.
07:36D'autant plus que ce matin, on a eu Deutsche Bank,
07:39on a eu UBS, on a eu Centender, bénéfice historique.
07:43Avec le Brésil qui marche très bien.
07:44Voilà, avec des relais de croissance un petit peu partout.
07:48Alors cette question, on vous la pose.
07:49Demain, Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole,
07:52qui sera le champion ?
07:53Qui sera l'auteur de la meilleure publication ?
07:56Pas forcément de la meilleure performance en bourse,
07:58mais de la publication la plus spectaculaire
08:01et qui démontrera la meilleure santé.
08:03Vous avez un petit avis là-dessus, David ?
08:04Moi, ce n'est pas la meilleure.
08:05C'est la meilleure performance qui m'intéresse en bourse.
08:07Oui, ça j'imagine.
08:09Je pense plutôt Société Générale.
08:10C'est une belle histoire de recovery.
08:12Et puis c'est la moins chère.
08:13Ça a déjà pas mal remonté, non ?
08:15Ça a pas mal, mais ça reste quand même la banque
08:17la moins chère, en tout cas en France.
08:18Donc avec une belle histoire de recovery.
08:20Et puis quand même une partie retail français
08:22qui marche bien et aussi la banque d'investissement.
08:25Donc j'aurais plutôt Société Générale.
08:27Société Générale.
08:28Bon, je retiens.
08:29Sock Gêne pour vous.
08:32Quand même, on a une situation sur les taux,
08:34on en parlait en début d'émission,
08:35qui devient éminemment compliquée,
08:37qui pourrait avoir un impact
08:38et qui pourrait même avoir peut-être
08:41une certaine forme de retentissement
08:42sur l'action éventuelle des banques centrales à l'avenir.
08:45Parce qu'il s'agit de faire coller
08:47les anticipations de marché avec la politique monétaire.
08:50Est-ce que ça peut être finalement une bonne affaire
08:53pour le secteur bancaire et une source de dynamisme ?
08:55On sait que les taux, c'est le carburant du secteur bancaire.
08:57Et donc à plus long terme, se dire
09:00si on pose des pions maintenant
09:01en fonction des publications
09:02et en fonction des bonnes choses
09:04qui peuvent être annoncées,
09:05ça peut peut-être faire des graines
09:07qui vont pousser beaucoup plus vite.
09:08Moi, je ne crois pas à une inflation
09:10qui soit plus importante
09:11et je ne crois pas à un prix du pétrole
09:12qui reste très élevé très longtemps.
09:15Alors peut-être qu'en fin d'année,
09:16effectivement, il y a beaucoup d'anticipation
09:17maintenant vers 80-90 dollars,
09:19ce qui grèvera les bénéfices par action
09:21d'environ 3-4% sur le marché américain.
09:23Mais je pense que l'inflation est maîtrisée.
09:26Et encore une fois, rappelez-vous
09:26qu'on a les mi-termes en fin d'année,
09:28que Trump n'a aucun intérêt à garder le pétrole très élevé,
09:31l'inflation, il faut qu'elle baisse.
09:32Donc je pense qu'on aura des baisses des taux aux US
09:34et qu'on aura une banque centrale européenne
09:36qui sera feuille blanche cette année.
09:38Donc je ne suis pas si sûr que ça,
09:40que les taux restent élevés
09:42et que ça aide le secteur bancaire.
09:44Donc voilà, ce n'est pas ma vision des choses,
09:46ni d'inflation, ni sur les taux.
09:48Je vois plutôt des taux qui rebaissent également.
09:50David Kruk, la financière de l'échiquier.
09:53Donc on rappelle, le football,
09:54c'est un jeu de balle qui se joue pendant 90 minutes
09:57et à la fin, c'est les Allemands qui gagnent,
09:59sauf hier soir.
10:01Bayern s'est fait battre 5-4 par le PSG.
10:03C'était un match absolument fabuleux.
10:05Absolument fabuleux.
10:06Mais vous, vous nous dites,
10:07non, c'est Wall Street qui gagne à chaque fois en bourse.
10:09Et c'est vrai que la bourse américaine
10:11n'en finit pas de nous étonner là-dessus.
10:13Merci infiniment, David Kruk.
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