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  • il y a 2 semaines
Ce lundi 26 janvier, Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac, et Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, ont échangé leur point de vue sur l'once d'or franchissant les 5 000 dollars, ainsi que sur la semaine importante qui s'annonce avec les GAFAM et la Fed, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous avez l'habitude de ce rendez-vous, deux acteurs de marché, avec Florian Elpo qui sera avec nous dans un instant,
00:07en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier-Ien, et Kevin Tozet qui est membre du comité d'investissement de Carmignac.
00:12Bonjour Kevin. Bonjour M. Braque. Merci d'être avec nous ce matin.
00:16Bon, commençons par l'once d'or, ça y est, les 5 000 dollars sont franchis.
00:19Vendredi, on était à quelques encablures, et là, cette barre symbolique a été touchée en plein milieu de la nuit.
00:26Bon, ça montre quand même aujourd'hui comment les investisseurs sont prudents, c'est-à-dire qu'ils ne vendent pas trop d'actions.
00:32On voit, il y a quand même assez peu de cash en portefeuille, mais on achète des valeurs de la défense, on achète des métros précieux.
00:38Oui, il y a sans doute de ça. Il y a un autre phénomène, c'est que les investisseurs constituent peut-être un peu ce qu'on appelle une forme de barbelle,
00:44c'est-à-dire qu'en face d'investissements risqués, on va dire volatiles, comme les actions par exemple,
00:49on a la recherche d'actifs beaucoup plus sécures, et on a encore réalisé, la semaine dernière, pour ceux qui en doutaient,
00:56que l'actif défensif roi, qui était des obligations émises par des pays souverains bien notés, fonctionne beaucoup moins.
01:04On l'a vu sur les mouvements, par exemple, sur les obligations souveraines japonaises à 30 ans.
01:08Et donc, il y a cette recherche d'actifs de diversification avec l'or.
01:12Donc ça, ça explique sans doute une des raisons pour lesquelles on a passé ce seuil historique.
01:18Il y a une lame de fond qui se met quand même en place depuis 2-3 ans maintenant, c'est qu'on a des acheteurs massifs, institutionnels,
01:27plutôt du côté des banques centrales, plutôt des sociétés, des compagnies d'assurance, par exemple dans certains pays émergents dont vous parliez tout à l'heure.
01:34On a encore une fois vu la Banque centrale de Pologne la semaine dernière acheter massivement de l'or,
01:40et ça, encore une fois, pour une vertu de diversification.
01:43On va chercher d'autres actifs défensifs.
01:45Au point même qu'on a des investisseurs qui se diversifient même dans ces métaux précieux,
01:49puisque l'argent, on est quand même sur un gain de plus de 40% depuis le début de l'année.
01:53On a le palladium également qui est sur un record historique.
01:57Le point en commun quand même de tous ces métaux précieux, c'est qu'en fait aujourd'hui, on peut quand même les acheter très facilement.
02:02Ça, c'est quand même un game changer par rapport à il y a 20 ou 30 ans.
02:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous n'avez pas besoin d'aller dans une boutique d'or pour acheter de l'or,
02:09si je simplifie un petit peu les choses.
02:10Oui, bien sûr. Il y a quand même une palette d'instruments qui peuvent être utilisés.
02:14On a ces fameux ETF sur les actions orifères.
02:18On a des ETC qui sont là aussi, même type de produits, mais sur les matières premières en tant que telles.
02:24On peut aussi acheter des actions de sociétés orifères, faire de la sélection sur ces instruments-là.
02:29Je crois qu'il y a un autre événement qui est intéressant quand même.
02:31Je soulignais le fait que certains acteurs ou des grands acteurs institutionnels au premier rang desquels les banques centrales ont beaucoup acheté d'or.
02:38On a vu la demande d'or à peu près doubler sur les dix dernières années.
02:41Ça, c'est quand même assez extraordinaire.
02:44Dans le même temps, on a vu les particuliers acheter beaucoup moins d'or, en tout cas beaucoup moins d'or en portefeuille qu'ils n'en avaient.
02:49Si je regarde par exemple les ETF, les flux sur les ETF, on est à peu près en termes d'actifs là où ils étaient en 2022.
02:55On peut quand même dire que le monde a quelque peu changé depuis.
02:59Oui, très clairement. Je dis souvent en rigolant quelqu'un qui ne suit pas l'actualité, qui était sur une île déserte et qui regarde aujourd'hui les métaux précieux.
03:07Il se passe quoi ? Il y a une guerre mondiale ? Franchement, c'est quand même parabolique cette courbe de l'or, Florian.
03:12On est quand même passé, en à peine quatre mois, des 4000 au 5000 dollars et donc plus 87% en l'espace d'un an.
03:20Vous qui êtes dans une banque suisse, pendant un moment, on se moquait des gens qui avaient de l'or.
03:23Aujourd'hui, ce sont des génies.
03:24Oui, absolument. À long terme, le rendement de l'or, c'est 4% par année. Globalement, à long terme.
03:29Et on avait accumulé une longue période de sous-performance avant de voir cette période de correction à laquelle on assiste aujourd'hui.
03:35La personne qui était sur l'île déserte, si elle voit le prix de l'or aujourd'hui, elle se dit soit beaucoup d'inflation.
03:41On a eu beaucoup d'inflation, maintenant on en a beaucoup moins.
03:43Soit beaucoup de risques politiques, beaucoup de risques géopolitiques.
03:46Et c'est probablement ce qui tire le prix de l'or aujourd'hui, qui crée, en tout cas qui alimente cette tendance globale.
03:51Maintenant, on a peu de guides en termes de valorisation.
03:56Ce que devrait valoir l'or au vu de l'environnement dans lequel on est aujourd'hui.
04:00L'un des guides, ça reste le niveau des prix aux Etats-Unis.
04:03L'or s'échange contre le dollar.
04:05Donc on peut comparer les deux.
04:06Quand on fait ça, on est à peu près à 200% de surévaluation sur l'or.
04:10Alors ça peut sembler beaucoup, mais on a déjà vu ça.
04:14On a déjà vu ça quand, en octobre 1980, on était également à 200% de surévaluation.
04:19Le prix de l'or était de l'ordre de 50 dollars.
04:22Mais néanmoins, une très forte surévaluation par rapport au fondamental qui est le niveau des prix global.
04:28Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
04:29Ça veut dire probablement qu'il y a quand même un cap à la progression future du prix de l'or.
04:32En tout cas, de ce point de vue-là.
04:34Mais on a beaucoup, aujourd'hui, on a tout un environnement d'outils financiers
04:39qui permettent justement aux investisseurs privés d'alimenter cette tendance.
04:44Et ça, c'est quelque chose de nouveau par rapport à ce dont on disposait dans les années 80.
04:47Donc, il y a un effet sentiment, il y a un effet animal spirit, vous savez, comme disait Keynes,
04:52qui s'est emparé de ce marché-là.
04:54Et disons que le risque géopolitique global, qui est très directionnel,
04:58des États-Unis vers le reste du monde, n'aide pas.
05:00Est-ce qu'il n'y a pas aussi un effet FOMO ?
05:02C'est-à-dire qu'on court derrière cette hausse de l'or, 5 000 dollars aujourd'hui.
05:08Pas évident d'en acheter.
05:10Mais en même temps, quand on regarde les dettes des États,
05:13on peut se dire qu'il n'y a pas de raison aujourd'hui que l'or baisse.
05:16Est-ce qu'on voit également les banques centrales, Kevin le soulignait, qui achètent de l'or ?
05:20C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'or est cher, mais est-ce que demain, il peut redescendre à 2 000 ou 1 500 dollars ?
05:26En soi, il y a assez peu de raisons aujourd'hui.
05:28Oui, et puis historiquement, l'or a assez peu de périodes de baisse brutale.
05:31On a plutôt des plateaux qui se forment, qui sont des plateaux qui peuvent durer jusqu'à une décennie.
05:35Et ça, c'est un élément qu'il faut bien avoir en tête.
05:37C'est justement que le FOMO, il risque d'être ailleurs dans le marché, il risque d'être dans la surprise,
05:41que finalement, ça va peut-être mieux que prévu et que les actions peuvent se mettre progressivement à surperformer.
05:46Alors, depuis le début de l'année, c'est clairement pas le cas.
05:50Et aussi longtemps que ce risque politique va continuer à nous entourer,
05:53ça semble être, comment dire, une façon, une espèce de panacée à mettre en portefeuille.
06:00Et je pense qu'il faut bien réfléchir à ce pourquoi on achète de l'or.
06:04Est-ce qu'on l'achète comme couverture contre le risque d'inflation ?
06:07Est-ce qu'on l'achète comme couverture contre le risque géopolitique ?
06:10Aujourd'hui, c'est devenu une couverture parce qu'il est cher.
06:13Et toutes les couvertures, toutes les assurances ont un prix.
06:16Kevin ?
06:16Oui, je crois qu'on parle de risque géopolitique.
06:22Il y a quand même une forme de multipolarisation du monde aujourd'hui.
06:26Il y avait un actif, je parlais des actifs de la dette souveraine, vous parliez des déficits.
06:28Il y avait un autre actif roi dans la gestion des risques.
06:33C'était le dollar américain.
06:35Il y a quand même une volonté d'aller diversifier ces investissements-là.
06:38Monsieur Liguipo, vous venez de Suisse, je crois.
06:41Il n'y a pas 50 alternatives au dollar.
06:42C'est-à-dire que l'euro, on a nos problèmes et on pourra en reparler.
06:47Le yen japonais a aussi le tien.
06:50Il n'y a pas vraiment d'armée, en tout cas pas d'armée autonomement indépendante au Japon.
06:54Donc, ce n'est pas évident de trouver une alternative au roi dollar.
06:56Et l'or, clairement, en fait partie.
06:59Alors, l'or est chèrement valorisé.
07:01Je crois que le franc suisse aussi.
07:02C'est-à-dire que toutes ces devises, tous ces actifs de diversification,
07:07ils sont très recherchés.
07:10S'il reste une matière première, il y a quand même aussi une dynamique d'offre et demande.
07:14Je dis que la demande a été multipliée par deux en 10 ans.
07:16L'offre a cru de 10 % en 10 ans.
07:18Donc, on voit aussi des équilibres qui se forment sur cet actif-là.
07:22Alors, bien sûr, chaque client a son profil.
07:26Mais c'est quoi aujourd'hui la place de l'or dans les portefeuilles chez Lombard-Rodier ?
07:30Alors, pour la partie institutionnelle, pour les grands clients instits,
07:33cette part, elle est très faible.
07:35Les fonds USITS sont régulés et font qu'on n'a pas le droit de détenir
07:39de lignes directes de matières premières à l'intérieur des portefeuilles.
07:42Un élément qu'il faut bien avoir en tête.
07:44Aujourd'hui, ça doit représenter à peu près, sur un portefeuille bien diversifié,
07:47d'ordre de 3 à 4 %, en ordre de grandeur, pour un client institutionnel.
07:52Sachant qu'il y a quelques années, on était proche de zéro.
07:54Donc, 3 à 4 %, ce n'est pas grand-chose, mais c'est quand même une progression notable.
07:57Oui, ça représente à peu près l'exposition qu'on va avoir dans un indice BECOM,
08:02un indice classique qui contient de l'or, mais pas qu'une grande partie d'énergie, principalement.
08:07Voilà pour cette réaction sur l'once d'or qui a franchi la barre symbolique des 5 000 dollars.
08:11La semaine sera importante, on le disait en début d'émission,
08:14avec les résultats des GAFA, mais également la Fed, des résultats également d'entreprises.
08:19Du côté de l'Europe, avec demain LVMH ou encore mercredi à ASML.
08:24Du côté de Carmignac, comment vous appréhendez un petit peu ces résultats d'entreprises,
08:28vos attentes concernant aujourd'hui ces résultats trimestriels
08:33qui devraient à nouveau être contrastés entre l'Europe et les États-Unis ?
08:37Oui, et puis après, il y a quand même un autre phénomène,
08:39c'est que les résultats du quatrième trimestre, c'est aussi le moment de faire des projections
08:44sur l'année à venir, de motiver un petit peu les troupes, en interne et sur les marchés.
08:50Donc on va sans doute plus se caler sur la prospective que sur les résultats en tant que tels.
08:58La question est comment est-ce qu'on aborde cette saison-là ?
09:03Le marché, il l'aborde tout le temps avec prudence.
09:05C'est-à-dire que, voilà, vous parliez des GAFA tout à l'heure,
09:08le surcroît, ou en tout cas la prime de valorisation de ces grandes entreprises du secteur technologique,
09:14elle doit être à peu près de 10% par rapport au reste du marché.
09:16Là aussi, on est revenu sur des niveaux qui prédatent 2022,
09:21et même l'annonce en grande pompe de Tchad-GPT.
09:25Donc il y a quand même une certaine forme de prudence.
09:28Le secteur technologique américain, cette année, c'est le secteur qui enregistre
09:32la plus mauvaise performance au sein du S&P 500.
09:36Donc une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on anticipe sur cette saison de résultats
09:40et sur ces grandes entreprises du secteur technologique ?
09:42Je crois que pour des entreprises, notamment une entreprise comme Meta,
09:45le parent de Facebook, il y a quand même, et plus globalement pour tous,
09:50les fournisseurs de grands centres de données, il y a quand même une problématique
09:54qui est que, on parlait de la hausse du prix de l'or,
09:56il y a quand même beaucoup d'actifs qui s'apprécient,
09:59et beaucoup de matières premières qui s'apprécient,
10:00le premier rang duquel le cuivre, le prix des semi-conducteurs aussi,
10:04et ça veut dire quoi ?
10:05Ça veut dire que ces grands acteurs du secteur technologique,
10:07ils sont un peu preneurs de prix.
10:08Et donc il y a quand même ce risque-là de les voir, on va dire,
10:11de voir leur marge se dégrader, parce que pour construire un centre de données,
10:15ça coûte plus cher que par le passé,
10:17ne serait-ce que parce qu'il y a le prix de cette matière première,
10:21qu'elle soit technologique ou physique.
10:23Donc ça c'est un élément auquel il conviendra de faire attention.
10:27Il y a un deuxième élément, c'est que ce sont quand même des grands groupes
10:30qui étaient ce qu'on appelle asset light, qui avaient assez peu d'actifs,
10:33et qui se retrouvent à construire des choses.
10:35Et comme on dit à Paris et ailleurs,
10:37les travaux on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit.
10:39Et c'est quand même pas tout à fait le même métier,
10:43et là aussi il y a en plus de ça quand même un risque d'exécution.
10:46Ce qu'il faudra regarder, c'est bien le retour sur investissement,
10:49de ces dépenses d'investissement, premièrement.
10:54Et ça, ça va surtout affecter ces grands constructeurs de centres de données.
10:59Je crois que du côté de ceux qui fournissent,
11:01qui sont plutôt en amont de la chaîne de valeur,
11:03on pense notamment à DNVIDIA, DSMC et autres,
11:07ça devrait quand même mieux se passer globalement.
11:10Et l'autre grande question, ce sera, si je regarde l'autre bout du spectre,
11:13ce sera les fournisseurs de logiciels, on a Microsoft qui publie également,
11:17qui eux sont clairement estimés comme étant les laissés pour compte
11:20de cette révolution numérique, cette révolution de l'intelligence artificielle.
11:26Là aussi, je n'en suis pas convaincu, on s'attend quand même à une croissance
11:28des résultats assez importante pour Pierre Microsoft.
11:31Et puis il y a quand même une vraie valeur à être l'acteur principal en place.
11:36Je crois qu'on a entendu Société Générale, par exemple,
11:38qui a dit il y a quelques années de ça, qu'ils allaient faire leur propre outil
11:42d'intelligence artificielle, et il y a quelques semaines,
11:44ils ont laissé entendre qu'ils allaient basculer sur 18 outils en place.
11:48Donc c'est un peu comme ça que je regarde la saison de résultats
11:50sur les acteurs du secteur technologique américain.
11:56Pour LVMH, je crois que ce qui va se jouer,
11:59c'est de mettre 2025 de côté, laisser ça derrière nous,
12:04ce ne sera pas une bonne année, des ventes en baisse, des résultats aussi,
12:09et on va essayer de se projeter en espérant qu'on guide sur une stabilisation
12:14de la demande chinoise, je crois que la solidité de la demande américaine
12:17est quand même assez bien intégrée par tout le monde.
12:20Grâce notamment à Wall Street, cette affaire richesse qui aide Florian
12:23du côté des États-Unis, la consommation des ménages les plus aisés.
12:27Quand vous regardez les niveaux de valorisation de la tech américaine,
12:30Florian Yelpau, comment vous les regardez, comment vous les appréhendez ?
12:33Il y a débat aujourd'hui.
12:35J'entends certains investisseurs estimer que la tech américaine est chère,
12:37d'autres disent qu'on est sur des valorisations en moyenne
12:41qui sont sur des plus bas historiques, car il est vrai que Amazon
12:44ne fait rien sur un an, Microsoft également, certes Alphabet a doublé
12:48en l'espace de 7 ou 8 mois, mais aujourd'hui, la tech américaine
12:53n'a pas le même prix partout.
12:54Comment aujourd'hui vous vous positionnez par rapport à cela ?
12:56Au-delà de la tech américaine, on parle juste des actions américaines
12:59qui sont largement dominées par cette thématique,
13:01qui ont 30% en tout cas de la market cap du S&P aujourd'hui,
13:04c'est la technologie.
13:05La meilleure des réponses que je puisse vous donner,
13:09à mon sens, c'est qu'on est très contents aujourd'hui
13:12d'avoir dans nos portefeuilles des actions américaines.
13:14On est très contents, mais on serait très inquiets
13:16de n'avoir que des actions américaines.
13:18C'est-à-dire que, oui, il y a un paradoxe à la valorisation,
13:21oui, c'est très difficile aujourd'hui de se dire,
13:23d'arriver à mesurer très précisément
13:26quelle doit être la bonne valeur des actions américaines.
13:29Si vous voulez vous faire peur, allez regarder ce qu'on appelle le CAPE,
13:34qui est l'indicateur de Schiller, de valorisation des actions.
13:37C'est très facile d'arriver à se rendre très inquiet vis-à-vis de la valorisation.
13:42Regardez l'indicateur de Buffett,
13:44qui rapporte la capitalisation de marché au PIB des États-Unis.
13:47Ça n'a aucun sens.
13:49Les entreprises dont on parle sont exposées internationalement.
13:52Tout rapporter au PIB américain n'a aucun sens.
13:55Mais vous allez vous donner des sueurs froides
13:57parce que vous allez atteindre des niveaux de valorisation
14:00qui sont de l'ordre du percentile.
14:02On est dans des niveaux de valorisation extrêmement élevés de ce point de vue-là.
14:06Si on regarde juste le PER, Price on English tout simplement,
14:09on est dans des niveaux qui sont relativement en ligne
14:12avec la borne haute de ce qu'on a pu observer au cours des cinq dernières années.
14:16Le problème, c'est que ce secteur nous a habitués à des surprises de earnings
14:20quasi constantes, de l'ordre de 10%, assez facilement.
14:24Et cette surprise continue, un fait que ce qui avait l'air cher hier,
14:29du fait de nos mécaniques de valorisation,
14:31était en fait tout à fait dans la monnaie et tout à fait acceptable.
14:33Donc probablement qu'on est encore dans ce cas-là.
14:35Mais cette saison des résultats, elle est peut-être justement ce mouvement de bascule
14:39d'un narratif, d'une thématique de marché
14:43à une source de P&L, à un retour sur investissement
14:47vis-à-vis du CAPEX, vis-à-vis des normes investissements
14:51qui ont été déployés aujourd'hui aux Etats-Unis.
14:54Donc c'est ce à quoi on va être attentif dans cette saison des résultats
14:57et probablement dans les trois prochaines.
14:592026, c'est probablement l'année de la question du P&L autour de la tech.
15:02En tout cas, TSMC a publié ses résultats il y a quelques jours.
15:05Je sais que chez Carmignac, c'est l'une des valeurs les plus détenues en portefeuille.
15:08Bon, ça se passe bien quand même, TSMC.
15:10C'est quand même de bon augure pour NVIDIA.
15:12Le titre NVIDIA n'arrive plus à battre des records.
15:15Mais quand vous écoutez encore Jansang Yang, qui était la semaine dernière à Davos,
15:18il vous dit, la demande, elle est là.
15:20Alors, NVIDIA bat des records en termes de croissance des ventes,
15:24en tout cas en termes de volume des ventes et de volume de résultats.
15:27En termes de prix...
15:29On est un peu sur un plateau.
15:29Peut-être un peu sur un plateau, mais elle bat quand même des records.
15:33Quand on est investisseur fondamental comme on l'est,
15:36c'est plutôt l'occasion d'aller en racheter.
15:39Comme vous le soulignez, ça veut dire qu'on l'achète globalement moins cher
15:41que ce qu'on a pu l'acheter par le passé.
15:44Comment est-ce qu'on voit ce contexte-là ?
15:46Je repars sur cette idée du barbeau,
15:50c'est-à-dire qu'on tient deux bouts de la chaîne,
15:52ceux qui sont en amont de la chaîne de valeur,
15:53ceux qui sont plutôt en bas de la chaîne de la valeur,
15:55et on a un peu plus de prudence au milieu.
15:57Donc concrètement, sur la semaine,
16:00Apple, on s'attend pas à une croissance incroyable des ventes,
16:043-4% je crois attendu.
16:06Ça reste ce qui va sans jour te faire bouger l'action,
16:10ce sera la demande d'iPhone 17.
16:14Sur Meta, la question encore une fois, c'est la monétisation,
16:18parce qu'il y a beaucoup d'investissements qui sont faits.
16:21Vous parliez de ces taux de croissance
16:22qui ont largement porté ces actions américaines,
16:25ces actions du secteur technologique.
16:26Il y en a un autre, c'est le rachat d'actions.
16:28Et quand même, au bout d'un moment,
16:30quand on investit beaucoup,
16:32peut-être qu'il y aura moins de rachats d'actions
16:33que ce qu'on a pu avoir par le passé.
16:36Et donc sur les trois,
16:37si vous me demandez sur laquelle j'ai la plus grosse conviction
16:38sur ces trois valeurs,
16:40quatre si je rajoute LVMH qui est plus plus dans la semaine,
16:42ce serait Microsoft pour moi.
16:44Ça ressemble à quoi aujourd'hui un portefeuille chez Carmignac ?
16:46C'est quoi l'allocation pour débuter l'année ?
16:48Face à l'or qui est sur des plus hauts historiques,
16:51face au plan de relance allemand.
16:54Ça n'a pas déjà été joué aujourd'hui,
16:56le plan de relance allemand ?
16:57J'en suis pas convaincu,
16:59mais en tout cas,
17:00je crois que l'environnement,
17:02la largesse budgétaire,
17:05ou manque d'austérité budgétaire,
17:06si on regarde ce qui se passe
17:07un peu plus près de ce plateau ici,
17:10ça veut dire quoi ?
17:11Ça veut dire globalement
17:12qu'on va avoir une croissance économique
17:13qui devrait être soutenue.
17:15On rajoute à ça des dépenses d'investissement importantes
17:17dans les infrastructures en Allemagne,
17:21dans la défense un peu partout,
17:24et dans l'intelligence artificielle,
17:26dans le secteur technologique.
17:27Ça donne quand même un environnement
17:28qui est plutôt propice, on va dire,
17:30à la prise de risque,
17:31ou au marché d'action,
17:31ou au résultat des actions.
17:33C'est-à-dire que si j'ai de la croissance économique,
17:35aller autour de 3%,
17:36on a des chiffres d'inflation cette semaine
17:37en zone euro,
17:38qui devraient être relativement stables,
17:41ça veut dire de la croissance nominale,
17:42ça veut dire que ça se retrouve
17:43dans les résultats des entreprises.
17:44Ça veut dire quoi ?
17:45Ça veut dire qu'on a 40% à peu près
17:47d'exposition nette à des marchés d'action
17:48dans un portefeuille diversifié
17:50comme Carbignac Patrimoine.
17:51Donc ça, je crois que ce volet-là
17:52est quand même bien intégré
17:53et bien intégré par beaucoup d'investisseurs,
17:56ou de plus en plus d'investisseurs
17:57de par le monde.
17:59La question, c'est
18:00qu'est-ce qu'on met en face de ça,
18:04sachant qu'on l'a indiqué,
18:07les taux souverains
18:07et les taux souverains à long terme,
18:08sans doute moins.
18:10On parlait de risque géopolitique,
18:13dans nos jargons obligataires,
18:14ça a un nom,
18:14ça s'appelle la prime de terme,
18:16c'est-à-dire l'appétit
18:16pour les obligations.
18:17Quand il y a un risque géopolitique
18:19important lié à un État,
18:21avant c'était surtout
18:21des États émergents,
18:22maintenant c'est aussi
18:23des États développés,
18:25on est plutôt défiant
18:26vis-à-vis de ça.
18:26Donc qu'est-ce qu'on met
18:27en face de ça ?
18:28De l'or, toujours,
18:29on a 3% d'actions orifères
18:31dans ce même portefeuille,
18:32en équivalent or physique,
18:34ce sera à peu près le double
18:35si je regarde le bêta
18:35de ce type d'instrument-là.
18:38Et en face de ça,
18:39qu'est-ce qu'on a ?
18:39On a des actions émergentes,
18:40on a de la dette émergente,
18:41parce que c'est là
18:42qu'on va trouver
18:42du rendement globalement.
18:45Et puis sur les actions,
18:47on parlait des valeurs américaines,
18:49du secteur technologique,
18:50c'est très bien,
18:51il faut avoir des actifs
18:51qui vont mieux se comporter en face.
18:53Vous avez des secteurs
18:54qui ont été complètement délaissés
18:55en face de ça,
18:56je pense notamment
18:57à la consommation de base,
18:58qui a une corrélation négative
18:59au secteur technologique américain,
19:01et donc ça veut dire quoi ?
19:02Ça veut dire que ça peut bien fonctionner
19:03si on devait avoir
19:04une mauvaise surprise.
19:06Le mot de la fin,
19:07pour Florian,
19:08parce qu'il nous reste une minute
19:09spread là,
19:10entre la France et l'Allemagne,
19:12qui revient sur des plus bas
19:12de juin 2024,
19:14c'est-à-dire qu'on a des investisseurs
19:15qui sont plus prudents
19:16là sur le boune quand même.
19:17Voilà, c'est ça,
19:18c'est qu'il y a deux raisons possibles,
19:20soit c'est parce que la France
19:21est devenue un meilleur élève,
19:22soit c'est parce que l'Allemagne
19:23recule dans le classement de la classe,
19:25et clairement l'Allemagne recule
19:26dans le classement de la classe,
19:27c'est-à-dire que l'Allemagne
19:28va émettre de la dette
19:29comme le Japon va émettre de la dette,
19:31et ce mur de dette
19:31fait remonter des taux à long terme.
19:32J'ai envie de vous dire ça,
19:33on le savait,
19:34on ne l'a pas découvert vendredi ?
19:35Non, bien sûr,
19:36ce qu'on est en train de découvrir par contre,
19:37c'est que la régionalisation s'intensifiant,
19:41on risque de devoir dupliquer
19:43un certain nombre d'éléments
19:44de la chaîne de production mondiale,
19:46qui auparavant été concentrée
19:47dans d'autres pays,
19:48plus on a ce risque,
19:50comment dire,
19:50on a ce besoin de réarmement aujourd'hui,
19:52en tout cas c'était comme ça
19:53que c'est communiqué,
19:55et qui va également coûter cher.
19:56Donc, attention à la réformation
19:59justement de cette prime de terme
20:00qui est particulièrement vicieuse,
20:02en tout cas pour les expositions
20:04à durations longues,
20:05et si j'ose rajouter un élément,
20:07une façon de diversifier
20:08ce risque géopolitique,
20:09c'est également de diversifier
20:10ces expositions en termes de monnaie
20:11au travers du marché d'action.
20:13On adore les actions européennes
20:14ces temps,
20:14on aime beaucoup les actions suisses,
20:16c'est un tropisme local évidemment,
20:17mais un investisseur étranger
20:18bénéficierait en plus
20:19de l'aspect diversification de la monnaie.
20:22Et on commence à regarder
20:22les actions japonaises,
20:24comme je le mentionnais ce matin,
20:25qui aujourd'hui sont intéressantes
20:28en termes de valorisation,
20:29en termes de taux réel négatif
20:30à court terme,
20:31et en termes de réponse
20:32aux stimulus fiscales.
20:33Merci beaucoup à tous les deux,
20:34on est pris par le temps.
20:35Kevin, en un mot ?
20:36Et diversification via le Yen,
20:38qui est un actif très défensif
20:40et très peu valorisé.
20:41Absolument.
20:41Kevin Tozet,
20:42qui est membre du comité
20:42d'investissement de Carmignac,
20:44et Florian Yelpau,
20:44qui est en charge
20:45de la macroéconomie
20:46chez Lombard-Rodier.
20:47Merci à tous les deux
20:48de nous avoir accompagnés.
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