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  • il y a 12 heures
Christophe Bavière, co-directeur général d'Eurazeo, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 18 mars. Il est revenu sur le rythme de cession d'Eurazeo en 2025 et a abordé leur regard sur les marchés avec le contexte actuel, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h45 sur BFM Business et sur RMC Live. Notre invité ce matin c'est Christophe Bavire. Bonjour, vous êtes le
00:05co-directeur général de Razéo.
00:0739 milliards d'euros d'actifs sous gestion. Vous avez autour de 250 entreprises accompagnées à divers degrés.
00:13Puis sur différents niveaux, il y a Deezer, il y a Romazon, La Swede, mais il y en a évidemment
00:17plein d'autres.
00:18Vous venez de publier vos résultats et votre feuille de route, vos résultats que la bourse n'a pas aimé.
00:23On va en reparler sur votre titre. Moins 10% le premier jour après la publication.
00:28Pourquoi ? Parce qu'il y a beaucoup de sessions à faire et que le marché est compliqué, notamment pour
00:34les sorties.
00:35Comment vous regardez aujourd'hui le marché, notamment sur la valorisation des entreprises qui ont pu être des licornes auparavant
00:41et qui aujourd'hui peuvent être en difficulté ?
00:43Alors c'est indéniable que le contexte est ce qu'il est. Il est le contexte international et il y
00:51a aussi une contamination un tout petit peu sur le marché américain
00:54qui est un marché qui est un petit peu plus tendu que le nôtre, que le marché européen sur le
00:58plan du private equity.
00:59Mais aujourd'hui, vous nous interrogez sur le rythme de sortie, le rythme de sortie de nos entreprises.
01:03Nous, notre job chez Eurasio, on est une pépinière entrepreneur, on les finance, on les aide à grandir et à
01:11un moment donné, on les cède.
01:12Quand vous regardez le rythme de cession d'Eurasio en 2025, on est revenu sur 20% de rotation, donc
01:19on a à peu près 20% de nos entreprises et on est retourné sur des moyennes historiques.
01:24On est revenu à un rythme relativement normal.
01:26Donc aujourd'hui, sur le plan de la base fondamentale de notre métier, c'est bien d'investir et de
01:32financer les entreprises, c'est bien de les accompagner, mais à un moment donné, il faut sortir.
01:35Sur ce plan-là, aujourd'hui, la preuve du concept sur Eurasio, elle n'est pas abîmée du tout, au
01:40contraire, elle se confirmerait plus tôt avec les résultats de 2025 et 2026, ça se prépare à la sortie d
01:45'une entreprise.
01:46Aujourd'hui, on a un pipe, en bon français, d'entreprise que nous préparons à une session, à passer le
01:52témoin à un autre acteur, à un autre fonds d'investissement et les choses se présentent très bien.
01:56Mais c'est autour de 7 milliards ce qu'il faut céder encore aujourd'hui.
02:00À peu près, effectivement.
02:02Le marché est prêt pour absorber ça.
02:03Vous avez vu l'ensemble de nos sorties en 2025, on les a vendus à 2,1 fois, donc à
02:09plus de deux fois le prix de revient.
02:11Nous les avons vendus systématiquement avec une revalorisation par rapport au prix que nous avions dans nos livres.
02:16Et donc le rythme aujourd'hui, il est particulièrement bon.
02:20Et Eurasio a cet avantage que nous finançons des entreprises de manière relativement diversifiée.
02:25Nous les finançons sur l'ensemble de l'Europe.
02:26Et quand les entreprises arrivent à un certain degré de maturité, organiser la session, qui est souvent de passer le
02:33relais à un autre fonds d'investissement, ça va se faire en 2025.
02:36Vous n'avez pas dû baisser un certain nombre de valorisations parce qu'on entend, notamment dans certains fonds, parfois
02:41des réinjections d'argent pour gonfler un peu artificiellement les valorisations,
02:45parce qu'on n'arrive pas à vendre, parce que le timing est compliqué.
02:48Il y a des licornes d'il y a 5 ans dont on n'entend plus parler. Comment vous regardez
02:51le marché ?
02:52Eh bien, en 2025, chez Eurasio, effectivement, nous avons annoncé que nous avions pris un certain nombre de mesures de
02:57prudence sur un certain nombre de nos entreprises pour tenir compte du contexte.
03:01Donc oui, nous faisons ça.
03:03Effectivement, nos résultats, ils affichent le fait qu'il y a eu, nous avons pris un certain nombre de provisions
03:08sur un certain nombre d'entreprises, nous avons pris des mesures de prudence.
03:11Mais ça n'empêche pas que lorsque nous les vendons, il y a une chose qui est d'être prudent
03:15à un certain moment.
03:16Le contexte, c'est ce qu'il y a. Et puis, il y a une chose qui est de pouvoir
03:18extérioriser les plus-values au moment où nous les cédons.
03:21Et sur ce plan-là, en 2025, à prouver qu'on le faisait, encore une fois, plus de deux fois
03:26la mise sur les entreprises qui avaient été sorties en 2025.
03:29Et en 2026, nous avons aujourd'hui un pipe, nous avons aujourd'hui un certain nombre de dossiers sur lesquels
03:34nous travaillons, sur lesquels nous sommes confiants.
03:36Beaucoup de dossiers en portefeuille sur les logiciels.
03:38On a vu à quel point c'était compliqué ces derniers temps, avec les annonces sur l'IA, avec des
03:43entreprises qui ont été balayées sur le plan boursier.
03:46Est-ce que vous avez des inquiétudes sur ce segment de marché ?
03:49Il faut raison garder.
03:51Nous, nous finançons des entreprises qui génèrent du chiffre d'affaires, mais qui génèrent aussi des profits.
03:57Et nous finançons des entreprises, quand nous les achetons, elles sont à des niveaux de valorisation qui sont relativement raisonnables.
04:03Même qui sont, si on parle de l'Europe, très raisonnables.
04:06Et là, il y a eu des valorisations, en particulier sur le marché américain, sur certaines entreprises, dans les logiciels
04:12et dans l'intelligence artificielle,
04:13qui sont parfois un petit peu difficiles à comprendre.
04:15Nous parlons, nous, d'entreprises en Europe que nous accompagnons.
04:19Le prix d'entrée, il est très différent de ce qu'on voit aux Etats-Unis.
04:22Et surtout, ces entreprises, elles dégagent pas seulement du chiffre d'affaires, elles dégagent des revenus, elles dégagent du cash.
04:29Et aujourd'hui, notre sentiment très profond, c'est que ces sociétés-là, elles sortent lorsqu'il y a besoin
04:34de les sortir.
04:35Sur le crédit privé, vous avez à peu près 10 milliards d'euros d'actifs sous gestion.
04:39C'est 30% de l'activité.
04:40Il y a aujourd'hui des craintes sur ce marché, dont on dit qu'il ferait autour de 2 000
04:44milliards de dollars,
04:44qui avaient pris le relais, parfois, de ce que faisaient les banques.
04:48Quand on voit aujourd'hui les demandes de retrait qui ne peuvent pas aboutir, comment vous regardez le marché ?
04:53Alors, deux choses.
04:53D'abord, le marché de la dette chez Eurasio, c'est effectivement 10 milliards.
04:56Donc, dans court sous gestion, nous prêtons à des entreprises.
05:00Et nous prêtons à des entreprises pour une stratégie qui est très claire.
05:03Le cœur de ce que nous faisons dans la private dette, c'est du buy and build en bon français.
05:07Ça consiste à aider des entreprises françaises, leaders dans leur domaine en France ou ailleurs en Europe,
05:12d'acheter leurs concurrents partout en Europe.
05:14Donc, vous avez au point de départ un leader local.
05:16Et quand vous la revendez 5 ans plus tard, vous revendez un leader européen.
05:20Et si vous avez le vent dans le dos, un leader mondial de son secteur.
05:22Pour faire ça, c'est un marché de la dette qui est incroyablement sain.
05:26Aujourd'hui, nos entreprises, le dernier fonds que nous sommes en train d'investir,
05:30nous avons fini de le lever et nous sommes en train de l'investir,
05:32il s'appelle Eurasio Prev, dette numéro 7.
05:35Quand vous regardez le degré moyen de levier,
05:38à quel niveau nous prêtons de l'argent aux entreprises,
05:40aujourd'hui, c'est 4,1 fois l'EBITDA.
05:43C'était une stratégie que nous ont pu plus de 25 ans avec la même équipe,
05:47qui a eu un taux de défaut incroyablement bas.
05:49On est très, très, très, très loin de certains excès qui peuvent se produire
05:53sur un marché qui est plus ancien, plus mature, plus excessif parfois que le nôtre.
05:57Mais il y a des excès.
05:58Sur le marché américain, avoir des sociétés financées à deux fois ça, c'est assez courant.
06:02Pas sur le marché sur lequel est Eurasio, qui finance des PME, des ETI européennes,
06:08qui rachètent une par une de leurs concurrents régionaux
06:10et qui vont vers le statut de leader européen de leur secteur.
06:13Donc il y a eu trop de risques pris sur le marché américain
06:16par rapport à ce que vous faites, vous, en Europe, si je comprends bien ?
06:18Il y a plein de stratégies dans la dette.
06:19La dette, c'est un marché incroyablement riche.
06:22La stratégie sur laquelle se concentre Eurasio, c'est une stratégie très saine
06:26sur laquelle vous accompagnez de la croissance externe d'entreprises.
06:30Vous pouvez vous dire, si l'environnement est moins bon,
06:33que vous freinez un petit peu, vous avez le droit de...
06:34Mais nous avons systématiquement une place au conseil de surveillance.
06:39Ça peut être une non-voting site, mais nous avons systématiquement une place
06:43au conseil d'administration et nous accompagnons ces entreprises
06:47et nous gardons un niveau de leverage qui est remarquablement raisonnable.
06:52Aujourd'hui, il y a des concentrations dans le marché du private equity.
06:55Comment vous vous situez là-dedans ?
06:56Vous n'êtes pas énorme par rapport à des acteurs américains.
06:59Vous pensez qu'il faut vous consolider ?
07:01Vous rapprochez d'autres acteurs ?
07:03D'abord, Eurasio croit naturellement suffisamment.
07:06Nous avons de très bons fondamentaux.
07:08Nous avons levé l'année dernière 5,5 milliards.
07:11Nos encours sous gestion, vous l'avez dit,
07:12ils commencent à flirter les 40 milliards.
07:14Donc Eurasio n'est pas condamné à aller rechercher de la croissance ailleurs.
07:18Après, dans l'histoire d'Eurasio,
07:20il s'est trouvé effectivement que nous avons regroupé nos forces
07:25avec ce qui a été pendant un temps au fibre private equity
07:28et ce qui a été pendant un temps id'invest.
07:30Ça a plutôt bien marché.
07:32Donc nous ne sommes pas fermés à cela.
07:34C'est vrai qu'on voit qu'aujourd'hui, pour une entreprise comme Eurasio,
07:38il faut d'abord couvrir l'Europe d'une manière la plus complète possible.
07:41Donc il faut ouvrir des bureaux partout.
07:43La taille compte un peu.
07:44Mais nous ne sommes pas désespérés à nous dire que
07:48si une opportunité se présente,
07:51si nous sommes capables de la transformer dans quelque chose d'aussi positif
07:54que ce que nous avons fait précédemment, nous le regarderons.
07:56C'est quoi le plus gros risque pour vous, à court terme,
07:59vous qui êtes dans un métier de long terme ?
08:01C'est le dollar quand il est trop bas ?
08:05C'est les taux d'intérêt qui montent trop fort ?
08:08C'est les investisseurs qui, tout d'un coup, eux, ne gardent pas la tête froide ?
08:12C'est quoi ?
08:13Le plus gros risque, c'est le manque de confiance de l'Europe
08:18et de la France parfois en elle-même.
08:20C'est cette espèce d'auto-flagellation permanente
08:24qu'a le contexte parfois macroéconomique européen
08:28et français en particulier,
08:29de ne pas croire dans la qualité des entrepreneurs que nous avons chez nous.
08:34Vous avez reçu il y a quelques jours Antoine Lebrun de Émile
08:36vous avez vu la qualité de l'innovation
08:39qui est encore produite en France en particulier.
08:42Vous avez vu les entreprises comme Aromazone
08:45qui viennent d'annoncer ses résultats
08:47plus 51% de croissance de ses ventes
08:50qui est devenue une des marques préférées des Français.
08:52Vous avez vu dans l'histoire d'Eurasio
08:54ce que nous avons adossé
08:55et ce que nous avons accompagné.
08:57Et pour vous c'est ça le plus gros risque ?
08:58Le plus gros risque aujourd'hui ?
08:59C'est l'Europe bashing.
09:02Une mesure toute simple qui s'est produite il y a quelques jours.
09:04On vient de créer ce qu'on appelle EU Inc.
09:06C'est-à-dire que maintenant,
09:07vous avez un statut de jeune entreprise européenne
09:10avant les start-up européennes
09:12quand elles réussissaient dans un pays
09:13pour aller basculer dans un autre pays.
09:14C'est la croissance.
09:16Ça c'est une super bonne nouvelle.
09:18Ça c'est une super bonne nouvelle.
09:19Et le fait, le risque,
09:20c'est qu'il est enfin temps
09:21que l'Europe se mette à croire en elle-même.
09:25Il est enfin temps que notre épargne,
09:27nos capitaux,
09:28nous les mettions au travail d'entreprises européennes
09:31et Eurasio on est spécialisé
09:32sur une catégorie particulière d'entreprise.
09:34Ce qu'on appelle le small admin market,
09:36c'est des PME, des ETI
09:37qui ont fait basculer au statut de gros...
09:40C'est typiquement pour vous.
09:41Et ça c'est typiquement pour nous.
09:42Et l'Europe aujourd'hui,
09:43nous, ce qu'il nous faut nous,
09:45c'est ce qu'on appelle
09:46les champions cachés de l'Europe.
09:48Il y en a énormément.
09:50Vous avez vu que France Invest,
09:51rien que pour la France,
09:52a annoncé que l'année dernière,
09:53l'ensemble du private equity
09:54avait financé 3000 entreprises.
09:55Mais il y a beaucoup plus
09:57que 3000 entreprises passionnantes
09:59qui méritent d'être financées en Europe.
10:01Donc le plus gros risque aujourd'hui,
10:02c'est que parfois,
10:04l'Europe est dans l'auto...
10:06C'est dans l'Europe bashing.
10:07L'Europe bashing elle-même.
10:09Merci beaucoup Christophe Bavière
10:10d'être venu ce matin
10:11dans la matinale de l'économie.
10:12Je vous remercie.
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