- il y a 6 semaines
Ce lundi 20 avril, Frédéric Simottel a reçu Stéphane Zibi, consultant spécialiste en transformation numérique et en IA, Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de "Mon Carnet de l'actualité numérique", et Philippe Dewost, fondateur de Phileos et cofondateur de Wanadoo. Ils se sont penchés sur l'utilisation de l'IA Mythos par la NSA malgré la liste noire du Pentagone, près de la moitié des titres mis en ligne sur Deezer chaque jour générés par l'IA, et la relance du duel entre Blue Origin et SpaceX, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:04Allez, on se retrouve, débrief de la tech, voilà cet horaire un peu particulier ce soir.
00:08Et oui, nous recevions Laure Closier avec des étudiants, recevait tout à l'heure Bruno Bazin, le patron de Saint
00:14-Gobain,
00:14et Patrick Pouyenne, le patron de Total Energy, sur beaucoup de sujets.
00:17Tiens, ils ont parlé aussi, IA et Startup, vous pouvez les écouter en replay.
00:20Nous, on est ensemble jusqu'à 21h30 avec Stéphane Zibi, consultant spécialiste en transformation numérique et en IA,
00:27Bruno Guilien-Minetti, à distance, journaliste et animateur de mon carnet de l'actualité numérique.
00:31Bruno est à Montréal et Philippe De Vos, fondateur de Phileos et co-fondateur de Wanadu.
00:36On a parlé d'OpenAI, on vous a parlé de ce semi-marathon gagné par un robot
00:40et tout ce que ça entraîne derrière dans le monde de l'industrie et de la robotique.
00:46Là, on va revenir sur cette actualité, c'est la NSA, vous savez qu'il y a eu l'armée
00:52américaine,
00:52l'administration, le Patagone, je cherchais le terme, voulait utiliser Anthropik,
00:57Anthropik a dit non, non, on ne veut pas que vous utilisiez notre IA.
01:00Du coup, OpenAI s'était dit mais nous, ça ne nous dérange pas.
01:03Et puis finalement, tout ça s'était un peu emmêlé avec beaucoup de com' autour de ça.
01:08Et puis finalement, là, on apprend que la NSA, donc la National Security Agency, utiliserait l'IA, l'IA Mythos.
01:15Donc ça révèle des tensions internes sur l'isage des IA avancées dans des contextes sensibles,
01:19la sécurité, la défense, la surveillance. Et l'affaire illustre surtout l'accélération de l'adoption de l'IA
01:24par les agences, parfois justement en contournant des cadres politiques.
01:28Comment il faut regarder ça, Stéphane ?
01:29Alors oui, on en avait déjà quelques indices parce qu'on sait qu'Anthropik et Claude en particulier
01:34avaient été utilisés pour la capture du président vénézuélien Maduro,
01:37qu'il y a eu aussi l'utilisation d'Anthropik et de Claude pour avoir certains éléments
01:43pour quand les États-Unis ont fait l'attaque en Iran il y a quelques semaines de cela.
01:49Néanmoins, on le savait, Palantir...
01:52Palantir est utilisé notamment pour la politique anti-migrants aussi.
01:56Exactement, donc Gango Palantir est quand même très implanté dans l'administration américaine
02:01et il utilise parfois l'outil ou les meilleurs outils qui sont pour telle ou telle mission.
02:07Donc utiliser Claude n'est pas quelque chose de surprenant pour Palantir, etc.
02:13Donc en plus qu'ils utilisent le nouveau modèle qui lui-même a été, pas retiré, mais qui a été
02:19un peu mis en...
02:21Bridé.
02:21Bridé, oui, mais qui a été mis un peu de côté.
02:24Il a dit, attendez, on le lance d'abord auprès de tous les gros Google...
02:27Oui, bridé n'est pas le terme.
02:28On l'a mis...
02:29On met de côté, on attend que les grands réparent déjà les failles qu'on a réussi à faire
02:34parce qu'en gros, c'est tous les systèmes d'information dans le monde, bancaires et autres, les plus sécurisés
02:39qui passent.
02:41En Europe, toutes les fédérations bancaires se sont inquiétées.
02:44Aux Etats-Unis, tous les grands patrons étaient invités à venir à la Maison-Blanche pour discuter un peu,
02:49en disant, attention messieurs, est-ce que vous êtes en train de sortir ?
02:52Déjà, sans mythos, on s'est fait pirater tous nos cartes d'identité.
02:55Oui.
02:56Ça, c'est un autre sujet.
02:57Mais ce que je veux dire, en fait, c'est vrai que ce qui se passe actuellement est vraiment un
03:00vrai cas de Suisse-Belly.
03:01Et ce qui est en train d'arriver, c'est qu'Entropic a été quand même interdit d'être dans
03:07la chaîne d'approvisionnement,
03:08comme ils appellent ça...
03:09Donald Trump avait même dit, banni de tout contrat avec armé.
03:12Et que ceux qui travaillaient avec eux, ils étaient bannis au niveau militaire.
03:16C'était même un tweet du secrétaire d'État américain.
03:20Donc, quand même, c'est pas...
03:21Voilà, donc en gros, quand même, on était au niveau...
03:23Surtout qu'on connaît le poids aux Etats-Unis de l'investissement de tout le système,
03:28l'écosystème militaire de renseignements dans ces technologies.
03:33En fait, ce qu'il y a, ce qui est juste, c'est qu'en gros, on voit que l
03:35'administration américaine,
03:36d'un côté, blacklist, et de l'autre côté, l'utilise.
03:38Et en fait, ceux qui l'utilisent, on voit quand même que le meilleur modèle,
03:41c'est finalement ceux proposés par Anthropique.
03:44Et il y a une sorte de...
03:46Finalement, qu'est-ce que ça entraîne ?
03:48Ça entraîne un désamour de Tchad-GPT, avec moins de 24 heures, moins de 300%,
03:52plus de 300%, pardon, de défacement.
03:58L'outil de...
03:58Des cocktails Mottoff lancés sur la maison de Samaltman.
04:01Samaltman, en plus, parce qu'il passe pour des traîtres et pour des fabricants d'armes,
04:06ou je ne sais quoi.
04:07Et derrière, Anthropique, avec Claude, qui devient numéro un de l'App Store,
04:10avec cet outil en plus de transfert de Tabéboire, Tchad-GPT, vers Claude,
04:14qui était très malin, et qu'en moins de 60 secondes, il y avait tout ton historique
04:17qui pouvait éventuellement passer.
04:19Non, c'est un paradoxe total, c'est que c'est un concurrent direct d'OpenEI
04:23qui est en train d'acheter des puces Google en même temps,
04:26tourne vraiment aussi sur Google.
04:28Donc, comment dire...
04:29Pour moi, c'est un truc...
04:30Pour moi, Anthropique, c'est un...
04:32C'est quasiment...
04:33Tout est en train de se passer en ce moment, pardon,
04:36pour qu'Anthropique devienne la boîte tendance pour travailler,
04:39la boîte tendance pour qu'on utilise...
04:41Pour les développeurs.
04:42Pour les développeurs, pour tout.
04:43Ils ont sorti Claude Design, qui est une véritable tuerie.
04:47Je ne sais pas si vous avez essayé, mais...
04:49Il y a Figma qui en a pris un coup sur la tête.
04:51Ils viennent de tuer.
04:52Claude Design, dis-nous, qui fait...
04:54Tu peux tout faire, tu peux tout designer, tout...
04:56Ah oui, avec les PowerPoint et tout ça.
04:58Exactement, plus que ça, oh là là !
04:59Alors, Philippe, et puis ensuite, on ira Outre-Atlantique avec Bruno,
05:04qui a certainement beaucoup de choses à nous dire aussi sur ce sujet-là.
05:06Philippe.
05:08Première remarque, l'NSA fait ce qu'elle veut depuis toujours,
05:10qu'on sache qu'elle existe ou pas.
05:13Deuxième remarque, Anthropic est une US-personne au sens juridique du terme,
05:16et c'est toujours dans ces moments-là qu'on s'aperçoit
05:19qu'avoir des champions mondiaux chez soi et sous sa juridiction, pardon,
05:25c'est quand même un avantage utile.
05:27La souveraineté, elle commence là.
05:29Elle ne commence pas dans les déclarations.
05:31Et puis, on se souvient aussi, comme je crois que c'est Turchin qui écrivait ça,
05:37que les États-Unis sont un complexe militaro-industriel abrité par une constitution.
05:43Une fois qu'on a dit ça...
05:45On le voit vraiment, on a l'exemple concret en ce moment,
05:48oui, devant nos écrans, tragiquement.
05:49Absolument.
05:50Et la raison pour laquelle Anthropic avait émis des réserves
05:56et a été l'objet d'un bras de fer avec la présidence Trump,
06:00c'était le fait qu'ils ne souhaitaient pas que leur modèle soit utilisé
06:04pour de la conduite d'armes autonomes sans supervision humaine.
06:07Ça, c'était la première ligne rouge.
06:10Et la deuxième ligne rouge, c'était pas de surveillance domestique de masse.
06:15Ça n'empêche pas, encore une fois,
06:17le gouvernement et les agences américaines de s'intéresser de très près à ce qu'ils font
06:22et d'avoir la compétence pour le faire et les tester.
06:26Et on est dans un moment où tout le monde...
06:32On est dans une course aux armements, à ces armes invisibles, quoi.
06:36On est dans une course aux armements
06:38dont le terrain de jeu est celui de la cyber.
06:41Comme Stéphane le rappelait tout à l'heure,
06:44aujourd'hui, si on veut mettre par terre un pays,
06:46c'est pas très compliqué.
06:47Il suffit de piquer toutes les données de ses citoyens.
06:49Ça, c'est fait.
06:50Il suffit d'accéder...
06:51On parle là de...
06:52On parle de piratage de la NTS.
06:54La NTS.
06:54On parle de la NTS, maintenant France titre.
06:57Mais moi, je préférais la NTS
06:58parce que dans la NTS, il y avait sécurisé.
07:01Mais un gros piratage, c'est 19 millions de profils qui ont été...
07:05Non, à l'adresse.
07:06Tout ce qui permet d'établir des documents d'identité.
07:11Donc, vous vous en prenez aux infrastructures énergétiques
07:15et surtout, vous mettez par terre les systèmes et les réseaux.
07:18D'où l'enjeu de la cyber.
07:20Et d'où l'enjeu...
07:21Et le positionnement au départ de Mythos et de ce projet
07:27avec une quarantaine d'entreprises
07:31dont le nom de code est Glass Quelque Chose.
07:33Mais vous allez m'aider pour trouver...
07:34Glass Wing.
07:35Voilà, Glass Wing.
07:36Oui, il y a CrowdStrike, Microsoft...
07:38Pour faire un premier inventaire de ce qui serait trop fragile
07:43avant de pouvoir aller plus loin.
07:45Donc, on est dans un moment très, très particulier.
07:47Bruno, ton regard, justement, outre-Atlantique au plus proche, justement,
07:52de... pas très loin de Washington.
07:54Quelque part, c'est toi le plus proche de Washington, de nous tous.
07:58C'est sûr que ce matin, j'avais...
08:00Bien, ce matin, quand j'ai entendu parler de cette histoire-là,
08:02j'avais une bonne pensée pour les gens
08:04qui s'occupaient des campagnes de communication d'Enthropic
08:06parce qu'ils avaient tellement eu l'occasion
08:09de lécher l'image de l'entreprise par rapport à la compétition.
08:13Puis quand ils ont justement présenté Mythos et les capacités,
08:17en disant, oui, mais vous savez, c'est tellement puissant
08:19que nous, on a réservé cet outil-là uniquement aux gros joueurs
08:22qui vont l'utiliser pour s'assurer que leur système est béton.
08:25Là, c'était beau, c'était noble.
08:28Là, du jour au lendemain, quand on commence à voir une histoire
08:31que la NSA, dans les bureaux, l'utilise
08:34pour faire son travail de recherche, d'enquête,
08:37probablement pour mener ou préparer certaines opérations,
08:40là, je ne suis pas certain que ça fait l'affaire des gens
08:44des communications d'Enthropic, c'est une chose.
08:46Mais de l'autre côté aussi, et là, c'est le roman politico
08:50qu'on a suivi à l'époque de ce conflit entre Enthropic
08:54et la Maison-Blanche, c'est de voir à quel point
08:57ça a été politique et uniquement politique.
09:01Il y a quelqu'un qui, à la Maison-Blanche,
09:02qui voulait montrer des gros bras, parce que quand on se rend compte,
09:06l'armée a quand même demandé, et le ministère de la Défense américaine
09:09a quand même demandé, exigé de pouvoir utiliser
09:13tous les outils d'Enthropic pendant six mois.
09:16Puis parallèlement, il y avait d'autres agences qui disaient,
09:18puis évidemment, elles ne se sont pas vantées de la chose,
09:19mais l'information s'est ébrutée entre-temps.
09:22Et on continuait à utiliser différents outils d'Enthropic.
09:25Et là, on a la confirmation que la NSA fait de même de son côté
09:29avec l'outil le plus amouti d'Enthropic, qui est hyper puissant.
09:35Alors, ce ne sont pas des bonnes nouvelles pour l'entreprise qui...
09:38Bruno, ça veut dire que toutes ces chartes éthiques,
09:42elles ne sont plus crédibles quand les entreprises essaient d'ériger,
09:46enfin, notamment face à...
09:48En tout cas, c'est pour ce qui se passe en Amérique du Nord.
09:52Et tu vois mon punch.
09:53C'est là où j'allais.
09:54Là, ce qu'on vient de faire, c'est qu'on vient de faire
09:57tomber un château de cartes avec ça.
09:59Et j'avoue que c'est peut-être une bonne nouvelle
10:02pour les gens d'Open Air qui passent un mauvais quart d'heure,
10:04mais ce n'est pas une bonne nouvelle pour la société en général.
10:07Monsieur, un dernier mot.
10:08Là-dessus ?
10:08Non, en fait, ce qui se passe, là, on va rentrer dans des...
10:12On parlait des robots qui couraient,
10:14qui deviennent de plus en plus agiles.
10:15On parle d'IA qui se rentrent dans des questions quand même
10:19qui vont au-delà de ce qu'on pouvait imaginer il y a quelques temps.
10:22C'est une accélération quand même de dingue
10:24de ce qui est en train de se passer.
10:26Les personnes qui seront à la tête de boîtes d'IA
10:31et ou de robots, suivez mon regard,
10:34qui sont en capacité d'avoir des batteries très puissantes,
10:37sont peut-être les futurs plus grands dictateurs
10:40ou potentiellement dictateurs.
10:41On n'aura pas besoin d'avoir un territoire,
10:43on n'aura pas besoin d'avoir des élections.
10:45Il y en a un, en tout cas,
10:47je crois qu'il a été convoqué aujourd'hui en France par la justice,
10:50qui a tous les éléments pour pouvoir être un parfait dictateur.
10:53Ça nous fait penser à ces méchants dans les James Bond
10:56pour celui qui est un jour allé dominer le monde.
10:58Il a peu le look aussi, remarquable.
11:00Oui, alors je ne suis pas si inquiet vis-à-vis de lui.
11:05Enfin, en tout cas, il faudrait qu'Optimus gagne un marathon.
11:09Et pour l'instant, c'est quand même loin d'être fait.
11:13Non, on vit un moment très bizarre,
11:16mais qui me fait penser un petit peu
11:18à ce qui s'est passé au moment de la crise sanitaire.
11:20C'est-à-dire qu'il y a un moment où un danger est tel
11:23qu'on fait tomber plein de garde-fous
11:25parce qu'il ne faut pas...
11:27Parce qu'il y a une urgence, on se dit.
11:28Voilà, il y a une molécule qui est un peu interdite en labo,
11:31mais qu'on utilise aux urgences
11:32parce que c'est les urgences, on veut s'y préparer.
11:37Et on est dans ce même moment.
11:40Le vrai sujet, c'est comment est-ce qu'une administration,
11:46un État, dispose de gouvernance
11:49et de systèmes de garde-fous et de contrebalanciers
11:53qui permettent d'éviter de partir justement
11:57dans des dictatures ou dans des approches de type dictature
12:01en bypassant absolument tous les mécanismes de contrôle.
12:05Je ne dis pas qu'il faut contrôler plus et être trop lent.
12:07Ce que je dis, c'est qu'à l'inverse,
12:09on voit très bien que la tactique consiste à agir tout de suite
12:12parce qu'on sait que derrière,
12:14les procédures administratives et la justice,
12:17auront trois mois de retard structurellement,
12:20c'est le jeu dangereux auquel se livrent
12:21certains locataires dans certains grands pays occidentaux.
12:25En tout cas, on le voyait parce que c'est Léa Benahim,
12:28la journaliste qui nous aide évidemment à préparer cette émission.
12:31On a regardé cet après-midi sur la presse américaine,
12:34cette histoire de NSA Diamitos,
12:36ils sont tous dessus.
12:37Les Américains, on voit quand même qu'il y a cette prise de conscience là-bas.
12:40Prise de conscience aussi en France,
12:42parce que je ne sais pas si vous vous êtes au courant,
12:44mais près de la moitié des titres générés par jour sur Deezer sont faits par l'IA.
12:55C'était 20% il y a un an.
12:57Alors cette explosion inquiète les auteurs
12:58qui ont peur de se retrouver noyés sous toutes ces chansons,
13:02ce flot de chansons frauduleuses.
13:04Alors Deezer a mis en place depuis un an quelques garde-fous.
13:08On va voir avec quel succès.
13:11On écoute ce que nous en dit Nathan Cocampo
13:14et on en reparle ensuite entre nous.
13:17Chaque jour, 75 000 morceaux entièrement générés par IA
13:20arrivent sur Deezer, créés pour détourner les droits d'auteur,
13:23mais ils ne sont écoutés par personne,
13:25car la plateforme a développé son propre outil de détection.
13:28Résultat, 13 millions de titres ont été signalés l'an dernier,
13:31comme le résume Alexis Lanternier, son directeur général.
13:33On va les sortir des algorithmes de recommandation
13:36pour éviter cette logique de fraude
13:39qui essaie de faire semblant que des gens écoutent la chanson
13:41pour qu'après elle soit recommandée.
13:43On met un petit tag qui identifie ces chansons comme IA.
13:45Donc la somme de ces mesures fait qu'on a moins d'un pourcent
13:48des streams qui sont sur des chansons IA.
13:50Pas question pour autant d'interdire ces morceaux
13:52pour ne pas passer à côté des rares exceptions non frauduleuses
13:55générées avec l'IA.
13:57Conserver une liberté d'écoute tout en protégeant les auteurs,
14:00le français montre que c'est possible
14:01et regrette ne pas être suivi par ses concurrents.
14:04Il y a peut-être un sujet pour toutes ces plateformes
14:05pour qui les Etats-Unis sont un pays très important,
14:09qui sont majoritairement implantés là-bas.
14:12Il y a peut-être une atmosphère actuelle
14:14qui fait que faire quelque chose
14:16qui pourrait freiner le développement de l'IA
14:18soit mal perçu, notamment par les pouvoirs politiques, etc.
14:22En attendant un éventuel mouvement collectif,
14:24la plateforme a choisi de vendre sa technologie de détection
14:27aux ayants droit ou encore à des sociétés comme la SACEM.
14:31Stéphane, 75 000 titres chaque jour postés sur Deezer
14:34sont générés par l'IA.
14:35C'est la moitié, il y a 150 000 titres,
14:37ce qui m'a paru beaucoup déjà.
14:38Moi aussi, ça me parait beaucoup.
14:39Mais 150 000 titres par jour, c'est ce qu'il nous dit.
14:43J'ai plusieurs choses à dire,
14:44mais là, il y a une chose quand même qui est importante.
14:46Je me souviens, une des premières fois
14:47où on a essayé d'utiliser l'IA dans la partie artistique,
14:52on s'est mis à vouloir créer une 214e chanson des Beatles
14:57à partir des 213 premières.
14:59On l'a écouté, ça ressemblait à des Beatles,
15:02ça pouvait sonner comme des Beatles,
15:04mais ce n'était pas des Beatles,
15:05parce qu'il manquait quelque chose, un peu d'âme,
15:06la sensibilité humaine qui est, je pense,
15:08difficilement reproductible
15:10par les différents moteurs de création de musique.
15:13Mais ça s'écoutait quand même.
15:14Ça s'écoutait, mais ça s'oubliait surtout.
15:17Ça s'oubliait, donc ça, il faut dire les choses.
15:19Ils avaient essayé de faire la même chose avec Vermeer,
15:20créer un beau tableau.
15:21Bon, c'était comme du Vermeer,
15:23mais ce n'était pas du Vermeer.
15:24Donc, en gros, c'est vrai que c'était un petit peu particulier.
15:27Moi, j'ai deux choses.
15:27Quand j'ai écouté le directeur général de Deezer,
15:29j'ai pensé pendant une demi-seconde,
15:31tiens, il veut faire une petite...
15:32passer pour le Robin des Bois,
15:34comme anthropique, etc.
15:35Et peut-être qu'il veut marquer le coup, etc.
15:38Mais il faut dire les choses comme elles sont.
15:39Il y a eu un numéro un au Billboard
15:40avec un chanteur un peu country.
15:43Oui, c'est-à-dire Velvet, Sunshine Velvet,
15:47un nom comme ça.
15:50Donc, on sait que ça peut avoir...
15:53que les gens peuvent l'écouter, l'entendre
15:54et peuvent le porter en haut.
15:57Et derrière, il y a de la monétisation.
15:58Rappelons-le.
15:59C'est pour ça que je vais y venir.
16:01Je vais y venir, parce que bon, quand même.
16:03Mais il faut aussi penser...
16:04Je reviens sur les Beatles.
16:05Il faut aussi penser que le dernier morceau officiel des Beatles
16:08a été créé grâce à l'IA.
16:10Parce qu'on avait pris une petite cassette de John Lennon.
16:12On avait réussi à isoler sa voix du piano
16:15qui était tout pourri jusqu'à présent.
16:16Ils n'avaient jamais réussi.
16:17Ils ont repris une petite séquence de George Harrison
16:19où il avait joué à la guitare.
16:20Et les deux derniers vivants ont complété.
16:21Et donc, on avait un vrai titre des Beatles grâce à l'IA.
16:25Il y a aussi...
16:26Moi, je sais, j'ai une amie qui est avocate en plus,
16:28qui a composé une très belle chanson en plus.
16:30Très belle chanson.
16:31Elle me l'a fait écouter.
16:31Je l'ai trouvée super.
16:32Donc, on peut avoir des bonnes surprises grâce à l'IA.
16:34Donc, il ne faut pas jeter l'IA.
16:36L'IA comme on ne va pas le jeter l'IA dans le cinéma.
16:39Disney a annoncé qu'une partie de son film
16:40dernière production va être avec de l'IA.
16:42C'est comme l'arrivée des effets spéciaux.
16:44Il faut simplement que le...
16:45Le retour de Valkymeur.
16:48Non, mais justement, c'est exactement ça.
16:49Et c'est qu'en gros, je pense que le problème de la musique,
16:52ça a toujours été un milieu qui n'a pas su évoluer avec son temps.
16:56Quand il y a eu Napster, oh là là, va des rétros.
16:58Quand il y a eu Spotify, oh là là, va des rétros.
17:00Maintenant, quand il y a l'IA, va des...
17:01Non.
17:01Voilà, il faut savoir jouer avec, bien.
17:03Et je pense que peut-être, on pourrait avoir de très bonnes surprises
17:06dans ces 75 000 titres.
17:10Bruno, il y a une minute.
17:12Oui, bien, dans ce dossier-là, moi, je suis un peu partie prenante
17:15parce que j'utilise beaucoup, depuis trois ans,
17:19des outils pour faire mes transitions musicales,
17:22surtout que les productions, même des thèmes,
17:23des émissions que je produis.
17:25Et donc, dans ce contexte-là, moi, je suis plus agré.
17:28C'est ça, c'est ça?
17:29Exact.
17:30D'accord.
17:31Et Suno, où je passe, pour ne pas le nommer,
17:33où je passe énormément de temps.
17:35Et c'est devenu un point tel où même les gens
17:37qui écoutent mes productions, de temps en temps,
17:39me demandent, mais à quel endroit je peux écouter ça?
17:43Puis là, je suis en train de réfléchir,
17:45à commencer à publier cette musique-là.
17:47Ce sont des instrumentaux, on s'entend.
17:49Je ne vais pas chanter personne avec ça.
17:51Mais parce qu'il y a un intérêt.
17:53Ça fait partie du paysage auditif qu'on a.
17:56Et il y a une clientèle pour ça.
17:58Mais on s'entend.
17:58Ça représente peut-être 1 à 3 % de toute l'écoute
18:02qui se fait, par exemple, chez Deezer.
18:04Mais il y a un marché pour ça.
18:06Et si on regarde les autres plateformes de Spotify
18:09et Apple Music, qui sont moins regardantes,
18:13qui font moins la police sur leur plateforme,
18:18il y a de la place pour ça.
18:19Alors moi, je trouve que c'est simple de permettre
18:22à des gens qui créent ce type de musique-là,
18:24comme les gens qui font, par exemple,
18:26de l'électro-acoustique, qu'ils soient disponibles là.
18:29Puis à partir de là, c'est à l'auditeur.
18:32Si la musique lui plaît, c'est la personne qui va entendre,
18:34qui va faire que ça va devenir un succès ou pas.
18:37Mais chose certaine, je ne voudrais pas que ça soit interdit.
18:40Eh bien, écoute, on attendra tes productions en France.
18:43Parce que tu sais, ici, les artistes canadiens dans la musique sont...
18:46On en connaît une plus particulière qui arrive à l'automne prochain.
18:51Voilà, tu pourras prendre sa suite.
18:53Ils sont très attendus.
18:54Risques de saturation culturelle, baisse de qualité,
18:57pas forcément, finalement, quand on pense à ça, Philippe.
19:01Je suis assez partagé là-dessus.
19:03Parce que je pense que la vraie question,
19:06qui est un peu soulevée d'ailleurs dans l'intervention du patron de Viseur,
19:09c'est la lutte contre la fraude.
19:11C'est les nouvelles fermes de contenu.
19:14Ce ne sont plus des fermes de contenu web,
19:15ce sont des fermes de contenu audio.
19:17Il se trouve qu'il y a une caisse automatique
19:19qui est le mécanisme de redistribution en fonction des écoutes.
19:23Donc, permettre de découvrir des choses dans des catégories originales
19:27pour ceux qui ont envie de tester très bien.
19:31Je pense surtout que là où le volume vient noyer la production originale,
19:37j'imagine que c'est beaucoup plus dans les playlists automatiques
19:40où une fois qu'on a épuisé ce qu'on avait envie d'écouter,
19:43le truc continue tout seul en musique de fond
19:45et donc on commence à compter des écoutes de morceaux
19:47qui n'ont absolument pas été choisis.
19:50C'est une playlist au calme, une playlist rock'n'roll,
19:54c'est tout ça où ils vont aller chercher ces titres-là.
19:56À ce moment-là, on n'est déjà presque plus dans la musique,
20:02on n'est plus dans la recherche d'ambiance.
20:06Ce n'est pas la même chose que de dire
20:08j'ai envie d'écouter un artiste, un album
20:10ou des artistes dans tel type, dans tel style de musique.
20:16J'ai envie de revenir dans les années, début des années 2010,
20:19peu importe.
20:20Là, c'est autre chose.
20:21Si tu veux écouter un truc calme, effectivement,
20:23quel que soit le gong...
20:26La musique d'ascenseur.
20:27Voilà, exactement.
20:29Pour l'histoire, ce que je voulais dire,
20:30par rapport à la monétisation,
20:32en effet, c'est sûr que plus il y a des coûts,
20:34plus l'artiste est censé être rémunéré,
20:36ce qui est la logique.
20:38Si on part quand même de quelque chose d'initial,
20:41le point initial quand même,
20:42c'est la création artistique et l'inspiration.
20:45Si la personne n'est pas derrière le prompt,
20:47et Bruno en est un exemple,
20:49pas un exemple,
20:49mais si la personne n'est pas derrière le prompt
20:51et qui lui produit une première chose,
20:53ça ne me plaît pas, je veux comme ci, je veux comme ça,
20:55c'est une forme de création.
20:56Au lieu d'avoir des claviers
20:57et une guitare
20:59ou un violon,
21:00là, on a un clavier d'ordi.
21:02Depuis quand l'informatique est rentrée dans la musique ?
21:04Depuis très longtemps.
21:05Ce n'est pas quelque chose de surprenant.
21:08Donc moi, je pense,
21:09c'est sûr que le nombre est un peu important,
21:11qu'on peut avoir un effet de masse
21:12qui peut être un peu dérangeant.
21:15Et c'est vrai que le chiffre, moi,
21:16m'a un peu surpris.
21:17Mais globalement,
21:20l'IA ne va jamais remplacer les artistes.
21:21Je l'ai un peu évoqué
21:23avec la tentative sur les Beatles.
21:25Par contre,
21:25parfois, on peut avoir une bonne surprise,
21:27c'est comment refuser ?
21:28En fait, c'est ça,
21:29je n'aime pas qu'un secteur entier
21:31refuse de progrès.
21:32Et comme il est coutumé du fait,
21:34je sais qu'il y a eu un accord
21:35avec Suno, avec Universal,
21:37qui semblait aller un peu dans le bon sens.
21:39Bruno peut-être le connaît un peu plus que moi,
21:40mais je sais qu'ils allaient là.
21:41Pour la première fois,
21:42il y a eu quelque chose qui avait été fait,
21:44il me semble.
21:45Encore une fois,
21:46au point, on est en danger du spam.
21:47Oui, oui, bien sûr.
21:48Ah oui, oui, voilà.
21:49Allez, tout dernier sujet,
21:50il nous reste un peu moins
21:51de 3-4 minutes là, ensemble.
21:53Blue Origin,
21:53donc Blue Origin,
21:54c'est la société de Jeff Bezos,
21:56spécialisée dans cet univers du New Space,
22:00qui est vrai évidemment en duel
22:02avec SpaceX.
22:04Alors là, première chose,
22:05donc la fusée New Glenn,
22:06elle s'est bien envolée.
22:08Super, le booster,
22:09le propulseur est revenu sur Terre,
22:11ça c'est quand même une performance.
22:12Alors, SpaceX,
22:14oui, en plus sur une petite plateforme,
22:16dont SpaceX le fait depuis,
22:17depuis quelques années,
22:18mais quand même,
22:19voilà, un nouveau y arrive.
22:21Bon, un succès un peu nuancé,
22:23puisqu'il y avait un satellite
22:25qui devait être mis en orbite,
22:27qui s'appelait Blue Bird Set
22:28de la société AST,
22:30qui lui, malheureusement,
22:31il a été mal orbité,
22:32donc voilà,
22:33c'était trop bas,
22:34il a dû être détruit,
22:36bon, tout ça,
22:36il y a des assurances derrière,
22:37etc.
22:38Mais voilà,
22:39on a quand même ce Blue Origin,
22:40alors qu'il montre
22:41qu'il a une certaine fiabilité,
22:42mais il n'a pas la performance.
22:44Comment, très rapidement,
22:45Stéphane, tu veux dire ?
22:46Moi, en fait,
22:47ce que j'imagine,
22:48c'est qu'on peut éventuellement
22:50personnifier cette bataille,
22:51c'est Bezos versus Musk,
22:52on va dire,
22:53d'une certaine manière,
22:54mais sauf que la NASA
22:55et les Américains ont besoin des deux,
22:56parce qu'ils ont beaucoup de besoins.
22:57Donc, moi,
22:58je pense que ce n'est pas plus mal
22:59pour les Etats-Unis,
23:00et tant mieux pour eux.
23:00C'est vrai que c'est de la technologie,
23:02et c'est vrai que ça fait baisser
23:03de façon drastique
23:04les coûts de lancement des satellites,
23:06parce qu'avant,
23:06les lanceurs se désintégraient,
23:08il fallait les reconstruire,
23:09donc c'est quand même quelque chose.
23:11Néanmoins,
23:12voilà,
23:12je reste quand même,
23:14en plus,
23:15par rapport aux investissements d'Amazon,
23:17qui n'est plus un simple vendeur de bouquins,
23:19comme autant d'Alapage,
23:21je me souviens,
23:22parce que c'est Waladou
23:23qui l'avait racheté d'ailleurs,
23:25si je me souviens bien,
23:27ce n'est plus un vendeur de bouquins,
23:29ils rachètent le Globecast,
23:30le satellite militaire,
23:33et maintenant ils sont sur ça,
23:35voilà,
23:35beau succès,
23:36ce n'est pas surprenant.
23:37Philippe,
23:38très rapidement ?
23:40On est très très loin encore de la cadence,
23:42ce qui fait la force de SpaceX aujourd'hui,
23:44c'est le fait que je crois que 90% de la masse
23:47qui est envoyée en orbite,
23:50je parle de la masse,
23:52de New Glenn,
23:53non,
23:5490% de la masse des machins qu'on envoie en l'air
23:57sont envoyées par des fusées SpaceX,
23:58alors ça comprend évidemment leur Starlink,
24:01mais ils ont atteint un tel taux de cadence
24:03qu'ils ont une efficacité sur la chaîne complète,
24:06y compris dans le recyclage,
24:07moi ce que j'ai compris dans le cas de New Glenn,
24:08c'est qu'ils avaient dû changer 4
24:10des 7 moteurs de booster,
24:12donc ils ont encore du chemin à faire,
24:14et ils ne pourront faire ce chemin
24:16que s'ils arrivent à avoir des cycles d'éclairation
24:20suffisamment proches.
24:22Donc il leur manque encore un peu de maturité industrielle,
24:25et puis le client,
24:26il avait quand même acheté un satellite au bon endroit,
24:28au bon moment.
24:30Le client n'a pas eu ce qu'il voulait.
24:31Non, là c'est râpé,
24:32et malgré toutes les assurances,
24:33il y a quand même un satellite qui ne fonctionne pas,
24:35enfin qui ne fonctionne plus,
24:36qui ne fonctionne pas.
24:37Sur les temps,
24:37c'est très très bien que SpaceX est un concurrent,
24:39ce qui va peut-être lui éviter,
24:41ou en tout cas différer l'antitrust.
24:43Bruno, ton regard,
24:44c'est toi qui concluras?
24:46Ben SpaceX est tellement en avance
24:47que les gens de Amazon ont passé un contrat avec eux
24:51pour envoyer leur satellite dans l'espace.
24:54Je pense que ça dit tout.
24:56Puis pour ACT,
24:57bon ben heureusement pour eux,
24:59il y avait seulement un satellite,
25:00ils pouvaient en mettre 10,
25:01ils ont décidé d'en mettre un.
25:02Ça a été la bonne décision,
25:03et puis l'assurance paiera les prix.
25:07C'est tout.
25:07Oui, donc on voit,
25:08voilà, c'est un début de fiabilité,
25:10mais encore beaucoup de retard
25:11par rapport à la fusée SpaceX,
25:12puis n'oublions pas nous,
25:13Européens,
25:14avec Ariane Espace,
25:15la fiabilité,
25:16on est plutôt bon.
25:17On est bon.
25:17Maintenant, c'est une cadence
25:19qu'on aimerait retrouver.
25:20Messieurs,
25:21merci infiniment
25:22d'avoir déjà veillé un peu plus tard
25:24que d'habitude.
25:25Stéphane Zibi,
25:25consultant spécialiste
25:26en transformation numérique et en IA.
25:28Bruno,
25:29Gullien Minetti,
25:30journaliste animateur
25:30de mon carnet de l'actualité numérique.
25:32À lire,
25:33avec ce regard,
25:33je le dis si malicieux
25:34sur Notre Tech,
25:36mais aussi très,
25:37avec des indices très pointus.
25:38Et Philippe De Vost,
25:39merci à toi Philippe,
25:40fondateur de Phileos,
25:41co-fondateur de Waladou.
25:43On a encore plein.
25:44On aurait pu parler
25:45de plein de sujets
25:45de cybersécurité.
25:46On en reparlera certainement
25:47à l'occasion ensemble.
25:48Allez,
25:49excellente soirée
25:50sur BFM Business.
25:51On se retrouve demain.
25:52Là,
25:52on récupère notre horaire classique,
25:5419h30.
25:54Ne nous manquez pas,
25:55mais si par hasard,
25:57vous nous manquez,
25:57on est en podcast,
25:58on est en replay.
25:59Excellente soirée
25:59sur BFM Business.
Commentaires