00:01Une situation qui est toujours fragile au Moyen-Orient, au Proche-Orient.
00:06Pour analyser tout cela ce matin, c'est Florian Yelpo, qui nous accompagne depuis Genève,
00:10en charge de la macroéconomie chez Lombard-Odier, IEM.
00:13Bonjour Florian. Preuve de cette fébrilité ce matin sur les marchés,
00:17les cours du pétrole sont en forte hausse, idem pour les cours du gaz,
00:21des matières premières qui s'étaient repliées vendredi et qui, là, ce matin,
00:26sont en hausse, une prime de risque qui se rajoute,
00:28car c'est vrai que le cessez-le-feu qui doit prendre fin ce mercredi est très flou.
00:34Et puis, surtout, on a beaucoup d'allers-retours,
00:37notamment de la part de Donald Trump, encore ce week-end, en ce qui concerne l'Iran.
00:42Bonjour Etienne, bonjour à tous, merci de me recevoir.
00:45Effectivement, ce qu'on peut se dire à ce stade, c'est que ce samedi,
00:49une dizaine de vaisseaux ont traversé le Détroit,
00:51donc c'était plutôt perçu comme une bonne nouvelle,
00:54alors que ce dimanche, aucun vaisseau n'est parvenu à traverser le Détroit,
00:59plus l'un des vaisseaux iraniens a été arraisonné par l'amérienne américaine.
01:03Vous le voyez, on est à nouveau de retour dans cette espèce d'ambiance de blocage du Détroit
01:08qui est pourtant si critique pour l'Europe, si critique pour l'Asie dans sa globalité.
01:13Le point à retenir, c'est que la lecture du marché est probablement la bonne,
01:18c'est-à-dire, vous avez vu la progression du VIX ce matin, on est à 17%,
01:24c'est-à-dire à un niveau qui est totalement cohérent avec un marché plutôt,
01:30en tout cas, qui ne montre pas de signe de panique.
01:33Et ça, c'est le point à retenir.
01:35Même si on a des contretemps, le marché continue d'anticiper un scénario de résolution à court ou moyen terme.
01:44Et ça, c'est l'élément particulier pour comprendre ce qui se passe
01:47et pour ensuite se positionner vis-à-vis de ce risque-là.
01:50Aujourd'hui, dans l'ensemble, il y a un consensus
01:53que nous avons tous intérêt à la résolution de ce conflit.
01:57Et l'Iran, et les États-Unis, et le reste du monde.
02:00Et ça, c'est l'un des leviers qui semble animer encore aujourd'hui le marché.
02:04On a effectivement un repli des valeurs en Europe, un petit repli également du côté asiatique.
02:10Ce que je trouve intéressant, c'est que le marché s'est progressivement mis à préférer
02:14des valeurs de plus long terme, c'est-à-dire justement les valeurs de la technologie,
02:17les valeurs de la croissance, à des valeurs qui peuvent être exposées justement
02:20à ces chocs de consommation de court terme qui viennent avec le pétrole.
02:24Des valeurs technologiques qui vont faire l'actualité cette semaine,
02:27avec notamment Tesla qui va publier ses résultats mercredi.
02:30Jeudi, vous aurez Intel.
02:32Et puis la semaine prochaine, les GAFAM.
02:34Des résultats qui sont attendus au tournant, dans le sens où, Florian Lelpeau,
02:39le Nasdaq a quand même enchaîné vendredi une 13e séance dans le vert.
02:43Le Nasdaq Composite a gagné 7% la semaine dernière.
02:46On est à plus de 15% de gains depuis le début du mois d'avril,
02:51avec aujourd'hui toutes les bonnes nouvelles qui sont anticipées.
02:55On ne va pas avoir un indice qui va monter comme ça pendant 20, 30, 40 séances continues.
03:01Difficile à dire.
03:02Il faut quand même reconnaître que côté S&P, côté Nasdaq, c'est un peu une espèce de retour de
03:08boucle d'or.
03:08Vous savez ce scénario boucle d'or, la soupe pas trop chaude, la soupe pas trop froide,
03:11exactement tiède comme les marchés l'aiment.
03:14Peut-être qu'en Europe, il y a des doutes.
03:16Peut-être qu'en Asie, il y a également quelques doutes qui persillent justement avec ce problème pétrolier.
03:21Par contre, côté États-Unis, dans l'ensemble, ce qui était cher a connu ce qu'on appelle un de
03:27-rating significatif,
03:28c'est-à-dire une baisse des multiples depuis le début de l'année.
03:31Très clairement, le principal problème qu'on avait aux États-Unis, c'était la valorisation.
03:36Et en partie, il a été réglé.
03:38On a aujourd'hui des PE forward qui naviguent entre 17 et 18,
03:44alors qu'on était à 21, 22, 23 l'an passé.
03:47Donc si vous voulez, l'impression de cherté qu'on avait l'an passé a été en partie résorbée justement
03:52par cette crise pétrolière.
03:54Ça explique l'engouement.
03:55En plus de ça, ce sont des valeurs de long terme,
03:57c'est-à-dire ce sont des valeurs pour lesquelles on ne va pas spécialement prendre en compte ce qui
04:00se passe au cours des six prochains mois,
04:02mais plutôt ce qui se passe au cours des dix prochaines années.
04:05Et cette thématique de l'IA, c'est vraisemblablement la thématique des dix prochaines années.
04:10Comment on arbitre un portefeuille aujourd'hui ?
04:12Florian Elpo, quand on a des indices comme ça, qui reprennent 15% en ligne droite.
04:16Les prises de bénéfices sont forcément assez tentantes,
04:20mais dans le même temps, on le voit bien ce matin sur les indices européens que l'Europe peut être
04:23un piège.
04:24En tout cas, à court terme, c'est le marché qui est le plus vulnérable aux mauvaises nouvelles.
04:31Clairement, la tendance du début d'année a été profondément modifiée par la crise pétrolière,
04:37c'est-à-dire que depuis le début de l'année, on avait l'Europe qui surperformait les États-Unis,
04:42l'Asie qui surperformait l'Europe, et ces cartes-là ont été rebattues.
04:47Elles ont été rebattues à l'aune de deux facteurs.
04:50Le premier de ces facteurs, c'est évidemment la crise pétrolière,
04:53mais le deuxième, c'est la saison des résultats qui est en train de se produire sous nos yeux,
04:57où on retrouve, si vous voulez, des similarités avec la mi-année de l'an passé,
05:03c'est-à-dire les États-Unis, les entreprises américaines,
05:07qui surprennent bien plus positivement que ne surprennent les entreprises européennes.
05:11On n'a pas eu beaucoup de publications européennes,
05:13mais les 13 publications qu'on a eues pour les grands indices européens,
05:18dans l'ensemble, viennent plutôt avec une mini-déception,
05:21alors qu'aux États-Unis, on a une surprise des profits de l'ordre de 10%,
05:25en dépit de cibles qui étaient déjà plutôt ambitieuses avant le début de la césar.
05:31Donc, si vous voulez, en termes de positionnement,
05:33on continue à s'exposer à ce rallye d'action, simplement.
05:37À la place d'être très exposés à l'Europe et à l'Asie,
05:41on va commencer à préférer un peu plus les États-Unis,
05:44ou du moins un portefeuille plus équilibré que ce qu'on avait depuis le début de l'année.
05:49Donc, ça ne vous fait pas peur de prendre le train en marche ?
05:50Vous êtes déjà dans ce train, mais après 13 hausses consécutives
05:54et des hausses de 10-15% depuis le début du mois,
05:57pour vous, ce n'est pas un frein, Florian Elpo, sur les indices américains ?
06:01Alexandre Baradez en parlera probablement bien mieux que moi,
06:04mais en termes techniques, si vous voulez,
06:06on a cassé des plus hauts justement sur le S&P et le Nasdaq.
06:10Il y a la formation d'une tendance qui est en cours
06:12et le momentum de cette tendance a l'air assez puissant.
06:15Je serais curieux d'écouter ce qu'Alexandre en pense.
06:18Nous, ce qu'on pense aujourd'hui, c'est que dans l'ensemble,
06:21la macro, ça va, l'inflation devrait avoir globalement 0,3-0,4% d'inflation en plus.
06:26Des banques centrales qui restent on hold,
06:28donc qui ne font pas monter leur taux,
06:30ça c'est globalement une bonne nouvelle.
06:32Et en plus de ça, on a un retour de l'appétit pour le risque,
06:36alors que justement, il y a un mois, il était en berne.
06:39Tout ça, ce sont des facteurs particulièrement intéressants
06:41dans un contexte de valorisation qui ont été revus massivement à la baisse
06:45depuis le début de l'année.
06:48Quand je dis massivement, je parle bien sûr des multiples.
06:50Alexandre sera avec nous, Alexandre Baradez, dans un instant depuis IG.
06:54Dernière question sur Kevin Walsh,
06:55qui sera auditionné demain devant les sénateurs américains.
07:00Kevin Walsh qui est censé remplacer Jerome Powell dans à peine un mois,
07:04puisque pour rappel, le mandat de Jerome Powell prend fin le 15 mai.
07:09Absolument. Alors, cette audition, ce sera l'occasion de découvrir
07:13le positionnement officiel, évidemment, de Kevin Walsh.
07:15En tout cas, les théories qui peuplent son esprit.
07:17Avant son entrée en fonction, tout banquier central arrive avec des idées
07:21et est confronté à une économie sous-jacente
07:23et doit faire face à l'exigence du terrain.
07:28Simplement, ce qui est particulier avec Kevin Walsh,
07:30c'est potentiellement la tentative de collusion,
07:33quelque part, double collusion, collusion avec l'exécutif.
07:36Il est le candidat de Donald Trump et qui est collusion avec le Trésor américain.
07:41Il est vu comme travaillant main dans la main avec Scott Bessent,
07:44le patron du Trésor américain.
07:46Ça, ce sont des premières dans l'ensemble.
07:48On n'a pas encore vu depuis, disons, l'ère de la politique monétaire moderne
07:52de candidats qui affichent ces préférences-là.
07:55On sera curieux d'écouter ce qu'il a à dire
07:57et comment il va défendre sa position demain.
07:59Merci beaucoup, Florian Yelpo nous aura accompagné ce matin depuis Genève.
08:03Je rappelle que vous êtes en charge de la macroéconomie
08:05chez Lombard-Rodier IM.
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