Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 30 minutes
Ce lundi 1er juin, les statistiques à court terme et l'emploi américain ont été abordés par Florian Ielpo, en charge de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Bonjour Florian Elpo, merci de nous accompagner ce matin.
00:03Vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
00:06Avec vous, dans un instant, on va parler de cette semaine qui sera chargée,
00:11avec notamment des PMI en Europe ou encore bien sûr des données d'emploi aux Etats-Unis.
00:15Juste avant, un petit mot sur la situation en Iran.
00:17Vous avez le baril de pétrole ce matin qui reprend plus de 3%,
00:2093 dollars pour le Bren, 90 dollars pour le WTI.
00:24Donald Trump qui se montre toujours confiant sur l'issue du conflit.
00:28Ça n'empêche que vous avez quand même eu des nouvelles frappes cette nuit du côté de l'Iran
00:31de la part des Américains, notamment sur des centres de surveillance
00:35et sur des installations de drones.
00:39Absolument. Bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:41Effectivement, on n'est pas dans le secret des lieux, bien évidemment.
00:45Simplement, on est forcé de constater que l'incertitude de ce côté-là, elle demeure.
00:48Et en fait, ce à quoi on fait face maintenant, c'est une double incertitude.
00:53On en a déjà parlé à votre antenne plusieurs fois.
00:55Un choc pétrolier qui dure 3 mois devient de l'inflation.
00:59Et un choc pétrolier qui dure 6 mois commence à délourer lentement,
01:03mais sûrement une partie de la demande.
01:05Donc on est entre ces 3 mois et ces 6 mois.
01:08L'horloge tourne très clairement et le niveau de l'urgence progresse.
01:11Il faut également se rappeler qu'en termes d'inflation,
01:14pour l'instant on parle d'inflation transitoire,
01:16il ne faudrait pas que ce mot transitoire incarne le même niveau d'erreur de politique monétaire
01:23qu'on a pu voir au lendemain de la sortie du confinement de 2020.
01:28Donc on est face, si vous voulez, à une espèce de moment charnière,
01:32un moment de basculement.
01:34Ils ont entre un régime d'une inflation temporaire
01:38pour lequel on peut s'autoriser à ne pas l'intégrer complètement dans nos calculs économiques.
01:43Aujourd'hui, on est en train de basculer de l'autre côté.
01:46Une inflation qui peut s'avérer plus durable
01:48et progressivement qui peut commencer à avoir un effet sur la demande.
01:52Donc l'heure tourne et c'est une question cruciale aujourd'hui.
01:55Si le marché actions est très positif, on l'a vu ces dernières semaines,
01:59le marché obligataire lui est beaucoup plus prudent.
02:01Ce matin, on a une petite remontée des taux longs, mais également des taux courts.
02:05Ça tombe bien, puisqu'on aura pas mal d'indicateurs cette semaine.
02:08L'emploi aux Etats-Unis, des PMI également en Europe.
02:12Est-ce qu'il faudra regarder ces chiffres ?
02:14Ou au final, non, le marché se dit de toute façon,
02:15on sait que ces chiffres seront mauvais, c'est transitoire.
02:18Et à la fin, il y aura quand même un accord de paix entre l'Iran et les Etats-Unis.
02:21Et donc, si on regarde sur une vue long terme,
02:23les statistiques à court terme n'ont qu'assez peu d'importance.
02:27Alors, attention, elles ont toujours de l'importance.
02:30Mesurer les réalités, c'est la première étape par le fait de la comprendre.
02:35Ce que l'on sait, c'est que si l'on s'en tient, vous savez, au PMI,
02:41donc ces fameux indicateurs avancés qu'on détient déjà pour le mois de mai,
02:44globalement, le manufacturier tient, le service ralentit un peu.
02:49Maintenant, on va avoir les enquêtes officielles,
02:51ces ISM, qui sont les équivalents des PMI,
02:54et eux-mêmes doivent valider ce narratif.
02:57C'est-à-dire que ce qui nous permet, en fait, de regarder par-delà le détroit d'Hormuz,
03:02c'est essentiellement le fait que les chiffres économiques eux-mêmes nous permettent
03:06que le momentum économique aux Etats-Unis reste intact,
03:09que le momentum manufacturier en Europe et aux Etats-Unis et en Chine reste intact également.
03:14C'est ce qu'on a découvert cette nuit.
03:15Donc, il faut bien garder en tête que, oui, ces chiffres ont de l'importance
03:18parce que ce sont eux, en partie, qui nous permettent de regarder par-delà le détroit.
03:22Simplement, on va devoir valider l'idée que les services s'attiennent aux Etats-Unis,
03:27point d'interrogation, que le manufacturier fait de mieux en mieux,
03:30que le gap service manufacturier se referme.
03:32Et à la fin de la semaine, on va devoir valider également des chiffres d'emploi.
03:35Et ces chiffres d'emploi, il faut qu'ils ne soient ni trop bons, ni trop mauvais.
03:39Vous savez, c'est cette histoire de boucle d'or.
03:41On a envie d'avoir une soupe qui n'est ni trop chaude, ni trop froide.
03:44Donc, on a besoin d'avoir des décretions d'emplois modérées,
03:46de l'ordre de 100 000 à peu près, pour le mois précédent,
03:50pour pouvoir valider des taux qui ne montent pas trop,
03:53pour pouvoir valider un momentum économique qui n'est ni trop fort, ni trop faible.
03:57Trop faible, danger pour les profits, trop fort, un catalyseur d'inflation.
04:02Vous comprenez les enjeux de la semaine.
04:03Beaucoup de questions sans réponse à ce stade.
04:05Et pourtant, les indices sont sur des plus hauts.
04:07Ce matin, le Japon a été porté par SoftBank,
04:10qui a quand même gagné 14% à la clôture.
04:12La capitalisation boursière de SoftBank est désormais supérieure à celle de Toyota.
04:16C'est quand même historique.
04:17Vendredi, Dell a gagné 32% à la clôture.
04:21Oui, 32%.
04:22Tout à l'heure, il faudra suivre Nvidia,
04:23puisque cette nuit, John Seng Young a annoncé
04:25qu'en plus de produire des cartes graphiques pour PC,
04:28désormais, le groupe allait produire des processeurs
04:30et ainsi essayer de concurrencer Intel ou encore AMD.
04:34Dans ce contexte, aujourd'hui,
04:35comment vous allouez l'argent qui vous est confié, Florian Elpo ?
04:40Écoutez, pour l'instant, on reste positif.
04:42C'est-à-dire qu'on continue de penser
04:44que maintenir une surexposition aux actions aujourd'hui
04:47continue d'avoir du sens.
04:48Et si on doit penser un peu granulairement,
04:51cette surexposition,
04:52on voudrait plutôt l'avoir du côté des entreprises
04:54qui ont ce qu'on appelle du pricing power,
04:56donc qui peuvent décider elles-mêmes de leur prix.
04:59Ça permet justement de gérer la crise énergétique
05:01où il y a de la croissance bénéficiaire
05:03et les endroits en plus
05:04où les prix proportionnés aux attentes de résultats restent raisonnables.
05:09Je vais vous surprendre,
05:10cet endroit-là, pour le moment,
05:11ça reste encore et toujours les États-Unis.
05:13C'est-à-dire que les prix des actions aux États-Unis ont progressé,
05:16mais ils ont progressé moins vite que les earnings,
05:18moins vite que les projections bénéficiaires,
05:20ce qui signifie que le marché aujourd'hui est moins cher
05:22qu'il ne l'était il y a trois mois.
05:23C'est le paradoxe des marchés du moment.
05:27Également, il faut bien garder en tête,
05:28on est en train de tenter de donner un prix
05:31à une révolution industrielle,
05:33à une révolution de la productivité.
05:35C'est-à-dire qu'on tente de faire bouger
05:37le taux de croissance des dividendes de long terme
05:39dans nos modèles, vous savez, d'actualisation.
05:42Ça peut paraître théorique,
05:42mais c'est comme ça qu'on valorise les entreprises aujourd'hui.
05:47Simplement, quand on fait bouger ce taux de long terme,
05:49on fait très rapidement bouger les valorisations.
05:50Donc, les chiffres que vous évoquez sont incroyables
05:53et en même temps, peu surprenants
05:55du point de vue de la révolution qu'on est en train de traverser.
05:58Merci beaucoup, Florian Yelpo,
06:00de nous avoir accompagnés ce matin
06:01en charge de la macroéconomie
06:02chez Lombard-Rodier IM.
Commentaires

Recommandations