00:01Bonjour Florian Elpo, merci de nous accompagner ce matin.
00:03Vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
00:06Avec vous, dans un instant, on va parler de cette semaine qui sera chargée,
00:11avec notamment des PMI en Europe ou encore bien sûr des données d'emploi aux Etats-Unis.
00:15Juste avant, un petit mot sur la situation en Iran.
00:17Vous avez le baril de pétrole ce matin qui reprend plus de 3%,
00:2093 dollars pour le Bren, 90 dollars pour le WTI.
00:24Donald Trump qui se montre toujours confiant sur l'issue du conflit.
00:28Ça n'empêche que vous avez quand même eu des nouvelles frappes cette nuit du côté de l'Iran
00:31de la part des Américains, notamment sur des centres de surveillance
00:35et sur des installations de drones.
00:39Absolument. Bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:41Effectivement, on n'est pas dans le secret des lieux, bien évidemment.
00:45Simplement, on est forcé de constater que l'incertitude de ce côté-là, elle demeure.
00:48Et en fait, ce à quoi on fait face maintenant, c'est une double incertitude.
00:53On en a déjà parlé à votre antenne plusieurs fois.
00:55Un choc pétrolier qui dure 3 mois devient de l'inflation.
00:59Et un choc pétrolier qui dure 6 mois commence à délourer lentement,
01:03mais sûrement une partie de la demande.
01:05Donc on est entre ces 3 mois et ces 6 mois.
01:08L'horloge tourne très clairement et le niveau de l'urgence progresse.
01:11Il faut également se rappeler qu'en termes d'inflation,
01:14pour l'instant on parle d'inflation transitoire,
01:16il ne faudrait pas que ce mot transitoire incarne le même niveau d'erreur de politique monétaire
01:23qu'on a pu voir au lendemain de la sortie du confinement de 2020.
01:28Donc on est face, si vous voulez, à une espèce de moment charnière,
01:32un moment de basculement.
01:34Ils ont entre un régime d'une inflation temporaire
01:38pour lequel on peut s'autoriser à ne pas l'intégrer complètement dans nos calculs économiques.
01:43Aujourd'hui, on est en train de basculer de l'autre côté.
01:46Une inflation qui peut s'avérer plus durable
01:48et progressivement qui peut commencer à avoir un effet sur la demande.
01:52Donc l'heure tourne et c'est une question cruciale aujourd'hui.
01:55Si le marché actions est très positif, on l'a vu ces dernières semaines,
01:59le marché obligataire lui est beaucoup plus prudent.
02:01Ce matin, on a une petite remontée des taux longs, mais également des taux courts.
02:05Ça tombe bien, puisqu'on aura pas mal d'indicateurs cette semaine.
02:08L'emploi aux Etats-Unis, des PMI également en Europe.
02:12Est-ce qu'il faudra regarder ces chiffres ?
02:14Ou au final, non, le marché se dit de toute façon,
02:15on sait que ces chiffres seront mauvais, c'est transitoire.
02:18Et à la fin, il y aura quand même un accord de paix entre l'Iran et les Etats-Unis.
02:21Et donc, si on regarde sur une vue long terme,
02:23les statistiques à court terme n'ont qu'assez peu d'importance.
02:27Alors, attention, elles ont toujours de l'importance.
02:30Mesurer les réalités, c'est la première étape par le fait de la comprendre.
02:35Ce que l'on sait, c'est que si l'on s'en tient, vous savez, au PMI,
02:41donc ces fameux indicateurs avancés qu'on détient déjà pour le mois de mai,
02:44globalement, le manufacturier tient, le service ralentit un peu.
02:49Maintenant, on va avoir les enquêtes officielles,
02:51ces ISM, qui sont les équivalents des PMI,
02:54et eux-mêmes doivent valider ce narratif.
02:57C'est-à-dire que ce qui nous permet, en fait, de regarder par-delà le détroit d'Hormuz,
03:02c'est essentiellement le fait que les chiffres économiques eux-mêmes nous permettent
03:06que le momentum économique aux Etats-Unis reste intact,
03:09que le momentum manufacturier en Europe et aux Etats-Unis et en Chine reste intact également.
03:14C'est ce qu'on a découvert cette nuit.
03:15Donc, il faut bien garder en tête que, oui, ces chiffres ont de l'importance
03:18parce que ce sont eux, en partie, qui nous permettent de regarder par-delà le détroit.
03:22Simplement, on va devoir valider l'idée que les services s'attiennent aux Etats-Unis,
03:27point d'interrogation, que le manufacturier fait de mieux en mieux,
03:30que le gap service manufacturier se referme.
03:32Et à la fin de la semaine, on va devoir valider également des chiffres d'emploi.
03:35Et ces chiffres d'emploi, il faut qu'ils ne soient ni trop bons, ni trop mauvais.
03:39Vous savez, c'est cette histoire de boucle d'or.
03:41On a envie d'avoir une soupe qui n'est ni trop chaude, ni trop froide.
03:44Donc, on a besoin d'avoir des décretions d'emplois modérées,
03:46de l'ordre de 100 000 à peu près, pour le mois précédent,
03:50pour pouvoir valider des taux qui ne montent pas trop,
03:53pour pouvoir valider un momentum économique qui n'est ni trop fort, ni trop faible.
03:57Trop faible, danger pour les profits, trop fort, un catalyseur d'inflation.
04:02Vous comprenez les enjeux de la semaine.
04:03Beaucoup de questions sans réponse à ce stade.
04:05Et pourtant, les indices sont sur des plus hauts.
04:07Ce matin, le Japon a été porté par SoftBank,
04:10qui a quand même gagné 14% à la clôture.
04:12La capitalisation boursière de SoftBank est désormais supérieure à celle de Toyota.
04:16C'est quand même historique.
04:17Vendredi, Dell a gagné 32% à la clôture.
04:21Oui, 32%.
04:22Tout à l'heure, il faudra suivre Nvidia,
04:23puisque cette nuit, John Seng Young a annoncé
04:25qu'en plus de produire des cartes graphiques pour PC,
04:28désormais, le groupe allait produire des processeurs
04:30et ainsi essayer de concurrencer Intel ou encore AMD.
04:34Dans ce contexte, aujourd'hui,
04:35comment vous allouez l'argent qui vous est confié, Florian Elpo ?
04:40Écoutez, pour l'instant, on reste positif.
04:42C'est-à-dire qu'on continue de penser
04:44que maintenir une surexposition aux actions aujourd'hui
04:47continue d'avoir du sens.
04:48Et si on doit penser un peu granulairement,
04:51cette surexposition,
04:52on voudrait plutôt l'avoir du côté des entreprises
04:54qui ont ce qu'on appelle du pricing power,
04:56donc qui peuvent décider elles-mêmes de leur prix.
04:59Ça permet justement de gérer la crise énergétique
05:01où il y a de la croissance bénéficiaire
05:03et les endroits en plus
05:04où les prix proportionnés aux attentes de résultats restent raisonnables.
05:09Je vais vous surprendre,
05:10cet endroit-là, pour le moment,
05:11ça reste encore et toujours les États-Unis.
05:13C'est-à-dire que les prix des actions aux États-Unis ont progressé,
05:16mais ils ont progressé moins vite que les earnings,
05:18moins vite que les projections bénéficiaires,
05:20ce qui signifie que le marché aujourd'hui est moins cher
05:22qu'il ne l'était il y a trois mois.
05:23C'est le paradoxe des marchés du moment.
05:27Également, il faut bien garder en tête,
05:28on est en train de tenter de donner un prix
05:31à une révolution industrielle,
05:33à une révolution de la productivité.
05:35C'est-à-dire qu'on tente de faire bouger
05:37le taux de croissance des dividendes de long terme
05:39dans nos modèles, vous savez, d'actualisation.
05:42Ça peut paraître théorique,
05:42mais c'est comme ça qu'on valorise les entreprises aujourd'hui.
05:47Simplement, quand on fait bouger ce taux de long terme,
05:49on fait très rapidement bouger les valorisations.
05:50Donc, les chiffres que vous évoquez sont incroyables
05:53et en même temps, peu surprenants
05:55du point de vue de la révolution qu'on est en train de traverser.
05:58Merci beaucoup, Florian Yelpo,
06:00de nous avoir accompagnés ce matin
06:01en charge de la macroéconomie
06:02chez Lombard-Rodier IM.
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