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  • il y a 4 minutes
Jean-François Husson, rapporteur général de la commission des finances et sénateur (LR), était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 10 juin. Ils sont revenus sur la demande de réouverture du débat budgétaire afin d’adopter une loi de finances rectificative visant à ajuster le budget aux évolutions du cadre macroéconomique, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur RMC Live, notre invité ce matin, c'est Jean-François Husson.
00:04Bonjour, vous êtes sénateur LR de Meurthe-et-Moselle, vous êtes rapporteur général de la Commission des Finances
00:09et vous militez notamment pour qu'on rouvre les débats budgétaires en faisant une loi de finances rectificative
00:15tellement, tellement, tellement le cadre macroéconomique a changé.
00:19Est-ce que vous pensez que c'est raisonnable aujourd'hui de repartir dans des débats budgétaires comme on les
00:24a connus l'an dernier ?
00:25Je ne sais pas si c'est raisonnable, mais ça me paraît indispensable parce qu'en fait le débat budgétaire,
00:32il a été escamoté l'an dernier.
00:35On le voit d'ailleurs, il y a eu un petit, une grosse entourloupe avec un jeu de dupe au
00:41moment, nous, de l'arrivée d'ailleurs de l'examen du projet de loi de finances
00:47puisque le gouvernement, au sortir du travail qui a été fait à l'Assemblée, a fait passer un bout de
00:55réforme des retraites
00:56sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale, mais sans apporter de solution réelle à ce sujet.
01:03Donc on reporte, vous voyez, aujourd'hui on a dès maintenant des mesures, on a adoptées plus tard,
01:09par le 49.3 qu'il ne fallait pas retenir, je dirais, dans l'examen initial, et puis dès le
01:17mois de janvier, finalement, au bout de 48 heures,
01:20le Premier ministre, Matignon, a décidé le 49.3.
01:23Il a fallu un certain temps ensuite pour adopter, et puis on est déjà aujourd'hui dans des mesures de
01:29freinage.
01:30Ça veut dire qu'à peine l'encre refroidit, qu'il faut que le gouvernement propose des mesures.
01:37Oui, parce que c'était devenu n'importe quoi. Enfin, les débats, l'Assemblée, on n'y arrive pas puisqu
01:41'on n'a pas de majorité.
01:42De toute façon, on ne peut rien faire. Donc est-ce qu'il faut repartir vraiment dans cette ambiance politique
01:48compliquée ?
01:48Mais ça, qu'on soit clair, c'est aussi la responsabilité du gouvernement.
01:53Et en tous les cas, je milite, moi, toujours, pour que les débats, les questions budgétaires soient faites au grand
02:01jour.
02:01Parce que les arrangements qui sont faits en coulisses, c'est jamais souhaitable.
02:07Les Français sont, on le sent, les Français sont perdus.
02:09D'où qu'ils viennent, ils nous demandent de nous entendre, et à juste titre, donc moi, je n'ai
02:14aucun souci,
02:15mais il faut pouvoir le faire à livre ouvert.
02:18Dans les 6 milliards de mesures, la récente de freinage de la dépense,
02:22on dit freinage de la dépense, mais si je prends sur les dépenses sociales,
02:29il n'y a plus de réduction d'exonération de charges.
02:31Elles auraient dû...
02:32C'est juste un peu plus de 2 milliards d'impôts supplémentaires pour les entreprises.
02:38Est-ce que c'est du freinage de la dépense ?
02:39Ça vous dit, c'est une erreur ?
02:41C'est assez compliqué.
02:42En fait, on a déjà des craintes sur la croissance.
02:46Il y a des difficultés dans la hiérarchie des salaires.
02:49Et plutôt que de continuer à essayer de travailler sur les économies,
02:54et de travailler, me semble-t-il, avec les partenaires sociaux,
02:58le gouvernement, peut-être trop systématiquement,
03:01les gouvernements appuient sur le levier fiscal.
03:05Dans un pays qui est déjà très fiscalisé,
03:08de mon point de vue, trop,
03:09il faut juste se souvenir que l'essentiel de la création de richesses
03:14doit se faire par les entreprises.
03:17Et d'ailleurs, si on regarde ce qui s'est passé depuis quelques années,
03:21vu le niveau, vu le poids de la dépense publique en France,
03:25on devrait être les champions en termes de croissance.
03:28Ça n'est pas le cas.
03:29Justement sur cette question de baisse des dépenses,
03:31qu'on soit bien clair, parce qu'on ne sait pas toujours où se placent les LR,
03:34notamment quand on regarde la gestion de la crise énergétique.
03:37LR avait beaucoup poussé au fait qu'on sponsorise le prix de l'essence.
03:40Ça a coûté très cher à la France.
03:42Aujourd'hui, on n'est plus dans ce type de mesures.
03:44Est-ce que vous dites qu'on s'est planté à l'époque ?
03:47Est-ce que vous considérez que c'est une erreur ?
03:50Ou est-ce qu'il faut à nouveau, comme on l'a fait il y a quelques années,
03:53réaider à nouveau les Français sur le prix de l'essence ?
03:55Non, je pense pouvoir dire clairement qu'il y avait une dissonance
03:59entre les Républicains à l'Assemblée et au Sénat.
04:03Nous, on a toujours été pour des mesures ciblées.
04:05Donc les mesures qui sont prises aujourd'hui sont des mesures ciblées
04:09qui nous conviennent parfaitement.
04:11D'ailleurs, vous n'entendez aucune fausse note.
04:13Mais parce que aussi les Français ont compris deux ou trois éléments.
04:17C'est d'abord un problème international.
04:20Ils voient bien qu'il y a la guerre, qu'il y a une crise géopolitique,
04:22le détroit d'Hormuz.
04:24Certains ont essayé de dire que le gouvernement avait une cagnotte.
04:27Vous savez, ça revient toujours.
04:29Bon, le gouvernement a donné les chiffres.
04:32Aujourd'hui, ça n'est pas contestable.
04:34Il faut essayer de faire au mieux.
04:36Donc c'est plutôt bien géré, la crise du carburant, aujourd'hui ?
04:38Pour l'instant, oui.
04:39Pour l'instant, oui.
04:40Enfin, vous savez, il ne faut pas être dans l'opposition systématique.
04:42Non, non, mais j'entends bien, mais j'ai envie de vous dire
04:44jusqu'à ce qu'un Républicain demande à ce qu'on sponsorise le prix de l'essence.
04:46C'est-à-dire que...
04:47J'espère que non.
04:48Enfin, je pense qu'à un moment donné, vu l'état de nos finances publiques,
04:51l'état des finances publiques du pays, c'est l'état des finances publiques des Français.
04:55Et moi, j'ai trop de respect pour les Français,
04:57et notamment ceux qui sont les plus modestes,
05:00parce que c'est ceux-là qui sont en première ligne et qui trinquent.
05:04Cels et ceux qui ont davantage de moyens,
05:06ils peuvent procéder à des arbitrages.
05:08Et souvent, ceux qui ont soit les classes moyennes,
05:12soit ceux qui ont moins de revenus,
05:15eux, ils n'ont pas le choix.
05:17Donc, on a une responsabilité particulière,
05:20peut-être encore plus grande à leur endroit,
05:22c'est de leur montrer de quelle manière
05:24on peut mieux, comment dirais-je,
05:27rémunérer le travail,
05:28comment on peut mettre plus de France au travail
05:31pour avoir une croissance plus soutenue.
05:33Justement, sur le cadre macroéconomique,
05:35on a eu les chiffres de l'INSEE sur le cadre démographique
05:38de la France d'ici 2070,
05:39et les hypothèses du corps qui nous dit,
05:42en gros, il va falloir travailler plus,
05:44sinon il va falloir choisir,
05:45c'est comme d'habitude, ça n'a pas changé,
05:47soit il faut baisser les pensions,
05:48soit il faut augmenter les cotisations,
05:50mais il n'y a pas de recette magique.
05:52Qu'est-ce que vous allez défendre, vous,
05:54dans la campagne présidentielle à venir ?
05:55Est-ce qu'il faut augmenter à nouveau l'âge de la retraite ?
05:58En tous les cas, il y a une chose qui est évidente.
06:01Aujourd'hui, on a un défi immense qui nous attend,
06:06parce que cette faute politique qui a été la suspension de la mise en œuvre de la réforme des retraites,
06:13c'est un but contre son camp pour la France.
06:17Et celles et ceux qui ont mis le doigt dans cet engrenage,
06:21je le dis, d'où qu'ils soient, portent une lourde responsabilité.
06:25Ça ne se fait pas, il ne faut pas laisser partir,
06:28parce que pour remettre, je dirais, la machine en route,
06:33ça va être éminemment compliqué.
06:34Comment vous expliquer aux Français que pendant 18 mois, 2 ans,
06:38on a pu suspendre une réforme,
06:40quand on se le souvient en plus,
06:41des conditions dans lesquelles la réforme avait eu lieu ?
06:44Et de toute façon, il y a une réalité.
06:46La démographie, c'est juste du calcul.
06:48Vous donnez ça à un élève de cours moyen 2ème année,
06:51il n'y a aucun problème.
06:52Donc on rouvre le dossier.
06:53Il faut défendre à nouveau une réforme des retraites.
06:56Je pense qu'il faut continuer de dire la vérité aux Français.
06:58Les Français voient plusieurs choses en ce moment.
07:00Un effondrement de la natalité.
07:02Et ils le voient, les maires, les parents d'élèves,
07:05le voient avec les menaces sur les fermetures d'école.
07:08Alors on peut être dans le déni,
07:10ou alors on prend le problème à l'or à le corps,
07:11on cherche des solutions.
07:13On va donc devoir, à mon avis, c'est simple,
07:16travailler plus.
07:16Et je pense que le dossier aujourd'hui
07:20d'une retraite par capitalisation,
07:22c'est-à-dire que vous mettez un peu d'argent de côté,
07:25chaque année, ça vous fait avec les intérêts davantage,
07:29et vous avez un droit sous forme de rente ou de capital à la fin,
07:32doit venir, ce sera le deuxième pilier de retraite,
07:36c'est celui sur lequel on doit travailler,
07:37parce qu'on doit la vérité aux Français.
07:39Et cette vérité, aujourd'hui, elle existe pour les fonctionnaires.
07:43Avec une retraite individuelle par capitalisation obligatoire.
07:48Non, non, non, c'est même pas pré-fonds.
07:49C'est la retraite additionnelle de la fonction publique.
07:52Là où les fonctionnaires ne cotisaient pas avant sur quelques primes,
07:58aujourd'hui, ils ont un système de retraite obligatoire
08:01par capitalisation qui est géré par les partenaires sociaux.
08:04Et bien moi, je dis, au lieu de cacher,
08:07il faut mettre ça sur la table aujourd'hui.
08:10Mais bien sûr.
08:11Merci beaucoup Jean-François Husson,
08:12on va être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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