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  • il y a 44 minutes
Ce mercredi 22 avril, les choix de Kevin Warsh pour la Réserve fédérale, ainsi que sa capacité à la diriger de manière indépendante, ont été abordés par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le Chypre ce matin, il y a Jean-Marc, Daniel, messieurs, vous avez écouté avec attention l'audition
00:06de Kevin Warch sur le chemin de la Fed.
00:10Est-ce que c'est l'homme providentiel ? Est-ce que c'est l'homme qui va pouvoir remplir
00:13les missions de la Réserve fédérale ? Emmanuel ?
00:15Il avait une mission difficile qui était d'essayer de tenir une ligne de crête, à la fois pour ne
00:22pas effrayer mais pour ne pas ennuyer non plus.
00:25Il fallait qu'il montre qu'il était le tenant d'une ligne du changement mais pas une continuité tranquille
00:35non plus.
00:36Moi j'ai bien aimé plusieurs de ses remarques que j'ai trouvées plutôt rassurantes.
00:40D'abord il a montré une ligne assez dure sur la lutte contre l'inflation mais attention en insistant bien
00:48sur un point qui est,
00:51attendez, l'inflation c'est pas que ma responsabilité à moi Réserve fédérale, c'est aussi la responsabilité du gouvernement
00:58et de sa politique budgétaire.
01:00Et là j'ai trouvé qu'il abordait un sujet qui est majeur, vous savez c'est ce fameux sujet
01:04de la dominance fiscale
01:06qui consiste à dire, mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, dans un régime où l'État est extrêmement
01:13endetté,
01:13le poids de la dette est tellement important et le coût de la dette et donc des taux d'intérêt
01:19est tellement important
01:20que finalement c'est l'État qui tient dans sa main la Banque centrale et pas la Banque centrale qui
01:27tient dans sa main l'État.
01:28Donc cette balle renvoyée dans le camp du gouvernement je l'ai trouvée assez intéressante.
01:34J'ai trouvé assez intéressante aussi la critique implicite qu'il a fait de la Fed actuelle sur finalement sa
01:42lenteur de réaction en 2021-2022 au moment de la crise
01:46avec ensuite compensée par un resserrement brutal, un peu comme en Europe d'ailleurs.
01:51Et là ce qu'il critique c'est finalement ces stratégies de politique monétaire qui se veulent extrêmement mécaniques,
01:59extrêmement préventives où on annonce très à l'avance.
02:01Moi j'ai senti qu'il y avait un désir de revenir à une Fed un peu moins prévisible pour
02:07reprendre peut-être sans doute un peu la main.
02:09Et ce qui veut dire aussi peut-être, et ça c'est le grand espoir, alors c'était un peu
02:14entre les lignes mais j'ai trouvé ça prometteur,
02:17sur aussi une sensibilité très forte à la stabilité financière.
02:21C'est-à-dire que quand on s'interroge sur l'indépendance de la Fed aujourd'hui, on peut dire
02:24mais attendez,
02:24elle est peut-être indépendante du gouvernement, il y a débat, mais elle n'est plus du tout indépendante des
02:28marchés financiers qui ont pris la main.
02:30Et là, il y a cette idée peut-être, en voulant être moins prévisible, de reprendre la main sur les
02:35marchés financiers.
02:36Et ça, ça m'a plutôt paru aussi positif.
02:40Donc une prestation plutôt habile et prometteuse.
02:43Jean-Marc Daniel, vous en avez pensé quoi ?
02:44Non, dans le jugement que vient de faire Emmanuel, je pense que le mot important c'est ennuyeux.
02:48Je pense qu'il a été assez convenu, c'est ennuyeux.
02:52Et dans son diagnostic aussi, je pense que le grand enjeu effectivement, c'est les rapports avec l'État.
02:58Alors derrière le mot d'indépendance, il y a cette idée qu'effectivement la politique monétaire est efficace et légitime
03:05si cette institution tient un monopole, donc qui n'est pas soumis à une contrainte liée à la concurrence,
03:11doit échapper effectivement aux aléas politiques et conserver une forme d'autorité liée à son indépendance.
03:20Mais je pense qu'il est passé à côté d'un débat qui a lieu en ce moment parmi les
03:23économistes et notamment aux États-Unis
03:24sur à quoi sert la banque centrale.
03:27C'est-à-dire que je rappelle que les banques centrales n'ont jamais été définitivement employées dans un objectif
03:33très précis.
03:34Une banque centrale du 19e siècle, il n'y avait pas le mot inflation dans les statuts d'une banque
03:38centrale du 19e siècle.
03:40Une banque centrale du 19e siècle n'avait pas un objectif d'assurer l'emploi.
03:44Une banque centrale du 19e siècle, elle était là pour financer la dette publique ou privée.
03:48Et donc je pense qu'il faut en revenir au débat qui a eu lieu en 1978.
03:54En 1978, quand on a donné le statut actuel de la banque centrale,
03:57il y a un papier très intéressant de Samuelson qui dit
04:00« Dedans il y a la messe, c'est-à-dire l'inflation, le plein emploi,
04:05il dit tout ça ça n'a pas de sens, ne serait-ce que parce que dire qu'on va
04:08à la fois lutter contre l'inflation
04:10et assurer le plein emploi, c'est contraire à l'arbitrage de Philips,
04:13et en économie il y a un arbitrage de Philips plus ou moins affirmé,
04:16mais il y a toujours un arbitrage de Philips. »
04:18Et donc le véritable enjeu, c'est le point 3 qui est donné au statut actuel,
04:21c'est faire en sorte qu'il y ait des taux d'intérêt les plus bas d'ici à Muleson
04:25pour permettre à l'État de s'endetter sans qu'il y ait des conséquences négatives
04:29sur le futur avec des taux d'intérêt très élevés.
04:31Et Samuel Solremon dit 10 ans après, quand il fait le bilan de Brigade,
04:34en disant « La pire politique que nous avons de voir, c'est des taux d'intérêt très élevés
04:38qui massacrent l'économie, et la seule capacité qu'a l'État de réagir à ça,
04:42c'est de faire du déficit pour éviter que la récession soit trop profonde.
04:45Et donc on est dans une espèce de cycle particulièrement négatif
04:48où on a des taux d'intérêt très élevés et un déficit budgétaire très important.
04:53Et donc ce qu'il faut éviter à tout prix, c'est ça.
04:55Et Samuel Solremon dit « La seule façon d'y parvenir, c'est qu'il y ait une règle du
04:59jeu claire
05:00sur la façon dont l'État et la Banque centrale s'articulent autour de la gestion du déficit budgétaire. »
05:05Et je pense que maintenant, dans la situation dans laquelle on est,
05:08vu l'état de déficit budgétaire aux États-Unis,
05:10le véritable enjeu, c'est de dire « Je serai indépendant,
05:13c'est-à-dire que je ne laisserai pas financer tout, n'importe quoi.
05:16Mais d'un autre côté, je ne vais pas assassiner l'économie américaine
05:21avec des taux d'intérêt très élevés et avec une dette publique
05:24dont la charge d'intérêt devient ingérable. »
05:26Il faut juste rappeler, Jean-Marc,
05:28effectivement, ces choix qui paraissent des choix théoriques, etc.,
05:33sont en fait très ancrés dans une réalité économique de leur époque.
05:36Et il faut rappeler que la Fed des années 70,
05:39c'est une Fed, la Fed d'Arthur Burns,
05:41qui a cédé finalement au pouvoir politique,
05:44qui a cédé à Nixon et qui a laissé filer l'inflation
05:47et qui ne s'est pas battue contre l'inflation.
05:49D'où sans doute cette hypersensibilité à vouloir maintenir l'inflation.
05:53Je vous cite Arthur Burns qui a reconnu plus tard
05:56que la Fed avait échoué à faire ce qu'elle aurait dû faire.
06:00Merci messieurs.
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